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Barcelone : les Irlandais en vert et contre tous

Longines FEI Jumping Nations Cup Final - Day 4

Le trophée pour l’Irlande et la qualification qui va avec. Crédit : FEI / Linnea Rheborg/Getty Images

Il y a finale de la Coupe des nations et finale. L’édition barcelonaise 2019 restera comme un grand cru. L’enjeu olympique (décrocher une qualification) aura sans doute été le piment qui a relevé le plat. En l’occurrence, l’objectif qui a permis à certaines nations de se transcender. C’est notamment vrai pour ces démons d’irlandais. Sous la houlette de Rodrigo Pessoa, les fils de la verte Erin ont damé le pion aux diables rouges du plat pays, contraints de se contenter de la deuxième place. Le bronze revient à la Suède à l’avantage du chronomètre devant l’Italie et la France a égalité de points.

 Les tricolores n’ont pas à rougir. Ils se sont bien battus mais ont été dans l’incapacité de signer un tour sans pénalités, cumulant les 4 points. Très attendu pour son retour en équipe de France, Simon Delestre et Hermès Ryan n’ont pas joué le rôle de potentiel joker qu’on attendait d’eux. La délicate mécanique du petit alezan s’est déréglée à l’issue de la première faute. Il en rajoute deux par la suite. Partie remise. Il convient d’espérer que le couple posera quelques temps ses valises chez les Bleus, au moins jusqu’à Tokyo.

La relative contre-performance de Ryan doit être replacée dans le contexte de l’épreuve où les scores lourds se sont enchaînés donnant parfois le sentiment d’une séquence de déforestation.

Le travail du chef de piste n’est pourtant pas à remettre en cause. L’espagnol Santiago Varela n’a pas eu la main lourde mais a su construire un parcours piègeux qui a contribué à un suspense délicieusement haletant pour les spectateurs, psychologiquement éprouvant pour les cavaliers et leurs entourages.

Les Irlandais, honneur leur soit rendu ne se sont pas posé de questions. Ils ont accumulé les bonnes performances. Deux sans faute pour les O’ (O’Connor et O’Shea). 1 point pour Darragh Kenny et une petite barre pour Peter Moloney.

Longines FEI Jumping Nations Cup Final - Day 4

Le sourie de Cian O’Connor. © FEI / Gonzalo Arroyo Moreno/Getty Images

Chez les rouges O. Philippaerts et J. Guéry on fait le job (score vierge) mais la barre de Niels Bruynseels coûte d’autant plus cher que Gregory Wathelet, loin de récupérer l’affaire est sorti de piste avec 11 points sur MJT Nevados S.

Au terme de cette journée riche en émotions, l’Irlande ajoute donc son nom à la liste des pays qui participeront par équipe aux Jeux de Tokyo l’an prochain.

Le classement complet ici.

Barcelone : la Belgique s’impose, la France deuxième

Longines FEI Jumping Nations Cup Final equestrain event in Barcelona

Les diables rouges, heureux vainqueurs de l’édition 2018. De gauche à droite :

Quel suspense. A l’issue d’une finale folle, la Belgique a remporté dimanche 7 octobre la finale mondiale des Coupe des nations 2018. Qualifiée in extremis le vendredi, la France monte sur la deuxième marche du podium. L’Irlande complète le podium.

Certes les Jeux Équestres Mondiaux ont considérablement rebattu la composition des équipes présentes à Barcelone mais au final, c’est le concept même de cette finale des Coupes des nations qui ressort comme le grand vainqueur de ce week-end. Une organisation parfaite, un chef de piste intelligent dans ses constructions et respectueux des chevaux sans oublier des cavaliers motivés, l’édition 2018 restera comme un grand cru d’une compétition considérée à tort comme moribonde il y a encore peu. Reste pour la France un sérieux caillou dans la chaussure à savoir une couverture médiatique défaillante. A cet égard le deuil d’Equidia est lourd à porter malgré les efforts de Kamel Boudra de faire subsister l’esprit et la communauté de la chaîne sur la confidentielle RMC Sport3. Une nouvelle fois la FFE démontre son incapacité à porter les équipes de France auprès du grand public. Or, comme dans tout sport, l’absence de communication sur le haut-niveau et son cortège, l’incapacité pour les plus jeunes à se projeter sur des visages d’athlètes vus à la tv, a on le sait des conséquences lourdes à court terme sur le maintien des effectifs de licenciés.

Mais revenons-en au sport. Huit équipes s’alignaient dimanche et si trois d’entre elles paraissaient en position de force (Pays-Bas, Belgique et Irlande), l’Italie et l’Autriche, belles surprises du vendredi, endossaient les habits d’outsider. Quant à la France, son habitude des résultats en yoyo et sa qualification sur le fil du vendredi laissaient interrogatifs plus d’un observateur avisé.

Parti en ouvreur de la compétition, Kevin Staut confirme vite ce sentiment. Le cavalier du Haras des Coudrettes signe un superbe tour sur For Joy Van’t Zorgvliet HDC… mais pénalisé de 4 points sur la rivière. On pense la messe presque dite mais les autres compétiteurs de cette première rotation, avec peu de sans faute et parfois des scores lourds, permettent de garder espoir. Même punition pour Cédric Angot sur Saxo de la Cour auteurs d’une superbe prestation entachée d’une barre en fin de tour. La France est toujours dans le coup. Arrive la troisième rotation. Mathieu Billot et Quel Filou 13 s’élancent. Le cheval porte bien son nom. Avec 17 points au compteur, les Tricolores viennent de griller leur joker. Quatrième et dernière rotation. Olivier Robert remplace au pied levé Pénélope Leprevost dont la monture, Vancouver de Lanlore, a péché par son manque d’expérience à ce niveau vendredi. Olivier et Eros ont signé de belles performances en Coupe des nations cette année mais cette fois un poids énorme se retrouve sur les épaules du Bordelais. La pression est trop forte sur la fin de tour. Le couple concède deux fautes. La balle est désormais dans le camp des adversaires.

FEI Longines Nations Cup equestrain event in Barcelona

Kevin Staut et For Joy lors de la qualificative du vendredi. Photo FEI/Jim Hollander

La Belgique se détache avec au total 12 points de pénalité. Derrière, 4 équipes sont à égalité à 16 points : la France, l’Irlande , l’Italie et les Pays-Bas. Il faut donc sortir la calculette pour additionner les temps. Comme vendredi, la France tire son épingle du jeu. Elle est deuxième et la magnifique équipe italienne reléguée à la 4ème place. Les Tricolores peuvent être satisfaits. Ils repartent de Barcelone avec le sentiment du devoir accompli et 251 000 € à se répartir. Un bel encouragement pour ces cavaliers amoureux de leur drapeau qui ont fait le choix de privilégier ce beau circuit, cette vieille mais distinguée dame qu’est la Coupe des Nations.

Contre-performance française à Barcelone

cdnL’équitation est l’école de l’humilité. L’équipe de France s’est fait rappeler un peu sévèrement cette vérité. Comme en 2014 et 2015, elle s’est faite sortir par la petite porte de la France de la finale mondiale de la Coupe des nations ce jeudi au Real Polo Club de Barcelone. A une différence majeure près c’est que celle en lice en Espagne était la même que celle couverte d’or à Rio.

Arrogance française ? Pas sûr. Le camp tricolore a peut être seulement eu un peu de mal à descendre de son nuage pour remettre l’ouvrage sur le métier pour tenir son rang de champion olympique.

Car l’échec du jour est bien collectif. Certes Philippe Rozier (Rahotep de Toscane) a fait du lourd avec un score inhabituel de 21 points mais aucun de ses trois autres coéquipiers n’a réussi à remettre le bateau à flot en signant un sans faute. Kevin Staut et Roger-Yves Bost, respectivement associés à Rêveur de Hurtebise HDC et Sydney Une Prince, sont tous deux sortis de piste avec une faute commise sur le même obstacle. Pas mieux pour Pénélope Leprévost et Flora de Mariposa également pénalisés de 4 points. Quand ça ne passe pas, ça ne passe pas. Avec douze points au compteur, la France termine à la onzième place.

Dommage, seules les huit premières équipes sont qualifiées pour la finale samedi soir. Le spectacle s’annonce déjà grandiose. Ce sera une véritable bataille de Titans entre notamment l’Allemagne (Ahlmann, Deusser, Ehning Beerbaum), la Belgique (Philippaerts, Bruynseels, Guery, Wathelet) tenante du titre, la Suisse (Duguet, Guerdat, Estermann, Fuchs) sans oublier les Etats-Unis d’Amérique (Hough, Coulter, Davis, Kraut).

On suivra quand même nos Bleus dans la Consolante (Challenge Cup) qui se disputera vendredi soir à 21h. Elle sera diffusée, comme la finale le lendemain, en direct sur Equidia.

Les résultats de l’épreuve qualificative ici.

Kevin Staut décu de son concours à Barcelone

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Kevin Staut et Rêveur de Hurtebise – CSIO de Barcelone – Cliquer pour agrandir.

Même s’il a assuré la meilleure prestation française dans le cadre de la finale de la Coupe de Nations du CSIO de Barcelone, Kevin Staut confie être rentré déçu de la capitale de la Catalogne.

« Je suis déçu de mon concours à Barcelone, pour moi, mais également pour l’équipe. Nous avions pour but de ne pas reproduire nos erreurs de l’an dernier et nous avons échoué. Nous n’avons pas été capables de boucler un seul parcours sans-faute lors de la première manche et nous nous retrouvons une nouvelle fois à disputer la consolante. Pour moi, c’est un échec même si nous prenons la 2ème place dans la Challenge Cup (consolante), vendredi soir. Le parcours de jeudi n’était pas insurmontable. Il était le même pour tout le monde et des couples ont réussi à s’en sortir sans pénalité. Notre équipe était prête à disputer cette échéance. Nous étions tous surmotivés après notre contre-performance en équipe aux Championnats d’Europe d’Aachen, en août dernier, mais nous n’avons pas été bons » confie le champion français sur son site.

Kevin Staut conclut toutefois son analyse par une note positive : « Vendredi, lors de la consolante, je voulais absolument réaliser ce parcours sans-faute. C’était indispensable pour moi, pour l’équipe. Rêveur a été formidable et a offert le parcours dont nous avions tant besoin et, par la même occasion, la 2ème place de la Challenge Cup qui est venue quelque peu atténuer notre déception collective »… «  J’espère que nous allons tirer des enseignements de cette contre-performance et que nous en tiendrons compte pour les prochaines échéances par équipes qui se dérouleront désormais en 2016 ».

L’équipe d’Allemagne, rattrapée, sera présente à la finale de Barcelone

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Daniel Deusser et Cornet d’Amour constitueront l’une des bonnes cartouches de l’équipe d’Allemagne pour la finale de la Coupe des Nations à Barcelone.

04/09/2015 – L’Allemagne participera à la finale de la Coupe des Nations à Barcelone. Une qualification surprise acquise non sur les terrains mais sur tapis vert grâce au forfait de l’équipe du Japon.

Malgré des individualités remarquables, la Mannschaft a terminé cette année à la huitième place de la Division 1 européenne quand seuls les sept premiers se voient récompenser par le précieux sésame nécessaire pour disputer la finale. Un résultat surprenant et décevant mais logique au regard d’un encadrement parfois arrogant qui n’a jamais cherché à décrocher avec les dents sa qualification.

Les Allemands entreront donc par la petite porte au Real polo Club de Barcelone après avoir salué d’un arigato (« merci ») les cavaliers nippons. « Nous avons espéré qu’une équipe déclare forfait pour obtenir le droit d’y participer. C’est désormais chose faite, et nous en sommes naturellement ravis », a déclaré d’Otto Becker, le chef d’équipe des repêchés. Ils pourraient néanmoins repartir par la grande porte après être passés par la case podium tant, sur le papier, l’équipe semble solide avec Ludger Beerbaum, Daniel Deusser, Christian Ahlmann et Meredith Michaels-Beerbaum.

Rendez-vous crucial pour les Bleus à Barcelone

La solitude du chef. Philippe Guerdat en pleine réflexion.

La solitude du chef. Philippe Guerdat en pleine réflexion.

Les Championnats d’Europe 2015 qui se sont déroulés à Aix-la-Chapelle dernièrement ont, malgré la médaille de bronze de Simon Delestre en individuel, porté un coup au moral du collectif Tricolore. La journée du dimanche a certes été rassurante mais, en partie seulement. Certes, le double sans-faute de kevin Staut sur Rêveur de Hurtebise a permis à ce couple de terminer sur une note positive mais, un rendez-vous majeur implique que la performance soit être réalisée au bon moment. Ni trop tôt, comme Pénélope Leprevost le premier jour, ni trop tard à l’instar de Kevin Staut, la dernière journée.

Le doute est l’ennemi du cavalier et de sa monture, du sélectionneur national également. Le prochain objectif majeur pour l’équipe de France est la finale des Coupes des Nations à Barcelone, fin septembre. Philippe Guerdat, tous comme les athlètes qui seront sélectionnés n’auront pas droit à l’erreur d’autant qu’en 2013 les vestes bleues étaient revenues de la capitale de la Catalogne couverts d’or.

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Moment de joie pour l’équipe de France, victorieuse de la finale de la Coupe des Nations en 2013.

« Je ne sais pas encore si je ferai partie de l’équipe mais, quoi qu’il arrive, il faudra que l’équipe en place tire un enseignement de ce que nous avons vécu à Aix-la-Chapelle » prévient Kevin Staut sur son site internet. L’avertissement doit être pris au sérieux notamment lorsqu’il émane d’un pilier de l’équipe de France qui  a toujours fait de cette dernière sa priorité.

Simple trou d’air ou malaise plus profond dans la sélection nationale, le rendez-vous de Barcelone à 10 mois des Jeux Olympiques de Rio sera scruté à la loupe par tous les observateurs. C’est bien au pied du mur, dans la tourmente, que le collectif patiemment façonné par le chef d’équipe va révéler ses forces ou ses faiblesses. A peine abrité derrière ses lunettes, Philippe Guerdat est aujourd’hui condamné à s’abstraire du monde ­extérieur, de ses sympathies et à faire, seul, des choix difficiles en espérant qu’ils soient pertinents. Ils le seront.