Armitages Boy : la retraite attendra un peu

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Armitages Boy sous la selle de Lorenzo de Luca.

Armitages Boy sera ce week-end l’une des vedettes du CSI 5* de Stuttgart. Le superbe étalon Oldenbourg de 16 ans (Armitage x Kamora) fera son grand retour à la compétition après une longue absence pour cause de blessure. Si son cavalier, Lorenzo de Luca, a laissé entendre à Grand Prix qu’il pourrait s’agir de la dernière saison sportive du cheval avant qu’il ne se consacre plus qu’à la reproduction, du côté des écuries Stephex (co-propriétaire avec Guillaume Canet et Gregory Mars), on se refuse pour l’instant à évoquer tout futur départ à la retraite. Il n’empêche on ne manquera pas tout au long des prochains mois d’admirer l’exceptionnel passage de dos de cette attachante boule de muscles de seulement 1m61.

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Disparition de Tim Stockdale, emporté par un cancer foudroyant

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En 2012, Tim Stockdale avait sorti son autobiographie.

Ce sont nos dieux du stade et pourtant, ils ne sont pas immortels. Tim Stockdale (54 ans) est décédé le 14 novembre à l’hôpital entouré des siens d’un cancer foudroyant de l’estomac diagnostiqué au début du mois d’octobre. Avec plus de 50 sélections en équipe nationale dont une participation aux JO de Pékin en 2008, Tim Stockdale était une figure de l’équitation britannique, aujourd’hui plongée dans le deuil, d’autant que ses prestations comme commentateur à la télévision l’avaient rendu très populaire

En 2011, Tim Stockdale avait été victime d’un très grave accident, une fracture des cervicales, en essayant des chevaux au pays de Galles. Pourtant neuf mois après il revenait au meilleur niveau international. L’anecdote est révélatrice de la détermination et de la personnalité forte et hors du commun de ce cavalier qui, dans l’année qui suivait publiait son autobiographie, compilation d’anecdotes d’une vie colorée et bien remplie.

La Fédération Equestre Internationale lui a rendu hommage par la voix de John Roche, le patron du saut d’obstacles : « Tim était un vrai cavalier et un grand compétiteur. Il n’a jamais perdu sa passion pour la compétition et concourait sur la scène internationale jusqu’à tout récemment. Sa gentillesse, son sourire, son sens de l’humour, ainsi que son approche positive de la vie manqueront beaucoup à tous ceux qui ont eu la chance de le connaître.« 

Tim Stockdale, habitué des CSI se déroulant en France, laisse une épouse, Laura, et deux fils Joseph et Mark.

 

Grand Prix magazine : une couverture qui ne passe pas

imagesLa dernière couverture du magazine Grand Prix a suscité de nombreuses et vives réactions, dont le lancement d’une pétition,  conduisant au retrait de la photo présentant un cheval « équipé toutes options » du site internet et de la page Facebook du média.

Émotion n’est pas raison et la recherche permanente de la polémique est plus que lassante. Il n’empêche, ce qui est vrai dans le domaine politique l’est de plus en plus pour l’ensemble de la société. Tout aujourd’hui est passé au scanner et soumis, à tort ou à raison, à la vindicte populaire. Au-delà des avis tranchés et du feu de paille des réseaux sociaux, reste sous l’écume des vagues une vraie interrogation. Quelles vont être à court terme les conséquences de la montée en puissance de la prise en compte du bien-être animal et où s’arrêtera-t-elle en matière d’équitation ?

Élevage, abattage, domesticité, véganisme, antispécisme, écologie, traditions, radicalisations… notre société s’interroge dans ce qui ressemble à un retour de balancier excessif par rapport à des pratiques relativement récentes, fruit de l’industrialisation et donc de la déshumanisation de l’agriculture. Vieille de deux millénaires et liée à la domestication et l’utilisation du cheval, l’équitation est aujourd’hui contrainte de passer sous les fourches caudines de nouveaux penseurs ou ayatollahs.

Dans le cas qui nous occupe, peu importe que la rédaction de Grand Prix n’ait pas prêté plus d’attention à la photo choisie pour illustrer sa couverture. Esthétiquement la photo est belle et joue son rôle, présenter une vérité crue, objective. Belle illustration s’il le fallait du slogan de Paris Match qui promet à ses lecteurs le poids des mots et le choc des photos même si en l’espèce, la photo contredit le texte censé présenter positivement le cavalier. Cette petite coquille ne doit pas susciter l’amalgame. L’attachement de la rédaction de Grand Prix au bien-être animal ne saurait être remis en cause, bien au contraire.

Mais le monde du haut niveau n’est pas celui des Bisounours. Sous les spotlights des 5* la vie n’est pas obligatoirement toute rose pour certaines montures placées sous la pression des enjeux sportifs et économiques. Reste à savoir où l’on place le niveau d’acceptabilité de cette « pression », la fin ne pouvant justifier l’utilisation de tous les moyens.

Vaste débat donc qu’il conviendrait de mener sans passion. Quand on voit cependant l’impossibilité de la FEI, non de le mener sereinement entre gens bien élevés, mais de déboucher sur des mesures concrètes qui ne soient remises en cause 6 mois plus tard, on peut être dubitatif. Il y a pourtant urgence à agir car, que l’on soit favorable ou opposé à l’évolution de notre société, une chose est sûre. C’est que si la grande famille du cheval n’arrive pas à laver son linge sale en famille et à arriver à un minimum de consensus, elle s’expose à des attaques de groupes radicaux, incontrôlables, qui saliront durablement son image.

Ben Maher fait fortune sur le Global Champions Tour

Ben Maher (GBR) thanks Explosion W for his performance

Merci cheval. Ben Maher et Explosion W. Crédit : Stefano Grasso/LGCT

Et de 4. Ben Maher a remporté samedi après-midi à Doha son 4ème Grand Prix sur le circuit du Global champions Tour. Une nouvelle victoire acquise avec son formidable Explosion W, un hongre KWPN par Chacco Blue et Baloubet du Rouet de seulement 9 ans. Peder Fredericson (Hansson WL) et Harrie Smolders (Don VHP Z) complètent le podium. Avec Doha se clôture l’édition 2018 du Global Champions Tour sur lequel le britannique de 35 ans aura gagné cette saison plus de 845 000 € !

Ben Maher, champion olympique par équipes aux Jeux olympiques à Londres en 2012, peut voir venir les fêtes de fin d’année avec sérénité. Son compte en banque a été largement renfloué par ses seuls succès sur le circuit de Jan Tops. Pour ce seul week-end le richissime hollandais et ses associés ont dû faire un chèque de 417 000€ au britannique : 123 000 € pour avoir avoir remporté l’étape de Doha complétés par 294 000 € au titre de 1erau classement général du circuit. Préalablement et sur les seuls Grand Prix du LGCT, Ben Maher avait déjà encaissé 428 000 € de gains : Rome (99 000 €), Madrid (100 000 €), Saint-Tropez (99 000 €), Shangai (122 000 €) et Chantilly (18 000 €).

Le classement du GP de Doha, ici.

Martin Fuchs met Lyon à l’heure Suisse

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Martin Fuchs et Clooney 51

Equita Lyon, rebaptisé cette année Equita Longines, a tenu une nouvelle fois toutes ses promesses en offrant à son public fidèle un Grand Prix Coupe du monde de haute tenue. Un très beau spectacle, haletant où la crème mondial du jumping s’est battue pour remporter un titre convoité. Venue en voisine, la Suisse a trusté le podium comme elle l’avait fait en septembre dernier aux Jeux Équestres Mondiaux de Tryon. Martin Fuchs (Clooney 51) ajoute son nom à la liste des vainqueurs de l’étape Coupe du monde de la capitale des Gaules. Steve Guerdat (Bianca) monte sur la troisième marche du podium. Lorenzo de Luca (Ensor de Litrange) se glisse entre les deux, offrant au passage un nouvel accessit aux écuries Stephex. Côté Français, Kevin Staut (For Joy) signe une nouvelle fois la meilleure performance (5ème).

Ses trois poils en menton destinés à le vieillir un peu ne trompent personne. Malgré un palmarès déjà fourni, Martin Fuchs a seulement 26 ans. Dans son cas on ne parlera donc pas d’une génération montante, elle est bien arrivée au sommet de la hiérarchie mondiale. Car il fallait une bonne dose de maturité et de maîtrise technique pour sortir premier d’un tel plateau de cavaliers. Mais voilà, le jeune helvète avait une autre corde à son arc, celle de la confiance en soi, déterminante dans le sport. Cet atout psychologique décisif qui a l’inverse du doute permet de se transcender et de prendre avec succès tous les risques qu’on appelle la spirale de la gagne.

« Clooney prend de l’âge, il a maintenant 12 ans et va de mieux en mieux, même s’il était difficile au début . Mais avec le temps, nous avons appris à travailler très bien ensemble, et maintenant nous pouvons tout faire ! » a commenté son cavalier.

Si les lauriers de la victoire sont revenus à Martin Fuchs, ce n’est vraiment que d’un cheveu. 53 centièmes le séparent de Lorenzo de Luca et 64 centièmes de Steve Guerdat. Autant dire que tout s’est joué dans un mouchoir de poche et que dans cette discipline, ce sont des cheveux d’ange qui séparent les présents sur le podium.

Si la Marseillaise n’a pas retenti pour cette édition 2018, on ne peut pas parler globalement de déception pour le camp français, hormis pour Simon Delestre et Hermès Ryan qui peinent à retrouver leur niveau d’antan. A l’inverse, Pénélope Leprevost qui s’avouait contrariée en sortie de tour pour sont point de dépassement de temps a des raisons d’être satisfaite. Vancouver de Lanlore est désormais pleinement opérationnel. Encore quelques petits réglages et le fils de Toulon entrera dans le temps imposé. Outre Kevin Staut, trois autres cavaliers tricolores étaient présents au barrage dont Guillaume Foutrier (Valdocco des Caps) et Nicolas Deseuzes (Carriage 5) pour qui c’était la première participation à une manche de coupe du monde. Ils terminent respectivement 7éme et 9éme. Malchance en revanche pour Olivier Robert auteur d’un superbe premier tour sur Tempo de Paban, contraint à l’abandon au barrage suite à une incompréhension sur un oxer au barrage.

Le classement complet, ici.

Daniel Deusser s’impose à Vérone

Longines FEI World Cup™ Jumping Verona

And the winner is … Daniel Deusser. Crédit photo : Massimo Argenziano/FEI

Les amoureux du jumping en ont eu pour leur argent. Si l’Allemagne s’est imposée dans le Grand Prix Coupe du monde grâce à Daniel Deusser (Calisto Blue), le public de la cité italienne a vibré pour les nombreux Azzurri engagés dans l’épreuve dont le meilleur représentant, Luca Marziani / Tokyo du Soleil, termine 5ème. A l’issue d’un barrage à 14 concurrents, Niels Bruynseels (Gancia de Muze) prend la deuxième place. Le Belge coiffe sur le poteau Martin Fuchs 3ème associé à Clooney 51 alors que Bertram Allen avec une Molly Mallone en pleine forme malgré ses 19 ans termine au pied du podium.

Longines FEI World Cup™ Jumping Verona

Luca Marziani témoin du réveil de l’équitation transalpine signe la meilleure performance italienne. Crédit photo : Massimo Argenziano/FEI

A l’image de nombreuses autres têtes d’affiches (Ehning, Guerdat, Eckermann, Smoders…) Kevin Staut (For Joy), auteur de deux fautes au barrage a vu s’échapper les places d’honneur. 12Ème au classement final, il peut néanmoins se consoler avec les 5 points tombés dans son escarcelle. Simon Delestre ne peut malheureusement en dire autant avec un Chesall Zimequest sur le frein, obligeant son cavalier à le stimuler d’un coup de cravache sur l’arrière-main sur tous les oxers. Mais quand le coeur n’y est pas, il n’y est pas. Le fils de Casall arrêté dans le milieu du triple a contraint son cavalier à l’abandon.

Sensible également, Calisto Blue l’est assurément. C’est ce qu’à indiqué a posteriori Daniel Deusser. Le cavalier des écuries Stephex qui monte ce hongre de 11 ans, préalablement sous la selle de Michael Whitaker, seulement depuis le mois de juillet semble toutefois avoir trouvé les boutons.

Le classement complet, ici.

Saxo de la Cour change de mains ….et de cavalier

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Saxo de la Cour sous la selle de Cédric Angot aura été l’un des piliers de l’équipe de France.

Coup de tonnerre dans le ciel équestre hexagonal. Cédric Angot a annoncé ce jour sur sa page Facebook la vente et le départ de ses écuries de Saxo de la Cour. Le sulfureux homme d’affaires et milliardaire ukrainien Alexander Onyshchenko est désormais l’heureux propriétaire de l’alezan qui est singulièrement monté en puissance ces derniers mois. Reste à savoir qui sera le cavalier qui succèdera à Cédric Angot. On pense naturellement à Pénélope Leprevost qui a entamé depuis sa rupture avec le Haras de Clarbec une collaboration avec Alexander Onyshchenko.

Saxo de la Cour né chez Jean-François Couetil était jusqu’alors la propriété non seulement de Cédric Angot mais également de Benjamin Meyer, de Sandrine Schuwer et du Haras de Reux. Le montant de la transaction n’a pas été révélé mais au regard des dernières prestations du fils de Tlaloc M, il est vraisemblable que la somme est conséquente. Saxo qui s’est particulièrement illustré cette année lors de la Coupe des nations de Calgary mais également dernièrement lors de la finale des Coupe des nations de Barcelone est assurément à 12 ans un cheval d’avenir. On pense naturellement aux Jeux Olympiques de Tokyo où il pourrait être une pièce maîtresse de l’équipe de France. A condition de rester sous une selle tricolore…

Le communiqué de Cédric Angot ne lève pas ces interrogations mais rend hommage à un partenaire de talent auquel on ne peut que souhaiter de continuer sa progression au plus haut niveau.

Le communiqué intégral de Cédric Angot: « C’est avec beaucoup d’émotions que je vous annonce le départ de Saxo de la Cour. Saxo était notre motivation quotidienne, et j’ai le sentiment que nous étions au bord de réaliser une grande performance. Évidemment, c’est toujours triste de vendre des chevaux qui sont dans une forme incroyable et qui marquent notre carrière. Cependant, mon métier de cavalier m’oblige à accepter certaines propositions financières qui me permettent de pérenniser mon système. Je tiens à remercier mon équipe qui m’a été d’une aide inestimable pour garder ce crack cheval en pleine santé physique et mentale ! Je souhaite bonne route à son nouveau propriétaire : Alexander Onyshchenko ».

Romain Duguet fait cavalier seul

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Romain Duguet

A désormais 38 ans, Romain Duguet (158ème mondial) ouvre un nouveau chapitre de sa vie personnelle et professionnelle. Ce Rémois de naissance opte pour la nationalité Helvétique à la fin de 2012, six ans après son installation dans le canton de Berne au sein des écuries de Gümligen, propriété de son épouse Christiana. Il intègre par la suite l’équipe nationale Suisse et se construit un vrai palmarès au niveau international aux rênes notamment de Quorida de Treho, Twentytwo des Biches et Sherazade du Gevaudan.

Une séparation plus tard, beaucoup de choses sont à reconstruire. Avec en premier acte un départ des écuries de Gümligen et en conséquence, de nouvelles installations à trouver. C’est chose faite. Le plus français des cavaliers suisses a rendu l’information publique via un communiqué. Son nouveau point de chute sera à partir du 1er novembre Lossy dans le canton de Fribourg.

Accompagné de cinq chevaux, il occupera dans un premier temps des boxes situés dans des écuries appartenant à Romain Barras avant que la construction de sa propre structure soit terminée dans ce même domaine. Ses nouvelles écuries bénéficieront de 12 boxes. Une partie sera occupée par des chevaux montés par Romain Duguet, l’autre par des élèves ou clients. Les boxes seront situés à côté des infrastructures du célèbre marchand suisse Gian-Battista Lutta.

Ce changement important dans la vie d’un cavalier n’altère pas les ambitions de Romain Duguet : « Mon objectif est toujours le même : me maintenir au plus haut niveau, m’y illustrer et être au service de l’équipe de Suisse, notamment en vue des JO de Tokyo 2020 pour lesquels la Suisse s’est qualifiée aux Jeux Équestres Mondiaux de Tryon en septembre. J’ai la chance d’avoir des chevaux de grande qualité comme Calder ou Tanaelle du Moulin pour ne citer qu’eux. Ils ont effectué une bonne saison 2018, mais devaient prendre du métier. Je place beaucoup d’espoir en eux pour 2019 et les années suivantes » tient à préciser le vainqueur des Grands Prix 5* de Paris, Helsinki et Saint-Gall.

Félicie Bertrand, l’atout cœur de Geneviève Mégret

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Félicie Bertrand et Geneviève Mégret

Toujours avoir un plan B. C’est vrai pour les cavaliers et les propriétaires, notamment à haut niveau, où les enjeux financiers sont importants et les tensions vite arrivées. Sport où la passion domine, le jumping, même exercé par des professionnels, n’est pas exempt de comportements irrationnels source de multiples rebondissements. En février dernier l’annonce de la fin d’une collaboration de 7 ans entre Pénélope Leprevost et le Haras de Clarbec résonnait comme un coup de tonnerre dans le ciel hexagonal. Les conséquences pour les deux protagonistes ne sont pas les mêmes. Pénélope Leprevost peine depuis à renouer avec le plus haut niveau alors que la famille Mégret semble avoir trouvé en Félicie Bertrand une remplaçante discrète. Un plan B comme Bertrand.

Avoir des relations apaisées marquées par la confiance et la rationalité entre cavalier et propriétaire, c’est compliqué même à haut niveau. D’autant plus si les propriétaires ne se conduisent pas en simple investisseur mais en véritable gestionnaire de la carrière sportive de leur crack. Alors si en plus les protagonistes ont respectivement du tempérament, ça devient vite compliqué.

Avec Félicie Bertrand, les choses semblent simples en raison d’une personnalité que l’on perçoit, peut-être à tort, comme effacée. Cette normande de 36 ans a crevé l’écran cette année grâce à Sultane des Ibis qui lui a offert fin juin une médaille d’or en individuel et une en argent par équipe lors des Jeux Méditerranéens de Tarragone. Voilà de quoi être reconnaissant à l’égard de la famille Mégret, propriétaire de la jument. Une famille qu’elle connaît bien pour avoir entamé avec elle des relations il y a déjà 10 ans comme cavalière jeunes chevaux. Elle fait le job pendant quatre ans et demi puis, logiquement, s’émancipe en s’installant à son compte. Mais les ponts ne sont pas rompus. Quatre petits kilomètres seulement séparent les deux structures. Félicie Bertrand se voit confier régulièrement des chevaux. Puis arrive Sultane des Ibis. L’osmose est quasi immédiate. Les bons résultats aussi. Les médailles aux JEM marquent un tournant. Elles ouvrent surtout les portes vers les 5* qui restent l’objectif premier même si Félicie Bertrand confie que jusqu’à il y a peu, elle n’avait jamais eu de grandes ambitions de haut niveau. Oui mais voilà, l’appétit vient en mangeant et l’ambiance du haut niveau a un goût de drogue douce d’autant que d’autres chevaux estampillés Mégret, comme Creta LS*La Silla, Vahiné de Favi et Chacco Rouge, lui constituent un piquet performant.

Même si la marche pour le 5* est élevée, l’arrivée de Flora de Mariposa sous sa selle constitue un sacré atout. Car au-delà d’avoir été la jument de tête de Pénélope Leprevost, la fille de For Pleasure, considérée comme l’une des meilleures au monde, est aujourd’hui à 13 ans une jument expérimentée.

A l’issue d’une longue convalescence Flora signe fin septembre son grand retour à la compétition, à l’occasion du CSI * de Canteleu. Or monter une telle jument, c’est un peu avoir le saint Graal entre les mains. C’est surtout le signe d’une relation de très grande confiance avec la famille Mégret. Or celle entamée avec Félicie Bertrand s’inscrit dans la continuité et la progressivité. C’est d’autant plus à noter que parallèlement le lien avec Nicolas Delmotte qui s’était vu confier des cracks du Haras de Clarbec (Urano de Cartigny, Vagabond de la Pomme, Corrado du Moulin…) s’est distendu. Il est mis fin à la collaboration début octobre en raison d’un éloignement jugé finalement trop important (3 heures de route).

Coupe du monde : ça commence fort pour Kevin Staut

Longines FEI World Cup - Western European League OSLO 2018

Longines FEI World Cup™ Jumping Oslo Kevin Staut FRA riding Silver Deux de Virton H D C 14/10/18 Photo FEI/ Satu Pirinen

C’est reparti pour une nouvelle saison Coupe du Monde. Et comme tous les ans pour la ligue d’Europe de l’Ouest, les hostilités commencent à ce qui ressemble un peu pour nous au bout du Monde : Oslo alors que le séjour en terres septentrionales se prolongera la semaine prochaine avec l’étape d’Helsinki. Des trois Français engagés dans le Grand Prix, Kevin Staut est le seul à tirer son épingle du jeu. Il prend une superbe deuxième place derrière le régional de l’étape, le Suédois Douglas Lindelöw (Zacramento). Moins de réussite en revanche pour Aldrick Cheronnet (Tanael des Bonnes) privé de barrage pour un point de temps dépassé. Autre Aquitain en lice, Olivier Robert sort avec 8 point largement imputables à l’inexpérience à ce niveau de Vangog du Mas Garnier, un étalon de 9 ans fils de Cornet Obolensky.

Longines FEI World Cup - Western European League OSLO 2018

Le goût de la victoire pour Douglas Lindelöw. Photo FEI/ Satu Pirinen

Avec douze qualifiés pour le barrage, tout restait presque à faire. Mais comme à son habitude, la main de Kevin Staut n’a pas tremblée. Auteur d’un premier tour aux allures de tour d’école, le cavalier du Haras des Coudrettes a récidivé sans prendre toutefois tous les risques. Cette prudence mesurée lui coûte certes la première place mais l’inoxydable chef de file du jumping tricolore peut néanmoins se consoler de ne pas avoir mis Silver Deux de Virton HDC dans le rouge. Qui veut aller loin ménage sa monture rappelle à cet égard un vieil adage.

Le classement complet ici.

Guillaume Canet, le cinéma, les chevaux et Jean Rochefort

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Guillaume Canet, acteur et compétiteur.

Il est le chouchou de ses dames. Sa seule présence dans un concours hippique, comme cavalier ou simple spectateur passe rarement inaperçue. L’homme, malgré sa célébrité et pourtant du genre discret et accessible. Pour une vedette de cinéma, c’est plutôt rare. Mais Guillaume Canet a eu en la personne de Jean Rochefort un mentor de grande classe. Deux hommes du 7èmeart mais aussi deux vrais hommes de chevaux.

Avec le tournage de « Jappeloup » en 2012, Guillaume Canet renoue, sur le tard (39 ans), avec sa passion première, le saut d’obstacles qu’il pratique désormais à un niveau professionnel. Tout cela, dans le milieu équestre, beaucoup le savent.

Les autres vont pouvoir le découvrir à l’occasion d’un entretien donné par l’acteur au quotidien « Le Monde », à l’occasion de la sortie le 24 octobre du film de Gilles Lelouche « Le Grand Bain ». La journaliste Pascale Krémer revient en détail sur le parcours de Guillaume Canet, le cheval, le cinéma et Jean Rochefort. A découvrir ou redécouvrir.

Guillaume Canet : « Sans Jean Rochefort, je n’aurais pas eu autant de chance » – Le Monde -14/10/2018.

Barcelone : la Belgique s’impose, la France deuxième

Longines FEI Jumping Nations Cup Final equestrain event in Barcelona

Les diables rouges, heureux vainqueurs de l’édition 2018. De gauche à droite :

Quel suspense. A l’issue d’une finale folle, la Belgique a remporté dimanche 7 octobre la finale mondiale des Coupe des nations 2018. Qualifiée in extremis le vendredi, la France monte sur la deuxième marche du podium. L’Irlande complète le podium.

Certes les Jeux Équestres Mondiaux ont considérablement rebattu la composition des équipes présentes à Barcelone mais au final, c’est le concept même de cette finale des Coupes des nations qui ressort comme le grand vainqueur de ce week-end. Une organisation parfaite, un chef de piste intelligent dans ses constructions et respectueux des chevaux sans oublier des cavaliers motivés, l’édition 2018 restera comme un grand cru d’une compétition considérée à tort comme moribonde il y a encore peu. Reste pour la France un sérieux caillou dans la chaussure à savoir une couverture médiatique défaillante. A cet égard le deuil d’Equidia est lourd à porter malgré les efforts de Kamel Boudra de faire subsister l’esprit et la communauté de la chaîne sur la confidentielle RMC Sport3. Une nouvelle fois la FFE démontre son incapacité à porter les équipes de France auprès du grand public. Or, comme dans tout sport, l’absence de communication sur le haut-niveau et son cortège, l’incapacité pour les plus jeunes à se projeter sur des visages d’athlètes vus à la tv, a on le sait des conséquences lourdes à court terme sur le maintien des effectifs de licenciés.

Mais revenons-en au sport. Huit équipes s’alignaient dimanche et si trois d’entre elles paraissaient en position de force (Pays-Bas, Belgique et Irlande), l’Italie et l’Autriche, belles surprises du vendredi, endossaient les habits d’outsider. Quant à la France, son habitude des résultats en yoyo et sa qualification sur le fil du vendredi laissaient interrogatifs plus d’un observateur avisé.

Parti en ouvreur de la compétition, Kevin Staut confirme vite ce sentiment. Le cavalier du Haras des Coudrettes signe un superbe tour sur For Joy Van’t Zorgvliet HDC… mais pénalisé de 4 points sur la rivière. On pense la messe presque dite mais les autres compétiteurs de cette première rotation, avec peu de sans faute et parfois des scores lourds, permettent de garder espoir. Même punition pour Cédric Angot sur Saxo de la Cour auteurs d’une superbe prestation entachée d’une barre en fin de tour. La France est toujours dans le coup. Arrive la troisième rotation. Mathieu Billot et Quel Filou 13 s’élancent. Le cheval porte bien son nom. Avec 17 points au compteur, les Tricolores viennent de griller leur joker. Quatrième et dernière rotation. Olivier Robert remplace au pied levé Pénélope Leprevost dont la monture, Vancouver de Lanlore, a péché par son manque d’expérience à ce niveau vendredi. Olivier et Eros ont signé de belles performances en Coupe des nations cette année mais cette fois un poids énorme se retrouve sur les épaules du Bordelais. La pression est trop forte sur la fin de tour. Le couple concède deux fautes. La balle est désormais dans le camp des adversaires.

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Kevin Staut et For Joy lors de la qualificative du vendredi. Photo FEI/Jim Hollander

La Belgique se détache avec au total 12 points de pénalité. Derrière, 4 équipes sont à égalité à 16 points : la France, l’Irlande , l’Italie et les Pays-Bas. Il faut donc sortir la calculette pour additionner les temps. Comme vendredi, la France tire son épingle du jeu. Elle est deuxième et la magnifique équipe italienne reléguée à la 4ème place. Les Tricolores peuvent être satisfaits. Ils repartent de Barcelone avec le sentiment du devoir accompli et 251 000 € à se répartir. Un bel encouragement pour ces cavaliers amoureux de leur drapeau qui ont fait le choix de privilégier ce beau circuit, cette vieille mais distinguée dame qu’est la Coupe des Nations.

Dernier tour de piste pour Rothchild

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Rothchild sous la selle de McLain Ward lors des JEM de Caen.

17 ans et puis s’en va. Sauf que chez les chevaux de légende, on ne quitte pas la compétition sur la pointe des sabots mais, par la grande porte, après un hommage qui vient saluer leur talent. En France, le Haras des Coudrettes notamment nous a habitué à ces moments forts en émotions. Il en est naturellement de même de l’autre côté de l’Atlantique. Le 30 septembre dernier, à l’occasion de l’American gold cup, une cérémonie est venue saluer les adieux à la compétition de Rotchild, partenaire « historique » de McLain Ward.

McLain Ward, on ne le présente plus. Trois médailles olympiques au compteur et une qualité d’équitation qui en fait l’un des grands maîtres de la discipline à seulement 42 ans. Sa longévité au plus haut niveau est liée à son talent pur mais également à cette capacité à trouver régulièrement des cracks chevaux : Sapphire, Rothchild et plus récemment HH Azur et Clinta.

Rothchild, propriété de Sagamore Farms, sous la selle de McLain depuis 2007, peut s’enorgueillir d’un très beau palmarès avec notamment une médaille de bronze par équipes et une 5ème place en individuel lors des Jeux Équestres Mondiaux de Caen en 2014, une médaille de bronze, toujours par équipes, aux Jeux Panaméricains de Toronto en 2015.

Rothchild, petit cheval Belge de 1,60m (Artox x Elegant de l’île), surnommé Bongo est un cheval de caractère à l’image de ses petites oreilles souvent pointées vers l’arrière sur les sauts. « Je crois que Rothchild m’a beaucoup appris. Il m’a appris à découvrir un cheval en profondeur. Il m’a appris à croire dans un cheval et à voir ce qu’il cache de meilleur. J’aime beaucoup ce cheval, au-delà de ce qu’il donne en piste. S’il était un humain, je crois que j’irais boire une bière avec lui » résume son cavalier.

« Il arrive à une nouvelle étape de sa vie dans une forme resplendissante, je trouve cela super », s’est réjoui McLain Ward qui a précisé que son partenaire allait désormais couler des jours heureux dans les nouvelles installations pour chevaux retraités de Beezie et John Madden.

Tryon : avec Simone Blum, les jeunes prennent le pouvoir

FEI World Equestrian Gamesª Tryon USA

Simone Blum et DSP Alice. Photo FEI/Martin Dokoupil

Quel contraste entre les Jeux de Caen et ceux de Tryon. En Normandie il y a quatre ans, l’expérience était célébrée à l’issue d’une finale tournante mettant en lice quatre formidables cavaliers, matures, hommes de chevaux reconnus. En 2018, aux États-Unis, c’est une jeune femme de 29 ans qui est sacrée, Simone Blum, avec comme dauphin Martin Fuchs, 26 ans seulement. De dix ans son aîné, Steve Guerdat est le seul « vieux renard » à monter sur le podium.

Place aux jeunes donc puisque sur les 25 finalistes 6 avaient moins de 30 ans. Une surprise oui assurément alors que les McLain Ward, Harrie Smolders, Peder Fredricson et consorts se sont cassés les dents dans la course au titre. En filigrane se dessine une vraie question. Le saut d’obstacles est-il encore une discipline où l’expérience constitue un facteur déterminant ? Sans doute moins. Ce qui frappe à l’issue de cette compétition, c’est l’incroyable homogénéité qui prévaut tant au niveau technique des cavaliers que de la qualité des chevaux. C’est une bonne nouvelle en soi qui confirme que si on laisse jouer la concurrence, les favoris n’existent plus. Reste à confirmer la durabilité de ces jeunes pousses au plus haut niveau et donc leur capacité à mettre en place un système leur permettant d’assurer sans rupture la relève des chevaux qui les ont fait exploser sur le devant de la scène.

S’il n’en reste qu’un, ce sera Deroubaix

American dream : McLain Ward, Adrienne Sternlicht, Laura Kraut, and Devin Ryan in their
presentation ceremony. ©Sportfot

L’équipe de France de saut d’obstacles a pris l’eau à Tryon. Elle termine 9èmede la compétition et ne décroche donc pas dans l’immédiat sa qualification pour les JO de Tokyo. Pas la peine d’épiloguer là-dessus ni de sortir les dagues. Les cœurs sont lourds et les mines basses. Mais, c’est ainsi. Les grandes nations équestres, club auquel appartient assurément la France, ont leur haut et leur bas. Rien de cyclothymique en cela. Chevaux et cavaliers sont des êtres vivants avec leurs fragilités. Si on y ajoute les contraintes économiques à savoir les circuits parallèles et la loi d’airain du mercato qui conduit à vendre les meilleurs montures, l’inconstance des résultats est un fait logique. Et puis, il faut bien en laisser un peu pour les autres et donc laisser la roue de la chance tourner. A cet égard, on ne peut pas dire que la France ait été mal servie aux Jeux Olympiques de Rio.

La déception pour Tryon est donc légitime même si elle était un peu prévisible. La sélection arrêtée par Philippe Guerdat était osée mais surtout imposée par le peu de cartes en sa possession. Avec un seul couple vraiment expérimenté mais en fin de carrière complété par trois autres qui découvraient (à l’exception de Nicolas Delmotte) le grand bain, ça passait ou, ça cassait. La deuxième hypothèse a prévalu face à des adversaires très bien préparés et équipés. Autre facteur handicapant dont il faut bien parler, c’est qu’une grande équipe ce n’est pas seulement un agrégat d’athlètes brillants, c’est aussi un petit supplément d’âme. Or, dans le camp tricolore, faute de temps sans doute, on n’a pas senti d’esprit de groupe et de conquête. Une équipe, ce n’est Philippe Guerdat qui le démentira, c’est toujours une complexe alchimie.

Reste le cas Timon d’Aure et Alexis Deroubaix. Ce sera sans doute la seule bonne surprise de ces Jeux. 13èmeau provisoire avant la grande finale de dimanche, Alexis Deroubaix, propulsé au plus haut niveau a soudain beaucoup de poids sur les épaules. Mais comme l’avais dit très intelligemment Emmanuelle Perron-Pette à propos de Rêveur de Hurtebise, à partir de maintenant, ce ne peut être que du bonus. Cette finale sera donc à regarder avec intérêt parce qu’elle promet du beau sport et que, qui qu’il advienne les couleurs françaises, dans cette dernière ligne droite, seront assurément bien portées par celui qui sera la révélation tricolore 2018.

Le classement individuel, c’est ici.

Le classement par équipe, c’est .

Rêveur de Hurtebise, 4 ans après

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Rêveur de Hurtebise HDC et Kevin Staut, il y a 4 ans lors des JEM de Caen

Le Français a la réputation d’être râleur. Nous n’allons pas déroger à la règle en avouant que Tryon rime avec frustration. Les horaires et les canaux de diffusion des Jeux Équestres Mondiaux qui se disputent en Caroline du Nord ne permettent pas de suivre comme on le souhaiterait les épreuves. Quant aux rediffusions ou différés, on ne peut que regretter leur absence. Les Jeux de Caen avaient mis la barre haute. Quatre ans plus tard, le décalage horaire et la disparition d’Equidia ne permettent pas d’atteindre ce niveau. Heureusement, les bons débuts des Français dans le championnat sont comme un rayon de soleil. Tout comme la présence de Rêveur de Hurtebise HDC sous la selle de Kevin Staut. Impensable il y a quelques mois, cette participation s’est pourtant imposée au fil du temps comme une évidence.

Rêveur, tel le Phénix. Avouons-le, c’est le genre d’histoire dont on raffole même si la fin n’est pas encore connue. C’est le site de L’Éperon qui la raconte à travers un entretien avec Emmanuelle Perron-Pette, propriétaire du Haras des Coudrettes et de Rêveur. Donné à 17 ans comme un cheval au bout du rouleau, lessivé et bon pour la retraite à l’issue des finales Coupe du monde de Paris-Bercy, Rêveur a signé par la suite un incroyable retour de forme et engrangé les classements en 5*. Puis vient le CSIO d’Aix-la-Chapelle où Rêveur fait une démonstration dans la Coupe des nations. C’est le déclic. La décision semble naturelle pour le cavalier, les propriétaires et le sélectionneur national. Rêveur est non seulement apte pour Tryon mais le couple particulièrement expérimenté qu’il constitue avec Kevin Staut constituera une pièce maîtresse du dispositif tricolore.

La suite immédiate, c’est l’épreuve de chasse qui vient de se dérouler ce mercredi. Le couple est pénalisé de 4 points sur le dernier obstacle mais signe le meilleur chronomètre. Kevin Staut affirme que la faute lui est imputable et se félicite de la qualité de saut de sa monture. Rien n’est perdu, le championnat sera long. « Quelle que soit sa performance ici, on le respectera et on l’écoutera » a prévenu Emmanuelle Perron-Pette avant d’ajouter « j’espère vraiment qu’il va bien faire pour la France certes, mais surtout pour lui. » Sa résilience est pourtant déjà une victoire, tout autant que la foi de son cavalier et de ses propriétaires en lui. Bon vent Rêveur de Hurtebise !

Ben Maher, le grand absent de la sélection Britannique

Lap of honour for Ben Maher, winner of the LGCT Grand Prix of Rome

Ben Maher. Crédit Stefano Grasso / LGCT

Cherchez l’erreur. Ben Maher a remporté ce samedi à Rome son troisième Grand Prix sur le Global Champions Tour. Avec cette victoire il fait coup double puisqu’il engrange suffisamment de points  pour remporter l’édition 2018 de ce circuit privé très richement doté, avant même la finale qui se déroulera à Doha. Pour autant, malgré un retour fracassant cette saison sur le devant de la scène, le champion olympique par équipe de Londres en 2012 ne figure pas parmi les cavaliers Britanniques qui défendront les couleurs de l’Union Jack à Tryon à l’occasion des Jeux Équestres Mondiaux. Incompréhensible.

La marche victorieuse sur Rome de Ben Maher a été signée une nouvelle fois avec Explosion W, un KWPN de neuf ans, fils de Chacco Blue. « « Ce fut une saison incroyable, j’ai du mal à y croire ! C’est bon d’être de retour parmi les meilleurs. Explosion est un cheval d’une incroyable rapidité, je n’avais jamais monté un cheval aussi rapide. Il est phénoménal pour son âge » confiait le pilote britannique ce week-end à Rome.

Reste donc la question qui fâche. Quelles sont les raisons pour lesquelles Ben Maher qui dispose d’un cheval performant et surtout très régulier ne figure pas sur la liste du sélectionneur national Britannique pour les Jeux de Tryon ? La réponse est loin d’être claire. Un silence gêné fait office de réponse. Pas de déclarations de Di Lampard dans un sens ou dans un autre. La Chef d’équipe de sa gracieuse majesté aurait sans doute bien voulu s’appuyer sur un cavalier expérimenté mais le site World of Showjumping, généralement bien informé, laisse entendre que les propriétaires de Explosion W, la famille Moffitt (Poden Farms), auraient pu préférer les importants gains potentiels du LGCT à une participation pour le drapeau à Tryon.

Si tel était le cas, force serait de constater qu’une rupture se confirmerait à haut niveau entre les cavaliers qui courent les Coupes des Nations et rêvent de participer aux échéances majeures de la FEI et les autres, mercenaires des temps modernes, qui privilégient (sous réserve d’être compétitifs) des rentrées financières importantes et immédiates. Logique économique d’un côté, aspect patriotique de l’autre si l’on caricature un peu les choses. Le site World of Showjumping s’interroge ainsi sur le nombre important de ces compétiteurs de premier plan qui cette année font l’impasse sur les Jeux Mondiaux au profit du Global Champions Tour ou encore de CSI 5* de Calgary là aussi très richement doté grâce à la maison Rolex.

La question est complexe et il ne s’agit de clouer personne au pilori. On regrettera seulement que ce débat n’existe pas sur la place publique et que personne n’assume ses choix. La faute aussi aux fédérations nationales qui pourraient très bien décider que les cavaliers ou propriétaires qui refusent les sélections nationales renoncent de fait à toute sélection pour les Jeux Olympiques. C’est la vieille histoire finalement du beurre et de l’argent du beurre.

 

Sortie par la petite porte pour Qadillac du Heup

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Qadillac du Heup / Bernard Briand Chevalier

Disons-le franchement, l’histoire ne se termine pas aussi bien que nous l’aurions espéré. Quadillac du Heup raccroche les sabots à seulement 14 ans. Un peu jeune pour un cheval de compétition qui commençait à percer au plus haut niveau et dont on attendait de voir tout le potentiel. L’aventure reste belle mais elle laisse un goût d’inachevé à commencer pour son cavalier, Bernard Briand Chevalier.

Comme souvent, on peut voir le verre à moitié plein ou, à moitié vide. Certes, la jument Selle Français née chez Hubert Groualle aura connu une très belle trajectoire avec notamment de belles prestations en Coupe des Nations, signée, c’est suffisamment rare pour être souligné, avec un seul et unique cavalier, le Breton Bernard Briand Chevalier. Mais, le sens de l’histoire est souvent tragique. L’ascension de Qadillac s’est arrêtée le dimanche 23 juillet 2017. Le couple participe pour la première fois au mythique concours d’Aix-la-Chapelle. Parti en numéro 1 dans le Grand Prix, il fait un mauvais saut sur la rivière. La jument se réceptionne mal. Elle chute avec son cavalier et quitte la piste en mains. On ne la reverra plus à ce niveau. La fille d’Hélios de la Cour revient sur les terrains de concours deux mois plus tard mais, en CSI 3*. La délicate mécanique s’est déréglée. Quelque chose d’insaisissable s’est brisé. La suite logique, c’est la décision en ce début de mois de mettre un terme à la carrière sportive de Qadillac et de lui faire entamer sa deuxième vie, celle de reproductrice.

Valence : bis repetita pour Kent Farrington dans le GP 5*

Kent Farrington et Gazelle (archives)

Pour la deuxième année consécutive, Kent Farrington s’est imposé dans le Grand Prix du CSI 5* de Valence associé à sa bonne Gazelle. Un vrai tour de force pour l’Américain qui a dominé de la tête et des épaules une épreuve délicate qui a déboussolé plus d’un cavalier expérimenté.

Posé au milieu des champs, au coeur de la Drôme à une trentaine de kilomètres au nord de Valence, les superbes installations du Haras des Grillons accueillaient ce dimanche le point d’orgue de deux semaines de concours. La dotation de 300 000 € du Grand Prix et la proximité des Jeux Mondiaux de Tryon en faisait un rendez-vous à ne pas manquer. De nombreux participants ne devraient pas l’oublier.

Avec Uliano Vezzani en architecte la plupart des participants s’attendait à une épreuve classique. A tort. Le chef de piste Italien s’est peut être enflammé à la lecture des noms des engagés sortant de son chapeau un tour compliqué, fort et particulièrement long. Treize couples pourtant ont trouvé les clés pour boucler leur tour sans pénalité dont deux Tricolores : Philippe Rozier (Cristallo A) et Simon Delestre (Cheesal Zimequest). A l’issue d’un barrage atypique où deux cavaliers ont préféré assuré le sans faute quitte à prendre du dépassement de temps, seul Simon Delestre décroche un classement (6ème). Philippe Rozier (8 points), termine à la plus mauvaise place : 13éme, premier des non classés.

Côté français toujours, outre le retour de Pénélope Leprevost en 5* avec Vancouver de Lanlore, on retiendra surtout la prestation prometteuse de Marc Dilasser sur un surprenant Utah van de Rock.

Le classement complet, ici.

Cian O’Connor, candidat aux instances de la FEI

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Le pas décidé de Cian O’Connor.

Cavalier émérite, marchand de chevaux, Cian O’Connor est un homme polyvalent et entreprenant. L’Irlandais aimerait ajouter une corde à son arc en prenant la suite de Rodrigo Pessoa comme représentant les cavaliers de saut d’obstacles au sein de la FEI. Pas sûr pourtant que son nom arrive en tête du scrutin.

La Fédération Equestre Internationale va procéder en fin d’année au renouvellement de ses instances pour la période 2018-2022. Celles-ci réservent une place aux athlètes, une par discipline. Dans le cas du jumping, un athlète désigné par ses pairs représentera les cavaliers au sein du comité de saut d’obstacles, un groupe technique qui s’occupe de tous les aspects de la discipline, notamment les évolutions du règlement.

Quatre candidatures ont été déposées. Sanjay Bagai, un Indien de 52 ans, Nicolas Piazzaro-Suarez un Mexicain de 40 ans, Cian O’Connor (39 ans) et Lisen Bratt-Fredricson, une Suédoise de 42 ans.  Cette dernière est assurément la grande rivale de l’Irlandais. Cavalière reconnue elle est aussi l’épouse de Peder Fredricson mais surtout elle est la candidate qui a été désignée par l’IJRC (International Jumping Rider Club) alors que Cian O’Connor est officiellement celui présenté par la fédération équestre irlandaise. O’Connor est toutefois le seul à avoir esquissé les grandes lignes d’un programme reposant sur la promotion du bien être des chevaux et des cavaliers mais intégrant aussi un volet business assumé par le développement du marketing et de la communication.

Suspense, suspense d’autant que le vote qui se déroule par voie électronique jusqu’au 23 septembre n’est ouvert qu’à une base électorale réduite. Il faut en effet avoir participé à l’une des des 2 dernières olympiades ou l’un des 2 derniers championnats du monde pour pouvoir exprimer son choix. Résultat le 24 septembre.

 

Doublé américain dans le Grand Prix du CSI 4* de Valence

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Spencer Smith sur Théodore Manciais.

Et bien non. La bible n’a pas toujours raison. Les derniers ne sont pas toujours les premiers. Parti en ouvreur dans le Grand Prix du CSI 4* de Valence (qui sera suivi du 5* le week-end prochain), l’Américain Spencer Smith, en signant le seul sans faute de l’épreuve, aura fait cavalier seul en tête de l’épreuve tout au long de celle-ci. Un petit point de pénalité pour temps dépassé prive le public et sa jeune compatriote, Katie Dinan (Dougie Douglas), de barrage. Même punition pour Aldrick Cheronnet (Atlantys by Wisbecq) qui malgré ses deux points de temps dépassé signe la meilleure performance française. « En voyant que le parcours donnait lieu à beaucoup de fautes, j’ai choisi de ne pas me soucier du temps et de soigner les courbes et les abords de mon parcours pour assurer le sans faute, quitte à prendre des pénalités de temps » confiait à l’issue le cavalier Aquitain. Une stratégie payante puisqu’elle lui permet de monter sur la 3ème marche du podium.

C’est un scénario totalement imprévu qui s’est déroulé dans les superbes installations des Haras des Grillons près de Valence dans la Drôme. Lors de la reconnaissance, Olivier Robert et Uliano Vezzani, le chef de piste, était d’accord sur un point. Au regard du plateau, 40 partants dont de belles têtes d’affiche Lamaze, Brash, Delestre …, entre 8 et 10 barragistes étaient attendus. Le sans faute aisé de Spencer Smith laissait même croire que leur estimation était sévère. Au contraire, ils étaient optimistes. Olivier Robert avait pourtant prévenu en évoquant un parcours fin et délicat comme sait si bien les dessiner le maestro italien.

A 21 ans Spencer Smith signe donc une performance sur son selle français, Théodore Manciais, un hongre selle français de onze ans. L’élève a battu le maître puisque son coach, Eric Lamaze, pointe seulement à la 15ème place du classement final en raison d’un 4 points sur le premier tour avec Quality FZ. Idem pour le Suisse Beat Mändli. L’entraîneur de Katie Dinan se classe 17ème sur Dibatsja.

Le classement complet, ici.

Tryon : un vent frais souffle sur la sélection Tricolore

France

Et bien non. Loin d’être le casse-tête imaginé il y a quelques semaines encore, l’établissement de la liste des cavaliers qui représenteront la France aux Jeux Equestres Mondiaux de Tryon est apparu après Dublin comme une évidence. Nicolas Delmotte (Ilex VP), Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), Kevin Staut (Rêveur de Hurtebise HDC), Alexandra Francart (Volnay du Boisdeville) et Thierry Rozier (Vénézia d’Ecaussines) sont les heureux titulaires.

Logique. Fort logique. Nicolas Delmotte et Alexis Deroubaix respectivement second dernièrement des Grand Prix de Dinard et de Dublin ont confirmé leurs bonnes performances de la saison et surtout la trajectoire ascendante qui est la leur avec, on l’espère, un pic de forme, en septembre à Tryon. Idem pour Alexandra Francart, véritable révélation de l’année en Coupe des Nations qui, outre la superbe esthétique de son équitation, forme un couple particulièrement fiable avec Volnay du Boisdeville malgré ses 9 ans.

Quant à Kevin Staut, pourrait-on imaginer une sélection sans ce coéquipier d’expérience, âme de l’équipe de France, capable de se transcender dans les grandes occasions ? Certes, il lui manque une monture qui sort du lot mais c’est un problème de riche au regard du piquet que lui met à sa disposition le Haras des Coudrettes. Le choix de Rêveur de Hurtebise est pourtant osé pour un cheval dont on a annoncé la retraite progressive… et qui paradoxalement depuis semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse !

Reste le 5èmehomme, le joker. Après Rio, c’est une nouvelle fois du côté de la famille Rozier que Philippe Guerdat est allé chercher la ressource. Ce ne sera pas Philippe mais donc son frère, Thierry. Une drôle d’histoire que cet homme-là. Compétiteur de haut niveau « sur le retour » grâce à Vénézia d’Ecaussines, il vit sa saison en pur hédoniste et pourrait avoir comme devise la célèbre formule latine « Carpe Diem ». A charge pour lui de faire partager sa bonne humeur et sa motivation à ses camarades.

Sur le papier, cette équipe est belle et solide. Reste à savoir si ce groupe va avoir du plaisir à être ensemble et si, il sera bien servi par les circonstances et la mystérieuse incertitude du sport. Bon vent à eux même si on n’oublie pas pour autant ceux qui restent à quai et qui n’ont pas démérité. Patience. Leur tour (re)viendra.

Alexis Deroubaix crée la surprise à Dublin

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Alexis Deroubaix et Timon d’Aure (archives)

Après la révolution sud-américaine de vendredi où le Mexique, contre toute attente, a remporté la Coupe des nations, l’autre (bonne) surprise du week-end est venue d’Alexis Deroubaix. Le Tricolore associé à Timon d’Aure s’est hissé sur la deuxième marche du podium du Grand Prix dominical, juste derrière le jeune Néerlandais Kevin Jochems (Captain Cooper) et devant l’expérimenté Lorenzo de Luca (Irenice Horta). Pénalisé de 4 points au barrage sur son fidèle Rêveur de Hurtebise, Kevin Staut prend la sixième place.

Plus qu’un simple CSIO, le Dublin Horse Show, c’est une institution. Une vieille dame de 144 ans qui ne s’en laisse pas compter et qui mélange allégrement modernité et bonnes manières. Comme le respect des règles sportives internationales qui font de l’anglais et du français les deux langues officielles des compétitions équestres. Entendre des annonces dans la langue de Molière en zone d’influence britannique est suffisamment rare pour être souligné.

L’anecdote aura sans doute échappé à Alexis Deroubaix trop concentré à bien faire. Le cavalier du Haras du Plessis chez André et Annick Chenu, a définitivement gagné ses galons en 5*. Impeccable en Coupe des Nations, le Nordiste de 31 ans continue son ascension. Courant juin on parlait de son « incroyable performance » dans le Grand Prix du CHIO de Rotterdam (6ème) alors là, avec une deuxième place à Dublin, c’est un peu l’histoire de la petite bête qui monte, qui monte.

Dans le vivier contrasté des cavaliers français, c’est une bonne nouvelle. Le sang neuf, enfin, fait parler de lui. Cela n’enlève rien au talent et au mérite des anciens à commencer par Kevin Staut dont la longévité au plus haut niveau est juste remarquable. Mais les plus belles forêts sont celles qui assurent la cohabitation des vieux chênes et des jeunes pousses. Poussés par Philippe Guerdat Alexis Deroubaix mais aussi Alexandra Paillot (5 points avec Tonio la Goutelle dans le GP) et Alexandra Francart (dans la Coupe des Nations) ont confirmé leur potentiel. C’est d’autant plus important que de nouvelles générations émergent dans les nations concurrentes. A commencer par ces redoutables Pays-Bas à l’image de Frank Schuttert (25 ans) et Kevin Jochems (23 ans) vainqueurs respectifs dans le même week-end à Valkenswaard et Dublin.

La suite désormais, ce sont les Jeux Équestres Mondiaux de Tryon. A charge d’ici là pour Philippe Guerdat de sortir sa liste de cavaliers sélectionnés avec comme toujours peu d’élus et beaucoup de déçus.

Le classement complet du GP, ici.

Les confessions tardives de Bertram Allen

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Cela fait partie des blessures intimes qui laissent des traces. Longtemps. Très longtemps. Jeune, doué et bien équipé, Bertram Allen offrait en 2016 par ses résultats une place à l’Irlande en individuel pour les Jeux Olympiques de Rio. A la surprise générale, le sélectionneur national de l’époque, Robert Splaine, dévoilait en juillet 2016 que ce sésame était attribué par la fédération équestre irlandaise à un autre cavalier : Greg Broderick associé à MHS Going Global. Dans un entretien accordé au site irlandais Independant.ie, le très réservé Bertram Allen revient sur cet épisode douloureux pour mieux en tourner la page et tresser des louanges au nouveau sélectionneur national. Un certain Rodrigo Pessoa.

Il s’en rappelle bien le gamin (20 ans à l’époque). C’était en juin 2016. Le téléphone sonne. C’est Robert Splaine au bout du fil qui lui annonce abruptement qu’il n’ira pas à Rio. Comment a-t-il réagi ? Par un silence sans doute. Car pour lui, ce n’est pas vraiment une surprise même si la déception est énorme. Le jeune pilote n’en dira pas plus. Sa revanche il va la prendre sur les terrains de concours. Deux jours plus tard, il remporte une épreuve dans le Global Champions Tour de Cannes. « Il s’agissait de ne pas baisser la tête, de continuer et de leur montrer qu’ils avaient pris la mauvaise décision » confie le jeune prodige.

Contraint à regarder les JO sur depuis son salon sur la TV Bertram Allen a beaucoup ressassé avec une question obsédante : comment se fait-il qu’une nation comme l’Irlande, forte de cavaliers de premier plan n’ait pas réussi à qualifier une équipe pour Rio ? Sans livrer son analyse, Bertram Allen note surtout que l’arrivée de Rodrigo Pessoa comme nouveau sélectionneur a tout changé. A commencer par l’émergence d’une émulation saine et d’un esprit d’équipe, celui qui fait déplacer des montagnes et gagner des titres. A l’image de cette médaille d’or par équipe aux championnats d’Europe en août 2017 à Göteborg.

Ce week-end, devant leur public, à Dublin, les fils de la verte Irlande auront à cœur de bien figurer dans la Coupe des Nations, Bertram Allen le premier. A 23 ans seulement, l’avenir est devant lui.

McLain Ward fait flotter la bannière étoilée à Dinard

Photographie Eric KNOLL. Jumping International de Dinard 2018. CSI 5*

McLain Ward en route vers la victoire sur Clinta. Crédit : Eric Knoll / Jumping de Dinard

Il s’est assurément passé quelque chose ce week-end au jumping de Dinard. Ce concours totalement atypique par sa piste, son ambiance, son public et sa parfaite organisation a franchi un nouveau seuil pour son édition 2018. En cumulant avec intelligence un CSI 3* (remporté par Julien Gonin / Well Done) et un 5* mais surtout, en s’attachant par sa coloration particulière (dans tous les sens du terme) l’affection des meilleurs pilotes mondiaux devenus fans des lieux. A commencer par McLain Ward, heureux vainqueur du Grand Prix 5 sur Clinta, extraordinaire jument grise. Henrik Von Eckermann contraint de se contenter de la deuxième place avec sa fidèle et régulière Mary Lou 194 ne devrait pas penser autrement. Pas plus que Nicolas Delmotte, vainqueur l’an dernier avec Ilex VP qui peut être (très) satisfait de sa troisième place.

Photographie Eric KNOLL. Jumping International de Dinard 2018. CSI 5*

Nicolas Delmotte et Ilex VP ont signé la meilleure performance française en prenant la troisième place. Crédit : Eric Knoll / Jumping de Dinard

A Dinard, on est certes loin de Paris mais surtout de ces maudits bacs à sable exigus qui fleurissent sur la planète pour offrir des images aseptisées car standardisées. Dinard c’est un concours à l’ancienne sur un terrain irrégulier, immense, à la forme incertaine. Et bien sûr, … en herbe. Du vrai jumping donc dans un écrin superbe, servi par une organisation du 21ème siècle grâce à la famille Mars. La Maison Rolex, horloger de prestige mais aussi grand argentier de la discipline, ne s’y est pas trompée en labellisant la manifestation. Plus qu’un simple sponsoring, la marque suisse distingue un événement équestre qui sort du lot de la petite centaine de CSI 5* organisés dans le monde. Ce qui est rassurant dans l’évolution de ce sport c’est que les (pétro)-dollars ne peuvent pas tout. Au-delà de la superbe victoire de MacLain Ward, Dinard a remporté la manche face à l’étape Londonienne du Global Champions Tour et son plateau rikiki. Tout espoir n’est donc pas perdu.

Le classement intégral, ici.

 

Création française, Horsealot poursuit son développement à l’international et offre de nouvelles fonctionnalités

horsealot-logoCocorico. Nos jeunes ont du talent. A l’image d’Alexandra Martel qui, pas encore majeure à l’époque, lançait en 2015 Horsealot, le premier réseau social des cavaliers. Trois années plus tard, le pari est réussi. Fort de plus de 200 000 membres et d’une implantation internationale, Horsealot passe la seconde avec une nouvelle version (2.0) et trois grands axes : découvertes, partages et rencontres. Et tant pis si au passage la langue de Molière prend du plomb dans l’aile. Nos jeunes entrepreneurs ont pour les USA les yeux de Chimène et ont adopté ses expressions comme en témoignent les réponses que nous a apporté très spontanément (et de façon très professionnelle) Alexandra Martel.

-Alexandra Martel, vous êtes la fondatrice et CEO de Horsealot. Pouvez-vous expliquer en quelques mots l’origine du projet et les nouveautés de Horsealot 2.0 ?

Je crois que notre passion est le moteur principal pour former notre personnalité au fil de notre vie, et que le fait de la partager permet de l’inspirer à évoluer. J’ai commencé à travailler sur Horsealot pendant ma première année d’université quand j’avais 17-18 ans. Je ressentais le besoin d’échanger avec de nouveaux cavaliers pour partager et m’inspirer de leur expérience, surtout ceux de pays éloignés. C’est de là que le projet est né.

Aujourd’hui Horsealot rassemble 200,000 membres à travers le monde, aux personnalités fondamentalement bienveillantes, sensibles et authentiques. Ils apprennent tous les jours les uns des autres.

Avec Horsealot 2.0 nous voulions upgrader (valoriser ndlr) leur expérience sur la plate-forme pour la rendre encore meilleure, et introduire des nouveaux concepts qui répondent aux feedbacks (retours ndlr) qu’ils nous transmettent.

L’objectif était de créer une « marque » autour de notre communauté, d’y apporter du lifestyle et une approche du cheval artistique, ouverte, qui intrigue.

La particularité du monde du cheval est qu’il en inspire de nombreux autres mondes (mode, art…), nous commençons maintenant à attirer des non cavaliers, qui sont séduits par le lifestyle équestre en général. Notre prochaine étape est de réussir à ouvrir le milieu du cheval et de l’enrichir de nouveaux univers.

-Parlez-nous un peu de cette communauté, vous avez développé de nouvelles rubriques notamment In The Eyes of, le Meet Riders et les Inspirations. Pouvez-vous les présenter en quelques mots ?

Nous sommes très excités du lancement de Horsealot 2.0, et de l’accueil reçu pour ces nouveaux modules. Le In The Eyes of rejoint l’objectif que je décrivais précédemment : ouvrir le milieu du cheval à d’autres univers. In The Eyes of partage à nos membres le point de vue d’une célébrité sur l’univers du cheval. Des businessmen, acteurs ou encore architectes reconnus expliquent en quoi le cheval les inspire dans leur carrière, et donnent leur propre vision pour le futur de l’industrie (le design d’une écurie du futur par exemple). L’acteur Alex Lutz est notre parrain pour ce concept.

Le Meet Riders était une demande forte de nos membres, il leur permet d’avoir des suggestions de profils de cavaliers avec lesquels se connecter, et voir les cavaliers autour d’eux pour les rencontrer. De là, ils peuvent échanger en privé facilement pour faire connaissance de manière plus personnelle.

Enfin les inspirations répondent à notre besoin d’amener du lifestyle et de la créativité dans l’univers de Horsealot. On partage chaque jour une sélection de 8 à 10 visuels qui abordent le cheval sous un nouveau regard, en racontant une histoire. Les thématiques sont très originales et valent la peine d’être découvertes, elles permettent aussi de sensibiliser des non cavaliers au monde équestre dans sa globalité.

L’objectif est d’intriguer, de surprendre et de faire découvrir le cheval avec un nouveau regard.

-En quelques mots, pourquoi rejoindre Horsealot ?

Pour les cavaliers qui y sont et l’esprit qu’ils y cultivent. Nos membres donnent cet univers de bienveillance et de passion qui est unique à Horsealot depuis ses débuts. Chaque nouveau membre se sent rapidement intégré et enthousiaste de se connecter avec des personnalités agréables, tout aussi passionnées que lui. En rejoignant Horsealot on rejoint une communauté forte.

-On fait comment pour devenir membre, c’est gratuit ?

Horsealot est gratuit pour nos membres, vous pouvez téléchargez l’application mobile pour iOS (https://itunes.apple.com/us/app/horsealot/id1112149151?mt=8) ou Android (https://play.google.com/store/apps/details?id=com.horsealot.app&hl=en_US), ou vous inscrire facilement sur le web (www.horsealot.com).

Marcus Ehning, nouveau dieu du stade à Aix-la-Chapelle

CHIO Aachen 2018

Marcus Ehning et Prêt à Tout à la remise des prix. Crédit Merrick Haydon (Revolution)

Plus qu’une simple enceinte sportive, Aix-la-Chapelle est le stade de l’olympe équestre. En repartir avec les lauriers de la victoire confère un statut de demi-dieu. Marcus Ehning pour beaucoup était déjà un demi-dieu. En remportant dimanche, pour la deuxième fois, le Grand Prix Rolex, l’Allemand, à 44 ans seulement mais déjà dix médaille d’or, confirme son rang d’extra-terrestre ou plutôt d’extra-équestre et devient un dieu à part entière !

Une première manche longue et délicate parsemée d’obstacles exagérément énormes suivie d’une deuxième à peine raccourcie et enfin un barrage avec 8 obstacles dont un oxer aux allures de montagne. Trois tours sans faute pour Marcus Ehning et son cheval français Prêt à Tout. Trois tours montés à la perfection avec un barrage parfait. De ceux qui font retenir leur souffle au 40 000 spectateurs et résonner un silence de cathédrale. Un dressage parfait, une monte légère et réfléchie Ehning figure parmi ces très rares cavaliers qui même dans un barrage donne le sentiment d’arrêter le temps.

Etonnant cavalier. Maladivement timide, incroyablement nerveux comme en témoignent les cigarettes vites fumées et les tics qui animent parfois son visage et pourtant, un sang-froid extraordinaire. Des mains larges de paysans et des traits rudes et malgré tout une remarquable finesse jusqu’au bout des doigts et dans sa relation avec sa monture. Oui, Marcus Ehning est un mystère et cela contribue un peu plus à sa légende.

L’homme est tellement (sur)doué qu’on pourrait penser que c’est une machine à gagner. Là encore, c’est contre-intuitif. Le Maître n’est pas du genre à dévisser une tête pour une plaque. Etrangement il n’est pas non plus des mieux équipés. Prêt à Tout ne figure pas parmi les chevaux star du circuit. Il fait son job, dans une confiance totale avec son cavalier. Même chose d’ailleurs pour Luciana Diniz et sa jument Fit For Fun. La Portugaise doit se contenter de la deuxième place. La troisième marche du podium revient à un autre couple fusionnel, le Brésilien Pedro Veniss et son étalon Quabri de l’Isle.  Trois pilotes d’exception qui viennent prouver que le jumping ce n’est pas de la Formule 1 où il faut avoir la plus grosse cylindrée même sur des parcours caricaturaux, à l’Allemande, dans leur construction. C’est avant tout le sentiment et la confiance qui comptent. Et c’est tout l’intérêt de ce sport.

Le classement complet, ici.

Alexis Deroubaix s’impose dans le Grand Prix 4* de la Corogne

CSI 4 Casas Novas 2018

Alexis Deroubaix et Timon d’Aure en route vers la victoire. Crédit Oxersport.

Alexis Deroubaix, figure montante de l’équitation Française, s’est imposé dans le Grand Prix du CSI 4* de la Corogne (Espagne). Le Nordiste installé désormais en Normandie remporte la victoire avec son cheval de tête Timon d’Aure, propriété d’André Chenu. Le cavalier Tricolore devance l’Espagnol Mikel Aizpurua Quiroga (Cartanya) et la Suédoise Hannah Akerblom (Chodec).

Le classement complet, ici.

CSI 4* La Corogne : Guillaume Foutrier remporte le Trophée Longines

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Guillaume Foutrier et Tchin de la Tour à la remise des prix. Crédit : Oxersport.com

Journée faste pour les Tricolores à Casas Novas (Espagne). Le Trophée Longines (1,50m), dernière épreuve du samedi a été remporté par Guillaume Foutrier associé à Tchin de la Tour. Un Nordiste pouvant en cacher un autre, Alexis Deroubaix prend la deuxième place avec Timon d’Aure devant Eric van der Vleuten (Zigali PS). Alexandra Paillot et Lumina doivent se contenter de la 5ème place suivies de près par Julien Anquetin (Alonso N), 7ème.

Le classement intégral, ici.

 

 

Démonstration de Rêveur de Hurtebise à Aix-la-Chapelle

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Rêveur de Hurtebise et Kevin Staut, couple magique (archives).

Kevin Staut a raison. Rêveur de Hurtebise, son cheval de cœur, n’est vraiment pas un cheval comme les autres. Les bons soins et l’affection qui lui sont prodigués au Haras des Coudrettes n’y sont sans doute pas étrangers. Toujours est-il qu’à désormais 17 ans, ce fils de Kashmir Van’t Shuttershof a réalisé une véritable démonstration (vidéos) dans la grosse épreuve de la journée ( Prix de Rhénanie-du-Nord-Westphalie 1m55), ce vendredi, dans la mythique enceinte d’Aix-la-Chapelle. Double sans faute, il termine deuxième derrière Clinta, l’extraordinaire jument de McLain Ward. La prestation de Rêveur est d’autant plus remarquable qu’à aucun moment son cavalier n’a eu à le solliciter particulièrement ou à le porter comme on a pu le voir parfois par le passé. Bien au contraire, c’est un cheval volant, frais et avec de la marge, qui a bouclé ses deux tours avec une facilité déconcertante comme s’il prenait un véritable plaisir à enchaîner les obstacles sur cette grande piste en herbe. Superbe !

Le classement complet, ici

 

Les contours de l’équipe de France peinent à se dessiner

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Philippe Guerdat

Difficile métier que celui de sélectionneur national. Rien n’est jamais acquis et une échéance succède toujours à une autre. L’objectif Tryon est aujourd’hui dans toutes les têtes. La France en sera mais, avec quels couples et dans quelle configuration ? Ce n’est pas la Coupe des nations d’Aix-la-Chapelle qui aidera le sélectionneur à avoir les idées plus claires. L’équipe de France composée de Kevin Staut (Silver Deux de Virton*HDC), Nicolas Delmotte (Ilex VP), Olivier Robert (Eros) et Mathieu Billot (Quel Filou 13) termine la compétition à la 7èmeplace (sur 8) avec un total de 21 points de pénalités. Pas de catastrophes mais l’écart avec l’équipe d’Allemagne victorieuse (seulement 4 points de pénalités) est parlant.

Si Kevin Staut confirme son rôle de pilier de l’équipe (4/0), Olivier Robert jusque-là maillon fort réalisent une contre-performance (8/12) embarrassante. On ne le sait trop, dans le sport, il ne suffit pas de figurer parmi les meilleurs mais d’être capable de répondre présent dans les grandes échéances. Trop de pression (première participation à Aix-la-Chapelle pour le cavalier Aquitain), manque de préparation physique du cheval à la peine sur les fins de tour ou mélange des deux ? A moins qu’Eros ne connaisse une baisse de forme passagère, toujours est-il que le capital du cavalier de Pompignac s’est érodé en terres allemandes. On se gardera bien toutefois de jeter le bébé avec l’eau du bain sur une seule prestation décevante.

Interrogations également sur Nicolas Delmotte et Ilex VP qui n’ont pas réussi à démontrer leur capacité à être des machines à sans faute, indispensables pour remporter un titre collectif. Ilex est-il le bon choix ? Urano de Cartigny par son explosivité et sa tonicité semble plus lourdement armé mais entre ce que l’on voit à pied et le ressenti du cavalier, on fera confiance à ce dernier pour déterminer lequel constitue le meilleur choix.

Mathieu Billot de son côté semble avoir trouvé avec Quel filou 13 un partenaire qualiteux même si ce dernier manque d’expérience à ce niveau de compétition.

Philippe Guerdat l’a confié au site Grand-Prix-Replay, les derniers essais se dérouleront à l’occasion du CSIO de Dublin. Le sélectionneur national alignera une équipe alternative dont le seul point commun sera Kevin Staut mais associé à For Joy. Le reste de la sélection devrait être composé d’Alexandra Paillot (Tonio la Goutelle), Alexandra Francart (Volnay du Boisdeville), Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), et Roger-Yves Bost si Sangria du Coty retrouve son meilleur état de forme. Autant dire que les jeux sont très ouverts dans la composition de la future délégation Française pour Tryon.

Le classement complet, ici.

Aix-la-Chapelle : Azur et McLain Ward font sensation

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HH Azur sous la selle de McLain Ward (archives)

Waouh. La prestation de McLain Ward et de HH Azur n’est pas passée inaperçue ce mercredi dans le prix Turkish Airlines, une épreuve à 1m55 qualificative pour le Grand Prix dominical. La jument, donnée comme l’une des meilleures au monde, a survolé l’épreuve avec une facilité déconcertante et trompeuse. Ils sont simplement 11 sur les 57 partants à sortir sans pénalités d’un parcours massif, délicat et long. Sans faute également au barrage, le couple doit se contenter de la deuxième place dans la même seconde qu’Henrick von Eckermann. Le Suédois remporte l’épreuve associé à Castello 194.

Le classement complet, ici.

Kent Farrington renonce aux Jeux Équestres Mondiaux de Tryon

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Gazelle et Kent Farrington

Sacré bonhomme que ce Kent Farrington. En février dernier l’Américain de 37 ans alors numéro 1 mondial se cassait la jambe. « Je reviendrai encore plus fort qu’avant » promettait le kid de Chicago, pouce levé sur son lit d’hôpital. Il a tenu parole. Trois mois après il était de retour sur les terrains de concours et dans les classements. Son talent et sa volonté en faisait un concurrent redouté, mieux un favori pour les Jeux Équestres Mondiaux qui se dérouleront en septembre, à la maison, aux États-Unis. C’était oublier que l’équitation est un sport de couple dans lequel les deux protagonistes doivent doivent être en forme au même moment. Or à Calgary (Canada) où il était en compétition, Kent Farrington a eu des déconvenues avec Gazelle sa jument de tête inscrite sur la liste des chevaux américains sélectionnés pour les JEM. Suffisamment pour qu’il se rabatte sur Jasper van ‘t Gestelhof comme cheval de tête. Conscient que Gazelle n’est pas à 100 % de ses moyens Kent Farrington a donc pris la décision de jeter l’éponge pour les JEM de Tryon. Un véritable coup de tonnerre. La délégation américaine conserve néanmoins ses chances avec des personnalités telles que Beezie Madden, McLain Ward ou Devin Ryan.

Sameh El Dahan, un Egyptien à Paris

The podium of the LGCT Grand Prix of Paris: 1st Sameh El Dahan (EGY), 2nd Bertram Allen (IRL) and 3rd Harrie Smolders (NED)

crédit : Stefano Grasso/LGCT

Pour ceux qui en doutaient encore, Paris est une ville cosmopolite et le Global Champions Tour un circuit ouvert aux riches cavaliers du monde entier. La victoire de l’Egyptien Sameh El Dahan (Suma’s Zorro) sur le Champs de Mars dans une épreuve des plus prestigieuses au monde, le Paris Eiffel, constitue une (bonne) surprise de taille. La mondialisation du jumping est une réalité, occultée par la domination européenne.

Même réduit à 35 participants, le Grand Prix de samedi soir, temps fort de quelques jours de très beau sport, offrait un plateau remarquable à l’image de l’organisation parfaite de cette édition 2018 du Paris Eiffel. On attendait Ben Maher. Très en forme, le Britannique a réalisé sous le ciel parisien son come-back sur le devant de la scène grâce à une monture à la hauteur de son talent. Le bien nommé Explosion W. On avait presque raison. Le sujet de sa gracieuse majesté a frisé l’exploit. Il se classe 4èmeà l’issue d’un double sans faute.

Sameh El Dahan on Suma's Zorro

Sameh El Dahan. Crédit : Stefano Grasso/LGCT

Un Français alors peut-être ?  C’est encore un peu tôt pour Pénélope Leprevost qui a signé sur Gain Line, ancienne monture de Simon Delestre, son grand retour en 5* après la fin de sa collaboration avec la famille Megret. 12 points. Pas une catastrophe mais, on ne revient pas comme ça dans le grand bain. La championne doit trouver ses marques. Déception également pour Kevin Staut et Lorenzo, contraints à l’abandon avec le sentiment étrange d’une certaine lassitude pour un formidable pilote qui a peut-être besoin d’une pause pour se régénérer. Simon Delestre et son formidable Ryan alors ? Une faute aura suffi à priver le couple de barrage. C’est finalement Philippe Rozier et Cristallo A qui auront sauvé l’honneur. Seuls représentants français au barrage leurs 12 points de pénalités les renvoient à la 11èmeplace du classement.

C’est de la jeunesse de Bertram Allen et de son inséparable Molly Malone que l’on pensait à tort un brin élimé qu’est venu le tempo. Jusqu’au dernier moment le jeune Irlandais pensait la victoire acquise mais la soif de victoire de Sameh El Dahan (33 ans) était plus forte. El Dahan premier, Allen deuxième, la troisième marche du podium est revenue à Harrie Smolders (Don VHP) qui confirme et conforte son statut de n°1mondial. « Avec mon chronomètre, c’était le classement le plus haut que je pouvais obtenir, donc je suis déjà très content» confiait à l’issue, le Néerlandais.

Le classement complet, ici.

Benoît Cernin remporte le Grand Prix 2* de Vichy

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Benoît Cernin à la remise des prix

Rude métier que celui de cavalier. Monter sous une température caniculaire n’a rien d’une sinécure. Les visages fatigués des cavaliers à la remise des prix témoignait de l’effort accompli pour glaner un accessit. Benoît Cernin est-il plus endurant que les autres ? Pas sûr mais le cavalier de Saône et Loire était l’un des rares à avoir conservé la veste tant sur le premier tour qu’au barrage. Et c’est lui qui s’impose au final sur Unamour du Suyer à l’issue d’un barrage à 15 où tout restait à faire. Olivier Perreau signe une belle deuxième place associé à avec Venizia d’Aiguilly (Diamant de Semilly) alors qu’Alexandre Fontanelle doit se contenter de la troisième place avec Prime Time des Vagues (Diners Time).

Les organisateurs de la SHF pouvaient souffler dimanche soir. La renaissance du concours de Vichy, le plus ancien de France (122ème édition !) est bien engagé. Adieu l’herbe, bonjour le sable. La révolution culturelle était osée, elle est réussie. La nouvelle piste s’est juste avérée parfaite, propice à un spectacle de grande qualité tout au long des trois jours. Le sens de la décoration des organisateurs à fait le reste. Vichy n’a rien perdu de son cachet avec un sol parfait mis en valeur par un écrin de verdure et les fameuses tribunes Eiffel. Par précaution, la SHF avait dégradé son concours en se contentant d’une labellisation à 2*. La réussite de l’édition 2018 devrait en toute logique relancer un jumping jusqu’alors vieillissant et retrouver son attractivité notamment auprès des meilleurs mondiaux.

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Unamour du Suyer sous la selle de Benoît Cernin

Il y avait néanmoins de belles gâchettes cette année à Vichy. Jean-François Gourdin, le chef de piste, avait semble-t-il mésestimé la qualité du plateau présent. 15 barragistes sous les conditions météo précédemment évoquées, c’est beaucoup, surtout pour les chevaux. L’homme de l’art peut néanmoins se satisfaire de n’avoir mis aucun cheval dans le rouge ni engendré aucune casse. Et finalement la hiérarchie a été respectée puisque c’est le cavalier le plus en vue et à la trajectoire ascendante qui s’est imposé.

Fidèle du CSI de Vichy, le « petit Benoît » (29 ans quand même) a accompli un sacré chemin ces dernières années, avec notamment une montée en puissance remarquée en 2017, on parle de révélation, qui s’est traduite par une accession en CSIO. Le cavalier de Genelard (Saône et Loire) a de toute évidence trouvé une méthode de travail et une organisation qui portent leurs fruits. Avec Nicolas Delmotte qui le conseille pour le CSO et Alizée, son épouse, cavalière de dressage de haut niveau qui lui apporte de la stabilité et de précieux conseils. Un beau vainqueur somme toute qu’on aura plaisir à suivre les prochains mois et les prochaines années.

Le classement complet, ici.

Olivier Robert, éternel émerveillé

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Olivier Robert

Évoquant la première participation d’Olivier Robert à une finale Coupe du monde en 2017, L’Équipe avait eu ce titre bien choisi : « Un Petit Poucet avec les ogres ». Par correction le quotidien sportif avait mis des parenthèses à Petit Poucet. Un « petit modèle » dirait-on en langage cheval. Avec le génie d’un bon anglo-arabe pourrait-on ajouter avec malice en référence aux attaches du cavalier au sud-ouest.

De talent, en effet, Olivier Robert ne manque pas. Mais son éclosion au plus haut niveau reste une exception pour quelqu’un qui n’est pas né avec une cuillère en argent dans la bouche ou dans une famille de professionnels du jumping. Olivier Robert, champion de France 2018 Pro Élite, c’est le sacre d’une trajectoire longue mais réussie dont on ne sait pas encore à quelle altitude elle s’arrêtera. C’est la réussite d’un travailleur opiniâtre qui s’est construite à la force du poignet et qui à chaque nouveau pallier de franchi conserve un regard détaché et émerveillé sur sa propre réussite. Dans un milieu où les blasés de tout sont légion, la fraîcheur d’Olivier Robert fait du bien.

Que de chemin parcouru depuis l’époque Bentejac, le premier à lui avoir donné sa chance. Au fil des années, « le gamin » s’est fait un prénom en complément d’un patronyme source de confusion. Aucun lien de parenté avec la figure tutélaire, seulement un lien de respect et d’amitiés entre deux individus confusément marqué par le gêne cheval dans leur ADN.

Aujourd’hui, à 42 ans, Olivier Robert est un homme et un cavalier comblé. Avec une naissance qui arrive et qui viendra compléter une réussite sportive et professionnelle remarquable. « J’ai une super une écurie, une écurie merveilleuse » déclarait-il en référence à son piquet riche et varié à l’occasion du Saut Hermès 2018. Le propos est typique d’Olivier Robert. Toujours positif, toujours en faveur du cheval. Et pourtant, il n’a pas de quoi rougir. Petite taille et petite voix certes mais, grand talent. Une intelligence rare à cheval, des tracés millimétrés… Il y en a un autre qui peut être satisfait, c’est Philippe Guerdat. Le sélectionneur national a eu, une nouvelle fois du nez en lui donnant sa chance au plus haut niveau. Au fil des tours en 5*, le cavalier de Pompignac a capitalisé, tour après tour, une solide expérience. Ses pairs s’accordent aujourd’hui pour reconnaître qu’il avait pris de l’épaisseur. Une sacrée épaisseur mise au grand jour par le double sans faute signé avec Eros lors de la Coupe des nations de Sopot.

Chez les hommes, et les sportifs, il faut toujours prêter attention à la trajectoire et ne pas se focaliser sur l’instant présent. Après une fantastique saison 2017, Olivier Robert a débuté 2018 sur les chapeaux de roue. Avec un cheval relativement peu expérimenté, Vivaldi des Meneaux, il est monté sur la plus haute marche du podium des championnats de France, encadré par Mathieu Billot et Max Thirouin, deux compagnons d’armes de l’équipe de France. « C’est vraiment un chouette moment, les Coupes des Nations, c’est fabuleux, mais il y a une atmosphère tellement particulière sur ces championnats de France » a déclaré l’Aquitain.

La saison 2018 est loin d’être achevée. Le petit Poucet aurait-il soudainement un appétit d’ogre ? Le rêve américain d’Olivier deviendra-t-il réalité en référence aux prochains Jeux Équestres Mondiaux de Tryon ? C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

Accidenté à Hickstead, Navalo de Poheton a été euthanasié

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Navalo de Poheton sous la selle d’Andy Kocher

Navalo de Poheton, ne goûtera pas la retraite bien méritée qui devait être la sienne dès cet été. C’est une bien triste fin pour ce cheval attachant, monture de tête du cavalier américain, Andrew Kocher. Ce petit gris de 17 ans particulièrement généreux s’est brisé une jambe lors du Derby d’Hickstead. La gravité de la blessure a conduit les vétérinaires à procéder à une euthanasie. Selle Français, comme l’indique les deux lettres figurant sur sa cuisse, Navalo de Poheton était passé sur la tard sous la selle d’Andrew Kocher, en avril 2017. En juillet 2017, le nouveau couple créait la sensation en remportant le CSI 3* de Tryon (USA). Quelques mois plus tard, en octobre, l’américain remportait avec ce fils de Cumano l’étape Californienne du circuit Coupe du monde Longines (Del Mar). Le public européen avait pu découvrir ce couple lors des finales Coupe du Monde de Bercy courant avril.

A l’origine acheté pour être revendu à un cavalier amateur, Andrew Kocher s’était rendu compte que le cheval qui sortait d’une blessure non seulement n’était pas blasé par les grosses épreuves mais qu’il était encore particulièrement motivé et performant comme la suite devait le démontrer.

Rotterdam : suprématie Belge et inconstance Française

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Un sentiment de déjà vu avec l’équipe Belge sur le podium à Rotterdam : Nicola Philippaerts, Nierls Bruynseels, Pieter Devos, Jos Verlooy, Peter Weinberg Photo FEI/Arnd Bronkhorst

Ils sont forts ces Belges. Très forts. Les Diables Rouges ont survolés le CSIO De Rotterdam pour s’adjuger la Coupe des nations, une semaine seulement après avoir remporté celle de Sopot. Chapeau bas d’autant que la composition des équipes était des plus relevée, offrant le visage d’une finale avant l’heure. L’autre fait marquant de ce dimanche, c’est la renaissance, tel le phénix, de l’équipe Allemande incarnée par la jeunesse de Laura Klaphake et la qualité de sa jument si bien nommée, Catch me if you can. Et la France dans tout ça ? Si on devait parler de météo, ce serait un temps de mars marqué par l’alternance de giboulées et de rayons de soleil.

Longines FEI Nations Cup Jumpingª Rotterdam

Nicola Philippaerts auteur d’un double sans faute sur Chili Willi. Photo FEI/Arnd Bronkhorst

On pourra dans le cas tricolore voir la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide. Sixième ex-aequo avec la Grande Bretagne, il n’y a pas de quoi pavoiser. Sophie Dubourg, la DTN, s’avance à parler d’un bilan « plutôt positif ». Certes, Alexis Deroubaix (Timon d’Aure) et Alexandra Francart (Volnay du Boisdeville) ont confirmé leur place sous la veste bleue en signant malgré leur peu d’expérience à ce niveau un sans faute en deuxième manche après respectivement une et deux fautes sur le premier tour. Réserviste initial repêché par le forfait de Bosty, Thierry Rozier a touché les limites de son ascension rapide en 5* avec Venezia d’Ecaussines. Avec un deuxième tour dégradé (12 points) par rapport au premier (4 points) le représentant du clan Rozier, sans démériter, laisse le sentiment d’un couple pour l’instant insuffisamment aguerri. Reste le cas Kevin Staut. Le chef de file français incarne bien à lui tout seule la force et la faiblesse du camp Français. Capable du pire dans la première manche (20 points) et du meilleur dans la seconde (sans faute). Kevin Staut explique que la mauvaise prestation initiale de For Joy est liée à un essai technique (un anti passe-langue). Dont acte.

Il reste qu’à ce niveau de compétition il n’y a pas de joker. Face à une concurrence féroce, la moindre faute est déterminante et obère les chances de podium. L’optimisme français est donc à tempérer. Dans cette compétition particulière que sont les Coupes des nations, on sait que la clé du succès ne peut reposer sur la signature de performance isolée mais sur la répétition quasi mécanique de sans-faute. Mais ça, nos athlètes le savent bien.

Le classement complet, ici.

Surprise Deroubaix à Rotterdam

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Archives : Alexis Deroubaix / Timon d’Aure (Mylord Carthago)

Ça, c’est l’équitation comme on l’aime. Pas celle des scenarii écrits par avance où les plus expérimentés quand ce ne sont pas ceux qui ont la plus grosse « mobylette » sont quasi obligatoirement les mieux classés. Les outsiders font le sel d’un sport qui ne répond pas toujours à la logique du chéquier. Merci cheval. Dans cette logique, la 6èmeplace surprise d’Alexis Deroubaix (Timon d’Aure) dans le réputé Grand Prix du CSIO de Rotterdam sonne comme une bonne nouvelle.

Car peu importe finalement ce nouveau calendrier des CSIO qui en reléguant les Grand Prix au vendredi les confine à la confidentialité. Le jumping a hélas tendance à se contenter d’un public parsemé et de tribunes à moitié vides. Ce qui compte en effet, c’est la performance réalisée par un nouveau couple hexagonal qui pour sa 4èmeparticipation à un 5* décroche une belle 6èmeplace.

Originaire du Nord mais installé désormais en Normandie au Haras du Plessis, chez André et Annick Chenu, après avoir pas mal bourlingué dans la douce France, Alexis Deroubaix a la trentaine posée. Un sympathique côté force tranquille avec cette capacité rare de laisser du temps au temps, de laisser mûrir les choses et les chevaux. Mais ce n’est pas parce qu’il ne donne pas l’impression d’être pressé qu’Alexis Deroubaix n’est pas un garçon déterminé à accéder au plus haut niveau. Avec Timon d’Aure, son cheval de tête, il peut compter sur un partenaire fiable et imperturbable capable de passer sans broncher des 2* aux 5*. La recette semble fonctionner. Philippe Guerdat a souhaité donner sa chance à ce couple. La Coupe des Nations de dimanche devra permettre de confirmer la pertinence de ce choix.

Le classement du GP, ici.

Bosty ou la force tranquille

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Roger-Yves Bost (archives)

Allez savoir pourquoi, instinctivement, on l’aime bien Bosty. Son physique un peu rond, sa démarche un poil chaloupé et ce mélange de gouaille et de silences. Ni taiseux ni grande gueule ce champion inoxydable présent au plus haut niveau depuis des décennies est l’incarnation même de ces personnes qu’on connaît peu mais qu’on a spontanément envie d’avoir comme ami.

Bosty en pote, ça doit être quelque chose. Pourtant, ce n’est pas avec lui qu’on va vider quelques chopines de bière au comptoir. Sa longévité d’athlète il la doit aussi à son sérieux qui ne rime pas avec ennuyeux. Pas d’alcool. Ce sera juste un Coca. Dans le milieu cavalier ça tranche. Ses petites rondeurs sont rassurantes. Il n’a pas l’équitation triste. On devine chez le bonhomme un appétit de la vie et cette qualité rare d’apprécier les petits plaisirs qui constituent le bonheur d’une vie. Pas de prise de tête pas d’anorexie.

Bosty au-delà de l’empathie qu’il dégage offre la vision d’une équitation différente, faussement simple où la connexion avec le cheval n’est pas un mythe. « Je leur parle » a avoué lundi soir le cavalier du haras des Brulys sur la plateau de Horse Series, la nouvelle émission de Kamel Boudra qui a trouvé asile sur SFR Sport 3. « Ça me permet de me décontracter » complète pudiquement le champion qui ne livrera pas le fond de sa pensée sur sa relation avec ses chevaux. Une chose est sûre, il les aime. Et ça se sent. A plein nez.

Un jean, des baskets blanches mais aussi une belle chemise sous une veste impeccablement coupée et portée, Bosty n’en finit pas de nous surprendre. Aussi à l’aise sur un plateau tv que sur un terrain de concours, il offre le visage de l’alliance parfaite de professionnalisme et de décontraction. La décontraction suprême, pas celle des kékés des bacs à sable mais des très grands champions, reconnus comme tels par leurs pairs. La légion d’honneur arborée discrètement à la boutonnière témoigne de la solidité du personnage, véritable institution qui a déjà mis un pied dans l’histoire. Une vraie star, mais abordable. Avec toujours le salut ou le petit mot gentil pour les anonymes qui le croisent et parfois franchissent le pas et l’interpellent.

Une belle force tranquille. On adore.

NB: l’état-civil et le palmarès du champion, c’est ici.

Suspens à Sopot mais à la fin, c’est la Belgique qui gagne

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Olivier Robert et Eros (archives) ont été les maillons forts de l’équipe de France à Sopot

Du sport et du beau sport. On laissera de côté le caractère « exotique » de la cité balnéaire (mer Baltique) polonaise pour retenir de de cette quatrième étape des Coupes des Nations (Europe Division 1) la montée en puissance de la Pologne dans le bal des nations équestres mais surtout, la brillante victoire de la Belgique devant la France et les États-Unis.

Une grande piste, malheureusement en sable, une météo parfaite à peine troublée par une sonorisation plus proche par son contenu de la foire du Trône que d’une compétition équestre, le décor de la pièce de théâtre ainsi dressé laissait présager du beau spectacle. Du côté des acteurs, la distribution était alléchante avec huit très belles équipes venues en découdre au cœur de l’Europe pour décrocher le sésame pour la finale des Coupe des Nations en octobre à Barcelone. Et accessoirement pour tester des couples dans la perspective des Jeux Mondiaux de Tryon (septembre).

Mal servie par le tirage au sort, la France a le redoutable privilège de débuter l’épreuve. Mathieu Billot et Shiva d’Amaury partis en ouvreurs par le sélectionneur national tombent malheureusement dans le piège dressé par le chef de piste allemand Olaf Petersen Jr sur la fin du tour : une énorme spa en numéro 9 suivie d’un vertical et d’un double. Une faute et surtout un refus. Douze points de pénalité. Ça commence mal pour le camp tricolore. La suite heureusement n’est pas du même acabit. Le couteau entre les dents, Kevin Staut (For Joy) signe un petit 4 points. Même score pour Nicolas Delmotte pénalisé sur la rivière par un Vagabond de la Pomme un peu poussif. Plus de succès en revanche pour Olivier Robert. Très appliqué, le cavalier Aquitain associé à Eros signe un sans faute magistrale. Ouf. La France a limité la casse et reste dans la course pour un podium même si la Belgique prend le large avec un seul point de pénalité à l’issue de la première manche.

Tout reste donc à faire pour la deuxième partie de la compétition. Cavaliers et chevaux ont vu le tour une fois. Les difficultés techniques ont toutes été identifiées. On s’attend à une pluie de sans faute mais la logique et le saut d’obstacles ne font pas toujours bon ménage. Mathieu Billot remet le couvert. Malgré un serrage de boulons, le mieux n’est pas suffisant. Le cavalier à la veste bleue sort de piste pénalisé cette fois de 9 points. Le visage est grimaçant. Ce n’est pas son jour contrairement à l’étape de Saint-Gall où il avait signé un double sans faute.

Vient le tour du pilier des piliers de l’équipe de France. Kevin Staut rectifie le tir et arrache le sans faute. Idem pour Olivier Robert qui malgré un tour un peu musical réédite son exploit de la première manche et signe l’unique double sans faute de la compétition. Tout repose alors sur épaules de Nicolas Delmotte. Elles sont solides mais, malgré les petits coups de cravache répétés du Nordiste, Vagabond de la Pomme, décidément un rien flegmatique, se laisse aller à deux fautes dont encore une sur la rivière. Le couple est récent et certains codes restent encore à acquérir.

Les diables rouges eux, peuvent souffler. Niels Bruynseels n’a même pas besoin de reseller. La victoire revient à une équipe Belge convaincante. « Le parcours était difficile – gros et technique – et le temps était assez serré, mais nous sommes arrivés ici bien préparés, avec une équipe forte, des cavaliers forts et une bonne tactique, et tout le monde a fait un super travail ! » résumait le pilote de Cas de Liberté.

Si l’Allemagne a pris l’eau, l‘équipe Suédoise new look composée de nouvelles pousses s’est révélée séduisante (Evelina Tovek, Irma Karlsson). Mais c’est l’équipe des États-Unis qu’il faut surveiller de près. Troisième juste derrière la France, elle compte des couples solides qui confirment leur bonnes prestations des finales Coupe du Monde de Bercy. Avec Jamie Barge pénalisée par quelques petites imprécisions sur Luebbo mais surtout avec Devin Ryan sur Eddie Blue. Ces deux-là figureront dans les favoris pour Tryon.

Le classement complet, ici.

Simon Delestre sur la troisième marche à Cannes

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Simon Delestre et Hermès Ryan voient une nouvelle fois le GP de Cannes leur échapper pour une poignée de centièmes. Copyright : Sportfot

Sur la côte d’Azur, on n’est pas du genre couche-tôt. L’étape Cannoise du Global Champions Tour s’est pliée aux us et coutumes locales en programmant son moment phare, le Grand Prix, à un horaire inhabituel : 21h45. Pas de quoi pourtant troubler les 33 partants de l’épreuve qui ont dû mettre tout leur talent à profit pour tenter de sortir sans trop d’encombres du parcours difficile et délicat dessiné une nouvelle fois de main de maître par Uliano Vezziani.

Restait pour les 7 heureux sans faute à récidiver dans le barrage avec le meilleur temps possible. A ce jeu-là, Peder Fredricson a été magistral. En selle sur Hansson XL, le Suédois s’est offert le luxe de coiffer sur le poteau d’arrivée dans une sérénité olympienne, l’actuel numéro 1 mondial Harrie Smolders associé à son facétieux Emerald (X Diamant de Sémilly). A domicile, la France sauve l’honneur. Simon Delestre avait sorti sa meilleure cartouche mais Hermès Ryan malgré sa rapidité au sol et son grand cœur s’est trouvé impuissant face à ses concurrents. Le Tricolore le confiera a posteriori : « Je suis allé aussi vite que j’ai pu avec Ryan, mais à la fin ils étaient plus rapides que moi et je ne pouvais pas faire grand-chose de plus. »

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Le stade des Hespèrides a offert un bel écrin à l’étape Cannoise du LGCT. Copyright : Sportfot

La petite histoire ne dit pas si le champagne servi dans les loges était bon mais les organisateurs peuvent être satisfaits de cette édition 2018 dans un stade des Hespérides rénové propice au beau sport en raison d’une grande piste qui tranche avec les « bacs à sable » de plus en plus habituels au plus haut-niveau.

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Peder Fredricson et Hansson. Copyright : Sportfot

Satisfaction également du côté de Peder Fredricson qui peut se féliciter de l’évolution de Hansson son nouveau crack qui vient désormais épauler All In son cheval de tête dont la convalescence s’achève. Le champion d’Europe affichait donc un large sourire avec une victoire signée devant sa famille venue apprécier les charmes de la Rivieira. « J’ai eu des sensations fantastiques, j’ai pris un vrai plaisir à disputer cette épreuve ! La piste est grande, le tour était très intéressant et nous étions un nombre parfait au barrage. Nous avions tous des chevaux rapides, j’ai peut-être pris un peu plus de risques ? Je suis ravi, c’est une belle victoire et je pense déjà à la grande finale de Prague que j’espère disputer avec Hansson » a confié le vice-champion olympique de Rio de 46 ans.

Le classement complet ici.

 

A Saint-Gall, l’équipe de France relève la tête

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© katiastuppia.ch/csio.ch

Cette équipe de France est vraiment incroyable. Capable du meilleur et du pire et surtout de rebondir après sa contre-performance à La Baule. C’est ce qu’elle a fait à la perfection dans un scenario de rêve (six sans faute sur six !) à l’occasion de la Coupe des nations de Saint-Gall (Suisse). L’événement doit être salué et apprécié à l’aune de l’énorme prise de risque du sélectionneur national qui avait choisi de tester un quatuor expérimental qui laissait au vestiaire les vedettes de la discipline (Patrice Delaveau, Simon Delestre…).

C’est à croire que Philippe Guerdat depuis qu’il est en charge des Bleus a pleinement saisi la mentalité pour ne pas dire l’esprit particulier qui anime les Français. Un étrange mélange de culot et panache qui permet de se sortir de situations inconfortables passé dans le langage commun à travers quelques citations. Comme « impossible n’est pas Français » (Napoléon) ou encore, cette audacieuse manœuvre du général Joffre lors de la bataille de la Marne : « Ma droite est enfoncée, ma gauche cède, tout va bien ; j’attaque !« 

L’offensive à outrance, c’est bien la stratégie (payante) retenue par le sélectionneur national qui s’est appuyé sur une équipe rénovée et ultra-motivée composée de Mathieu Billot/Shiva d’Amaury, Alexandra Francart/Volnay du Boisdeville et Nicolas Delmotte/Ilex VP et enfin, Olivier Robert heureux quatrième qui n’aura même pas eu besoin de seller Eros, pour s’adjuger la victoire.

Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. On retiendra de la prestation non pas des montures qualitativement supérieures aux autres mais surtout la très grande motivation de Mathieu Billot, la belle monte (si classique et française) d’Alexandra Francart ou encore, le sang froid et la maîtrise technique de Nicolas Delmotte.

Voilà donc l’équipe de France relancée et les combinaisons possibles en vue des Jeux Equestres Mondiaux de Tryon (USA) en septembre multipliées.  C’est ce qui fait le sel de la compétition, la fameuse glorieuse incertitude du sport.

Le classement complet, ici.

 

Saint-Tropez face à Saint-Gall : l’équitation de tous les contrastes

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A Saint-Gall, la victoire du GP est revenue à Luciana Diniz. © katiastuppia.ch/csio.ch

Serait-ce une énième version de l’intarissable affrontement entre anciens et modernes ? Toujours est-il que ce week-end à cheval entre les mois de mai et de juin offre une vision très contrastée du jumping international en 2018. D’un côté, la version très classique du CSIO de Saint Gall en Suisse. Un côté presque champêtre avec une piste en herbe, un public bon enfant à même le sol venu toucher du regard et quasiment du doigt le gotha du cso mondial. Rien d’ostentatoire. Tout l’inverse de Saint Tropez. Le concours organisé depuis quelques années par la milliardaire Athina Onassis est labellisé cette année « Global Champions Tour ». Le bling bling à son paroxisme avec un argent roi qui s’étale de partout. Du balai des hélicoptères aux yachts ancrés dans la baie en passant par des dimensions contraintes qui font la part belle aux espaces réservés à des invités triés sur le chéquier.

Jan Tops congratulates Ben Maher for his win

Jan Tops aux côtés de Ben Maher, vainqueur du GP de saint-Tropez. Crédit Stefano Grasso/LGCT

Et pourtant dans les deux cas, du sport et du beau sport même si les dimensions de bac à sable de la piste Tropézienne laissent perplexe sur une approche du sport qui se coupe progressivement des grandes pistes extérieures en herbe de plus en plus réservés à une poignée de concours mythiques vestiges de l’équitation à grand papa.

Restent les champions consacrés ce week-end dans les Grands Prix. Du côté de la plage de Pampelonne, Ben Maher s’est révélé le meilleur associé à Winning Good, un neuf ans fils de Winningmood, ce jeune retraité qui s’est notamment illustré sous la selle de Luciana Diniz. La Portugaise justement n’était pas en reste puisque c’est elle qui a remporté avec sa fidèle Fit For Fun le Grand Prix du CSIO de Saint-Gall qui s’est disputé vendredi soir en raison de la Coupe des Nations programmée dimanche.

Deux cracks cavaliers certes, mais deux personnalités très différentes à l’image des circuits sur lesquels ils étaient engagés. D’un côté Ben Maher, le champion olympique par équipe (Londres 2012) à l’image écornée par un lourd différend judiciaire avec ses anciens propriétaires Michael et Emma Phillips pour des commissions occultes dans la vente de chevaux. De l’autre, la très attachante et populaire Luciana Diniz, incarnation de la centaure moderne, fusionnelle dans ses relations avec ses montures. Alors certes, il ne faut pas tomber dans un manichéisme facile mais l’on sait que l’excès d’argent en jeu a tendance à faire prospérer les dérives au détriment de l’éthique sportive. On attend toujours à cet égard les explications de Carlos Enrique Lopez Lizarazo (et les conclusions de la FEI) sur son étonnante prestation avec Admara à Bercy dans le cadre des finales Coupe du Monde. On les attendra sans doute longtemps. Le Colombien deuxième du GP de Saint-Tropez s’est bien gardé de tout regret sur le sujet.

Le classement du GP de Saint-Gall, ici.

Le classement du GP de Saint-Tropez, ici

La Baule à l’heure Sud-Américaine

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Crédit : PSV – Jean Morel

ttps://www.facebook.com/JumpingLaBaule/videos/1675079052539480/

Pour une fois, la consonance des prénoms des vainqueurs échappe aux habituelles sonorités germaniques, anglo-saxonnes ou françaises. Pedro, Yuri ou Felipe… il faudra peut-être s’y habituer mais le Brésil a fait souffler, c’est paradoxal, un vent de fraîcheur sur la Coupe des nations de La Baule. Au détriment d’une équipe de France dont l’accumulation des petites fautes a conduit à une grande déception (7ème sur 8). De quoi laisser groggy le pourtant solide Philippe Guerdat contraint de reconnaître à l’issue de la compétition l’acharnement du mauvais sort et éventuellement une erreur stratégique : avoir fait l’impasse sur l’étape de Samorin.

Honneur aux vainqueurs et au Brésil. Les cavaliers à la veste verte ont parfaitement saisi l’esprit et la clé d’un succès en Coupe des nations. Pour monter sur la première marche du podium, il faut impérativement un groupe soudé, une équipe unie et déterminée, plus que les autres, à l’emporter. Loin d’être une addition d’individualités, les Brésiliens ont joué collectif et ils ont gagné.

Le dénouement de la pièce de théâtre écrite de main de main de maître par Frédéric Cottier était loin d’être évident. Un scénario parfait, haletant, où il aura fallu attendre le passage du dernier cavalier pour connaître le nom de l’équipe victorieuse. Le succès appelant le succès, il faudra garder à l’œil cette équipe Brésilienne, remaniée en profondeur depuis Rio, pour les prochaines Coupes des Nations mais surtout, dans la perspective des Jeux Equestres Mondiaux de Tryon même si la route reste encore longue d’ici septembre.

« C’est difficile d’analyser à chaud » confiait à l’inverse le sélectionneur national des Bleus au micro de GrandPrix-Replay. Tout reste en effet à construire dans le camp français où l’équipe « new look » testée par Philippe Guerdat a laissé un peu sur sa faim, alternant le bien et le moins bien. Une chose est sûre, les lignes bougent vite. Victorieux à domicile l’an passé, les Tricolores sont passés à côté de l’édition 2018. Plus que dans tout autre sport, avec le jumping, rien n’est jamais acquis. Les succès d’hier ne sont pas les gages des victoires du lendemain. Tel Sisyphe, Philippe Guerdat privés des piliers de l’équipe de France médaillée d’or à Rio doit remettre l’ouvrage sur le métier.

Le classement, ici.

Papillon Z fait valoir ses droits à la retraite

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Papillon Z en action sous la selle de Jérôme Guery

Un battement d’aile et puis s’en va. Ça finit toujours par arriver, même aux meilleurs. Papillon Z ne foulera plus les terrains de concours. Son sympathique cavalier, Jérôme Guery, a indiqué sur les réseaux sociaux qu’à 16 ans, le  beau gris fils de Perhaps allait désormais gouter une retraite bien méritée. « C’est avec beaucoup d’émotions que la famille Woitrin et moi-même avons décidé d’offrir une retraite bien méritée à notre Papillon.Papillon m’a permis de gagner mes premiers GP 5 étoiles, me faire entrer dans les 30 meilleurs cavaliers mondiaux et nous a également ouvert une place aux Jeux Olympiques de Rio.Papillon est un cheval qui a une place très particulière dans ma carrière mais aussi dans le cœur de tous ceux qui s’en sont occupé ….Aussi, nous sommes tous très heureux de pouvoir lui permettre de vieillir à nos côtés au sein de nos écuries, dans nos prairies… entre la piste dans laquelle il s’est tant de fois entraîné et les prairies où grandissent nos jeunes espoirs… »

Il s’agit bien d’une vraie retraite pour Papillon qui contrairement à beaucoup de ses homologues ne va pas commencer une seconde carrière comme reproducteur… puisqu’il a été castré durant sa carrière sportive en raison d’un caractère un peu trop marqué. Malgré tout le talent de Grégory Wathelet, c’est sous la selle de son compatriote Jérôme Guery que ce cheval atypique a révélé tout son potentiel. Le courant est immédiatement passé entre les deux, suffisamment bien pour permettre au couple de remporter deux mois seulement après leur association le Grand Prix 5* de Lummen puis dans la foulée celui de Knokke et le CSI 4* de Mons. Cette relation forte et particulière débouchera un peu plus tard sur le rêve de tout cavalier, une qualification pour le Jeux Olympiques. Rio en l’occurence.

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Papillon Z et Jérôme Guery. Un vrai couple.

Papillon quitte la scène internationale sur la pointe des sabots en douceur, sans passer par l’étape déclassement dans les épreuves. « C’est un cheval de Grand Prix » explique Jérôme Guery, pas d’épreuves intermédiaires « au rabais » donc. C’est donc comme tel qu’il aborde son nouveau statut de retraité avec l’immense respect de ses propriétaires et de son cavalier.

La Baule, les pins et Patrice Delaveau

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Patrice Delaveau et Aquila HDC (archives)

Et de trois. Patrice Delaveau a fait du mythique stade François André de La Baule son jardin. Le cavalier du team HDC a ajouté vendredi une nouvelle ligne à son palmarès déjà bien fourni en remportant pour la troisième fois (après 1990 et 2013), le Grand Prix Longines de la Ville de La Baule. Si on y ajoute ses trois victoires dans l’autre épreuve phare du CSIO de France, le derby, on peut sans trop s’avancer en conclure que l’air de la station balnéaire de Loire-Atlantique lui réussit plutôt bien.

Précision et efficacité sur le premier tour, détermination et intelligence sur le barrage, cette édition 2018 du Grand Prix de La Baule confirme à la fois la forme de Patrice Delaveau et de son unique cartouche pour les rendez-vous majeurs, Aquila HDC. Car derrière cette victoire qui fait du bien au moral, c’est bien un autre enjeu qui se dessine. Celui des Jeux Equestres Mondiaux de Tyron (USA) qui se dérouleront en septembre. Sans parler de revanche, Patrice Delaveau est bien décidé à 53 ans à couronner sa très belle carrière marquée de nombreux succès internationaux par un titre prestigieux. Lui, la cavalier doué et besogneux a vu il y a 4 ans déjà lui passer sous le nez la victoire à Caen lors des Jeux Equestres Mondiaux. Vice-champion du Monde est un beau titre trompeur. Chez les vrais cavaliers, compétiteurs dans l’âme, une seule place compte, la plus haute. Patrice Delaveau c’est aussi le bon camarade, le pilier de l’équipe de France et qui pourtant a dû se résoudre à regarder les Jeux Olympiques de Rio depuis son poste de télévision. Heureux sans doute pour ses amis et coéquipiers habituels mais aussi le grand absent malgré lui de la photo représentant l’équipe de France, la médaille d’or autour du cou.

La roue de la fortune serait-elle en train de tourner, l’heure de Patrice Delaveau en train d’arriver ? Le Normand veut y croire. En grand champion, il prépare l’échéance et se focalise entièrement dessus. C’est de lui-même que le vainqueur du Grand Prix a précisé les choses lors de la conférence de presse en précisant que, « Pour la suite il y a des grandes échéances, le but est d’amener Aquila HDC au mieux de sa forme. Le programme du cheval est prêt jusque Tryon, il faut maintenant le garder en forme jusque-là. »

Prêt, c’est certain. « Depuis le début de saison, en concours 5*, Aquila n’a jamais commis de faute lors des premiers tours. Le cheval est tout le temps présent » relève avec un brin de fierté son cavalier. Reste une équation difficile à résoudre. Comment aborder Tryon avec un Aquila à la fois frais physiquement mais aussi, bien préparé sans jamais l’émousser et surtout sans le blesser ? Tout un dilemme qui doit également intégrer des contraintes financières, via des participations au Global Champions Tour, ou de drapeau à travers les  Coupes des Nations. Dans ce cadre, Patrice Delaveau effectuera ce dimanche à La Baule son grand retour dans l’équipe nationale après deux longues années d’absence. Une forme de renaissance en quelque sorte. On veut y croire.

Le classement du Grand Prix, ici.

Steve Guerdat, Bianca et la reine mère

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Crédit photo : Merrick Haydon / Revolution

Certes, certes, l’histoire sportive retiendra de la 75ème édition du prestigieux CHI 5* de Windsor la victoire de Steve Guerdat et de Bianca devant Laura Kraut et Emanuele Gaudiano. Le couple le mérite bien. Le cavalier est aussi talentueux que la jument, particulièrement qualiteuse, est délicate. Restait à savoir à quel moment le génie des deux protagonistes entrerait en osmose pour réaliser LA performance.

C’est désormais chose faite. Reste le côté anecdotique d’un concours pas vraiment comme les autres. Parce que même si les côtes anglaises ne sont pas si éloignées de leurs homologues françaises, il y a bien un gouffre entre la perfide Albion et le vieux continent. Deux mondes qui parfois se rencontrent. A l’image de Steve Guerdat pourtant habitué des remises des prix sur les cinq continents aussi à l’aise aux côtés de la reine Elisabeth II qu’un Albatros contraint d’apponter pour venir chercher sa pitance sur le pont d’un chalutier.

La vieille dame (92 ans) est délicieuse avec sa tenue aux couleurs kitsch et son chapeau légendaire mais on ne s’adresse pas à la reine d’Angleterre comme au simple représentant d’une marque horlogère, fût-elle prestigieuse et Suisse. On notera donc la distance respectable entre la souveraine et le récipiendaire, protocole oblige mais aussi une retenue certaine du Jurassien. Pas question de procéder à un arrosage général au champagne. Vulgaire et trop Français. Les deux personnages sont pourtant l’un et l’autre des cavaliers dans l’âme. God save the Queen. Et Steve Guerdat aussi !

Le classement intégral du Grand Prix, ici.

Jeux Olympiques : la FFE veut son Lamotte-Beuvron 2024

logo_paris2024_footer_0Malheureusement l’information ne relève pas du Gorafi même s’il faut se pincer deux fois avant de se résoudre à son caractère bien réel. Alors que le CIO a retenu la candidature de Paris pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2024 sur la base d’un dossier positionnant une majorité d’épreuves dans des lieux emblématiques, dont l’équitation à Versailles, la Fédération Française d’Equitation, pourtant associée au dossier de candidature, fait aujourd’hui marche arrière. Elle demande désormais officiellement que les épreuves équestres se déroulent dans son parc fédéral à Lamotte-Beuvron. Un revirement à 180 degrés justifié à postériori par des raisons de perennité et de ruralité (!). Plus prosaïquement, les dirigeants de la FFE aimeraient bien profiter de la manne financière des jeux olympiques pour améliorer des installations de second ordre dont l’histoire est sujette à polémique. Parti pris.

La FFE et les jeux olympiques, c’est un peu l’image des mouettes suivant le chalutier. Peu importe sa direction, ce qui compte, c’est de récupérer les sardines qui seront rejetées à la mer. Cette position attentiste ne sert pas en tous cas l’image de la FFE et à travers elle de l’équitation hexagonale. Comment peut-on en effet s’engager derrière un dossier aussi lourd et sérieux que celui d’une candidature à l’organisation de Jeux Olympiques, premier événement sportif planétaire très loin devant tous les autres, pour renier, une fois l’attribution faite sa signature et donc son engagement ? Car il y a bien un avant, le temps de la candidature, et un après celui de la mise en œuvre du dossier initial.

L’avant, un peu vite oublié, c’est la concurrence féroce entre villes-monde pour décrocher l’accueil des JO. Rappelons à cet égard que ce n’est pas la France, et encore moins Lamotte-Beuvron, qui se sont vues décerner la difficile mission d’organiser les Jeux de 2024. C’est Paris. Alors certes, Versailles ce n’est pas Paris mais si le choix du CIO s’est porté sur la capitale Française c’est parce que le dossier repose sur l’organisation d’un maximum d’épreuves dans des lieux mythiques connus ou fantasmés dans le monde entier.

Dans ce contexte, les déclarations de Serge Lecomte, président de la FFE, à l’AFP le 3 mai dernier sont justes surréalistes pour ne pas dire irresponsables. A moins qu’il ne s’agisse de donner du sens à la construction en 2017 du plus grand manège équestre de France au sein du parc fédéral. Du côté du Comité d’organisation (COJO) on s’est déclaré « un peu surpris » avant de rappeler que, « c’est la FFE qui a proposé Versailles il y a deux ans. Et la Fédération équestre internationale (FEI) considère que c’est un site exceptionnel pour faire la promotion de l’équitation au niveau mondial ».

Et ce n’est pas l’entretien accordé le 11 mai par Pascal Deboudt à France Bleu qui va dissiper le malaise. Le président du comité régional d’équitation en Centre-Val-de-Loire ne semble pas avoir saisi la dimension et la portée des Jeux Olympiques lorsqu’il évoque la ruralité ou les 16 000 cavaliers accueillis annuellement dans le parc fédéral. Pour rappel, le Château de Versailles, c’est six millions de visiteurs chaque année…

Le débat qui agite aujourd’hui le petit monde de l’équitation hexagonale a-t-il un sens ? Sur le fond sans doute. Sur la forme et le moment où il se déroule, sûrement pas. Il laisse un goût amer en bouche. Celui d’une fédération repliée dans ses installations solognotes et coupée du sport de haut niveau avec ses enjeux financiers, à l’image de sa totale absence des structures sportives internationales.

Alors que les Jeux sont l’occasion d’offrir une superbe vitrine de la filière équestre française comme ce fût le cas lors des Jeux Mondiaux à Caen en 2014, la FFE joue petits-bras et petits arrangements en se positionnant de façon surannée comme le défenseur des poneys club et des amateurs sur lesquels elle a construit un modèle financier particulièrement rentable. Son rôle pourtant serait de veiller à la bonne articulation entre sport de masse et haut niveau. Mais après tout, que le milieu équestre français assume ses responsabilités. Serge Lecomte est un président de fédération démocratiquement ré-élu par ses pairs même s’il y aurait beaucoup à dire du système électoral en place. Mais ça, c’est un autre vaste sujet.

 

Ben Maher à l’heure Madrilène

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Ben Maher (archives)

Surprise surprise pour l’étape Madrilène du Global Champions Tour qui s’est disputée ce samedi dans les magnifiques installations de Campo Villa. C’est un ex numéro 1 mondial qui est revenu sur le devant d’une scène dont il s’était durablement éloigné. Ben Maher, en effet, champion olympique par équipes aux Jeux olympiques à Londres en 2012 et vice-champion d’Europe en individuel en 2013, semble de retour après avoir déjà pointé le bout de son nez il y a quelques semaines à Shanghaï (deuxième du Grand Prix).

En terres ibériques cette fois, le Britannique ne s’est pas contenté d’un accessit. Il s’impose dans le Grand Prix avec Explosion W, un cheval tout en muscles et en rondeurs qui semble avoir pris une nouvelle dimension cette saison. Ben Maher sur son hongre de 9 ans par Chacco Blue, devance le Belge Nicola Philippaerts et l’Espagnol Eduardo Alvarez Aznar ex-aequo à la deuxième place en raison d’un chronomètre strictement identique.

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Ben Maher et Explosion W. Crédit photo Stefano Grasso /LGCT.

Du côté des tricolores, peu présents, on retiendra la contre-performance de Simon Delestre. Pourtant associé à Hermès Ryan, le Lorrain sort de piste pénalisé de douze points de pénalité concédés à l’issue d’un tour difficile. Simple baisse de forme ou problème physique ? Les prochaines prestations du couple seront à suivre de près.

Le classement complet, ici.