Un piquet en or pour Nicolas Delmotte

ClarbecC’est bien connu, le malheur des uns fait le bonheur des autres. La place libérée par Pénélope Leprevost au Haras de Clarbec a été vite comblée. La famille Megret s’est attachée les services de Nicolas Delmotte qui hérite à 39 ans d’un piquet en or avec Vagabond de la Pomme, Urano de Cartigny et Corrado du Moulin. De quoi voir l’avenir en rose pour le Nordiste déjà bien équipé pour les 5* avec Ilex VP et sans doute, a contrario, un moment difficile à vivre pour Pénélope Leprevost amenée à prendre un tournant délicat dans sa carrière.

« Le haras de Clarbec qui connaît Nicolas Delmotte depuis longtemps et a toujours apprécié la finesse de son équitation et ses qualités humaines et d’homme de cheval, se réjouit de cette nouvelle collaboration », écrivaient ce matin Geneviève et Dominique Mégret dans un communiqué de presse précisant, et ce n’est pas anodin, que le choix du nouveau pilote  avait eu lieu « après concertation et en accord avec la Fédération française d’équitation ».

Si les entiers ont trouvé un nouveau cavalier réputé dans la gestion toujours particulière des étalons, les juments qui évoluaient sous la selle de Pénélope Leprevost (Ratina d’la Rousserie, Flora de Mariposa et Nice Stéphanie) sont en revanche toujours en attente d’affectation.  « Nous n’allons pas prendre de décision hâtive » a prévenu Geneviève Mégret. Une nouvelle qui va aiguiser bien des appétits…

 

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Retraite sportive anticipée pour Qlassic Bois Margot

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Qlassic Bois Margot et Simon Delestre à leur place préférée : la remise des prix

C’est une sortie de scène qui n’est assurément pas à la hauteur de la qualité de l’athlète. Le beau Qlassic Bois Margot, ex monture de tête de Simon Delestre est contraint à une retraite sportive anticipée pour des raisons de santé surprenantes. Victime d’un eczéma tenace, l’étalon selle français de seulement 14 ans doit dire adieu à une discipline dans laquelle il excellait.

Ce fils de L’Arc de Triomphe a enchaîné les performances sous la selle de Simon Delestre aprés avoir fait ses débuts avec Duarte Romao, Marc Dilasser et Benjamin Robert. Il aura fallu tout le talent et la patience du cavalier Lorrain pour  amener l’entier au plus haut niveau et surtout le transformer en véritable machine de guerre. Au-delà des titres, des victoires et des classements, il est un critère incontestable pour juger de la qualité d’un cheval, ce sont ses gains. Or, en 2015 soit trois années après être arrivé dans les écuries de Simon Delestre, Qlassic franchit la barre mythique du million d’euros de gains. Il est à ce jour l’étalon SF le plus riche de tous les temps avec 1,3 millions d’euros de gains cumulés.

Pour comprendre comment un simple problème de peau peut gripper une telle mécanique, il faut se rendre sur le site de GrandPrixreplay.com qui nous livre les explications de Simon Delestre : « Sur le plat, ça allait, mais quand il sautait, la peau craquait, notamment dans le pli du paturon, et ça lui faisait mal. C’était la meilleure chose à faire car on ne s’en sortait pas. On avait tout essayé, contacté les plus grands spécialistes ».

Colosse aux pieds d’argile, Qlassic, le beau noir pangaré, raccroche donc les sabots pour un incroyable problème de peau que la médecine vétérinaire n’aura pas su guérir. Malgré tous les progrès accomplis par la science, certains mystères demeurent et nous rappellent à un peu d’humilité dans nos rapports à la maladie.

Mais il y a bien une vie après la compétition. Qlassic a bien entamé sa carrière de producteur et celle-ci s’annonce déjà prometteuse, à l’image de Dexter Bois Margot.

 

Lucifer envoie Kent Farrington en enfer

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Kent Farrington sur son lit d’hôpital © @teamkpf

Les blessures à haut niveau échouent plus souvent aux montures qu’aux cavaliers mais le risque reste néanmoins bien présent. Kent Farrington, actuel numéro 1 mondial, vient d’en faire la douloureuse expérience à ses dépens. Le talentueux américain de 37 ans s’est fracturé la jambe la jambe droite le 15 février lors du CSI 3* de Wellington en Floride.

Kent Farrington montait pour la première fois dans une 130 Lucifer V, propriété de la famille Gates, que l’on est habitué à voir tourner sur des grosses épreuves sous la selle de Jack Towell. On ne peut pas dire que le courant soit bien passé entre les deux, le Westphalien de douze ans, fils de Lord Pezi a sèchement mis au tapis celui qui sur le papier est le meilleur cavalier de saut d’obstacles au monde.

Le natif de Chicago, médaille d’argent par équipe au JO de Rio semble néanmoins garder le moral comme en atteste la photo et le commentaire posté sur son compte Instagram : « Ce n’était pas les vacances que je voulais, mais je reviens dans une minute. Merci pour tous vos vœux de rétablissement. Je reviendrai plus fort qu’avant. »

 

Jérôme Guery a vendu Grand Cru van de Rozenberg

Jérôme Guery et Grand Cru victorieux dans le prestigieux GP de La Baule

On ne sait pas s’il a sorti son mouchoir blanc pour lui dire adieu mais le coeur de Jérôme Guery a bien du se serrer en voyant partir Grand Cru van de Rozenberg, son cheval de tête à l’oeil bleu caractéristique, pour les écuries de l’Espagnole Pilar Cordon.

Le namurois a souhaité sur sa page Facebook bon vent à son ex monture :

« Je remercie la vie d’avoir mis sur mon chemin ce cheval vraiment fantastique qui m’a apporté ainsi qu’à toute mon équipe, tellement de joies et de bonheurs…… Merci à toi, merci à vous tous qui avez été présents durant cette magnifique aventure.

Grand Cru part vers d’autres horizons sous la selle de Pilar Cordon, qui, j’en suis certain, saura lui donner toute l’affection et la compréhension qu’il mérite.

Grand cru nous a offert des moments inoubliables notamment ses victoires dans le GP de la Baule et Miami, la finale des Jeux Olympiques de Rio, 11e des championnats d’Europe …..et beaucoup d’autres résultats fantastiques. Tous ces moments on été possibles grâce à lui mais aussi grâce a beaucoup d’autres personnes qui nous ont soutenu, aidé et qui ont pris soins de lui dans le but de vivre et partager tous ces moments de vie incroyable tous ensemble.

Merci à vous tous du fond du cœur.

Merci Grand Cru, nous te souhaitons de continuer à faire rayonner la joie et le bonheur autour de toi».

Ce fair-play s’explique par le fait qu’à la base Grand Cru avait été acheté par Jérôme Guery et Alex Oncea pour faire un coup de commerce et que même s’il a formidablement évolué et permis à son cavalier de remporter des GP 5* mais aussi de participer aux championnats d’Europe et aux Jeux Olympiques, l’objectif de sa commercialisation n’a jamais été abandonné. Le cheval est donc vendu à l’âge de 12 ans soit un moment opportun pour les vendeurs en termes de plus-value. Agée de 44 ans, Pilar Cordon est installée en Belgique où elle bénéficie du coaching d’Eric van der Vleuten.

Patrice Delaveau victorieux à Hong Kong : pourvu que ça dure !

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Patrice Delaveau et Aquila HDC (archives)

On l’attendait, on l’espérait. Patrice Delaveau est de retour par la grande porte. Le Normand a signé ce week-end, à l’autre bout du monde, une victoire rassurante et prometteuse. En remportant le Masters de Hong Kong avec Aquila HDC, le vice-champion du monde 2014 se rappelle au bon souvenir du très haut niveau, où tout passage à vide se paye cash en termes de notoriété.

Dans cette discipline ingrate et difficile, les galères mais aussi les joies et les victoires sont une affaire de couple. La forme retrouvée d’Aquila, après six mois d’absence des terrains de concours, alliée à la soif de résultats de l’un des cavaliers les plus doués du circuit mondial est une promesse de beau sport.

« Pourvu que cela dure » disait avec son accent corse Letizia Bonaparte, la mère de Napoléon en évoquant les victoires de son rejeton. C’est bien tout le mal que l’on peut souhaiter au discret Patrice Delaveau, trop souvent pénalisé par un mauvais sort collé à ses bottes comme le sparadrap au doigt du capitaine Haddock.

Lors du Grand Prix du CSI 5* de Dinard en août 2017, Aquila HDC s’était blessé. « Une blessure sans gravité » avait alors indiqué le Haras des Coudrettes qui, soucieux d’assurer une monture de tête 100% opérationnelle à son cavalier en 2018, annonçait une convalescence de 4 mois.

Remis en route fin janvier au jumping de Nantes, le KWPN de 13 ans avait rassuré tout le monde en bouclant deux parcours parfaits, sans pénalités. Interrogé sur la forme de son crack, Patrice Delaveau avait alors fait part au magazine L’Eperon de sa confiance dans l’état de santé et la préparation d’Aquila : « Il n’y a pas de raisons qu’il ne revienne pas au meilleur de sa forme. Ceci-dit, je ne me mets pas de pression. J’ai évidemment les Jeux équestres mondiaux en ligne de mire avec lui, mais je préfère sentir comment il revient, m’adapter à lui et être à l’écoute de mon cheval ».

Tout à la joie de sa victoire, Patrice Delaveau n’a pas manqué de remercier toute l’équipe du Haras des Coudrettes qui a permis « ce formidable come back ». Ses propriétaires en tête, Emmanuelle et Armand Perron-Pette, mais aussi les, hommes et femmes de l’ombre indispensables dans cette réussite.

On attend la suite avec impatience. En croisant les doigts.

NB : Les Jeux équestres mondiaux 2018 se dérouleront à Tryon (USA) du 10 au 23 septembre.

Le classement du GP, ici.

2018, année charnière pour Michael Jung

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Michael Jung et FischerChelsea

A 35 ans, Michael Jung est une superstar. En concours complet il l’est depuis belle lurette. Une outrageuse domination de cette discipline depuis une dizaine d’année lui permet de posséder un palmarès long comme un jour sans fin avec, sur le dessus du panier, de multiples titres olympiques.  L’Allemand a-t-il fait le tour de sa discipline ? On peut le penser. C’est donc du côté du concours hippique que « Michi » baptisé également « Super Michi », vient chercher de nouvelles sensations. Et force est de constater que le bougre progresse sacrément vite.

L’édition 2018 du jumping de Bordeaux qui vient de s’achever permet de mesurer le chemin accompli. De simple engagé en 5* que l’on regarde avec curiosité, Michael Jung devient un compétiteur performant. Habitué des classements en 1&2*, il commence à faire des plaques en 5*.  Dimanche à Bordeaux, celui que ses fans présentent déjà comme le meilleur cavalier de tous les temps, a fait un très beau podium dans une épreuve à difficultés progressives avec joker (1,50m). Associé à FischerChelsea, le complétiste est monté sur la 3ème marche du podium. Juste derrière un certain Simon Delestre (2ème) et le très rapide irlandais, Mark McAuley, révélation de la saison.

Un résultat de très bon augure pour Michael Jung qui intègre cette année l’équipe allemande de sauts d’obstacles. Sélectionné par Otto Becker, il défendra les couleurs nationales lors de la Coupe des Nations d’Abou Dabi à la mi-février.

 

Harrie Smolders remporte le Grand Prix de la Ville de Bordeaux

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Harrie Smolders / Emerald

L’histoire nous dira si Harrie est un ami qui nous veut du bien. En attendant, le Batave en selle sur Emerald a mis dans sa poche le Grand Prix dominical du prestigieux jumping de Bordeaux. On n’est pas numéro 2 mondial par hasard. Le Néerlandais l’a rappelé à ceux qui avaient oublié le poids de la hiérarchie mondiale en coiffant de belle manière au poteau les 13 autres barragistes d’une épreuve à 33 partants. Son compatriote Jur Vrieglng, autre pilier de l’équipe des Pays-Bas a su également tirer le meilleur de VDL Glasgow pour monter sur la deuxième marche du podium. Ce dernier est compété par Simon Delestre (Gain Line). Une performance qui permet au Lorrain de retrouver le sourire (photo).

Tout le classement, ici.

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Simon Delestre et Gain Line

Bordeaux : Pieter Devos, homme pressé, cavalier comblé

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Pieter Devos et Espoir

Sa nervosité tranche avec le calme olympien des Staut ou Guerdat. A peine apparente, bien contenue. Pieter Devos est un homme pressé sur la piste ou lorsqu’il accorde un entretien à un journaliste. Mais c’est avant tout un professionnel impeccable aussi bien dans les affaires que dans le milieu professionnel du jumping. L’homme a du sang mais toujours maîtrisé. Une vraie qualité donc, de celles qui permettent de s’imposer dans un barrage d’étape Coupe du Monde. Samedi soir à Bordeaux, le Belge associé à Espoir était le meilleur et surtout le plus rapide à l’issue d’une galopade de folie dans une interminable ligne droite conduisant sur le dernier obstacle (photo). Au final, Pieter Devos s’est imposé dans un barrage à neuf devant le Maître Marcus Ehning (Cornado NRW) et la surprise du week-end, l’Espagnol Manuel Fernandez Saro (Carnavaro 9), 107e mondial…

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Pieter Devos, heureux vainqueur de l’étape CdM de Bordeaux

Malgré un important contingent, les forces française de l’équitation sont passées à côté de l’épreuve. Roger-Yves Bost a néanmoins sauvé l’honneur en décrochant une belle 7ème place dans une osmose parfaite avec la belle Sydney Une Prince. Les choses se cont beaucoup moins bien passées pour les autres tricolores. Pas de contre-performance pour Kevin Staut (4 points avec Rêveur de Hurtebise) mais 8 pour Simon Delestre (Teavanta) et Pénélope Leprevost (Vagabond de la Pomme) et une Quenelle du Py beaucoup trop délicate même dans les mains expérimentées d’Olivier Robert pour permettre à ce dernier d’exceller sur ses terres.

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Flying Bosty sur Sydney Une Prince a signé la meilleure performance française

Le Grand Prix dominical devrait néanmoins offrir aux déçus du samedi soir de repartir avec le sourire aux lèvres. Ou pas.

Le classement de l’épreuve ici.

Jumping de Bordeaux : Olivier Robert en chauffeur de salle

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Olivier Robert et Forrest Gump

La tension monte à Bordeaux. En prélude à l’épreuve Coupe du Monde de ce samedi soir, les cracks cavaliers et cracks chevaux ont récité leurs gammes dans une épreuve 1m45 contre la montre. Si la victoire est revenue à l’Allemand Felix Hassman, Olivier Robert parti en numéro 1 après avoir mis la barre très très haut a finalement du se contenter de la seconde place. Dure loi du sport mais l’Aquitain n’a rien à regretter. En selle sur Forest Gump 29 le bien nommé, il a pris avec une assurance et un culot qui ont laissé coi le chef de piste Uliano Vezzani tous les risques et toutes les options. Autant dire que la prestation du local de l’étape sera regardée de près ce soir dans l’épreuve reine du week-end.

Le classement intégral de l’épreuve ici.

Taloubet Z’est fini

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Taloubet Z sous la selle de Christian Ahlmann (archives)

Salut l’artiste. Taloubet Z ne foulera plus les pistes de compétition. L’étalon a tiré sa révérence ce week-end, de la plus belle des manières, par une victoire dans le Grand Prix du CSI 5*. Une véritable performance pour un cheval de 18 ans, piloté de main de maître depuis 9 ans par Christian Ahlmann, l’époux de Judy-Ann Melchior, fille de Léon Melchior, le fondateur du studbook Zangersheide, propriétaire du cheval.

A tout seigneur tout honneur. Le fils de Galoubet A a eu droit à une cérémonie d’adieux à la compétition à l’issue du Grand Prix sur ces terres de Leipzig qui lui ont toujours réussi (une finale Coupe du monde remportée en 2011 et donc désormais 3 victoires dans le GP : 2012, 2013 et 2018).

« Je ne voulais vraiment pas me manquer, ne serait-ce que pour lui ! », a du reconnaître Christian Ahlmann. Comme beaucoup de cavaliers de haut niveau, le cavalier du haras Zangersheide de 43 ans a une personnalité plutôt réservée. Mais comme pour tous les cavaliers, la fin de la carrière sportive d’un cheval de tête est toujours un moment sensible où l’armure s’entrouvre subrepticement : « C’était juste un Grand Prix Coupe du monde comme nous en sautons toutes les semaines. Mais celui-ci était particulier car il s’agissait du dernier parcours de Taloubet, où tout le monde pouvait voir qu’il est toujours en très grande forme. Avoir réussi à boucler un tour parfait avec tant de pression me rend très heureux. C’est sans aucun doute l’un des plus beaux jours de ma vie, pas à cause des points, ni à cause de la dotation, mais parce que ce cheval est toujours aussi puissant malgré son âge et termine sa carrière de la plus belle des manières, sur une belle victoire ! »

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Taloubet Z en action (archives)

Comme disait Confucius, « On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une. » Adieu le compétiteur, bonjour le reproducteur. C’est bien une nouvelle vie qui s’ouvre pour Taloubet Z, chez lui à Zangersheide.

 

Rodrigo Pessoa confirme sa collaboration avec la fédération irlandaise

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Rodrigo Pessoa (archives)

Même si la verte Irlande est très catholique, ses enfants sont loin d’être des enfants de choeur. Et ce qui est vrai pour la société en général l’est encore plus pour son milieu équestre. Les remous, pour ne pas dire la bataille qui entoure la direction du comité en charge du haut niveau a bien failli emporter dans son tourbillon Rodrigo Pessoa, sélectionneur national.

Le Brésilien a été recruté en mars 2017 avec pour objectif de permettre à l’équipe nationale irlandaise d’arracher sa sélection pour les prochains jeux olympiques de Tokyo en 2020. Un défi de cette importance ne peut être relevé et surtout gagné que si l’ensemble de la structure fédérale joue collectif et tire dans le même sens. Or, en octobre 2017, Gerry Mullins a démissionné de son poste de président du comté du haut niveau du saut d’obstacles après s’être opposé à l’organe directeur national au sujet de ce qu’il estimait être une « ingérence » dans son travail.

Ce flottement et ces querelles personnelles avaient amené Rodrigo Pessoa à s’interroger courant décembre sur son avenir à la tête des diables verts. Le retour de Gerry Mullins ferme cette parenthèse. L’ancien cavalier international à confié son intention de se remettre le plus vite possible au travail avec l’encadrement de la fédération irlandaise.

Lucy Davis pose ses valises chez Old Salem Farm

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Lucy Davis

Adieu l’Europe. Lucy Davis va retraverser l’Atlantique avec son piquet de chevaux pour s’installer quelques temps dans les superbes installations d’Old Salem Farm situées à moins d’une heure au nord de New York.

Originaire de Los Angeles, Lucy Davis fait partie de l’équipe américaine de jumping médaillée d’argent aux Jeux olympiques de 2016 à Rio de Janeiro, au Brésil. Comme de nombreuses jeunes riches américaines, elle était venue en Europe travailler avec les meilleurs, notamment Markus Beerbaum, pour apprendre son métier de cavalière professionnelle. Parallèlement elle a menée avec succès des études à l’Université de Stanford où elle a décroché un diplôme en design architectural.

La Californienne de 25 ans se préparera à la compétition dans les installations équestres ultra-modernes d’Old Salem Farm qui accueillent de nombreuses épreuves de haut-niveau toute l’année et où, elle encadrera également des stages. La jeune femme a également indiqué qu’elle allait se consacrer au développement de PonyApp, une application de gestion d’écuries et de soins aux chevaux dont elle est co-fondatrice.

Martin Fuchs et Clooney, c’est de la Bâle

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Martin Fuchs et Clooney 51 (archives)

A tout seigneur, tout honneur. Les Suisses sont restés maitres chez eux pour ce premier Grand Prix 5* de l’année en terres helvétiques. Une première. A 25 ans, Martin Fuchs devient le premier premier (petit) Suisse de l’Histoire à s’imposer dans son jardin à Bâle avec Clooney 51. Cerise sur le gâteau c’est un autre compatriote qui prend la seconde place (Werner Muff / Daimler), reléguant notre Simon Delestre national associé à Chesall à la troisième marche du podium.

Le classement intégral du GP, ici.

Gazelle, la machine à cash de Kent Farrington

Kent Farrington Gazelle 2

Remise des prix pour Gazelle et Kent Farrington, vainqueurs du GP du CSI 5* de Valence

1 026 435 euros. s’i y a un chiffre à retenir, c’est bien celui-là. Un peu plus d’1 million € de gains, c’est ce qu’a accumulé Gazelle, la jument de Kent Farrington, numéro 1 mondial, sur la saison 2017. Un petit pécule qui devrait permettre de lui offrir a minima un jeu tout neuf de bandes de repos. La fille de Kashmir van Schuttershof a terminé l’année dernière avec un bilan plus que satisfaisant : 6 victoires en GP 5* : Valence, Calgary, Wellington, Madrid, Tryon et Genève. Comme disent avec justesse les anglo-saxons : «The Winner Takes It All». Autrement dit, « le gagnant rafle la mise« .CQFD.

Forlap laisse Gregory Wathelet orphelin

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Forlap et Gregory Wathelet

On ne reverra plus Forlap sous la selle de Gregory Wathelet. Le cavalier Belge a annoncé mercredi soir sur Facebook  la disparition de son cheval.  Le crack s’était fracturé un antérieur à la longe début décembre. Bien qu’opéré et soigné au mieux dans la perspective d’une retraite bien méritée, des complications survenues ces deux dernières semaines ont conduit à euthanasier ce très doué fils de Querlybet Hero.

Très touché par la disparition de son cheval avec lequel il a signé de très belles performances (champion de Belgique, vainqueur du GP 5* de La Corogne, 2ème du GP de Doha, 5ème à Lummen …)  Gregory Wathelet a exprimé toute son émotion dans un communiqué reproduit ci-dessous.

« Il y a des destins qui sont ainsi fait et que l’on ne peut pas contrôler !

Tu étais et tu resteras toujours une exception pour toute les personnes qui on eu la chance de te rencontrer…

Tu es arrivé dans ma vie au début de tes 7 ans, malgré ton caractère et ton tempérament bien trempé, tu as directement été quelqu’un de spécial pour moi. Que ce soit par tes attitudes qui ont fait que l’on ne peut que s’attacher à toi ou par tes résultats sportifs très précoces avec ta victoire au Championnat de Belgique des 7 ans.

Tu m’as ensuite offert l’année suivante (alors que tu n’avais que 8 ans) le titre de champion de Belgique senior et toujours au même âge tu remportais déjà un GP 5* à la Coruna. Début des 9 ans tu t’imposais comme la nouvelle futur star avec ta 2ème place dans le GP 5* Doha, 5ème du GP CSIO de Lummen et surtout tes 2 doubles sans fautes sur 2 sorties en coupe des Nations à Lummen et à la Baule !

Il n’en fallait pas plus pour que nous ne puissions te garder ! Ce fut pour moi déjà une grande déchirure de te voir partir à l’âge de 9 ans.

Mon rêve avait toujours été que tu reviennes chez moi jusqu’au jour où cela est devenu réalité, quand Judith a décidée de me faire ce cadeau pour lequel je ne serais jamais assez reconnaissant. Je pensais alors que tu étais de retour pour le reste de ta vie et pour de longues années.

Mais c’était sans compter sur ce coup du sort qui en décidera autrement ! 1 an jour pour jour après ton arrivé et déjà tous ses résultats positifs dont cette merveilleuse finale de coupe du monde à Omaha, c’est le destin qui décidera de mettre une fin prématurée à tout cela.

Après cet accident, toute l’équipe a mis tout en œuvre pour te sauver et que tu puisses avoir une belle retraite anticipée. Mais une nouvelle fois alors que tu montrais encore ta force de caractère et ton intelligence incroyable pour te sortir de cette situation et réparer cette fracture, les 2 dernières semaines ont été plus difficiles pour toi avec plusieurs complications. Mais là encore, tu t’es battu comme jamais. Mais malheureusement ce dernier combat, tu n’as pu le gagner.

Le destin en a décidé autrement et c’est avec beaucoup de tristesse que nous avons du prendre la décision de te laisser partir et ainsi d’abréger tes souffrances dans ce dernier combat qui était tout simplement perdu d’avance. Peut-être que tout simplement cela devait se terminer comme ça !

Aujourd’hui je suis tellement peiné et souffrant de ton départ que je dois encore réaliser que tu ne seras plus là. J’ai l’impression d’avoir perdu mon meilleur ami ou même un membre de ma famille !

Tu vas manquer a beaucoup de monde ici à l’écurie et même à l’extérieur. Mais pour moi tu seras toujours là quelque part dans mon cœur et dans mes pensées.

Je te souhaite bon vent dans ta prochaine vie.. Merci pour tout ce que tu m’as offert. Forlap, je t’aime vraiment fort… tu me manques déjà tellement. »

Taloubet Z bientôt à la retraite

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Taloubet Z sous la selle de Christian Ahlmann

A désormais 18 ans, avec des gains totaux s’élevant à 2 000 000 €, 105 participations en concours 5*, 45 épreuves Coupe du monde, 26 victoires internationales, 9 championnats, des médailles olympiques, des championnats d’Europe et finales Coupe du monde… Taloubet Z a bien mérité sa retraite sportive. Celle-ci sera effective en avril 2018.

L’étalon bai fils de Galoubet A qui avait fait ses premiers pas sur la scène internationale fin 2008 sous la selle de la Belge Judy-Ann Melchior, avait rapidement échoué sous la selle de son compagnon, Christian Alhmann avec lequel il forme encore un duo redoutable.

Taloubet Z se consacrera donc entièrement au printemps prochain à sa carrière de reproducteur.

Luger Beerbaum blessé dans le Grand Prix de Malines

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Ludger Beerbaum

Mauvais fin d’année pour Ludger Beerbaum. Le Kaiser s’est blessé dans le Grand Prix de Malines (Belgique) samedi 30 décembre en fin d’après-midi (cf vidéo). Alors qu’il venait de terminer son tour, pénalisé de 8 points dont 4 sur le dernier, son cheval, Chacon, lui a pris la main pour sauter le vertical numéro 5. Une incompréhension qui coûte cher au Maître allemand qui en voulant retenir Chacon a pris un fort temps de retard dans le saut qui s’est achevé par une lourde chute du cavalier au pied d’un chandelier.

Pas vraiment du genre douillet, le champion allemand ne s’est pas relevé. Il s’est assis au bout de quelques instants, le visage marqué par la douleur en tenant son épaule gauche. Avec sang froid en en tentant de maîtriser sa respiration Ludger Beerbaum s’est entretenu avec les secouristes et on a vite compris qu’il y avait un problème. Le blessé a finalement été évacué, assis sur une civière avec Christian Alhmann à ses côtés, venu réconforter son compatriote. D’un petit geste de la main , Ludger Beerbaum n’a pas manqué de saluer le public. La grande classe puisqu’on apprenait un peu plus tard dans la soirée que le cavalier allemand avait été opéré d’une fracture ouverte à l’épaule.

Maikel van der Vleuten voit la vie en Dutti

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Maikel van der Vleuten sous les couleurs VDL. Une image qui appartient désormais au passé.

Changement de couleurs pour Maikel van der Vleuten. Le cavalier Néerlandais de 29 ans a mis fin au partenariat qui le liait au groupe industriel VDL au profit d’une nouvelle collaboration avec Massimo Dutti, la marque espagnole de vêtements. Le changement de sponsor ne s’effectue pas dans la douleur. Grâce à sa qualité de co-propriétaire de Verdi et d’Areca C Maikel van der Vleuten conservera sous sa selle ces deux cracks.

Simon raccroche les crampons

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Simon sous la selle de Beezie Madden

Beezie Madden, l’icone américaine du saut d’obstacles, a annoncé ce jour via les réseaux sociaux  la fin de la carrière sportive, à 18 ans, de Simon qui fût longtemps l’un de ses chevaux de tête.

Débuté par Jeroen Dubbeldam, ce fils de Mister Blue est acquis en novembre 2011 par Abigail Wexner, le principal mécène de Beezie Madden. Les succès s’enchaînent vite avec notamment une victoire dans la finale de Coupe du monde en 2013, à Göteborg, l’un de ses plus beaux titres.

Simon quitte la scène en pleine possession de ses moyens, après une exceptionnelle longévité au plus haut niveau.

Londres : Roque around the clock pour Julien Epaillard

London International Horse Show Olympia 2017

crédit photo : Kit Houghton /Horsepower

Il ne suffit pas de démarrer l’année en fanfare. Il faut savoir aussi la conclure en beauté. C’est chose faite pour Julien Epaillard. Vainqueur surprise de l’étape Coupe du Monde de Bordeaux en février, sensation du Paris Eiffel jumping en juillet, le Normand de 40 ans a récidivé de façon magistrale dans la so british enceinte de l’Olympia de Londres ce week-end. L’enfant terrible de l’équitation française douche les rêves de doublé de Scott Brash pour s’imposer avec facilité aux commandes de Toupie de la Roque dans un barrage à 4 participants. Kevin Staut (Silver Deux de Virton), plus rapide des 4 points prend la 5ème place.

L’image était magique. La Marseillaise et le beau sourire de Julien Epaillard avaient des allures de Noël avant l’heure. Mais avant d’en arriver là, il a fallu batailler un peu, beaucoup. D’autant plus que le chef de piste brésilien Guillaume Jorge n’a pas brillé par son génie. Le parcours réservé aux 36 engagés a vite tourné à l’exercice de déforestation sauvage. A croire que l’hiver s’annonce rude outre-manche tant le bruit du bois aura été incessant tout au long de l’épreuve.

Quatre couples ont néanmoins réussi trouvé les clés pour arriver à bon port sans pénalité. Un quatuor de choix avec Scott Brash (Ursula XII), Edwina Tops Alexander (Inca Boy van T Vianahof) et Peder Fredricson (Christian K). Parmi eux le frenchie avait des allures de vilain petit canard avec son palmarès moins étoffé et une jument sous sa selle seulement depuis le mois de mai. Le barrage tant attendu pouvait commencer.

Acte I : Peder Fredricson ouvre le bal

Le champion d’Europe en titre, premier à s’élancer boucle son barrage sans faute mais sans prendre tous les risques, pas vraiment décidé à mettre sa monture dans le rouge. Les choses sérieuses débutent.

Acte II : Edwina met la barre un peu plus haut. L’Australienne a du métier et un cheval comme elle les aime : une boule de muscles, compacte et terriblement bondissante. Sans surprise, Mme Tops améliore le chronomètre et met la pression sur les suivants.

Acte III : le favori entre en scène. Chouchou du public et un peu trop sûr de lui, Scott Brash voyait l’affaire pliée. Avec une Ursula en pleine forme et un art des tracés courts et rapides, le vainqueur de l’édition précédente pense déjà au chèque qu’il trouvera au pied du sapin. L’Écossais met donc les gaz et améliore le chronomètre… de 3 secondes. Au suivant.

Acte IV : Julien Epaillard entre en scène

Le Français est devancé par sa réputation de cavalier très rapide mais aussi par une malchance qui a tendance à lui coller comme le sparadrap aux doigts du capitaine Haddock. Mais la place d’outsider est parfois la meilleure. Julien Epaillard signe un barrage fluide et très rapide servi par une jument de très grande classe. Scott Brash serre les dents. Le Normand lui a volé « sa » victoire. Beau joueur, le public londonien salue la performance. C’est seulement la deuxième fois qu’un Français s’impose dans une étape Coupe du Monde à l’Olympia.

Le classement intégral de l’épreuve ici.

Dominique Megret, nouveau président de l’association des propriétaires de chevaux internationaux de saut d’obstacles

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Crédit photo :Jumping Owners Club / Tiffany van Halle. De gauche à droite : Robin Parsky, Christian Baillet, Dominique Mégret, Georg Kähny, Capt. John Roche et Emmanuele Perron-Pette.

Ils sont discrets mais très influents. Que serait le haut niveau en CSO sans des  propriétaires passionnés, souvent plus mécènes que partenaires financiers des plus grandes écuries ? Le Jumping Owners Club (JOC), association rassemble ainsi les propriétaires de chevaux internationaux de saut d’obstacles depuis 2004 afin d’être globalement mieux pris en considération par les instances de l’équitation et de pouvoir peser sur l’évolution du jumping. Entre gens de bonne éducation, point de conflit. La FEI est un soutien officiel de ce club très fermé qui depuis son assemblée générale du 9 décembre à Genève dispose d’un nouveau président en la personne de Dominique Mégret, élu à l’unanimité.

C’est ce qu’on appelle une transition en douceur. Christian Baillet, président depuis 2010, a choisi de passer la main.  C’est un autre Français qui prend la suite : Dominique Mégret. Celui-ci est nettement moins connu du milieu équestre que son épouse Geneviève ou de sa fille, Elise, qui incarnent la Haras de Clarbec dont la cavalière vedette n’est autre que Pénélope Leprevost.

Pourtant, si Dominique Megret, ancien cavalier, est un passionné d’équitation il est aussi un redoutable homme d’affaires resté longtemps à la tête du premier fonds d’investissement Tricolore : PAI Patners.

Après avoir souligné l’important travail réalisé sous la présidence Baillet, Dominique Megret, aussitôt élu, a tracé les futures grandes lignes de son mandat : « Mon premier objectif sera de m’assurer que la voix des propriétaires, qui sont les premiers et principaux sponsors de notre sport, soit écoutée et entendue sur tous les sujets importants. Je souhaite aussi que notre sport continue de se développer de manière équilibrée et que dans ce cadre, le bien-être physique et mental des chevaux reste une priorité absolue pour tous. »

En l’espace d’une demie douzaine d’années, le JOC a vu son nombre fortement augmenter. Le club est désormais reconnu comme la voix officielle des propriétaires dans le monde, notamment par les institutions internationales, ce qui lui confère un rôle prépondérant sur des thèmes comme le bien-être des chevaux et l’égalité des chances face au sport.

Outre Dominique Mégret, Président, le comité du Jumping Owners Club est désormais composé de Robin Parsky (USA), Georg Kähny (SUI), Emmanuele Perron-Pette (FRA), Christian Baillet (FRA) et John Roche (IRL), représentant de la FEI.

Avec communiqué.

CHI de Genève : indéboulonnable Kent Farrington

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Kent Farrington et Gazelle (archives)

In the pocket. On n’arrête plus Kent Farrington. Le numéro 1 mondial s’est imposé dimanche dans le Grand Prix Rolex du très côté CHI de Genève, classé cette année encore par les cavaliers comme meilleur concours au monde. Avec son allure de Playmobil, le supersonique de l’Illinois, en selle sur Gazelle la bien nommée, n’a laissé aucune chance aux quatre autres barragistes et poursuivants malheureux. Le Suédois Henrik von Eckermann (Mary Lou 154) et le Belge Grégory Wathelet (Corée), pas assez rapides, ont du se contenter des places d’honneur respectivement deuxième et troisième.

Poignée dans le coin, les épaules dans le sens du mouvement en avant, Kent Farrington, mâchoires serrés n’était pas venu faire du tricot sur l’immense piste de Palexpo. Il faut avouer qu’il en fait rarement. Avec dix victoires en Grand Prix au compteur cette année, le fils de l’oncle Sam est devenu une caricature de Balthazar Picsou.

Plus on en a et plus on en veut. Malgré un parcours très sélectif, piégé de multiples chausse-trappes par le chef de piste et homme de l’art Gérard Lachat, Kent Farrington a attaqué ses tours comme d’habitude, pied au plancher, dans un galop d’enfer. L’assurance du cavalier très en réussite ces derniers temps et son coup d’œil aiguisé pour trouver les belles distances ont fait le reste. Le tout servi sur un plateau par une jument très réactive, de la catégorie de ces chevaux dont on constate avec émerveillement qu’ils ont presque des yeux au bout des sabots. Dire dans ces conditions que le Grand Prix était beau serait un mensonge. Il était superbe et palpitant.

Côté Tricolores, le temps n’était pas encore à la moisson mais plutôt aux semailles. On retiendra donc les parcours prometteurs de deux cavaliers novices à ce niveau, Benoît Cernin (Uitlanders du Ter) et Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), mais aussi de Vendome d´Anchat HDC sous la selle de Kevin Staut.

Tous les résultats ici.

Kevin Staut sacré meilleur des meilleurs

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Kevin Staut et Rêveur de Hurtebise HDC (archives)

Il n’est pas du genre à fendre facilement l’armure. A peine un sourire naissant qui s’esquisse et des yeux qui pétillent un peu plus. Il est comme ça notre Kevin Staut, tout en retenue extérieure même si à l’intérieur, l’ébullition est réelle. A 37 ans, et pour sa huitième participation, le Normand a remporté l’épreuve du Top 10 dans le cadre du CHI de Genève.

L’homme fort du Haras des Coudrettes et taulier indéboulonnable de l’équipe de France n’a plus rien à prouver mais la petite ligne qui vient de s’ajouter ce samedi 9 décembre à un palmarès long comme un hiver sans fin a un goût particulier. Pour trois raisons au moins.

La première c’est que cette victoire récompense une incroyable régularité au plus niveau pour un cavalier jamais bien loin des sommets revenu dernièrement sur la troisième marche du classement mondial. Le compétiteur est donc comblé.

Le bon camarade l’est aussi. La veille ses pairs l’ont, de façon consensuelle, désigné comme leur représentant auprès des instances sportives en l’élisant à la tête du club des cavaliers de saut d’obstacles, l’IJRC. Une vraie reconnaissance de ses qualités humaines et de son éthique.

Enfin, la troisième raison, c’est que sa victoire dans cette édition 2017 du Top 10 a été signée de façon magistrale avec sa monture de coeur, Rêveur de Hurtebise HDC. L’expression apparaît galvaudée mis elle prend tout son sens chez cet homme de cheval qui a toujours cru dans ce hongre SBS dont le coeur n’a jamais été mis en cause mais dont le manque de régularité et d’endurance ont été pointés par le passé.

Le volontarisme et la foi de Kevin Staut auront finalement eu le dessus sur ces handicaps de départ. Rêveur a démontré à bientôt 17 ans une forme étincelante attestée par une absence de pénalités malgré deux tours particulièrement délicats.

Pour ce cheval déjà décoré de l’or olympique, le sacre de son cavalier comme meilleur des meilleurs avait pour lui aussi une saveur particulière. Il suffisait pour s’en rendre compte de regarder son oeil hier soir lors de la remise des prix. Le calme des vieilles troupes et la satisfaction du devoir accompli. Bravo à tous les deux.

Tout le classement, ici.

Victoire sur le fil de Daniel Deusser aux Longines Masters de Paris

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Daniel Deusser et Cornet d’Amour (archives)

Il flottait ce week-end à Paris Nord-Villepinte comme un petit air de belgitude. L’armada EEM de Christophe Ameeuw avait planté sa caravane dans la capitale Française. Pas de baraque à frites mais beaucoup du strass et des paillettes et une coloration people savamment recherchée.  Côté paddock, les organisateurs ont pu faire prévaloir un très beau plateau de compétiteurs même si finalement le Grand Prix ne s’est couru qu’avec 35 partants.

La victoire est revenue à un couple expérimenté. Daniel Deusser s’impose dans un barrage à 12 participants sur son fidèle Cornet d’Amour. C’est avec ce  hongre westphalien désormais âgé de 14 ans que le cavalier de tête des écuries Stephex (toujours des Belges) avait épinglé en 2014 la finale Coupe du Monde à Lyon. Autant dire que la complicité dans le couple est totale. Il fallait bien ça pour arriver à devancer d’un cheveu, 13/100es,   l’autre couple ultra-performant du moment : Simon Delestre et Hermès Ryan. Le fils surdoué d’Hugo Gesmeray a, une nouvelle fois, démontré son incroyable régularité. « Ryan n’a pas loupe un seul Grand Prix depuis six mois » a confié tout heureux son cavalier lorrain au micro de l’Eperon.

De passage à Paris la veille, Barack Obama a rappelé dans un discours très attendu que les américains adorent la France. Ce n’est pas Lauren Hough qui dira le contraire. En selle sur sa frêle Ohlala, la fille de l’Oncle Sam clôture le podium à la troisième place, juste devant Pénélope Leprevost également sans faute au barrage avec Vagabond de la Pomme.

Le classement complet du GP ici.

Hermès Ryan, sacré cheval de l’année 2017 pour le CSO

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Hermès Ryan et Simon Delestre

La petite histoire dit de lui que c’est un amateur de bananes. La grande retiendra les qualités hors normes d’Hermès Ryan, ce petit cheval de 1,59m né en 2005, fils de Hugo Gesmeray et de Ryonne des Hayettes Z.

A cheval de qualité, cavalier de talent. Parce que l’équitation c’est une histoire de couples. En l’espèce Ryan est acheté à 3 ans par Simon Delestre et Philippe Berthol à un certain… Eric Lamaze. Un choix incertain à l’époque mais que les années suivantes révéleront comme judicieux.

Cheval de tête et de coeur décrit par Simon Delestre comme « exceptionnel », il offre à ce dernier une incroyable ascension dans la hiérarchie mondiale dont la place convoitée de leader de la ranking list. Ce statut éphémère en avait fait l’un des couples favoris des JO de Rio de 2016. Las, le sort en avait décidé autrement. Victime d’une micro-fracture dans son boxe,  l’alezan au grand coeur voit s’envoler les espoirs de graver son nom sur les tablettes des montures olympiques.

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Peur de rien. Des barres ras les oreilles n’effraient pas Hermès Ryan.

Après 6 mois d’absence et autant de patience de la part de son cavalier, Hermès Ryan signe enfin son retour dans la cour des grands. Mais celui-ci ne pouvait être qu’effectif sur une victoire prestigieuse. Ce fût chose faite à Equita Lyon à l’issue d’un barrage d’anthologie. Cette victoire avant tout sur le mauvais sort et témoignage de la volonté et de la foi de Simon Delestre dans « le cheval de sa vie » tout autant que dans l’incroyable qualité de Ryan.

Cela  valait bien le titre de cheval de l’année en catégorie saut d’obstacles. Les internautes ne s’y sont pas trompés en profitant de ce titre (en chocolat) décerné par le magazine l’Eperon pour signifier leur attachement à un cheval petit par la taille mais si grand par le talent.

Roger-Yves Bost remporte le GP Coupe du Monde de Madrid

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Roger-Yves Bost et Sydney Une Prince (archives)

Notre Bosty national est au jumping ce qu’Ayrton Senna était à la Formule 1 : toujours pied au plancher. Et quand ça passe, le Barbizonnais est tout simplement imbattable. Le champion olympique par équipe en a fait une nouvelle fois la démonstration samedi soir dans le Grand Prix 5* du Mardi Horse Week. Le Français en selle sur Sydney Une Prince devance le Belge Niels Bruynseels deuxième sur Cas de Liberté et l’Irlandais Mark McAuley, révélation de cette fin d’année, troisième, associé à Miebello.

Avec 18 qualifiés pour le barrage (sur 40 partants), le droit à l’erreur n’existait pas. Ça tombe bien,  la main de Bosty n’a pas tremblé. Le Français signe un parcours intelligent sans mettre pour autant sa jument olympique dans le rouge. Idem pour son compatriote Aldrick Cheronnet (Tanael des Bonnes) qui malgré une expérience moins importante à ce niveau réalise un barrage de grande qualité qui lui donne accès, en dépit d’une concurrence féroce, à une belle sixième place.

Le classement intégral du GP ici.

Cheval de l’année : For Joy bien placé

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For Joy sous la selle de Kevin Staut

C’est un rendez-vous incontournable et bien sympathique de l’année. Le magazine L’Éperon, qui célèbre cette année ses 80 ans d’existence, invite les internautes à désigner « le cheval de l’année ».  Le vote sera clos dimanche et offre déjà un beau mano a mano entre For Joy van’t Zorgvliet et Hermès Ryan.

Ils sont quatre en effet à se disputer les faveurs du public dans la catégorie CSO. Outre les montures de Kevin Staut et Simon Delestre, on retrouve également la belle Sangria du Coty (Bosty) et le puissant Ilex VP, le moins connu du grand public mais véritable révélation sous la selle de Nicolas Delmotte.

Qui pour succéder à Flora de Mariposa ? La question est posée. En attendant, vous avez une partie de la réponse entre les mains.

Pour voter, c’est ici.

Kevin Staut, meilleur Français à Stuttgart

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Kevin Staut et Silver Deux de Virton HDC (archives)

Si le Grand Prix du CSI 5* de Stuttgart a été marqué par la victoire de Steve Guerdat sur Hannah, Kevin Staut a une nouvelle fois vaillament défendu les couleurs françaises. Le champion olympique par équipe signe en terres allemandes la meilleure performance française. Un double sans faute avec Silver Deux de Virton HDC, pourtant sous sa selle que depuis 2016,lui permet de se classer à la 7ème place et de glaner des points supplémentaires synonymes de qualification pour la finale Coupe du Monde qui se déroulera en avril prochain au palais omnisports de Paris-Bercy.

Le classement intégral du GP, ici.

Patrice Delaveau remporte le CSI 4* de Rouen

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Patrice Delaveau ey Leontine Ledimar HDC (archives)

Patrice Delaveau a remporté ce dimanche le Grand Prix de Rouen (Equi Seine). Le cavalier du Haras des Coudrettes était associé à  Leontine Ledimar HDC, jument Zangersheide de 10 ans. Le vice-champion du Monde 2014 s’impose au barrage devant le très véloce Julien Epaillard (Toupie de la Roque). Laurent Goffinet (Quinette du Quesnoy), complète un podium 100% normand.

Le classement intégral du GP, ici.

 

 

Contrôle anti-dopage : Nadja Peter Steiner dans la tourmente

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Saura de Fondcombe sous la selle de Nadja Peter Steiner

Mardi 14 novembre, la Fédération Suisse des Sports Équestres a révélé que Nadja Peter Steiner (33 ans/86ème mondiale) faisait l’objet d’une suspension  provisoire par la Fédération Équestre Internationale dans l’attente d’une décision du Tribunal de la FEI.  Sa jument Saura de Fondcombe a été contrôlée positive dans la tournée marocaine lors du CSI3*-W de Tétouan qui se déroulait du 5 au 8 octobre 2017. C’est un véritable coup de massue pour la Suissesse qui clame son incompréhension et son innocence.

La suspension provisoire de Nadja Peter Steiner s’applique tant aux concours internationaux que nationaux. Saura de Fondcombe est également suspendue pour deux mois, jusqu’au 8 janvier 2018. En outre, le caractère positif du contrôle entraîne la disqualification automatique du couple pour l’ensemble des épreuves du CSI3*-W de Tétouan. Nadja Peter Steiner se voit ainsi privée de sa victoire dans le Grand Prix et doit rendre tous les gains acquis.

Cinq jours plus tard, lors du CSIO3*-W de Rabat,  Saura de Fondcombe a fait l’objet d’un nouveau contrôle qui s’est révélé négatif.

Le produit décelé à Tétouan est de l’o-desmethyltramadol. Il s’agit d’un analgésique utilisé pour le traitement d’états de douleurs en médecine humaine et il n’est pas autorisé pour les chevaux. «Je suis profondément choquée par le résultat du contrôle de médication de Saura de Fondcombe, sachant qu’il n’y a aucune explication», a déclaré Nadja Peter Steiner. «Ni moi, ni personne de mon entourage n’avons administré la substance détectée. Le respect des dispositions anti-dopage est de la plus haute importance pour moi et je soutiens à 100 % la prévention du dopage de la FEI. Nous les cavaliers sommes particulièrement sensibles à ce thème et pour nous, le bien-être de nos partenaires chevaux est prioritaire».

Les questions de contrôles positifs doivent être appréhendées avec beaucoup de recul et de prudence. En 2015, à l’issue d’une longue procédure, deux autres cavaliers Suisses, Steve Guerdat et Alessandra Bichsel ont été reconnus innocents de tout comportement fautif ou négligence dans les procédures antidopage ouvertes contre eux. Un dénouement a priori surprenant mais pourtant acquis de haute lutte par Steve Guerdat qui a réussi à fournir des  preuves concluantes et détaillées attestant que les contrôles anti-dopage positifs des chevaux concernés étaient liés à une contamination alimentaire. Il faut être réaliste, ce tour de force a été permis par la notoriété du champion qui a réussi à mobiliser des moyens hors normes, non accessibles à des cavaliers moins capés.

Qu’en sera-t-il pour Nadja Peter Steiner ? Ses déclarations d’innocence et de bonne foi, ainsi que son comportement toujours exemplaire,  risquent d’être de peu de poids face à un Tribunal de la FEI en attente de faits concrets. Dura lex sed lex. C’est aujourd’hui à la cavalière de faire la preuve de son innocence. On ne peut que lui souhaiter d’aboutir dans cette quête de vérité.

La résistance s’organise face à l’impérialisme du Global Champions Tour

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Jan Tops

C’est une menace qui n’a rien de fantôme. Jan Tops, le patron du Global Champions Tour (GCT), a décidé de passer la seconde dans sa conquête des sports équestres en donnant une nouvelle ampleur à son circuit avec 5 nouvelles étapes et un niveau de dotations inégalé (35M€ au total). Sa stratégie, c’est celle de l’édredon. A savoir, asphyxier en toute discrétion la FEI et la contraindre à déréguler les compétitions au profit de son circuit. Autrement dit, substituer à la loi du sport, celle de l’argent.  Mais là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. Des cavaliers talentueux, amoureux de leur discipline, ont fait le choix courageux de s’opposer frontalement aux ambitions de Jan Tops. Une poignée d’hommes et de femmes emmenés par Steve Guerdat et Kevin Staut qui n’entendent pas plier face aux ambitions d’un seul homme. Et qui sait, leur détermination pourrait bien, à la fin, être payante.

Il est fort, très très fort ce Jan Tops. Un sens hors du commun du commerce en particulier et des affaires en général. Marchand de chevaux hors pair aidé par un passé de compétiteur sacré par un titre de champion olympique par équipe (1992), Jan Tops aurait pu se contenter de d’un patrimoine plus que respectable constitué au fil des ans. Allez savoir pourquoi, l’appétit financier de ce fils de boulangers est insatiable. Un soif de l’or qui oscille entre mégalomanie et folie des grandeurs à l’image de son petit royaume de Valkenswaard, avec ses 500 boxes noyés dans une débauche de luxe. A décharge pour l’intéressé, celui-ci n’a jamais caché que son modèle était celui de la Formule 1 avec lui-même dans le rôle de Bernie Ecclestone, le grand argentier tout puissant.

Pour atteindre ce rêve, il fallait pouvoir disposer d’une manne financière quasi-inépuisable. C’est là où les Qataris entrent en jeu. Pourtant, l’importance des flux financiers brassés par le système suscite bien des interrogations. Tout autant que la réussite exponentielle du Hollandais et le manque de transparence qui l’entoure. Son poids est aujourd’hui tel que rares sont ceux qui sont prêts à le contrarier. A commencer par les dirigeants de la FEI qui après avoir perdu une première manche sur le terrain juridique ont totalement retourné leur veste en début d’année 2017 en signant un protocole d’accord  soit-disant « gagnant-gagnant » avec les propriétaires du GCT. En fait, un accord de dupes conclu sur le dos des compétiteurs.

On pensait la partie pliée et les mauvaises têtes, celles qui préfèrent les Coupes des Nations  aux étapes lucratives du Global, au piquet pour un moment. Mais le vent a peut être commencé à tourner. A Lyon notamment. Parce qu’Equita, concours ancré dans le paysage hexagonal et fort d’un public fidèle, a démontré qu’aucune star du 5* n’est irremplaçable et que le vivier de cavaliers talentueux et de chevaux hors-normes ne se limite pas à une poignée de grosses fortunes qui pensent avoir trouvé dans le jumping une distraction pour dépenser leur argent. La qualité du sport délivré est la clé et le public, souvent composé de connaisseurs, ne s’y trompe pas. Cela veut dire que l’accès au plus haut-niveau, les 5*, ne peut se faire pour l’essentiel sur des critères financiers avec une sélection par des droits d’accès payants mais bien, en fonction de résultats sportifs.

Ça tombe bien. L’association des cavaliers internationaux de saut d’obstacles (IJRC) qui est seule détentrice des droits techniques du classement mondial de saut d’obstacles rappelle qu’elle ne jouera pas les potiches. Steve Guerdat qui en est l’un des représentants les plus éminents a précisé clairement la position de l’IJRC : « Notre but est d’attribuer des points aux rankings uniquement lors de concours offrant du bon sport et pas à des manifestations ouvertes aux cavaliers ayant les moyens d’acheter leur participation. Nous devons trouver le meilleur système pour atteindre notre but et protéger le vrai sport ».

L’IJRC ne fait pourtant que demander le respect des règles votées lors de l’Assemblée générale de la FEI en 2016 selon lesquelles la clé de répartition de l’accès au CSI 5* devrait être la suivante : 60% des cavaliers inscrits au concours, selon le classement mondial, 20% pour la fédération nationale du pays hôte, 20% pour le comité d’organisation. Or le système commercial porté par Jan Tops s’affranchit de cette ventilation pour retenir la suivante : 30% de cavaliers issus du classement mondial, 10% de cavaliers du pays hôte et 60% de cavaliers inscrits dans une équipe pour lesquelles le droit d’entrée est de 2 M€ ! Tout le scandale actuel, c’est que dans ces conditions, les épreuves du GCT qui ne respectent pas les règles ne devraient pas attribuer de points pour le classement mondial or, c’est bien le cas. Ce qui favorise de fait les cavaliers les plus fortunés capables de s’engager dans le GCT.

La position de l’IJRC sera-t-elle déterminante ou n’est-elle qu’un coup d’épée dans l’eau face au rouleau compresseur du GCT ? Difficile à dire pour l’instant mais quelques grands propriétaires de chevaux entrent à leur tour dans la danse pour soutenir la position des cavaliers. Le combat à des allures de David contre Goliath mais on sait depuis 2007 et la crise des subprimes que dans le milieu de la finance, le too big to fail est un leurre. Il suffirait d’ailleurs que les fédérations nationales imposent la participation  en Coupe des Nations pour être sélectionnable dans les grands rendez-vous (Jeux Équestres Mondiaux, championnats d’Europe, Jeux Olympiques) pour enlever de l’attractivité au GCT. De là à dire que l’organisation de Jan Tops est un colosse aux pieds d’argile, il y a un pas qu’il serait imprudent de franchir.

Kevin Staut en lice pour le Top 10 Rolex-IJRC

Kevin Staut et For Joy van’t Zorgvliet HDC

Rendez-vous à Palexpo. Kevin Staut sera le seul Français à disputer le Top 10 Rolex qui se déroulera le 9 décembre prochain dans le cadre du CHI de Genève. Pour la seizième année consécutive, cette épreuve créée  par l’Association Internationale des Cavaliers de saut d’obstacles (IJRC) sacrera le roi des rois.

Les 10 cavaliers présents sont ceux qui chevauchent en tête de la ranking list de novembre, le classement permanent mondial, à l’exception de Steve Guerdat, 11ème, qui bénéficier du forfait de McLain Ward (2ème mondial). Pas de problème de ticket d’entrée pour Kevin Staut, numéro 3 mondial, qui a son rond de serviette à Palexpo. Le Normand s’apprête à disputer sa septième participation au Top 10 depuis 2009, témoignage de sa constance au plus haut niveau.

Modeste, Kevin Staut n’explique pas cet exploit par ses qualités de cavaliers mais par les conditions de travail dont il bénéficie ainsi que par sa passion pour la compétition.

C’est ce qu’il avait expliqué dans les colonnes du Figaro.fr en juin de cette année : « Aujourd’hui, si vous prenez les 200 meilleurs mondiaux, je ne pense pas que ce soit la technique pure qui fasse la différence. Il y a bien sûr le facteur mental, qui est essentiel. Mais, au-delà des capacités à résister à la pression, il faut avoir l’esprit d’un champion de haut niveau. C’est un sacrifice énorme et beaucoup de très bons cavaliers se rendent compte qu’ils ne sont plus prêts à partir en compétition chaque semaine, loin de leur famille, et qu’ils ont envie d’autre chose. Moi, j’adore monter à cheval et je suis dingue de compétition ! J’ai la chance d’avoir une organisation optimale autour de moi qui me permet de me concentrer totalement sur mon sport. Et, bien sûr, il faut être soutenu par des propriétaires tels qu’Armand et Emmanuèle Perron-Pette qui croient en vous et investissent de leur temps et de leur argent pour vous confier de très bons chevaux. Même si vous êtes le meilleur cavalier d’un point de vue technique, pratique et mental, vous ne pouvez pas vous maintenir au plus haut niveau sans cela. J’ai aussi une situation familiale propice puisque je ne suis pas marié et que je n’ai pas d’enfants ».

Equita’Lyon : Hermès Ryan, tel le phénix…

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Les lauriers du succès pour Simon Delestre et Hermès Ryan

On a connu des Grand Prix d’Equita’Lyon avec des plateaux légèrement plus relevés mais, l’édition 2017, même restreinte à 40 engagés, n’était en aucun cas au rabais. La victoire de Simon Delestre associé à un Hermès Ryan revenu au top de sa forme doit être saluée. Tant sur le fond avec un cavalier qui a su intelligemment prendre le temps de préserver et de ramener son « petit bijou » au plus haut niveau que sur la forme avec un barrage somptueux porteur de beaucoup d’espoirs pour un couple qui a tout pour devenir mythique.

Il est des articles aux allures prémonitoires. A l’image de celui consacré ce dimanche même dans les colonnes du Progrès de Lyon. Benjamin Steen, le journaliste e eu du nez en signant un entretien avec le cavalier lorrain. L’ancien numéro mondial confie que son petit crack est revenu à 100% mais surtout fend avec sincérité l’armure pour parler de Ryan : « C’est un cheval différent parce qu’il est petit mais hyper généreux et respectueux. Il ne lui manque que la parole. Il est intelligent comme peu de chevaux. En fait, il est au-dessus à tous les niveaux. Il comprend tout, il analyse tout, il anticipe tout. C’est mon petit bijou. Peut-être que je ne recroiserai jamais un tel cheval dans toute ma carrière. Je l’ai depuis qu’il a cinq ans. C’est forcément très spécial. Je veux le meilleur pour lui. Il le mérite et il me le rend puissance dix. »

A Eurexpo, Ryan a été encore au-delà de ce que pouvait attendre de lui son cavalier. Pied au plancher celui-ci a conduit avec détermination et précision sa monture vers la victoire. Rapide, très rapide, le duo a réussi à faire descendre encore un petit peu un chronomètre déjà sérieusement raboté par des barragistes contraints par le nombre (11) à prendre tous les risques. Du beau sport qui se traduit par un podium sur lequel Simon Delestre laisse la deuxième place à Henrik von Eckermann (Mary Lou) et relègue le très affuté Steve Guerdat sur sa délicate Bianca sur la troisième marche du podium.

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Simon Delestre peut se réjouir d’avoir retrouvé un Hermès Ryan à 100% de ses possibilités

Hermès Ryan sera-t-il l’artisan d’une remontée spectaculaire de Simon Delestre (actuellement 18ème mondial) vers le sommet ? C’est tout le mal que l’on peut leur souhaiter. Les prochaines échéances n’en seront, en tout cas, que plus palpitantes.

Le classement complet ici.

Vérone : Maikel Van der Vleuten s’impose, Simon Delestre satisfait

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Maikel Van der Vleuten et Verdi (archives)

Vérone (Italie) accueillait ce week-end la troisième étape du circuit Coupe du monde de la zone Europe de l’Ouest. La victoire est revenue à Maikel Van der Vleuten en selle sur son inaltérable Verdi (VDL Groep Verdi TN). Le Néerlandais souffle la victoire  au barrage à l’Italien Alberto Zordi (Fair Light van T Heike) alors que le Belge Pieter Devos (Apart) prend la 3ème place.

Les Français peuvent néanmoins être satisfaits. Malgré son mauvais résultat avec Rêveur de Hurtebise (12 points, 30ème), Kevin Staut conserve la tête du classement général, devançant d’un petit point le vainqueur de Vérone. De son côté, Simon Delestre confirme son retour au meilleur de sa forme. Le Lorrain se classe 6ème du Grand Prix  (avec une faute) associé à Hermès Ryan après avoir remporté deux autres épreuves dans le week-end. Toujours là, Pénélope Leprevost sur son fidèle Vagabond de la Pomme suit au classement (7ème), également pénalisé par une barre dans un barrage à dix concurrents.

Autant dire que le clan tricolore sera très attendu pour l’incontournable rendez-vous lyonnais et son Grand Prix Coupe du Monde le 5 novembre prochain.

Le classement de l’étape de Vérone, ici.

 

Cornado de retour dans le grand bain

Cornado NRW sous la selle de Marcus Ehning

C’est un retour au plus haut niveau aux allures d’arlésienne. Il faudrait être plus que difficile pour ne pas aimer Cornado NRW, le magnifique étalon gris de de Marcus Ehning. A l’image de Simon Delestre, le Centaure allemand avait dû déclarer forfait lors des JO de Rio suite à une blessure probablement contractée pendant la séance d’échauffement. En mars dernier, le retour du crack était annoncé pour fin avril-début mai. Las, on ne revient pas comme cela au plus haut niveau. Cornado n’a guère enchaîné de concours cette année. A peine 4 et encore deux CSI 2* et deux CSI 3* sur des hauteurs ne dépassant pas au mieux 1m50. C’est seulement ce week-end à l’occasion du Jumping de Vérone (Italie), un bon vieux 5* que l’on pourra se rendre compte de la forme , retrouvée ou pas, du fils de Cornet Obolensky.

Ça commence fort pour Kevin Staut en Coupe du Monde

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Kevin Staut et For Joy van’t Zorgvliet HDC (archives)

Le mois d’octobre semble sourire à Kevin Staut. Tout a bien commencé avec un classement mondial qui l’a placé de nouveau au 3ème rang mondial. Ce week-end à Oslo (Norvège), le Français en selle sur son hongre de 12 ans For Joy van’t Zorgvliet HDC, rate de peu la victoire dans le Grand Prix Coupe du Monde. L’Allemand Daniel Deusser associé à Cornet 39 lui souffle la victoire de 13 petits centièmes dans un barrage à 7 concurrents.

Difficile de mieux débuter le circuit des treize étapes de la Coupe du monde de saut d’obstacles dont le dénouement se déroulera en avril 2018, à l’AccorHôtels Arena de Paris-Bercy.

For Joy van’t Zorgvliet, un fils de For Pleasure par Heartbreaker évolue sous la selle de Kevin Staut depuis la fin 2012 après un passage par les écuries Stephex.

Le classement du GP ici.

Simon Delestre annonce son grand retour en équipe de France

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Simon Delestre et Hermès Ryan (cliquer pour agrandir)

C’est la bonne nouvelle du jour. Dans un entretien accordé au magazine L’Eperon (à lire ici), Simon Delestre, ex numéro 1 mondial confie son souhait de disputer des Coupes des Nations en 2018 avec Hermès Ryan. Afin de préserver sa monture, le cavalier Lorrain précise qu’il ne devrait disputer que des épreuves sur sable.

En août de cette année, Simon Delestre avait été l’absent remarqué de la sélection Française aux Championnats d’Europe de saut d’obstacles de Göteborg (Suède). Sans surprise, Philippe Guerdat avait préféré donner la priorité aux couples et propriétaires qui jouent le jeu de la Coupe des Nations au détriment des étapes richement dotées du Global Champions Tour.

La situation était difficilement tenable dans la durée pour les deux parties avec d’un côté une équipe de France qui n’a pas enregistré de résultats satisfaisants dans les grandes échéances et de l’autre, un cavalier qui avait tendance à s’effacer des radars médiatiques et à reculer au classement mondial.

Prudent, Philippe Guerdat avait précisé cet été que la porte restait ouverte à tous. Un message bien reçu par Simon Delestre qui a donc choisi de saisir la perche tendue en arguant de la fin de la convalescence de Hermès Ryan.

 

Avec Jean Rochefort, les sports équestres perdent l’un de ses meilleurs ambassadeurs

Crédit photo : Georges Biard

La plupart des médias retiennent de Jean Rochefort une silhouette élégante, un flegme malicieux et une moustache légendaire. C’est déjà beaucoup mais, ce n’est pas tout. L’acteur était aussi un homme de cheval au sens le plus noble du terme. A ce titre, aujourd’hui, c’est toute la famille du monde équestre qui est en deuil.

L’élégance et le chic. Jean Rochefort pourtant n’incarnait pas une certaine forme de snobisme ou de « prout-prout » élitiste d’une certaine équitation. Au contraire, il s’en moquait peut être en souvenir de son grand-père, dirigeant d’une compagnie de fiacres à Dinan. Acteur sympathique et populaire, il n’a eu de cesse de mettre son image au service de la cause du cheval. Et il ne s’en cachait pas malgré les railleries du milieu du cinéma, faisant de sa relation à l’animal son alpha et son oméga. Ainsi, lorsqu’il tournait quelques films médiocres, il évoquait ouvertement  les raisons alimentaires et la nécessité de faire bouillir la marmite pour ses canassons, préférant parler de films « avoine ». C’était ça Jean Rochefort. Un délicieux côté suranné allié à un humour tout en finesse.

L’homme était tout aussi brillant devant la caméra que derrière la plume. Car si Jean Rochefort aimait passionnément les chevaux  il aimait aussi les belles lettres. Ses chroniques dans le quotidien Le Monde à l’occasion des Jeux Olympiques de Londres en 2012 étaient à l’image du comédien, accessibles et finement ciselées. Son verbe juste et sa voix inimitable firent également le bonheur des téléspectateurs de France Télévision quand il commenta les épreuves d’équitation des JO d’Athènes en 2004 puis dix ans plus tard lors des Jeux équestres mondiaux de Caen.

« Je suis un homme de crottins » aimait-il à dire. Il ne percevait pas sa passion du cheval comme une addiction malheureuse liée aux dépenses et au temps passé, bien au contraire, mais, « comme une pépite dans la vie d’un homme » qui fût avec bonheur éleveur de chevaux et propriétaire de chevaux de sport.  Comment ne pas se souvenir, pour les plus anciens, de Nashville III (par Laudanum), son cheval de coeur, né à la maison, au haras de Villequoy en 1979 et a qui effectué l’essentiel de sa carrière à haut niveau sous la selle de Jean-Maurice Bonneau.

« A une époque, être un homme de cheval compétent m’a rendu plus fier que d’être un acteur » confiait Jean Rochefort au Monde en 2012. Deux années plus tôt, en 2010, il avait coréaliseé avec Delphine Gleize un film (Cavaliers seuls), co-produit par Equidia, sur la transmission du savoir dans le monde équestre. La tradition et la transmission deux obsessions souvent partagées par ceux qui comme lui sont et vivent cheval. On a pour habitude de dire que le cheval est la plus belle conquête de l’homme. Jean Rochefort à l’inverse fût peut-être la plus belle conquête du cheval. Au-revoir Jean.

 

 

Harold Boisset s’installe dans le top 100

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Harold Boisset et Quolita Z

Le plus dur n’est pas de rentrer dans le top 100 des meilleurs cavaliers mondiaux mais bien de glaner ici et là les points nécessaires pour ne pas en sortir. C’est en l’espèce la mission réussie par Harold Boisset. Le moniteur et cavalier du centre équestre de Grammont (Montpellier) sauve de justesse son statut de membre du top 100 en pointant ce mois au 99ème rang soit, un recul de six places. Avec une seule monture, Quolita Z, capable de disputer les plus grosses épreuves la tâche est ardue. Mais pour l’instant, ça passe !

Barcelone : mauvaise polémique et grosse déception

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Olivier Robert, la bonne surprise de 2017

Les finales des Coupes des Nations à Barcelone se suivent mais ne se ressemblent pas. C’est vrai sur le plan des résultats de l’équipe de France. L’éclatante victoire de 2013 est hélas restée sans suite. C’est vrai aussi sur le déroulement des épreuves. Un violent orage avait contraint de déplacer au lendemain la finale de 2016. Cette année un problème d’éclairage a entraîné  un report de l’épreuve d’une heure quarante cinq minutes. Pas de quoi pourtant jeter le bébé avec l’eau du bain.

Les organisateurs du Real Polo Club de Barcelone n’ont aucune leçon à recevoir. Au contraire, ils peuvent être pris en exemple avec une organisation toujours parfaite… et capable de s’adapter à l’imprévu. Car pour ceux qui l’auraient oublié un peu vite le bon déroulement d’une manifestation hippique en extérieur n’est pas aisé et nécessite de maîtriser des paramètres imprévisibles. Mais peu importe. Même avec du retard, la finale s’est disputée dans d’excellentes conditions avec un public et des compétiteurs patients et compréhensifs. Il n’y a bien que dans les studios parisiens où sur les bancs de presse tricolores que l’agacement était visible.

Ces aléas ne sauraient en tout cas atténuer la mauvaise prestation de l’équipe de France qui termine à la 7ème place (sur 8) de la grande finale remportée par les Pays-Bas devant une équipe américaine toujours présente dans les grands rendez-vous. La Troisième place revient à la Belgique décidément petit pays mais grande nation équestre.

Du côté de l’hexagone, il convient de saluer l’analyse froide et objective de Philippe Guerdat au micro d’Elodie Mas pour l’Eperon. Le sélectionneur national, au-delà de la déception légitime, constate que le résultat à Barcelone est à l’image de la saison de l’équipe de France avec sans doute plus de bas que de hauts. Une année de transition selon lui qui reste marquée par la bonne évolution d’Olivier Robert qui a gagné sa place dans les titulaires du camp tricolore. La suite s’annonce compliquée avec en ligne de mire les championnats du monde puis les jeux olympiques. Tout ça va arriver très vite et laisse finalement peu de temps pour tester et donner leur chance à de nouveaux couples.

Le classement de la finale ici.

La sélection américaine pour Barcelone

B02T0670La Fédération Equestre Américaine (USEF) a rendu publique la composition de l’équipe qui s’alignera à Barcelone (28 septembre-1er octobre) à l’occasion de la finale de la Coupe des Nations. Sans surprise Robert Ridland sera le chef d’équipe, d’une sélection constituée de :

Lauren Hough (Ohlala),

Laura Kraut (Confu),

Beezie Madden (Darry Lou),

Chloe Reid (Codarco),

McLain Ward (HH Azur).

Bosty : de Lausanne à Barcelone

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Roger-Yves Bost et Sydney Une Prince (archives)

Il est le tricolore en forme du moment. Roger-Yves Bost pour l’état-civil, Bosty pour le milieu équestre, est revenu au meilleur de sa forme en s’adjugeant dimanche la deuxième place du Grand Prix Longines du CSI 5* de Lausanne, en Suisse. Une trajectoire ascendante qui a fait du couple olympique qu’il forme avec sa jument Sydney Une Prince*Treize les remplaçants évidents pour la finale de la Coupe des Nations à Barcelone (28 -30 septembre) de Mathieu Billot contraint au forfait à la suite de la blessure de Shiva d’Amaury.

Au final, outre le cavalier du Haras des Brulys, l’équipe de France présente en Espagne sera composée de Kevin Staut (Rêveur de Hurtebise*HDC), Pénélope Leprévost (Vagabond de la Pomme), Edward Levy (Sirius Black) et Olivier Robert (Eros).

Ohlala dans le coup à Calgary

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Ohlala sous la selle de Lauren Hough (archives)

Il faut suivre au moins une fois le Grand Prix Rolex de Spruce Meadows à Calgary (Canada) pour mesurer son niveau de difficulté. Car il s’agit bien d’une épreuve hors normes sur le circuit international, presque caricaturale. Par sa dotation tout d’abord : 3 millions de dollars canadiens (2 M€) dont 1M$ au vainqueur. Par le format de l’épreuve ensuite : une première manche suivie d’une deuxième réservée aux 12 meilleurs couples avec, si besoin un barrage. Sans oublier des obstacles de 1,70 m (1,60 m d’ordinaire) dignes des Jeux Olympiques d’avant. Bref, une conception pas vraiment dans la finesse, plutôt proche des courses automobiles où l’on pense qu’il faut en afficher un maximum sous le capot pour avoir une chance de soulever la coupe.

Heureusement, il n’y a rien de mieux qu’un cheval pour faire mentir. Et si, Philipp Weishaupt (LB Convall), a réalisé le seul double sans-faute de l’épreuve et remporté celle-ci, la deuxième place est revenue à Luciana Diniz sur sa frêle Fit for Fun  (1,70 m) pénalisée par une faute sur le dernier obstacle.

A la huitième place, malgré des barres largement plus hautes qu’elle, on retrouve la quasi-ponette Ohlala de Lauren Hough qui avec 1, 55 m à la toise, affiche 3 centimètres de moins qu’un certain Jappeloup.  La preuve que le saut d’obstacles ne peut se résumer à une affaire de grosses cylindrées.

 

La confidentialité des sports équestres conduit à l’arrêt d’Equidia Life

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Pascal Boutreau restera comme l’un des visages d’Equidia Life

Ce n’est pas la mort du petit cheval mais ça y ressemble un peu. Equidia life is dead. L’écran noir est annoncé pour le 31 décembre. La chaine exclusivement consacrée au cheval, un ovni dans l’univers de la télévision mondiale, aura vécu. La première pensée va bien entendu vers les salariés qui resteront sur le carreau dans un secteur où l’emploi est rare. La deuxième, passée la déception, doit être de rechercher les causes de cet échec qui est avant tout économique.

Force est de constater qu’en 6 saisons d’existence la chaîne n’a pas réussi à trouver la martingale susceptible d’assurer sa viabilité. Témoin privilégié de l’aventure, Pascal Boutreau, rédacteur en chef adjoint, livre une analyse lucide de la situation. C’est à lire ici.

Pas la peine de rechercher un bouc émissaire, l’échec d’Equidia Life est un échec collectif qui doit interpeller toute la filière équine. Comment se fait-il qu’un secteur économique de l’importance de celui du cheval dans l’hexagone, dont les résultats sportifs au niveau mondial sont excellents, n’arrive pas à trouver son public ? La vérité à ce titre est aride. Si Equidia life met la clef sous la porte c’est parce qu’elle n’a pas réussi à dépasser une audience restée confidentielle et qu’en conséquence, les recettes publicitaires n’ont jamais décollé. Dans ce contexte on peut saluer la patience des courses qui ont financé durant des années une chaîne comme on entretient une maîtresse… à perte.

Le malheur français est peut être d’avoir raison trop tôt. Un peu comme avec le Concorde, illustration du génie technologique Français, mais échec commercial retentissant. Il est difficile de croire en effet que le jumping de haut niveau, qui a goûté à l’explosion de la notoriété de ses meilleurs cavaliers et chevaux, puisse s’affranchir de la petite lucarne même si la diffusion en live sur le net est un sérieux concurrent.

Question business, le modèle le plus abouti est incontestablement le concept Tops qui vise à se rapprocher du modèle de la Formule 1 avec un nombre d’acteurs limité et de très gros annonceurs, quitte à donner de sérieux coups de canifs à l’éthique sportive notamment sur la question de l’accessibilité à des CSI devenus des 6* en raison de leurs dotations et de la sélection financière pour y accéder. Or, à cet égard on a sans doute insuffisamment analysé l’entrée en 2014 dans le capital (à 50%) du LGCT de Franck Mc Court, l’homme d’affaires américain. Le propriétaire de l’Olympique de Marseille n’est pas du genre à entretenir des danseuses. Le financier en se rapprochant de Jan Tops espère avoir réalisé un investissement rentable qui repose sur le postulat que les droits tv de diffusion du jumping dans les pays émergents (notamment l’Asie) et aux USA seront demain, grâce aux recettes des annonceurs, une poule aux oeufs d’or.

De son côté, la FEI joue petits bras avec une offre payante, FEI TV, uniquement anglophone et ultra-confidentielle. Si une solution évidente et simple existait, nul doute que les dirigeants d’Equidia l’auraient tenté. La difficulté actuelle, c’est la période intermédiaire dans laquelle nous nous trouvons. Entre un vieux monde qui rechigne à mourrir et un nouveau qui peine à émerger. A cet égard, il faut saluer l’effort très conséquent de restructuration du secteur des courses qui intervient suffisamment en amont avant d’être dans une situation délicate. C’est peut être de lui que demain émergera une nouvelle offre pour les sports équestres, adaptée à son époque et aux contraintes économiques.

Simon Delestre, le retour ?

Hermès Ryan

Simon Delestre et Hermès Ryan (archives)

Ce n’est pas encore la première marche du podium mais ça en a bien un petit avant-goût. Simon Delestre, sur Hermes Ryan, a signé ce week-end l’une des meilleures performances de sa saison terminant à la deuxième place du Grand Prix du CSI 5* de Bruxelles, à 52 centièmes du vainqueur, le Belge Niels Bruynseels, sur Gancia de Muze. Un résultat plus qu’encourageant pour le cavalier Lorrain qui doit être apprécié à l’aune du très beau plateau de cavaliers (48) qui s’alignaient au départ de ce Grand Prix très relevé. Deuxième volet des Stephex Masters après le CSI 5* de Knokke en juillet dernier, l’étape Bruxelloise s’est disputée en présence de six des dix meilleurs mondiaux et de 15 des 25 meilleurs.

Alors certes, une hirondelle ne fait pas le printemps, mais la rage du Français à gagner alliée à une réussite retrouvée pourrait bien laisser entrevoir un retour au plus haut niveau pour le couple Simon Delestre- Hermès Ryan.

Edward Levy s’installe au plus haut niveau

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Edward Levy

C’est un nom dont la sonorité est désormais familière. 22 ans seulement pour l’état civil mais déjà un beau palmarès et un piquet qui permet de se projeter sereinement vers l’avenir. Membre de l’équipe de France, Edward Levy a été ce week-end, aux commandes de Sirius Black (4+0) un artisan de la victoire de la France (Kevin Staut, Gregory Cottard, Nicolas Delmotte) dans la Coupe des Nations de Gijon (Espagne). Retour sur l’ascension d’un surdoué.

Surdoué à cheval mais aussi à l’école avec un bac décroché à 16 ans. Et puis très vite un choix intelligent de mettre à profit cette avance pour tester sa capacité à réussir dans le difficile milieu professionnel du saut d’obstacles. Intelligence toujours en se donnant les moyens de travailler avec les meilleurs. Ce sera Patrice Delaveau puis, Ludger Beerbaum et enfin, en octobre 2015,  la jeune américaine Brianne Goutal qui lui ouvre les portes de l’Amérique. Les deux facettes du métier somme toute : la monte et le business.

Et ça marche. En 2012, le titre de champion de France jeunes cavaliers remporté avec Belle Rock vient constituer la première ligne d’un palmarès qui ne demande qu’à s’étoffer. En septembre 2013, à 18 ans, il remporte à Fontainebleau le championnat des 7 ans associé à Starlette de la Roque.

En 2016, Edward Levy via la société Show Jump international étoffe son piquet et bénéficie début 2017 de l’arrivée de Sirius Black. Lors du Saut Hermès 2017, Edward Levy confie au micro de L’Eperon qu’il croit beaucoup dans cet entier de 11 ans qui devrait lui permettre de passer un cap. La suite a démontré qu’il ne s’était pas trompé.

CdN de Samorin : Marlon Zanotelli offre la victoire au Brésil

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Marlon Zanotelli

On ne vous en voudra pas de ne pas savoir localiser exactement Samorin. Cette petite ville de 12 500 habitants de l’ouest de la Slovaquie située sur le Danube au coeur de l’Europe centrale accueillait le CSIO 3* de Slovaquie. On pourrait en revanche s’étonner si vous ne connaissiez pas Marlon Zanotelli. Ce sympathique cavalier brésilien en selle sur Celena VDL a offert la victoire dans la Coupe des Nations à son pays à l’issue d’un barrage où il s’est trouvé opposé à Jörne Sprehe pour l’Allemagne.

L’équipe de France (Benoît Cernin, Max Thirouin, Romain Potin et Robin Muhr) emmenée par Thierry Pomel termine 7ème sur 11.

Les résultats complets ici.

Peder Fredricson champion d’Europe 2017

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Peder Fredricson (archives)

Peder Fredricson est devenu le nouveau champion d’Europe de saut d’obstacles. Le Suédois, couronné sur ses terres, succède à Jeroen Dubbeldam (2015) et avant lui à Roger-Yves Bost (2013). Le Français aura quitté la compétition par la petite porte en ne s’alignant pas dans la finale individuelle pour laquelle il était qualifié au motif, contestable sur le plan sportif, de préserver sa jument, Sangria du Coty.

Privés de Français, les (télé)spectateurs ont néanmoins eu droit à une magnifique épreuve, vitrine d’une équitation de très grande qualité. Galvanisé par une organisation à domicile Peder Fredricson (45 ans) a démontré que son titre de Vice-champion olympique glané l’été dernier à Rio ne relevait pas du hasard.

Ce titre européen vient récompenser un cavalier aussi discret que déterminé. « Cette semaine a été longue, mais cette médaille à domicile était mon objectif et j’ai la chance de monter All In-H&M qui donne toujours le meilleur en piste », a déclaré avec sobriété Peder Fredricson. Les lauriers de la gloire sont effectivement à partager avec All In-H&M, un cheval certes pas aussi spectaculaire que Good Luck la monture de Cian O’Connor, mais véritable machine à sans faute, à l’exception de la dernière ligne droite.

A croire que ce hongre de 11 ans fils de Kashmir van Schuttershof avait à cœur de rendre à son cavalier toute l’attention que celui-ci lui avait prodigué lorsque, victime d’un grave épisode de coliques qui avait nécessité une opération en octobre dernier, il avait frôlé la mort. A ce titre, cette victoire est bien celle d’un revenant et doit être saluée comme telle. Elle témoigne du savoir faire de Peder Fredricson à préparer un cheval pour une grande échéance. All In en effet n’a repris la compétition que fin mars ce qui ne l’a pas empêché d’enchaîner, dans une forme parfaite, un long championnat de 5 jours ponctué par des parcours difficiles et surtout longs qui ont émoussé plus d’un équidé.

Rendez-vous raté pour l’équipe de France à Göteborg

europe chptDur dur. L’équipe de France a pris l’eau dans la première manche par équipes des championnats d’Europe de Göteborg. Avec 24,78 points de pénalités cumulés, les Bleus pointent à la huitième place et n’ont plus aucune chance de médaille. A domicile, en revanche, les Suédois emmenés par Peder Fredricson (H&M All In) sont très bien partis dans la course au sacre.

On ne va pas tirer sur l’ambulance. « Les petits drames » individuels des tricolores, à l’exception notable (cf vidéo) d’un Kevin Staut (Rêveur de Hurtebise HDC) impérial, sont à l’origine d’une grosse déception. A ce niveau là, la moindre petite erreur coûte cher. Mais c’est le sport. La roue de la fortune tourne et chevaux et cavaliers ne sont pas infaillibles. Le refus sur la rivière de Vagabond de la Pomme sous la selle de Pénélope Leprevost, inattendu, mérite d’être analysé calmement et sereinement car le reste de la prestation fût parfait. Les deux fautes respectives de Mathieu Billot (Shiva d’Amaury) et Roger-Yves Bost (Sangria du Coty) peuvent s’expliquer par un manque d’expérience à ce niveau pour les chevaux. Mais les lauriers de demain se préparent aussi par l’acquisition nécessaire de cette expérience tant dans les difficultés techniques des parcours que dans la préparation physique des chevaux.

A ce titre la deuxième manche ne sera pas dénuée d’intérêt. Les Bleus ont souvent démontré à l’issue d’une contre-performance une capacité à redresser le tir grâce à un orgueil bien placé. C’est tout le mal qu’on peut leur souhaiter.

Göteborg : Olivier Philippaerts out, Jérôme Guery in

JG

Jérôme Guery

Les grands championnats offrent souvent leurs lots de rebondissements ponctués de petits drames et de grandes joies. Les championnats d’Europe de Göteborg qui ont débuté cette semaine n’échappent pas à cette loi d’airain. La première victime en l’espèce est Olivier Philippaerts. Le cavalier belge de 24 ans n’aura même pas eu la chance de débuter la compétition. Mardi, lors de la warm-up, il est tombé suite à un refus de sa jument H&M Legend of Love sur la rivière. La chute aurait pu être sans gravité mais le jeune compétiteur est mal tombé et s’est déboîté l’épaule. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, Jérome Guéry (37 ans) et Grand Cru van Rozenberg sortent donc de leur place de réservistes pour devenir titulaires de l’équipe belge aux côtés de Grégory Wathelet (Corée), Niels Bryunseels (Cas de Liberté Z) et Pieter Devos (Espoir).