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La nouvelle vie de Kamel Boudra

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Kamel Boudra

On pensait Kamel Boudra perdu pour le petit écran et on avait tort. Il y a une vie après Equidia life. L’ex-animateur vedette de la chaîne du cheval en est la preuve bien vivante. Doté d’un incroyable sens du rebond, ce passionné a trouvé l’énergie pour repartir de l’avant et construire un projet fou avec SFR sport pour notre plus grand plaisir et celui de tous les amateurs de sports équestres. Nous sommes donc allés à la rencontre de cette figure incontournable du monde du cheval pour évoquer cette nouvelle période de sa vie professionnelle qui débute.

Kamel Boudra, vous avez incarné pendant de nombreuses années le visage d’Equidia Life. Cette page est désormais tournée. On vous a retrouvé très affairé au jumping de Bordeaux sous de nouvelles couleurs, celles de SFR Sport. Le bouquet de SFR Sport a été remanié en début d’année. Depuis le 1er février 2018, SFR Sport 3, auparavant dédiée aux sports extrêmes, est devenue une chaîne omnisports avec notamment la diffusion de l’Euroligue mais surtout en ce qui nous concerne de compétitions d’équitation plus particulièrement les épreuves Coupe du Monde mais aussi les Coupes des Nations.

Convaincre les dirigeants de SFR sport d’inclure une offre à destination des amateurs de sports équestres n’a pas dû être chose aisée ? Quel a été votre argument décisif pour emporter leur décision ?

J’ai fait ça en binôme avec Alice Weill et on a eu une réponse incroyable de SFR Sport : si on le fait, on le fait bien. Pas en bouche-trou. Je n’en attendais pas tant. Là où on pensait se faufiler on se retrouve en sport majeur de la chaîne !

L’argument pour les convaincre c’était que certes on n’a pas un public aussi important que le football ou d’autres disciplines, mais que les sports équestres représentent une niche assez dense avec des gens plus que passionnés.

Les dirigeants de SFR Sport ont trouvé le projet excitant car ils ont une vision très large du sport. Cela s’est traduit par l’acquisition des droits pour les directs des Coupes des Nations et du circuit Coupe du Monde ce qui était pour Alice et moi les deux principaux circuits dans l’âme et la culture du sport que l’on aime. Cela ne ferme toutefois pas la porte à d’autres circuits par la suite. Mais il fallait pour débuter ces circuits là. Ce sont les deux jambes nécessaires pour exister surtout dans la perspective des finales Coupe du Monde à Paris en avril. On a obtenu également un replay en prime time le dimanche soir car on a expliqué aux dirigeants de SFR sport que nos passionnés sont aussi des pratiquants.

Au-delà des directs allez-vous proposer des reportages, des interviews, des émissions du type Equestrian peut-être ?

Oui il y aura un magazine dans un esprit Equestrian mais dans la culture SFR sport notamment sous la direction d’un garçon qui s’appelle Laurent Salvaudon qui vient de Canal+. Ce sera dans le principe un magazine comme l’était Equestrian mais assez différent dans la production. Les amoureux du sport vont donc retrouver encore plus de sport que sur Équidia Life et on en est très heureux.

Quels consultants retrouvera-t-on à vos côtés ?

On retrouvera les piliers : Odile van Doorn pour le dressage, Jean-Luc Force pour le complet. Pour le saut d’obstacles, c’est ouvert. Il y aura souvent Hervé Godignon, Laurent Elias, Emeric Georges. Bref, ceux avec qui j’ai eu le bonheur de travailler pendant des années et qui apportent une vraie valeur ajoutée.

SFR sport est accessible gratuitement pour les abonnés boxe SFR et Numéricable et certains forfaits mobile SFR mais tout un chacun peut regarder la chaîne sur son PC sous réserve de souscrire un abonnement mensuel de 9,90 €. Des critères d’audience vous ont-ils été fixés comme condition pour pérenniser cette nouvelle aventure ? 

Nous n’avons pas encore d’objectifs chiffrés en termes d’abonnés. Avant de juger des résultats, ce qu’ils nous demandent aujourd’hui c’est de faire de la qualité. Il faut que le rendu, le contenu soit de très haute qualité. Moi j’ai clairement une exigence là-dessus. Le vrai avantage c’est qu’on n’est plus dans une chaîne thématique. Une chaîne thématique c’est bien, c’est formidable mais on reste avec ses quelques milliers de téléspectateurs. Aujourd’hui il faut convaincre les autres amateurs de sport et appartenir à une famille du sport et non plus seulement du cheval.

Quels retours avez-vous sur les premières retransmissions (Bordeaux, les premières Coupes des Nations d’Abou Dhabi et d’Ocala) ?

L’accueil a été génial. On avait été discrets sur la préparation et quand SFR a commencé à communiquer on a eu des réactions de soulagement comme quoi, ce n’était pas mort. Apres ce qui est drôle, c’est que sur cette chaîne SFR sport qui est regardée par des non spécialistes, les téléspectateurs non avertis ont compris que l’obstacle est un pourvoyeur de médailles et ça les intéresse. Mais paradoxalement, ils ont adoré l’attelage à 4 à Bordeaux. C’est pour cette raison que toutes les disciplines qui ont des Coupes des Nations et des Coupes du Monde seront dans SFR Sport3.

Cheval TV va débuter normalement le 15 mars. Elle sera payante avec un tarif préférentiel pour les licenciés FFE. Ca vous inspire quoi ?

Ce n’est pas le même métier, pas le même but. Nous on sera sur le sport de haut niveau avec une vision beaucoup plus internationale. Eux, ils seront sur le sport fédéral. Ce n’est pas le même objectif. Nous ce qu’on veut offrir aux téléspectateurs, c’est une chaîne qui sorte de son milieu… soit exactement ce que m’a demandé la FFE pendant 15 ans. Nous on fait du sport, du très haut niveau avec des équipes techniques et rédactionnelles vraiment très performantes et nous aurons les droits sportifs des grandes manifestations.

Vous nous donnez rendez-vous pour quel  prochain événement équestre sur SFR Sport 3 ?

Ce week-end ! Vendredi à 13h30 pour la Coupe du Monde de dressage. Dimanche en début d’après-midi pour la Coupe du Monde de saut d’obstacles toujours à Göteborg et lundi à 20h30 pour le premier numéro du magazine sport dont je n’ai pas encore le nom (rires) mais qui sera avec Kevin Staut et de nouveaux visages.

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Gazelle, la machine à cash de Kent Farrington

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Remise des prix pour Gazelle et Kent Farrington, vainqueurs du GP du CSI 5* de Valence

1 026 435 euros. s’i y a un chiffre à retenir, c’est bien celui-là. Un peu plus d’1 million € de gains, c’est ce qu’a accumulé Gazelle, la jument de Kent Farrington, numéro 1 mondial, sur la saison 2017. Un petit pécule qui devrait permettre de lui offrir a minima un jeu tout neuf de bandes de repos. La fille de Kashmir van Schuttershof a terminé l’année dernière avec un bilan plus que satisfaisant : 6 victoires en GP 5* : Valence, Calgary, Wellington, Madrid, Tryon et Genève. Comme disent avec justesse les anglo-saxons : «The Winner Takes It All». Autrement dit, « le gagnant rafle la mise« .CQFD.

La résistance s’organise face à l’impérialisme du Global Champions Tour

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Jan Tops

C’est une menace qui n’a rien de fantôme. Jan Tops, le patron du Global Champions Tour (GCT), a décidé de passer la seconde dans sa conquête des sports équestres en donnant une nouvelle ampleur à son circuit avec 5 nouvelles étapes et un niveau de dotations inégalé (35M€ au total). Sa stratégie, c’est celle de l’édredon. A savoir, asphyxier en toute discrétion la FEI et la contraindre à déréguler les compétitions au profit de son circuit. Autrement dit, substituer à la loi du sport, celle de l’argent.  Mais là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. Des cavaliers talentueux, amoureux de leur discipline, ont fait le choix courageux de s’opposer frontalement aux ambitions de Jan Tops. Une poignée d’hommes et de femmes emmenés par Steve Guerdat et Kevin Staut qui n’entendent pas plier face aux ambitions d’un seul homme. Et qui sait, leur détermination pourrait bien, à la fin, être payante.

Il est fort, très très fort ce Jan Tops. Un sens hors du commun du commerce en particulier et des affaires en général. Marchand de chevaux hors pair aidé par un passé de compétiteur sacré par un titre de champion olympique par équipe (1992), Jan Tops aurait pu se contenter de d’un patrimoine plus que respectable constitué au fil des ans. Allez savoir pourquoi, l’appétit financier de ce fils de boulangers est insatiable. Un soif de l’or qui oscille entre mégalomanie et folie des grandeurs à l’image de son petit royaume de Valkenswaard, avec ses 500 boxes noyés dans une débauche de luxe. A décharge pour l’intéressé, celui-ci n’a jamais caché que son modèle était celui de la Formule 1 avec lui-même dans le rôle de Bernie Ecclestone, le grand argentier tout puissant.

Pour atteindre ce rêve, il fallait pouvoir disposer d’une manne financière quasi-inépuisable. C’est là où les Qataris entrent en jeu. Pourtant, l’importance des flux financiers brassés par le système suscite bien des interrogations. Tout autant que la réussite exponentielle du Hollandais et le manque de transparence qui l’entoure. Son poids est aujourd’hui tel que rares sont ceux qui sont prêts à le contrarier. A commencer par les dirigeants de la FEI qui après avoir perdu une première manche sur le terrain juridique ont totalement retourné leur veste en début d’année 2017 en signant un protocole d’accord  soit-disant « gagnant-gagnant » avec les propriétaires du GCT. En fait, un accord de dupes conclu sur le dos des compétiteurs.

On pensait la partie pliée et les mauvaises têtes, celles qui préfèrent les Coupes des Nations  aux étapes lucratives du Global, au piquet pour un moment. Mais le vent a peut être commencé à tourner. A Lyon notamment. Parce qu’Equita, concours ancré dans le paysage hexagonal et fort d’un public fidèle, a démontré qu’aucune star du 5* n’est irremplaçable et que le vivier de cavaliers talentueux et de chevaux hors-normes ne se limite pas à une poignée de grosses fortunes qui pensent avoir trouvé dans le jumping une distraction pour dépenser leur argent. La qualité du sport délivré est la clé et le public, souvent composé de connaisseurs, ne s’y trompe pas. Cela veut dire que l’accès au plus haut-niveau, les 5*, ne peut se faire pour l’essentiel sur des critères financiers avec une sélection par des droits d’accès payants mais bien, en fonction de résultats sportifs.

Ça tombe bien. L’association des cavaliers internationaux de saut d’obstacles (IJRC) qui est seule détentrice des droits techniques du classement mondial de saut d’obstacles rappelle qu’elle ne jouera pas les potiches. Steve Guerdat qui en est l’un des représentants les plus éminents a précisé clairement la position de l’IJRC : « Notre but est d’attribuer des points aux rankings uniquement lors de concours offrant du bon sport et pas à des manifestations ouvertes aux cavaliers ayant les moyens d’acheter leur participation. Nous devons trouver le meilleur système pour atteindre notre but et protéger le vrai sport ».

L’IJRC ne fait pourtant que demander le respect des règles votées lors de l’Assemblée générale de la FEI en 2016 selon lesquelles la clé de répartition de l’accès au CSI 5* devrait être la suivante : 60% des cavaliers inscrits au concours, selon le classement mondial, 20% pour la fédération nationale du pays hôte, 20% pour le comité d’organisation. Or le système commercial porté par Jan Tops s’affranchit de cette ventilation pour retenir la suivante : 30% de cavaliers issus du classement mondial, 10% de cavaliers du pays hôte et 60% de cavaliers inscrits dans une équipe pour lesquelles le droit d’entrée est de 2 M€ ! Tout le scandale actuel, c’est que dans ces conditions, les épreuves du GCT qui ne respectent pas les règles ne devraient pas attribuer de points pour le classement mondial or, c’est bien le cas. Ce qui favorise de fait les cavaliers les plus fortunés capables de s’engager dans le GCT.

La position de l’IJRC sera-t-elle déterminante ou n’est-elle qu’un coup d’épée dans l’eau face au rouleau compresseur du GCT ? Difficile à dire pour l’instant mais quelques grands propriétaires de chevaux entrent à leur tour dans la danse pour soutenir la position des cavaliers. Le combat à des allures de David contre Goliath mais on sait depuis 2007 et la crise des subprimes que dans le milieu de la finance, le too big to fail est un leurre. Il suffirait d’ailleurs que les fédérations nationales imposent la participation  en Coupe des Nations pour être sélectionnable dans les grands rendez-vous (Jeux Équestres Mondiaux, championnats d’Europe, Jeux Olympiques) pour enlever de l’attractivité au GCT. De là à dire que l’organisation de Jan Tops est un colosse aux pieds d’argile, il y a un pas qu’il serait imprudent de franchir.

FEI-GCT : la loi du fric plus forte que la loi du sport ?

Jan Tops, le fondateur du Global Champions Tour

Après de longs mois de bataille juridique les dirigeants de la FEI et du Global Champions Tour ont finalement trouvé un accord et enterré la hache de guerre. Comme dit le proverbe, les loups ne se mangent pas entre eux. Le coup de dent, en l’espèce, est pour les cavaliers, victimes collatérales d’un incroyable dénouement dans lequel, après quelques pudibonderies de jeune vierge, la FEI retourne sa veste pour embrasser une vision américano-hollandaise du sport où la norme supérieure est l’argent.

De quoi s’agit-il ? Le combat initial qui a opposé le GCT à la FEI n’est pas propre à l’équitation. La structuration du sport repose depuis environ un siècle sur un monopole légal, celui des fédérations nationales et internationales sur leurs licenciés et sur l’organisation des compétitions auxquels ceux-ci participent. Ca, comme dirait la pub, c’était avant. Avant notamment que la télévision et ses annonceurs fassent couler l’argent à flots et aiguisent bien des appétits.

Dans la situation actuelle nous avons tous une part de responsabilité même si celle-ci relève plus de la naïveté. Naïveté de penser que le système mis en place par Jan Tops était bon pour le sport. C’était en fait ouvrir, avec un grand sourire, la porte de la bergerie au loup. Le GCT n’a rien d’une œuvre caritative et ceux qui savaient, à commencer par les dirigeants de la FEI, se sont bien gardés de pointer un système basé dès le départ sur une sélection par l’argent. Souvent copié depuis quelques années par différents organisateurs mais jamais égalé dans son sens du détail, le système repose sur un droit d’entrée maquillé derrière la réservation de tables.

L’arrivée de Franck McCourt aurait dû faire redoubler notre vigilance. Après avoir ouvert la porte, nous avons proposé une chaise et offert le couvert au nouvel entrant. Financier sans scrupules (c’est un oxymore), l’américain en rachetant la moitié des parts du GCT est surtout venu faire un coup dans un secteur qui ne l’intéresse que par son potentiel de rentabilité.

Partant du constat que l’Europe est un marché saturé, l’Américain a en ligne de mire les marchés émergents Asie, Amérique du sud et Etats-Unis, leurs téléspectateurs (via des accords de retransmission d’épreuves) mais aussi ces ultra-riches en peine pour dépenser leurs fortunes. Rien de neuf finalement sous le soleil si ce n’est reproduire le système de la formule 1 où pour avoir un volant le portefeuille (ou les sponsors) compte autant sinon plus que le talent.

Il ne s’agit pas pourtant d’avoir une vision nostalgique ou manichéenne mais de rechercher une situation équilibrée entre règles et éthique sportives d’une part et enjeux financiers de l’autre. Le problème posé par le protocole d’accord signé dernièrement entre la FEI et le GCT, c’est le désagréable sentiment qu’il donne. Cette sensation qu’Ingmar de Vos « s’est couché » devant Jan Tops et Franck McCourt. Une bien étrange défaite en vérité. Loin d’être un faux pas isolé, cette décision doit être replacée dans un contexte plus large où, dans un court laps de temps, des petits cailloux blancs ont été régulièrement semés pour dessiner au final une trajectoire plus favorable au business qu’au sport (modifications successives des formats des Jeux Equestres Mondiaux, des Coupes des Nations, manque de combativité face au CIO pour défendre la place de l’équitation aux Jeux Olympiques…)

« La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires » disait Clémenceau. Actualisée, la formule pourrait être « le sport de haut niveau est une activité trop importante pour être laissée aux seules griffes des financiers ». Le communiqué diffusé par les propriétaires du GCT à l’issue de la signature du protocole d’accord avec la FEI doit être replacé dans ce contexte. « Nous remercions toutes les personnes impliquées pour leurs efforts. Nous sommes ravis de travailler avec la FEI à l’avenir afin de construire un futur fort et profitable à notre sport et à tous ses acteurs dans un environnement moderne » se félicitent ainsi le duo Tops-McCourt. Décrypté on ne peut que s’interroger sur la « modernité » revendiquée ainsi que sur les bénéficiaires de ce « futur fort et profitable » qu’ils entrevoient.

Beaucoup d’acteurs du haut niveau se déclarent aujourd’hui, de façon publique, inquiets sur l’avenir du saut d’obstacles mondial. Depuis l’avènement d’Ingmar de Vos à la tête de la FEI en 2014, le sentiment qui domine est celui d’un emballement de la mutation des sports équestres dans une direction où beaucoup ne se retrouvent pas. La volonté de la Fédération équestre internationale « d’harmoniser » les engagements (à la hausse en fixant le prix des engagements sont fixés en fonction de la dotation d’une épreuve ou de la compétition) entre l’Europe et les Etats-Unis en constitue le dernier avatar.

Interrogé par Elodie Mas de L’Eperon, très en pointe sur ce sujet brulant, Kevin Staut développe une vision particulièrement lucide de la situation « Jan Tops a proposé une bonne formule, il a un très bon produit et c’est normal qu’il avance de son côté, mais le problème c’est que la FEI ne joue pas son rôle d’arbitre. Le Global va devenir de plus en plus sectaire, il sera de plus en plus difficile de rentrer dedans. La sélection ne sera plus en fonction de la performance : aujourd’hui on passe déjà des 30 aux 15 meilleurs mondiaux, et à terme, ça risque d’être uniquement ceux qui font partie des équipes qui pourront y participer. Jan a fait avancer le sport, il a mis les choses en compétition, mais la FEI ne protège pas le sport !« 

Alors, si la FEI ne protège pas le sport, à quoi sert-elle et que font les fédérations européennes à commencer par la FFE ? La balle est assurément dans le camp des cavaliers de haut-niveau dont la passivité interpelle. Toujours dans cet incontournable entretien accordé à l’Eperon Kevin Staut tape une nouvelle fois juste : »Steve et moi, on fait partie des rares à se positionner. J’ai peur qu’on devienne les seuls à lutter. L’intérêt est d’essayer de s’unir, on doit rassembler des voix derrière nous. Le problème c’est que les gens ne sont pas assez au courant de ce qui se passe. Nous les premiers ! »

Il sera difficile désormais de dire qu’on ne savait pas.

NB : A lire également, toujours sur l’Eperon, l’éclairant article d’Emmanuelle de Monléon « Une conférence embarrassante… »

Explosion des gains dans le jumping de haut niveau

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Simon Delestre est le cavalier Français qui a enregistré le plus de gains en compétition en 2016

Parallèlement au Forum économique mondial de Davos qui se tient ces jours en Suisse, l’ONG Oxfam spécialisée dans la lutte contre la pauvreté publie un rapport alarmant sur la concentration des richesses dans le monde. A titre d’exemple, 8 personnes sur la planète détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Ce mouvement de concentration inédit des richesses n’épargne pas le sport et notamment le jumping de haut niveau où l’argent coule à flots.

Le jumping de haut niveau, ça coûte très cher mais, ça peut rapporter gros. Enfin pour ceux qui sont les plus performants. C’est ce que nous apprend en tout cas le site anglo-saxon NoelleFloyd.com qui a pris le temps de se pencher sur le classement mondial des cavaliers qui ont enregistré le plus de gains en 2016.

Ainsi, en haut de tableau, les dix meilleurs ont cumulé 13 millions de dollars de gains soit plus d’un million par tête.  Premier du classement, Scott Brash se détache avec 1,859 millions de dollars. Le podium est complété par McLain Ward (1,611 M$) et  Christian Ahlmann (1,394 M$). Premier français dans la liste Simon Delestre, 7ème au classement général,  a gagné 1, 117 M$, suivi de prés par Kevin Staut (1, 133 M$). Roger-Yves Bost est le troisième et dernier tricolore dans le top 20 avec 736,112 $ ce qui le classe au 14ème rang mondial.

Ce classement peut être rebattu si l’on regarde le nombre de chevaux constituant le piquet ainsi que le nombre de CSI auquel a participé le cavalier pour atteindre untel montant de gains.

Ainsi, la meilleure rentabilité est atteinte par Mclain Ward (moyenne de 54 000 € de gains par concours) qui n’a participé qu’à 30 CSI quand Scott Brash en a disputé 42 en 2016.

Les écuries Stephex du Belge Stephan Conter », s’avèrent également  « une petite entreprise » rentable puisque ses deux cavaliers de tête, Daniel Deusser et Lorenzo de Luca se classent respectivement 4ème et 9ème avec des piquets étoffés d’une vingtaine de chevaux chacun.

La tendance de l’explosion des gains ne devrait pas se ralentir en 2017 avec la multiplication des CSI 5*. Car du côté des organisateurs, il n’y a pas de secrets. Les dotations sont déterminantes dans l’établissement des programmes de concours, tant pour les cavaliers que pour les propriétaires. Donc si on veut avoir un beau plateau, il faut se distinguer par les dotations. C’est vieux comme le monde, on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre.

Le classement mondial des 20 cavaliers qui ont enregistré le plus de gains en 2016, c’est ici.

Doda de Miranda entre actualité sportive et pages people

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Doda de Miranda en action

Les histoires d’amour finissent mal, en général. En mai dernier, le magazine brésilien «Epoca» annonçait « officiellement » la séparation, après 11 années de mariage, de Doda de Miranda (43 ans) et d’Athina Onassis (31 ans), l’un couple les plus en vue du jumping international. L’histoire méritait d’être suivie en raison de ses répercussions sportives notamment au regard de la structure commune qu’ils avaient mis en place, AD Stables. Si la procédure de divorce qui sévit dans le couple a fait l’objet d’une trêve qui a permis à Doda de participer – de belle manière – aux JO de Rio sur AD Cornetto K, elle vient de connaître un nouveau rebondissement. Doda se voit désormais interdit d’approcher sa monture olympique.

Le brésilien Doda de Miranda et la franco-grecque Athina Onassis se sont rencontrés dans les écuries de Nelson Pessoa en Belgique, elle avait 18 ans et lui 30. Depuis ils se sont installés dans de superbes installations équestres aux Pays-Bas. A Valkenswaard précisément. Une commune de 30 000 habitants, lieu de résidence d’un autre couple équestre célèbre, Jan et Edwina Tops.

La séparation du couple ne se passe pas vraiment bien. Si Doda n’a pas perdu l’espoir de reconquérir le cœur de sa belle, cette dernière ne l’entend pas de cette oreille et a décider de mener la vie dure à son futur ex-mari. Ainsi, à son retour de Rio, Doda a eu la désagréable surprise de se voir physiquement empêché – par un gardien privé- d’approcher de Cornetto. Le Brésilien a saisi la justice Belge car si la situation demeure, il ne pourra participer à la finale de la Coupe des Nations qui se déroulera à Barcelone le dernier week-end de septembre.

Cet imbroglio dévoile au passage les astuces financières qui ont cours pour la propriété des chevaux de très haut niveau. Car si c’est la justice Belge hérite de l’affaire c’est en raison du montage complexe qui entoure AD Cornetto K. Dans la base de données de la FEI le cheval appartient à A.A. de Miranda Neto & Victory Equestrian Sport BV, deux sociétés basées à Valkenswaard. Néanmoins, il semblerait que Victory Equestrian Sport BV ait des liens avec l’énigmatique société Luxembourgeoise Le Chêne au Corbeau SA …qui dispose d’une filiale en Belgique.

Il convient de rappeler qu’Athina, petite-fille et héritière de la fortune de l’armateur grec Aristote Onassis dispose d’une fortune estimée aujourd’hui à 3,5 milliards d’euros.

maj à 12h11.

L’image écornée de GL Events

gleQui dans le petit monde de l’équitation ne connaît pas GL Events, le champion de l’évènementiel aux manettes notamment d’Equita Lyon et du Saut Hermès via son département équestre ? Le groupe lyonnais (4000 salariés, 924 millions d’euros en 2015 de CA en 2015) qui organisera de nouveau les finales de Coupe du monde de saut d’obstacles et de dressage au POPB de Paris-Bercy en avril 2018 après celles de Lyon-Eurexpo en 2014 se trouve aujourd’hui bien malgré lui dans la tourmente. Son nom se retrouve dans la liste des entreprises mises en cause par les Panama papers mais également dans la polémique qui entoure l’organisation de la Cop 22 à Marrakech.

GL Events qui opère également  au Moyen-Orient apparaît dans les Panama papers, cette enquête menée par  108 médias étrangers et Le Monde sur les 11 millions de fichiers provenant des archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore.

On apprend que la société dirigée par Olivier Ginon et Olivier Roux a acheté dans le passé une société offshore pour afin de pouvoir obtenir une licence d’exploitation à Dubaï. Eastern Exhibition Services Limited a toutefois été liquidée en novembre 2014. En outre, l’existence de cette filiale offshore figurait bien dans les rapports annuels du groupe.  Dans ses colonnes, Le Monde revient longuement sur ce montage.

Plus embêtant, le site L’usine nouvelle pointe les conditions d’attribution glauques d’un marché à 64 millions d’euros opposant GL Events et Richard Attias pour l’organisation de la COP 22 (Conférence internationale sur le climat qui fait suite à celle qui s’est déroulée Paris en décembre dernier) à Marrakech.

GL Events figure en effet dans un groupement qui devrait être été retenu pour organiser cette manifestation d’envergure (30 000 personnes d’attendues) qui se tiendra à la mi-novembre. Or, les conditions d’attribution de ce marché font l’objet d’accusations de manque de transparence. Deux autres groupements, dont l’un conduit par le cabinet du puissant homme d’affaires marocain Richard Attias associé à 14 entreprises, auraient été écartés, sans que leurs offres n’aient été examinées.

 

Armitages Boy cherche acquéreur fortuné

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Armitages Boy sous la selle d’Aymeric de Ponnat

Nouveau rebondissement cette semaine dans la saga Armitages Boy. En vente depuis 8 mois, l’étalon Oldenburg de quatorze ans qui s’est notamment illustré sous la selle d’Aymeric de Ponnat peine à trouver un acquéreur susceptible de mettre sur la table le magot attendu par ses propriétaires. 2,8 millions d’euros avaient été proposés lors de la vente aux enchères en ligne organisée en septembre dernier mais cette somme avait été jugée insuffisante par les vendeurs qui espéraient voir s’envoler les prix à l’occasion du mercato en vue des JO de Rio. Encore raté. Finalement la commercialisation a été confiée à Stefan Conter, propriétaire des écuries Stephex en Belgique.

 

 

 

Frank McCourt, l’Américain qui mise sur le succès du jumping à la TV

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Le nouvel investissement a quelque peu surpris aux États-Unis, ici le Los Angelès Times où l’on qualifie parfois les chevaux de CSO de haut-niveau de « yachts à 4 pattes »

C’est une belle affaire pour l’équitation en général et Jan Tops en particulier. On dit que les Hollandais ont la bosse du commerce, la transaction qui vient d’être actée avec le milliardaire Frank McCourt le confirme. Ce dernier a annoncé ce 23 juin avoir acquis 50% des parts du Global Champions Tour (GCT) pour un montant resté confidentiel. Créé et dirigé par l’ancien cavalier Néerlandais, le GCT, est le circuit de concours de saut d’obstacles (14 étapes) le plus prestigieux et le mieux doté au monde (9 millions €).

Franck McCourt est une célébrité aux États-Unis. Cet homme d’affaire de 60 ans a fait fortune dans l’immobilier et dans le sport. En 2012 il réussit un très beau coup en revendant l’équipe professionnelle de baseball les Los Angeles Dodgers pour la somme record de plus de 2,15 Mds$ soit plus de cinq fois ce qu’il l’avait acheté huit ans plus tôt.

Autant dire que son investissement dans le jumping ne relève pas de la philanthropie ou d’un mécénat de milliardaire. Franck McCourt dont le groupe dispose d’une importante branche dans le secteur sportif (MG Sports & Media) entend bien faire fructifier son investissement.

Le nouvel actionnaire a indiqué qu’il avait décidé d’investir dans le jumping en raison de son côté très télégénique : “Nous pouvons encore faire beaucoup pour montrer la beauté, la difficulté, les risques, et l’excitation que procure ce sport”.

Frank McCourt est persuadé que l’audience TV (et donc les recettes publicitaires) du Global Champions Tour est susceptible de connaître une très forte progression notamment dans les marchés émergents (Moyen-Orient, Asie) où les fans sont toujours plus nombreux, mais aussi aux États-Unis.

 

Eurocommerce dans la tourmente, Gerco Schröder dans l’incertitude

7I4A9997Depuis bientôt deux ans la société néerlandaise Eurocommerce traversait d’importantes difficultés financières. Celles-ci viennent de prendre une nouvelle tournure puisque le principal créancier, la banque Radobank vient d’en prendre le contrôle et de saisir les étalons éponymes dont Eurocommerce London, cheval de tête de Gerco Schröder.

Difficile quand on suit le haut niveau de n’avoir jamais entendu le nom Eurocommerce associé le plus souvent à un nom de ville. Spécialisée dans la location de bureaux et basée aux Pays-Bas cette société qu’on pensait trop grosse pour faire faillite (too big too fail) a désormais mis la clé sous la porte et changé de propriétaire. C’est  un véritable séisme pour le milieu équestre néerlandais car à côté de son activité commerciale cette société  parrainait  l’une des plus performantes écuries du pays avec des chevaux habitués des places d’honneur dans les plus grandes épreuves internationales.

On pensait que le montage juridique qui avait été mis en place depuis février 2012 et qui avait consisté à enregistrer les chevaux sous le nom Gevi International B.V permettrait de les préserver. Or, selon le site d’information Telegraaf.nl,  le jugement rendu par le tribunal de Zutphen a annulé la vente par le propriétaire d’Eurocommerce des écuries à son fils. Tous les chevaux seraient donc aujourd’hui devenus la propriété de la banque Rabobank.

Les chevaux de  Gerco Schroder, actuel 12ème mondial, ont été saisis lors de leur descente du camion le week-end dernier lors de leur arrivée au CSI 4* de Brunswick. On apprenait il y a quelques heures que le vice-champion olympique avait annulé sa participation au très richement doté CSI de Doha ce week-end. L’an dernier le couple magique Eurocommerce London-Gerco Schröder  a remporté plus de 2 millions d’euros de gains sur le circuit international.

Hermès nouveau partenaire de l’équipe américaine de saut d’obstacles

ImageAlors que le Grand Palais accueillera à Paris du 14 au 16 mars le Saut Hermès, l’un des plus prestigieux jumping indoor, on apprenait le 26 février dernier que la branche outre-Atlantique du célèbre sellier du faubourg Saint-Honoré devenait le partenaire officiel et principal de l’équipe américaine de saut d’obstacles (USET).

L’annonce officielle et la célébration du partenariat se sont déroulées dans l’un des endroits les plus chic de Wellington en Floride à l’occasion du Winter Equestrian Festival (WEF).

L’équipe américaine a arboré sa nouvelle veste rouge et le tapis de selle logoté Hermès pour la première fois à l’occasion de  la Coupe des Nations FEI Furusiyya de Wellington le 28 février dernier.

Hermès, fondé en 1837 a exposé  la première fois à New York lors de l’Exposition française de 1924, et ouvert sa première boutique à Manhattan en 1928. Pour l’anecdote Hermès, avait déjà conçu dans les années 1960 une selle réputée avec le champion américain de saut d’obstacles Bill Steinkraus, la fameuse selle Steinkraus.

Reed Kessler sera la seule représentante  américaine à participer au Saut Hermès 2014.

Samshield et Kingsland, nouveaux sponsors de Reed Kessler

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Tout semble réussir à la jeune et talentueuse cavalière américaine de 19 ans, Reed Kessler. Un très bon piquet de chevaux, un coach (Marcus Ehning) parmi les meilleurs du monde, des moyens financiers déjà conséquents avec un père PDG de l’une des plus grandes firmes de tabac et désormais, une reconnaissance commerciale de son potentiel par deux grandes marques.

La marque norvégienne Kingsland tout d’abord qui parrainait déjà Marcus Ehning, le mentor de Reed et, Samshield ensuite, le fabricant français de bombes haut de gamme, qui fait de la prometteuse américaine une ambassadrice de sa marque, poussant d’ailleurs au passage vers la sortie son concurrent GPA qui équipait jusqu’alors la cavalière.

La même semaine où Reed faisait l’annonce de ses nouveaux sponsors, elle dévoilait le site internet de ses écuries, Kessler Show stables, basées à Lexington dans le Kentucky.