Dominique Megret, nouveau président de l’association des propriétaires de chevaux internationaux de saut d’obstacles

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Crédit photo :Jumping Owners Club / Tiffany van Halle. De gauche à droite : Robin Parsky, Christian Baillet, Dominique Mégret, Georg Kähny, Capt. John Roche et Emmanuele Perron-Pette.

Ils sont discrets mais très influents. Que serait le haut niveau en CSO sans des  propriétaires passionnés, souvent plus mécènes que partenaires financiers des plus grandes écuries ? Le Jumping Owners Club (JOC), association rassemble ainsi les propriétaires de chevaux internationaux de saut d’obstacles depuis 2004 afin d’être globalement mieux pris en considération par les instances de l’équitation et de pouvoir peser sur l’évolution du jumping. Entre gens de bonne éducation, point de conflit. La FEI est un soutien officiel de ce club très fermé qui depuis son assemblée générale du 9 décembre à Genève dispose d’un nouveau président en la personne de Dominique Mégret, élu à l’unanimité.

C’est ce qu’on appelle une transition en douceur. Christian Baillet, président depuis 2010, a choisi de passer la main.  C’est un autre Français qui prend la suite : Dominique Mégret. Celui-ci est nettement moins connu du milieu équestre que son épouse Geneviève ou de sa fille, Elise, qui incarnent la Haras de Clarbec dont la cavalière vedette n’est autre que Pénélope Leprevost.

Pourtant, si Dominique Megret, ancien cavalier, est un passionné d’équitation il est aussi un redoutable homme d’affaires resté longtemps à la tête du premier fonds d’investissement Tricolore : PAI Patners.

Après avoir souligné l’important travail réalisé sous la présidence Baillet, Dominique Megret, aussitôt élu, a tracé les futures grandes lignes de son mandat : « Mon premier objectif sera de m’assurer que la voix des propriétaires, qui sont les premiers et principaux sponsors de notre sport, soit écoutée et entendue sur tous les sujets importants. Je souhaite aussi que notre sport continue de se développer de manière équilibrée et que dans ce cadre, le bien-être physique et mental des chevaux reste une priorité absolue pour tous. »

En l’espace d’une demie douzaine d’années, le JOC a vu son nombre fortement augmenter. Le club est désormais reconnu comme la voix officielle des propriétaires dans le monde, notamment par les institutions internationales, ce qui lui confère un rôle prépondérant sur des thèmes comme le bien-être des chevaux et l’égalité des chances face au sport.

Outre Dominique Mégret, Président, le comité du Jumping Owners Club est désormais composé de Robin Parsky (USA), Georg Kähny (SUI), Emmanuele Perron-Pette (FRA), Christian Baillet (FRA) et John Roche (IRL), représentant de la FEI.

Avec communiqué.

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CHI de Genève : indéboulonnable Kent Farrington

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Kent Farrington et Gazelle (archives)

In the pocket. On n’arrête plus Kent Farrington. Le numéro 1 mondial s’est imposé dimanche dans le Grand Prix Rolex du très côté CHI de Genève, classé cette année encore par les cavaliers comme meilleur concours au monde. Avec son allure de Playmobil, le supersonique de l’Illinois, en selle sur Gazelle la bien nommée, n’a laissé aucune chance aux quatre autres barragistes et poursuivants malheureux. Le Suédois Henrik von Eckermann (Mary Lou 154) et le Belge Grégory Wathelet (Corée), pas assez rapides, ont du se contenter des places d’honneur respectivement deuxième et troisième.

Poignée dans le coin, les épaules dans le sens du mouvement en avant, Kent Farrington, mâchoires serrés n’était pas venu faire du tricot sur l’immense piste de Palexpo. Il faut avouer qu’il en fait rarement. Avec dix victoires en Grand Prix au compteur cette année, le fils de l’oncle Sam est devenu une caricature de Balthazar Picsou.

Plus on en a et plus on en veut. Malgré un parcours très sélectif, piégé de multiples chausse-trappes par le chef de piste et homme de l’art Gérard Lachat, Kent Farrington a attaqué ses tours comme d’habitude, pied au plancher, dans un galop d’enfer. L’assurance du cavalier très en réussite ces derniers temps et son coup d’œil aiguisé pour trouver les belles distances ont fait le reste. Le tout servi sur un plateau par une jument très réactive, de la catégorie de ces chevaux dont on constate avec émerveillement qu’ils ont presque des yeux au bout des sabots. Dire dans ces conditions que le Grand Prix était beau serait un mensonge. Il était superbe et palpitant.

Côté Tricolores, le temps n’était pas encore à la moisson mais plutôt aux semailles. On retiendra donc les parcours prometteurs de deux cavaliers novices à ce niveau, Benoît Cernin (Uitlanders du Ter) et Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), mais aussi de Vendome d´Anchat HDC sous la selle de Kevin Staut.

Tous les résultats ici.

Kevin Staut sacré meilleur des meilleurs

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Kevin Staut et Rêveur de Hurtebise HDC (archives)

Il n’est pas du genre à fendre facilement l’armure. A peine un sourire naissant qui s’esquisse et des yeux qui pétillent un peu plus. Il est comme ça notre Kevin Staut, tout en retenue extérieure même si à l’intérieur, l’ébullition est réelle. A 37 ans, et pour sa huitième participation, le Normand a remporté l’épreuve du Top 10 dans le cadre du CHI de Genève.

L’homme fort du Haras des Coudrettes et taulier indéboulonnable de l’équipe de France n’a plus rien à prouver mais la petite ligne qui vient de s’ajouter ce samedi 9 décembre à un palmarès long comme un hiver sans fin a un goût particulier. Pour trois raisons au moins.

La première c’est que cette victoire récompense une incroyable régularité au plus niveau pour un cavalier jamais bien loin des sommets revenu dernièrement sur la troisième marche du classement mondial. Le compétiteur est donc comblé.

Le bon camarade l’est aussi. La veille ses pairs l’ont, de façon consensuelle, désigné comme leur représentant auprès des instances sportives en l’élisant à la tête du club des cavaliers de saut d’obstacles, l’IJRC. Une vraie reconnaissance de ses qualités humaines et de son éthique.

Enfin, la troisième raison, c’est que sa victoire dans cette édition 2017 du Top 10 a été signée de façon magistrale avec sa monture de coeur, Rêveur de Hurtebise HDC. L’expression apparaît galvaudée mis elle prend tout son sens chez cet homme de cheval qui a toujours cru dans ce hongre SBS dont le coeur n’a jamais été mis en cause mais dont le manque de régularité et d’endurance ont été pointés par le passé.

Le volontarisme et la foi de Kevin Staut auront finalement eu le dessus sur ces handicaps de départ. Rêveur a démontré à bientôt 17 ans une forme étincelante attestée par une absence de pénalités malgré deux tours particulièrement délicats.

Pour ce cheval déjà décoré de l’or olympique, le sacre de son cavalier comme meilleur des meilleurs avait pour lui aussi une saveur particulière. Il suffisait pour s’en rendre compte de regarder son oeil hier soir lors de la remise des prix. Le calme des vieilles troupes et la satisfaction du devoir accompli. Bravo à tous les deux.

Tout le classement, ici.

Victoire sur le fil de Daniel Deusser aux Longines Masters de Paris

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Daniel Deusser et Cornet d’Amour (archives)

Il flottait ce week-end à Paris Nord-Villepinte comme un petit air de belgitude. L’armada EEM de Christophe Ameeuw avait planté sa caravane dans la capitale Française. Pas de baraque à frites mais beaucoup du strass et des paillettes et une coloration people savamment recherchée.  Côté paddock, les organisateurs ont pu faire prévaloir un très beau plateau de compétiteurs même si finalement le Grand Prix ne s’est couru qu’avec 35 partants.

La victoire est revenue à un couple expérimenté. Daniel Deusser s’impose dans un barrage à 12 participants sur son fidèle Cornet d’Amour. C’est avec ce  hongre westphalien désormais âgé de 14 ans que le cavalier de tête des écuries Stephex (toujours des Belges) avait épinglé en 2014 la finale Coupe du Monde à Lyon. Autant dire que la complicité dans le couple est totale. Il fallait bien ça pour arriver à devancer d’un cheveu, 13/100es,   l’autre couple ultra-performant du moment : Simon Delestre et Hermès Ryan. Le fils surdoué d’Hugo Gesmeray a, une nouvelle fois, démontré son incroyable régularité. « Ryan n’a pas loupe un seul Grand Prix depuis six mois » a confié tout heureux son cavalier lorrain au micro de l’Eperon.

De passage à Paris la veille, Barack Obama a rappelé dans un discours très attendu que les américains adorent la France. Ce n’est pas Lauren Hough qui dira le contraire. En selle sur sa frêle Ohlala, la fille de l’Oncle Sam clôture le podium à la troisième place, juste devant Pénélope Leprevost également sans faute au barrage avec Vagabond de la Pomme.

Le classement complet du GP ici.

Hermès Ryan, sacré cheval de l’année 2017 pour le CSO

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Hermès Ryan et Simon Delestre

La petite histoire dit de lui que c’est un amateur de bananes. La grande retiendra les qualités hors normes d’Hermès Ryan, ce petit cheval de 1,59m né en 2005, fils de Hugo Gesmeray et de Ryonne des Hayettes Z.

A cheval de qualité, cavalier de talent. Parce que l’équitation c’est une histoire de couples. En l’espèce Ryan est acheté à 3 ans par Simon Delestre et Philippe Berthol à un certain… Eric Lamaze. Un choix incertain à l’époque mais que les années suivantes révéleront comme judicieux.

Cheval de tête et de coeur décrit par Simon Delestre comme « exceptionnel », il offre à ce dernier une incroyable ascension dans la hiérarchie mondiale dont la place convoitée de leader de la ranking list. Ce statut éphémère en avait fait l’un des couples favoris des JO de Rio de 2016. Las, le sort en avait décidé autrement. Victime d’une micro-fracture dans son boxe,  l’alezan au grand coeur voit s’envoler les espoirs de graver son nom sur les tablettes des montures olympiques.

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Peur de rien. Des barres ras les oreilles n’effraient pas Hermès Ryan.

Après 6 mois d’absence et autant de patience de la part de son cavalier, Hermès Ryan signe enfin son retour dans la cour des grands. Mais celui-ci ne pouvait être qu’effectif sur une victoire prestigieuse. Ce fût chose faite à Equita Lyon à l’issue d’un barrage d’anthologie. Cette victoire avant tout sur le mauvais sort et témoignage de la volonté et de la foi de Simon Delestre dans « le cheval de sa vie » tout autant que dans l’incroyable qualité de Ryan.

Cela  valait bien le titre de cheval de l’année en catégorie saut d’obstacles. Les internautes ne s’y sont pas trompés en profitant de ce titre (en chocolat) décerné par le magazine l’Eperon pour signifier leur attachement à un cheval petit par la taille mais si grand par le talent.

Roger-Yves Bost remporte le GP Coupe du Monde de Madrid

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Roger-Yves Bost et Sydney Une Prince (archives)

Notre Bosty national est au jumping ce qu’Ayrton Senna était à la Formule 1 : toujours pied au plancher. Et quand ça passe, le Barbizonnais est tout simplement imbattable. Le champion olympique par équipe en a fait une nouvelle fois la démonstration samedi soir dans le Grand Prix 5* du Mardi Horse Week. Le Français en selle sur Sydney Une Prince devance le Belge Niels Bruynseels deuxième sur Cas de Liberté et l’Irlandais Mark McAuley, révélation de cette fin d’année, troisième, associé à Miebello.

Avec 18 qualifiés pour le barrage (sur 40 partants), le droit à l’erreur n’existait pas. Ça tombe bien,  la main de Bosty n’a pas tremblé. Le Français signe un parcours intelligent sans mettre pour autant sa jument olympique dans le rouge. Idem pour son compatriote Aldrick Cheronnet (Tanael des Bonnes) qui malgré une expérience moins importante à ce niveau réalise un barrage de grande qualité qui lui donne accès, en dépit d’une concurrence féroce, à une belle sixième place.

Le classement intégral du GP ici.

Cheval de l’année : For Joy bien placé

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For Joy sous la selle de Kevin Staut

C’est un rendez-vous incontournable et bien sympathique de l’année. Le magazine L’Éperon, qui célèbre cette année ses 80 ans d’existence, invite les internautes à désigner « le cheval de l’année ».  Le vote sera clos dimanche et offre déjà un beau mano a mano entre For Joy van’t Zorgvliet et Hermès Ryan.

Ils sont quatre en effet à se disputer les faveurs du public dans la catégorie CSO. Outre les montures de Kevin Staut et Simon Delestre, on retrouve également la belle Sangria du Coty (Bosty) et le puissant Ilex VP, le moins connu du grand public mais véritable révélation sous la selle de Nicolas Delmotte.

Qui pour succéder à Flora de Mariposa ? La question est posée. En attendant, vous avez une partie de la réponse entre les mains.

Pour voter, c’est ici.

Kevin Staut, meilleur Français à Stuttgart

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Kevin Staut et Silver Deux de Virton HDC (archives)

Si le Grand Prix du CSI 5* de Stuttgart a été marqué par la victoire de Steve Guerdat sur Hannah, Kevin Staut a une nouvelle fois vaillament défendu les couleurs françaises. Le champion olympique par équipe signe en terres allemandes la meilleure performance française. Un double sans faute avec Silver Deux de Virton HDC, pourtant sous sa selle que depuis 2016,lui permet de se classer à la 7ème place et de glaner des points supplémentaires synonymes de qualification pour la finale Coupe du Monde qui se déroulera en avril prochain au palais omnisports de Paris-Bercy.

Le classement intégral du GP, ici.

Patrice Delaveau remporte le CSI 4* de Rouen

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Patrice Delaveau ey Leontine Ledimar HDC (archives)

Patrice Delaveau a remporté ce dimanche le Grand Prix de Rouen (Equi Seine). Le cavalier du Haras des Coudrettes était associé à  Leontine Ledimar HDC, jument Zangersheide de 10 ans. Le vice-champion du Monde 2014 s’impose au barrage devant le très véloce Julien Epaillard (Toupie de la Roque). Laurent Goffinet (Quinette du Quesnoy), complète un podium 100% normand.

Le classement intégral du GP, ici.

 

 

Contrôle anti-dopage : Nadja Peter Steiner dans la tourmente

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Saura de Fondcombe sous la selle de Nadja Peter Steiner

Mardi 14 novembre, la Fédération Suisse des Sports Équestres a révélé que Nadja Peter Steiner (33 ans/86ème mondiale) faisait l’objet d’une suspension  provisoire par la Fédération Équestre Internationale dans l’attente d’une décision du Tribunal de la FEI.  Sa jument Saura de Fondcombe a été contrôlée positive dans la tournée marocaine lors du CSI3*-W de Tétouan qui se déroulait du 5 au 8 octobre 2017. C’est un véritable coup de massue pour la Suissesse qui clame son incompréhension et son innocence.

La suspension provisoire de Nadja Peter Steiner s’applique tant aux concours internationaux que nationaux. Saura de Fondcombe est également suspendue pour deux mois, jusqu’au 8 janvier 2018. En outre, le caractère positif du contrôle entraîne la disqualification automatique du couple pour l’ensemble des épreuves du CSI3*-W de Tétouan. Nadja Peter Steiner se voit ainsi privée de sa victoire dans le Grand Prix et doit rendre tous les gains acquis.

Cinq jours plus tard, lors du CSIO3*-W de Rabat,  Saura de Fondcombe a fait l’objet d’un nouveau contrôle qui s’est révélé négatif.

Le produit décelé à Tétouan est de l’o-desmethyltramadol. Il s’agit d’un analgésique utilisé pour le traitement d’états de douleurs en médecine humaine et il n’est pas autorisé pour les chevaux. «Je suis profondément choquée par le résultat du contrôle de médication de Saura de Fondcombe, sachant qu’il n’y a aucune explication», a déclaré Nadja Peter Steiner. «Ni moi, ni personne de mon entourage n’avons administré la substance détectée. Le respect des dispositions anti-dopage est de la plus haute importance pour moi et je soutiens à 100 % la prévention du dopage de la FEI. Nous les cavaliers sommes particulièrement sensibles à ce thème et pour nous, le bien-être de nos partenaires chevaux est prioritaire».

Les questions de contrôles positifs doivent être appréhendées avec beaucoup de recul et de prudence. En 2015, à l’issue d’une longue procédure, deux autres cavaliers Suisses, Steve Guerdat et Alessandra Bichsel ont été reconnus innocents de tout comportement fautif ou négligence dans les procédures antidopage ouvertes contre eux. Un dénouement a priori surprenant mais pourtant acquis de haute lutte par Steve Guerdat qui a réussi à fournir des  preuves concluantes et détaillées attestant que les contrôles anti-dopage positifs des chevaux concernés étaient liés à une contamination alimentaire. Il faut être réaliste, ce tour de force a été permis par la notoriété du champion qui a réussi à mobiliser des moyens hors normes, non accessibles à des cavaliers moins capés.

Qu’en sera-t-il pour Nadja Peter Steiner ? Ses déclarations d’innocence et de bonne foi, ainsi que son comportement toujours exemplaire,  risquent d’être de peu de poids face à un Tribunal de la FEI en attente de faits concrets. Dura lex sed lex. C’est aujourd’hui à la cavalière de faire la preuve de son innocence. On ne peut que lui souhaiter d’aboutir dans cette quête de vérité.

La résistance s’organise face à l’impérialisme du Global Champions Tour

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Jan Tops

C’est une menace qui n’a rien de fantôme. Jan Tops, le patron du Global Champions Tour (GCT), a décidé de passer la seconde dans sa conquête des sports équestres en donnant une nouvelle ampleur à son circuit avec 5 nouvelles étapes et un niveau de dotations inégalé (35M€ au total). Sa stratégie, c’est celle de l’édredon. A savoir, asphyxier en toute discrétion la FEI et la contraindre à déréguler les compétitions au profit de son circuit. Autrement dit, substituer à la loi du sport, celle de l’argent.  Mais là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. Des cavaliers talentueux, amoureux de leur discipline, ont fait le choix courageux de s’opposer frontalement aux ambitions de Jan Tops. Une poignée d’hommes et de femmes emmenés par Steve Guerdat et Kevin Staut qui n’entendent pas plier face aux ambitions d’un seul homme. Et qui sait, leur détermination pourrait bien, à la fin, être payante.

Il est fort, très très fort ce Jan Tops. Un sens hors du commun du commerce en particulier et des affaires en général. Marchand de chevaux hors pair aidé par un passé de compétiteur sacré par un titre de champion olympique par équipe (1992), Jan Tops aurait pu se contenter de d’un patrimoine plus que respectable constitué au fil des ans. Allez savoir pourquoi, l’appétit financier de ce fils de boulangers est insatiable. Un soif de l’or qui oscille entre mégalomanie et folie des grandeurs à l’image de son petit royaume de Valkenswaard, avec ses 500 boxes noyés dans une débauche de luxe. A décharge pour l’intéressé, celui-ci n’a jamais caché que son modèle était celui de la Formule 1 avec lui-même dans le rôle de Bernie Ecclestone, le grand argentier tout puissant.

Pour atteindre ce rêve, il fallait pouvoir disposer d’une manne financière quasi-inépuisable. C’est là où les Qataris entrent en jeu. Pourtant, l’importance des flux financiers brassés par le système suscite bien des interrogations. Tout autant que la réussite exponentielle du Hollandais et le manque de transparence qui l’entoure. Son poids est aujourd’hui tel que rares sont ceux qui sont prêts à le contrarier. A commencer par les dirigeants de la FEI qui après avoir perdu une première manche sur le terrain juridique ont totalement retourné leur veste en début d’année 2017 en signant un protocole d’accord  soit-disant « gagnant-gagnant » avec les propriétaires du GCT. En fait, un accord de dupes conclu sur le dos des compétiteurs.

On pensait la partie pliée et les mauvaises têtes, celles qui préfèrent les Coupes des Nations  aux étapes lucratives du Global, au piquet pour un moment. Mais le vent a peut être commencé à tourner. A Lyon notamment. Parce qu’Equita, concours ancré dans le paysage hexagonal et fort d’un public fidèle, a démontré qu’aucune star du 5* n’est irremplaçable et que le vivier de cavaliers talentueux et de chevaux hors-normes ne se limite pas à une poignée de grosses fortunes qui pensent avoir trouvé dans le jumping une distraction pour dépenser leur argent. La qualité du sport délivré est la clé et le public, souvent composé de connaisseurs, ne s’y trompe pas. Cela veut dire que l’accès au plus haut-niveau, les 5*, ne peut se faire pour l’essentiel sur des critères financiers avec une sélection par des droits d’accès payants mais bien, en fonction de résultats sportifs.

Ça tombe bien. L’association des cavaliers internationaux de saut d’obstacles (IJRC) qui est seule détentrice des droits techniques du classement mondial de saut d’obstacles rappelle qu’elle ne jouera pas les potiches. Steve Guerdat qui en est l’un des représentants les plus éminents a précisé clairement la position de l’IJRC : « Notre but est d’attribuer des points aux rankings uniquement lors de concours offrant du bon sport et pas à des manifestations ouvertes aux cavaliers ayant les moyens d’acheter leur participation. Nous devons trouver le meilleur système pour atteindre notre but et protéger le vrai sport ».

L’IJRC ne fait pourtant que demander le respect des règles votées lors de l’Assemblée générale de la FEI en 2016 selon lesquelles la clé de répartition de l’accès au CSI 5* devrait être la suivante : 60% des cavaliers inscrits au concours, selon le classement mondial, 20% pour la fédération nationale du pays hôte, 20% pour le comité d’organisation. Or le système commercial porté par Jan Tops s’affranchit de cette ventilation pour retenir la suivante : 30% de cavaliers issus du classement mondial, 10% de cavaliers du pays hôte et 60% de cavaliers inscrits dans une équipe pour lesquelles le droit d’entrée est de 2 M€ ! Tout le scandale actuel, c’est que dans ces conditions, les épreuves du GCT qui ne respectent pas les règles ne devraient pas attribuer de points pour le classement mondial or, c’est bien le cas. Ce qui favorise de fait les cavaliers les plus fortunés capables de s’engager dans le GCT.

La position de l’IJRC sera-t-elle déterminante ou n’est-elle qu’un coup d’épée dans l’eau face au rouleau compresseur du GCT ? Difficile à dire pour l’instant mais quelques grands propriétaires de chevaux entrent à leur tour dans la danse pour soutenir la position des cavaliers. Le combat à des allures de David contre Goliath mais on sait depuis 2007 et la crise des subprimes que dans le milieu de la finance, le too big to fail est un leurre. Il suffirait d’ailleurs que les fédérations nationales imposent la participation  en Coupe des Nations pour être sélectionnable dans les grands rendez-vous (Jeux Équestres Mondiaux, championnats d’Europe, Jeux Olympiques) pour enlever de l’attractivité au GCT. De là à dire que l’organisation de Jan Tops est un colosse aux pieds d’argile, il y a un pas qu’il serait imprudent de franchir.

Kevin Staut en lice pour le Top 10 Rolex-IJRC

Kevin Staut et For Joy van’t Zorgvliet HDC

Rendez-vous à Palexpo. Kevin Staut sera le seul Français à disputer le Top 10 Rolex qui se déroulera le 9 décembre prochain dans le cadre du CHI de Genève. Pour la seizième année consécutive, cette épreuve créée  par l’Association Internationale des Cavaliers de saut d’obstacles (IJRC) sacrera le roi des rois.

Les 10 cavaliers présents sont ceux qui chevauchent en tête de la ranking list de novembre, le classement permanent mondial, à l’exception de Steve Guerdat, 11ème, qui bénéficier du forfait de McLain Ward (2ème mondial). Pas de problème de ticket d’entrée pour Kevin Staut, numéro 3 mondial, qui a son rond de serviette à Palexpo. Le Normand s’apprête à disputer sa septième participation au Top 10 depuis 2009, témoignage de sa constance au plus haut niveau.

Modeste, Kevin Staut n’explique pas cet exploit par ses qualités de cavaliers mais par les conditions de travail dont il bénéficie ainsi que par sa passion pour la compétition.

C’est ce qu’il avait expliqué dans les colonnes du Figaro.fr en juin de cette année : « Aujourd’hui, si vous prenez les 200 meilleurs mondiaux, je ne pense pas que ce soit la technique pure qui fasse la différence. Il y a bien sûr le facteur mental, qui est essentiel. Mais, au-delà des capacités à résister à la pression, il faut avoir l’esprit d’un champion de haut niveau. C’est un sacrifice énorme et beaucoup de très bons cavaliers se rendent compte qu’ils ne sont plus prêts à partir en compétition chaque semaine, loin de leur famille, et qu’ils ont envie d’autre chose. Moi, j’adore monter à cheval et je suis dingue de compétition ! J’ai la chance d’avoir une organisation optimale autour de moi qui me permet de me concentrer totalement sur mon sport. Et, bien sûr, il faut être soutenu par des propriétaires tels qu’Armand et Emmanuèle Perron-Pette qui croient en vous et investissent de leur temps et de leur argent pour vous confier de très bons chevaux. Même si vous êtes le meilleur cavalier d’un point de vue technique, pratique et mental, vous ne pouvez pas vous maintenir au plus haut niveau sans cela. J’ai aussi une situation familiale propice puisque je ne suis pas marié et que je n’ai pas d’enfants ».

Equita’Lyon : Hermès Ryan, tel le phénix…

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Les lauriers du succès pour Simon Delestre et Hermès Ryan

On a connu des Grand Prix d’Equita’Lyon avec des plateaux légèrement plus relevés mais, l’édition 2017, même restreinte à 40 engagés, n’était en aucun cas au rabais. La victoire de Simon Delestre associé à un Hermès Ryan revenu au top de sa forme doit être saluée. Tant sur le fond avec un cavalier qui a su intelligemment prendre le temps de préserver et de ramener son « petit bijou » au plus haut niveau que sur la forme avec un barrage somptueux porteur de beaucoup d’espoirs pour un couple qui a tout pour devenir mythique.

Il est des articles aux allures prémonitoires. A l’image de celui consacré ce dimanche même dans les colonnes du Progrès de Lyon. Benjamin Steen, le journaliste e eu du nez en signant un entretien avec le cavalier lorrain. L’ancien numéro mondial confie que son petit crack est revenu à 100% mais surtout fend avec sincérité l’armure pour parler de Ryan : « C’est un cheval différent parce qu’il est petit mais hyper généreux et respectueux. Il ne lui manque que la parole. Il est intelligent comme peu de chevaux. En fait, il est au-dessus à tous les niveaux. Il comprend tout, il analyse tout, il anticipe tout. C’est mon petit bijou. Peut-être que je ne recroiserai jamais un tel cheval dans toute ma carrière. Je l’ai depuis qu’il a cinq ans. C’est forcément très spécial. Je veux le meilleur pour lui. Il le mérite et il me le rend puissance dix. »

A Eurexpo, Ryan a été encore au-delà de ce que pouvait attendre de lui son cavalier. Pied au plancher celui-ci a conduit avec détermination et précision sa monture vers la victoire. Rapide, très rapide, le duo a réussi à faire descendre encore un petit peu un chronomètre déjà sérieusement raboté par des barragistes contraints par le nombre (11) à prendre tous les risques. Du beau sport qui se traduit par un podium sur lequel Simon Delestre laisse la deuxième place à Henrik von Eckermann (Mary Lou) et relègue le très affuté Steve Guerdat sur sa délicate Bianca sur la troisième marche du podium.

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Simon Delestre peut se réjouir d’avoir retrouvé un Hermès Ryan à 100% de ses possibilités

Hermès Ryan sera-t-il l’artisan d’une remontée spectaculaire de Simon Delestre (actuellement 18ème mondial) vers le sommet ? C’est tout le mal que l’on peut leur souhaiter. Les prochaines échéances n’en seront, en tout cas, que plus palpitantes.

Le classement complet ici.

Vérone : Maikel Van der Vleuten s’impose, Simon Delestre satisfait

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Maikel Van der Vleuten et Verdi (archives)

Vérone (Italie) accueillait ce week-end la troisième étape du circuit Coupe du monde de la zone Europe de l’Ouest. La victoire est revenue à Maikel Van der Vleuten en selle sur son inaltérable Verdi (VDL Groep Verdi TN). Le Néerlandais souffle la victoire  au barrage à l’Italien Alberto Zordi (Fair Light van T Heike) alors que le Belge Pieter Devos (Apart) prend la 3ème place.

Les Français peuvent néanmoins être satisfaits. Malgré son mauvais résultat avec Rêveur de Hurtebise (12 points, 30ème), Kevin Staut conserve la tête du classement général, devançant d’un petit point le vainqueur de Vérone. De son côté, Simon Delestre confirme son retour au meilleur de sa forme. Le Lorrain se classe 6ème du Grand Prix  (avec une faute) associé à Hermès Ryan après avoir remporté deux autres épreuves dans le week-end. Toujours là, Pénélope Leprevost sur son fidèle Vagabond de la Pomme suit au classement (7ème), également pénalisé par une barre dans un barrage à dix concurrents.

Autant dire que le clan tricolore sera très attendu pour l’incontournable rendez-vous lyonnais et son Grand Prix Coupe du Monde le 5 novembre prochain.

Le classement de l’étape de Vérone, ici.

 

Cornado de retour dans le grand bain

Cornado NRW sous la selle de Marcus Ehning

C’est un retour au plus haut niveau aux allures d’arlésienne. Il faudrait être plus que difficile pour ne pas aimer Cornado NRW, le magnifique étalon gris de de Marcus Ehning. A l’image de Simon Delestre, le Centaure allemand avait dû déclarer forfait lors des JO de Rio suite à une blessure probablement contractée pendant la séance d’échauffement. En mars dernier, le retour du crack était annoncé pour fin avril-début mai. Las, on ne revient pas comme cela au plus haut niveau. Cornado n’a guère enchaîné de concours cette année. A peine 4 et encore deux CSI 2* et deux CSI 3* sur des hauteurs ne dépassant pas au mieux 1m50. C’est seulement ce week-end à l’occasion du Jumping de Vérone (Italie), un bon vieux 5* que l’on pourra se rendre compte de la forme , retrouvée ou pas, du fils de Cornet Obolensky.

Ça commence fort pour Kevin Staut en Coupe du Monde

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Kevin Staut et For Joy van’t Zorgvliet HDC (archives)

Le mois d’octobre semble sourire à Kevin Staut. Tout a bien commencé avec un classement mondial qui l’a placé de nouveau au 3ème rang mondial. Ce week-end à Oslo (Norvège), le Français en selle sur son hongre de 12 ans For Joy van’t Zorgvliet HDC, rate de peu la victoire dans le Grand Prix Coupe du Monde. L’Allemand Daniel Deusser associé à Cornet 39 lui souffle la victoire de 13 petits centièmes dans un barrage à 7 concurrents.

Difficile de mieux débuter le circuit des treize étapes de la Coupe du monde de saut d’obstacles dont le dénouement se déroulera en avril 2018, à l’AccorHôtels Arena de Paris-Bercy.

For Joy van’t Zorgvliet, un fils de For Pleasure par Heartbreaker évolue sous la selle de Kevin Staut depuis la fin 2012 après un passage par les écuries Stephex.

Le classement du GP ici.

Simon Delestre annonce son grand retour en équipe de France

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Simon Delestre et Hermès Ryan (cliquer pour agrandir)

C’est la bonne nouvelle du jour. Dans un entretien accordé au magazine L’Eperon (à lire ici), Simon Delestre, ex numéro 1 mondial confie son souhait de disputer des Coupes des Nations en 2018 avec Hermès Ryan. Afin de préserver sa monture, le cavalier Lorrain précise qu’il ne devrait disputer que des épreuves sur sable.

En août de cette année, Simon Delestre avait été l’absent remarqué de la sélection Française aux Championnats d’Europe de saut d’obstacles de Göteborg (Suède). Sans surprise, Philippe Guerdat avait préféré donner la priorité aux couples et propriétaires qui jouent le jeu de la Coupe des Nations au détriment des étapes richement dotées du Global Champions Tour.

La situation était difficilement tenable dans la durée pour les deux parties avec d’un côté une équipe de France qui n’a pas enregistré de résultats satisfaisants dans les grandes échéances et de l’autre, un cavalier qui avait tendance à s’effacer des radars médiatiques et à reculer au classement mondial.

Prudent, Philippe Guerdat avait précisé cet été que la porte restait ouverte à tous. Un message bien reçu par Simon Delestre qui a donc choisi de saisir la perche tendue en arguant de la fin de la convalescence de Hermès Ryan.

 

Avec Jean Rochefort, les sports équestres perdent l’un de ses meilleurs ambassadeurs

Crédit photo : Georges Biard

La plupart des médias retiennent de Jean Rochefort une silhouette élégante, un flegme malicieux et une moustache légendaire. C’est déjà beaucoup mais, ce n’est pas tout. L’acteur était aussi un homme de cheval au sens le plus noble du terme. A ce titre, aujourd’hui, c’est toute la famille du monde équestre qui est en deuil.

L’élégance et le chic. Jean Rochefort pourtant n’incarnait pas une certaine forme de snobisme ou de « prout-prout » élitiste d’une certaine équitation. Au contraire, il s’en moquait peut être en souvenir de son grand-père, dirigeant d’une compagnie de fiacres à Dinan. Acteur sympathique et populaire, il n’a eu de cesse de mettre son image au service de la cause du cheval. Et il ne s’en cachait pas malgré les railleries du milieu du cinéma, faisant de sa relation à l’animal son alpha et son oméga. Ainsi, lorsqu’il tournait quelques films médiocres, il évoquait ouvertement  les raisons alimentaires et la nécessité de faire bouillir la marmite pour ses canassons, préférant parler de films « avoine ». C’était ça Jean Rochefort. Un délicieux côté suranné allié à un humour tout en finesse.

L’homme était tout aussi brillant devant la caméra que derrière la plume. Car si Jean Rochefort aimait passionnément les chevaux  il aimait aussi les belles lettres. Ses chroniques dans le quotidien Le Monde à l’occasion des Jeux Olympiques de Londres en 2012 étaient à l’image du comédien, accessibles et finement ciselées. Son verbe juste et sa voix inimitable firent également le bonheur des téléspectateurs de France Télévision quand il commenta les épreuves d’équitation des JO d’Athènes en 2004 puis dix ans plus tard lors des Jeux équestres mondiaux de Caen.

« Je suis un homme de crottins » aimait-il à dire. Il ne percevait pas sa passion du cheval comme une addiction malheureuse liée aux dépenses et au temps passé, bien au contraire, mais, « comme une pépite dans la vie d’un homme » qui fût avec bonheur éleveur de chevaux et propriétaire de chevaux de sport.  Comment ne pas se souvenir, pour les plus anciens, de Nashville III (par Laudanum), son cheval de coeur, né à la maison, au haras de Villequoy en 1979 et a qui effectué l’essentiel de sa carrière à haut niveau sous la selle de Jean-Maurice Bonneau.

« A une époque, être un homme de cheval compétent m’a rendu plus fier que d’être un acteur » confiait Jean Rochefort au Monde en 2012. Deux années plus tôt, en 2010, il avait coréaliseé avec Delphine Gleize un film (Cavaliers seuls), co-produit par Equidia, sur la transmission du savoir dans le monde équestre. La tradition et la transmission deux obsessions souvent partagées par ceux qui comme lui sont et vivent cheval. On a pour habitude de dire que le cheval est la plus belle conquête de l’homme. Jean Rochefort à l’inverse fût peut-être la plus belle conquête du cheval. Au-revoir Jean.

 

 

Harold Boisset s’installe dans le top 100

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Harold Boisset et Quolita Z

Le plus dur n’est pas de rentrer dans le top 100 des meilleurs cavaliers mondiaux mais bien de glaner ici et là les points nécessaires pour ne pas en sortir. C’est en l’espèce la mission réussie par Harold Boisset. Le moniteur et cavalier du centre équestre de Grammont (Montpellier) sauve de justesse son statut de membre du top 100 en pointant ce mois au 99ème rang soit, un recul de six places. Avec une seule monture, Quolita Z, capable de disputer les plus grosses épreuves la tâche est ardue. Mais pour l’instant, ça passe !

Barcelone : mauvaise polémique et grosse déception

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Olivier Robert, la bonne surprise de 2017

Les finales des Coupes des Nations à Barcelone se suivent mais ne se ressemblent pas. C’est vrai sur le plan des résultats de l’équipe de France. L’éclatante victoire de 2013 est hélas restée sans suite. C’est vrai aussi sur le déroulement des épreuves. Un violent orage avait contraint de déplacer au lendemain la finale de 2016. Cette année un problème d’éclairage a entraîné  un report de l’épreuve d’une heure quarante cinq minutes. Pas de quoi pourtant jeter le bébé avec l’eau du bain.

Les organisateurs du Real Polo Club de Barcelone n’ont aucune leçon à recevoir. Au contraire, ils peuvent être pris en exemple avec une organisation toujours parfaite… et capable de s’adapter à l’imprévu. Car pour ceux qui l’auraient oublié un peu vite le bon déroulement d’une manifestation hippique en extérieur n’est pas aisé et nécessite de maîtriser des paramètres imprévisibles. Mais peu importe. Même avec du retard, la finale s’est disputée dans d’excellentes conditions avec un public et des compétiteurs patients et compréhensifs. Il n’y a bien que dans les studios parisiens où sur les bancs de presse tricolores que l’agacement était visible.

Ces aléas ne sauraient en tout cas atténuer la mauvaise prestation de l’équipe de France qui termine à la 7ème place (sur 8) de la grande finale remportée par les Pays-Bas devant une équipe américaine toujours présente dans les grands rendez-vous. La Troisième place revient à la Belgique décidément petit pays mais grande nation équestre.

Du côté de l’hexagone, il convient de saluer l’analyse froide et objective de Philippe Guerdat au micro d’Elodie Mas pour l’Eperon. Le sélectionneur national, au-delà de la déception légitime, constate que le résultat à Barcelone est à l’image de la saison de l’équipe de France avec sans doute plus de bas que de hauts. Une année de transition selon lui qui reste marquée par la bonne évolution d’Olivier Robert qui a gagné sa place dans les titulaires du camp tricolore. La suite s’annonce compliquée avec en ligne de mire les championnats du monde puis les jeux olympiques. Tout ça va arriver très vite et laisse finalement peu de temps pour tester et donner leur chance à de nouveaux couples.

Le classement de la finale ici.

La sélection américaine pour Barcelone

B02T0670La Fédération Equestre Américaine (USEF) a rendu publique la composition de l’équipe qui s’alignera à Barcelone (28 septembre-1er octobre) à l’occasion de la finale de la Coupe des Nations. Sans surprise Robert Ridland sera le chef d’équipe, d’une sélection constituée de :

Lauren Hough (Ohlala),

Laura Kraut (Confu),

Beezie Madden (Darry Lou),

Chloe Reid (Codarco),

McLain Ward (HH Azur).

Bosty : de Lausanne à Barcelone

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Roger-Yves Bost et Sydney Une Prince (archives)

Il est le tricolore en forme du moment. Roger-Yves Bost pour l’état-civil, Bosty pour le milieu équestre, est revenu au meilleur de sa forme en s’adjugeant dimanche la deuxième place du Grand Prix Longines du CSI 5* de Lausanne, en Suisse. Une trajectoire ascendante qui a fait du couple olympique qu’il forme avec sa jument Sydney Une Prince*Treize les remplaçants évidents pour la finale de la Coupe des Nations à Barcelone (28 -30 septembre) de Mathieu Billot contraint au forfait à la suite de la blessure de Shiva d’Amaury.

Au final, outre le cavalier du Haras des Brulys, l’équipe de France présente en Espagne sera composée de Kevin Staut (Rêveur de Hurtebise*HDC), Pénélope Leprévost (Vagabond de la Pomme), Edward Levy (Sirius Black) et Olivier Robert (Eros).

Ohlala dans le coup à Calgary

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Ohlala sous la selle de Lauren Hough (archives)

Il faut suivre au moins une fois le Grand Prix Rolex de Spruce Meadows à Calgary (Canada) pour mesurer son niveau de difficulté. Car il s’agit bien d’une épreuve hors normes sur le circuit international, presque caricaturale. Par sa dotation tout d’abord : 3 millions de dollars canadiens (2 M€) dont 1M$ au vainqueur. Par le format de l’épreuve ensuite : une première manche suivie d’une deuxième réservée aux 12 meilleurs couples avec, si besoin un barrage. Sans oublier des obstacles de 1,70 m (1,60 m d’ordinaire) dignes des Jeux Olympiques d’avant. Bref, une conception pas vraiment dans la finesse, plutôt proche des courses automobiles où l’on pense qu’il faut en afficher un maximum sous le capot pour avoir une chance de soulever la coupe.

Heureusement, il n’y a rien de mieux qu’un cheval pour faire mentir. Et si, Philipp Weishaupt (LB Convall), a réalisé le seul double sans-faute de l’épreuve et remporté celle-ci, la deuxième place est revenue à Luciana Diniz sur sa frêle Fit for Fun  (1,70 m) pénalisée par une faute sur le dernier obstacle.

A la huitième place, malgré des barres largement plus hautes qu’elle, on retrouve la quasi-ponette Ohlala de Lauren Hough qui avec 1, 55 m à la toise, affiche 3 centimètres de moins qu’un certain Jappeloup.  La preuve que le saut d’obstacles ne peut se résumer à une affaire de grosses cylindrées.

 

La confidentialité des sports équestres conduit à l’arrêt d’Equidia Life

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Pascal Boutreau restera comme l’un des visages d’Equidia Life

Ce n’est pas la mort du petit cheval mais ça y ressemble un peu. Equidia life is dead. L’écran noir est annoncé pour le 31 décembre. La chaine exclusivement consacrée au cheval, un ovni dans l’univers de la télévision mondiale, aura vécu. La première pensée va bien entendu vers les salariés qui resteront sur le carreau dans un secteur où l’emploi est rare. La deuxième, passée la déception, doit être de rechercher les causes de cet échec qui est avant tout économique.

Force est de constater qu’en 6 saisons d’existence la chaîne n’a pas réussi à trouver la martingale susceptible d’assurer sa viabilité. Témoin privilégié de l’aventure, Pascal Boutreau, rédacteur en chef adjoint, livre une analyse lucide de la situation. C’est à lire ici.

Pas la peine de rechercher un bouc émissaire, l’échec d’Equidia Life est un échec collectif qui doit interpeller toute la filière équine. Comment se fait-il qu’un secteur économique de l’importance de celui du cheval dans l’hexagone, dont les résultats sportifs au niveau mondial sont excellents, n’arrive pas à trouver son public ? La vérité à ce titre est aride. Si Equidia life met la clef sous la porte c’est parce qu’elle n’a pas réussi à dépasser une audience restée confidentielle et qu’en conséquence, les recettes publicitaires n’ont jamais décollé. Dans ce contexte on peut saluer la patience des courses qui ont financé durant des années une chaîne comme on entretient une maîtresse… à perte.

Le malheur français est peut être d’avoir raison trop tôt. Un peu comme avec le Concorde, illustration du génie technologique Français, mais échec commercial retentissant. Il est difficile de croire en effet que le jumping de haut niveau, qui a goûté à l’explosion de la notoriété de ses meilleurs cavaliers et chevaux, puisse s’affranchir de la petite lucarne même si la diffusion en live sur le net est un sérieux concurrent.

Question business, le modèle le plus abouti est incontestablement le concept Tops qui vise à se rapprocher du modèle de la Formule 1 avec un nombre d’acteurs limité et de très gros annonceurs, quitte à donner de sérieux coups de canifs à l’éthique sportive notamment sur la question de l’accessibilité à des CSI devenus des 6* en raison de leurs dotations et de la sélection financière pour y accéder. Or, à cet égard on a sans doute insuffisamment analysé l’entrée en 2014 dans le capital (à 50%) du LGCT de Franck Mc Court, l’homme d’affaires américain. Le propriétaire de l’Olympique de Marseille n’est pas du genre à entretenir des danseuses. Le financier en se rapprochant de Jan Tops espère avoir réalisé un investissement rentable qui repose sur le postulat que les droits tv de diffusion du jumping dans les pays émergents (notamment l’Asie) et aux USA seront demain, grâce aux recettes des annonceurs, une poule aux oeufs d’or.

De son côté, la FEI joue petits bras avec une offre payante, FEI TV, uniquement anglophone et ultra-confidentielle. Si une solution évidente et simple existait, nul doute que les dirigeants d’Equidia l’auraient tenté. La difficulté actuelle, c’est la période intermédiaire dans laquelle nous nous trouvons. Entre un vieux monde qui rechigne à mourrir et un nouveau qui peine à émerger. A cet égard, il faut saluer l’effort très conséquent de restructuration du secteur des courses qui intervient suffisamment en amont avant d’être dans une situation délicate. C’est peut être de lui que demain émergera une nouvelle offre pour les sports équestres, adaptée à son époque et aux contraintes économiques.

Simon Delestre, le retour ?

Hermès Ryan

Simon Delestre et Hermès Ryan (archives)

Ce n’est pas encore la première marche du podium mais ça en a bien un petit avant-goût. Simon Delestre, sur Hermes Ryan, a signé ce week-end l’une des meilleures performances de sa saison terminant à la deuxième place du Grand Prix du CSI 5* de Bruxelles, à 52 centièmes du vainqueur, le Belge Niels Bruynseels, sur Gancia de Muze. Un résultat plus qu’encourageant pour le cavalier Lorrain qui doit être apprécié à l’aune du très beau plateau de cavaliers (48) qui s’alignaient au départ de ce Grand Prix très relevé. Deuxième volet des Stephex Masters après le CSI 5* de Knokke en juillet dernier, l’étape Bruxelloise s’est disputée en présence de six des dix meilleurs mondiaux et de 15 des 25 meilleurs.

Alors certes, une hirondelle ne fait pas le printemps, mais la rage du Français à gagner alliée à une réussite retrouvée pourrait bien laisser entrevoir un retour au plus haut niveau pour le couple Simon Delestre- Hermès Ryan.

Edward Levy s’installe au plus haut niveau

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Edward Levy

C’est un nom dont la sonorité est désormais familière. 22 ans seulement pour l’état civil mais déjà un beau palmarès et un piquet qui permet de se projeter sereinement vers l’avenir. Membre de l’équipe de France, Edward Levy a été ce week-end, aux commandes de Sirius Black (4+0) un artisan de la victoire de la France (Kevin Staut, Gregory Cottard, Nicolas Delmotte) dans la Coupe des Nations de Gijon (Espagne). Retour sur l’ascension d’un surdoué.

Surdoué à cheval mais aussi à l’école avec un bac décroché à 16 ans. Et puis très vite un choix intelligent de mettre à profit cette avance pour tester sa capacité à réussir dans le difficile milieu professionnel du saut d’obstacles. Intelligence toujours en se donnant les moyens de travailler avec les meilleurs. Ce sera Patrice Delaveau puis, Ludger Beerbaum et enfin, en octobre 2015,  la jeune américaine Brianne Goutal qui lui ouvre les portes de l’Amérique. Les deux facettes du métier somme toute : la monte et le business.

Et ça marche. En 2012, le titre de champion de France jeunes cavaliers remporté avec Belle Rock vient constituer la première ligne d’un palmarès qui ne demande qu’à s’étoffer. En septembre 2013, à 18 ans, il remporte à Fontainebleau le championnat des 7 ans associé à Starlette de la Roque.

En 2016, Edward Levy via la société Show Jump international étoffe son piquet et bénéficie début 2017 de l’arrivée de Sirius Black. Lors du Saut Hermès 2017, Edward Levy confie au micro de L’Eperon qu’il croit beaucoup dans cet entier de 11 ans qui devrait lui permettre de passer un cap. La suite a démontré qu’il ne s’était pas trompé.

CdN de Samorin : Marlon Zanotelli offre la victoire au Brésil

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Marlon Zanotelli

On ne vous en voudra pas de ne pas savoir localiser exactement Samorin. Cette petite ville de 12 500 habitants de l’ouest de la Slovaquie située sur le Danube au coeur de l’Europe centrale accueillait le CSIO 3* de Slovaquie. On pourrait en revanche s’étonner si vous ne connaissiez pas Marlon Zanotelli. Ce sympathique cavalier brésilien en selle sur Celena VDL a offert la victoire dans la Coupe des Nations à son pays à l’issue d’un barrage où il s’est trouvé opposé à Jörne Sprehe pour l’Allemagne.

L’équipe de France (Benoît Cernin, Max Thirouin, Romain Potin et Robin Muhr) emmenée par Thierry Pomel termine 7ème sur 11.

Les résultats complets ici.

Peder Fredricson champion d’Europe 2017

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Peder Fredricson (archives)

Peder Fredricson est devenu le nouveau champion d’Europe de saut d’obstacles. Le Suédois, couronné sur ses terres, succède à Jeroen Dubbeldam (2015) et avant lui à Roger-Yves Bost (2013). Le Français aura quitté la compétition par la petite porte en ne s’alignant pas dans la finale individuelle pour laquelle il était qualifié au motif, contestable sur le plan sportif, de préserver sa jument, Sangria du Coty.

Privés de Français, les (télé)spectateurs ont néanmoins eu droit à une magnifique épreuve, vitrine d’une équitation de très grande qualité. Galvanisé par une organisation à domicile Peder Fredricson (45 ans) a démontré que son titre de Vice-champion olympique glané l’été dernier à Rio ne relevait pas du hasard.

Ce titre européen vient récompenser un cavalier aussi discret que déterminé. « Cette semaine a été longue, mais cette médaille à domicile était mon objectif et j’ai la chance de monter All In-H&M qui donne toujours le meilleur en piste », a déclaré avec sobriété Peder Fredricson. Les lauriers de la gloire sont effectivement à partager avec All In-H&M, un cheval certes pas aussi spectaculaire que Good Luck la monture de Cian O’Connor, mais véritable machine à sans faute, à l’exception de la dernière ligne droite.

A croire que ce hongre de 11 ans fils de Kashmir van Schuttershof avait à cœur de rendre à son cavalier toute l’attention que celui-ci lui avait prodigué lorsque, victime d’un grave épisode de coliques qui avait nécessité une opération en octobre dernier, il avait frôlé la mort. A ce titre, cette victoire est bien celle d’un revenant et doit être saluée comme telle. Elle témoigne du savoir faire de Peder Fredricson à préparer un cheval pour une grande échéance. All In en effet n’a repris la compétition que fin mars ce qui ne l’a pas empêché d’enchaîner, dans une forme parfaite, un long championnat de 5 jours ponctué par des parcours difficiles et surtout longs qui ont émoussé plus d’un équidé.

Rendez-vous raté pour l’équipe de France à Göteborg

europe chptDur dur. L’équipe de France a pris l’eau dans la première manche par équipes des championnats d’Europe de Göteborg. Avec 24,78 points de pénalités cumulés, les Bleus pointent à la huitième place et n’ont plus aucune chance de médaille. A domicile, en revanche, les Suédois emmenés par Peder Fredricson (H&M All In) sont très bien partis dans la course au sacre.

On ne va pas tirer sur l’ambulance. « Les petits drames » individuels des tricolores, à l’exception notable (cf vidéo) d’un Kevin Staut (Rêveur de Hurtebise HDC) impérial, sont à l’origine d’une grosse déception. A ce niveau là, la moindre petite erreur coûte cher. Mais c’est le sport. La roue de la fortune tourne et chevaux et cavaliers ne sont pas infaillibles. Le refus sur la rivière de Vagabond de la Pomme sous la selle de Pénélope Leprevost, inattendu, mérite d’être analysé calmement et sereinement car le reste de la prestation fût parfait. Les deux fautes respectives de Mathieu Billot (Shiva d’Amaury) et Roger-Yves Bost (Sangria du Coty) peuvent s’expliquer par un manque d’expérience à ce niveau pour les chevaux. Mais les lauriers de demain se préparent aussi par l’acquisition nécessaire de cette expérience tant dans les difficultés techniques des parcours que dans la préparation physique des chevaux.

A ce titre la deuxième manche ne sera pas dénuée d’intérêt. Les Bleus ont souvent démontré à l’issue d’une contre-performance une capacité à redresser le tir grâce à un orgueil bien placé. C’est tout le mal qu’on peut leur souhaiter.

Göteborg : Olivier Philippaerts out, Jérôme Guery in

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Jérôme Guery

Les grands championnats offrent souvent leurs lots de rebondissements ponctués de petits drames et de grandes joies. Les championnats d’Europe de Göteborg qui ont débuté cette semaine n’échappent pas à cette loi d’airain. La première victime en l’espèce est Olivier Philippaerts. Le cavalier belge de 24 ans n’aura même pas eu la chance de débuter la compétition. Mardi, lors de la warm-up, il est tombé suite à un refus de sa jument H&M Legend of Love sur la rivière. La chute aurait pu être sans gravité mais le jeune compétiteur est mal tombé et s’est déboîté l’épaule. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, Jérome Guéry (37 ans) et Grand Cru van Rozenberg sortent donc de leur place de réservistes pour devenir titulaires de l’équipe belge aux côtés de Grégory Wathelet (Corée), Niels Bryunseels (Cas de Liberté Z) et Pieter Devos (Espoir).

Pedro Cebulka, l’ami des cavaliers

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Pedro Cebulka raccompagne Michael Duffy contraint de sortir à pied, cheval en main, de la piste.

Il ne passe pas inaperçu en raison de ses tenues excentriques mais, sa présence rassure. A commencer les cavaliers et entraîneurs qui trouvent toujours le bon renseignement auprès de cet allemand de 64 ans installé au Canada et marié à une Hollandaise. Son job : Ring Master. Un statut bâtard mais essentiel, entre maître de cérémonie et, patron de la piste. Une seule chose est sûre, c’est lui qui règle le tempo et les accès. Mais Pedro Cebulka, c’est plus que ça pour les cavaliers qu’il connaît tous et réciproquement. C’est un repère et une source d’informations essentielle. Quant on est affable et qu’on parle sept langues, ça aide un peu.

Pedro, c’est aussi une présence prévenante. Comme au CSI 5* de Valence lorsque dans le barrage du Grand Prix Michael Duffy est victime d’un incident. Son cheval, EFS Top Contender, trébuche à la réception d’un obstacle, commence à perdre son filet et se met à paniquer. Le jeune irlandais de 23 ans est contraint à mettre pied à terre et à abandonner. Il quitte la piste, le cheval à la main, en licol. Rien de grave, heureusement. Mais Pedro qui a suivi l’incident de près et donné des instructions a saisi en un instant la profonde déception du cavalier. Monsieur Loyal le raccompagne, la main sur l’épaule. Pour détendre l’atmosphère, il pose son chapeau haut de forme sur la bombe de Michael. L’effet est réussi. Show can go on.

CSI 5* de Valence : un grillon nommé Farrington

Kent Farrington et Gazelle (cliquer pour agrandir)

Le Jumping International de Valence (17-20 août), dans le sud de la France, est un nouveau venu dans le club très fermé des CSI 5* après deux galops d’essais en 4*. Un rêve devenu réalité pour l’homme d’affaires et passionné d’équitation Sadri Fegaier, propriétaire du magnifique Haras des Grillons installé au cœur de la Drome ensoleillée. La dotation très élevée du Grand Prix (300 000€) a permis d’attirer un très beau plateau, dix des vingt cavaliers mondiaux, dont le numéro 1 mondial Kent Farrington.

Kent Farrington et Gazelle

Au final, la hiérarchie mondiale a été respectée. Kent Farrington (36 ans) sur Gazelle remporte le Grand Prix du Dimanche devant un public nombreux et connaisseur. Pourtant à domicile, les Français, dont les cavaliers olympiques Kevin Staut (Ayade de Septon HDC) et Roger-Yves Bost (Sydney Une Prince) se sont retrouvés à la peine. Vainqueur de la grosse épreuve du vendredi soir, Simon Delestre, malchanceux à son tour, s’est  retrouvé éliminé en raison d’un Chesall Zimequest sensible et pas décidé à sortir du triple. C’est finalement la jeunesse qui a sauvé l’honneur. Edward Levy (Sirius Black), seul tricolore parmi les onze barragistes termine à la dixième place.

Plus de chances en revanche pour Eric Lamaze. Le Canadien se classe troisième sur Coco Bongo. La belle affaire est cependant conclue par Shane Breen. Deuxième sur Laith, un hanovrien de 12 ans, l’Irlandais termine meilleur cavalier du concours. Une performance récompensée par une superbe Mercedes cabriolet SLK d’une valeur de 50 000 €.

Le classement intégral ici.

Olivier Robert, magistral à Dublin

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Olivier Robert (archives)

C’est une Coupe des Nations d’anthologie qui s’est courue sur la très belle pelouse de Dublin. Du suspense , des rebondissements des surprises … bref le rendez-vous irlandais fût un grand moment de sport dont l’épilogue fût heureux pour les tricolores qui terminent deuxième derrière les Etats-Unis et juste devant les Pays-Bas.  Homme décisif dans ce résultat, Olivier Robert, transcendé par sa veste bleue offre à son équipe un double sans faute décisif sur Eros.

Sensible à l’esprit d’équipe incarné à la perfection par un Kevin Saut (For Joy van’t Zorgvliet HDC) malchanceux dans la deuxième manche (0+4), Marc Dilasser (Cliffton Belesbat) a su puiser au fond de lui et de sa monture le meilleur pour passer d’un score catastrophique (20 points) à un score vierge. A l’inverse si Marie Hécart a largement dominé son sujet en première manche malgré un petit point de temps dépassé, Cenwood Delle Lame perturbé par des raisons qui restent à éclaircir est sorti par la petite porte des éliminations.

Dans ce contexte, la performance est bien du côté d’Olivier Robert. Le cavalier du sud ouest avec l’art et la manière signe l’un des quatre seuls sans faute de l’épreuve. Chapeau bas.

A 41 ans, Olivier Robert semble avoir trouvé avec Eros une monture performante et régulière plus simple à monter que Quenelle du Py malgré toutes les qualités de cette dernière. Philippe Guerdat ne s’y est pas trompé. Au micro d’Equidia Life, le sélectionneur national soumis au chaud et au froid durant toute l’épreuve a salué les qualités du cavalier de Pompignac. « On pourra compter sur lui à l’avenir » a lâché le Suisse très satisfait, tout autant des résultats que par l’état d’esprit de son équipe.

Tous les résultats, ici.

La photo du jour : Andrew Ramsay

Andrew Ramsay (archives)

En forme. Andrew Ramsay, cavalier américain de 32 ans basé à Wellington (Floride) mais amené à faire de fréquents séjours sur le continent européen semble dans une bonne passe. A Bromont au Canada, cet élève de George Morris, 132ème au classement mondial, a remporté début août, le Grand Prix qualificatif avec Cocq a Doodle avant de terminer 7ème du Grand Prix comptant pour la Coupe du Monde Nord-Américaine associé cette fois à Stranger 30. Prochaine échéance, le Hampton Classic dans 15 jours. A suivre …

Göteborg : Delestre et Rozier écartés, Dilasser et Billot sélectionnés

Philippe Guerdat

Un caractère bien trempé et un rôle assumé de meneur d’hommes. Philippe Guerdat a tranché. Et le sélectionneur national n’a pas fait dans la dentelle. Le Suisse a livré mardi 8 août la composition de l’équipe de France qui s’alignera dans quelques semaines aux championnats d’Europe de Göteborg. Sa main n’a pas tremblé. Ce sera sans les têtes d’affiche, Simon Delestre et Philippe Rozier. Sans également Cédric Angot, pénalisé par un Saxo de la Cour trop incertain suite à ses problèmes de santé.

Philippe Guerdat a pris le temps d’expliquer les raisons de ses choix à L’Éperon. C’est à lire ici. « Je voulais des nouveaux chevaux et des nouvelles têtes, et j’ai donc tout changé à part Kevin Staut » explique le patron de l’équipe de France, sévère quant à l’attitude de Simon Delestre et de Philippe Rozier.

Composition de l’équipe :

  • Mathieu Billot (Shiva d’Amaury)
  • Roger-Yves Bost (Sangria du Coty)
  • Marc Dilasser (Cliffton*Belesbat)
  • Pénélope Leprévost (Vagabond de la Pomme)
  • Kevin Staut (Rêveur de Hurtebise*HDC)

 

 

Première victoire internationale pour Alexandra Paillot à Deauville

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Alexandra Paillot et Polias de Blondel (archives)

Enfin. Cela faisait longtemps qu’elle espérait ce moment. Alexandra Paillot a soulevé la coupe de la victoire à l’issue du Grand Prix du CSI 3* de Deauville. Une première victoire internationale longuement savourée pour cette jeune femme de 29 ans dont la besace était restée désespérément vide depuis son titre prometteur de championne de France Pro Elite remporté en 2015 avec son inséparable Polias de Blondel. Une première pour une première puisqu’elle se réalise dans le cadre du Longines Deauville Classic un nouveau CSI porté par GrandPrix et hébergé par le Pôle International du Cheval. Et à cette occasion, le public, ainsi que le sélectionneur national Philippe Guerdat qui avait fait le déplacement, auront eu droit à un podium 100% tricolore avec respectivement sur les deuxièmes et troisièmes marches Alexis Gautier (Siroco de Coquerie) et Edward Levy (Sirius Black).

Le classement intégral ici.

Solide comme John Whitaker

JW

John Whitaker (archives)

62 ans peut-être mais solide comme un roc. Avant de fêter son anniversaire samedi soir, John Whitaker a suscité un mouvement d’émotion dans la foule réunie pour assister au Grand Prix du Global Champions Tour de Londres. L’aîné du clan, en selle sur Cassinis Chaplin a été victime d’une chute spectaculaire que des examens médicaux approfondis ont heureusement déclaré sans gravité (source British Showjumping). La star Britannique et ancien cavalier du légendaire Milton devra néanmoins composer avec des ecchymoses et des raideurs supplémentaires pendant quelques jours.

Kevin Staut, numéro 3 mondial

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Kevin Staut, pilier de l’équipe de France et meilleur cavalier tricolore au classement mondial.

C’est une très bonne nouvelle à quelques semaines des championnats d’Europe de Göteborg. Kevin Saut débute le mois d’août en accédant à la troisième place du classement permanent mondial (Longines ranking list). La régularité du cavalier tricolore porte ses fruits toute autant que la qualité de son équitation, remarquable, à l’image de ses derniers tours en Coupe des Nations, à Hickstead notamment.

Le leader du Haras des Coudrettes le reconnaissait début juillet, il est sur une bonne dynamique depuis les JO où son cheval de tête et de coeur, Rêveur de Hurtebise, semble avoir pris une nouvelle dimension attestée par le double sans faute dans la Coupe des Nations de La Baule en début de saison. C’est d’ailleurs avec cette monture que Kevin Saut devrait concourir à Göteborg pour les championnats d’Europe. A 16 ans, Rêveur disputera là son dernier grand rendez-vous. Un choix partagé par Philippe Guerdat qui permet de préserver et de préparer For Joy van’t Zorgvliet*HDC, dans la perspective des Jeux mondiaux et des prochains Jeux olympiques.

Source de satisfaction, le bon classement de Kevin Staut derrière les américains Kent Karrington et McLain Ward ne doit pas faire oublier pour autant le recul des autres vestes bleues. Simon Delestre peine à retrouver son efficacité d’il y a un an. Le Lorrain perd une place et sort du top 10 (11ème). Même punition pour Pénélope Leprevost. La championne olympique pointe au 29ème rang mondial laissant toujours à Laura Kraut (19ème) le statut de meilleur cavalière planétaire. Chez les autres olympiques on retrouve Bosty en 22ème position et Philippe Rozier à la 76ème . Tout en discrétion, Harold Boisset continue son bonhomme de chemin, pointant aux portes du Top 100 (101ème) alors qu’on retrouve un certain Eric Navet à la 125ème.

Tout le classement mondial : ici.

Nadja Peter-Steiner décroche son ticket pour Göteborg

Nadja Peter-Steiner et Saura de Fondcombe

Petite surprise dans le camp helvétique. La Fédération Suisse des Sports Équestres a annoncé une modification de sa sélection pour les championnats d’Europe de saut d’obstacles qui se dérouleront à Göteborg à compter du 23 août.  « Après mûres réflexions » indique le communiqué, Werner Muff, sélectionné initialement avec Daimler III, renonce, en accord avec les propriétaires du cheval, à participer à ces championnats. Cette défection ouvre la porte de la sélection nationale à Nadja Peter-Steiner (32 ans) et Saura de Fondcombe.

 Les propriétaires de Daimler III, Marlis et Urs Mühlebach, ainsi que Werner Muff mettent en avant l’âge du cheval, seulement 9 ans, pour expliquer leur décision. Ils estiment que ce championnat arrive encore trop tôt pour un cheval jeune qu’ils préfèrent préserver dans l’optique de futurs grands rendez-vous.

Ce choix, sans doute difficile, fait le bonheur de Nadja Peter Steiner dont les bonnes prestations avec Saura de Fondcombe en Coupe des Nations – Lummen (BEL) 0/8, Aix-la-Chapelle (GER) 0/8, Hickstead (GBR) 0/4 – n’ont pas échappé à la Commission de sélection de la FSSE qui a décidé de sélectionner ce couple comme numéro 5 pour Göteborg.

La sélection suisse pour le championnat d’Europe est donc composée de :

  • Romain Duguet (Twentytwo des Biches)
  • Paul Estermann (Lord Pepsi)
  • Martin Fuchs (Clooney III)
  • Steve Guerdat (Bianca ou Hannah III)
  • Nadja Peter-Steiner (Saura de Fondcombe)

La décision définitive concernant les quatre cavaliers qui participeront aux championnats sera prise le mardi 22 août 2017 après le saut d’entraînement et donc un jour avant la première épreuve. L’objectif des cavaliers suisses de saut est de remporter une médaille (par équipe ou en individuel). L’équipe sera encadrée sur place par le coach technique Thomas Fuchs et par le chef d’équipe Andy Kistler.

La compétition des cavaliers de saut débutera le mercredi 23 août 2017 à 13h30 avec la première épreuve par équipe Table C Speed, qui servira en même de temps de première épreuve de qualification pour le classement individuel. La deuxième épreuve pour les équipes et pour le classement individuel se déroulera en deux manches sur deux jours (jeudi après-midi et vendredi soir). Seules 10 équipes auront le droit de prendre le départ dans la deuxième manche. La troisième épreuve sera donc la finale individuelle du dimanche à nouveau en deux manches. Pour la première manche, 25 cavaliers/cavalières seront au départ alors qu’ils ne seront plus que 12 pour la deuxième.

Avec communiqué.

Le rêve devenu réalité de Gregory Wathelet

Gregory Wathelet

A 36 ans, Grégory Wathelet a remporté, à l’issue d’un triple sans faute sur sa jument Corée, le Grand Prix du CHIO 5* d’Aix-la-Chapelle (et les 330 000 € alloués au vainqueur) considéré comme le plus prestigieux concours annuel d’équitation dans le monde. Le Belge, 19ème mondial n’a pas manqué d’associer son équipe à ce qu’il considère comme le plus bel exploit de sa carrière (voir la vidéo ici).

Gregory WATHELET su Corée se voit gratifié d’une Rolex. Crédit photo : Merrick Haydon /Revolution sports

Réputé pour être l’un des plus difficiles au monde, le Grand Prix d’Aix-la-Chapelle est l’un des plus beaux titres à avoir à son palmarès, non loin du titre de champion olympique ou de champion du monde. « Quand on est cavalier, nous avons des rêves. Celui d’inscrire son nom au palmarès de ce Grand Prix en est un » déclarait ainsi Gregory Wathelet à l’issue de l’épreuve.

Prochaines étapes du Rolex Grand Slam pour Gregory Whatelet. Crédit photo : Merrick Haydon /Revolution sports

Le meilleur reste peut être à venir pour ce solide gaillard d’1m90 dont la carrure cache une personnalité sensible au verbe doux, soucieuse du bien être de ses montures et reconnaissante du travail accompli par son entourage. A seulement 11 ans, Corée, une fille de Cornet Obolensky a selon son cavalier encore des marges de progrès. On devrait retrouver notamment le couple à Calgary en septembre, deuxième étape du Rolex Grand Slam (et ses bonus faramineux en cas de doublé ou de triplé), la troisième étant le CHI de Genève en décembre.

Georgina Bloomberg veut des règles plus précises sur les blessures aux éperons

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Georgina Boomberg

Décidément, ça ne passe pas. Le 8 juillet dernier dans le cadre de l’étape de la Global Champions League à Estoril, Scott Brash s’est trouvé disqualifié de l’épreuve et avec lui l’équipe des Miami Glory qui normalement remportait l’épreuve, en raison de traces de sang relevées à la sortie de la piste sur Hello Forever. Georgina Bloomberg, coéquipière de Scott Brash était aussitôt montée au créneau pour dénoncer l’attitude du steward qui, selon elle, a remarqué d’extrêmement petites marques d’éperons sur le flanc a frotté la marque assez fort pour la faire saigner, avant de donner le gant au juge étranger, qui a rapporté au président du jury.

La fille du multimilliardaire et ancien maire de New York relance la polémique via une lettre ouverte adressée à la FEI, publiée sur son site le 18 juillet. La jeune femme de 34 ans demande désormais aux instances équestres internationales de revoir la réglementation concernant les traces de sang, afin d’éviter des applications abusives comme dans le cas de Scott Brash.

Georgina Bloomberg avance deux éléments pertinents. Le premier, comme elle l’expose, c’est que, « malheureusement, la réalité est qu’une blessure occasionnelle ou une marque sur la peau du cheval est inévitable. Comme tout athlète est exposé à une blessure durant un match, une petite marque d’éperon sur le flanc d’un cheval est une conséquence de la compétition de haut niveau, pas une maltraitance.’’

Le deuxième, c’est la focalisation des stewards sur les blessures aux éperons, au détriment d’autres comportements qui portent atteinte au bien être des chevaux et qui pourtant ne sont pas sanctionnés. Le débat en tout cas est ouvert.

Toute la difficulté au fond porte sur le fait de savoir si le règlement doit s’appuyer sur des faits objectifs (une trace de sang aussi minime soit-elle) ou si des éléments subjectifs peuvent être pris en compte pour les tempérer à savoir, déterminer si l’atteinte relevée est le fruit d’un acte involontaire ou s’il s’agit d’un acte de maltraitance intentionnel.

Dans le cas de Scott Brash, c’est encore un autre situation puisqu’on serait potentiellement en présence d’un steward qui aurait provoqué, par l’insistance du frottement du gant, un saignement qui au départ n’existait pas …. A croire qu’on finira peut être par en arriver, comme pour la police, à fixer une caméra aux stewards pour trancher les situations polémiques.

Le dimanche à Chantilly, c’est Guéry

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Jérôme Guéry et Papillon Z (archives)

A défaut d’arracher sa qualification pour le Grand Prix Longines du samedi, Jérôme Guéry a pris sa revanche dès le lendemain en remportant sur Papillon Z la grosse épreuve dominicale (1m50-1m55). Le Belge s’impose au barrage  devant Lorenzo de Luca (Milestone Grey), deuxième et l’Américaine Laura Kraut (Whitney), troisième. Marc Dilasser (Cliffton Belesbat) termine au pied du podium à la 4ème place.

Etrangement, de nombreuses pointures dont les Français Kevin Staut, Simon Delestre, Patrice Delaveau et Pénélope Leprévost ont préféré faire l’impasse sur cette épreuve qui n’a réuni que 32 partants. La faute peut être à la dotation : 62 000 € « seulement » le dimanche face aux 300 000 € dans le GP du samedi.

Le classement intégral, ici.

Danielle Goldstein crée la surprise à Estoril

Danielle G

Danielle Goldstein (archives)

« Ayez la volonté et la persévérance, et vous ferez des merveilles » écrivait Benjamin Franklin en 1733. De volonté, elle ne manque pas. Danielle Goldstein, « Dani » pour ses amis, a franchi une marche de plus dans la réalisation de son rêve. La cavalière de 32 ans, américaine de naissance, naturalisée Israélienne en 2010, a remporté samedi le Grand Prix d’Estoril, étape portugaise du Longines Global Champions Tour.

Une victoire surprise pour la plupart des habitués du jumping mondial car Dani pointe seulement au 360ème rang mondial. Mais la cavalière des écuries Starwyn Farms LLC, basées en Floride réalise cette performance associée à Lizziemary jument de 11 ans par Cabri d’Elle, acquise en janvier de cette année, qui évoluait préalablement sous la selle de l’Irlandais Billy Twomey.

Danielle Goldstein on Lizziemary

Danielle Goldstein et Lizziemary. Crédit photo : Stefano Grasso/LGCT

Danielle Goldstein signe donc sa première victoire internationale dans un GP 5*. Un succès de bon augure dans son rêve fou de constituer une équipe Israélienne de saut d’obstacles pour les prochaines grandes échéances, les Jeux Equestres Mondiaux de  Tryon (USA) en 2018 et surtout les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

La photo du jour : Patrice Delaveau/Carinjo HDC

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Patrice Delaveau et Carinjo 9*HDC (archives)

Ranking list : Farrington s’installe, Staut remonte

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Kent Farrington

Et de 3. Pour le troisième mois consécutif, Kent Farrington s’impose au somment de la hiérarchie mondiale du saut d’obstacles si l’on suit les savants calculs qui permettent d’établir le classement permanent mondial (Longines Ranking List). Kevin Staut meilleur Français remonte à la 4ème place. Simon Delestre réussit à se maintenir dans le top 10 (10ème) alors que Bosty mène son petit bout de chemin au 14ème rang. Pénélope Leprevost, sur une dynamique négative recule de 4 places (26ème).

La vie est belle pour Kent Farrington. Doté d’un solide compte en banque alimenté par la régularité de gains très conséquents, mais aussi bien accompagné (la cavalière canadienne Tiffany Foster est sa petite amie), le natif de Chicago ne devrait pas se départir de sitôt de son sourire étincelant. Auréolé de sa médaille d’argent par équipe ramenée de Rio, l’Américain de 36 ans a le vent en poupe. Présent cette semaine à Spruce Meadows au Canada, le leader mondial a déjà engrangé une nouvelle victoire en remportant mercredi sur Dublin, la Kubota Cup (1,50m).

 

First Class van Eeckelghem s’en est allé

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First Class van Eeckelghem sous la selle de Daniel Deusser

On a appris le 30 juin la disparition à l’âge de 12 ans de First Class van Eeckelghem, l’une des montures de tête de l’Allemand Daniel Deusser, suite à des coliques. Acquis par les écuries Stephex en 2013, ce fils de Balou du Rouet s’est illustré sous la selle de Daniel Deusser avec notamment une médaille de bronze par équipes au Jeux Olympiques de Rio.

Dans un post sur Facebook, Daniel Deusser a adressé un message d’adieu à sa monture de coeur : « Il n’y a pas de mots pour décrire ce que je ressens, aujourd’hui j’ai perdu un ami. La première fois que je t’ai monté, j’ai su que nous étions destinés à faire de grandes choses, même si nos débuts ont été un peu mouvementés, même si, First Class, tu n’étais pas le cheval le plus facile. Mais ton coeur était grand, et j’ai toujours pu compter sur ta combativité. De notre premier Grand Prix à la médaille olympique en passant par le titre de champion d’Allemagne, il n’y a aucun doute : je te dois tout. Tu as été le cheval de ma vie et tu resteras dans mon coeur. Repose en paix mon ami

Vincent Feuillerac remporte le CSI 3* de Vichy

Vinent Feuillerac et Concaro

Grand Prix pluvieux, Grand Prix heureux pour Vincent Feuillerac qui a remporté ce dimanche après-midi le Grand Prix de la Ville de Vichy (1m50) associé à Concaro. Une victoire à la régulière, à l’issue d’un barrage à deux, face à Florie-Laure Etien (Saphir du Frelut). Jean-Charles Pirot (Sisley de la Tour Vidal) avec un seul petit point de pénalité monte sur la troisième marche du podium.

Il ne fait pas toujours bon vieillir. C’est le cas du Jumping de Vichy qui a fêté sa121ème édition dans des conditions difficiles en raison d’une pluie ininterrompue pendant quatre jours. Celle-ci avait découragé plus d’un cavalier à l’image de Marc Dilasser ou Laurent Guillet repartis dans leurs pénates sans attendre la fin du concours. Cet épisode ne manquera pas en tout cas d’alimenter le débat sur la pérennité des surfaces en herbe.

22 courageux ont tout de même tenté leur chance dans le Grand Prix dont un seul étranger en la personne du tunisien Sélim Ouertani. Jean-François Gourdin le chef de piste aura su utiliser au mieux le terrain pour offrir un vrai Grand Prix au nombreux public dominical et au final, le sol a bien tenu. Le parcours sélectif sur tout son long a fait son oeuvre sans pénaliser lourdement les couples engagés. Un peu trop peut être au goût du public qui a du se contenter d’un barrage réduit à deux participants mais la qualification de Florie-Laure Etien, la locale de l’étape, a mis un peu de baume au coeur des spectateurs Pas rancuniers pour autant ceux-ci n’ont pas manqué de saluer de leurs applaudissements la victoire de Vincent Feuillerac, cavalier installé dans l’Ain, à Lapeyrouse au nord de Lyon.

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Le classement intégral du GP ici.

Equestrian le Mag, c’est fini.

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Off. Le dernier qui a quitté le plateau d’Equestrian le Mag hier soir, peut-être Kamel Boudra, a éteint les lumières. Et elles ne sont pas prêtes de se rallumer. Car il ne s’agit pas de la traditionnelle pause estivale de l’émission mais bien de son arrêt définitif. Incompréhensible.

Le teint inhabituellement pâle malgré le maquillage et un fond de tristesse dans un regard d’habitude pétillant de malice, le sympathique Kamel Boudra a dit adieu le 26 juin aux nombreux téléspectateurs d’Equidia qui avaient fait du lundi soir, au fil de six saisons d’existence, un rendez-vous incontournable. Sans une explication, la chaîne du cheval a décidé de mettre un terme au seul magazine des sports équestres de la télévision française. On aurait compris que le format évolue mais la décision prise ne fait pas de détails. C’est un arrêt pur et simple. Trop cher laisse-ton comprendre.

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Cette sortie par la petite porte suscite un pincement au cœur pour tous les passionnés de sports équestres. Car le bilan de l’émission est bon. Elle a largement contribué à dévoiler au grand public les coulisses de la compétition et permis de mieux connaître, et d’apprécier, nombre de cavaliers. Une véritable mission de service public qui devrait interpeller la Fédération Française d’Équitation (3ème fédération française en termes de licenciés), totalement absente du drame qui en coulisse est peut être en train de se jouer. Car au-delà d’Equestrian c’est tout le navire d’Equidia Life qui semble prendre l’eau.

La chaîne des sports équestres apparaît comme la danseuse de l’institution des courses qui fort logiquement, on ne peut pas lui jeter la pierre, s’interroge sur un poste important de dépenses (7 millions €) quand, dans le même temps, la FFE semble n’avoir pour seule obsession que le développement de son parc équestre fédéral de Lamotte-Beuvron.

Quelle situation paradoxale, pour ne pas dire quel gâchis, ce serait de voir disparaître, après Equestrian, Equidia Life pour un pays qui organise le plus de CSI 5* au monde, qui dispose d’un élevage ultra-performant et d’un incroyable gisement de cavaliers talentueux, à l’image des deux médailles d’or par équipe (en complet et CSO) ramenées des Jeux de Rio. Quel contresens cela constituerait au moment où le puissant Global Champions Tour mise sur la mondialisation à moyen terme de la diffusion tv de ses compétitions pour renforcer la rentabilité de son modèle économique.

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Bon vent à Kamel Boudra et à son équipe. On les regrette déjà.

For Joy, pour le plaisir de Kevin Staut

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Kevin Staut et For Joy van’t Zorgvliet*HDC (archives)

Il y aurait beaucoup à dire de l’atypique étape monégasque du Global Champions Tour, notamment sur ce bac à sable de luxe qualifié de terrain de concours. Mais ils sont forts nos champions. Et notamment Kevin Staut, troisième du Grand Prix associé à For Joy van’t Zorgvliet*HDC. Le Normand signe sa meilleure performance de la saison avec ce fils de For Pleasure qui effectuait son premier Grand Prix 5* depuis 6 mois.

Le classement de l’épreuve ici.

Luciana Diniz en guest star du CSI 3* de Vichy

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Ce n’est pas une étape du Global Champions Tour, les dotations sont plus modestes et les paillettes absentes mais, le CSI 3* de Vichy demeure au fil des ans un rendez-vous prisé des cavaliers internationaux. Malgré un positionnement en recul au classement mondial permanent des cavaliers de saut d’obstacles, Luciana Diniz (46 ans) sera bien l’une des têtes d’affiches du Jumping international de Vichy qui se déroulera sur les mythiques installations du Sichon du 29 juin au 2 juillet.

Fille d’un joueur de polo et d’une cavalière renommée de dressage, Luciana Diniz a hérité de ses géniteurs agilité, précision et une grande légèreté dans sa monte sans oublier, une étroite complicité avec ses montures. Des qualités qui ne sont pas passées inaperçu du public qui en a fait l’une de ses cavalières préférées mais également d’Edouard de Rothschild. L’homme d’affaires, cavalier lui-même, est devenu l’un de ses principaux mécènes et ami, n’hésitant pas à lui confier des chevaux de classe internationale.

Brésilienne de naissance, Luciana a opté pour la nationalité Portuguaise en 2006 et porte depuis très haut les couleurs de ce pays dans les plus grands rendez-vous hippiques internationaux comme aux jeux olympiques de Rio qu’elle a disputé sur Fit for Fun (cf vidéo).

Le public Vichyssois aura par conséquent le plaisir d’observer tout au long du week-end les parcours de cette cavalière expérimentée qui, pour ne rien gâcher, maîtrise parfaitement la langue de Molière.