Kent Farrington renonce aux Jeux Équestres Mondiaux de Tryon

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Gazelle et Kent Farrington

Sacré bonhomme que ce Kent Farrington. En février dernier l’Américain de 37 ans alors numéro 1 mondial se cassait la jambe. « Je reviendrai encore plus fort qu’avant » promettait le kid de Chicago, pouce levé sur son lit d’hôpital. Il a tenu parole. Trois mois après il était de retour sur les terrains de concours et dans les classements. Son talent et sa volonté en faisait un concurrent redouté, mieux un favori pour les Jeux Équestres Mondiaux qui se dérouleront en septembre, à la maison, aux États-Unis. C’était oublier que l’équitation est un sport de couple dans lequel les deux protagonistes doivent doivent être en forme au même moment. Or à Calgary (Canada) où il était en compétition, Kent Farrington a eu des déconvenues avec Gazelle sa jument de tête inscrite sur la liste des chevaux américains sélectionnés pour les JEM. Suffisamment pour qu’il se rabatte sur Jasper van ‘t Gestelhof comme cheval de tête. Conscient que Gazelle n’est pas à 100 % de ses moyens Kent Farrington a donc pris la décision de jeter l’éponge pour les JEM de Tryon. Un véritable coup de tonnerre. La délégation américaine conserve néanmoins ses chances avec des personnalités telles que Beezie Madden, McLain Ward ou Devin Ryan.

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Sameh El Dahan, un Egyptien à Paris

The podium of the LGCT Grand Prix of Paris: 1st Sameh El Dahan (EGY), 2nd Bertram Allen (IRL) and 3rd Harrie Smolders (NED)

crédit : Stefano Grasso/LGCT

Pour ceux qui en doutaient encore, Paris est une ville cosmopolite et le Global Champions Tour un circuit ouvert aux riches cavaliers du monde entier. La victoire de l’Egyptien Sameh El Dahan (Suma’s Zorro) sur le Champs de Mars dans une épreuve des plus prestigieuses au monde, le Paris Eiffel, constitue une (bonne) surprise de taille. La mondialisation du jumping est une réalité, occultée par la domination européenne.

Même réduit à 35 participants, le Grand Prix de samedi soir, temps fort de quelques jours de très beau sport, offrait un plateau remarquable à l’image de l’organisation parfaite de cette édition 2018 du Paris Eiffel. On attendait Ben Maher. Très en forme, le Britannique a réalisé sous le ciel parisien son come-back sur le devant de la scène grâce à une monture à la hauteur de son talent. Le bien nommé Explosion W. On avait presque raison. Le sujet de sa gracieuse majesté a frisé l’exploit. Il se classe 4èmeà l’issue d’un double sans faute.

Sameh El Dahan on Suma's Zorro

Sameh El Dahan. Crédit : Stefano Grasso/LGCT

Un Français alors peut-être ?  C’est encore un peu tôt pour Pénélope Leprevost qui a signé sur Gain Line, ancienne monture de Simon Delestre, son grand retour en 5* après la fin de sa collaboration avec la famille Megret. 12 points. Pas une catastrophe mais, on ne revient pas comme ça dans le grand bain. La championne doit trouver ses marques. Déception également pour Kevin Staut et Lorenzo, contraints à l’abandon avec le sentiment étrange d’une certaine lassitude pour un formidable pilote qui a peut-être besoin d’une pause pour se régénérer. Simon Delestre et son formidable Ryan alors ? Une faute aura suffi à priver le couple de barrage. C’est finalement Philippe Rozier et Cristallo A qui auront sauvé l’honneur. Seuls représentants français au barrage leurs 12 points de pénalités les renvoient à la 11èmeplace du classement.

C’est de la jeunesse de Bertram Allen et de son inséparable Molly Malone que l’on pensait à tort un brin élimé qu’est venu le tempo. Jusqu’au dernier moment le jeune Irlandais pensait la victoire acquise mais la soif de victoire de Sameh El Dahan (33 ans) était plus forte. El Dahan premier, Allen deuxième, la troisième marche du podium est revenue à Harrie Smolders (Don VHP) qui confirme et conforte son statut de n°1mondial. « Avec mon chronomètre, c’était le classement le plus haut que je pouvais obtenir, donc je suis déjà très content» confiait à l’issue, le Néerlandais.

Le classement complet, ici.

Benoît Cernin remporte le Grand Prix 2* de Vichy

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Benoît Cernin à la remise des prix

Rude métier que celui de cavalier. Monter sous une température caniculaire n’a rien d’une sinécure. Les visages fatigués des cavaliers à la remise des prix témoignait de l’effort accompli pour glaner un accessit. Benoît Cernin est-il plus endurant que les autres ? Pas sûr mais le cavalier de Saône et Loire était l’un des rares à avoir conservé la veste tant sur le premier tour qu’au barrage. Et c’est lui qui s’impose au final sur Unamour du Suyer à l’issue d’un barrage à 15 où tout restait à faire. Olivier Perreau signe une belle deuxième place associé à avec Venizia d’Aiguilly (Diamant de Semilly) alors qu’Alexandre Fontanelle doit se contenter de la troisième place avec Prime Time des Vagues (Diners Time).

Les organisateurs de la SHF pouvaient souffler dimanche soir. La renaissance du concours de Vichy, le plus ancien de France (122ème édition !) est bien engagé. Adieu l’herbe, bonjour le sable. La révolution culturelle était osée, elle est réussie. La nouvelle piste s’est juste avérée parfaite, propice à un spectacle de grande qualité tout au long des trois jours. Le sens de la décoration des organisateurs à fait le reste. Vichy n’a rien perdu de son cachet avec un sol parfait mis en valeur par un écrin de verdure et les fameuses tribunes Eiffel. Par précaution, la SHF avait dégradé son concours en se contentant d’une labellisation à 2*. La réussite de l’édition 2018 devrait en toute logique relancer un jumping jusqu’alors vieillissant et retrouver son attractivité notamment auprès des meilleurs mondiaux.

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Unamour du Suyer sous la selle de Benoît Cernin

Il y avait néanmoins de belles gâchettes cette année à Vichy. Jean-François Gourdin, le chef de piste, avait semble-t-il mésestimé la qualité du plateau présent. 15 barragistes sous les conditions météo précédemment évoquées, c’est beaucoup, surtout pour les chevaux. L’homme de l’art peut néanmoins se satisfaire de n’avoir mis aucun cheval dans le rouge ni engendré aucune casse. Et finalement la hiérarchie a été respectée puisque c’est le cavalier le plus en vue et à la trajectoire ascendante qui s’est imposé.

Fidèle du CSI de Vichy, le « petit Benoît » (29 ans quand même) a accompli un sacré chemin ces dernières années, avec notamment une montée en puissance remarquée en 2017, on parle de révélation, qui s’est traduite par une accession en CSIO. Le cavalier de Genelard (Saône et Loire) a de toute évidence trouvé une méthode de travail et une organisation qui portent leurs fruits. Avec Nicolas Delmotte qui le conseille pour le CSO et Alizée, son épouse, cavalière de dressage de haut niveau qui lui apporte de la stabilité et de précieux conseils. Un beau vainqueur somme toute qu’on aura plaisir à suivre les prochains mois et les prochaines années.

Le classement complet, ici.

Olivier Robert, éternel émerveillé

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Olivier Robert

Évoquant la première participation d’Olivier Robert à une finale Coupe du monde en 2017, L’Équipe avait eu ce titre bien choisi : « Un Petit Poucet avec les ogres ». Par correction le quotidien sportif avait mis des parenthèses à Petit Poucet. Un « petit modèle » dirait-on en langage cheval. Avec le génie d’un bon anglo-arabe pourrait-on ajouter avec malice en référence aux attaches du cavalier au sud-ouest.

De talent, en effet, Olivier Robert ne manque pas. Mais son éclosion au plus haut niveau reste une exception pour quelqu’un qui n’est pas né avec une cuillère en argent dans la bouche ou dans une famille de professionnels du jumping. Olivier Robert, champion de France 2018 Pro Élite, c’est le sacre d’une trajectoire longue mais réussie dont on ne sait pas encore à quelle altitude elle s’arrêtera. C’est la réussite d’un travailleur opiniâtre qui s’est construite à la force du poignet et qui à chaque nouveau pallier de franchi conserve un regard détaché et émerveillé sur sa propre réussite. Dans un milieu où les blasés de tout sont légion, la fraîcheur d’Olivier Robert fait du bien.

Que de chemin parcouru depuis l’époque Bentejac, le premier à lui avoir donné sa chance. Au fil des années, « le gamin » s’est fait un prénom en complément d’un patronyme source de confusion. Aucun lien de parenté avec la figure tutélaire, seulement un lien de respect et d’amitiés entre deux individus confusément marqué par le gêne cheval dans leur ADN.

Aujourd’hui, à 42 ans, Olivier Robert est un homme et un cavalier comblé. Avec une naissance qui arrive et qui viendra compléter une réussite sportive et professionnelle remarquable. « J’ai une super une écurie, une écurie merveilleuse » déclarait-il en référence à son piquet riche et varié à l’occasion du Saut Hermès 2018. Le propos est typique d’Olivier Robert. Toujours positif, toujours en faveur du cheval. Et pourtant, il n’a pas de quoi rougir. Petite taille et petite voix certes mais, grand talent. Une intelligence rare à cheval, des tracés millimétrés… Il y en a un autre qui peut être satisfait, c’est Philippe Guerdat. Le sélectionneur national a eu, une nouvelle fois du nez en lui donnant sa chance au plus haut niveau. Au fil des tours en 5*, le cavalier de Pompignac a capitalisé, tour après tour, une solide expérience. Ses pairs s’accordent aujourd’hui pour reconnaître qu’il avait pris de l’épaisseur. Une sacrée épaisseur mise au grand jour par le double sans faute signé avec Eros lors de la Coupe des nations de Sopot.

Chez les hommes, et les sportifs, il faut toujours prêter attention à la trajectoire et ne pas se focaliser sur l’instant présent. Après une fantastique saison 2017, Olivier Robert a débuté 2018 sur les chapeaux de roue. Avec un cheval relativement peu expérimenté, Vivaldi des Meneaux, il est monté sur la plus haute marche du podium des championnats de France, encadré par Mathieu Billot et Max Thirouin, deux compagnons d’armes de l’équipe de France. « C’est vraiment un chouette moment, les Coupes des Nations, c’est fabuleux, mais il y a une atmosphère tellement particulière sur ces championnats de France » a déclaré l’Aquitain.

La saison 2018 est loin d’être achevée. Le petit Poucet aurait-il soudainement un appétit d’ogre ? Le rêve américain d’Olivier deviendra-t-il réalité en référence aux prochains Jeux Équestres Mondiaux de Tryon ? C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

Accidenté à Hickstead, Navalo de Poheton a été euthanasié

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Navalo de Poheton sous la selle d’Andy Kocher

Navalo de Poheton, ne goûtera pas la retraite bien méritée qui devait être la sienne dès cet été. C’est une bien triste fin pour ce cheval attachant, monture de tête du cavalier américain, Andrew Kocher. Ce petit gris de 17 ans particulièrement généreux s’est brisé une jambe lors du Derby d’Hickstead. La gravité de la blessure a conduit les vétérinaires à procéder à une euthanasie. Selle Français, comme l’indique les deux lettres figurant sur sa cuisse, Navalo de Poheton était passé sur la tard sous la selle d’Andrew Kocher, en avril 2017. En juillet 2017, le nouveau couple créait la sensation en remportant le CSI 3* de Tryon (USA). Quelques mois plus tard, en octobre, l’américain remportait avec ce fils de Cumano l’étape Californienne du circuit Coupe du monde Longines (Del Mar). Le public européen avait pu découvrir ce couple lors des finales Coupe du Monde de Bercy courant avril.

A l’origine acheté pour être revendu à un cavalier amateur, Andrew Kocher s’était rendu compte que le cheval qui sortait d’une blessure non seulement n’était pas blasé par les grosses épreuves mais qu’il était encore particulièrement motivé et performant comme la suite devait le démontrer.

Rotterdam : suprématie Belge et inconstance Française

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Un sentiment de déjà vu avec l’équipe Belge sur le podium à Rotterdam : Nicola Philippaerts, Nierls Bruynseels, Pieter Devos, Jos Verlooy, Peter Weinberg Photo FEI/Arnd Bronkhorst

Ils sont forts ces Belges. Très forts. Les Diables Rouges ont survolés le CSIO De Rotterdam pour s’adjuger la Coupe des nations, une semaine seulement après avoir remporté celle de Sopot. Chapeau bas d’autant que la composition des équipes était des plus relevée, offrant le visage d’une finale avant l’heure. L’autre fait marquant de ce dimanche, c’est la renaissance, tel le phénix, de l’équipe Allemande incarnée par la jeunesse de Laura Klaphake et la qualité de sa jument si bien nommée, Catch me if you can. Et la France dans tout ça ? Si on devait parler de météo, ce serait un temps de mars marqué par l’alternance de giboulées et de rayons de soleil.

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Nicola Philippaerts auteur d’un double sans faute sur Chili Willi. Photo FEI/Arnd Bronkhorst

On pourra dans le cas tricolore voir la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide. Sixième ex-aequo avec la Grande Bretagne, il n’y a pas de quoi pavoiser. Sophie Dubourg, la DTN, s’avance à parler d’un bilan « plutôt positif ». Certes, Alexis Deroubaix (Timon d’Aure) et Alexandra Francart (Volnay du Boisdeville) ont confirmé leur place sous la veste bleue en signant malgré leur peu d’expérience à ce niveau un sans faute en deuxième manche après respectivement une et deux fautes sur le premier tour. Réserviste initial repêché par le forfait de Bosty, Thierry Rozier a touché les limites de son ascension rapide en 5* avec Venezia d’Ecaussines. Avec un deuxième tour dégradé (12 points) par rapport au premier (4 points) le représentant du clan Rozier, sans démériter, laisse le sentiment d’un couple pour l’instant insuffisamment aguerri. Reste le cas Kevin Staut. Le chef de file français incarne bien à lui tout seule la force et la faiblesse du camp Français. Capable du pire dans la première manche (20 points) et du meilleur dans la seconde (sans faute). Kevin Staut explique que la mauvaise prestation initiale de For Joy est liée à un essai technique (un anti passe-langue). Dont acte.

Il reste qu’à ce niveau de compétition il n’y a pas de joker. Face à une concurrence féroce, la moindre faute est déterminante et obère les chances de podium. L’optimisme français est donc à tempérer. Dans cette compétition particulière que sont les Coupes des nations, on sait que la clé du succès ne peut reposer sur la signature de performance isolée mais sur la répétition quasi mécanique de sans-faute. Mais ça, nos athlètes le savent bien.

Le classement complet, ici.

Surprise Deroubaix à Rotterdam

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Archives : Alexis Deroubaix / Timon d’Aure (Mylord Carthago)

Ça, c’est l’équitation comme on l’aime. Pas celle des scenarii écrits par avance où les plus expérimentés quand ce ne sont pas ceux qui ont la plus grosse « mobylette » sont quasi obligatoirement les mieux classés. Les outsiders font le sel d’un sport qui ne répond pas toujours à la logique du chéquier. Merci cheval. Dans cette logique, la 6èmeplace surprise d’Alexis Deroubaix (Timon d’Aure) dans le réputé Grand Prix du CSIO de Rotterdam sonne comme une bonne nouvelle.

Car peu importe finalement ce nouveau calendrier des CSIO qui en reléguant les Grand Prix au vendredi les confine à la confidentialité. Le jumping a hélas tendance à se contenter d’un public parsemé et de tribunes à moitié vides. Ce qui compte en effet, c’est la performance réalisée par un nouveau couple hexagonal qui pour sa 4èmeparticipation à un 5* décroche une belle 6èmeplace.

Originaire du Nord mais installé désormais en Normandie au Haras du Plessis, chez André et Annick Chenu, après avoir pas mal bourlingué dans la douce France, Alexis Deroubaix a la trentaine posée. Un sympathique côté force tranquille avec cette capacité rare de laisser du temps au temps, de laisser mûrir les choses et les chevaux. Mais ce n’est pas parce qu’il ne donne pas l’impression d’être pressé qu’Alexis Deroubaix n’est pas un garçon déterminé à accéder au plus haut niveau. Avec Timon d’Aure, son cheval de tête, il peut compter sur un partenaire fiable et imperturbable capable de passer sans broncher des 2* aux 5*. La recette semble fonctionner. Philippe Guerdat a souhaité donner sa chance à ce couple. La Coupe des Nations de dimanche devra permettre de confirmer la pertinence de ce choix.

Le classement du GP, ici.

Bosty ou la force tranquille

Bosty

Roger-Yves Bost (archives)

Allez savoir pourquoi, instinctivement, on l’aime bien Bosty. Son physique un peu rond, sa démarche un poil chaloupé et ce mélange de gouaille et de silences. Ni taiseux ni grande gueule ce champion inoxydable présent au plus haut niveau depuis des décennies est l’incarnation même de ces personnes qu’on connaît peu mais qu’on a spontanément envie d’avoir comme ami.

Bosty en pote, ça doit être quelque chose. Pourtant, ce n’est pas avec lui qu’on va vider quelques chopines de bière au comptoir. Sa longévité d’athlète il la doit aussi à son sérieux qui ne rime pas avec ennuyeux. Pas d’alcool. Ce sera juste un Coca. Dans le milieu cavalier ça tranche. Ses petites rondeurs sont rassurantes. Il n’a pas l’équitation triste. On devine chez le bonhomme un appétit de la vie et cette qualité rare d’apprécier les petits plaisirs qui constituent le bonheur d’une vie. Pas de prise de tête pas d’anorexie.

Bosty au-delà de l’empathie qu’il dégage offre la vision d’une équitation différente, faussement simple où la connexion avec le cheval n’est pas un mythe. « Je leur parle » a avoué lundi soir le cavalier du haras des Brulys sur la plateau de Horse Series, la nouvelle émission de Kamel Boudra qui a trouvé asile sur SFR Sport 3. « Ça me permet de me décontracter » complète pudiquement le champion qui ne livrera pas le fond de sa pensée sur sa relation avec ses chevaux. Une chose est sûre, il les aime. Et ça se sent. A plein nez.

Un jean, des baskets blanches mais aussi une belle chemise sous une veste impeccablement coupée et portée, Bosty n’en finit pas de nous surprendre. Aussi à l’aise sur un plateau tv que sur un terrain de concours, il offre le visage de l’alliance parfaite de professionnalisme et de décontraction. La décontraction suprême, pas celle des kékés des bacs à sable mais des très grands champions, reconnus comme tels par leurs pairs. La légion d’honneur arborée discrètement à la boutonnière témoigne de la solidité du personnage, véritable institution qui a déjà mis un pied dans l’histoire. Une vraie star, mais abordable. Avec toujours le salut ou le petit mot gentil pour les anonymes qui le croisent et parfois franchissent le pas et l’interpellent.

Une belle force tranquille. On adore.

NB: l’état-civil et le palmarès du champion, c’est ici.

Suspens à Sopot mais à la fin, c’est la Belgique qui gagne

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Olivier Robert et Eros (archives) ont été les maillons forts de l’équipe de France à Sopot

Du sport et du beau sport. On laissera de côté le caractère « exotique » de la cité balnéaire (mer Baltique) polonaise pour retenir de de cette quatrième étape des Coupes des Nations (Europe Division 1) la montée en puissance de la Pologne dans le bal des nations équestres mais surtout, la brillante victoire de la Belgique devant la France et les États-Unis.

Une grande piste, malheureusement en sable, une météo parfaite à peine troublée par une sonorisation plus proche par son contenu de la foire du Trône que d’une compétition équestre, le décor de la pièce de théâtre ainsi dressé laissait présager du beau spectacle. Du côté des acteurs, la distribution était alléchante avec huit très belles équipes venues en découdre au cœur de l’Europe pour décrocher le sésame pour la finale des Coupe des Nations en octobre à Barcelone. Et accessoirement pour tester des couples dans la perspective des Jeux Mondiaux de Tryon (septembre).

Mal servie par le tirage au sort, la France a le redoutable privilège de débuter l’épreuve. Mathieu Billot et Shiva d’Amaury partis en ouvreurs par le sélectionneur national tombent malheureusement dans le piège dressé par le chef de piste allemand Olaf Petersen Jr sur la fin du tour : une énorme spa en numéro 9 suivie d’un vertical et d’un double. Une faute et surtout un refus. Douze points de pénalité. Ça commence mal pour le camp tricolore. La suite heureusement n’est pas du même acabit. Le couteau entre les dents, Kevin Staut (For Joy) signe un petit 4 points. Même score pour Nicolas Delmotte pénalisé sur la rivière par un Vagabond de la Pomme un peu poussif. Plus de succès en revanche pour Olivier Robert. Très appliqué, le cavalier Aquitain associé à Eros signe un sans faute magistrale. Ouf. La France a limité la casse et reste dans la course pour un podium même si la Belgique prend le large avec un seul point de pénalité à l’issue de la première manche.

Tout reste donc à faire pour la deuxième partie de la compétition. Cavaliers et chevaux ont vu le tour une fois. Les difficultés techniques ont toutes été identifiées. On s’attend à une pluie de sans faute mais la logique et le saut d’obstacles ne font pas toujours bon ménage. Mathieu Billot remet le couvert. Malgré un serrage de boulons, le mieux n’est pas suffisant. Le cavalier à la veste bleue sort de piste pénalisé cette fois de 9 points. Le visage est grimaçant. Ce n’est pas son jour contrairement à l’étape de Saint-Gall où il avait signé un double sans faute.

Vient le tour du pilier des piliers de l’équipe de France. Kevin Staut rectifie le tir et arrache le sans faute. Idem pour Olivier Robert qui malgré un tour un peu musical réédite son exploit de la première manche et signe l’unique double sans faute de la compétition. Tout repose alors sur épaules de Nicolas Delmotte. Elles sont solides mais, malgré les petits coups de cravache répétés du Nordiste, Vagabond de la Pomme, décidément un rien flegmatique, se laisse aller à deux fautes dont encore une sur la rivière. Le couple est récent et certains codes restent encore à acquérir.

Les diables rouges eux, peuvent souffler. Niels Bruynseels n’a même pas besoin de reseller. La victoire revient à une équipe Belge convaincante. « Le parcours était difficile – gros et technique – et le temps était assez serré, mais nous sommes arrivés ici bien préparés, avec une équipe forte, des cavaliers forts et une bonne tactique, et tout le monde a fait un super travail ! » résumait le pilote de Cas de Liberté.

Si l’Allemagne a pris l’eau, l‘équipe Suédoise new look composée de nouvelles pousses s’est révélée séduisante (Evelina Tovek, Irma Karlsson). Mais c’est l’équipe des États-Unis qu’il faut surveiller de près. Troisième juste derrière la France, elle compte des couples solides qui confirment leur bonnes prestations des finales Coupe du Monde de Bercy. Avec Jamie Barge pénalisée par quelques petites imprécisions sur Luebbo mais surtout avec Devin Ryan sur Eddie Blue. Ces deux-là figureront dans les favoris pour Tryon.

Le classement complet, ici.

Simon Delestre sur la troisième marche à Cannes

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Simon Delestre et Hermès Ryan voient une nouvelle fois le GP de Cannes leur échapper pour une poignée de centièmes. Copyright : Sportfot

Sur la côte d’Azur, on n’est pas du genre couche-tôt. L’étape Cannoise du Global Champions Tour s’est pliée aux us et coutumes locales en programmant son moment phare, le Grand Prix, à un horaire inhabituel : 21h45. Pas de quoi pourtant troubler les 33 partants de l’épreuve qui ont dû mettre tout leur talent à profit pour tenter de sortir sans trop d’encombres du parcours difficile et délicat dessiné une nouvelle fois de main de maître par Uliano Vezziani.

Restait pour les 7 heureux sans faute à récidiver dans le barrage avec le meilleur temps possible. A ce jeu-là, Peder Fredricson a été magistral. En selle sur Hansson XL, le Suédois s’est offert le luxe de coiffer sur le poteau d’arrivée dans une sérénité olympienne, l’actuel numéro 1 mondial Harrie Smolders associé à son facétieux Emerald (X Diamant de Sémilly). A domicile, la France sauve l’honneur. Simon Delestre avait sorti sa meilleure cartouche mais Hermès Ryan malgré sa rapidité au sol et son grand cœur s’est trouvé impuissant face à ses concurrents. Le Tricolore le confiera a posteriori : « Je suis allé aussi vite que j’ai pu avec Ryan, mais à la fin ils étaient plus rapides que moi et je ne pouvais pas faire grand-chose de plus. »

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Le stade des Hespèrides a offert un bel écrin à l’étape Cannoise du LGCT. Copyright : Sportfot

La petite histoire ne dit pas si le champagne servi dans les loges était bon mais les organisateurs peuvent être satisfaits de cette édition 2018 dans un stade des Hespérides rénové propice au beau sport en raison d’une grande piste qui tranche avec les « bacs à sable » de plus en plus habituels au plus haut-niveau.

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Peder Fredricson et Hansson. Copyright : Sportfot

Satisfaction également du côté de Peder Fredricson qui peut se féliciter de l’évolution de Hansson son nouveau crack qui vient désormais épauler All In son cheval de tête dont la convalescence s’achève. Le champion d’Europe affichait donc un large sourire avec une victoire signée devant sa famille venue apprécier les charmes de la Rivieira. « J’ai eu des sensations fantastiques, j’ai pris un vrai plaisir à disputer cette épreuve ! La piste est grande, le tour était très intéressant et nous étions un nombre parfait au barrage. Nous avions tous des chevaux rapides, j’ai peut-être pris un peu plus de risques ? Je suis ravi, c’est une belle victoire et je pense déjà à la grande finale de Prague que j’espère disputer avec Hansson » a confié le vice-champion olympique de Rio de 46 ans.

Le classement complet ici.

 

A Saint-Gall, l’équipe de France relève la tête

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© katiastuppia.ch/csio.ch

Cette équipe de France est vraiment incroyable. Capable du meilleur et du pire et surtout de rebondir après sa contre-performance à La Baule. C’est ce qu’elle a fait à la perfection dans un scenario de rêve (six sans faute sur six !) à l’occasion de la Coupe des nations de Saint-Gall (Suisse). L’événement doit être salué et apprécié à l’aune de l’énorme prise de risque du sélectionneur national qui avait choisi de tester un quatuor expérimental qui laissait au vestiaire les vedettes de la discipline (Patrice Delaveau, Simon Delestre…).

C’est à croire que Philippe Guerdat depuis qu’il est en charge des Bleus a pleinement saisi la mentalité pour ne pas dire l’esprit particulier qui anime les Français. Un étrange mélange de culot et panache qui permet de se sortir de situations inconfortables passé dans le langage commun à travers quelques citations. Comme « impossible n’est pas Français » (Napoléon) ou encore, cette audacieuse manœuvre du général Joffre lors de la bataille de la Marne : « Ma droite est enfoncée, ma gauche cède, tout va bien ; j’attaque !« 

L’offensive à outrance, c’est bien la stratégie (payante) retenue par le sélectionneur national qui s’est appuyé sur une équipe rénovée et ultra-motivée composée de Mathieu Billot/Shiva d’Amaury, Alexandra Francart/Volnay du Boisdeville et Nicolas Delmotte/Ilex VP et enfin, Olivier Robert heureux quatrième qui n’aura même pas eu besoin de seller Eros, pour s’adjuger la victoire.

Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. On retiendra de la prestation non pas des montures qualitativement supérieures aux autres mais surtout la très grande motivation de Mathieu Billot, la belle monte (si classique et française) d’Alexandra Francart ou encore, le sang froid et la maîtrise technique de Nicolas Delmotte.

Voilà donc l’équipe de France relancée et les combinaisons possibles en vue des Jeux Equestres Mondiaux de Tryon (USA) en septembre multipliées.  C’est ce qui fait le sel de la compétition, la fameuse glorieuse incertitude du sport.

Le classement complet, ici.

 

Saint-Tropez face à Saint-Gall : l’équitation de tous les contrastes

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A Saint-Gall, la victoire du GP est revenue à Luciana Diniz. © katiastuppia.ch/csio.ch

Serait-ce une énième version de l’intarissable affrontement entre anciens et modernes ? Toujours est-il que ce week-end à cheval entre les mois de mai et de juin offre une vision très contrastée du jumping international en 2018. D’un côté, la version très classique du CSIO de Saint Gall en Suisse. Un côté presque champêtre avec une piste en herbe, un public bon enfant à même le sol venu toucher du regard et quasiment du doigt le gotha du cso mondial. Rien d’ostentatoire. Tout l’inverse de Saint Tropez. Le concours organisé depuis quelques années par la milliardaire Athina Onassis est labellisé cette année « Global Champions Tour ». Le bling bling à son paroxisme avec un argent roi qui s’étale de partout. Du balai des hélicoptères aux yachts ancrés dans la baie en passant par des dimensions contraintes qui font la part belle aux espaces réservés à des invités triés sur le chéquier.

Jan Tops congratulates Ben Maher for his win

Jan Tops aux côtés de Ben Maher, vainqueur du GP de saint-Tropez. Crédit Stefano Grasso/LGCT

Et pourtant dans les deux cas, du sport et du beau sport même si les dimensions de bac à sable de la piste Tropézienne laissent perplexe sur une approche du sport qui se coupe progressivement des grandes pistes extérieures en herbe de plus en plus réservés à une poignée de concours mythiques vestiges de l’équitation à grand papa.

Restent les champions consacrés ce week-end dans les Grands Prix. Du côté de la plage de Pampelonne, Ben Maher s’est révélé le meilleur associé à Winning Good, un neuf ans fils de Winningmood, ce jeune retraité qui s’est notamment illustré sous la selle de Luciana Diniz. La Portugaise justement n’était pas en reste puisque c’est elle qui a remporté avec sa fidèle Fit For Fun le Grand Prix du CSIO de Saint-Gall qui s’est disputé vendredi soir en raison de la Coupe des Nations programmée dimanche.

Deux cracks cavaliers certes, mais deux personnalités très différentes à l’image des circuits sur lesquels ils étaient engagés. D’un côté Ben Maher, le champion olympique par équipe (Londres 2012) à l’image écornée par un lourd différend judiciaire avec ses anciens propriétaires Michael et Emma Phillips pour des commissions occultes dans la vente de chevaux. De l’autre, la très attachante et populaire Luciana Diniz, incarnation de la centaure moderne, fusionnelle dans ses relations avec ses montures. Alors certes, il ne faut pas tomber dans un manichéisme facile mais l’on sait que l’excès d’argent en jeu a tendance à faire prospérer les dérives au détriment de l’éthique sportive. On attend toujours à cet égard les explications de Carlos Enrique Lopez Lizarazo (et les conclusions de la FEI) sur son étonnante prestation avec Admara à Bercy dans le cadre des finales Coupe du Monde. On les attendra sans doute longtemps. Le Colombien deuxième du GP de Saint-Tropez s’est bien gardé de tout regret sur le sujet.

Le classement du GP de Saint-Gall, ici.

Le classement du GP de Saint-Tropez, ici

La Baule à l’heure Sud-Américaine

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Crédit : PSV – Jean Morel

ttps://www.facebook.com/JumpingLaBaule/videos/1675079052539480/

Pour une fois, la consonance des prénoms des vainqueurs échappe aux habituelles sonorités germaniques, anglo-saxonnes ou françaises. Pedro, Yuri ou Felipe… il faudra peut-être s’y habituer mais le Brésil a fait souffler, c’est paradoxal, un vent de fraîcheur sur la Coupe des nations de La Baule. Au détriment d’une équipe de France dont l’accumulation des petites fautes a conduit à une grande déception (7ème sur 8). De quoi laisser groggy le pourtant solide Philippe Guerdat contraint de reconnaître à l’issue de la compétition l’acharnement du mauvais sort et éventuellement une erreur stratégique : avoir fait l’impasse sur l’étape de Samorin.

Honneur aux vainqueurs et au Brésil. Les cavaliers à la veste verte ont parfaitement saisi l’esprit et la clé d’un succès en Coupe des nations. Pour monter sur la première marche du podium, il faut impérativement un groupe soudé, une équipe unie et déterminée, plus que les autres, à l’emporter. Loin d’être une addition d’individualités, les Brésiliens ont joué collectif et ils ont gagné.

Le dénouement de la pièce de théâtre écrite de main de main de maître par Frédéric Cottier était loin d’être évident. Un scénario parfait, haletant, où il aura fallu attendre le passage du dernier cavalier pour connaître le nom de l’équipe victorieuse. Le succès appelant le succès, il faudra garder à l’œil cette équipe Brésilienne, remaniée en profondeur depuis Rio, pour les prochaines Coupes des Nations mais surtout, dans la perspective des Jeux Equestres Mondiaux de Tryon même si la route reste encore longue d’ici septembre.

« C’est difficile d’analyser à chaud » confiait à l’inverse le sélectionneur national des Bleus au micro de GrandPrix-Replay. Tout reste en effet à construire dans le camp français où l’équipe « new look » testée par Philippe Guerdat a laissé un peu sur sa faim, alternant le bien et le moins bien. Une chose est sûre, les lignes bougent vite. Victorieux à domicile l’an passé, les Tricolores sont passés à côté de l’édition 2018. Plus que dans tout autre sport, avec le jumping, rien n’est jamais acquis. Les succès d’hier ne sont pas les gages des victoires du lendemain. Tel Sisyphe, Philippe Guerdat privés des piliers de l’équipe de France médaillée d’or à Rio doit remettre l’ouvrage sur le métier.

Le classement, ici.

Papillon Z fait valoir ses droits à la retraite

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Papillon Z en action sous la selle de Jérôme Guery

Un battement d’aile et puis s’en va. Ça finit toujours par arriver, même aux meilleurs. Papillon Z ne foulera plus les terrains de concours. Son sympathique cavalier, Jérôme Guery, a indiqué sur les réseaux sociaux qu’à 16 ans, le  beau gris fils de Perhaps allait désormais gouter une retraite bien méritée. « C’est avec beaucoup d’émotions que la famille Woitrin et moi-même avons décidé d’offrir une retraite bien méritée à notre Papillon.Papillon m’a permis de gagner mes premiers GP 5 étoiles, me faire entrer dans les 30 meilleurs cavaliers mondiaux et nous a également ouvert une place aux Jeux Olympiques de Rio.Papillon est un cheval qui a une place très particulière dans ma carrière mais aussi dans le cœur de tous ceux qui s’en sont occupé ….Aussi, nous sommes tous très heureux de pouvoir lui permettre de vieillir à nos côtés au sein de nos écuries, dans nos prairies… entre la piste dans laquelle il s’est tant de fois entraîné et les prairies où grandissent nos jeunes espoirs… »

Il s’agit bien d’une vraie retraite pour Papillon qui contrairement à beaucoup de ses homologues ne va pas commencer une seconde carrière comme reproducteur… puisqu’il a été castré durant sa carrière sportive en raison d’un caractère un peu trop marqué. Malgré tout le talent de Grégory Wathelet, c’est sous la selle de son compatriote Jérôme Guery que ce cheval atypique a révélé tout son potentiel. Le courant est immédiatement passé entre les deux, suffisamment bien pour permettre au couple de remporter deux mois seulement après leur association le Grand Prix 5* de Lummen puis dans la foulée celui de Knokke et le CSI 4* de Mons. Cette relation forte et particulière débouchera un peu plus tard sur le rêve de tout cavalier, une qualification pour le Jeux Olympiques. Rio en l’occurence.

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Papillon Z et Jérôme Guery. Un vrai couple.

Papillon quitte la scène internationale sur la pointe des sabots en douceur, sans passer par l’étape déclassement dans les épreuves. « C’est un cheval de Grand Prix » explique Jérôme Guery, pas d’épreuves intermédiaires « au rabais » donc. C’est donc comme tel qu’il aborde son nouveau statut de retraité avec l’immense respect de ses propriétaires et de son cavalier.

La Baule, les pins et Patrice Delaveau

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Patrice Delaveau et Aquila HDC (archives)

Et de trois. Patrice Delaveau a fait du mythique stade François André de La Baule son jardin. Le cavalier du team HDC a ajouté vendredi une nouvelle ligne à son palmarès déjà bien fourni en remportant pour la troisième fois (après 1990 et 2013), le Grand Prix Longines de la Ville de La Baule. Si on y ajoute ses trois victoires dans l’autre épreuve phare du CSIO de France, le derby, on peut sans trop s’avancer en conclure que l’air de la station balnéaire de Loire-Atlantique lui réussit plutôt bien.

Précision et efficacité sur le premier tour, détermination et intelligence sur le barrage, cette édition 2018 du Grand Prix de La Baule confirme à la fois la forme de Patrice Delaveau et de son unique cartouche pour les rendez-vous majeurs, Aquila HDC. Car derrière cette victoire qui fait du bien au moral, c’est bien un autre enjeu qui se dessine. Celui des Jeux Equestres Mondiaux de Tyron (USA) qui se dérouleront en septembre. Sans parler de revanche, Patrice Delaveau est bien décidé à 53 ans à couronner sa très belle carrière marquée de nombreux succès internationaux par un titre prestigieux. Lui, la cavalier doué et besogneux a vu il y a 4 ans déjà lui passer sous le nez la victoire à Caen lors des Jeux Equestres Mondiaux. Vice-champion du Monde est un beau titre trompeur. Chez les vrais cavaliers, compétiteurs dans l’âme, une seule place compte, la plus haute. Patrice Delaveau c’est aussi le bon camarade, le pilier de l’équipe de France et qui pourtant a dû se résoudre à regarder les Jeux Olympiques de Rio depuis son poste de télévision. Heureux sans doute pour ses amis et coéquipiers habituels mais aussi le grand absent malgré lui de la photo représentant l’équipe de France, la médaille d’or autour du cou.

La roue de la fortune serait-elle en train de tourner, l’heure de Patrice Delaveau en train d’arriver ? Le Normand veut y croire. En grand champion, il prépare l’échéance et se focalise entièrement dessus. C’est de lui-même que le vainqueur du Grand Prix a précisé les choses lors de la conférence de presse en précisant que, « Pour la suite il y a des grandes échéances, le but est d’amener Aquila HDC au mieux de sa forme. Le programme du cheval est prêt jusque Tryon, il faut maintenant le garder en forme jusque-là. »

Prêt, c’est certain. « Depuis le début de saison, en concours 5*, Aquila n’a jamais commis de faute lors des premiers tours. Le cheval est tout le temps présent » relève avec un brin de fierté son cavalier. Reste une équation difficile à résoudre. Comment aborder Tryon avec un Aquila à la fois frais physiquement mais aussi, bien préparé sans jamais l’émousser et surtout sans le blesser ? Tout un dilemme qui doit également intégrer des contraintes financières, via des participations au Global Champions Tour, ou de drapeau à travers les  Coupes des Nations. Dans ce cadre, Patrice Delaveau effectuera ce dimanche à La Baule son grand retour dans l’équipe nationale après deux longues années d’absence. Une forme de renaissance en quelque sorte. On veut y croire.

Le classement du Grand Prix, ici.

Steve Guerdat, Bianca et la reine mère

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Crédit photo : Merrick Haydon / Revolution

Certes, certes, l’histoire sportive retiendra de la 75ème édition du prestigieux CHI 5* de Windsor la victoire de Steve Guerdat et de Bianca devant Laura Kraut et Emanuele Gaudiano. Le couple le mérite bien. Le cavalier est aussi talentueux que la jument, particulièrement qualiteuse, est délicate. Restait à savoir à quel moment le génie des deux protagonistes entrerait en osmose pour réaliser LA performance.

C’est désormais chose faite. Reste le côté anecdotique d’un concours pas vraiment comme les autres. Parce que même si les côtes anglaises ne sont pas si éloignées de leurs homologues françaises, il y a bien un gouffre entre la perfide Albion et le vieux continent. Deux mondes qui parfois se rencontrent. A l’image de Steve Guerdat pourtant habitué des remises des prix sur les cinq continents aussi à l’aise aux côtés de la reine Elisabeth II qu’un Albatros contraint d’apponter pour venir chercher sa pitance sur le pont d’un chalutier.

La vieille dame (92 ans) est délicieuse avec sa tenue aux couleurs kitsch et son chapeau légendaire mais on ne s’adresse pas à la reine d’Angleterre comme au simple représentant d’une marque horlogère, fût-elle prestigieuse et Suisse. On notera donc la distance respectable entre la souveraine et le récipiendaire, protocole oblige mais aussi une retenue certaine du Jurassien. Pas question de procéder à un arrosage général au champagne. Vulgaire et trop Français. Les deux personnages sont pourtant l’un et l’autre des cavaliers dans l’âme. God save the Queen. Et Steve Guerdat aussi !

Le classement intégral du Grand Prix, ici.

Jeux Olympiques : la FFE veut son Lamotte-Beuvron 2024

logo_paris2024_footer_0Malheureusement l’information ne relève pas du Gorafi même s’il faut se pincer deux fois avant de se résoudre à son caractère bien réel. Alors que le CIO a retenu la candidature de Paris pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2024 sur la base d’un dossier positionnant une majorité d’épreuves dans des lieux emblématiques, dont l’équitation à Versailles, la Fédération Française d’Equitation, pourtant associée au dossier de candidature, fait aujourd’hui marche arrière. Elle demande désormais officiellement que les épreuves équestres se déroulent dans son parc fédéral à Lamotte-Beuvron. Un revirement à 180 degrés justifié à postériori par des raisons de perennité et de ruralité (!). Plus prosaïquement, les dirigeants de la FFE aimeraient bien profiter de la manne financière des jeux olympiques pour améliorer des installations de second ordre dont l’histoire est sujette à polémique. Parti pris.

La FFE et les jeux olympiques, c’est un peu l’image des mouettes suivant le chalutier. Peu importe sa direction, ce qui compte, c’est de récupérer les sardines qui seront rejetées à la mer. Cette position attentiste ne sert pas en tous cas l’image de la FFE et à travers elle de l’équitation hexagonale. Comment peut-on en effet s’engager derrière un dossier aussi lourd et sérieux que celui d’une candidature à l’organisation de Jeux Olympiques, premier événement sportif planétaire très loin devant tous les autres, pour renier, une fois l’attribution faite sa signature et donc son engagement ? Car il y a bien un avant, le temps de la candidature, et un après celui de la mise en œuvre du dossier initial.

L’avant, un peu vite oublié, c’est la concurrence féroce entre villes-monde pour décrocher l’accueil des JO. Rappelons à cet égard que ce n’est pas la France, et encore moins Lamotte-Beuvron, qui se sont vues décerner la difficile mission d’organiser les Jeux de 2024. C’est Paris. Alors certes, Versailles ce n’est pas Paris mais si le choix du CIO s’est porté sur la capitale Française c’est parce que le dossier repose sur l’organisation d’un maximum d’épreuves dans des lieux mythiques connus ou fantasmés dans le monde entier.

Dans ce contexte, les déclarations de Serge Lecomte, président de la FFE, à l’AFP le 3 mai dernier sont justes surréalistes pour ne pas dire irresponsables. A moins qu’il ne s’agisse de donner du sens à la construction en 2017 du plus grand manège équestre de France au sein du parc fédéral. Du côté du Comité d’organisation (COJO) on s’est déclaré « un peu surpris » avant de rappeler que, « c’est la FFE qui a proposé Versailles il y a deux ans. Et la Fédération équestre internationale (FEI) considère que c’est un site exceptionnel pour faire la promotion de l’équitation au niveau mondial ».

Et ce n’est pas l’entretien accordé le 11 mai par Pascal Deboudt à France Bleu qui va dissiper le malaise. Le président du comité régional d’équitation en Centre-Val-de-Loire ne semble pas avoir saisi la dimension et la portée des Jeux Olympiques lorsqu’il évoque la ruralité ou les 16 000 cavaliers accueillis annuellement dans le parc fédéral. Pour rappel, le Château de Versailles, c’est six millions de visiteurs chaque année…

Le débat qui agite aujourd’hui le petit monde de l’équitation hexagonale a-t-il un sens ? Sur le fond sans doute. Sur la forme et le moment où il se déroule, sûrement pas. Il laisse un goût amer en bouche. Celui d’une fédération repliée dans ses installations solognotes et coupée du sport de haut niveau avec ses enjeux financiers, à l’image de sa totale absence des structures sportives internationales.

Alors que les Jeux sont l’occasion d’offrir une superbe vitrine de la filière équestre française comme ce fût le cas lors des Jeux Mondiaux à Caen en 2014, la FFE joue petits-bras et petits arrangements en se positionnant de façon surannée comme le défenseur des poneys club et des amateurs sur lesquels elle a construit un modèle financier particulièrement rentable. Son rôle pourtant serait de veiller à la bonne articulation entre sport de masse et haut niveau. Mais après tout, que le milieu équestre français assume ses responsabilités. Serge Lecomte est un président de fédération démocratiquement ré-élu par ses pairs même s’il y aurait beaucoup à dire du système électoral en place. Mais ça, c’est un autre vaste sujet.

 

Ben Maher à l’heure Madrilène

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Ben Maher (archives)

Surprise surprise pour l’étape Madrilène du Global Champions Tour qui s’est disputée ce samedi dans les magnifiques installations de Campo Villa. C’est un ex numéro 1 mondial qui est revenu sur le devant d’une scène dont il s’était durablement éloigné. Ben Maher, en effet, champion olympique par équipes aux Jeux olympiques à Londres en 2012 et vice-champion d’Europe en individuel en 2013, semble de retour après avoir déjà pointé le bout de son nez il y a quelques semaines à Shanghaï (deuxième du Grand Prix).

En terres ibériques cette fois, le Britannique ne s’est pas contenté d’un accessit. Il s’impose dans le Grand Prix avec Explosion W, un cheval tout en muscles et en rondeurs qui semble avoir pris une nouvelle dimension cette saison. Ben Maher sur son hongre de 9 ans par Chacco Blue, devance le Belge Nicola Philippaerts et l’Espagnol Eduardo Alvarez Aznar ex-aequo à la deuxième place en raison d’un chronomètre strictement identique.

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Ben Maher et Explosion W. Crédit photo Stefano Grasso /LGCT.

Du côté des tricolores, peu présents, on retiendra la contre-performance de Simon Delestre. Pourtant associé à Hermès Ryan, le Lorrain sort de piste pénalisé de douze points de pénalité concédés à l’issue d’un tour difficile. Simple baisse de forme ou problème physique ? Les prochaines prestations du couple seront à suivre de près.

Le classement complet, ici.

 

 

Harrie Smolders, un numéro 1 qui nous fait du bien

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Harrie Smolders, nouveau numéro 1 mondial

Le petit royaume du cso mondial s’est donné un nouveau roi. Et celui-ci s’appelle Harrie Smolders. Le sympathique Néerlandais de bientôt 38 ans (le 10 mai) coiffe pour la première fois de sa carrière la couronne de numéro 1 au classement mondial. L’avènement est d’abord arithmétique mais il est aussi totalement justifié.

A l’aune tout d’abord de la très belle année 2017 réalisée par le cavalier des écuries Verlooy (médaille d’argent au Championnat d’Europe de Göteborg et vainqueur circuit du Longines Global Champions Tour), clôturée en beauté par une victoire Coupe du Monde à Malines (Belgique) et prolongée en ce début d’année par des classements réguliers en Grand Prix 5*.

Au regard ensuite de la qualité de l’équitation du Batave mais aussi, de sa philosophie. « Aussi longtemps que les chevaux seront en bonne santé et adoreront leur travail, nous continuerons à marquer des points. Je ne forcerai pas un cheval pour obtenir des points supplémentaires » confiait Harrie Smolders au site Equnews.com le 4 avril dernier.

Fort d’un piquet de tête composé de Zinius, Emerald et Don VHP, le nouveau leader mondial de la ranking list peut légitimement espérer conserver son statut un certain temps même si son accession au trône a été facilité par l’éloignement forcé des terrains de Kent Farrington, numéro 1 sortant. Mais ça, ça s’appelle le destin ou la chance. Et dans le sport, c’est le petit plus qui fait parfois la différence.

Le nouveau classement mondial en date du 30 avril, c’est ici.

Défait à Paris, McLain Ward prend sa revanche à New York

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McLain Ward

Ward. McLain Ward. Le patronyme claque comme une bulle de chewing-gum qui vous explose au visage. Américain jusqu’au bout des ongles, ce fils de l’Oncle Sam de 42 ans qui réside à Brewster dans l’Etat de New York constitue avec Beezie Madden les deux piliers de l’équipe nationale. Leur longévité et leur expérience en font des valeurs sûres. Suffisamment pour en faire des prétendants sérieux pour la finale Coupe du Monde de Bercy. Dans ce balai de deux, c’est la dame qui s’est imposée à Paris. Moins chanceux, son compatriote a dû se contenter de la 4èmeplace. La contre-performance est toute relative mais chez les vrais compétiteurs, une seule place compte, la première. C’est ainsi, la victoire est aux cavaliers ce que le goût du sang est au prédateur. Et ce goût-là ne quitte pas McLain Ward encore habité par sa victoire dans l’édition 2017 des finales Coupe du Monde à Omaha (USA) avec une jument considérée, à juste titre, comme l’une des meilleures du monde : HH Azur.

L’étape des Longines Masters à Big Apple constituait donc une sorte de revanche pour McLain amené à défendre ses couleurs dans son quasi jardin puisque le concours s’est déroulé à une petite heure de ses écuries. Certes seuls 30 couples étaient engagés dans le Grand Prix mais le prestige de la compétition et son alléchante dotation ont permis d’avoir un plateau relevé. Avec quatorze qualifiés pour le barrage, tout restait à faire.

La vraie surprise est venue de MacLain Ward et de Clinta, une jument de 11 ans sous sa selle depuis un mois. Pour son premier Grand Prix 1,60m cette fille de Clinton a fait une véritable démonstration de force, de respect et de style, le tout sous des apparences trompeuses de facilité, car plus le cheval est sensible et respectueux et plus la précision dans la monte doit être grande.

« Je l’avais repérée à Aix-la-Chapelle l’an dernier, elle était montée par Philip Rüping. Je la voulais tellement, mais j’ai mis sept mois pour la négocier et j’ai pu enfin l’acheter en début d’année grâce à un groupe d’amis. Elle a 11 ans, je la connais peu, mais c’est une jument en qui j’ai pourtant confiance, elle est très rapide et surtout très respectueuse » a indiqué McLain Ward à l’issue de la compétition. Voilà le New-Yorkais sacrément équipé. Son appétit de victoires en sort renforcé.

Le classement du GP, ici.

La Suisse s’impose dans le premier CSIO de Slovaquie

Steve Guerdat, pilier de l’équipe nationale Suisse.

Alors que les Longines Masters d’EEM faisaient étape ce week-end à New York avec force bling-bling et moult dollars à la clé, la petite ville de Samorin (13 000 habitants), en bord de Danube, au cœur du continent européen, à environ 100 km de Vienne et à 30 km de Bratislava, accueillait la première édition du CSIO de Slovaquie. Qui dit CSIO dit Coupe des Nations. Premier prix des Nations pour la saison, celui-ci comptait pour la division 1, Europe.

Huit équipes avaient fait le déplacement dans l’espoir d’engranger des points en vue de la finale qui se déroulera une nouvelle fois en septembre à Barcelone : Allemagne, Belgique, Brésil, Espagne, Irlande, Italie, Suisse et Suède. Bien en a pris à la Suisse, et à son sélectionneur Andy Kistler, d’avoir coché cette étape (avec La Baule, St-Gall, Rotterdam et Dublin). Elle sort victorieuse de la confrontation avec une barre d’avance sur l’Irlande. La Belgique complète le podium à la troisième place.

Les Helvètes peuvent être satisfaits. Après une première manche caractérisée par un score vierge, l’équipe Suisse a maintenu les boulons suffisamment serrés pour éviter une déconvenue. Steve Guerdat (Hannah) n’a même pas eu besoin de repartir grâce au double sans faute de Martin Fuchs (Chaplin). Le Jurassien si prompt à froncer les sourcils en cas de contrez-performance pouvait arborer un large sourire. Au-delà de la victoire collective qui lui est chère, Steve Guerdat, associé à Corbinian, a remporté deux victoires individuelles dans le week-end, le jeudi et le samedi. On dira que la Slovaquie lui réussi.

Le classement intégral, ici.

 

Inquiétudes autour de l’épidémie de rhinopneumonie

logo-respe-ok_largeL.jpgLa France équestre a peur. L’épidémie de rhinopneumonie qui touche notamment l’ouest de la France inquiète bien au-delà de son périmètre. Et ce ne sont pas les dernières annulations de compétitions ce week-end, dont le Boulerie Jump, qui vont apaiser les esprits et ce, alors même que la FFE a adopté une stratégie de communication minimaliste sur le sujet bien qu’un centre équestre situé au Mans ait été placé en quarantaine à l’issue de du décès de deux chevaux touchés par la forme neurologique du virus.

La vigilance est donc de mise d’autant que d’autres virus sont également en circulation à cette période de l’année.

S’il se raconte parfois un peu n’importe quoi en revanche, le caractère hautement contagieux du virus est bien une réalité. C’est bien d’ailleurs ce qui amène des organisateurs de compétitions à annuler des rassemblements puisque le règlement général des compétitions précise ce qui tombe sous le sens. A savoir que le rôle de l’organisateur du concours est notamment d’assurer « sécurité et bien-être des concurrents et des poneys / chevaux ». Réglementairement toutefois, l’annulation des compétitions est laissée à la totale discrétion des organisateurs.

Autre point problématique, le délai de latence entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes, qui est évaluée entre cinq et dix jours. En conclusion, une attitude raisonnable devrait conduire les cavaliers à maintenir leurs chevaux tranquillement à la maison et à éviter les déplacements et les contacts avec d’autres chevaux.

Ces mesures de prudence ne concernent toutefois actuellement qu’un certain nombre de départements, tels que ceux qui apparaissent en rouge ou en orange sur la carte du RESPE, le réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine. Si votre cheval est abattu, présente de la fièvre (>=39°C), une gêne respiratoire, une démarche anormale ou de l’incontinence, il convient de l’isoler et contacter votre vétérinaire. Attention il peut aussi y avoir des symptômes atypiques.

Pour plus d’informations sur la rhinopneumonie, les Haras Nationaux ont élaboré une fiche complète, consultable ici. La vaccination est à ce jour le seul moyen de lutte efficace.

Guêtres postérieures : Luciana Diniz relance le débat

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Luciana Diniz

Décidément, « l’affaire Admara » n’en finit pas de faire couler beaucoup d’encre et de susciter de multiples réactions. La très posée Luciana Diniz, que l’on classera plutôt dans le camp des cavaliers adeptes de la méthode douce et de la recherche de connexion avec leur monture, vient de remettre une pièce dans le juke-box. Et c’est une nouvelle fois par les réseaux sociaux que ça se passe. La Brésilienne naturalisée Portugaise a choisi Instagram pour poster lundi la vidéo d’une victoire à Eschweiler (Allemagne) avec Camargo 2, le fils de sa championne Fit For Fun, assortie du commentaire qui va bien. « Même sans « les fameuses guêtres postérieures », il est possible de gagner ! Maintenant plus que jamais, la FEI devrait réagir et pas seulement après les Jeux Olympiques » souligne l’amazone préférée d’Edouard de Rothschild. Avec déjà plus de 25 000 vues, le message n’est pas passé inaperçu.

Alors que les arrière-boutiques de cavaliers, mais aussi et c’est plus surprenant de journalistes hippiques, bruissent de courses à la signature pour faire pression sur la FEI, tout ce petit monde ne serait-il pas en train de se défausser sans le savoir d’une partie de ses responsabilités personnelles ?

Et si, comme on pouvait le lire sur le fil des commentaires de la page Facebook des « Indignés de la politique fédérale de la FFE » chers à Hervé Godignon, les cavaliers pour une fois prenaient les devants et s’engageaient à travers une charte ratifiée nominativement à ne pas utiliser ces fameuses guêtres ? Ceux qui continueraient seraient vite placés sous le regard réprobateur des spectateurs et autres compétiteurs et l’on assisterait (peut-être) à une forme d’autorégulation.

Voilà en tout cas un sujet qui pourrait être mis à l’ordre du jour des discussions de l’association internationale des cavaliers de saut d’obstacles (IJRC) présidée depuis le 10 décembre 2017 par Kevin Staut.

« Princesse Pirole » tire sa révérence

Camille Condé-Ferreira / Pirole de la Châtre

Elle est jeune mais elle a déjà tout compris. A seulement 19 ans, Camille Condé-Ferreira a annoncé via les réseaux sociaux la retraite de Pirole de la Châtre sa jument de cœur avec laquelle elle s’est illustrée dans l’hexagone mais aussi en internationaux. En septembre 2017, l’annonce par Catherine Teulières, propriétaire de Pirole, que cette dernière était désormais à vendre ou à louer avait suscité un certain émoi parmi les nombreux fans et supporters de Camille. La belle aventure qui s’est nouée entre la petite jument baie et la jeune cavalière vient de trouver son épilogue. Après une participation, sorte de bouquet final, au CSI 2* de Bercy, en parallèle des finales Coupe du Monde la nouvelle est tombée. Ce sera finalement la retraite à 15 ans.

A l’image des couples star du CSO, Camille avec le naturel qui la caractérise, a pris sa plume pour coucher sur le papier ses sentiments et rendre hommage à sa partenaire qui l’a propulsé au haut-niveau. Le tout agrémenté, comme à son habitude, de nombreux émoticônes.

« Si je devais écrire un livre il aurait ton nom 👑 PIROLE DE LA CHATRE 👑
5 années exceptionnelles a tes côtés.
Cette merveilleuse aventure démarrée en Janvier 2013 grâce à ta propriétaire Cat Hy qui m’a permis de te connaître après ta formation sous la selle de Berenger Oudin.
Ton petit caractère a très vite fait de toi la princesse de mes écuries, MA princesse, ma princesse au grand cœur.
Cœur que tu m’as offert si souvent en piste. Tu m’as toujours tout donné. J’ai pu grâce à toi porter les couleurs de la France. Tu m’as offert 4 podiums européens et pas des moindre.
Nous avons ensemble gravi les échelons, des Children aux Jeunes Cavaliers.
En raflant au passage de belles victoires en équipe avec lesquelles nous avons participé à 11 Coupes des Nations , remporté des Grands Prix CSIO Juniors mais encore nos victoires en 2* quand je n’avais que tout juste 16 ans , cette même année où tu m’offres un double titre de championne de France et d’Europe, je n’oublie pas bien sûr l’année suivante cette médaille d’argent sur ce même championnat d’Europe.
Ensemble nous aurons concouru 5 championnats d’Europe des Children aux Jeunes Cavaliers, remporté 4 médailles européennes et pas moins de 6 championnats de France.
Je oublierai jamais non plus les merveilleux terrains que nous avons foulé ensemble tel que le Saut Hermès, Les Longines Masters de Paris, La Baule et cette année Bercy …

Voilà si je devais tout raconter, tu aurais ton livre Ma Pirole.
J’aurai aimé t’offrir des adieux dignes des grands champions mais j’avoue je me garde égoïstement ce moment où il est temps pour toi d’aller gambader dans les vertes pâtures Normandes.

Voilà enfin cette décision que nous attendions tous pour toi est arrivée. Tu vas d’ici à 1 mois aller faire des bébés qui j’en suis sûre seront à la hauteur de leur maman.
La couverture finale de notre livre se ferme maintenant sur tous ses merveilleux souvenirs.

Merci pour tout ma « Piron D’amour » ❤👑

Tu resteras à jamais dans mon coeur et pas que.

Hâte de te revoir avec ta descendance …

Et merci aussi à tous ceux qui nous aurons permis de vivre cette aventure : Cathy, Lionel, Benoît, Damien, Olivier, Thierry, Stéphanie, Pierre Antoine, papa et maman.
Ainsi que tout le personnel d’écurie qui était aux petits soins pour elle. »

Zinius, numéro 1 au classement mondial WBSFH

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Zinius sous la selle de Harrie Smolders

Zinius, l’un des chevaux de tête du cavalier néerlandais Harrie Smolders a terminé le premier trimestre 2018 au premier rang du classement provisoire de la Fédération mondiale des stud-books de chevaux de sport (WBSFH). Ce fils de 14 ans de Nababab de Rêve issu du stud-book KWPN devance Cornado NRW (Westphalien) deuxième et Chaccano (Oldenbourg), troisième. Silver Deux de Virton HDC, huitième, est le meilleur ambassadeur de l’élevage français (SF).

Tout le classement, ici.

Jamie Barge : « je n’ai jamais considéré ma déficience auditive comme un désavantage »

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Jamie Barge sur Luebbo

Tout au long des finales Coupe du Monde qui se couraient à l’AccordHotels Arena de Bercy, la jeune cavalière américaine Jamie Barge, associée à Luebbo un hongre gris de 13 ans, a délivré une superbe équitation. Elle termine la compétition à la 16èmeplace. Ce n’est pas un exploit mais à 22 ans c’est prometteur. La performance est d’autant plus à saluer qu’elle est réalisée par une athlète atteinte d’un handicap.

Née avec une déficience auditive, Jamie Barge a été appareillée très jeune mais malheureusement au fil des ans ses capacités auditives ont continué à chuter. En 2016, elle confiait au site NoelleFloyd.com que sans son appareil auditif ou son implant, elle n’entend absolument rien, pas même une alarme incendie, ce qui l’amène à voyager avec une chienne d’assistance, susceptible de la réveiller la nuit si nécessaire.

Cette particularité à des conséquences pratiques. En piste, Jamie n’entend pas la cloche et doit donc surveiller attentivement l’affichage électronique. Par ailleurs, si une barre tombe, elle ne l’entend pas également. Du coup, elle monte tous ses obstacles comme si elle était sans faute.

C’est un peu plus compliqué en revanche au paddock. La jeune femme essaye de mémoriser les 4 cavaliers qui la précède mais compte aussi sur l’aide de ses accompagnants ou des officiels pour lui faire signe quand elle peut rentrer en piste. « Je n’ai donc jamais considéré mon audition comme un désavantage. Je dois juste faire les choses un peu différemment » estime Jamie Barge, très positive. Dans sa vie professionnelle, la jeune cavalière contourne les difficultés, toujours avec le sourire, en lisant sur les lèvres de ses interlocuteurs ou en misant sur leur patience pour répéter si besoin leur question.

Un bel exemple. Le public de Bercy ne s’y est pas trompé en agitant en nombre ses mains à l’invitation du speaker en guise d’applaudissements à l’issue de ses tours. C’est comme ça que l’on applaudit dans la langue des signes. Jamie Barge y a été particulièrement sensible.

 

Beezie Madden, reine d’un jour, reine toujours

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Beezie Madden et Breitling LS

Il est 17h44 dans l’enceinte de l’AccordHotels Arena quand retentit l’hymne américain. L’important contingent venu d’outre-Atlantique (11 qualifiés) a fait fort. Trois de ses cavaliers sont dans le quatuor final. Si McLain Ward (Azur HH) reste au pied du podium, Devin Ryan (Eddie Blue) et Beezie Madden (Breitling LS) montent respectivement sur la deuxième et la première marche. Henrick von Eckerman et son inséparable Mary Lou sauvent l’honneur du vieux continent mais doivent se contenter de la 3ème place. Tout un symbole. Quant aux Français, c’est un rendez-vous raté. Faute peut être d’en avoir fait un objectif premier. Bosty cependant n’a pas à rougir. Il finit 13ème avec une jument, Sangria du Coty,  un peu émoussée (voir son analyse ici).

Du côté des représentants de la bannière étoilée, on ne cache pas sa satisfaction. Ce succès tombe bien pour un pays qui accueillera en septembre prochain les Jeux Equestres Mondiaux à Tryon en Caroline du Nord. L’organisation est prête et de toute évidence les compétiteurs aussi.  « C’est une semaine exceptionnelle pour les Américains, puisque nous sommes trois dans le top quatre de cette finale. Devin a un cheval encore jeune et McLain est à nouveau au top » déclare Beezie Madden en prenant soin de placer le collectif au-dessus de son succès personnel.

« Je suis très heureuse d’avoir remporté ce championnat, un deuxième titre c’est plutôt exceptionnel » poursuit l’icône du saut d’obstacles américain peu encline à parler d’elle même, préférant évoquer les autres. Son équipe, son mari, sa propriétaire (Abigail Wexner) et bien sûr, son cheval. « Aujourd’hui, Breitling participait à son premier championnat, et je dois dire que je ne m’attendais pas à gagner. Il a toutefois prouvé qu’il était parfaitement au niveau et qu’il est capable de briller en championnat. Cela a pris du temps de remplacer Simon et Cortes, mais c’est finalement arrivé plus tôt que prévu. »

Satisfaction également mais beaucoup de fierté pour Devin Ryan. « Être deuxième derrière Beezie, c’est déjà une très belle place. Je courrais ici mon premier championnat, et c’est une fierté immense d’avoir hissé haut le drapeau américain avec Beezie« . Eddie Blue, son partenaire de seulement 9 ans a fait sensation par son incroyable respect de la barre. Un tel niveau de qualité devrait permettre à son cavalier de poser quelque temps ses valises au plus haut-niveau.

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Du côté en revanche d’Henrik Eckermann, la déception est visible.  »J’aurais préféré signer un double sans-faute aujourd’hui ! Evidemment. Sans cette faute, j’aurais été au barrage contre Beezie. Mais avec des si… « Le Suédois, en vrai compétiteur, n’a pas de mal à reconnaître la suprématie de la cavalière américaine. « Beezie a été fantastique durant toute la semaine » souligne-t-il.

Le constat est largement partagé. A Bercy cette semaine, l’Américaine était vraiment trop forte.

Le classement complet de l’épreuve, ici.

 

Un Grand Prix 5* en consolation pour Daniel Deusser

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Daniel Deusser / Cornet 39

Kevin Staut l’avait rappelé la veille. Le jumping est une discipline aux allures de yoyo dans laquelle il faut savoir apprécier les succès et relativiser les contre-performances. Daniel Deusser en a été une nouvelle illustration samedi soir. En haut de l’affiche jeudi soir (2ème), aux oubliettes le lendemain (éliminé de la finale), l’Allemand a pris sa revanche en remportant le Grand Prix 5* qui se courait samedi soir en parallèle des finales Coupe du Monde, avec une alléchante dotation de 100 000 €.

En selle sur Cornet 39, le cavalier des écuries Stephex s’est révélé particulièrement véloce. Suffisamment pour déloger Patrice Delaveau (Aquila HDC) de la première place à la déception du public nombreux qui aurait bien voulu entendre résonner la Marseillaise sous la voute de l’AccordHotels Arena. Les spectateurs peuvent néanmoins se consoler. Le spectacle fût palpitant et de qualité. Et les cavaliers français performants !

Le classement de l’épreuve, ici.

Interrogations et crispations autour de la prestation d’Admara

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Carlos Enrique Lopez et Admara

C’est du rarement vu en conférence de presse d’après épreuve. Alors que Beezie Madden, Harrie Smolders, Henrik von Eckermann et Kevin Staut étaient venus répondre aux questions des journalistes sur leurs prestations respectives, la surprise pour ne pas dire le quasi-malaise est venu de la bouche de Susanna Cottica.

La journaliste italienne a pointé « l’anormalité » des sauts effectués par Admara sous la selle du Colombien Carlos Enrique Lopez. Susanna Cottica a souligné l’étonnement du public marqué par des « Ho » et des « Ha » face à un hongre qui dégageait tellement fort ses postérieurs qu’on avait l’impression qu’elle allait passer cul par-dessus tête. Un étonnement partagé par de nombreux professionnels car Admara est depuis plusieurs années dans le circuit, précédement sous la selle d’Emanuele Gaudiano, et n’a jamais eu un style aussi marqué.

La raison est en fait toute simple. Elle est liée à la présence de guêtres postérieures qui, utilisées d’une certaine façon, notamment par un serrage fort, peut notamment conduire à un dégagement réflexe disproportionné. Le problème, car il y en a bien un, c’est que l’utilisation de ces guêtres fait normalement l’objet d’un contrôle par les stewards avant l’entrée de piste. De toute évidence celui-ci s’est révèlé insuffisant.

La FEI, puisque c’est à elle que se pose en fait la question a répondu par la voix de John Roche, en charge du saut d’obstacles : “Vous aurez noté que la décision a été prise par la FEI d’interdire totalement les guêtres postérieures d’ici 2021. Si nous ne l’avons pas fait jusqu’alors, c’est parce que nous ne pouvons pas appliquer un tel règlement en période de qualification olympique. Concernant ce que nous avons vu ce soir, nous pouvons considérer que c’était complètement exagéré, et nous prendrons les mesures nécessaires avec le cavalier en question.

On attend donc la réaction éventuelle de Carlos Enrique Lopez mais de toute évidence, les temps ont changé. Le respect du bien-être animal est aujourd’hui largement partagé et répond à une demande forte du public. Les pratiques d’hier marquées parfois par un usage légitimé de la violence doivent s’effacer. Les enjeux financiers liés aux épreuves contribuent toutefois à les faire perdurer. L’histoire est un éternel recommencement. En 393, l’Empereur romain Théodose Ier, s’était résolu à décrèter l’interdiction des premiers Jeux Olympiques fortement altérés par la triche d’athlètes devenu « professionnels ».

Pour aller plus loin : l’excellent article de L’Eperon sur le sujet, c’est ici.

Bercy : Beezie Madden, reine d’un deuxième soir

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Beezie Madden et Breitling LS

On connaissait un Américain à Bercy de Georges Gershwin, il faut désormais rajouter une Américaine à Bercy, en référence à la prestation de Beezie Madden dans l’AccordHotels Arena. La reine Beezie persiste et signe, conservant le leadership à l’issue de la deuxième journée de compétition, toujours sur la même monture, Breitling LS, son étalon de douze ans. On ne change pas, il est vrai, une équipe qui gagne.

Quand elle perd, en revanche, des modifications s’imposent. A commencer par Harrie Smolders. Le choix d’Emerald en lieu et place de Zinius s’est trouvé pertinent puisqu’il permet au Batave de monter sur la deuxième marche du podium.  Les changements de monture de Kevin Staut et Simon Delestre ont également porté leurs fruits. Les deux français se sont qualifiés de belle manière pour le barrage avec respectivement Silver Deux de Virton et Chesall Zimequest où ils ont retrouvé Bosty toujours associé à Sangria du Coty. « Pas mal cette petite Beezie » s’amusait goguenard comme à son habitude le cavalier de Barbizon venu présenter ses félicitations au vainqueur de la soirée. Un Bosty satisfait car son petit point de dépassement de temps sur le tour initial lui permet de progresser de quelques places au classement général, de la 12ème à la 10ème soit, à trois barres de Beezie Madden et à moins de deux du podium. Idem pour Simon Delestre, après sa 9ème place du jour acquise… à la cravache.

Avec un barrage à 9 marqué plus par de grandes galopades que de véritables options, le droit à l’erreur n’existait pas. Kevin Staut après la déception d’hier a signé un double sans faute mais pas suffisamment rapide pour être sur le podium. Il doit se contenter d’une cinquième place qui constitue toutefois la meilleure performance française et normalement son billet d’entrée pour la finale de la finale dimanche. Encore sous le choc de sa prestation de la veille avec Rêveur le cavalier du Haras des Coudrettes a précisé son état d’esprit du moment : « Hier ce fut difficile pour moi, pas seulement sportivement mais surtout sentimentalement puisque Rêveur de Hurtebise HDC m’a montré qu’il n’avait plus trop envie de tout donner. Avec les propriétaires, nous nous sommes toujours promis que nous serions à l’écoute de nos chevaux, Rêveur va donc progressivement prendre sa retraite. Mais la très belle performance de Silver Deux de Virton HDC aujourd’hui me montre aussi qu’il y a un avenir. J’ai en lui une bonne relève et c’est rassurant. Tout cela est la beauté de notre sport : on passe de la nuit au jour ».

La grosse surprise est venue du camp allemand dont les deux piliers ont vacillé. Marcus Ehning (Cornado NRW) et Daniel Deusser (Cornet d’Amour) ont failli avec respectivement 12 et 14 points de pénalités. On ne verra pas donc pas Daniel Deusser dimanche, pourtant 2èmehier.

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Beezie Madden

La suite, c’est un peu Beezie Madden qui l’a esquissé : « Aujourd’hui mon cheval était fabuleux, je peux toujours compter sur lui. J’ai d’excellentes sensations avec lui, c’est un étalon qui se comporte très bien et qui a très bon caractère. Maintenant, il s’agit d’être aussi performant dimanche. On est seulement à la moitié du championnat car il nous reste encore deux, voire trois parcours ». Rendez-vous dimanche après-midi pour la suite.

Le classement de l’épreuve, ici.

La retraite plutôt que la coupe pour Rêveur de Hurtebise

Kevin Staut et Rêveur de Hurtebise

Kevin Staut était pourtant enjoué, presque pressé d’entamer cette finale Coupe du Monde qu’il avait follement envie d’ajouter à son palmarès et à celui de Rêveur, son cheval olympique. Las, l’équitation est une affaire de couple et quand les sentiments ne sont pas partagés, on peut tomber parfois de haut. C’est le cas du cavalier du Haras des Coudrettes qui a pris un coup au moral jeudi soir pour l’épreuve dite de chasse (un baréme A en fait).

Que Rêveur de Hurtebise ait des jours où il est moins bien, ça arrive. Une ou deux barres au plus. Mais hier soir le score a été lourd, beaucoup plus lourd. « Ça ne lui ressemble pas » expliquera par la suite Kevin Staut au micro d’Elodie Mas (vidéo). D’abord le numéro 1 puis, 4 autres fautes. Au-delà des espoirs de victoire qui s’envolent, Kevin Staut en homme de cheval sait qu’il vient de se passer quelque chose. C’est ce qu’il confie en toute sincérité à la journaliste de L’Eperon en sortie de piste. « On attendait le moment où il allait nous dire qu’il était temps de le mettre à la retraite« , explique-t-il. Celui semble arrivé. Une discussion s’engage dans la foulée avec Emmanuelle et Armand Perron-Pette les propriètaires. La décision tombe très rapidement dans la soirée via un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux (ci-dessous) par le Haras des Coudrettes. Le temps de la retraite est arrivé pour Rêveur de Hurtebise.

« Ce soir Rêveur de Hurtebise *HDC n’ a pas été au rendez-vous mais aucun d’entre nous, aucun d’entre vous, ne peut lui en vouloir. Il a été un partenaire fantastique pour Kevin, un compagnon exceptionnel pour nous et un équipier fidèle qui a tout donné à l’équipe de France en contribuant très activement à toutes les dernières belles médailles françaises. Alors comment aujourd’hui du haut de ses 17 ans ne pas entendre sa voix. Il vient juste de nous dire que cela ne l’amuse plus autant qu’aux JEM de Caen, qu’il ne prend plus autant de plaisir qu’à Rio et qu’il a donné tout son cœur en décembre dernier à Genève en remportant le Top 10. Alors il est temps pour Kevin, Laurence, Armand et moi ainsi que pour toute l’équipe HDC de rendre hommage à notre petit crack en lui laissant tranquillement prendre du recul et tirer sa révérence doucement au rythme qui lui conviendra le mieux au cours de cette dernière année. Nous ne sommes pas tristes car il est en pleine forme et heureux, nous allons donc, comme nous l’avons fait pour Silvana, Orient Express, Ornella et les autres lui offrir encore de bien belles années sous nos fenêtres dans nos paddocks normands. Alors ce soir, Kevin et moi te remercions pour nos plus beaux souvenirs et nos plus belles émotions … tu es toujours là près de nous, plus beau que jamais, c’est le plus important. Il va te falloir veiller sur les petits jeunes des écuries et leur donner tes secrets … ceux d’un champion.
Merci mon p’tit crack ».

 

 

 

 

Beezie Madden et Breitling donnent le tempo à Bercy

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Beezie Madden et Breitling LS

Première journée et première déception pour le camp français pour l’épreuve d’ouverture des finales Coupe du monde de Bercy.  Une vraie douche froide à l’image de la météo à l’extérieur de l’AccordHotels Arena.

Bosty meilleur tricolore pointe seulement à la douzième place, pénalisé d’une barre avec une Sangria du Coty néanmoins en forme de l’avis de son cavalier. Les américains, venus en nombre, réalisent en revanche une belle opération. L’inoxydable Beezie Madden prend la tête de la compétition avec Breitling LS, un étalon de 12 ans très en forme ces dernières semaines a-t-elle précisé en conférence de presse.

Daniel Deusser, deuxième avec Cornet d’Amour, le même cheval avec lequel il remportait la finale il y a quatre ans à Lyon, se retrouve à une place stratégique. A l’affût sans avoir à supporter la pression du leader.

Troisième, et c’est un peu la surprise, on retrouve un deuxième américain quasi-inconnu sur le vieux continent mais compétiteur rôdé aux Etats-Unis. Devin Ryan, puisque c’est de lui qu’il s’agit, associé à Eddie Blue, un hongre de seulement 9 ans, fils de Zirocco Blue, tiendra-t-il son rang les prochains jours ? Réponse demain vendredi à 20h30 pour une épreuve avec barrage d’1m60.

Le classement de l’épreuve ici.

USA : Daniel Bluman dénonce un système qui rend le jumping inaccessible aux classes moyennes

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Daniel Bluman

Le « système » américain du jumping est malade. Miné par l’argent, il n’est plus en capacité de faire émerger des cavaliers de talent. Ce constat et le débat qu’il génère traverse le milieu équestre aux États-Unis même si finalement, beaucoup s’en accommodent. Katie Prudent avec une incroyable franchise a été l’une des premières il y a quelques années à mettre les pieds dans le plat, sans aucune fioriture. « C’est juste devenu un sport pour les gens riches et sans talent » se désolait-elle une nouvelle fois dans les colonnes du site The Chronicle of the Horse en 2017. A l’occasion d’une table-ronde organisée à Wellington le 27 mars dernier pour discuter de l’avenir du saut d’obstacles, le même site rapporte que Daniel Bluman est revenu sur le sujet pour pointer le fait que « le jumping est devenu en Amérique du Nord quelque chose qui est hors de portée des enfants qui ne sont pas vraiment bien nantis« .  Dépassant le simple constat, le cavalier Israélo-Colombien a proposé une solution : mettre en place un système de parrainages permettant à des jeunes cavaliers prometteurs mais peu fortunés de percer.

A 28 ans, Daniel Bluman est un cavalier comblé. Beau, jeune, fortuné et doué à cheval. Il n’a qu’un seul défaut pourraient relever les jeunes filles, c’est d’être marié. Le parcours particulier de sa famille, avec un grand-père survivant de l’Holocauste venu s’installer installé en Colombie après la libération continue de le marquer profondément. Il a finalement accepté d’adopter la nationalité israélienne pour permettre la constitution d’une équipe en vue des Jeux Mondiaux et surtout des Jeux Olympiques mais surtout, Daniel et son épouse Ariel sont très engagés dans le soutien à diverses organisations caritatives.

Colombien naturalisé Israélien, Daniel Bluman vit aux États-Unis, pays pour lequel il a beaucoup de reconnaissance. Pourtant ce globe-trotter constate qu’il n’y a pas de pays où le jumping  est plus inaccessible qu’aux USA, même en Colombie où il a grandi. Et c’est bien dommage à ses yeux car beaucoup de passionnés renoncent finalement à travailler dans ce secteur lorsqu’ils se cassent le nez sur le mur de l’argent. Double peine, l’accès aux spectacles sportifs est également très sélectif en raison des tarifs d’entrée pratiqués ce qui prive le jumping d’une vraie assise populaire.

Sans critiquer la présence de l’argent, Daniel Bluman prône la mise en place d’un correctif qui permette aux non fortunés de percer. Un système de bourses d’études et de parrainages où des professionnels de premier plan, cavaliers et entraîneurs, seraient prêts à consacrer un peu de temps à des jeunes cavaliers pour les conseillers, les encadrer et créer les conditions nécessaires au déclic qui leur permettra de réussir.

Daniel Bluman relève que la dérive du système américain est relativement récente et que des cavaliers comme Laura Kraut, Todd Minikus et beaucoup d’autres ne sont pas issus des milieux les plus aisés. « Ils ont gravi les échelons et ont fini par faire du sport de haut niveau » souligne-t-il avant d’ajouter : « Si nous ne faisons pas quelque chose au sujet de ce qui se passe actuellement, cela n’arrivera plus. Les prochaines générations vont toutes être – et seulement être – des gens qui ont grandi dans la richesse. Il n’y a rien de mal à cela. J’ai eu une bonne éducation. J’ai eu beaucoup de chance que je m’en sorte bien, et que mon père soit un important homme d’affaires. Je ne dis pas que ça devrait avoir quelque chose à voir avec l’argent. Je dis qu’il devrait y avoir des chances pour tout le monde ».

Daniel Bluman a bien réfléchi à l’organisation qu’il souhaite mettre en place. Elle s’appuiera notamment sur les réseaux sociaux qui permettront de susciter un fort engouement mais aussi de sélectionner les candidats. 20, 30 ou 50 selon les capacités d’encadrement. Les choses ont bien commencé. Sur sa page Facebook, Daniel Bluman remercie ceux qui lui ont fait un retour sur ses propositions et annonce la mise en place prochaine d’un site web dédié à son programme de parrainages.

 

Émeric Georges 4ème à Arezzo : « une belle performance pour Chopin »

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Émeric George et Chopin des Hayettes (archives)

Les superbes installations d’Arezzo (Italie) accueillaient cette semaine un CSI 4* auquel participaient différents cavaliers tricolores. Dans le Grand Prix dominical, la victoire est revenue à l’Italien Bruno Chimirri (Tower Mouche).  Arrivés dans le même temps, l’Irlandais Conor Swail (Domino van de Valhoeve) et le Polonais Krzysztof Ludwiczak (Stalando 2) doivent se partager la deuxième place.  Émeric George signe la meilleure performance française sur son fidèle Chopin des Hayettes mais échoue au pied du podium (4ème). Marc Dilasser et Cliffton Belesbat se classent 9èmes.

Interrogé par Planète CSO sur les difficultés de ce Grand Prix en deux manches, Émeric George évoque « un gros parcours, et surtout assez fin dans le tracé et les choix de contrats de foulée ».

Le Picard se révèle satisfait de sa performance : « La 4ème  place c’est toujours un peu rageant, surtout que la tête n’était qu’à une seconde. Mais j’ai rajouté une foulée sur le dernier vertical et avec une telle concurrence on ne peut pas espérer gagner si on ne prend pas 100% des risques. Je n’ai pas osé le faire, donc je prends cette 4ème place sans amertume ! Ça reste une belle performance pour Chopin qui commence à 10 ans sa deuxième saison à haut niveau. Ça montre aussi qu’il a bien encaissé la saison dernière où il a passé un vrai cap, et je le sens plus mûr et sûr de lui cette année, c’est positif ! »

Commentateur sportif à ses heures perdues (on le retrouve désormais sur SFR Sport aux côtés de Kamel Boudra) Émeric Georges, malgré son statut de « semi-professionnel« , souhaite poursuivre son ascension dans le haut niveau et se projette déjà sur quelques grands rendez-vous : « Je n’ai pas encore parlé de la suite du programme avec Philippe Guerdat et Thierry Pomel, mais j’aimerais participer au CSIO de La Baule cette année pour poursuivre ma progression et celle de mes chevaux. Je suis aussi inscrit sur la liste nominative (10 cavaliers) pour les Jeux Méditerranéens à Barcelone fin juin, ce qui serait aussi un bel objectif avec l’équipe de France ». A suivre donc.

Le classement complet du Grand Prix, ici.

Castlefield Eclipse, un palmarès et une zone d’ombre

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Castlefield Eclipse sous la selle de Paul Estermann

C’est un pilier à quatre pattes de l’équipe Suisse de saut d’obstacles qui raccroche les sabots. Arturo Fasana, propriétaire de Castlefield Eclipsea annoncé la retraite sportive de sa jument irlandaise de 16 ans qui s’est illustrée au plus haut niveau sous la selle de Paul Estermann. La petite fille de Quick Star va entamer entamer chez le célèbre marchand Belge Axel Verlooy sa seconde vie, consacrée à la reproduction.

De l’aveu même d’Arturo Fasana, ce « choix » revient en fait à la jument elle-même qui avait semble-t-il perdu le goût pour la compétition. « Depuis maintenant une année environ, ma « MILLY » avait, elle, déjà décidé qu’elle ne voulait plus de ça, on a essayé de trouver une explication rationnelle, mais la seule explication c’est qu’elle en avait décidé ainsi » explique ainsi le propriétaire à Alban Poudret pour L’Eperon.

Au-delà du très beau palmarès de la jument reste un mystère ou plutôt, une zone d’ombre. Il y a un an, en mars 2017, Paul Estermann faisait l’objet de graves accusations de maltraitances sur Castlefield Eclipse mais, dans des circonstances troubles de différend entre le cavalier et son ancien groom. La prudence avait alors été de mise pour les autorités judiciaires et équestres suisses (FSSE) qui rappelaient avec justesse que la présomption d’innocence devait prévaloir. Quelques mois plus tard, l’intéressé, sous le coup d’une enquête, indiquait renoncer, « dans l’intérêt de l’équipe », à participer aux championnats d’Europe en Suède à Göteborg.

Rien depuis n’a filtré et « l’affaire » s’est estompée dans les mémoires. La présomption d’innocence, faute de condamnation,  reste donc d’actualité.

Hermès Ryan dans les traces de Jappeloup ? L’avis de Pierre Durand

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Hermès Ryan est incontestablement un cheval hors normes, un phénomène. Son cavalier, Simon Delestre en reste émerveillé à l’issue de chacune de ses prestations. Certes le fils d’Hugo Gesmeray n’a pas eu la chance de pouvoir montrer ce qu’il a dans le ventre à l’occasion de ce qui demeure le plus grand rendez-vous pour les sportifs, toutes disciplines confondues, à savoir : les Jeux Olympiques. Mais sa victoire magistrale sous la verrière du Grand palais pour l’édition 2018 du Saut Hermès en a laissé plus d’un pourtant bouche bée, du béotien au professionnel accompli. Ryan serait-il de la même trempe que le dernier cheval tricolore entré dans la légende, un certain Jappeloup ? Nous avons voulu en avoir le cœur net en posant directement la question à Pierre Durand.

Pierre Durand, vous avez été un cavalier de haut niveau qui a passé sous sa selle de nombreux chevaux. Un seul pourtant vous a fait rentrer dans l’histoire des sports équestres : Jappeloup. Cela commence à faire quelques années mais le cinéma a permis de faire partager aux générations les plus récentes l’extraordinaire parcours qui fût le votre. Jappeloup, « le petit bout de zan » comme on le surnommait alors, était un petit cheval (1m 58), totalement atypique, capable de rivaliser, et de battre, des chevaux de gros gabarit, très puissants à une époque où on avait tendance à s’enflammer sur la hauteur des obstacles.

En dehors de la taille, Hermès Ryan, présente-t-il à vos yeux des points communs avec Jappeloup et dans l’affirmative, lesquels ? 

«Les points communs que je vois entre Ryan et Jappeloup, en dehors de leur petite taille, sont la générosité dans l’effort, l’explosivité dans la détente et un très grand respect de la barre.  Là semble s’arrêter la comparaison. A 13 ans, Jappeloup avait déjà a son palmarès deux titres de champion de France, un titre de champion d’Europe, une finale de championnat du monde en 1986, deux podiums en finale de Coupe du Monde, des victoires et des médailles en Coupe des nations en tant que pilier de l’équipe de France, dont notamment 2 à Aix-la-Chapelle et il s’apprêtait à être champion olympique. A bien y réfléchir, je trouve plus de similitudes dans le style à l’obstacle et le parcours sportif de Ryan avec Flambeau C, qui était aussi un vrai crack.»

L’une des particularités de Jappeloup c’était son tempérament. A ce niveau les cracks ont-ils forcément une forte personnalité et pensez-vous que ce soit le cas de Ryan ?

«  Un cheval champion se caractérise par son talent, sa technique, son physique et ce que je place au-dessus de tout, sa force de caractère. Jappeloup était doté d’une grosse personnalité et je ne doute pas que Ryan soit aussi très fort dans sa tête. »

Simon Delestre parle de Ryan comme un cheval « exceptionnel », le « cheval de sa vie ». Ça ne vous rappelle rien ? 

« Pour ce qui me concerne, c’est certain que Jappeloup a été le cheval de ma vie, même si j’ai été très attaché à d’autres chevaux dont Laudanum. Je souhaite toutefois à Simon, dont la carrière est loin d’être terminée, qu’il croise d’autres partenaires d’exception. »

Avec Jappeloup vous avez connu des moments difficiles et de très grandes joies. En 1984 aux Jeux de Los Angeles l’imaginaire collectif retient l’image de vous la bride à la main après une chute spectaculaire. Quatre ans plus tard à Séoul, vous entrez dans le cercle très fermé des champions olympiques. Vous croyez en la destinée ou finalement, la frustration ne doit-elle pas être considérée comme un formidable élément de motivation?

« Mon histoire avec Jappeloup porte à me faire croire en la destinée. Je croyais depuis l’adolescence en mon rêve d’être champion olympique. Et c’est un cheval venu de nulle part, sans réel pedigree, au physique ingrat qui a porté magnifiquement mon projet. Pourquoi lui? Pourquoi s’est-il imposé à moi, plus que je ne l’ai choisi? Ce concours de circonstances heureux me plonge encore aujourd’hui dans une vraie interrogation. L’académicien Maurice Druon lors de l’hommage rendu à Jappeloup et lu par Jean Rochefort le jour de son dernier tour de piste devant la Tour Eiffel , l’a qualifié avec beaucoup de justesse en disant : Jappeloup, c’est un accident prédestiné! Ryan a une génétique plus parlante, ne serait-ce que par Ryon d’Anzex. Davantage que la frustration, l’échec quand il est dépassé vous permet de rebondir. En cela, je peux dire que sans Los Angeles, il n’y aurait pas eu mon succès des JO de Séoul. »

A Rio en 2016, Simon Delestre est contraint de déclarer forfait en raison d’une blessure de Ryan. Vous croyez à une revanche en 2020 à Tokyo ?-

« Malgré mes déboires de Los Angeles, ce n’est pas avec un esprit de revanche que je suis allé chercher le titre quatre ans après. Je pense que l’on ne construit rien de bien sur ce sentiment. Il faut rester positif. Simon me donne l’impression d’un compétiteur qui n’est pas enclin à l’introspection. Il semble toujours regarder les défis qui sont devant lui. Si je ne me trompe pas sur lui, il sera présent au rendez vous de Tokyo. En plus l’Asie réussit aux français. Pierre Jonquère d’Oriola a été pour la 2ème fois champion olympique à Tokyo en 64. Je l’ai été à Séoul.

L’équitation est un sport d’expérience. Vous n’en manquez-pas. Quel conseil auriez-vous envie de souffler à l’oreille de Simon Delestre s’il vous le demandait ?

« Je me garderai bien de lui donner le moindre conseil. Chacun bâtit son succès sur ses convictions et ses certitudes. Il doit être lui même. »

Razzia Harold Boisset à Arezzo

HB

Harold Boisset et Quolita Z (archives)

Révélé au grand public à l’occasion de l’année 2016 (vidéo 1) avec ses premières participations en 5* et en Coupes des nations, Harold Boisset à la réputation d’être un redoutable compétiteur. En terres italiennes, à l’occasion du CSI 3* d’Arezzo, le Montpelliérain l’a prouvé une nouvelle fois. Il termine la semaine avec un palmarès éloquent : 5 victoires, 2 secondes places et quelques classements dont une 9ème place dans le Grand Prix dominical avec Quolita Z. Difficile de faire mieux !

Interrogé par PlanèteCSO, Harold Boisset évoque « un top concours » avec « une piste en herbe absolument incroyable tant au niveau de la qualité du sol que des dimensions » (vidéo 2). « Ça donne des chevaux qui développent leurs moyens » précise le trentenaire avec une pointe de gourmandise.

Quand on pose la question à l’intéressé de savoir s’il existe « un secret de fabrique »  pour récolter une telle moisson, le cavalier du centre équestre de Grammont livre sa méthode. « Je dois mes résultats essentiellement à la qualité de mes chevaux et à mon envie d’aller toujours plus vite en piste. Après, ayant beaucoup de chevaux à monter au quotidien et n’étant pas toujours là en raison des concours, j’attribue mes chevaux à des personnes fixes comme mon épouse, Marie, mais aussi de jeunes élèves (Amanda Jacucci-Merle, Ambre Fernandez et Chloé Ribot). C’est gagnant-gagnant. Mes chevaux sont aux petits soins et mes élèves montent de super chevaux ! »

Le Tricolore n’a pas encore dit son dernier mot. Son séjour en Toscane se prolonge cette semaine toujours à Arezzo pour cette fois un concours 4*. A suivre de près donc.

Pour ses 60 ans Margie Engle s’offre un GP 5* et une Rolex

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Margie Engle. Crédit : Sportfot

« Si à cinquante ans on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie », déclarait avec naturel et « intelligence » le communicant Jacques Séguéla en 2009. Margie Engle peut donc être rassurée, même avec dix années de retard. L’Américaine s’est en effet mis dans la poche le dernier et très richement doté Grand Prix 5* de Wellington (Floride). Cette épreuve, très convoitée (40 partants) car dotée de 500 000 $ par le généreux sponsor Rolex, venait conclure les 12 semaines de concours du Winter Equestrian Festival (WEF).

Margie Goldstein-Engle, d’un gabarit plutôt frêle (1m55- 48 kg), réalise cette performance associée à Royce, un étalon de 14 ans très puissant, fils de Café au lait sous sa selle depuis 8 ans. Autant dire que le couple se connaît parfaitement. Peu connu du public français il a néanmoins porté à plusieurs reprises les couleurs nationales en Coupe des nations dont une participation à l’édition de La Baule en 2016.  Margie Engle et Royce s’imposent à l’issue d’un barrage à six concurrents. Modeste, l’heureuse sexagénaire explique sa victoire par la fraîcheur de sa monture qui a bénéficié d’un repos forcé pendant le WEF en raison de l’état de santé de sa cavalière, malade plusieurs semaines. L’inarrêtable Maggie comme on la surnomme outre-Atlantique s’illustre par une volonté de fer. Malgré de nombreuses chutes et fractures au cours de sa carrière (vidéo) elle est toujours une compétitrice déterminée de premier plan.

Le classement complet de l’épreuve, ici.

Rêveur de Hurtebise, le joker de Kevin Staut pour la finale Coupe du monde

Reveur

Kevin Staut et Rêveur de Hurtebise HDC

Kevin Staut l’a confié à GrandPrix-Replay.com. Le Français abordera la finale Coupe du monde de Paris avec Rêveur de Hurtebise qui a 17 ans est un cheval d’expérience. Silver Deux de Virton viendra toutefois en appui pour prendre si nécessaire le relai en cas de blessure ou de baisse de forme.

Objectif Tokyo pour Henrik Von Eckermann et Mary Lou

Marylou

Henrik Von Eckermann et Mary Lou

Henrik Von Eckermann peut dormir sur ses deux oreilles. Ses généreux mécènes, la famille Tovek, a procédé fin mars à l’acquisition de Mary Lou 194 propriété jusqu’alors de Karl Schneider.

L’objectif de ce changement de mains est de sécuriser le parcours qui doit mener le cavalier suédois aux Jeux Olympiques de  Tokyo en 2020 et éviter une vente à l’occasion du mercato traditionnel qui se situe dans la dernière ligne droite avant les  JO.

La famille Tovek a fait fortune en Suède grâce à son immense réseau de concessions automobiles. En 2013 elle a créé une filiale (GT Elite Scandinavia AB) dont l’objet est la préparation et l’entraînement de chevaux pour le haut niveau en dressage et saut d’obstacles. C’est cette société qui est désormais propriétaire de Mary Lou, jument westfalienne de douze ans par Montendro.

Evelina Tovek (25 ans), fille de Gregor Tovek évolue au plus haut niveau où elle est coaché par Henrik Von Eckermann. A la surprise générale elle a remporté en septembre 2017 le Grand Prix de l’étape romaine du Global Champions Tour.

Santiago Varela dessinera les pistes pour les JO de Tokyo

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Santiago Varela

Il est le chef de piste dont décidément on parle beaucoup et exclusivement en bien. Sa dernière prestation au Grand Palais pour le saut Hermès avait été une fois encore unanimement saluée. Ce concert de louanges devait bien se payer un jour. C’est désormais choses faite. L’homme de l’art espagnol après avoir officié comme chef de piste aux finales Coupes du Monde de Paris sera le grand architecte du jumping des Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

Sous des aspects un peu ronds, Santiago Varela (50 ans) est un homme carré d’une grande finesse capable de dessiner une piste aux difficultés subtiles. Celles que les cavaliers plébiscitent, qui posent des difficultés techniques sans jamais mettre les chevaux dans le rouge, c’est à dire à l’effort. La finesse latine à l’opposé d’une vision d’Outre-Rhin où la sélection des couples s’est longtemps appuyée sur des obstacles massifs et énormes.

Pour comprendre son approche, il faut se référer à sa philosophie qu’il avait précisé au magazine l’Eperon à l’issue des finales Coupe des Nations en 2017 à Barcelone. L’espagnol précisait alors « Les chevaux doivent toujours avoir une solution. La priorité est d’être juste envers les chevaux et de pousser les cavaliers à réfléchir. Ce sont de supers professionnels et ils le sont de plus en plus, donc c’est à eux que doivent être posés les problèmes techniques, pas aux chevaux ».

Ethique et protection des animaux : la Fédération Suisse prend le taureau par les cornes

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Charles Trolliet, Président de la FFSE. © FFSE

Réunie en Conférence des présidents le 21 février 2018 à Berne, la Fédération Suisse des Sports Equestres (FSSE), s’est interrogée  longuement sur l’éthique et la protection des animaux dans le sport équestre. Nos amis Helvètes ont arrêté une stratégie pragmatique et proactive.

Cheville ouvrière de cette volonté de s’engager de façon déterminée dans le bien-être animal, on retrouve Charles Trolliet, vétérinaire et président de la FSSE depuis 2009. La structuration fédérale suisse est éloignée de sa cousine française mais on retiendra que l’élaboration et le suivi avec le Comité des stratégies et des visions à court, à moyen et à long terme font partie des tâches principales qui relèvent du Président. De façon plus concrète il s’agit comme le confiait l’intéressé lui-même sur le site de la FSSE de déterminer de façon collective « la direction que le développement du sport équestre peut, veut, devrait et quelquefois doit prendre en Suisse. Il est également important de reconnaître à temps les problèmes afin de les aborder et de leur trouver des solutions. « . 

Charles Trolliet l’a rappelé, la Fédération Suisse des Sports Equestres prend l’éthique et la protection des animaux très au sérieux car ce sujet est particulièrement important pour l’avenir du sport équestre. Dans un premier temps, la FSSE va compiler les règles d’éthique correspondantes, comme cela a déjà été fait par exemple par la fédération allemande.

Peter Christen, membre du Comité et responsable du sport de compétition a enfoncé le clou : «Notre devise ici est: agir au lieu de réagir!». La FSSE veut fixer les règles avec les sportifs équestres avant que des organes ou des organisations externes, qui ne disposent peut-être pas du même savoir, ne le fassent. Les dirigeants de la FSSE ont en mémoire l’émoi suscité par la médiatisation de chevaux blessés ou brutalisés lors de compétitions.

La FSSE prévoit donc à l’introduction d’un article au sein de son Règlement Général visant à rendre obligatoire l’examen par un vétérinaire d’un cheval dès lors  qu’il présente une blessure lors d’une manifestation et qu’il saigne. Selon la cause de la blessure, le couple pourra  être disqualifié.

Sur un autre sujet également très polémique, les guêtres postérieures, la FSSE a fait part de son intention d’avancer plus rapidement que la FEI qui préconise une adaptation progressive sur plusieurs années. Enfin, une nouvelle commission spécialisée, composée de formateurs, de personnes issues de différentes disciplines et de vétérinaires, devrait se pencher sur l’utilisation des diverses brides et embouchures. Sur ce dernier point les avis divergent fortement,  a constaté Peter Christen qui indique toutefois que le but n’est pas de trouver une solution après une seule séance.

 

L’interrogation London

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London sous la selle de Gerco Schröder (archives)

La vie de London (ex Carambar de Muze) est digne d’un roman, ponctuée de multiples rebondissements. L’étalon BWP s’est illustré sous la selle du cavalier néerlandais Gerco Schröder avec lequel il décroche une médaille d’argent en individuel lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012. Les difficultés financières de la société Eurocommerce partenaire principal de Gerco Schröder et propriétaire de la plupart de ses chevaux conduisent en 2014 à la saisie du cheval dans des conditions rocambolesques et à son placement temporaire dans les écuries de Ben Maher. Le 7 avril 2014 il est vendu aux enchères. Le milliardaire autrichien Gaston Glock devient son nouveau propriétaire après avoir déboursé la somme recorde de 8 600 000 €. Le fils de Nabab de Rêve reste sous la selle de son pilote néerlandais mais change de nom. Adieu Eurocommerce London, bonjour Glock’s London.

Une succession de blessures rendent néanmoins rare sa présence au plus haut niveau. Début décembre 2017 pourtant, le couple s’impose en Autriche dans le CSI 4* de Salzbourg (vidéo) et signe sa première victoire en Grand Prix depuis 2013. Gerco Schröder fait alors part de sa joie : « Je suis particulièrement heureux de ce succès parce que Londres a bien sauté après sa longue pause pour blessure et se sentait bien au-dessus des sauts« .

Âgé désormais de 16 ans l’étalon belge fait l’objet d’un programme aménagé pour préserver au maximum son intégrité physique. Il sera présent du 22 au 25 mars à Mexico à l’occasion de la première étape 2018 du Global Champions Tour. L’immense pelouse de Campo Marte offrira un écrin de choix pour voir évoluer un cheval de légende et mesurer si celui-ci fait encore parti du club très fermé des meilleurs chevaux de saut d’obstacles au monde.

m.a.j à le 21/03 à 20h10

Karen Polle fait son entrée dans le club des cavaliers-partenaires Hermès

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Karen Polle à l’occasion de l’édition 2018 du Saut Hermès

À l’occasion de la neuvième édition du Saut Hermès au Grand Palais, Hermès, a fait part de l’arrivée de Karen Polle (Japon) dans l’équipe de ses cavaliers partenaires, désormais au nombre de vingt.

Née à Tokyo d’une mère japonaise et d’un père américain Karen Polle (25 ans) a grandi aux États-Unis où elle s’est passionnée pour l’équitation dès son plus jeune âge. Diplômée de la prestigieuse université de Yale, elle a su conjuguer études supérieures et équitation au plus haut niveau.

En 2017, elle remporte son premier Grand Prix CSI 5* à Wellington (Floride) et devient ainsi l’une des meilleures cavalières japonaises. Elle décide toutefois la même année de venir se confronter au circuit européen, le plus relevé au monde. Le public français la découvre notamment à l’occasion du CSI 5* du Château de Versailles et lors du CSIO de La Baule.

Basée entre les États-Unis et l’Europe, Karen Polle est entraînée depuis un an par Rodrigo Pessoa, médaille d’or aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004, et cavalier partenaire historique de la maison Hermès.

« Karen est précise et extrêmement concentrée, indique Rodrigo Pessoa. Quand elle n’est pas en selle, elle travaille dur, décrypte autant de parcours que possible pour apprendre des meilleurs.» Le temps presse car la jeune cavalière s’est assignée pour objectif de participer aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Aujourd’hui elle s’appuie sur un piquet de 4 chevaux dont With Wings qui l’a emmené des épreuves 1,20 m aux Grands Prix des CSI 5* à 1,60 m.

« Nous sommes heureux d’accueillir Karen Polle, notre première cavalière partenaire japonaise, déclare Marion Larochette, directrice de l’équitation chez Hermès. Elle rejoint une équipe de cavaliers talentueux et passionnés qui partagent les valeurs d’excellence, d’exigence et de qualité de la maison. Bienvenue à elle et cap vers les Jeux olympiques de Tokyo 2020 ! »

Avec communiqué.

Le Grand Prix du Saut Hermès pour Ryan et Simon Delestre

L’extra-ordinaire Hermès Ryan sous la selle de Simon Delestre

La Maison Hermès peut être fier d’elle. La neuvième édition de son Saut Hermès organisée depuis le départ dans l’écrin du Grand Palais restera dans les annales. Comme si des tribunes archi-combles, une organisation au cordeau et un plateau de concurrents de rêve ne suffisaient pas, un bonheur n’arrivant jamais seul, le Grand Prix dominical doté de 400 000 € (dont 132 000 € au vainqueur) est revenu au couple à ses couleurs, Hermès Ryan et Simon Delestre.

Le Français s’est imposé au terme d’un barrage à 13 concurrents en signant  un parcours extrêmement rapide (34’’54) et d’une grande audace, porté par un public totalement acquis à sa cause. Il devance le Belge Niels Bruynseels (Gancia de Muze) et l’Allemand Marcus Ehning (Cornado NRW) dont la célérité constitue la carte de visite. Contraint de prendre tous les risques pour tenter de déloger son compatriote de la place de leader, Patrice Delaveau (Aquila HDC) faute sur le mur Hermès et voit la couronne de vainqueur lui échapper. Il doit se contenter de la 7ème place, celle du 4 points le plus rapide.

Modeste, Simon Delestre a souligné au micro de L’Eperon les qualités exceptionnelles, pour ne pas dire le génie de Ryan mais aussi sa volonté de le préserver au maximum conscient de posséder l’un des meilleurs chevaux au monde du moment.

Le classement complet du GP, ici.

L’intégralité du GP en vidéo ci-dessous.

Saut Hermès : Coup double pour Patrice Delaveau

Vestale de Mazure HDC sous la selle de Patrice Delaveau

Ils étaient quelques uns, essentiellement des tricolores, à avoir fait le choix de disputer l’épreuve nocturne avec joker avec le même cheval que la vitesse de milieu de journée. A cette stratégie là, Patrice Delaveau est sorti gagnant. A croire que le deuxième place acquise avec Vestale de Mazure HDC dans la 150 ne constituait qu’une simple mise en jambes, le Normand s’est adjugé l’épreuve à difficultés progressives d’une façon nette et sans bavures.

Pilote expérimenté et rapide, Patrice Delaveau s’est donné les moyens de la victoire en utilisant astucieusement son numéro de quatrième sur la liste de départ pour galoper vite et prendre toutes les options et ainsi mettre la pression sur les cavaliers suivants, contraints à se mettre dans le rouge pour tenter d’améliorer son chronomètre. Toutefois comme dit le bon sens équestre, « tant que le dernier concurrent n’est pas passé, l’épreuve n’est pas gagnée ». C’est d’autant plus vrai quand le plateau comme samedi soir sous la verrière du Grand Palais est constitué de la crème du saut d’obstacles international.

Patrice Delaveau n’aura toutefois pas attendu pour rien dans sa chaude doudoune sous le froid glacial qui était tombé sur le Grand Palais puisque même le très véloce Allemand Felix Hassmann n’aura pas réussi à faire mieux que le Français.

C’est donc sourire aux lèvres et avec un peu d’empressement que celui-ci est allé cherché son trophée suivi de Philipp Weshaupt (Belo Horizonte) et Philippe Rozier (Rêveur de Kergane).

Le classement complet de l’épreuve, ici.

Amy Inglis, talent Hermès 2018

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Amy Ingliss er Every Way

Ce sont des épreuves un peu particulières mais sur lesquelles il convient de porter un regard attentif. Car remporter une épreuve Talent Hermès (1,45 m) sous la nef du Grand Palais à Paris n’est jamais neutre. Les heureux lauréats sont toujours surveiller du coin de l’oeil. Un peu comme le lait sur le feu. Des jeunes pousses (moins de 25 ans) mais bourrées de talent. Ce n’est donc pas tout à fait un hasard si la gagnante de l’épreuve de vendredi n’était autre qu’Evelina Tovek. La Suédoise avait gagné à la surprise générale le réputé Grand Prix du Global Champions de Tour de Rome en 2017…

Ce samedi, c’est une autre jeune femme (21 ans) qui s’est imposée : la britannique Amy Inglis, associée à Every Way, jument de 14 ans. Peu connu du grand public ce Talent Hermès 2018 est pourtant championne d’Europe junior par équipe en titre.

Pour la France, seul Kevin Gauthier est parvenu à se qualifier parmi les 9 barragistes. Double sans faute sur le hongre Selle Français de 11 ans, Twist de La Butte. Le cavalier de 24 ans signe le 7ème meilleur chronomètre des doubles parcours sans fautes. Seconde cavalière sélectionnée sous les couleurs de la France, Margaux Rocuet se classe 12ème après une faute en première manche.

Le classement complet, ici.

Katie Dinan : « J’aime tout en Sydney Une Prince »

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Katie Dinan

C’est bon pour le commerce extérieur, un peu moins pour l’équipe de France et le classement mondial des cavaliers concernés. La vente de Sydney Une Prince suivie de celle de Soleil de Cornu CH a résonné comme un coup de tonnerre dans le ciel équestre hexagonal qui avait perdu l’habitude de voir partir ses meilleurs éléments chez des cavaliers fortunés ou épaulés par des sponsors généreux. Dura lex ced lex. La loi est dure mais c’est la loi. Surtout celle de l’argent qui coule à flots au sein du très haut niveau. Et après tout, on pourrait presque s’en féliciter, même si on ne croit pas à la théorie du ruissellement, parce que finalement le système a toujours fonctionné ainsi. Seules ses proportions se sont renforcées sous le poids de la mondialisation et l’émergence d’une caste d’ultra-riches.

Sur un plan purement sportif, voilà donc la belle Sydney Une Prince, billet en poche qui traverse l’atlantique pour venir faire le bonheur de sa nouvelle cavalière, la très réservée mais sympathique Katie Dinan. On passera donc sur le fait que Katie est la fille de James Dinan dont la fortune personnelle en 2018 est évaluée à 1,94 milliard $. On retiendra surtout que cette jeune fille bien née de 24 ans outre des études brillantes à Harvard à le cheval dans le sang depuis son plus jeune âge puisque c’est dès ses 4 ans qu’elle a commencé à user ses fonds de culottes sur le dos d’un équidé avec un premier concours à seulement 5 ans.

La suite est marquée par une progression linéaire avec à ses yeux deux temps forts dans sa jeune carrière. Une victoire personnelle dans le GP 5* de Lexington (USA) en 2013 ainsi qu’une victoire collective et si particulière avec l’équipe nationale dans la Coupe des Nations de Dublin la même année. Des performances réalisées avec son inséparable Nougat du Vallet, son fidèle compagnon qu’elle décrit comme son « super cheval » mais qui fête ses 17 printemps cette année.

Ses écuries son loin d’être désertes mais un crack cheval ne se trouve pas sous la première pierre. Il fallait donc commencer à réfléchir à la retraite progressive de Nougat et à son remplacement. Judicieusement conseillée par son coach, le Suisse Beat Mändli, le choix s’est donc porté sur Sydney Une Prince, pleinement opérationnelle à 12 ans, dont le propriétaire François Badel a toujours affiché la volonté de la commercialiser.

Touché, mais pas coulé, Roger-Yves Bost a fait part de son émotion à voir partir une jument brillante qui restera associée dans sa mémoire à la médaille d’or par équipe décrochée à Rio. Et puis le champion Français peut se consoler en constatant que sa belle alezane sera dans de bonnes mains, dans une bonne maison.

Contactée par Planète cso, Katie Dinan a indiqué être très heureuse d’accueillir Sydney dans ses écuries. « J’aime tout en elle.  Sydney et Bosty ont constitué un formidable couple. Je ferai de mon mieux pour poursuivre sa carrière dans le sport de haut niveau« . C’est bien tout le mal qu’on peut leur souhaiter.

Olivier Robert deuxième du GP 4* du Sunshine Tour

Eros

Olivier Robert et Eros (archives)

Olivier Robert a conclu en beauté ce week-end sa tournée espagnole du Sunshine Tour. Le cavalier de Pompignac signe une très belle seconde place dans le Grand Prix 4* associé à Eros, hongre belge de 14 ans arrivé dans ses écuries fin 2016.

Le classement intégral du GP, ici.

Niels Bruynseels en Maître à Bois-le-Duc

Niels Bruynseels. Crédit photo: Merrick Haydon (Revolution) /Rolex

Labellisé cette année étape du Grand Chelem Rolex, le Grand Prix du CSI 5* de Bois-le-Duc (Pays-Bas), est tombé ce dimanche dans l’escarcelle de Niels Bruynseels (34 ans). Dernier cavalier à s’élancer au barrage aux commandes de Gancia de Muze, le Belge a pris tous les risques pour coiffer sur le poteau Marcus Ehning (Cornado NRW) et Harrie Smolders (Emerald) respectivement 2ème et 3ème.

Seul Français au barrage, Patrice Delaveau (Aquila HDC) termine à la 13ème… pour 12 classés. La plus mauvaise des places donc. Pour autant, le cavalier du Haras des Coudrettes peut être satisfait. Non de signer la meilleure performance tricolore (Kevin Staut, plus rapide des 4 points sur le tour initial est 14ème associé à Rêveur de Hurtebise) mais, parce que son cheval de tête confirme sa bonne forme du moment. Certes, le fils d’Ovidius a remporté le Grand Prix du Longines masters de Hong Kong le 11 février dernier à l’issue d’une pause de 6 mois imposée par une blessure mais comme on dit, une hirondelle ne fait pas le printemps. Le sans faute signé ce week-end dans une épreuve particulièrement relevée en raison de sa forte dotation confirme que Patrice Delaveau et Aquila seront un couple à suivre avec attention cette saison.

Le classement intégral du GP ici.