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Paris : Hermès Ryan, le bijou retrouvé

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Hermès Ryan et Simon Delestre. ©Aléa pour EEM

Hermès Ryan, l’éblouissant petit alezan de Simon Delestre a retrouvé tout son lustre et sa superbe après une interminable parenthèse que l’on espérait fermée en mars dernier par sa victoire dans le Saut Hermès. Il fallait toutefois s’en assurer et se rassurer. C’est chose faite. L’ex couple phare de l’équitation hexagonale a livré une prestation exceptionnelle pour le Grand Prix des Masters Longines qui se disputait dans le cadre du salon du cheval de Villepinte. Et comme un bonheur arrive rarement seul, le public parisien a eu droit à un rarissime podium 100% français avec Kevin Staut (For Joy) et Roger-Yves Bost (Sangria du Coty) respectivement second et troisième. Une belle note tricolore dans un océan d’anglophonie.

Cette édition 2019 des Longines Masters avait un avant goût de noël. Sans être cocardier le public parisien à les yeux de Chimène pour les enfants du pays. Mais il lui aura fallu être patient pour qu’ un Français remonte sur la première marche du podium. Le deuxième motif de satisfaction réside dans le fait que le sacre de Simon Delestre est un peu l’arbre qui cache la forêt, en l’espèce une incroyable série de bonnes prestations de ses compatriotes engagés dans l’épreuve. Avec une mention spéciale pour Kevin Staut dont la maestria sur For Joy est tout bonnement hallucinante en précision, efficacité, légèreté, fluidité. On admire souvent, à juste titre, la qualité de l’équitation de Marcus Ehning mais celle du Normand n’a rien à lui envier.

Reste le cas d’Hermès Ryan des Hayettes et ses perspectives d’avenir. Echaudé par l’épisode de Rio, Simon Delestre a indiqué qu’il ne vise pas une sélection pour les Jeux de Tokyo. Le motif avancé est celui de l’âge. Ryan aura 15 ans mais cela doit être apprécié au cas par cas en fonction de l’état physique du cheval, à âge égal, certains étant plus usés ou fragiles que d’autres. Le fils d’Hugo Gesmeray s’inscrit dans cette dernière catégorie : une superbe mécanique mais particulièrement délicate. Le choix se comprend même si se renoncement se paye au prix fort : ne jamais entrer dans la légende olympique. Il faut néanmoins savoir goûter les instants de bonheur quand ils se présentent. Simon Delestre, tout à sa joie, n’a pas manquer de saluer un Ryan « exceptionnel », particulièrement rapide au sol.  « Il est vraiment bien depuis son début de saison indoor et conclut la deuxième meilleure saison de sa carrière » a déclaré le Lorrain.

Le classement complet, ici.

Le français oublié des Masters de Paris

Christophe Ameeuw a un don certain. Celui des affaires et de transformer le plomb en or. Cet autodidacte belge a un parcours impressionnant avec de belles réussites à la clef : les Ecuries d’Ecaussines qu’il a totalement transformé et internationalisé sans oublier, EEM la société qu’il a créée en 2009, devenu depuis un acteur incontournable du saut d’obstacles de haut niveau. Après avoir relancé le jumping de Paris rebaptisé un temps Gucci Masters il a créé son propre circuit des Longines Masters (Los Angeles, Hong Kong, New York, Lausanne et Paris). Un vraie réussite financière et sportive. Dommage que la grande lessiveuse de la mondialisation et des affaires ait gommé au passage les identités culturelles des pays d’accueil. Paris en est une belle illustration. La ville-lumière sans la langue française est-elle encore Paris ? Parti pris.

L’internationalisation des sports équestres et une belle chose en soi mais la France n’est pas un pays ordinaire. En raison de son passé, de sa culture et des valeurs universelles qu’elle porte depuis la révolution de 1789. Or, la langue, on le sait bien n’est jamais quelque chose d’anodin. Elle reflète un rapport de force entre différentes façons d’appréhender le monde. Dans le mouvement de mondialisation actuelle, de standardisation des cultures, pour ne pas dire de pasteurisation au sens d’aseptiser, la France résiste ou tente de résister face au rouleau compresseur anglo-saxon.

Dans ce combat, la défense de la langue est essentielle. Comme l’écrivait dernièrement l’académicien Jean-Marie Rouart, «  Avec cette langue dont nous perdons la maîtrise, ce sont aussi les idées qu’elle véhiculait qui vont se dissiper et perdre de leur influence. C’est tout l’apport de ce qu’il faut bien appeler, certes un peu gravement, l’âme française, ce message si original d’esthétique et d’éthique façonné par les siècles qui est appelé à disparaître ».

Pour vendre l’âme internationale de Paris aux étrangers, il en faudra un peu plus que la simple reproduction de la tour Eiffel sur un rectangle de bac à sable dans un hall d’exposition aussi impersonnel que celui de Villepinte. Alors quand on y rajoute des anglicismes à gogo et un mauvais globish, on ne fait que servir une soupe tiède et sans goût. Comme un air de contrefaçon qui n’est pas sans rappeler ces souvenirs vendus à la sauvette sur les lieux touristique parisiens et fabriqués par des petites mains exploitées en Asie du Sud-Est.

A l’inverse, l’équitation doit être l’occasion de mettre en avant des filières d’excellence et une culture, française en l’occurence, célébrée dans le monde entier. Le Saut Hermès à cet égard constitue un exemple à suivre parce qu’il s’inscrit dans une histoire, un patrimoine, une tradition.

Question circuit, Jan Tops et le Global Champions Tour paradoxalement semblent également l’avoir compris en choisissant des lieux d’exception pour l’accueil des compétitions, en essayant de vendre un peu de l’esprit du pays hôte.

De grâce ne vendons pas du jumping de haut niveau comme on vend des hamburgers dans le monde entier à travers des franchises et des produits standardisés. Essayons plutôt de mettre en avant des cultures différentes, pluri-centenaires, entre les hommes et sa plus fidèle conquête, le cheval.   

 

Vivaldi-Jumping nouveau partenaire de Kévin Staut.

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Kevin Staut et Viking d’la Rousserie

Kevin Staut n’est pas un cavalier qui a seulement des jambes. Il a aussi une tête et, bien faite. Le Normand le prouve une nouvelle fois en construisant avec Didier Krainc un nouveau concept, une écurie de groupe dédiée aux sports équestres.  Depuis son éloignement du Haras des Coudrettes, le champion olympique se devait de réagir, et vite. Trouver de nouveaux partenaires capables de lui assurer des montures compétitives pour ne pas disparaître lentement mais inexorablement du devant de la scène équestre internationale. Didier Krainc était sans doute la bonne personne à convaincre. Il semblerait que le courant soit immédiatement passé entre les deux hommes. 

Le concept est original et intelligent puisqu’il vise à mutualiser les moyens d’un club fermé de 20 investisseurs qui socialisent de ce fait les risques et les déceptions fréquentes des propriétaires de chevaux de sport. En contrepartie ils bénéficieront d’un accès privilégié aux grandes compétitions et d’une proximité inédite avec l’un des meilleurs cavaliers mondiaux.

« Je cherchais depuis quelques années un moyen d’associer certains investisseurs à une aventure commune autour d’un ou plusieurs chevaux de sport, a précisé Kevin Staut ; aussi lorsque j’ai entendu parler du succès des Écuries Vivaldi dans le monde des courses, cela m’a mis la puce à l’oreille et j’ai voulu rencontrer Didier Krainc. Nous nous sommes immédiatement bien entendus et le concept « Vivaldi-Jumping » est né en quelques semaines. Ce projet sera très complémentaire à mon activité principale. »

A partir de 2020, Vivaldi-Jumping devrait prendre des participations chaque année dans la propriété́ de deux à quatre jeunes chevaux de 4 ans, puis accompagner leur carrière sous l’égide de Kevin Satut pendant cinq à six ans, période pendant laquelle certains pourront être vendus.

Didier Krainc est un homme d’affaire brillant issu de la presse spécialisée ne informatique dont il s’est éloigné pour créer Nexus Consulting une entreprise de conseil en management et en stratégie spécialisée dans la transformation numérique et la conduite du changement. En octobre 2017, il a créé Vivaldi avec un groupe d’amis passionnés de chevaux souhaitant partager leur passion et disposant d’une certaine surface financière. En 2018, l’Ecurie Vivaldi avait engendré sa première filiale avec l’Ecurie Bartok toujours dans les courses. La principale différence entre les deux écuries Bartok et Vivaldi réside dans le ticket d’entrée : 10 000 €  pour Bartok, 30 000 € pour Vivaldi. Le concept s’étend désormais au jumping. Il devrait être observé avec beaucoup de curiosité par le petit monde des propriétaires ou investisseurs passionnés.

Maltraitance : la nécessité de construire une jurisprudence Estermann

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Paul Estermann

Faute d’aveux, l’émergence de la vérité n’est pas chose aisée. En 2017, Paul Estermann pilier de l’équipe nationale suisse était accusé, photos à l’appui, de maltraitance sur ses chevaux, Castelfied Eclipse et Lord Pepsi. Le Luçernois de 56 ans s’était alors défendu en évoquant une vengeance de son ancien groom dont il venait de se séparer dans de mauvais termes. La justice suisse a tranché dernièrement en condamnant le cavalier pour maltraitances répétées en première et deuxième instance. Celui-ci devrait faire de nouveau appel mais a parallèlement annoncé se retirer du cadre Elite c’est à dire, qu’il se prive juste de la possibilité de participer à des Coupe des nations et des championnats mais pas de concourir dans les épreuves nationales et internationales. Dans l’immédiat Paul Estermann indique toutefois qu’il ne participera pas au CHI de Genève en décembre ni au CSI de Bâle en janvier. En application de la présomption d’innocence, la Fédération Suisse des Sports Equestres (FSSE) a indiqué renoncer pour l’instant à prendre des sanctions.

La prudence n’est plus l’apanage des Sioux. Elle est désormais largement suisse. On comprend les précautions juridiques prises par la FFSE d’autant que la FEI se sera bien gardée de toute prise de position dans ce dossier. On peut même se féliciter que dans une époque où la délation médiatique devient une pratique courante, des hommes tiennent la barre et respectent un principe essentiel du droit, la présomption d’innocence.

On regrettera pourtant en l’espèce que la FFSE n’ait pas pris de mesures conservatoires interdisant, par un retrait provisoire de sa licence, toute participation à une compétition de Paul Estermann, jusqu’à l’épuisement des voies de recours, processus parfois très long. La solution était peut être alambiquée et fragile comme de la porcelaine devant des as du barreau. A défaut d’être solide, elle aurait envoyé un message simple et aisément compréhensible à tous ceux qui pensent qu’on peut passer ses nerfs et brutaliser un cheval en toute impunité, parce que l’on ne reconnaît pas les faits et que l’on est un cavalier important.

« L’affaire Estermann » ne peut en rester là. Elle doit dépasser le cas personnel pour coïncider avec une prise de conscience des instances dirigeantes des sports équestres de la nécessité d’élaborer une mécanique juridico-administratives permettant d’instituer des garde-fous dans des cas graves de brutalité supposée. C’est ce que l’on pourrait appeler la jurisprudence Estermann.

Pieter Devos, cavalier « Apart »

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copyright FEI / Lukasz Kowalski

Comme un air de déjà vu. Pieter Devos a remporté dimanche 17 novembre la prestigieuse étape Coupe du monde de Stuttgart. Un bis repetita pour le Belge qui avait remporte l’édition 2018 avec le même cheval, son hongre de 14 ans, Apart.

A 33 ans, le Brabançon n’est pas dans le club très fermé des chouchous du public. Il n’en est pas moins un compétiteur redoutable et redouté pour sa rapidité et son efficacité dans le barrages. Il s’offre pour l’occasion le luxe de coiffer sur le poteau d’arrivée les deux plus fortes gâchettes du moment : Steve Guerdat (Venard de Cerisy) contraint de se contenter de la deuxième place et Scott Brash (Hello Senator) de retour depuis quelques semaines sur le devant de la scène hippique.

Les deux larrons qui pensaient l’affaire faite se font distancer par un semi-professionnel. Car c’est bien la particularité de ce cavalier de haut niveau, c’est d’avoir un autre métier à plein temps dans la très prospère affaire familiale. « Piet » comme on l’appelle communément est un directeur commercial qui réussit également très bien puisqu’en une dizaine d’années l’entreprise d’import-export de fruits qu’il co-dirige est devenue l’une des plus importantes de Belgique.

Deux métiers à plein temps donc et une volonté de participer à toutes les compétitions puisque l’on retrouve Pieter Devos sur différents circuits : Coupe du monde, Global Champions Tour ou Coupe des nations. Pour courir tous ces lièvres à la fois, le vainqueur de Stuttgart peut s’appuyer sur piquet solide (Claire Z, Espoir, Jade vd Bisschop). En avril de cette année, lors de la finale Coupe du monde qui se déroulait à Göteborg il avait signé une contre-performance en étant éliminé avec Apart le deuxième jour de compétition. 2020 sera-t-elle l’année de la revanche ? C’est fort possible. Cet enfant du plat pays ne partage pas la devise de Pierre de Coubertin. Comme beaucoup de ses congénères participer compte peu. Le goût de la victoire ne s’oublie pas et demeure insatiable.

Le classement complet, ici.

Coupe du Monde de Vérone : revoilà Scott Brash

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Scott Brash sur sa jument Hello M’Lady revenue au sommet de sa forme. © FEI / Massimo Argenziano

Cela faisait déjà plusieurs mois que Scott Brash donnait des signes manifestes de retour au premier plan. L’Ecossais avait affiché une forme éblouissante en octobre lors du Hubside Tour sur la Côte d’Azur. On l’attendait à la remise des prix à Lyon, finalement l’ex numéro 1 mondial nous aura fait patienter une semaine pour s’imposer magistralement dans le Grand Prix Coupe du monde de Vérone associé à Hello M’Lady. Présent parmi les 16 barragistes, Simon Delestre sur un Hermès Ryan ragaillardi se classe 11ème.

Les derniers seront les premiers. Casquette verte Rolex vissée sur la tête, doudoune foncée sans manche pour se protéger du froid, Scott Brash, dernier partant à s’élancer dans le Grand Prix aura pris tout son temps pour observer soigneusement le parcours et les prestations de ses concurrents. Visage impassible, on ne sait pas à ce moment-là, quelle idée peut bien traverser sa tête. En digne fils de la fière Ecosse, sa réputation d’aimer les sous n‘est pas surfaite. Mais avant tout il demeure un compétiteur redoutable que la soif de victoire fait courir encore plus vite que sa soif de l’or. Des victoires qui comptent cela fait justement un peu trop longtemps qu’il n’en a pas fait tomber une dans son escarcelle. Ça tombe bien, il est affûté et dispose avec M’Lady d’un cheval d’expérience et rapide. Il convient juste de se qualifier pour le barrage.

A seulement 33 ans, Brash est déjà un vieux renard qui connaît toutes les ficelles et sa jument par coeur. Il a eu tout le temps nécessaire pour décrypter le parcours du chef de piste italien, Uliano Vezzani qui n’a pas eu la main lourde. 15 couples se sont déjà qualifiés pour le barrage. Sans forcer, il devient le 16ème. Les choses sérieuses peuvent commencer.

La concurrence est rude. On pense l’affaire pliée après le passage de Darragh Kenny (Roméo) et de Steve Guerdat (Alamo). L’Irlandais a été plus rapide (36″06) que le Suisse (36″19) qui a préféré aller vite sans toutefois mettre sa monture dans le rouge. Mais Brash est en mode démonstration, tourne encore plus court et galope fort sur le dernier obstacle. La foulée sort, impeccable. Le chronomètre tombe à (35″55). Mission accomplie pour le Britannique. Enjoué celui-ci déclarait après l’épreuve qu’il espère courir les Jeux de Tokyo avec sa jument de 13 ans.

Deux Français avaient fait le déplacement en Vénétie. Pénélope Leprevost (Vancouver de Lanlore) se voit privée de barrage pour une petite faute. Plus chanceux, Simon Delestre se qualifie mais une barre d’Hermès Ryan le relègue à la 11ème place.

Le classement complet, ici.

Julien Epaillard, champion précoce, numéro 1 tardif

Julien Epaillard et Virtuose Champeix

A 42 ans, Julien Epaillard est devenu numéro 1 Français au classement mondial permanent reléguant l’inoxydable Kevin Staut, une fois n‘est pas coutume, au rang de numéro 2. Ce « coup d’état » surprise est essentiellement le fruit des résultats du Grand Prix Coupe du monde de Lyon qui a souri à Julien Epaillard (5ème), beaucoup moins à Kévin Staut (16ème). De l’aveu même du nouveau chef de file tricolore, les choses devraient rentrer rapidement dans l’ordre : « au mois de novembre, j’aurais beaucoup de points à perdre. En principe, Kévin devrait vite me repasser devant. Et si tout se passe comme je le pense, je devrais terminer l’année aux alentours de la vingtième place mondiale ». Même si le règne de ce cavalier de la Manche qui n’a rien de manchot devait être bref, il a le mérite de lui offrir une reconnaissance symbolique forte. Comme si trop doué, trop jeune, il avait fallu attendre la maturité pour que la chance revienne de son côté.

Julien Epaillard, c’est au départ une histoire classique. Un fils de propriétaire de centre équestre, baigné dans le milieu, qui a du savoir monter avant de marcher. Ça aide mais, ça ne fait pas tout. Ce gamin-là se révèle doué. Particulièrement doué. Avec un premier titre de champion de France Cadets. Il n’a alors que 12 ans. La suite sera du même acabit : champion d’Europe Junior par équipe, Champion d’Europe Jeune Cavalier en individuels, médaille de bronze par équipe au Championnat d’Europe Jeunes Cavaliers.

Dans le grand bain, sa main ne tremble pas. En 2005, il endosse pour la première fois la veste bleue et termine la saison en remportant Grand Prix 5*de La Corogne (ESP). Par la suite les victoires majeures se font attendre. Lui, l’extra-terrestre dont tout le monde parle n’arrive plus à traduire dans les résultats son talent. Le voilà catalogué cavalier des plus rapides du monde mais pas de ceux susceptibles de remporter un GP 5*.

En 2017 pourtant, par deux fois il déjoue les pronostics en s’imposant à Bordeaux où il gagne sa première épreuve Coupe du monde avec Quatrin de la Roque et à Paris dans le très convoité Longines Paris Eiffel associé à Usual suspect d’Auge qui disputait alors son premier 5 étoiles… En 2019, nouveau doublé. Une victoire en début d’année toujours avec Usual suspect d’Auge au LGCT de Doha et, il y a quelques jours en Coupe du monde à Lyon avec Queeletta. Les choses seraient-elles en train de tourner ? L’avenir le dira. Car les victoires permettent d’engranger de la confiance et de laisser mûrir les projets.

Le cavalier du pays d’Auge ne s’emballe pas. Il commence à y penser les matins en se rasant. Tokyo, les JO, 2020. Pourquoi pas ? Pas question pour autant de prendre la grosse tête. « Les chevaux, c’est l’école de l’humilité » aime-t-il à rappeler. « Dès qu’on croît être arrivé, on prend une baffe ».

Lyon : la consécration pour Martin Fuchs, la confirmation pour Jessica Springsteen

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Intouchables. Clooney 51 et Martin Fuchs ont survolé l’épreuve.

La victoire avait ce week-end le visage de la jeunesse. Martin Fuchs, encore lui, accroche une nouvelle victoire de renom à son déjà long palmarès. Associé à son compagnon d’armes Clooney 51, il ajoute son patronyme à la prestigieuse liste des vainqueurs du Grand Prix Coupe du Monde de Lyon. Sacré dans la capitale des Gaules, le jeune Suisse de 26 ans se voit doté pour l’occasion d’une dauphine de charme. Le sourire de Jessica Springsteen (27 ans) est aussi celui d’une compétitrice tenace qui a trouvé avec RMF Cécilie une monture particulièrement performante qui lui ouvre le chemin des podiums. Sur la troisième marche de celui-ci, le Belge Pieter Devos se glisse très intelligemment avec sa jument Claire Z.

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Le duo plein de charme de Jessica Springsteen et de Martin Fuchs

Grégory Bodo peut dormir tranquille. Le chef de piste tricolore a plus que rempli son contrat. Il sera difficile de trouver un spectateur qui n’ait été emballé par cette troisième étape du circuit Coupe du monde. Le ratio des 13 barragistes pour 39 couples au départ aura été parfait tenant en haleine un public chauffé à blanc.

On aurait aimé voir les Français mieux placés au classement mais les dieux du sport en avait décidé autrement. Julien Epaillard toutefois a créé la surprise en s’adjugeant une 5ème place aux commandes de Queeletta, une nouvelle et prometteuse venue, dans son piquet. A retenir également la performance d’Olivier Perreau (10ème). Le cavalier ligérien, signe une prestation très convaincante (0/4) avec Veniza d’Aiguilly, sa jument de tête, désormais précédée du nom de son nouveau sponsor GL Events. Le Roannais parti le couteau entre les dents avait à coeur de démontrer sa gratitude à Sylvie Robert et à son groupe pour leur confiance. Ceux-ci peuvent être rassurés. Ils ont fait le bon choix, celui d’un cavalier d’avenir.

Le classement complet, ici.

Olivier Robert : « quand on monte Tempo, le sentiment est fantastique »

7I4A8912S’il est un couple à venir admirer ce week-end à Equita’Lyon, c’est incontestablement celui que forme Olivier Robert avec Tempo de Paban. Lors des étapes d’Oslo et d’Helsinki, le cheval a sauté magnifiquement. Tellement fort parfois qu’il a déculassé son cavalier. Il a surtout permis par sa 4ème place à Oslo et sa 8ème à Helsinki de faire tourner le compteur des points en vue d’une qualification pour la finale qui se déroulera en avril à Las Végas. Pour Lyon, Olivier Robert, en accord avec Thierry Pomel, a fait le pari de faire concourir Tempo pour un troisième week-end d’affilé. Avant ce grand moment, le cavalier aquitain a bien voulu se confier à Planète CSO.

Olivier Robert, quel bilan tirez-vous des deux premières étapes de cette nouvelle saison Coupe du monde ?

« J’attendais la nouvelle saison indoor avec beaucoup d’impatience. C’est le sport favori de Tempo je pense. On a très bien démarré en Scandinavie. Oslo s’est très bien déroulée avec une belle 4ème place même si la manière était un peu étonnante par moment mais le cheval bondissait. Il était vraiment fabuleux. Helsinki, je fais un petit 4 points qui nous éloigne du classement mais avec un point pour la Coupe du monde. J’étais déçu car mon cheval était bien, gentil et voulait faire sans faute. Je fais une faute sur la palanque de ma responsabilité alors que le cheval était très bien. Donc c’est mitigé pour le 4 points mais le contenu et la manière étaient bons. Le cheval est en super santé. Je suis vraiment fier de lui. »

Comment abordez-vous Lyon ?

– « Avec confiance. Van Gogh était prévu pour ce week-end mais les événements font qu’on va relancer Tempo parce qu’il va avoir une pause après. Il est vraiment en belle forme. Ça peut paraître un pari étonnant mais on va sauter Tempo un 3ème week-end d’affilé pour essayer de prendre des points car en tant que Français, nous n’avons que deux places cette année. J’aurai une autre Coupe du monde en décembre mais rien avant ».

Tempo est-il un cheval hors normes ?

– « Oui. Je ne me sens pas vraiment amateur mais, s’il avait rencontré un crack cavalier, il aurait été exceptionnel. Je ne suis pas très à l’aise avec lui sur les pistes extérieures. Mes résultats en extérieur sont en dents de scie alors qu’en indoor, il est complètement avec moi. Désormais, il arrive à maturité. Les belles performances nous attendent.

Est-ce lié au fait que c’est un anglo-arabe ?

– « J’en ai monté de très bons pour ne pas dire des cracks comme Quenelle du Py. Mais celui-là a quelque chose de tout à fait sensationnel, il fait quand même soulever la foule. C’est qu’il doit avoir quelque chose d’assez surprenant. Quand on le monte, le sentiment est fantastique. »

Mise à jour le 3 novembre : Finalement Olivier Robert a décidé de courir le GP Coupe du monde avec Vivaldi des Meneaux.

Coupe du monde : Robert Whitaker, dans les pas de son père à Helsinki

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Robert Whitaker et Catwalk IV à la remise des prix. © FEI / Satu Pirinen

S’il est un patronyme qui est étroitement associé à la Coupe du monde de saut d’obstacles, c’est bien celui de Whitaker. John et Milton ont écrit l’une des plus belles pages de cette compétition. Aujourd’hui, c’est son fils, Robert (36 ans) qui s’illustre en remportant son premier Grand Prix Coupe du monde à Helsinki (Finlande), associé à Catwalk IV.  L’Espagnol Sergio Alvarez Moya et son jeune et très prometteur Jet Run prennent la deuxième place, tandis que la Belge Céline Schoonbroodt de Azevedo (Cheppetta) monte sur la troisième marche du podium. Kevin Staut seul français au barrage, termine huitième avec For Joy van’t Zorgvliet HDC.

Dites 37. C’est en effet le nombre de couples au départ de ce Grand Prix, disputé…dans une patinoire. Histoire de réchauffer un peu l’ambiance, les organisateurs avaient fait appel au chef de piste brésilien Guilherme Jorge. Et celui-ci s’est fait plaisir en dessinant un parcours comportant, un juge de paix. A savoir un obstacle qui a donné bien du fil à retordre aux compétiteurs. En l’espèce le numéro 10, un mur original, ondulé, bleu mais surtout, judicieusement placé sur une ligne elle-même sinueuse, histoire de corser les difficultés.

Trop facile diront certains. Peut-être. Mais l’homme de l’art a rempli son contrat en signant un tracé qui a sélectionné seulement neuf couples pour le barrage. Ne boudant pas son plaisir, le sud-américain a remis l’obstacle dans un barrage qui se concluait par une haletante galopade sans fin. Le public en a eu pour son argent. Kevin Staut, à défaut d’y perdre son latin y a laissé l’équilibre avec une chute sans gravité sur le fameux mur plus très au goût de For Joy auteur d’un redoutable coup de frein dans la dernière. Le sujet devrait agrémenter les échanges du Français avec son compère Steve Guerdat victime d’un refus d’Alamo sur le même obstacle au premier tour. Le Belge François Mathy Jr pourra également prendre part à la conversation après une grosse incompréhension avec Uno de le Roque sur le même obstacle. Même punition pour Peder Fredricson qui a littéralement traversé le mur au barrage avec Christian K

Olivier Robert de son côté était engagé avec Tempo de Paban. L’Aquitain avait son visage des mauvais jours agacé d’attendre dans le froid que la piste soit prête après une pause pour son entretien. Malgré sa superbe technique, le couple commet une touchette fatale sur une palanque qui le prive de barrage mais pas de points. Ou plutôt juste d’un point glané grâce à sa seizième place.

La légende raconte que chez John Whitaker, dans cette Angleterre profonde du Yorkshire, un cadre est posé sur un commode. Il contient une photo de Robert à ses 3 ans. Le fils de John saute une croix sur un shetland. Le meuble pourra accueillir prochainement un autre cliché, plus récent. Le gamin a pris de l’âge même s’il n’a pas beaucoup grandi et désormais, dans les pas de son père il soulève le trophée du vainqueur d’une étape Coupe du monde.

Les résultats complets, ici.

 

Coupe du monde : Bryan Balsiger confirme son statut d’étoile montante à Oslo

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Bryan Balsiger – Clouzot de Lassus Crédit: FEI/Satu Pirinen

Décidément, la jeunesse suisse a le triomphe insolent. Après Martin Fuchs champion d’Europe de 27 ans habitué des podiums prestigieux, les montagnes de Guillaume Tell nous dévoilent un nouveau talent. Pour sa deuxième participation a une épreuve Coupe du monde, Bryan Balsiger (22 ans) a remporté le Grand Prix d’Oslo, première étape de la saison 2019-2020 devant Luciania Diniz ( Vertigo du Desert) et Geir Gulliksen (Quatro).

Qui est Bryan Balsiger ? Un jeune Neuchâtelois, placé sur une trajectoire ascendante : champion d’Europe des jeunes cavaliers en 2017, champion de Suisse en 2018, membre de l’équipe nationale dont il portait dernièrement les couleurs lors de la finale Coupe des nations de Barcelone.

A 22 ans, on ne se pose pas trop de questions. Il fallait juste être le meilleur des 39 couples engagés dans le Grand Prix et surtout le plus rapide des douze barragistes parmi lesquels quelques grosses gâchettes. A commencer par son compatriote et numéro 1 mondial incontesté, Steve Guerdat.

Conscient de la concurrence Bryan Balsiger a pris tous les risques, surpris lui-même que ça passe. Ce succès, il le partage avec Clouzot de Lassus, un hongre gris de onze ans, fils d’ Ugano Sitte auquel il a spontanément rendu hommage :  « Il se donne à 200% sur chaque concours. Ensemble nous avons gagné l’or aux championnat d’Europe et aux championnats de Suisse, mais cela représente la plus belle de notre carrière. Clouzot est vraiment brave, il y met tout son cœur à chaque fois !« 

Du côté des tricolores, seuls deux cavaliers avaient fait le déplacement : Olivier Robert (Tempo de Paban) et Kévin Staut (Viking d’la Rousserie). Bien leur en a pris. Les compères repartent de Scandinavie avec de précieux points dans leurs besaces. Olivier Robert tout d’abord, aux commande d’un Tempo de Paban éblouissant tellement bondissant qu’il aura sorti de la selle et mis son cavalier en position délicate son cavalier par deux fois. Les abducteurs de l’Aquitain devraient tirer un peu ce matin après avoir sauté sans étriers le dernier obstacle du barrage. Mais Olivier Robert est un artiste dont la perdition ne peut être que momentanée. Il signe une belle performance en se classant 4ème. Plus classique, Kevin Staut dispose avec Viking d’la Rousserie d’une monture performante mais à la facilité trompeuse. Pénalisés d’une barre au barrage, ils terminent 8èmes de la compétition.

Le classement complet, ici.

Molly raccroche, Bertam alone

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Molly Malone V sous la selle de Bertram Allen. Cmiquer pour agrandir.

Il y a Molly Malone, le personnage fictif issu d’une chanson populaire qui raconte l’histoire d’une belle poissonnière qui exerçait son métier dans les rues de Dublin, mais qui est morte de la fièvre alors qu’elle était encore jeune. Et puis il y a l’autre. Molly Malone V, la jument grise de Bertram Allen. Cette fille de Kannan d’aujourd’hui 15 ans, après avoir porté le jeune Bertram au sommet de l’équitation se retire sur la pointe des sabots pour entamer une nouvelle vie de poulinière.

L’année 2014 aura été la leur : une première victoire au CSIO 5* de Lummen, une prestation remarquée aux Jeux Equestre Mondiaux de Caen avec une 7ème place au classement individuel, et une troisième place lors de la finale Coupe du monde 2014-2015 de Las Vegas. Les années qui suivent ne sont pas du même acabit avec des parcours avec moins de brillant ou de chance.

Le dernier grand succès remonte à 2015 et l’exceptionnelle victoire signée dans le prestigieux Grand Prix de Dinard. Le kid (20 ans à l’époque) avait alors eu cette expression restée dans les annales pour décrire la prestation de sa jument : « Molly a sauté par-dessus la lune ». Une belle formule qui résumait si bien la sensation d’extra-terrestre dégagée par ce couple si léger et fluide aux allures de feu follet.

Les belles histoires se terminent toutes un jour. Après avoir tout donné, la belle Molly quitte la scène sportive droite sur ses pattes par la grande porte, pas la sortie de secours réservée aux accidentés et c’est tant mieux pour se consacrer à la reproduction. A seulement 24 ans, Bertram Allen à la vie devant lui et le temps d’attendre. Ça tombe bien. A 15 ans Molly a le temps de faire de jolis poulains qualiteux qui feront la joie de son ancien cavalier.

Faut-il interdire l’épreuve de cross en CCE ?

Thibault Fournier jeune cavalier professionnel de 24 ans a été victime d’un grave accident sur le cross de Pompadour dimanche 13 octobre à l’occasion d’une épreuve Pro 4 organisée par le Comité Régional d’Équitation de Nouvelle Aquitaine. Le jeune homme a été héliporté en état d’urgence absolue au CHU de Limoges. Ce drame survient un mois après la disparition tragique d’un autre espoir de l’équitation tricolore, Thaïs Meheust (22 ans) sur le cross du haras du Pin.

La dangerosité de ce type d’épreuve est aujourd’hui clairement pointée d’autant que dans les deux cas on est sur des cavaliers expérimentés malgré leur jeune âge dans des épreuves organisées par des structures dont le sérieux ne peut être remis en cause. Au moment où l’on parle avec raison du bien-être animal, il paraît difficile de ne pas s’interroger sur la simple préservation de l’intégrité physique des cavaliers.

On rétorquera qu’émotion n’est pas raison, ce qui est vrai mais aucune épreuve sportive n’a vocation à devenir un jeu de roulette russe. Compétiteurs et organisateurs ne méritent pas cela. Est-il possible d’améliorer grandement la sécurité sur les cross ? La question doit être posée clairement et si les gens du métier ne sont pas dans la capacité de répondre par l’affirmative, c’est la pérennité même des cross à la papa qui doit être remise en question.

Sans aller jusqu’à l’extrémité radicale, l’interdiction générale des cross, une étude sur l’accidentologie doit être conduite dans les meilleurs délais, susceptible de déboucher sur l’interdiction de certains types d’obstacles et une autre approche de la construction de parcours, peut-être plus faciles mais surtout moins dangereux. L’enjeu n’est pas nouveau:  limiter les risques sans perdre l’âme du complet. L’équation est délicate à résoudre mais il faut s’y atteler une fois pour toutes et ne pas abandonner le travail en cours de route une fois le battage médiatique retombé.

Il ne s’agit pas de vouloir tout aseptiser. Les disciplines équestres sont globalement « à risques » c’est un fait. Chutes et bleus font intrinsèquement partie de ce sport particulier réalisé avec un animal vivant et puissant. Mais aucun sport ne saurait justifier le décès ou des accidents graves d’athlètes professionnels ou amateurs, jeunes ou moins jeunes.

Il y a urgence à réagir.

Pour aller plus loin :

  • cet excellent article d’Ouest France (2016), Le concours complet, le sport le plus dangereux au monde
  • les statistiques des assurances pour l’équitation dans l’UE : 6 000 accidents par an dont 770 morts par an, 45% des accidents hors compétition, classée 5ème activité sportive la plus dangereuse.

Barcelone : les Irlandais en vert et contre tous

Longines FEI Jumping Nations Cup Final - Day 4

Le trophée pour l’Irlande et la qualification qui va avec. Crédit : FEI / Linnea Rheborg/Getty Images

Il y a finale de la Coupe des nations et finale. L’édition barcelonaise 2019 restera comme un grand cru. L’enjeu olympique (décrocher une qualification) aura sans doute été le piment qui a relevé le plat. En l’occurrence, l’objectif qui a permis à certaines nations de se transcender. C’est notamment vrai pour ces démons d’irlandais. Sous la houlette de Rodrigo Pessoa, les fils de la verte Erin ont damé le pion aux diables rouges du plat pays, contraints de se contenter de la deuxième place. Le bronze revient à la Suède à l’avantage du chronomètre devant l’Italie et la France a égalité de points.

 Les tricolores n’ont pas à rougir. Ils se sont bien battus mais ont été dans l’incapacité de signer un tour sans pénalités, cumulant les 4 points. Très attendu pour son retour en équipe de France, Simon Delestre et Hermès Ryan n’ont pas joué le rôle de potentiel joker qu’on attendait d’eux. La délicate mécanique du petit alezan s’est déréglée à l’issue de la première faute. Il en rajoute deux par la suite. Partie remise. Il convient d’espérer que le couple posera quelques temps ses valises chez les Bleus, au moins jusqu’à Tokyo.

La relative contre-performance de Ryan doit être replacée dans le contexte de l’épreuve où les scores lourds se sont enchaînés donnant parfois le sentiment d’une séquence de déforestation.

Le travail du chef de piste n’est pourtant pas à remettre en cause. L’espagnol Santiago Varela n’a pas eu la main lourde mais a su construire un parcours piègeux qui a contribué à un suspense délicieusement haletant pour les spectateurs, psychologiquement éprouvant pour les cavaliers et leurs entourages.

Les Irlandais, honneur leur soit rendu ne se sont pas posé de questions. Ils ont accumulé les bonnes performances. Deux sans faute pour les O’ (O’Connor et O’Shea). 1 point pour Darragh Kenny et une petite barre pour Peter Moloney.

Longines FEI Jumping Nations Cup Final - Day 4

Le sourie de Cian O’Connor. © FEI / Gonzalo Arroyo Moreno/Getty Images

Chez les rouges O. Philippaerts et J. Guéry on fait le job (score vierge) mais la barre de Niels Bruynseels coûte d’autant plus cher que Gregory Wathelet, loin de récupérer l’affaire est sorti de piste avec 11 points sur MJT Nevados S.

Au terme de cette journée riche en émotions, l’Irlande ajoute donc son nom à la liste des pays qui participeront par équipe aux Jeux de Tokyo l’an prochain.

Le classement complet ici.

Cavaliers- FEI, retour sur un inquiétant désamour

4530.jpgLes championnats d’Europe qui se sont déroulés à Rotterdam fin août auraient du être l’occasion de célébrer une osmose entre l’élite sportive de l’équitation et les instances fédérales internationales censées les représenter. Au lieu de cela, le nom de la ville néerlandaise restera associé à un moment de forte crispation entre athlètes et dirigeants de la FEI lors de l’assemblée générale de l’IJRC, le club international des cavaliers de saut d’obstacles, qui s’est tenue le 22 août dernier. Simple scène de ménage ou premier pas vers une rupture consommée, l’avenir nous le dira.

Transparence. Notre époque est à la transparence, largement aidée par les moyens techniques modernes. L’IJRC l’a compris tout comme la nécessité de gagner la bataille de l’opinion. Loin de laver le linge sale en famille, les choses ont été dites devant la presse. Pour la France, Grand Prix a largement repris le contenu des échanges dans un excellent article à lire, ici.

Les reproches se ramassent à la pelle. Format des Jeux olympiques, Coupes des nations, lutte anti-dopage… les cavaliers ont longuement exprimé leurs inquiétudes sur le fond de ces différents sujets mais surtout, leur mécontentement sur la forme. Car si à la FEI, on entend les athlètes, il semblerait qu’on ne les écoute pas.

Le ton et les propos particulièrement fermes employés par Cian O’Connor, désigné par ses pairs pour les représenter au sein des instances de la FEI, témoigne d’une prise de conscience abrupte des rapports de force et du peu de considération de la structure à l’égard des athlètes.

L’irlandais au caractère marqué dont les propos tranchés sont à retrouver dans l’article de Grand Prix n’avait pas l’intention, en prenant ses fonctions, de faire de la figuration et de servir de faire-valoir mais, de défendre une approche sportive plébiscitée par ses homologues à l’inverse de la vision financière retenue par la FEI.

Le clash était prévisible. Il a eu lieu mais, plus vite que prévu. Cian O’Connor a littéralement jeté à la face d’Ingmar de Vos tout ce qu’il avait sur le coeur sans que cela ne déstabilise une seule seconde le président de la FEI, pur produit d’une instance administrative qui concentre désormais tous les pouvoirs. Le panache d’un Cian O’Connor ne mâchant pas ses mots cachait en fait un chant du cygne. Élu en novembre 2018, l’irlandais a rendu sont tablier quelques jours après sa sortie remarquée soit, seulement 9 mois à la FEI.

La vérité toute crue, c’est que les cavaliers sont désormais la cinquième roue de la charrette, dépossédés de leur univers par les hommes en costume sombre qui font les règlements, les budgets et signent les contrats. Comme si les sports équestres étaient un sujet trop sérieux pour être laissés aux cavaliers. Ce qui lorsqu’on n’a pour objectif que de faire du business n’est pas totalement faux. Le fantasme de certains était bien connu : faire évoluer le jumping vers le modèle de la F1 soit un système fermé, verrouillé, médiatisé qui brasse beaucoup d’argent. Un peu moins glamour, les courses incarnent une autre approche possible, avec une vraie rentabilité mais, où les jockeys ne pèsent rien ni sur les balances ni sur l’organisation.

Des athlètes à la croisée des chemins. Sur quoi débouchera le coup de sang de Cian O’Connor et les frustrations maintes fois exprimées de personnalités telles que Steve Guerdat et Kevin Staut ? Un rééquilibrage des pouvoirs est-il possible au sein de la FEI ?? Les cavaliers vont-ils relever le gant jeté par leur ex-représentant ou revenir dans leurs bulles personnelles ???

L’histoire du sport nous apprend que des évolutions sensibles sont possibles. A l’image de la première grève des joueurs de NBA en 1964 qui ne dura au final que … deux heures. Le vrai pouvoir, c’est ceux qui font le spectacle qui en disposent. Encore faut-il qu’ils en aient conscience.

Le sympathique club des cavaliers doit sans doute s’interroger sur son évolution et réfléchir au passage d’une assemblée de gentlemen à un syndicat professionnel, bordé juridiquement. Ce serait une vraie révolution culturelle dans un milieu habitué aux échanges feutrés.

Le monde a changé, la FEI a changé. Les cavaliers professionnels de haut-niveau seront-ils capables d’en faire autant ?

Bosty repasse sous les projecteurs à Valence

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Rogers-Yves Bost et Sangria du Coty se sont adjugés le GP du CSI 4* de Valence. Crédit photo : Sportfot

Co-équipier exemplaire, Roger-Yves Bost, réserviste aux championnats d’Europe de Rotterdam, a du se contenter d’assister du bord de piste aux prestations de ses camarades. De quoi donner des fourmis dans les jambes à ce compétiteur né. Le CSI 4* de Valence était l’occasion de se dérouiller les pattes et de remettre les pendules à l’heure. Mission accomplie. Bosty s’empare du Grand Prix sur une Sangria du Coty impériale. Les sud-américains complètent le podium.

Au Haras des Grillons, dans la Drôme on a l’habitude de faire les choses bien. Bousculée par le rendez-vous de Rotterdam, l’édition de 2019 n’était pas, loin de là, une édition au rabais comme pourrait le laisser croire le passage de 5 à 4 *. Une modification plus symbolique qu’autre chose comme l’a très justement rappelé Sadri Fegaier le cavalier et homme d’affaire milliardaire, organisateur de l’événement, en pointant le fait que le plateau en lice et la dotation étaient similaires à ceux d’un 5*.

Du miel donc (50 000 €) et cinquante petites abeilles bien décidées à tenter leur chance. C’était sans compter sur le chef de piste Grégory Bodo qui a donné bien du fil à retordre aux cavaliers avec pas moins de 10 abandons dont quelques pointures comme Alexandra Paillot (Polias de Blondel) ou Julien Epaillard (Usual suspect d’Auge). C’était sans compter également sur la volonté de Bosty d’accrocher enfin le Grand Prix de Valence à son très long palmarès.

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Dayrio Arroyave et Jimcy du Lys ont créé la surprise en terminant à la deuxième place. Crédit Sportfot.

Restent les surprises et celles-ci sont sud-américaines. Il faut dire que le Haras des Grillons dont le pilote en chef est Carlos Lopez est devenu un peu la base européenne des Colombiens. En vue de la finale de la Coupe des nations qui se disputera à Barcelone début octobre, Dayrio Arroyave s’est vu confier Jimcy du Lys, propriété du Haras des Grillons, habituellement monté par Carlos Lopez. Le courant est très très vite passé avec ce 10 ans fils de Quaprice Bois Margot puisqu’après l’avoir monté seulement trois fois, son nouveau pilote a pris la deuxième place du Grand Prix ! Sur la troisième marche du podium, on retrouve le Brésilien Yuri Mansur (Casantos), reconnaissable entre tous avec sa veste jaune.

Le classement complet, ici.

Euro : Martin Fuchs étanche sa soif de l’or

FEI European Championships In Rotterdam - Day Seven

La prime à la jeunesse. De gauche à droite : Ben Maher, Martin Fuchs et Jos Verlooy. Photo : Dean Mouhtaropoulos/Getty Images for FEI

Plus vraiment un gamin malgré son visage juvénile, pas encore un vieux renard endurci à voir son émotion sur le podium, Martin Fuchs à seulement 27 ans est devenu le nouveau champion d’Europe des cavaliers de saut d’obstacles.

Les spectateurs ont eu du nez. Peu présents pour les épreuves par équipe dont l’essentiel du suspense était lié à la complexe artithmétique des qualifications pour Tokyo, ils étaient en revanche en masse pour la dernière journée et le sacre du nouveau champion d’Europe. Une épreuve palpitante qui s’est conclue par un podium (cf photo) dominé par la jeunesse et le talent.

Au centre, Martin Fuchs a pu enfin savourer le goût si particulier d’un titre continental. Une apothéose pour ce jeune Suisse aux mains en or qui forme avec Clooney 51 le miraculé un couple redoutable. A sa droite, Ben Maher (37 ans), le revenant. En équitation, c’est un peu comme en politique, on n’est jamais mort. L’ex numéro 1 mondial après une longue période d’effacement revient sur le devant de la scène internationale grâce à un cheval exceptionnel, le bien nommé Explosion W. A la gauche du nouveau champion d’Europe, la Belgique, décidément incontournable à Rotterdam, est à l’honneur avec l’un de ses fils que l’on n’attendait pas vraiment. Jos Verlooy (23 ans) et sa monte un peu brouillonne associé à Igor, un cheval peu expérimenté ont fait des étincelles.

Martin qui rit, Steve qui pleure. Heureux camp Suisse, terre de champions et de contrastes. Du côté des mauvaises nouvelles on retiendra surtout la mauvaise prestation de Lord Pepsi qui a conduit Paul Estermann à jeter l’éponge dans l’épreuve par équipe mais aussi la guigne qui a accompagné Steve Guerdat. Privé de toute chance de médaille, le numéro 1 mondial pénalisé de 8 points en première manche,  a préféré renoncer à repartir afin de préserver sa délicate Bianca.

Le temps des remerciements. Martin Fuchs n ‘a pas manqué de saluer son mécène, Luigi Baleri qui s’était vu décerner quelques jours plus tôt (le 23 août), comme un signe prémonitoire, le titre de « propriétaire de l’année 2018 » par le Jumping Owners Club, l’association internationale des propriétaires de chevaux de saut d’obstacles (JOC) présidée par le français Dominique Mégret. « C’est toujours un grand soutien et c’est comme un deuxième père » a déclaré le jeune Zurichois à propos de Luigi Baleri, également propriétaire de Chaplin, qui le soutien fidèlement depuis l’âge de ses 13 ans.

Martin Fuchs et Luigi Baleri devant le trophée du propriétaire de l’année. Une longue collaboration marquée par une affection mutuelle. Crédit : Claire Simler/JOC.

Pas de propriétaire, pas de chevaux. Luigi Baleri à l’occasion de sa remise de récompense par le JOC était revenu sur les circonstances de l’acquisition de Clooney en 20017 quand celui-ci allait être vendu aux Etats-Unis. Cet homme d’affaires discret (propriétaire de garage automobile), cavalier lui-même, avait fait le nécessaire pour que son protégé conserve son meilleur cheval. Un investissement permis par la force et la solidité des relations qu’il entretient avec la famille Fuchs. Une décision source de bonheur à l’écouter :« Dès que je suis devenu propriétaire de Clooney, le sentiment était tout simplement merveilleux (..) Tous mes chevaux sont spéciaux et formidables! Mais oui évidemment Clooney est celui qui réussit le plus à ce jour en saut d’obstacles. Il a un mental très fort. C’est une grande chance pour nous, sans quoi il n’aurait pas performé aussi bien et avec certitude, il ne se serait pas remis aussi vite de sa maladie. Son rétablissement était vraiment spécial à observer. Avec la médaille d’argent à Tryon, il a montré au monde entier combien il était mentalement fort »

La prestation remarquable de Clooney à Rotterdam confirme la pertinence du jugement de son propriétaire .

Et maintenant, place à la fête. Le nouveau champion d’Europe était impatiemment attendu dimanche soir par ses supporters à l’aéroport de Zurich pour son arrivée prévue à 21h30.

Le classement individuel, ici.

Euro : la France qualifié, Staut dépité

 

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Kevin Staut

Mission accomplie. La France a décroché son ticket pour Tokyo. Tout le monde peut souffler même si la 4èmeplace laisse un goût amer, celui d’avoir raté de peu une médaille. Au-delà de l’impression générale, restent les ressentis particuliers. Or de ce côté, Kévin Staut fait bande à part. Lui, le pilier habituel de l’équipe n’a pas été en capacité d’apporter le coup de patte qui fait basculer un destin collectif.  Le problème ne vient pas du pilote dont le talent n’est plus à prouver. Mais l’équitation c’est une histoire de couple et la monture actuelle du Normand n’est pas à cette heure une valeur sûre. A ce niveau, 4 points c’est déjà lourd. Que dire avec 8. Pour être dans le coup il faut pouvoir s’appuyer sur une machine à sans faute. Autrement formulée, la question qui se pose c’est de savoir si le couple Staut-Calevo est le plus à même d’offrir des chances de médailles à Tokyo. Poser la question c’est déjà y répondre. Sauf à considérer que le supplément d’âme qu’apporte le Normand, son rôle précieux de coéquipier modèle, en feraient un réserviste idéal, comme le fût Philippe Rozier à Rio. A moins que le mercato ne nous réserve des surprises et que Kevin Staut dans les prochains mois récupère sous sa selle une monture expérimentée et exceptionnelle. C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

Rotterdam J2 : « Ne rien lâcher »

FEI European Championships In Rotterdam - Day Four

Si les Belges ont marqué les esprits par leur belle remontée, les Britanniques ont gagné une place grace aux tours sans pénalité de Holly Smith (Hearts Destiny) et de Ben Maher, exceptionnel avec Explosion W. (Photo Dean Mouhtaropoulos/Getty Images for FEI)

Une nouvelle fois Thierry Pomel a trouvé les mots justes pour résumer la situation à l’issue de la deuxième journée des championnats d’Europe de Rotterdam. Les directives du sélectionneur national sont claires : « Ne rien lâcher ». L’entre-deux des résultats, un sans faute pour Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), un petit 4 points pour Nicolas Delmotte et son bondissant Urvoso du Roch mais surtout les doubles fautes de Kevin Staut (Calevo 2) et de Pénélope Leprevost (Vancouver de Lanlore), relègue la France en 4ème position. Rien n’est perdu tout reste à faire. Mais la condition physique des chevaux sera déterminante. Une épée de Damoclès inquiétante alors que les montures de Kevin Staut et de Pénélope semble déjà accuser une baisse de forme.

Reste le facteur humain. La déception était visible et affichée par Kevin Staut, peu satisfait d’être à la remorque de l’équipe. « Il va falloir que je me manifeste » reconnaissait avec sa franchise habituelle le leader Tricolore. Il peut le faire. Beaucoup ont encore en mémoire son parcours aux Jeux mondiaux de Caen où le Français avait littéralement porté un Rêveur de Hurtebise au bout du rouleau. Même chose pour Pénélope Leprevost. L’amazone ne manque pas de caractère. Il lui en faudra pour extraire le meilleur de Vancouver auteur de deux fautes de postérieur jeudi.

La formidable équipe de France nous a habitué à se transcender dans les situations difficiles. Les exploits ne sont pas faciles à rééditer mais il serait regrettable que la nation championne olympique en titre ne puisse décrocher sa qualification aux JO de Tokyo. Tout va se jouer sur le fil dans la glorieuse incertitude du sport. Réponse vendredi après-midi.

Le classement, ici.

J1 : bonne entame de la France à Rotterdam

FEI European Championships In Rotterdam - Day Three

Si les choses démarrent bien pour le camp français, c’est encore mieux pour l’équipe allemande, première au provisoire, à l’image de la superbe prestation de Simone Blum avec DSP Alice. Crédit Photo Mouhtaropoulos/Getty Images for FEI

Jusqu’ici, tout va bien. Arrivée aux championnats d’Europe de Rotterdam avec une pression énorme, décrocher sa qualification aux JO de Tokyo 2020, l’équipe de France composée de Nicolas Delmotte, Kevin Staut, Pénélope Leprevost, Alexis Deroubaix et Bosty en réserviste a fait un carton dans la chasse. Les tricolores qui ont aligné les sans faute, à l’exception de Kevin Staut parti en ouvreur (4 points), terminent cette première journée deuxièmes au classement proivisoire derrière l’Allemagne. « Bien commencer est important, mais ce qui m’importe surtout, c’est de bien finir » a parfaitement résumé Thierry Pomel, le sélectionneur national.

Un championnat, c’est long. Les cavaliers français le savent bien. Si la satisfaction est palpable, le triomphalisme est absent. Tout reste à faire et la pression sur les épaules des cavaliers est montée d’un cran d’autant que si les pilotes sont expérimentés, ce n’est pas le cas des montures qui vont devoir confirmer leur capacité à rester fraîches et réactives pour les deux journées déterminantes de jeudi et vendredi qui comptent pour la Coupe des nations.

Le classement par équipe, ici.

 

Margie Goldstein : une américaine sacrée à Deauville

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Crédit : Pixel events

Deauville. Sa plage, son casino, son festival mais aussi ses chevaux de course ou de CSO. Et pour la troisième année consécutive son CSI 3*, le Longines Deauville Classic. Un concours tiré à quatre épingles dans un décor de carte postale propice à faire venir les meilleurs cavaliers. A commencer par les Américains toujours sensibles au charme de la Normandie. Et bien leur en a pris puisque c’est un vétéran, la petite (1m55, 48 kgs) mais tonique Margie Goldstein-Engle (61 ans) qui s’impose dans le Grand Prix dominical associée à Dicas, un cheval massif et puissant.

Avec un beau plateau relevé de 60 engagés et un chef de piste de la trempe de Grégory Bodo, le spectacle promettait d’être beau. Promesse tenue. Au terme d’un barrage à 14 partants, l’américaine Margie Goldstein-Engle, vice-championne du monde par équipe 2006 et aux 17 participations en finales Coupe du monde, s’est imposée aux rênes du puissant Dicas, 10 ans, un fils de Diarado. A la deuxième place Jérôme Hurel (As de Mai) sauve l’honneur du camp tricolore alors que la Belge Celine Schoonbroodt-de-Azedevo (Cheppetta) monte sur la troisième marche du podium.

Le classement complet, ici.

Coupes des nations : l’IJRC exprime ses inquiétudes et formule des propositions

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Le cavalier français Kevin Staut, président IJRC, et Eleonora Ottaviani, directrice IJRC, en assemblée. © Photos IJRC.

Dans un communiqué diffusé jeudi 8 août, l’IJRC (International Jumping Riders Club) a tenu a manifester (une nouvelle fois) ses inquiétudes concernant le devenir des Coupes des nations. Ce club très fermé des cavaliers internationaux de saut d’obstacles officiellement reconnu par la FEI réaffirme avec force son attachement aux Coupes des nations qu’il considère comme l’épreuve reine de la discipline par les valeurs collectives, sportives et patriotiques qu’elles véhiculent.

L’IJRC, présidée par le Français Kevin Staut, souligne également l’intérêt des Coupes des nations pour acquérir de expérience et préparer des cavaliers et chevaux pour des échéances majeures (Jeux olympiques, Championnats continentaux ou mondiaux).

Pourtant depuis un certain temps déjà, le plus vieux circuit international est bousculé par de nouveaux concurrents qui disposent de moyens financiers toujours plus importants là où la FEI à la plus grande peine à trouver des partenaires pour boucler les dotations. Dans ce contexte concurrentiel inédit, les Coupes de nations ont de fait été victimes d’un réel déclassement lié à une spirale infernale : moins d’argent, moins d’attractivité, moins d’intérêt, moins de sponsors.

Pleinement conscients de cette problématique, les cavaliers de l’IJRC demandent pour la vieille dame un remède de cheval. Cela passe par une modification du règlement sur différents points concernant les CSIO, l’organisation des deux divisions ou encore la dotation des Grand Prix mais surtout, par une volonté déterminée de la FEI à remodeler le circuit et à lui redonner tout son lustre. C’est donc une décision avant tout hautement politique et symbolique qu’attendent les meilleurs pilotes : voir enfin déclarées les Coupes des nations comme le circuit d’excellence et de prestige du saut d’obstacles.

Le communiqué en anglais :  AUGUST NATIONS CUP STATEMENT

George Morris, victime de Maccarthysme moderne

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Georges Morris, à gauche, et son élève Andrew Ramsay (archives)

Les États-Unis sont un pays de contraste dans lequel on peut porter des personnalités au pinacle puis soudainement, dans un revirement total d’opinion, les lyncher médiatiquement avant de les bannir de la société. On se souvient des tristes dérives du Maccarthysme des années 50 où un anticommunisme hystérique avait conduit à la chasse de pseudo agents rouge infiltrés. Un moment peu glorieux de l’histoire américaine ou une commission présidée par le triste sénateur McCarthy avait quasiment droit de vie ou de mort sociétale sur des individus anonymes ou célèbres. Bis repetita. Le pays de l’Oncle Sam s’est engagé depuis quelque temps dans une nouvelle croisade, la chasse aux agressions sexuelles dans le domaine du sport. Une agence fédérale (Safesport) a été créée pour lutter contre les abus dans le sport avec la finesse d’un éléphant dans un magasin de sport. Des sportifs accusés ont vu leur carrière brisée, d’autres se sont suicidés. Sauf que les accusations d’une agence, ne sont pas des décisions de justice prises par un tribunal à l’issue d’un procès qui respecte les droits de la défense. Aujourd’hui c’est George Morris, icône de l’équitation américaine, qui est accusé de « méconduite sexuelle impliquant un mineur ». Des faits qui seraient survenus entre 1968 et 1972. Âgé de 81 ans, Georges Morris clame son innocence et conteste le fait que, sans ambages, la Fédération équestre américaine l’a, en raison des accusations portées contre lui, suspendu à vie.

Jamais le fossé n’aura été si grand entre la vieille Europe et ce nouveau monde où les pratiques du far-west ressortent de temps en temps. Quid de la présomption d’innocence, du droit à l’oubli qu’en jargon juridique on appelle prescription des faits et surtout, du droit à un procès équitable ? Triste spectacle d’une société décadente qui joue les puritaines, où l’émotion l’emporte sur la raison. Il ne s’agit pas aujourd’hui de savoir si George Morris est coupable mais de ne pas ajouter dans un réflexe moutonnier sa voix à celle de la meute. Il convient de rappeler qu’on ne jette pas ainsi l’honneur d’un homme aux chiens sans lui permettre de présenter sa défense. La justice ce n’est ni la vengeance ni l’obscurantisme d’une inquisition moderne. C’est donc à George Morris que nous laisserons le mot de conclusion : “Je conteste pleinement ce verdict et j’ai entamé un processus de contestation. J’ai dévoué ma vie aux sports équestres et à la formation de futurs grands cavaliers, entraîneurs et athlètes olympiques. Toute allégation suggérant que j’aurais blessé un quelconque individu nuit à la communauté équestre et à ce sport que j’aime tant.“

Le difficile renouvellement de l’équipe de France

FFEThierry Pomel a révélé en fin de semaine dernière la composition de la sélection française pour les championnats d’Europe qui se dérouleront dans la seconde quinzaine d’août à Rotterdam. Le sélectionneur national a indiqué miser sur l’expérience. De fait, les noms retenus sont d’une facture des plus classiques (Staut, Leprevost, Bost, Delmotte et Deroubaix), comme si, à l’exception du dernier cité, le temps glissait sur la FFE comme l’eau sur les ailes d’un canard. Les enjeux sont certes importants, notamment obtenir un sésame pour les Jeux olympiques de Tokyo. Il n’empêche, la France semble avoir du mal à renouveler, échéance après échéance, ses cadres et à donner ses chances à de nouvelles pousses.

Il ne s’agit pas de jeter la pierre à qui que ce soit, à commencer aux figures « historiques » de l’équitation française. Année après année, elles sont toujours dans le coup, réussissant parfois de façon parfois acrobatique à retomber sur leurs pieds en termes de stabilisation professionnelle. Le haut-niveau n’est pas un long fleuve tranquille si l’on n’est pas un héritier de grande fortune ou doté soit même d’un patrimoine financier conséquent. Ceux qui  arrivent à se maintenir dans les sommets de la hiérarchie mondiale doivent être salués. Plus encore quand ils se rendent disponibles pour les sélections nationales souvent moins avantageuses financièrement que certains circuits privés.

Pourtant, ce ne sont pas les nouvelles montures qui manquent. Ce ne sont pas non plus les cavaliers doués qui font défaut. Mais de la même façon que dans le secteur de l’entreprise ou de la politique, le renouvellement n’est pas une chose naturel. Il est au contraire contre-intuitif. Les raisons avancées sont toujours les mêmes. Priorité à ceux qui ont l’expérience. Autrement dit, et c’est peut-être profondément inscrit dans notre culture hexagonale, la prise de risque, ce n’est pas notre fort. Cette tendance lourde de nos élites, tous domaines confondus, à être endogames continue à pousser les sujets les plus audacieux à aller tenter leur chance ailleurs. En Grande-Bretagne, aux États-Unis ou au Canada par exemple.

Est-ce grave docteur ? Oui, plus qu’on ne le pense. Le bridage de notre système n’est pas bon dans un contexte universalisé où nous sommes en concurrence avec le reste de la planète. Le culte de la longévité sur les mêmes postes ou fonctions n’est pas sain. Mais si le constat est facile à poser, les solutions sont plus complexes à trouver.  La composition de l’équipe de France pour Rotterdam n’est finalement que le reflet fidèle d’une FFE sclérosée, dirigée par les mêmes personnes depuis des décennies. C’est désormais la transmission de l’expérience qu’il faut penser et organiser pour avoir demain un vivier fort de plus de Staut, de Leprevost, de Bosty et autres.

Vigo d’Arsouilles a tiré sa révérence

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Vigo d’Arsouilles sous la selle de Philippe Le jeune

L’histoire des sports équestres c’est avant tout celle de couples mythiques. Ce n’est pas vieux mais Vigo d’Arsouilles et son cavalier, le truculent Belge Philippe Le jeune ont à ce titre inscrit leur nom sur les tablettes de ceux qui à un moment donné ont marqué le jumping international. Ceux qui font déplacer la foule vers la lice et retenir leur respiration le temps d’un tour. A ce titre dans les noms que l’on retient de la première décennie des années 2000 il est difficile d’oublier ceux de Philippe Le jeune et de Vigo d’Arsouilles. La disparition à 21 ans de l’étalon BWP fils de Nabab de Rêve referme une belle page dont les principaux faits d’armes sont un titre de champion du monde en 2010 et de nombreuses victoires en Coupe des nations. Des succès sportifs prolongés par une carrière de reproducteur remarquable.

FFE : société commerciale ou fédération sportive ?

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Dans son édition du 14 juillet, Le Parisien consacre un article éloquent sur les championnats de France poneys, le Generali Open de France. L’envoyée spéciale du quotidien francilien dresse un constat qui devrait interpeller. Lamotte-Beuvron, rebaptisée Poneyland par Sandrine Lefèbvre est avant tout au-delà de l’aspect kermesse, une habile usine à fric. Quant au côté sportif, il est devenu accessoire.

16 000 gamins à poneys d’un côté à Lamotte-Beuvron, une poignée de professionnels de l’autre à Fontainebleau pour les championnats de France de saut d’obstacles, cherchez l’erreur. Ce contraste témoigne le grand écart de la Fédération Française d’Equitation arrivée aujourd’hui à l’apogée d’un système commercial unique au monde ou les enfants et surtout les parents sont prisonniers d’un système ou tout est bon pour faire cracher quelques billets. Revers de la médaille, c’est que justement, il n’y en a pas. Ce système ne constitue pas un vivier de cavaliers qui viendront alimenter le haut-niveau. Et pour cause, ce n’est pas sa vocation.

Qu’il est loin ce temps où les structures équestres étaient associatives et avaient pour objet de permettre la découverte et la pratique d’un sport à moindre coût. Objet non lucratif, vous n’y pensez pas, c’est devenu totalement ringard. Entre garderie et centre de vacances le poney est devenu un étrange modèle économique dans lequel beaucoup de parents rivalisent à travers leurs progéniture. Quitte à dépenser beaucoup d’argent. Certes beaucoup d’enseignants ont a coeur leur métier et il n’est pas question de leur jeter la pierre. Ils font un boulot formidable. Mais celui-ci s’inscrit dans un système perverti par la loi de l’argent. Non de leur faute mais de celui de la fédération française d’’équitation et son président, Serge Lecomte, qui ont bâti un système dont l’appétit pour les euros n’a rien à envier, toutes proportions gardées, à Jan Tops (Global Champions Tour), la qualité en moins.

Que fait la FFE de tout cet argent ? C’est la question que l’on pourrait légitimement se poser si celles-ci répondait à un mode d’élection et une gouvernance démocratique. Là encore, la dérive est inquiétante. Hervé Godignon voulait mettre un coup de pied dans la fourmilière mais le système est trop bien verrouillé par les statuts pour empêcher une révolution de palais.

« Le poney a sauvé l’équitation en France, et il fait aujourd’hui l’unanimité » n’hésite pas à proclamer Serge Lecomte. On pourrait s’en étrangler mais à quoi bon. La puissance publique, le Ministère des Sports, qui accorde la délégation sportive aux sports équestres n’y voit rien à redire. Il est vrai que Serge Lecomte a su mélanger les genres et développer son réseau politique qui lui assure une certaine impunité pour ne pas dire une impunité certaine. Le pire est que le Président de la FFE se targue d’avoir popularisé la pratique de l’équitation et que certains veulent bien le croire. A 4 000 € la saison comme le rapporte l’article on peut avoir des doutes sur l’accessibilité. Mais après tout, si les parents sont contents…

Source : Le Parisien

Le CSI 2* de Vichy sourit à Clément Frèrejacques

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Clément Frèrejacques et Undiams de Varenne

 

Clément Frèrejacques a ajouté ce dimanche son nom à la très longue liste (ancienneté du concours oblige) des vainqueurs du Grand PrIx du CSI de Vichy. Le cavalier isérois de 32 ans s’est imposé avec Undiams de Varenne (propriété de Michel Robert) à l’issue d’un barrage à 13 participants (sur 48 partants). Vainqueur de l’édition 2018, Benoît Cernin faisait figure de grand favori. Le champion de France Pro Élite en titre doit se contenter de la 13ème place, contraint à l’abandon au barrage sur un Unamour de Suyer élimé par 4 jours de canicule.

Décidément Vichy rime avec intempéries. Les propriétaires des installations (Vichy Communauté) et la SHF avaient pensé s’affranchir des caprices de la météo en abandonnant l’herbe au profit du sable. C’était sans compter sur la canicule. Une chaleur écrasante qui a contraint de revoir les horaires en avançant les premières épreuves aux premières lueurs de l’aube et les dernières en fin d’après-midi. Las même à ces horaires aucune fraîcheur n’est venue apporter le moindre coup de fouet à des chevaux et des cavaliers accablés par la fournaise.

Si les organisateurs sont désarmés face aux conditions météorologiques en revanche il conviendrait qu’il s’interrogent sur la très faible participation étrangère à ce CSI au tout petit « i » cette année. Calendrier, dotation des efforts sont à accomplir si l’on ne veut pas assister à l’effacement progressif du Jumping de Vichy engagé dans une pente descendante depuis plusieurs saisons. L’abandon du 3* au profit d’un 2*, annoncé au départ comme provisoire en raison de travaux sur les installations du Sichon semble aujourd’hui bien ancré. Il est vrai que les CSI ont connu ces dernières années une inflation dans les cahiers des charges mais un coup de collier sur des problèmes de logistique (boxes et parkings) devrait permettre de redonner du lustre au plus vieux concours de France (1887!). En tout état de cause le retour sur le devant de la scène hippique internationale ne passera pas par la multiplication des épreuves réservées aux amateurs.

Dans ce paysage marqué par les interrogations, la victoire de Clément Frèrejacques n’est en rien une victoire au rabais. Jean-François Gourdin avait monté une vraie épreuve 145 qui a offert un beau spectacle malgré un horaire inhabituel (12h30). Benoît Cernin à l’issue de la reconnaissance ne manquait pas d’ailleurs de saluer le travail du chef de piste qualifié de « bon constructeur ». La suite lui a donné raison.

Preuve de la bataille au couteau qui s’est livrée, quatre minuscules centièmes séparent le vainqueur du second, Jimmy Jean, associé à Aramis d’Avril. La troisième place est revenue à l’inoxydable Jacques Bonnet (Uzi de la Beka). Un podium 100% tricolore. Faut-il s’en féliciter ?

Le classement complet, ici.

Championnats : le sol du Grand Parquet a bon dos

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Suite au très faible nombre d’engagés dans les épreuves de championnat de France de saut d’obstacles qui se couraient dernièrement à Fontainebleau, Sophie Dubourg, dans un entretien accordé à l’Eperon,  a pointé la qualité du sol et son dénivelé qui seraient des freins majeurs à une participation massive des cavaliers. La Directrice Technique Nationale de la FFE propose comme solution pour l’édition 2020 de passer sur un terrain en sable, sur le même site, ou ailleurs …

Il fallait une victime expiatoire, ce sera donc la qualité du sol. C’est vrai que certaines fédérations équestres européennes rencontrent un problème d’attractivité de leurs championnats avec des titres dévalorisés face à la concurrence de concours ou de circuits privés. A elles de s’interroger sur le pourquoi et de tenter de trouver des solutions. Les raisons sont sans doute multiples (dates, dotations, avantages liés au titre…) mais, dans le cas français, faire porter le chapeau à la nature du sol du Grand Parquet semble un peu court. Ce genre d’affirmation ne peut se faire au doigt mouillé après avoir interrogé en catimini quelques cavaliers. Consulter les intéressés, c’est bien. Encore faudrait-il que ce soit fait de façon large et transparente pour déterminer les vrais freins à une participation plus soutenue.

L’attractivité d’un championnat est étroitement liée à la puissance symbolique qu’il véhicule. Cela commence par un terrain légitimement considéré comme mythique. Or, ce sont justement les caractéristiques particulières du terrain du Grand Parquet qui font le sel de Fontainebleau. Il y a toujours de bonnes raisons à vouloir aseptiser les concours avec des pistes en sable standard, bien planes. Sauf qu’à ce rythme là, à vouloir s’affranchir coûte que coûte des aléas dans un sport d’extérieur, on finira par faire les championnats… en indoor.

On pourrait ériger la participation aux championnats en préalable obligatoire à toute sélection nationale mais la FFE semble avoir abandonné, selon les propos de Sophie Dubourg, toute volonté coercitive. Pourquoi pas. Mais faire de la nature du sol la seule réponse semble un peu simpliste. Tout autant que modifier le calendrier, un nouvelle fois.

Derrière cette polémique, de lourds enjeux se profilent. On sait que Serge Lecomte aurait bien vu les épreuves d’équitation des Jeux Olympiques de Paris 2024 se dérouler à Lamotte-Beuvron et non à Versailles ou sur un autre site parisien (Chantilly, Fontainebleau). Derrière ce positionnement, on saisit bien l’embarras de la FFE qui a investi des millions dans le parc équestre fédérale solognot, dans des réalisations parfois mégalomaniaques ( château, manège de 92×132 m), à ne pas voir « ses épreuves« , les championnats, se dérouler dans ses propres infrastructures.

Avec le sourire, Sophie Dubourg a mis un solide coup de couteau au Grand Parquet et ouvert des perspectives. Un appel à candidature pour choisir un site avec « un sol et un lieu qui conviennent » sera lancé a-t-elle précisé en indiquant que des décisions « sévères et rapides » seront prises pour l’édition 2020. De là à considérer que le parc fédéral pourrait accueillir les prochains championnats…

Inès Joly brille à Stockholm

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Inès Joly et Vitto de Cartherey (archives)

Inès Joly, 21 ans, continue son bout de chemin à haut niveau. Invitée à participer au Global Champions Tour de Stockholm, la jeune femme au regard clair et à la longue chevelure blonde a mis à profit cette opportunité pour s’imposer dans le Grand Prix (1.50m) réservé aux moins de 25 ans (U 25), à l’issue d’un barrage à neuf concurrents. Une performance réalisée avec Vitto de Cartherey (10 ans), qui réalise un très beau début de saison en 145-150 pour le plus grand plaisir de son propriétaire, l’Auvergnat David Neri.

Belle rencontre que celle de David Néri et de la famille Joly basée à Saint-Etienne au Centre Equestre du Portail Rouge. Le courant est passé et depuis deux ans l’histoire suit son cours, sur une trajectoire ascendante. David Neri avait senti que son cheval avait du potentiel, il ne s’était pas trompé. En le confiant à Inès Joly, il se prive d’une monture pour les épreuves Amateurs (110-115) mais se régale de voir Vitto mis en valeur dans des épreuves de haut niveau. « C’est un lion » confiait dernièrement la jeune cavalière au magazine l’Eperon à propos de son cheval de tête. Et d’enfoncer le clou en ajoutant, « nous y avons toujours cru avec mon père » (ndlr : Daniel, coach réputé en poneys). La suite leur donne raison.

Olivier Perreau fait le show à Grimaud

Olivier Perreau et Vénizia d’aiguille. Crédit : HUBSIDE JUMPING / Marco Villanti

En équitation comme ailleurs, il ne suffit pas d’être le fils « de » pour réussir. Chez les Perreau installés à Roanne dans la Loire de longue date, il y a déjà quelques années qu’Olivier s’est fait un prénom. Le garçon est bien né. Le fils de Claude et Chantal a hérité de ses parents le goût du travail et de la discrétion, ce qui est déjà bien. Il y a ajouté un vrai talent équestre manifesté tôt à poney et très vite confirmé à cheval. Aujourd’hui sa maturité d’homme (il fêtera ses 33 ans le 23 juin prochain) correspond à celle de cavalier. Les succès s’enchaînent. Après une victoire dans le Saut Hermès et une belle sixième place dans le Longines Global Champions Tour de Cannes, pour ne parler que de ses résultats les plus emblématiques, Olivier Perreau s’est adjugé ce week-end la victoire dans le Grand Prix 4* du Hubside Tour (Grimaud). Une performance de plus signée avec Vénizia d’Aiguilly, pur produit de élevage maison. Encore quelques réussites de ce genre et la France du jumping pourrait bien sombrer dans la Perreaumania.

Un GrandPrix à 1, 55m doté à 150 000 € ça n’est pas rien. Ça assure en général un beau plateau et une épreuve très disputée. Promesse tenue. Sur les 40 partants trois seulement se sont qualifiés pour le barrage. Avant de soulever la coupe, Olivier Perreau a du batailler ferme et mettre sévèrement les gaz (39,31). Face à lui René Tebbel, nouveau pilote de Saxo de la Cour était handicapé par le caractère récent du couple qu’il forme avec l’ancienne monture de Cédric Angot acquise par son mentor, l’oligarque Oleksandr Onishchenko. Malin, l’Ukrainien (de circonstance) signe un bon chrono (40,42) et un sans faute qui lui permettent d’accéder à la deuxième place. Fusionnelle avec Sultane des Ibis, Félicie Bertrand était une concurrente des plus sérieuses. Son chronomètre le prouve. Pulvérisé certes (36,43) mais pénalisé d’une faute. Pour cette fois la cavalière du Haras de Clarbec doit se contenter de la 3ème place.

Les résultats complets, ici.

Eric Lamaze au bout de son rêve à Calgary

B02T9468 Eric Lamaze (archives)

Ça aurait pu être le rêve d’un enfant atteint d’une maladie grave. C’était celui d’un champion olympique frappé par le destin à 51 ans, une tumeur au cerveau, et qui se bat depuis 18 mois pour sa survie. Eric Lamaze puisque c’est de lui qu’il s’agit est allé au bout de son rêve en remportant samedi le GP 5* de Calgary au Canada, coiffant sur le poteau son fidèle ami Steve Guerdat, heureux pour une fois de lui voir échapper une victoire. Question coiffure justement le Lion Lamaze a perdu sa crinière mais conservé un coeur énorme et cette capacité rarissime non seulement de gravir des montagnes mais d’emmener dans ce périple beaucoup de monde. A croire que le terme de sympathie, souffrir avec, a été créé pour le Canadien. Nous sommes beaucoup à être touchés par son combat contre cette maladie insidieuse qui vient ronger une icône du Jumping qui a fait chaviré à tant de reprises les foules par son talent et le couple qu’il formait avec l’incroyable Hickstead. Sa capacité à surmonter sa fatigue et à aller au-delà de ses forces et de lui même laisse sans voix.

On dit à juste titre que l’équitation est une école de la vie. Celle d’Eric Lamaze est une terrible mais profonde leçon de vie. Sur le plan sportif bien sûr mais au-delà sur le plan humain en général. Il existe des personnes lunaires, le Carribou comme on le surnomme affectueusement est plutôt du genre solaire par l’extraordinaire magnétisme qu’il partage. Un magnétisme qui flottait lors de la conférence de presse lorsque le vainqueur a déclaré :« En me levant ce matin, je ne pensais pas que cela serait possible, ça montre que les chevaux peuvent tout faire pour vous … surtout quand vous êtes pas au meilleur de votre forme, ils le font pour vous! Je chérirai toujours cette victoire ! Monter à cheval est une véritable thérapie. Quand vous n’avez pas la force de lutter, ils se battent pour vous. C’est l’une des victoires que je chérirai toute ma vie. La maladie est un combat sans fin pour moi. Aujourd’hui est un cadeau. »

Pour autant, il serait profondément injuste de reprocher aux autres malades de ne pas avoir le ressort d’Eric Lamaze. Son cas est unique. Comme si à travers Hickstead et à travers lui le message qui nous était envoyé était aussi ancien que le carpe diem d’Horace. Une ode au simple plaisir d’exister en tant que tel et un émerveillement permanent d’être vivant. Quel champion, quel homme.

Coupe des nations : la France s’offre une victoire d’anthologie à Saint-Gall

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Copyright FEI/Richard Juilliart

La Coupe des nations de Saint-Gall qui s’est déroulée ce dimanche au coeur de la Suisse restera dans les mémoires. Une bataille de Titans à notamment opposé trois équipes. Les Helvètes privés de victoire à domicile depuis 1996, emmenés par Steve Guerdat. Les Italiens dont la figure de proue est Giulia Martinengo Marquet et la France représentée par Kevin Staut (Calevo 2), Pénélope Leprevost (Vancouver de Lanlore), Nicolas Delmotte (Urvoso du Roch) et Guillaume Foutrier (Valdocco des Caps). C’est à ce dernier qu’est revenue la lourde responsabilité de courir le barrage rendu nécessaire pour départager les trois nations. Et la main du Nordiste n’a pas tremblé. Il signe un barrage rapide et sans pénalité qui permet aux Tricolores de s’imposer. L’Italie rate la première marche pour une poignée de centièmes alors que la Suisse est reléguée à la troisième place en raison d’une faute de Bianca et Steve Guerdat.

Thierry Pomel peut être satisfait. Ses mousquetaires ont fait et bien fait. L’équipe alignée a révélé de vraies lignes de force. Nicolas Delmotte confirme son rôle de pilier de l’équipe de France. Il est l’auteur d’un double sans faute avec Urvoso du Roch, un hongre sérieux de 10 ans par Number One d’Iso. Même punition pour Pénélope Leprévost avec Vancouver de Lanlore. Le fils de Toulon a incontestablement passé un cap en alignant deux prestations sans pénalités. Le travail de l’amazone normande a payé. La prestation du couple a été très convaincante. Âme de l’équipe depuis de nombreuses années, Kevin Staut rassure toujours par sa présence et son expérience mais Calevo doit continuer à s’aguerrir à ce niveau. Le couple est pénalisé d’un double 4 points.

Reste la cas Guillaume Foutrier. Le cavalier de Mouchin de 42 ans crève l’écran avec son hongre de 10 ans, Valdocco des Caps. Insensible à une pression énorme Guillaume Foutrier a offert à la France une victoire superbe et porteuse de beaucoup d’espoirs. L’après-Guerdat semble soudainement moins sombre qu’envisagé un temps.

« Comme dans toutes les Coupes des Nations, il y avait beaucoup de pression, mais c’est une belle histoire, surtout quand ça se termine comme ça« , a résumé Kevin Staut qui n’a pas manqué de saluer les les qualités de son co-équipier, Guillaume Foutrier.

La suite dans 15 jours à Sopot (Pologne) pour une nouvelle Coupe des nations.

Le classement complet, ici.

 

Niklaus Rutschi sur un nuage au CSI 4* de Bourg-en-Bresse

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La superbe équitation de Niklaus Rutschi en selle sur Cardina.

Niklaus Rutschi s’est imposé ce week-end dans le Grand Prix du CSI 4* de Bourg-en-Bresse doté, ça ne gâche rien, à hauteur de 90 000 €. Si le représentant Suisse monte sur la première marche, les Tricolores tirent bien leur épingle du jeu, avec de bonnes surprises. Laurent Goffinet tout d’abord, qui aux commandes d’Atome des Etisses (Mylord Carthago x Eve des Etisses) a bien cru en ses chances avant de voir s’envoler la victoire pour une poignée de centièmes. Il finit deuxième. Marie Demonte complète le podium sur la très convaincante Véga de la Roche. Mention spéciale enfin pour Prime Time des Vagues qui a 16 ans signe un retour fracassant sous la selle de son cavalier, Alexandre Fontanelle. Une quatrième place partagée avec Nicolas Delmotte et Urvoso du Roch (ex-aequo).

A 53 ans, Niklaus Rutschi , malgré une carrière sportive plus qu’honorable n’est pas considéré comme un cador du circuit. Classé 178ème mondial, il est un habitué du circuit mais étrangement, bien que titulaire de l’équipe Suisse, ne jouit pas d’une grande notoriété. On ne se retourne pas sur son passage, on ne l’assaille pas pour des selfies ou des autographes. Son double sans faute la semaine précédente avec Cardano CH dans la Coupe des nations de La Baule a fait remonter ses actions mais plus du côté des connaisseurs que du grand public.

On devrait se méfier des habitués, surtout s’ils sont du genre discret. Le Luçernois connaît bien le Jumping de Bourg. Il en est à sa 6ème participation. C’est à vélo et non en trottinette électrique qu’il vient faire sa reconnaissance, en vrai passe-muraille. Pourtant, sa réussite au CSIO de France a sans doute constitué un déclic intérieur. Un mélange de sérénité et de confiance. Il prend le départ du Grand Prix avec Carassina, une jument grise de 10 ans qui sur le papier ne constitue pas une concurrente sérieuse. Les affaires sont prêtes d’ailleurs au camion pour repartir sans tarder. L’après-midi va finalement se prolonger. Le couple signe une première manche superbe, toute en décontraction et en fluidité. Face aux 9 barragistes, Niklaus Rutschi joue le jeu. La jument répond parfaitement, déploie ses ailes, et pulvérise le chronomètre. L’affaire est faite.

Ce week-end devait-être l’occasion de voir quel cheval pourrait soutenir Cardano dans son piquet de chevaux. La réponse est évidente. Chapeau bas.

Auréolé de cette victoire Nikaus Rutschi va retrouver la semaine prochaine la cour des grands. Ce sera Saint-Gall avec l’équipe Suisse puis, la préparation des Championnats d’Europe et pourquoi pas, si Cardano confirme, les JO de Tokyo qui marqueront la fin d’un cycle. « Après 11 ans dans ce métier je suis en fin de carrière. Dans le sport de haut niveau il nous faut beaucoup plus de préparation que les jeunes cavaliers pour y arriver. Je pense bientôt plus m’orienter vers la formation des jeunes chevaux » confiait vendredi le futur vainqueur du Grand Prix à la Gazette du Jumping. Cet homme mérite d’être connu.

Le classement complet, ici.

 

La grosse boulette de Ouest-France sur Eric Lamaze

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Eric Lamaze (archives) au temps d’une époque, pas si lointaine, marquée par les sourires et l’insouciance.

Disons-le d’entrée pour éviter toute incompréhension, la presse quotidienne régionale (PQR), on lui tire notre chapeau. Elle fait un travail formidable et a connu ces dernières années un saut qualitatif qu’il faut saluer. Mais quand elle fait une bourde et que prévenue elle ne corrige pas, ça a légèrement tendance à nous agacer. Ouest-France est ainsi un quotidien sérieux qui a toujours bien couvert le jumping de La Baule. Une grosse coquille s’est néanmoins glissée dans l’édition du 20 juin, les pages du lundi revenant bien naturellement sur l’activité sportive du week-end et donc du jumping de la Baule. La raison de notre courroux ce sont 10 petites lignes issues de la rubrique Les secrets de paddock. Un petit encart au titre en gras qui interpelle : « Eric le fantôme ».

Spontanément on pressent le pire et on a raison. « Si le numéro 1 mondial Steve Guerdat s’est montré à son avantage durant les quatre jours du Jumping, le champion olympique de Pékin 2008, le Canadien Eric Lamaze, n’a guère brillé. Le plus souvent caché derrière des lunettes noires, emmitouflé sous un bonnet et une écharpe, le Canadien a presque traversé le concours comme un fantôme » est-il écrit sous une photo légendé « Eric Lamaze a passé son week-end en discrétion ».

Oups. On se pince pour le croire mais c’est écrit. De toute évidence, l’auteur anonyme de ces lignes ignore que le grand sportif a qui il taille aujourd’hui des croupières est malheureusement atteint d’une tumeur au cerveau et livre un combat contre la maladie. Que ce sportif attachant s’accroche à la vie par les chevaux et l’amitié que lui témoigne ses amis du circuit au premier rang desquels Steve Guerdat. Qu’en décembre dernier, à la veille des CSI5* de Lyon et Paris, mais aussi lors du CHI de Genève la fatigue l’a contraint à jeter l’éponge et à déclarer forfait. Alors revoir Eric Lamaze aujourd’hui en compétition, même en mode « fantôme » est déjà pour nous un plaisir à la saveur particulière.

Errare humanum est, perseverare diabolicum nous enseigne la locution latine. Qu’un journaliste tire des conclusions hâtives faute de disposer de toutes les informations et de poser les bonnes questions aux bonnes personnes cela peut arriver. Certes Eric Lamaze a la réputation d’être un bon vivant mais la fatigue affichée à La Baule n’était pas le fruit de fêtes un peu poussées. Hélas, mille fois hélas.

Certes, il y a peu de chance que l’intéressé ait parcouru ces lignes mais le public Baulois qui a toujours marqué son affection pour le Canadien ne méritait pas cette bévue. Un rectificatif discret dans l’édition du week-end semblerait un minimum. On ose le demander et l’attendre.

Mise à jour le 23 Mai – 21h23 : La rédaction Nantaise de Ouest-France devrait faire un article sur le sujet dans son édition du vendredi 24 Mai.

Merci à Kamel Boudra (RMC Sport 3) pour ce moment d’émotion.

Blum vs Guerdat : la bataille des géants est lancée

Crédit T. Van Halle / CSIO La Baule 2019.

Numéro 1 mondial et vainqueur de la Finale Coupe du Monde de Göteborg en avril de cette année, Steve Guerdat semble (enfin) avoir trouvé un adversaire à la hauteur de son talent. Une concurrente pour être précis en la personne de Simone Blum. La trentenaire allemande et sa jument de tête, DSP Alice, se sont imposées ce dimanche dans le très prisé Grand Prix 5* de la ville de La Baule. Au nez et à la barbe du Suisse qui, bien qu’associé à Albfuehren’s Bianca, a dû se contenter de la deuxième place. Pour notre plus grand plaisir, ces deux-là seront amenés à se recroiser et à se défier dans les semaines et les mois à venir. Un pur bonheur sportif en perspective.

Cette jeune femme-là, si discrète, bien peu l’avaient vu venir. Et pourtant, Simone Blum s’est imposée, comme une évidence, lors des Jeux Équestres Mondiaux de Tryon en 2018.  Une révélation, tout comme sa jument, considérée depuis comme l’une des meilleures au monde. Sans qu’on sache trop pourquoi, l’après Tryon s’est révélé décevant. Des quatre points à la suite en Grand Prix et une épaule, conséquence d’une mauvaise chute contractée au début de 2018, de plus en plus handicapante. A l’issue du CHI de Genève, la décision est prise. L’opération est inéluctable, tous comme les deux mois de rééducation qui suivent. Puis vient, enfin, le temps du retour à la compétition. C’est fin mars, en Italie, dans le CSI 3* de Gorla Minore. Doucement, d’abord sur 135-140. Puis les barres montent. Le 7 avril, toujours à Gorla Minore mais en version 4*, Simone et Alice se classent 7èmedu Grand Prix 155. Les choses sérieuses peuvent commencer. Suivent les concours de Hagen (2 et 4*) puis Manheim, toujours en Allemagne. Le 7 mai Simone Blum et DSP Alice s’adjugent le GP 160. Prochaine étape, le CSIO de France.

C’est la première fois que la fille de Jürgen Blum, un cavalier allemand de concours complet qui a couru les Jeux d’Atlanta, vient fouler le terrain mythique du stade François André qu’elle qualifie par la suite d’Aix-la-Chapelle en plus petit. Cette première fois est la bonne. La jeune femme remporte ce Grand Prix tant convoité par Steve Guerdat qui classe La Baule parmi ses concours préférés.

La cité balnéaire lui rend bien et a fait du Jurassien l’un de ses chouchous avec Éric Lamaze. Mais le cœur a ses raisons que la raison et la compétition ignorent. Alors que le Suisse multiplie les classements au fil des jours, il voit l’objet de toute son attention se dérober à lui. « Je savais en sortant de mon barrage que j’étais battable » déclare-t-il à la presse quelque temps plus tard. « J’ai loupé mon virage après l’oxer pour attaquer le vertical sur bidet » précise-t-il. Le champion olympique de 2012 sait qu’à ce niveau, même tout petit, le droit à l’erreur n’existe pas. Surtout face à des gâchettes de la trempe de Simone Blum. Beau joueur Steve Guerdat n’en tient pas rancune à son adversaire. En grand et vrai sportif, il se nourrit et s’élève dans son art par la concurrence qu’il trouve face à lui. « Simone mérite sa victoire. Elle était plus rapide. Je prendrai ma revanche la prochaine fois » lâche-t-il avec un sourire. Pour cette fois, il repart avec le titre de meilleur cavalier du concours en lot de consolation.

Dans le camp d’en face, la modestie, autre marqueur des champions, est de mise. « Il est rapide », « je pensais que Steve allait gagner au barrage, mais finalement, Alice a été la meilleure aujourd’hui » avance sobrement Simone. De la même façon, pas d’éloges dithyrambiques de sa jument DSP Alice. Juste ce qu’il faut, précis et efficace : « elle a fait un tour parfait ». Les faits sont là. Pas besoin de préciser que c’est une jument exceptionnelle, ou d’exception, ça saute aux yeux.

Bianca vs Alice, Steve vs Simone… On attend goulument la revanche.

La Suisse remporte la Coupe des nations de La Baule, la France 3ème

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L’équipe Suisse sir la plus haute marche du podium. © FEI/Martin Dokoupil

Le CSIO de France de La Baule a ouvert cette année le bal des Coupes des nations pour la ligue d’Europe de l’Ouest. Ce rendez-vous attendu a tenu toutes ses promesses avec huit équipes engagées dont le Canada et le Brésil. Mais ce sont deux petits pays par la géographie mais deux grandes nations par l’équitation qui ont donné le tempo. La Suisse emmenée par Steve Guerdat mais sous la houlette du chef d’équipe Andy Kistler s’est imposée avec 4 points, devant la Belgique deuxième avec 5 points. La France troisième avec 8 points n’a pas à rougir. Ses cavaliers ont répondu présent et de belle manière.

La Baule, il faut encore le rappeler n’est pas un concours comme les autres. Une immense piste en herbe, l’air frais de la mer à deux pas et des tribunes bondées. Pourtant, dans une époque marquée par la pollution sonore et l’incivilité des foules, La Baule c’est en plus du cadre, une ambiance sonore unique. Un terrain où lorsqu’un concurrent passe, on retient son souffle offrant ainsi un silence inattendu juste interrompu par les barres qui tombent, le sol qui résonne sous les sabots des chevaux et leur respiration, haletante et forte. Ce n’est pas le gigantisme d’Aix-la-Chapelle, mais un temple du saut d’obstacles à taille humaine.

Après une décennie de disette, les Dieux du stade cette année était suisses. La Confédération avait aligné une équipe classique (Guerdat, Rutschi, Esterman) renforcée par le jeune Bryan Balsinger (21 ans) venu faire ses armes dans le grand bain avec Clouzot de Lassus. Logiquement ce sont les aînés qui ont fait l’essentiel du travail. Notamment Steve Guerdat (Albführen’s Bianca) et Niklaus Rutschi (Cardano CH) tous deux auteurs d’un double sans-faute. Impressionnant Niklaus Rutschi qui sans être encore le parfait alter égo de Steve Guerdat confirme sa maturité de compétiteur et le potentiel de Cardano arrivé poulain dans ses écuries. L’expérimenté Paul Estermann (Lord Pepsi) a également largement concouru à la victoire avec 4 points de pénalité dans la première manche et un score vierge dans la deuxième.

La Belgique, équipe de cœur de Philippe Guerdat, peut avoir un peu d’amertume puisqu’un seul point la sépare des vainqueurs mais finalement s’en sort bien puisque talonnée à son tour par la France, trois petits points derrière.

Thierry Rozier of France on Venezia D'Ecaussinnes

Thierry Rozier et Venezia d’Ecaussinnes. © FEI/Martin Dokoupil

Chez les Bleus justement, le sentiment ce soir était au soulagement tant pour le nouveau sélectionneur national, Thierry Pomel, que pour l’équipe alignée qui a su se serrer les coudes. Nicolas Delmotte (Ilex VP) et Pénélope Leprevost (Vancouver de Lanlore) signent tous les deux un tour à 4 points suivi d’un sans-faute en deuxième manche. Alexis Deroubaix (Timon d’Aure) doit se contenter d’un 4 + 4, score compensé par le très beau double sans-faute de Thierry Rozier aux rênes d’une Vénézia d’Ecaussinnes particulièrement aérienne.

L’ensemble des résultats ici.

Royal Windsor Horse Show, délicieusement so british

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Carl Hester (de dos), Elisabeth II et Charlotte Dujardin sur Valegro. Credit Peter Nixon / Royal Windsor Horse Show.

En Grande-Bretagne, c’est une institution depuis 1943. Un mélange de tradition et de modernité qui nous rendrait presque nostalgiques du Brexit. Un événement équestre majeur qui mêle Jumping (CSI 5*), dressage (CDI 4*) et attelage (CAIO 4*). Tout ça au pied du château de Windsor avec en prime la reine d’Angleterre et un dress code à respecter.

Il n’y a bien que la press people française pour commettre un affreux crime de lèse-majesté. Paris Match par exemple qui ose ainsi écrire « La reine Elizabeth II a bravé la pluie pour assister, ce mercredi, à la première journée du Royal Windsor Horse Show. De quoi lui donner des airs de petit lutin avec son capuchon pointu ». « Petit lutin », quelle insolence ! Décidément ces maudits mangeurs de grenouilles et indignes descendants d’un peuple régicide ne comprennent rien à l’esprit britannique. Certes, on ne peut pas dire que la tenue arborée à cette occasion par sa royale majesté soit des plus glamour mais les conditions météorologiques n’étaient guère favorables au port de ses célèbres chapeaux aux couleurs pastels. On retiendra plutôt la vraie passion de la souveraine de 93 ans pour les chevaux et cette manifestation créée à l’origine pour collecter des fonds en pleine seconde guerre mondiale. Et finalement cette rencontre anachronique entre cette vieille dame et les compétiteurs était des plus sympathiques. Il n’est pas sûr malheureusement que malgré la tradition, la passion des chevaux, se transmette à la nombreuse descendance de la souveraine.

Côté saut d’obstacles l’énorme dotation (500 000 €) a joué son rôle et attiré un plateau relevé dont un trio tricolore de choc – Simon Deslestre (Hermès Ryan), Roger-Yves Bost (Sangria du Coty) et Kevin Staut (For Joy van’t Zorgvliet*HDC) – bien décidé à faire valoir ses chances dans le Grand Prix Rolex qui se disputera dimanche à 15h30. Il ne manquerait plus qu’un de ces maudits Français soit sacré au pied du château royal.

Lucy Davis et Barron de retour à la compétition

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Barron sous la selle de Lucy Davis

Elle est jeune (26 ans) mais dispose déjà d’un solide palmarès même si celui-ci a été, en dehors de victoires et classement en GP 5*, pour l’essentiel acquis en équipe : une médaille en argent aux Jeux olympiques (2016), une médaille en bronze lors des Jeux mondiaux de Caen (2014) et une distinction de la même couleur obtenue lors d’une finale de Coupe de nations (2016). Autant de performances réalisées avec Barron, un hongre du studbook SBS. A 15 ans et après une longue pause, ce fils de For Pleasure fait son retour à la compétition ce week-end à au Old Salem Spring Series (New York).

Elle le chouchoute son Barron, Lucy Davis, allant même jusqu’à en faire le pilier incontournable de l’application destinée aux jeunes professionnels et dédiée à la gestion et la facturation équestre qu’elle a créé en 2017, Ponyapp. Il faut dire que si les liens sont aussi forts c’est qu’ils sont nés d’une belle histoire.

Né en 2004 sous le nom d’Underground des Hauts Droits, il est acquis par la cavalière américaine de saut d’obstacles Lucy Davis en 2013 qui le rebaptise Barron en hommage à son grand-père, Robert Barron Freize. Le couple se créé rapidement et les résultats s’enchaînent sans attendre. En 2015, Barron se voit distingué comme cheval de l’année. Courageux, Barron n’en est pas moins un cheval sensible souvent contraint de porter des bouchons d’oreille en compétition car vite apeuré par les bruits de la foule. 

A l’issue des Jeux olympiques de Rio, Lucy Davis ressent le besoin de souffler un peu et met Barron au repos. Depuis le crack compte les sorties sur les doigts d’une main dont une fois sous la selle de Georgina Bloomberg sur une épreuve à 1m20, juste histoire de filles, entre copines, de se faire plaisir. Pour les Jeux mondiaux de Tryon, bien qu’au USA, Barron n’est pas sorti de sa semi-retraite. A cette évocation Lucy Davis esquisse un sourire et dévoile son objectif. Remettre son cheval  de cœur en route pour les Jeux Olympique de Tokyo. Il aura 16 ans et elle 27. Pour les deux l’âge de la maturité. L’occasion peut-être de conclure en beauté une belle aventure.

Danielle Goldstein sacrée dame de Shangaï

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Danielle Goldstein. Crédit : Stefano Grasso / LGCT

L’Israélienne Danielle Goldstein, associée à sa jument de tête Lizzymary, a remporté samedi le Grand Prix 5* de Shangaï (Chine), étape asiatique du Global Champions Tour le bien nommé. L’IrlandaisDarragh Kennedy (Balou du Reventon) et le Néerlandais Jur Vrieling (VDL Glasgow) complètent le podium. La meilleur performance française est réalisée par Titouan Schumacher (0+4) avec Atome Z qui termine 8ème.

L’histoire ne dit pas ce que le public local a pensé de la coiffure de Danielle Goldstein. Véritable oiseau de feu, elle réalise une belle opération en étant la plus rapide des quatre barragistes, tous double sans faute. Il n’y a bien que la Portugaise Luciana Diniz qui pourrait être mécontente puisqu’elle doit se contenter de la 4ème place avec Camargo 2.

Avec un petit cadeau souvenir de 201 300 €, Danielle Goldstein sacrée Dame de Shangaï a de quoi être satisfaite. Sa victoire a été acquise sur le fil. Huit centièmes de seconde seulement la sépare de Darragh Kenny… une simple foulée de moins sur le dernier obstacle a fait la différence.

Dans le camps tricolore on notera certes la contre-performance d’Olivier Robert contraint à l’abandon avec Eros et à l’inverse l’encourageante 16ème place de Kevin Staut en selle sur Calevo 2. Ce fils de Casall de 10 ans, dont on suivra avec attention l’évolution, a été amené au haut niveau par le Polonais Jaroslaw Skrzyczynski avant de passer entre les mains du numéro 1 français en février de cette année.

Le classement complet, ici.

Steve Guerdat poursuit sa course en tête de la hiérarchie mondiale

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Steve Guerdat, numéro 1 mondial serein.

Et de cinq. Pour le cinquième mois consécutif, Steve Guerdat est numéro 1 mondial dans la discipline reine de l’équitation, le saut d’obstacles. « Pourvu que ça dure » disait, avec l’accent Corse, la mère de Napoléon à propos du règne de son impérial rejeton. Philippe Guerdat a trop d’éducation et de réserve pour confier son sentiment sur la réussite de son fils qui non seulement se maintient mais creuse l’écart (+ 300 points) avec son concurrent direct, le suédois Peder Fredricson. Le nouveau sélectionneur de l’équipe du Brésil, doit pour autant éprouver une fierté paternelle bien légitime. Car plus qu’un succès passager, le Jurassien est entré dans une spirale positive qu’il espère maintenir jusqu’au Jeux de Tokyo.

Le chemin est encore long mais l’ambassadeur de choc de la maison Rolex continue à semer ses petits cailloux : une troisième Coupe du monde en avril à Göteborg avec Alamo, un cheval d’expérience et dernièrement, une deuxième place dans le GP 4* de Saint-Tropez avec une jeune jument à ce niveau de 9 ans, Flair. La force du Suisse est bien là : avoir mis en place un système qui lui permet de travailler dans la sérénité avec un piquet de chevaux qui se renouvelle.

Le contraste est hélas saisissant avec son ami Kevin Staut engagé aujourd’hui dans une période de transition qui se paye cash en termes de résultats. La conséquence logique est l’inexorable recul enregistré par la français dans le classement mondial (16ème, moins deux places) alors que le caractère inamovible de sa présence dans les 10 meilleurs mondiaux était un peu sa marque de fabrique. Et pourtant même malmené, le Normand reste le meilleur atout de l’équitation tricolore, talonné par Simon Delestre 19ème. Ne viennent ensuite dans les 50 premiers que Julien Epaillard (36ème) et, la bonne surprise, Alexis Deroubaix (47ème). Certes, il ne faut pas prêter une importance qu’il n’a pas au classement permanent mais ce système offre néanmoins une photographie objective de l’état des forces en présence. A ce titre l’effacement de la France des nations majeures semble une réalité malheureusement renforcée par le retrait progressif de grands propriétaires qui ont beaucoup dépensé ces dernières années pour offrir aux cavaliers hexagonaux des montures de premier plan.

Le classement complet, ici.

A 72 ans, Ian Millar met un terme à sa carrière internationale

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Ian Millar et Dixson lors des JEM de Caen (2014)

Ian Millar ne participera plus à des compétitions internationales. Le canadien l’a annoncé aujourd’hui, dans sa 72èmeannée. Avec 10 sélections olympiques au compteur, 7 championnats du monde et plus de 200 Coupes des nations, Captain Canada est le compétiteur de tous les superlatifs avec une longévité au plus haut niveau, presque 50 ans, qu’il sera très difficile d’égaler.

Tout autant que la longévité sportive de ce cavalier à la silhouette longiligne (1m85) aisément identifiable par le port de son célèbre Stetson et ses bottes au revers en crocodile, ce qui constitue une extraordinaire performance, c’est son maintien au plus haut niveau.

C’est assurément « le système Millar » qu’il conviendrait d’analyser en finesse. Tant dans l’entretien physique du corps de l’athlète que dans l’organisation de ses écuries qui lui a permis tout au long de ces années de renouveler régulièrement son piquet et de disposer de chevaux performants. Sur le plan sportif, Ian Millar, et c’est une très belle leçon, aura su compenser la lente érosion de ses capacités physiques par l’accumulation d’une incroyable expérience. Une véritable leçon de vie.  

La retraite internationale, il y a déjà quelques années qu’il y pensait mais finalement il aura fallu attendre 5 ans avant qu’il prenne cette décision difficile. A lui désormais de tenir sa promesse, pas question d’arrêter complétement mais, continuer de faire quelque chose autour du monde du cheval.

Guillaume Foutrier accroche sa 4ème étoile dans le Hubside Jumping

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Guillaume Foutrier (archives)

Guillaume Foutrier est du genre discret mais efficace. Habitué désormais des grands rendez-vous, à 43 ans le vice-champion de France 2015 a gravi ce week-end une marche dans sa carrière (actuellement 83èmemondial) en s’adjugeant le Grand Prix 4* du Golfe de Saint-Tropez associé à son cheval de tête Valdocco des Caps. Le Français devance Piergiorgio Bucci (Deniro), 2ème, et son compatriote Marc Dilasser (Arioto), 3ème.

Passé par le Haras des Princes et après avoir longtemps travaillé avec Patrick Caron, Guillaume Foutrier désormais installé au Haras de Lannay près de Lille s’est fait remarquer du grand public en 2018 en décrochant une superbe septième place dans le très réputé Grand Prix Coupe du monde de Lyon. Un fait d’armes réalisé encore et toujours avec son fidèle Valdocco des Caps, un hongre bai de 10 ans par Number One d’Iso un Prince.

La victoire acquise ce week-end dans le sud par ce Nordiste égaré n’avait rien de touristique. La dotation de l’épreuve (150 000 €) avait de quoi aiguiser bien des appétits et chacun des 50 couples au départ de l’épreuve pouvait logiquement croire en ses chances. 7 seulement ont pu déjouer les pièges du chef de piste Uliano Vezzani et se qualifier pour le barrage. A ce petit jeu-là Guillaume Foutrier a su prendre les risques nécessaires pour signer un chrono rapide vierge de toute pénalité. Un barrage superbe, d’une grande maîtrise technique alliée à une monture trés bondissante, bref un peur plaisir pour les yeux.  Le Nordiste, à l’issue, pouvait se féliciter de son choix technique. « C’était la première fois que je remettais le hackamore. Il (Valdocco ndlr) a donc retrouvé toute sa liberté pour galoper et nous avons ainsi retrouvé une superbe qualité de saut ! » se réjouissait le vainqueur que l’on retrouvera avec plaisir prochainement au Touquet et à La Baule.

Le classement complet, ici.

 

 

 

 

Patrice Delaveau remporte le CSI 4* de Grimaud

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Remise des prix en présence des propriétaires du Haras des Coudrettes. Crédit : HUBSIDE JUMPING / Marco Villanti

Pour ceux qui croient dans les symboles, les 4 victoires signées cette semaine dans le Hubside Spring Tour (Golfe de Saint Tropez) par Patrice Delaveau, dont l’une dans le Grand Prix 4* dominical du week-end Pascal avec Aquila HDC, ne trompent pas. Le retour sur le devant de la scène du vice-champion du monde de Caen se confirme. Et avec lui une forme de renaissance du Haras des Coudrettes qui annonçait le même week-end retirer Ayade de Septon HDC à Kevin Staut pour la confier à Valentine Delaveau, c’est à lire ici.

Côté sportif, on est dans le très classique. Un concours de rêve tant au niveau des installations que du cadre, un plateau solide avec 50 cavaliers issus de 20 nations différentes dont Steve Guerdat, numéro 1 mondial et récent vainqueur de la finale Coupe du monde. Toutes les conditions étaient donc réunies pour du beau spectacle et celui-ci a bien eu lieu. La victoire de Patrice Delaveau est à cette aune. Acquise au couteau dans un barrage à 15 concurrents, c’est-à-dire un peu trop. Mais qu’importe. Seul le résultat compte et il ne peut que nous réjouir. Steve Guerdat doit se contenter de la deuxième place mais le Jurassien signe cet excellent résultat avec Flair, une nouvelle jument de seulement 9 ans qui fait ses débuts à ce niveau de compétition. Pas mal ! La troisième marche du podium revient pour sa part au Brésilien Eduardo Menezes (H5 Chanagus) alors Philippe Rozier (Cristallo A LM) et Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), dans le même centième, sont condamnés à se partager la 4èmeplace.

Côté coulisses, si important, la présence des époux Perron-Pette à la remise des prix aux côtés de leur fidèle champion Patrice Delaveau ne trompe pas. Une page se tourne avec Kevin Staut, une autre continue à s’écrire avec la famille Delaveau. La vie somme toute avec son lot de déceptions mais aussi, de promesses.

Les résultats complets du GP, ici.

Le Grand National de Vichy pour Marc Dilasser

Marc Dilasser /Utah van de Rock

En ce week-end des 13 et 14 avril, la caravane du Grand National faisait étape à Vichy. Depuis l’engagement d’un lourd programme de rénovation et l’abandon de la piste en herbe pour une piste en sable tous temps, les installations du Sichon et ses tribunes de style Eiffel, au cœur de la ville thermale, offrent un très beau et fonctionnel plateau technique. Les cavaliers ne s’y sont pas trompés puisque 74 couples se sont affrontés dans la Pro Elite Grand Prix (1,50m) point d’orgue de 4 journées de compétition organisées de main de maître par la SHF. Du monde donc et du beau monde. Et en toute logique c’est un cador du jumping tricolore qui s’impose en la personne de Marc Dilasser avec son cheval de tête, l’étalon Utah van de Rock que l’on a pu apprécier en 5*.

La victoire a un cavalier capé et expérimenté et la seconde place à une jeune pousse (20 ans) en pleine ascension, le Stéphanois Jean Xhémal associé à sa très bonne Reine de Maucour (Robin II Z). Sur la troisième marche on retrouve avec Thomas (31 ans) un représentant de la famille Lambert, classé tout au long du concours. Le cavalier de l’écurie GEM signe sa performance dans le GP avec Univers de Ch’ti (L’Arc de triomphe).

Avant d’en arriver là beaucoup de concurrents se sont cassés les dents sur le parcours dessiné par Michel Chambon. Le triple notamment, positionné en fin de tour, a largement contribué à assurer un barrage réduit (sept participants) dans lequel ne figuraient ni Olivier Robert, ni Mathieu Billot malgré ses trois meilleurs chevaux dont Quel Filou 13, auteur d’un superbe tour mais privé de barrage pour un point de temps dépassé.

Ce scénario rappelle qu’en équitation rien n’est jamais acquis et quel que soit les palmarès, les choses restent ouvertes. Benoit Cernin vainqueur des deux premières étapes du Grand National a certes dû laisser filer la troisième. Il serait erroné de voir là une contre-performance. Le Bourguignon classe ses 3 chevaux respectivement 9, 12 et 18èmes.

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Le podium avec de gauche à droite : Jean Xhémal (2ème), Marc Dilasser (1er), Thomas Lambert (3ème).

Côté coup de cœur, la prestation de Maelle Martin et de Come on jumper un hongre de 9 ans par Comme il faut s’est révélée très convaincante même si elle ne se concrétise que par une 9èmeplace.

Ce couple est à garder à l’œil. Prochaine étape du Grand National : Cluny du 26 au 28 avril.

Le classement complet, ici.

Simon Delestre 6ème à Mexico

Jérôme Guery on Quel Homme de Hus

Jérôme Guéry /Quel Homme de Hus. Crédit Stefano Grasso-LGCT

Seul Français engagé dans le Grand Prix du Global Champions Tour de Mexico, Simon Delestre, associé à Ucello de Will se classe 6èmeà l’issue d’un barrage ouvert à 12 concurrents. L’épreuve est remportée par le Belge Jérôme Guéry (Quel Homme de Hus) devant l’Egyptien Abdel Saïd (Venise du Reverdy) et le Néerlandais Harrie Smolders (Don VHP).

Qu’on aime ou qu’on n’aime pas la philosophie mercantile du Global Champions Tour, force est de reconnaître le professionnalisme d’un circuit qui se déroule toujours de manière parfaite dans des cadres justes exceptionnels. Une piste en herbe immense, des tribunes avec un air sud-américain sur fond de buildings, et un soleil omniprésent, pas de doute on est bien à Mexico, sur le site de Campo Marte. Ce cadre grandiose a-t-il joué un rôle relaxant sur Simon Delestre ? Peut-être. Parti en numéro deux le Lorrain signe certes le premier sans-faute de l’épreuve mais surtout un tour d’école avec Uccello de Will, un Selle Français hongre de 11 ans par Marlou de Etisses. Ici pas besoin de pousser ou de tirer, juste de serrer un peu les courbes pour entrer dans le temps imparti. Le couple est en mode démonstration et décroche avec facilité sa qualification pour le barrage.

Compte-tenu de la dotation de l’épreuve (102 630 € au premier) on se dit que les vieux démons vont démanger le Lorrain et que celui-ci va prendre tous les risques. Procès d’intention. Simon Delestre n’est pas décidé à mettre dans le rouge sa monture prometteuse arrivée sous sa selle fin 2018 après avoir eu comme cavalier Pedro Veniss. Le Tricolore signe un nouveau sans faute en 42’65, un temps qui le relègue en milieu de classement : 6èmesur 12 classés (31 partants). Son copain Jérôme Guéry a moins d’états d’âme et prend tous les risques. Ça passe (39’57).  Le Belge remporte son premier GP 5* avec Quel Homme de Hus, un Holsteiner de 13 ans par Quidam de Revel.

Le classement complet, ici.

 

 

 

 

 

 

Steve Guerdat sur le toit du monde à Göteborg

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Tour d’honneur pour Steve Guerdat et Alamo. Crédit photo : FEI/Liz Gregg

Numéro 1 mondial en titre, Steve Guerdat a remporté ce dimanche, face à une concurrence féroce, la finale Coupe du monde à Göteborg attestant ainsi sa domination de la tête et des épaules de la discipline. Bravo aux organisateurs et aux compétiteurs qui nous ont fait vivre un grand moment de sport, riche en rebondissements et en émotions. Ce résultat loin d’être acquis au départ doit être mis en (grande) partie au crédit du chef de piste Espagnol Santiago Varela qui, en véritable metteur en scène, aura su mettre les acteurs en valeur et écrire un scénario d’une rare intensité. Le sacre du Jurassien, le troisième pour une finale Coupe du monde, ne doit pas éclipser ceux qui le suivent de près. A commencer par son jeune compatriote, Martin Fuchs (Clooney 51), deuxième, et celui qui aurait tant aimé s’imposer devant son public, le Suédois Peder Fredricson (Catch me not S).

Il serait tout aussi injuste de faire abstraction des performances réalisées pendant ces quelques jours par d’autres cavaliers. On pense ainsi à Daniel Deusser (Tobago Z) et à Beezie Madden (Breitling LS) pour la fluidité et la précision de leur monte mais aussi à Olivier Philippaerts qui après les 11 points de pénalité en première manche avec Legend of Love a redressé la barre pour signer un superbe sans faute en deuxième partie. Comment également ne pas saluer la trajectoire d’Eduardo Alvarez Aznar (Rokfeller de Pléville Bois Margot) surprenant leader d’un jour (vendredi) dont la régularité dans son ascension dans la hiérarchie mondiale ne peut qu’enjouer la péninsule ibérique. Il termine cette édition 2019 à la huitième place. Autre élément notable, la bonne tenue des  jeunes pousses américaines (Eve Jobs et Kelli Cruciotti) mais surtout, la révélation polonaise, Jaroslaw Skrzyczynski (41 ans). Attention, à l’Est, il y a du nouveau.

Enfin, il faut bien parler de nos Tricolores même si le pluriel est presque de trop puisque Kevin Staut a préféré jeter l’éponge en cours de route, Edesa’s Canary n’étant pas des plus à l’aise sur la piste du Scandinavian stadium. Restait donc seul en lice Olivier Robert qui aura acquis une expérience importante pour la suite. Certes l’Aquitain termine à la 13èmeplace mais Tempo de Paban aura marqué les esprits par la qualité de ses parcours. Après une première manche ratée, peut-être trop de fébrilité de la part du cavalier, Olivier Robert a retrouvé les boutons et signé une deuxième manche convaincante avec son fils de Jarnac de 12 ans. Assurément, ce cheval est à suivre de très prés.

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Olivier Robert et l’incroyable Tempo de Paban (archives)

Reste le cas de l’homme du jour, Steve Guerdat. Déterminé, méticuleux dans sa préparation des grandes échéances, le Jurassien confirme son statut à part dans la planète équestre. Aujourd’hui il est entré dans le petit cercle des triples vainqueurs de la Coupe du monde. A 36 ans seulement le Jurassien endosse un statut particulier entre légende vivante et Federer du jumping. S’il continue sur cette lancée il sera l’un des favoris pour les JO de Tokyo 2020 pour lesquels il est déjà qualifié et où il retrouvera comme chef de piste, un certain Santiago Varela. Un brin dépité malgré sa troisième placeau classement final, le Suédois Peder Fredricson, partageait ce soir à propos du vainqueur un étonnant sentiment mélange de respect et d’impuissance. « Quand Steve monte ainsi, les autres n’ont pas grand-chose à espérer. » Venant du champion d’Europe 2017, la remarque doit être méditée.

Le classement complet, ici.

Steve Guerdat prend la main dans une finale Coupe du monde en demi-teinte

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Steve Guerdat et Alamo. Crédit photo : FEI/Liz Gregg.

Ça commence bien pour Steve Guerdat. A l’issue d’un tour rapide et sans pénalités le Jurassien, associé pour l’épreuve de chasse à Alamo, a pris la tête de la finale Coupe du monde qui se déroule à Göteborg (Suède). Le numéro un mondial est talonné par un infernal trio belge composé de Pieter Devos (Apart), Olivier Philippaerts (Legend of Love) et François Mathy junior (Casanova de l’Herse). Ça commence moins bien pour les deux seuls tricolores engagés Kevin Staut (Edesa’s Cannary) et Olivier Robert (Eros) respectivement 13èmeet 15ème.

Il y a le sport et puis il y a l’écrin dans lequel il se déroule. Et disons-le franchement, pour sa 41èmeédition les installations mythiques du Scandinavium de Göteborg avec sa forme ovale et surtout ses dimensions restreintes apparaissent comme surannées, inadaptées à un sport desservi par des configurations de bac à sable. Le faible nombre de participants, seulement 33, interpelle sur l’attractivité d’une finale qui aujourd’hui a perdu tout son lustre. Le niveau hétérogène des prestations de ce jour confirment le sentiment de malaise lié à des modes de sélection plus favorables à une représentation géographique mondiale qu’à une sélection des meilleurs. Le chef de piste, l’Espagnol Santiago Varela a bien fait tout ce qu’il pouvait en montant un tour très technique mais, outre le fait de ne pas mettre en valeur les chevaux, des dimensions aussi réduites n’offrent pas la possibilité de multiplier les options et donc d’offrir un spectacle sportif susceptible de faire vibrer les spectateurs.

Demain soir vendredi, également à 18h, la compétition se poursuivra par une épreuve au barème A avec barrage. Après une journée de repos samedi, les hostilités reprendront dimanche pour une finale en deux manches avec seulement 30 cavaliers dans la première à 14h puis la deuxième à 16h réservée aux 20 meilleurs.

Les résultats de la la chasse, ici.

Le classement provisoire, là.

Vainqueur du Grand Prix 3* de Gorla Minore, Thierry Rozier poursuit sa route vers Tokyo 2020

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Thierry Rozier à la remise des prix. Crédit : SASSOFOTOGRAFIE.it Gianluca Sasso.

Il la voulait, il l’attendait, il la désirait si fort. Aujourd’hui, c’est fait. Thierry Rozier à remporté dimanche 31 mars, en Italie, à proximité de Milan, le Grand Prix du CSI 3* de Gorla Minore. Une victoire au goût particulier pour ce jeune cavalier de 54 ans. Non pas pour avoir eu le plaisir de faire résonner la Marseillaise dans le ciel transalpin, il en a vu d’autres, mais parce que cette première place sur un podium complété par Scott Brash et Marc Houtzager a été acquise grâce à sa complice de 14 ans, Vénézia d’Ecaussines.

Pourquoi tant de bruit pour « une simple » victoire dans un 3* se demanderont certains ? Parce que, s’il est bien un cavalier atypique sur le circuit international c’est ce rejeton de la tribu des Rozier. A l’ombre des champions poussent aussi de belles personnalités. Différentes certes, mais d’autant plus intéressantes. Thierry Rozier appartient à cette catégorie. Au fil des ans il a su faire de sa sensibilité une force. Ce qui surprend c’est que, depuis le temps qu’il baigne dans le monde du cheval et du haut niveau, il ne soit pas blasé par tout cela. Son côté touche-à-tout et son passage dans les courses n’y sont sans doute pas étrangers. Mais quand même, revenir au haut niveau plus de 30 ans après l’avoir quitté n’est pas permis à tout le monde.

Il aura fallu pour cela une rencontre. Une belle rencontre. Celle de Vénézia d’Ecaussines. Cette jument belge « hors norme » à écouter son cavalier qui lui a donné cette envie folle de voir son nom en haut de l’affiche. Car c’est bien d’une histoire (classique) d’amour entre un cheval et son cavalier dont il s’agit. Une rencontre fusionnelle où l’homme et l’animal se rejoignent pour devenir Centaure. Et voilà Thierry Rozier, le frère cadet de Philippe qui se met à rêver de décrocher à son tour l’or olympique à Tokyo en 2020. Comme son père en 1976. Comme son frère, en 2016…

Un rêve fou ? Pas tant que ça. Thierry et Vénézia ont fait leurs preuves. Leur place de réserviste dans l’équipe de France présente aux jeux Mondiaux de Tryon à l’automne 2018 en atteste. Certains l’auraient vu comme un aboutissement, une reconnaissance. Pas Thierry qui au contraire considère cette sélection comme une simple étape avant quelque chose de plus sérieux.

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Thierry Rozier et Venezia d’Ecaussines dans le GP 5* de Lyon

Facétieux, bon vivant, l’homme qui avoue être un écorché vif, n’en est pas moins cérébral et connaît sa destination finale : la capitale du Japon. De la tête il va falloir en avoir pour gérer Vénézia non pas qu’elle soit compliquée mais parce qu’avec un seul pour les grosses épreuves il faut à la fois avoir des résultats pour rester dans les petits papiers du sélectionneur et préserver l’intégrité physique de sa monture.

Sur cette longue route, le couple vient de cocher une case supplémentaire. Il débute cette nouvelle année 2019 de belle manière. On ne peut que leur souhaiter bon vent pour la suite qui passera peut-être par les championnats d’Europe 2019. Une affaire à suivre …

Le classement complet, ici.

Patrice Delaveau, valeur sûre

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Patrice Delaveau et Urcos de Kerglenn*HDC. Saut Hermès 2019. Cliquer pour agrandir.

Qui ne connaît pas la formule anglophone « the winner takes it all » ? Les amateurs de disco penseront inévitablement à l’un des morceaux les plus connus du groupe Abba. Les sportifs, eux, savent que l’expression résume une situation frustrante dans laquelle le gagnant remporte la mise et tout ce qui va avec, notamment la lumière des projecteurs. On a pu le vérifier une nouvelle fois à l’occasion du Grand Prix du Saut Hermès. La lumière pour Simon Delestre et sa prestation époustouflante avec Ryan, une part d’ombre certaine pour les suivants dans le classement. Injuste ? Assurément. Notamment pour Patrice Delaveau relégué à la 11èmeplace pour une faute commise au barrage avec Urcos de Kerglenn*HDC. De plus en plus rare en 5* faute d’un piquet étoffé, le cavalier du Haras des Coudrettes a démontré qu’il n’en reste pas moins compétitif à ce niveau. Il faudrait juste que le vent de la chance vienne gonfler ses voiles pour que le vice-champion du monde de Caen retrouve des couleurs et sa place en équipe de France dans les rendez-vous majeurs.

Signe que le temps passe et que sa notoriété souffre un peu de son éloignement de la première actualité sportive, sa page Wikipédia mentionne encore Orient Express*HDCcomme son cheval de tête alors que celui-ci coule une heureuse retraite. Son remplaçant en titre, c’estAquila *HDC. Malheureusement ce fils d’Ovidius de 14 ans s’est blessé (tendinite) en juin 2018 lors du Grand Prix de Rotterdam après avoir remporté dans les six premiers mois de l’année le Grand Prix de Hong-Kong et celui de La Baule.

A l’issue d’une longue convalescence, l’alezan a fait son retour courant février dans le CSI 2* de Royan. Des interrogations naturelles subsistent toutefois sur sa capacité à revenir au plus haut niveau. Mécanique fine et subtile, les chevaux de haut niveau sont des porcelaines fragiles. Il faut donc croiser les doigts pour que le physique tienne.

A 54 ans, Patrice Delaveau est un cavalier accompli au riche palmarès mais aussi un homme mûr, empreint de sagesse. L’homme de cheval aurait pu se contenter de partager son savoir équestre avec sa fille Valentine que l’on retrouve dans les CSI 1* et 2* mais, avec son épouse Sabine, il s’est lancé dans une autre projet mené de front avec la compétition. A la rentrée scolaire prochaine, l’Académie Delaveau (un sport-études) accueillera ses premiers élèves, une douzaine, au Pôle international du cheval à Deauville. Une belle idée mais complexe à monter car les arcanes de l’éducation nationale prennent parfois des allures de parcours d’obstacles, notamment pour les aménagements d’horaires. Les Delaveau devraient toutefois s’en affranchir car si dans la famille on est discret, on n’en est pas moins efficace.

Le Grand Saut d’Hermès Ryan

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Hermès Ryan en route vers la victoire sous la selle de Simon Delestre. Cliquer pour agrandir.

C’est un peu sa maison, le Grand Palais. Et les concours à la maison ça donne des ailes même si on s’appelle Ryan à défaut de Pégase. Hermès, dont le bon goût à la Française est universellement reconnu, a incontestablement eu la bonne intuition en redonnant à cet emblématique monument parisien sa vocation première : celle d’accueillir des concours hippiques. La marque au célèbre H porte désormais l’un des CSI5* les plus prisés au monde. Sa deuxième bonne intuition aura été d’associer son nom à un petit bijou, Ryan des Hayettes, rebaptisé pour l’occasion Hermès Ryan. Et c’est à croire que le cheval et son cavalier en ont gardé une infinie reconnaissance. Après l’édition 2018, ils remportent de nouveau le Grand Prix 2019 pour le plus grand plaisir du public parisien… et des organisateurs.

Dire que c’est un dénouement innatendu ne relève pas du mensonge. Depuis l’épisode des Jeux olympiques de Rio, le fils d’Hugo Gesmerayn’a jamais retrouvé tout son éclat, comme si, dans le mystère des boxes du site de Deodoro, un ressort s’était cassé à tout jamais. Mais le grand cœur d’un petit cheval et la détermination de son cavalier font franchir des montagnes. La victoire acquise ce jour, à l’issue d’un interminable barrage à 15 concurrents, est à cette aune. Car comme en sciences, ce qui compte ce n’est pas de réussir une expérience ou un exploit sportif, mais d’être capable de le rééditer. La performance doit donc être saluée pour ce qu’elle est.

« Je suis vraiment fier de Ryan, a confié avec une certaine émotion Simon Delestre à l’issue de l’épreuve.Quel cheval de légende ! Il marque l’histoire du Saut Hermès de la plus belle des manières. Ça n’arrive pas souvent de gagner deux années de suite le même Grand Prix avec deux barrages comme ceux là. Il n’y a pas de mots. C’est beaucoup d’émotions et énormément de plaisir ! ll a encore fait un barrage incroyable ! J’étais tendu jusqu’à la fin du barrage car, en selle, on ne sait jamais vraiment à quelle vitesse on va. Ryan est un cheval rapide, mais ce n’est jamais gagné. Il y avait beaucoup d’excellents cavaliers au barrage. C’est vraiment incroyable ! Je n’ai pas pu partir très vite sur les trois premiers obstacles, pour ne pas lui demander d’efforts démesurés. Sur la suite du parcours, Ryan a été très rapide, notamment dans le tournant pour aborder le mur. Je me suis dit que ça venait comme l’année dernière (rires). J’espérais qu’il ne doute pas de moi ! Heureusement, il a encore répondu présent. C’était magique ! »

Un bonheur n’arrivant jamais seul, le camp français peut se réjouir également des sans faute de Patrice Delaveau (Urcos de Kerglenn *HDC) et plus surprenant de Kevin Staut qui s’est bien sorti d’une piste un peu étroite en largeur pour le grand gabarit d’Edesa’s Cannary. Pénalisés chacun d’une barre au barrage, ils terminent respectivement 11èmeet 10ème.

Notre esprit cocardier ne doit pas nous faire oublier les deux cavaliers présents aux côtés de Simon Delestre sur le podium. En premier lieu Christian Ahlmann dispose désormais avec Dominator d’une nouvelle monture de premier choix. Le nom n’est pas très engageant mais cet étalon noir de 10 ans par Diamant de Sémillyprésente une sacrée mécanique qui devrait faire le bonheur de son pilote dans les mois et années à venir. Sur la troisième marche du podium, on retrouve l’Espagnol Eduardo Alvarez Aznar qui semble prendre goût aux accessits puisqu’après sa 3èmeplace dans le Grand Prix Coupe du monde de Bordeaux en février avec Rokfeller de Pléville,il récidive à Paris cette fois avec Seringat.

Et le numéro 1 mondial dans tout ça ? Associé à Alamo, Steve Guerdat a préféré préserver son partenaire en évitant de la mettre dans le rouge au barrage. En Suisse, comme ailleurs, qui veut aller loin ménage sa monture. Le Jurassien a sans doute déjà la tête dans les prochaines finales à Göteborg. Il termine quand même 4ème. Excusez du peu.

Le classement complet, ici.

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