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FFE : société commerciale ou fédération sportive ?

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Dans son édition du 14 juillet, Le Parisien consacre un article éloquent sur les championnats de France poneys, le Generali Open de France. L’envoyée spéciale du quotidien francilien dresse un constat qui devrait interpeller. Lamotte-Beuvron, rebaptisée Poneyland par Sandrine Lefèbvre est avant tout au-delà de l’aspect kermesse, une habile usine à fric. Quant au côté sportif, il est devenu accessoire.

16 000 gamins à poneys d’un côté à Lamotte-Beuvron, une poignée de professionnels de l’autre à Fontainebleau pour les championnats de France de saut d’obstacles, cherchez l’erreur. Ce contraste témoigne le grand écart de la Fédération Française d’Equitation arrivée aujourd’hui à l’apogée d’un système commercial unique au monde ou les enfants et surtout les parents sont prisonniers d’un système ou tout est bon pour faire cracher quelques billets. Revers de la médaille, c’est que justement, il n’y en a pas. Ce système ne constitue pas un vivier de cavaliers qui viendront alimenter le haut-niveau. Et pour cause, ce n’est pas sa vocation.

Qu’il est loin ce temps où les structures équestres étaient associatives et avaient pour objet de permettre la découverte et la pratique d’un sport à moindre coût. Objet non lucratif, vous n’y pensez pas, c’est devenu totalement ringard. Entre garderie et centre de vacances le poney est devenu un étrange modèle économique dans lequel beaucoup de parents rivalisent à travers leurs progéniture. Quitte à dépenser beaucoup d’argent. Certes beaucoup d’enseignants ont a coeur leur métier et il n’est pas question de leur jeter la pierre. Ils font un boulot formidable. Mais celui-ci s’inscrit dans un système perverti par la loi de l’argent. Non de leur faute mais de celui de la fédération française d’’équitation et son président, Serge Lecomte, qui ont bâti un système dont l’appétit pour les euros n’a rien à envier, toutes proportions gardées, à Jan Tops (Global Champions Tour), la qualité en moins.

Que fait la FFE de tout cet argent ? C’est la question que l’on pourrait légitimement se poser si celles-ci répondait à un mode d’élection et une gouvernance démocratique. Là encore, la dérive est inquiétante. Hervé Godignon voulait mettre un coup de pied dans la fourmilière mais le système est trop bien verrouillé par les statuts pour empêcher une révolution de palais.

« Le poney a sauvé l’équitation en France, et il fait aujourd’hui l’unanimité » n’hésite pas à proclamer Serge Lecomte. On pourrait s’en étrangler mais à quoi bon. La puissance publique, le Ministère des Sports, qui accorde la délégation sportive aux sports équestres n’y voit rien à redire. Il est vrai que Serge Lecomte a su mélanger les genres et développer son réseau politique qui lui assure une certaine impunité pour ne pas dire une impunité certaine. Le pire est que le Président de la FFE se targue d’avoir popularisé la pratique de l’équitation et que certains veulent bien le croire. A 4 000 € la saison comme le rapporte l’article on peut avoir des doutes sur l’accessibilité. Mais après tout, si les parents sont contents…

Source : Le Parisien

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Le CSI 2* de Vichy sourit à Clément Frèrejacques

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Clément Frèrejacques et Undiams de Varenne

 

Clément Frèrejacques a ajouté ce dimanche son nom à la très longue liste (ancienneté du concours oblige) des vainqueurs du Grand PrIx du CSI de Vichy. Le cavalier isérois de 32 ans s’est imposé avec Undiams de Varenne (propriété de Michel Robert) à l’issue d’un barrage à 13 participants (sur 48 partants). Vainqueur de l’édition 2018, Benoît Cernin faisait figure de grand favori. Le champion de France Pro Élite en titre doit se contenter de la 13ème place, contraint à l’abandon au barrage sur un Unamour de Suyer élimé par 4 jours de canicule.

Décidément Vichy rime avec intempéries. Les propriétaires des installations (Vichy Communauté) et la SHF avaient pensé s’affranchir des caprices de la météo en abandonnant l’herbe au profit du sable. C’était sans compter sur la canicule. Une chaleur écrasante qui a contraint de revoir les horaires en avançant les premières épreuves aux premières lueurs de l’aube et les dernières en fin d’après-midi. Las même à ces horaires aucune fraîcheur n’est venue apporter le moindre coup de fouet à des chevaux et des cavaliers accablés par la fournaise.

Si les organisateurs sont désarmés face aux conditions météorologiques en revanche il conviendrait qu’il s’interrogent sur la très faible participation étrangère à ce CSI au tout petit « i » cette année. Calendrier, dotation des efforts sont à accomplir si l’on ne veut pas assister à l’effacement progressif du Jumping de Vichy engagé dans une pente descendante depuis plusieurs saisons. L’abandon du 3* au profit d’un 2*, annoncé au départ comme provisoire en raison de travaux sur les installations du Sichon semble aujourd’hui bien ancré. Il est vrai que les CSI ont connu ces dernières années une inflation dans les cahiers des charges mais un coup de collier sur des problèmes de logistique (boxes et parkings) devrait permettre de redonner du lustre au plus vieux concours de France (1887!). En tout état de cause le retour sur le devant de la scène hippique internationale ne passera pas par la multiplication des épreuves réservées aux amateurs.

Dans ce paysage marqué par les interrogations, la victoire de Clément Frèrejacques n’est en rien une victoire au rabais. Jean-François Gourdin avait monté une vraie épreuve 145 qui a offert un beau spectacle malgré un horaire inhabituel (12h30). Benoît Cernin à l’issue de la reconnaissance ne manquait pas d’ailleurs de saluer le travail du chef de piste qualifié de « bon constructeur ». La suite lui a donné raison.

Preuve de la bataille au couteau qui s’est livrée, quatre minuscules centièmes séparent le vainqueur du second, Jimmy Jean, associé à Aramis d’Avril. La troisième place est revenue à l’inoxydable Jacques Bonnet (Uzi de la Beka). Un podium 100% tricolore. Faut-il s’en féliciter ?

Le classement complet, ici.

Championnats : le sol du Grand Parquet a bon dos

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Suite au très faible nombre d’engagés dans les épreuves de championnat de France de saut d’obstacles qui se couraient dernièrement à Fontainebleau, Sophie Dubourg, dans un entretien accordé à l’Eperon,  a pointé la qualité du sol et son dénivelé qui seraient des freins majeurs à une participation massive des cavaliers. La Directrice Technique Nationale de la FFE propose comme solution pour l’édition 2020 de passer sur un terrain en sable, sur le même site, ou ailleurs …

Il fallait une victime expiatoire, ce sera donc la qualité du sol. C’est vrai que certaines fédérations équestres européennes rencontrent un problème d’attractivité de leurs championnats avec des titres dévalorisés face à la concurrence de concours ou de circuits privés. A elles de s’interroger sur le pourquoi et de tenter de trouver des solutions. Les raisons sont sans doute multiples (dates, dotations, avantages liés au titre…) mais, dans le cas français, faire porter le chapeau à la nature du sol du Grand Parquet semble un peu court. Ce genre d’affirmation ne peut se faire au doigt mouillé après avoir interrogé en catimini quelques cavaliers. Consulter les intéressés, c’est bien. Encore faudrait-il que ce soit fait de façon large et transparente pour déterminer les vrais freins à une participation plus soutenue.

L’attractivité d’un championnat est étroitement liée à la puissance symbolique qu’il véhicule. Cela commence par un terrain légitimement considéré comme mythique. Or, ce sont justement les caractéristiques particulières du terrain du Grand Parquet qui font le sel de Fontainebleau. Il y a toujours de bonnes raisons à vouloir aseptiser les concours avec des pistes en sable standard, bien planes. Sauf qu’à ce rythme là, à vouloir s’affranchir coûte que coûte des aléas dans un sport d’extérieur, on finira par faire les championnats… en indoor.

On pourrait ériger la participation aux championnats en préalable obligatoire à toute sélection nationale mais la FFE semble avoir abandonné, selon les propos de Sophie Dubourg, toute volonté coercitive. Pourquoi pas. Mais faire de la nature du sol la seule réponse semble un peu simpliste. Tout autant que modifier le calendrier, un nouvelle fois.

Derrière cette polémique, de lourds enjeux se profilent. On sait que Serge Lecomte aurait bien vu les épreuves d’équitation des Jeux Olympiques de Paris 2024 se dérouler à Lamotte-Beuvron et non à Versailles ou sur un autre site parisien (Chantilly, Fontainebleau). Derrière ce positionnement, on saisit bien l’embarras de la FFE qui a investi des millions dans le parc équestre fédérale solognot, dans des réalisations parfois mégalomaniaques ( château, manège de 92×132 m), à ne pas voir « ses épreuves« , les championnats, se dérouler dans ses propres infrastructures.

Avec le sourire, Sophie Dubourg a mis un solide coup de couteau au Grand Parquet et ouvert des perspectives. Un appel à candidature pour choisir un site avec « un sol et un lieu qui conviennent » sera lancé a-t-elle précisé en indiquant que des décisions « sévères et rapides » seront prises pour l’édition 2020. De là à considérer que le parc fédéral pourrait accueillir les prochains championnats…

Inès Joly brille à Stockholm

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Inès Joly et Vitto de Cartherey (archives)

Inès Joly, 21 ans, continue son bout de chemin à haut niveau. Invitée à participer au Global Champions Tour de Stockholm, la jeune femme au regard clair et à la longue chevelure blonde a mis à profit cette opportunité pour s’imposer dans le Grand Prix (1.50m) réservé aux moins de 25 ans (U 25), à l’issue d’un barrage à neuf concurrents. Une performance réalisée avec Vitto de Cartherey (10 ans), qui réalise un très beau début de saison en 145-150 pour le plus grand plaisir de son propriétaire, l’Auvergnat David Neri.

Belle rencontre que celle de David Néri et de la famille Joly basée à Saint-Etienne au Centre Equestre du Portail Rouge. Le courant est passé et depuis deux ans l’histoire suit son cours, sur une trajectoire ascendante. David Neri avait senti que son cheval avait du potentiel, il ne s’était pas trompé. En le confiant à Inès Joly, il se prive d’une monture pour les épreuves Amateurs (110-115) mais se régale de voir Vitto mis en valeur dans des épreuves de haut niveau. « C’est un lion » confiait dernièrement la jeune cavalière au magazine l’Eperon à propos de son cheval de tête. Et d’enfoncer le clou en ajoutant, « nous y avons toujours cru avec mon père » (ndlr : Daniel, coach réputé en poneys). La suite leur donne raison.

Olivier Perreau fait le show à Grimaud

Olivier Perreau et Vénizia d’aiguille. Crédit : HUBSIDE JUMPING / Marco Villanti

En équitation comme ailleurs, il ne suffit pas d’être le fils « de » pour réussir. Chez les Perreau installés à Roanne dans la Loire de longue date, il y a déjà quelques années qu’Olivier s’est fait un prénom. Le garçon est bien né. Le fils de Claude et Chantal a hérité de ses parents le goût du travail et de la discrétion, ce qui est déjà bien. Il y a ajouté un vrai talent équestre manifesté tôt à poney et très vite confirmé à cheval. Aujourd’hui sa maturité d’homme (il fêtera ses 33 ans le 23 juin prochain) correspond à celle de cavalier. Les succès s’enchaînent. Après une victoire dans le Saut Hermès et une belle sixième place dans le Longines Global Champions Tour de Cannes, pour ne parler que de ses résultats les plus emblématiques, Olivier Perreau s’est adjugé ce week-end la victoire dans le Grand Prix 4* du Hubside Tour (Grimaud). Une performance de plus signée avec Vénizia d’Aiguilly, pur produit de élevage maison. Encore quelques réussites de ce genre et la France du jumping pourrait bien sombrer dans la Perreaumania.

Un GrandPrix à 1, 55m doté à 150 000 € ça n’est pas rien. Ça assure en général un beau plateau et une épreuve très disputée. Promesse tenue. Sur les 40 partants trois seulement se sont qualifiés pour le barrage. Avant de soulever la coupe, Olivier Perreau a du batailler ferme et mettre sévèrement les gaz (39,31). Face à lui René Tebbel, nouveau pilote de Saxo de la Cour était handicapé par le caractère récent du couple qu’il forme avec l’ancienne monture de Cédric Angot acquise par son mentor, l’oligarque Oleksandr Onishchenko. Malin, l’Ukrainien (de circonstance) signe un bon chrono (40,42) et un sans faute qui lui permettent d’accéder à la deuxième place. Fusionnelle avec Sultane des Ibis, Félicie Bertrand était une concurrente des plus sérieuses. Son chronomètre le prouve. Pulvérisé certes (36,43) mais pénalisé d’une faute. Pour cette fois la cavalière du Haras de Clarbec doit se contenter de la 3ème place.

Les résultats complets, ici.

Eric Lamaze au bout de son rêve à Calgary

B02T9468 Eric Lamaze (archives)

Ça aurait pu être le rêve d’un enfant atteint d’une maladie grave. C’était celui d’un champion olympique frappé par le destin à 51 ans, une tumeur au cerveau, et qui se bat depuis 18 mois pour sa survie. Eric Lamaze puisque c’est de lui qu’il s’agit est allé au bout de son rêve en remportant samedi le GP 5* de Calgary au Canada, coiffant sur le poteau son fidèle ami Steve Guerdat, heureux pour une fois de lui voir échapper une victoire. Question coiffure justement le Lion Lamaze a perdu sa crinière mais conservé un coeur énorme et cette capacité rarissime non seulement de gravir des montagnes mais d’emmener dans ce périple beaucoup de monde. A croire que le terme de sympathie, souffrir avec, a été créé pour le Canadien. Nous sommes beaucoup à être touchés par son combat contre cette maladie insidieuse qui vient ronger une icône du Jumping qui a fait chaviré à tant de reprises les foules par son talent et le couple qu’il formait avec l’incroyable Hickstead. Sa capacité à surmonter sa fatigue et à aller au-delà de ses forces et de lui même laisse sans voix.

On dit à juste titre que l’équitation est une école de la vie. Celle d’Eric Lamaze est une terrible mais profonde leçon de vie. Sur le plan sportif bien sûr mais au-delà sur le plan humain en général. Il existe des personnes lunaires, le Carribou comme on le surnomme affectueusement est plutôt du genre solaire par l’extraordinaire magnétisme qu’il partage. Un magnétisme qui flottait lors de la conférence de presse lorsque le vainqueur a déclaré :« En me levant ce matin, je ne pensais pas que cela serait possible, ça montre que les chevaux peuvent tout faire pour vous … surtout quand vous êtes pas au meilleur de votre forme, ils le font pour vous! Je chérirai toujours cette victoire ! Monter à cheval est une véritable thérapie. Quand vous n’avez pas la force de lutter, ils se battent pour vous. C’est l’une des victoires que je chérirai toute ma vie. La maladie est un combat sans fin pour moi. Aujourd’hui est un cadeau. »

Pour autant, il serait profondément injuste de reprocher aux autres malades de ne pas avoir le ressort d’Eric Lamaze. Son cas est unique. Comme si à travers Hickstead et à travers lui le message qui nous était envoyé était aussi ancien que le carpe diem d’Horace. Une ode au simple plaisir d’exister en tant que tel et un émerveillement permanent d’être vivant. Quel champion, quel homme.

Coupe des nations : la France s’offre une victoire d’anthologie à Saint-Gall

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Copyright FEI/Richard Juilliart

La Coupe des nations de Saint-Gall qui s’est déroulée ce dimanche au coeur de la Suisse restera dans les mémoires. Une bataille de Titans à notamment opposé trois équipes. Les Helvètes privés de victoire à domicile depuis 1996, emmenés par Steve Guerdat. Les Italiens dont la figure de proue est Giulia Martinengo Marquet et la France représentée par Kevin Staut (Calevo 2), Pénélope Leprevost (Vancouver de Lanlore), Nicolas Delmotte (Urvoso du Roch) et Guillaume Foutrier (Valdocco des Caps). C’est à ce dernier qu’est revenue la lourde responsabilité de courir le barrage rendu nécessaire pour départager les trois nations. Et la main du Nordiste n’a pas tremblé. Il signe un barrage rapide et sans pénalité qui permet aux Tricolores de s’imposer. L’Italie rate la première marche pour une poignée de centièmes alors que la Suisse est reléguée à la troisième place en raison d’une faute de Bianca et Steve Guerdat.

Thierry Pomel peut être satisfait. Ses mousquetaires ont fait et bien fait. L’équipe alignée a révélé de vraies lignes de force. Nicolas Delmotte confirme son rôle de pilier de l’équipe de France. Il est l’auteur d’un double sans faute avec Urvoso du Roch, un hongre sérieux de 10 ans par Number One d’Iso. Même punition pour Pénélope Leprévost avec Vancouver de Lanlore. Le fils de Toulon a incontestablement passé un cap en alignant deux prestations sans pénalités. Le travail de l’amazone normande a payé. La prestation du couple a été très convaincante. Âme de l’équipe depuis de nombreuses années, Kevin Staut rassure toujours par sa présence et son expérience mais Calevo doit continuer à s’aguerrir à ce niveau. Le couple est pénalisé d’un double 4 points.

Reste la cas Guillaume Foutrier. Le cavalier de Mouchin de 42 ans crève l’écran avec son hongre de 10 ans, Valdocco des Caps. Insensible à une pression énorme Guillaume Foutrier a offert à la France une victoire superbe et porteuse de beaucoup d’espoirs. L’après-Guerdat semble soudainement moins sombre qu’envisagé un temps.

« Comme dans toutes les Coupes des Nations, il y avait beaucoup de pression, mais c’est une belle histoire, surtout quand ça se termine comme ça« , a résumé Kevin Staut qui n’a pas manqué de saluer les les qualités de son co-équipier, Guillaume Foutrier.

La suite dans 15 jours à Sopot (Pologne) pour une nouvelle Coupe des nations.

Le classement complet, ici.

 

Niklaus Rutschi sur un nuage au CSI 4* de Bourg-en-Bresse

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La superbe équitation de Niklaus Rutschi en selle sur Cardina.

Niklaus Rutschi s’est imposé ce week-end dans le Grand Prix du CSI 4* de Bourg-en-Bresse doté, ça ne gâche rien, à hauteur de 90 000 €. Si le représentant Suisse monte sur la première marche, les Tricolores tirent bien leur épingle du jeu, avec de bonnes surprises. Laurent Goffinet tout d’abord, qui aux commandes d’Atome des Etisses (Mylord Carthago x Eve des Etisses) a bien cru en ses chances avant de voir s’envoler la victoire pour une poignée de centièmes. Il finit deuxième. Marie Demonte complète le podium sur la très convaincante Véga de la Roche. Mention spéciale enfin pour Prime Time des Vagues qui a 16 ans signe un retour fracassant sous la selle de son cavalier, Alexandre Fontanelle. Une quatrième place partagée avec Nicolas Delmotte et Urvoso du Roch (ex-aequo).

A 53 ans, Niklaus Rutschi , malgré une carrière sportive plus qu’honorable n’est pas considéré comme un cador du circuit. Classé 178ème mondial, il est un habitué du circuit mais étrangement, bien que titulaire de l’équipe Suisse, ne jouit pas d’une grande notoriété. On ne se retourne pas sur son passage, on ne l’assaille pas pour des selfies ou des autographes. Son double sans faute la semaine précédente avec Cardano CH dans la Coupe des nations de La Baule a fait remonter ses actions mais plus du côté des connaisseurs que du grand public.

On devrait se méfier des habitués, surtout s’ils sont du genre discret. Le Luçernois connaît bien le Jumping de Bourg. Il en est à sa 6ème participation. C’est à vélo et non en trottinette électrique qu’il vient faire sa reconnaissance, en vrai passe-muraille. Pourtant, sa réussite au CSIO de France a sans doute constitué un déclic intérieur. Un mélange de sérénité et de confiance. Il prend le départ du Grand Prix avec Carassina, une jument grise de 10 ans qui sur le papier ne constitue pas une concurrente sérieuse. Les affaires sont prêtes d’ailleurs au camion pour repartir sans tarder. L’après-midi va finalement se prolonger. Le couple signe une première manche superbe, toute en décontraction et en fluidité. Face aux 9 barragistes, Niklaus Rutschi joue le jeu. La jument répond parfaitement, déploie ses ailes, et pulvérise le chronomètre. L’affaire est faite.

Ce week-end devait-être l’occasion de voir quel cheval pourrait soutenir Cardano dans son piquet de chevaux. La réponse est évidente. Chapeau bas.

Auréolé de cette victoire Nikaus Rutschi va retrouver la semaine prochaine la cour des grands. Ce sera Saint-Gall avec l’équipe Suisse puis, la préparation des Championnats d’Europe et pourquoi pas, si Cardano confirme, les JO de Tokyo qui marqueront la fin d’un cycle. « Après 11 ans dans ce métier je suis en fin de carrière. Dans le sport de haut niveau il nous faut beaucoup plus de préparation que les jeunes cavaliers pour y arriver. Je pense bientôt plus m’orienter vers la formation des jeunes chevaux » confiait vendredi le futur vainqueur du Grand Prix à la Gazette du Jumping. Cet homme mérite d’être connu.

Le classement complet, ici.

 

La grosse boulette de Ouest-France sur Eric Lamaze

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Eric Lamaze (archives) au temps d’une époque, pas si lointaine, marquée par les sourires et l’insouciance.

Disons-le d’entrée pour éviter toute incompréhension, la presse quotidienne régionale (PQR), on lui tire notre chapeau. Elle fait un travail formidable et a connu ces dernières années un saut qualitatif qu’il faut saluer. Mais quand elle fait une bourde et que prévenue elle ne corrige pas, ça a légèrement tendance à nous agacer. Ouest-France est ainsi un quotidien sérieux qui a toujours bien couvert le jumping de La Baule. Une grosse coquille s’est néanmoins glissée dans l’édition du 20 juin, les pages du lundi revenant bien naturellement sur l’activité sportive du week-end et donc du jumping de la Baule. La raison de notre courroux ce sont 10 petites lignes issues de la rubrique Les secrets de paddock. Un petit encart au titre en gras qui interpelle : « Eric le fantôme ».

Spontanément on pressent le pire et on a raison. « Si le numéro 1 mondial Steve Guerdat s’est montré à son avantage durant les quatre jours du Jumping, le champion olympique de Pékin 2008, le Canadien Eric Lamaze, n’a guère brillé. Le plus souvent caché derrière des lunettes noires, emmitouflé sous un bonnet et une écharpe, le Canadien a presque traversé le concours comme un fantôme » est-il écrit sous une photo légendé « Eric Lamaze a passé son week-end en discrétion ».

Oups. On se pince pour le croire mais c’est écrit. De toute évidence, l’auteur anonyme de ces lignes ignore que le grand sportif a qui il taille aujourd’hui des croupières est malheureusement atteint d’une tumeur au cerveau et livre un combat contre la maladie. Que ce sportif attachant s’accroche à la vie par les chevaux et l’amitié que lui témoigne ses amis du circuit au premier rang desquels Steve Guerdat. Qu’en décembre dernier, à la veille des CSI5* de Lyon et Paris, mais aussi lors du CHI de Genève la fatigue l’a contraint à jeter l’éponge et à déclarer forfait. Alors revoir Eric Lamaze aujourd’hui en compétition, même en mode « fantôme » est déjà pour nous un plaisir à la saveur particulière.

Errare humanum est, perseverare diabolicum nous enseigne la locution latine. Qu’un journaliste tire des conclusions hâtives faute de disposer de toutes les informations et de poser les bonnes questions aux bonnes personnes cela peut arriver. Certes Eric Lamaze a la réputation d’être un bon vivant mais la fatigue affichée à La Baule n’était pas le fruit de fêtes un peu poussées. Hélas, mille fois hélas.

Certes, il y a peu de chance que l’intéressé ait parcouru ces lignes mais le public Baulois qui a toujours marqué son affection pour le Canadien ne méritait pas cette bévue. Un rectificatif discret dans l’édition du week-end semblerait un minimum. On ose le demander et l’attendre.

Mise à jour le 23 Mai – 21h23 : La rédaction Nantaise de Ouest-France devrait faire un article sur le sujet dans son édition du vendredi 24 Mai.

Merci à Kamel Boudra (RMC Sport 3) pour ce moment d’émotion.

Blum vs Guerdat : la bataille des géants est lancée

Crédit T. Van Halle / CSIO La Baule 2019.

Numéro 1 mondial et vainqueur de la Finale Coupe du Monde de Göteborg en avril de cette année, Steve Guerdat semble (enfin) avoir trouvé un adversaire à la hauteur de son talent. Une concurrente pour être précis en la personne de Simone Blum. La trentenaire allemande et sa jument de tête, DSP Alice, se sont imposées ce dimanche dans le très prisé Grand Prix 5* de la ville de La Baule. Au nez et à la barbe du Suisse qui, bien qu’associé à Albfuehren’s Bianca, a dû se contenter de la deuxième place. Pour notre plus grand plaisir, ces deux-là seront amenés à se recroiser et à se défier dans les semaines et les mois à venir. Un pur bonheur sportif en perspective.

Cette jeune femme-là, si discrète, bien peu l’avaient vu venir. Et pourtant, Simone Blum s’est imposée, comme une évidence, lors des Jeux Équestres Mondiaux de Tryon en 2018.  Une révélation, tout comme sa jument, considérée depuis comme l’une des meilleures au monde. Sans qu’on sache trop pourquoi, l’après Tryon s’est révélé décevant. Des quatre points à la suite en Grand Prix et une épaule, conséquence d’une mauvaise chute contractée au début de 2018, de plus en plus handicapante. A l’issue du CHI de Genève, la décision est prise. L’opération est inéluctable, tous comme les deux mois de rééducation qui suivent. Puis vient, enfin, le temps du retour à la compétition. C’est fin mars, en Italie, dans le CSI 3* de Gorla Minore. Doucement, d’abord sur 135-140. Puis les barres montent. Le 7 avril, toujours à Gorla Minore mais en version 4*, Simone et Alice se classent 7èmedu Grand Prix 155. Les choses sérieuses peuvent commencer. Suivent les concours de Hagen (2 et 4*) puis Manheim, toujours en Allemagne. Le 7 mai Simone Blum et DSP Alice s’adjugent le GP 160. Prochaine étape, le CSIO de France.

C’est la première fois que la fille de Jürgen Blum, un cavalier allemand de concours complet qui a couru les Jeux d’Atlanta, vient fouler le terrain mythique du stade François André qu’elle qualifie par la suite d’Aix-la-Chapelle en plus petit. Cette première fois est la bonne. La jeune femme remporte ce Grand Prix tant convoité par Steve Guerdat qui classe La Baule parmi ses concours préférés.

La cité balnéaire lui rend bien et a fait du Jurassien l’un de ses chouchous avec Éric Lamaze. Mais le cœur a ses raisons que la raison et la compétition ignorent. Alors que le Suisse multiplie les classements au fil des jours, il voit l’objet de toute son attention se dérober à lui. « Je savais en sortant de mon barrage que j’étais battable » déclare-t-il à la presse quelque temps plus tard. « J’ai loupé mon virage après l’oxer pour attaquer le vertical sur bidet » précise-t-il. Le champion olympique de 2012 sait qu’à ce niveau, même tout petit, le droit à l’erreur n’existe pas. Surtout face à des gâchettes de la trempe de Simone Blum. Beau joueur Steve Guerdat n’en tient pas rancune à son adversaire. En grand et vrai sportif, il se nourrit et s’élève dans son art par la concurrence qu’il trouve face à lui. « Simone mérite sa victoire. Elle était plus rapide. Je prendrai ma revanche la prochaine fois » lâche-t-il avec un sourire. Pour cette fois, il repart avec le titre de meilleur cavalier du concours en lot de consolation.

Dans le camp d’en face, la modestie, autre marqueur des champions, est de mise. « Il est rapide », « je pensais que Steve allait gagner au barrage, mais finalement, Alice a été la meilleure aujourd’hui » avance sobrement Simone. De la même façon, pas d’éloges dithyrambiques de sa jument DSP Alice. Juste ce qu’il faut, précis et efficace : « elle a fait un tour parfait ». Les faits sont là. Pas besoin de préciser que c’est une jument exceptionnelle, ou d’exception, ça saute aux yeux.

Bianca vs Alice, Steve vs Simone… On attend goulument la revanche.

La Suisse remporte la Coupe des nations de La Baule, la France 3ème

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L’équipe Suisse sir la plus haute marche du podium. © FEI/Martin Dokoupil

Le CSIO de France de La Baule a ouvert cette année le bal des Coupes des nations pour la ligue d’Europe de l’Ouest. Ce rendez-vous attendu a tenu toutes ses promesses avec huit équipes engagées dont le Canada et le Brésil. Mais ce sont deux petits pays par la géographie mais deux grandes nations par l’équitation qui ont donné le tempo. La Suisse emmenée par Steve Guerdat mais sous la houlette du chef d’équipe Andy Kistler s’est imposée avec 4 points, devant la Belgique deuxième avec 5 points. La France troisième avec 8 points n’a pas à rougir. Ses cavaliers ont répondu présent et de belle manière.

La Baule, il faut encore le rappeler n’est pas un concours comme les autres. Une immense piste en herbe, l’air frais de la mer à deux pas et des tribunes bondées. Pourtant, dans une époque marquée par la pollution sonore et l’incivilité des foules, La Baule c’est en plus du cadre, une ambiance sonore unique. Un terrain où lorsqu’un concurrent passe, on retient son souffle offrant ainsi un silence inattendu juste interrompu par les barres qui tombent, le sol qui résonne sous les sabots des chevaux et leur respiration, haletante et forte. Ce n’est pas le gigantisme d’Aix-la-Chapelle, mais un temple du saut d’obstacles à taille humaine.

Après une décennie de disette, les Dieux du stade cette année était suisses. La Confédération avait aligné une équipe classique (Guerdat, Rutschi, Esterman) renforcée par le jeune Bryan Balsinger (21 ans) venu faire ses armes dans le grand bain avec Clouzot de Lassus. Logiquement ce sont les aînés qui ont fait l’essentiel du travail. Notamment Steve Guerdat (Albführen’s Bianca) et Niklaus Rutschi (Cardano CH) tous deux auteurs d’un double sans-faute. Impressionnant Niklaus Rutschi qui sans être encore le parfait alter égo de Steve Guerdat confirme sa maturité de compétiteur et le potentiel de Cardano arrivé poulain dans ses écuries. L’expérimenté Paul Estermann (Lord Pepsi) a également largement concouru à la victoire avec 4 points de pénalité dans la première manche et un score vierge dans la deuxième.

La Belgique, équipe de cœur de Philippe Guerdat, peut avoir un peu d’amertume puisqu’un seul point la sépare des vainqueurs mais finalement s’en sort bien puisque talonnée à son tour par la France, trois petits points derrière.

Thierry Rozier of France on Venezia D'Ecaussinnes

Thierry Rozier et Venezia d’Ecaussinnes. © FEI/Martin Dokoupil

Chez les Bleus justement, le sentiment ce soir était au soulagement tant pour le nouveau sélectionneur national, Thierry Pomel, que pour l’équipe alignée qui a su se serrer les coudes. Nicolas Delmotte (Ilex VP) et Pénélope Leprevost (Vancouver de Lanlore) signent tous les deux un tour à 4 points suivi d’un sans-faute en deuxième manche. Alexis Deroubaix (Timon d’Aure) doit se contenter d’un 4 + 4, score compensé par le très beau double sans-faute de Thierry Rozier aux rênes d’une Vénézia d’Ecaussinnes particulièrement aérienne.

L’ensemble des résultats ici.

Royal Windsor Horse Show, délicieusement so british

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Carl Hester (de dos), Elisabeth II et Charlotte Dujardin sur Valegro. Credit Peter Nixon / Royal Windsor Horse Show.

En Grande-Bretagne, c’est une institution depuis 1943. Un mélange de tradition et de modernité qui nous rendrait presque nostalgiques du Brexit. Un événement équestre majeur qui mêle Jumping (CSI 5*), dressage (CDI 4*) et attelage (CAIO 4*). Tout ça au pied du château de Windsor avec en prime la reine d’Angleterre et un dress code à respecter.

Il n’y a bien que la press people française pour commettre un affreux crime de lèse-majesté. Paris Match par exemple qui ose ainsi écrire « La reine Elizabeth II a bravé la pluie pour assister, ce mercredi, à la première journée du Royal Windsor Horse Show. De quoi lui donner des airs de petit lutin avec son capuchon pointu ». « Petit lutin », quelle insolence ! Décidément ces maudits mangeurs de grenouilles et indignes descendants d’un peuple régicide ne comprennent rien à l’esprit britannique. Certes, on ne peut pas dire que la tenue arborée à cette occasion par sa royale majesté soit des plus glamour mais les conditions météorologiques n’étaient guère favorables au port de ses célèbres chapeaux aux couleurs pastels. On retiendra plutôt la vraie passion de la souveraine de 93 ans pour les chevaux et cette manifestation créée à l’origine pour collecter des fonds en pleine seconde guerre mondiale. Et finalement cette rencontre anachronique entre cette vieille dame et les compétiteurs était des plus sympathiques. Il n’est pas sûr malheureusement que malgré la tradition, la passion des chevaux, se transmette à la nombreuse descendance de la souveraine.

Côté saut d’obstacles l’énorme dotation (500 000 €) a joué son rôle et attiré un plateau relevé dont un trio tricolore de choc – Simon Deslestre (Hermès Ryan), Roger-Yves Bost (Sangria du Coty) et Kevin Staut (For Joy van’t Zorgvliet*HDC) – bien décidé à faire valoir ses chances dans le Grand Prix Rolex qui se disputera dimanche à 15h30. Il ne manquerait plus qu’un de ces maudits Français soit sacré au pied du château royal.

Lucy Davis et Barron de retour à la compétition

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Barron sous la selle de Lucy Davis

Elle est jeune (26 ans) mais dispose déjà d’un solide palmarès même si celui-ci a été, en dehors de victoires et classement en GP 5*, pour l’essentiel acquis en équipe : une médaille en argent aux Jeux olympiques (2016), une médaille en bronze lors des Jeux mondiaux de Caen (2014) et une distinction de la même couleur obtenue lors d’une finale de Coupe de nations (2016). Autant de performances réalisées avec Barron, un hongre du studbook SBS. A 15 ans et après une longue pause, ce fils de For Pleasure fait son retour à la compétition ce week-end à au Old Salem Spring Series (New York).

Elle le chouchoute son Barron, Lucy Davis, allant même jusqu’à en faire le pilier incontournable de l’application destinée aux jeunes professionnels et dédiée à la gestion et la facturation équestre qu’elle a créé en 2017, Ponyapp. Il faut dire que si les liens sont aussi forts c’est qu’ils sont nés d’une belle histoire.

Né en 2004 sous le nom d’Underground des Hauts Droits, il est acquis par la cavalière américaine de saut d’obstacles Lucy Davis en 2013 qui le rebaptise Barron en hommage à son grand-père, Robert Barron Freize. Le couple se créé rapidement et les résultats s’enchaînent sans attendre. En 2015, Barron se voit distingué comme cheval de l’année. Courageux, Barron n’en est pas moins un cheval sensible souvent contraint de porter des bouchons d’oreille en compétition car vite apeuré par les bruits de la foule. 

A l’issue des Jeux olympiques de Rio, Lucy Davis ressent le besoin de souffler un peu et met Barron au repos. Depuis le crack compte les sorties sur les doigts d’une main dont une fois sous la selle de Georgina Bloomberg sur une épreuve à 1m20, juste histoire de filles, entre copines, de se faire plaisir. Pour les Jeux mondiaux de Tryon, bien qu’au USA, Barron n’est pas sorti de sa semi-retraite. A cette évocation Lucy Davis esquisse un sourire et dévoile son objectif. Remettre son cheval  de cœur en route pour les Jeux Olympique de Tokyo. Il aura 16 ans et elle 27. Pour les deux l’âge de la maturité. L’occasion peut-être de conclure en beauté une belle aventure.

Danielle Goldstein sacrée dame de Shangaï

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Danielle Goldstein. Crédit : Stefano Grasso / LGCT

L’Israélienne Danielle Goldstein, associée à sa jument de tête Lizzymary, a remporté samedi le Grand Prix 5* de Shangaï (Chine), étape asiatique du Global Champions Tour le bien nommé. L’IrlandaisDarragh Kennedy (Balou du Reventon) et le Néerlandais Jur Vrieling (VDL Glasgow) complètent le podium. La meilleur performance française est réalisée par Titouan Schumacher (0+4) avec Atome Z qui termine 8ème.

L’histoire ne dit pas ce que le public local a pensé de la coiffure de Danielle Goldstein. Véritable oiseau de feu, elle réalise une belle opération en étant la plus rapide des quatre barragistes, tous double sans faute. Il n’y a bien que la Portugaise Luciana Diniz qui pourrait être mécontente puisqu’elle doit se contenter de la 4ème place avec Camargo 2.

Avec un petit cadeau souvenir de 201 300 €, Danielle Goldstein sacrée Dame de Shangaï a de quoi être satisfaite. Sa victoire a été acquise sur le fil. Huit centièmes de seconde seulement la sépare de Darragh Kenny… une simple foulée de moins sur le dernier obstacle a fait la différence.

Dans le camps tricolore on notera certes la contre-performance d’Olivier Robert contraint à l’abandon avec Eros et à l’inverse l’encourageante 16ème place de Kevin Staut en selle sur Calevo 2. Ce fils de Casall de 10 ans, dont on suivra avec attention l’évolution, a été amené au haut niveau par le Polonais Jaroslaw Skrzyczynski avant de passer entre les mains du numéro 1 français en février de cette année.

Le classement complet, ici.

Steve Guerdat poursuit sa course en tête de la hiérarchie mondiale

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Steve Guerdat, numéro 1 mondial serein.

Et de cinq. Pour le cinquième mois consécutif, Steve Guerdat est numéro 1 mondial dans la discipline reine de l’équitation, le saut d’obstacles. « Pourvu que ça dure » disait, avec l’accent Corse, la mère de Napoléon à propos du règne de son impérial rejeton. Philippe Guerdat a trop d’éducation et de réserve pour confier son sentiment sur la réussite de son fils qui non seulement se maintient mais creuse l’écart (+ 300 points) avec son concurrent direct, le suédois Peder Fredricson. Le nouveau sélectionneur de l’équipe du Brésil, doit pour autant éprouver une fierté paternelle bien légitime. Car plus qu’un succès passager, le Jurassien est entré dans une spirale positive qu’il espère maintenir jusqu’au Jeux de Tokyo.

Le chemin est encore long mais l’ambassadeur de choc de la maison Rolex continue à semer ses petits cailloux : une troisième Coupe du monde en avril à Göteborg avec Alamo, un cheval d’expérience et dernièrement, une deuxième place dans le GP 4* de Saint-Tropez avec une jeune jument à ce niveau de 9 ans, Flair. La force du Suisse est bien là : avoir mis en place un système qui lui permet de travailler dans la sérénité avec un piquet de chevaux qui se renouvelle.

Le contraste est hélas saisissant avec son ami Kevin Staut engagé aujourd’hui dans une période de transition qui se paye cash en termes de résultats. La conséquence logique est l’inexorable recul enregistré par la français dans le classement mondial (16ème, moins deux places) alors que le caractère inamovible de sa présence dans les 10 meilleurs mondiaux était un peu sa marque de fabrique. Et pourtant même malmené, le Normand reste le meilleur atout de l’équitation tricolore, talonné par Simon Delestre 19ème. Ne viennent ensuite dans les 50 premiers que Julien Epaillard (36ème) et, la bonne surprise, Alexis Deroubaix (47ème). Certes, il ne faut pas prêter une importance qu’il n’a pas au classement permanent mais ce système offre néanmoins une photographie objective de l’état des forces en présence. A ce titre l’effacement de la France des nations majeures semble une réalité malheureusement renforcée par le retrait progressif de grands propriétaires qui ont beaucoup dépensé ces dernières années pour offrir aux cavaliers hexagonaux des montures de premier plan.

Le classement complet, ici.

A 72 ans, Ian Millar met un terme à sa carrière internationale

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Ian Millar et Dixson lors des JEM de Caen (2014)

Ian Millar ne participera plus à des compétitions internationales. Le canadien l’a annoncé aujourd’hui, dans sa 72èmeannée. Avec 10 sélections olympiques au compteur, 7 championnats du monde et plus de 200 Coupes des nations, Captain Canada est le compétiteur de tous les superlatifs avec une longévité au plus haut niveau, presque 50 ans, qu’il sera très difficile d’égaler.

Tout autant que la longévité sportive de ce cavalier à la silhouette longiligne (1m85) aisément identifiable par le port de son célèbre Stetson et ses bottes au revers en crocodile, ce qui constitue une extraordinaire performance, c’est son maintien au plus haut niveau.

C’est assurément « le système Millar » qu’il conviendrait d’analyser en finesse. Tant dans l’entretien physique du corps de l’athlète que dans l’organisation de ses écuries qui lui a permis tout au long de ces années de renouveler régulièrement son piquet et de disposer de chevaux performants. Sur le plan sportif, Ian Millar, et c’est une très belle leçon, aura su compenser la lente érosion de ses capacités physiques par l’accumulation d’une incroyable expérience. Une véritable leçon de vie.  

La retraite internationale, il y a déjà quelques années qu’il y pensait mais finalement il aura fallu attendre 5 ans avant qu’il prenne cette décision difficile. A lui désormais de tenir sa promesse, pas question d’arrêter complétement mais, continuer de faire quelque chose autour du monde du cheval.

Guillaume Foutrier accroche sa 4ème étoile dans le Hubside Jumping

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Guillaume Foutrier (archives)

Guillaume Foutrier est du genre discret mais efficace. Habitué désormais des grands rendez-vous, à 43 ans le vice-champion de France 2015 a gravi ce week-end une marche dans sa carrière (actuellement 83èmemondial) en s’adjugeant le Grand Prix 4* du Golfe de Saint-Tropez associé à son cheval de tête Valdocco des Caps. Le Français devance Piergiorgio Bucci (Deniro), 2ème, et son compatriote Marc Dilasser (Arioto), 3ème.

Passé par le Haras des Princes et après avoir longtemps travaillé avec Patrick Caron, Guillaume Foutrier désormais installé au Haras de Lannay près de Lille s’est fait remarquer du grand public en 2018 en décrochant une superbe septième place dans le très réputé Grand Prix Coupe du monde de Lyon. Un fait d’armes réalisé encore et toujours avec son fidèle Valdocco des Caps, un hongre bai de 10 ans par Number One d’Iso un Prince.

La victoire acquise ce week-end dans le sud par ce Nordiste égaré n’avait rien de touristique. La dotation de l’épreuve (150 000 €) avait de quoi aiguiser bien des appétits et chacun des 50 couples au départ de l’épreuve pouvait logiquement croire en ses chances. 7 seulement ont pu déjouer les pièges du chef de piste Uliano Vezzani et se qualifier pour le barrage. A ce petit jeu-là Guillaume Foutrier a su prendre les risques nécessaires pour signer un chrono rapide vierge de toute pénalité. Un barrage superbe, d’une grande maîtrise technique alliée à une monture trés bondissante, bref un peur plaisir pour les yeux.  Le Nordiste, à l’issue, pouvait se féliciter de son choix technique. « C’était la première fois que je remettais le hackamore. Il (Valdocco ndlr) a donc retrouvé toute sa liberté pour galoper et nous avons ainsi retrouvé une superbe qualité de saut ! » se réjouissait le vainqueur que l’on retrouvera avec plaisir prochainement au Touquet et à La Baule.

Le classement complet, ici.

 

 

 

 

Patrice Delaveau remporte le CSI 4* de Grimaud

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Remise des prix en présence des propriétaires du Haras des Coudrettes. Crédit : HUBSIDE JUMPING / Marco Villanti

Pour ceux qui croient dans les symboles, les 4 victoires signées cette semaine dans le Hubside Spring Tour (Golfe de Saint Tropez) par Patrice Delaveau, dont l’une dans le Grand Prix 4* dominical du week-end Pascal avec Aquila HDC, ne trompent pas. Le retour sur le devant de la scène du vice-champion du monde de Caen se confirme. Et avec lui une forme de renaissance du Haras des Coudrettes qui annonçait le même week-end retirer Ayade de Septon HDC à Kevin Staut pour la confier à Valentine Delaveau, c’est à lire ici.

Côté sportif, on est dans le très classique. Un concours de rêve tant au niveau des installations que du cadre, un plateau solide avec 50 cavaliers issus de 20 nations différentes dont Steve Guerdat, numéro 1 mondial et récent vainqueur de la finale Coupe du monde. Toutes les conditions étaient donc réunies pour du beau spectacle et celui-ci a bien eu lieu. La victoire de Patrice Delaveau est à cette aune. Acquise au couteau dans un barrage à 15 concurrents, c’est-à-dire un peu trop. Mais qu’importe. Seul le résultat compte et il ne peut que nous réjouir. Steve Guerdat doit se contenter de la deuxième place mais le Jurassien signe cet excellent résultat avec Flair, une nouvelle jument de seulement 9 ans qui fait ses débuts à ce niveau de compétition. Pas mal ! La troisième marche du podium revient pour sa part au Brésilien Eduardo Menezes (H5 Chanagus) alors Philippe Rozier (Cristallo A LM) et Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), dans le même centième, sont condamnés à se partager la 4èmeplace.

Côté coulisses, si important, la présence des époux Perron-Pette à la remise des prix aux côtés de leur fidèle champion Patrice Delaveau ne trompe pas. Une page se tourne avec Kevin Staut, une autre continue à s’écrire avec la famille Delaveau. La vie somme toute avec son lot de déceptions mais aussi, de promesses.

Les résultats complets du GP, ici.

Le Grand National de Vichy pour Marc Dilasser

Marc Dilasser /Utah van de Rock

En ce week-end des 13 et 14 avril, la caravane du Grand National faisait étape à Vichy. Depuis l’engagement d’un lourd programme de rénovation et l’abandon de la piste en herbe pour une piste en sable tous temps, les installations du Sichon et ses tribunes de style Eiffel, au cœur de la ville thermale, offrent un très beau et fonctionnel plateau technique. Les cavaliers ne s’y sont pas trompés puisque 74 couples se sont affrontés dans la Pro Elite Grand Prix (1,50m) point d’orgue de 4 journées de compétition organisées de main de maître par la SHF. Du monde donc et du beau monde. Et en toute logique c’est un cador du jumping tricolore qui s’impose en la personne de Marc Dilasser avec son cheval de tête, l’étalon Utah van de Rock que l’on a pu apprécier en 5*.

La victoire a un cavalier capé et expérimenté et la seconde place à une jeune pousse (20 ans) en pleine ascension, le Stéphanois Jean Xhémal associé à sa très bonne Reine de Maucour (Robin II Z). Sur la troisième marche on retrouve avec Thomas (31 ans) un représentant de la famille Lambert, classé tout au long du concours. Le cavalier de l’écurie GEM signe sa performance dans le GP avec Univers de Ch’ti (L’Arc de triomphe).

Avant d’en arriver là beaucoup de concurrents se sont cassés les dents sur le parcours dessiné par Michel Chambon. Le triple notamment, positionné en fin de tour, a largement contribué à assurer un barrage réduit (sept participants) dans lequel ne figuraient ni Olivier Robert, ni Mathieu Billot malgré ses trois meilleurs chevaux dont Quel Filou 13, auteur d’un superbe tour mais privé de barrage pour un point de temps dépassé.

Ce scénario rappelle qu’en équitation rien n’est jamais acquis et quel que soit les palmarès, les choses restent ouvertes. Benoit Cernin vainqueur des deux premières étapes du Grand National a certes dû laisser filer la troisième. Il serait erroné de voir là une contre-performance. Le Bourguignon classe ses 3 chevaux respectivement 9, 12 et 18èmes.

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Le podium avec de gauche à droite : Jean Xhémal (2ème), Marc Dilasser (1er), Thomas Lambert (3ème).

Côté coup de cœur, la prestation de Maelle Martin et de Come on jumper un hongre de 9 ans par Comme il faut s’est révélée très convaincante même si elle ne se concrétise que par une 9èmeplace.

Ce couple est à garder à l’œil. Prochaine étape du Grand National : Cluny du 26 au 28 avril.

Le classement complet, ici.

Simon Delestre 6ème à Mexico

Jérôme Guery on Quel Homme de Hus

Jérôme Guéry /Quel Homme de Hus. Crédit Stefano Grasso-LGCT

Seul Français engagé dans le Grand Prix du Global Champions Tour de Mexico, Simon Delestre, associé à Ucello de Will se classe 6èmeà l’issue d’un barrage ouvert à 12 concurrents. L’épreuve est remportée par le Belge Jérôme Guéry (Quel Homme de Hus) devant l’Egyptien Abdel Saïd (Venise du Reverdy) et le Néerlandais Harrie Smolders (Don VHP).

Qu’on aime ou qu’on n’aime pas la philosophie mercantile du Global Champions Tour, force est de reconnaître le professionnalisme d’un circuit qui se déroule toujours de manière parfaite dans des cadres justes exceptionnels. Une piste en herbe immense, des tribunes avec un air sud-américain sur fond de buildings, et un soleil omniprésent, pas de doute on est bien à Mexico, sur le site de Campo Marte. Ce cadre grandiose a-t-il joué un rôle relaxant sur Simon Delestre ? Peut-être. Parti en numéro deux le Lorrain signe certes le premier sans-faute de l’épreuve mais surtout un tour d’école avec Uccello de Will, un Selle Français hongre de 11 ans par Marlou de Etisses. Ici pas besoin de pousser ou de tirer, juste de serrer un peu les courbes pour entrer dans le temps imparti. Le couple est en mode démonstration et décroche avec facilité sa qualification pour le barrage.

Compte-tenu de la dotation de l’épreuve (102 630 € au premier) on se dit que les vieux démons vont démanger le Lorrain et que celui-ci va prendre tous les risques. Procès d’intention. Simon Delestre n’est pas décidé à mettre dans le rouge sa monture prometteuse arrivée sous sa selle fin 2018 après avoir eu comme cavalier Pedro Veniss. Le Tricolore signe un nouveau sans faute en 42’65, un temps qui le relègue en milieu de classement : 6èmesur 12 classés (31 partants). Son copain Jérôme Guéry a moins d’états d’âme et prend tous les risques. Ça passe (39’57).  Le Belge remporte son premier GP 5* avec Quel Homme de Hus, un Holsteiner de 13 ans par Quidam de Revel.

Le classement complet, ici.

 

 

 

 

 

 

Steve Guerdat sur le toit du monde à Göteborg

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Tour d’honneur pour Steve Guerdat et Alamo. Crédit photo : FEI/Liz Gregg

Numéro 1 mondial en titre, Steve Guerdat a remporté ce dimanche, face à une concurrence féroce, la finale Coupe du monde à Göteborg attestant ainsi sa domination de la tête et des épaules de la discipline. Bravo aux organisateurs et aux compétiteurs qui nous ont fait vivre un grand moment de sport, riche en rebondissements et en émotions. Ce résultat loin d’être acquis au départ doit être mis en (grande) partie au crédit du chef de piste Espagnol Santiago Varela qui, en véritable metteur en scène, aura su mettre les acteurs en valeur et écrire un scénario d’une rare intensité. Le sacre du Jurassien, le troisième pour une finale Coupe du monde, ne doit pas éclipser ceux qui le suivent de près. A commencer par son jeune compatriote, Martin Fuchs (Clooney 51), deuxième, et celui qui aurait tant aimé s’imposer devant son public, le Suédois Peder Fredricson (Catch me not S).

Il serait tout aussi injuste de faire abstraction des performances réalisées pendant ces quelques jours par d’autres cavaliers. On pense ainsi à Daniel Deusser (Tobago Z) et à Beezie Madden (Breitling LS) pour la fluidité et la précision de leur monte mais aussi à Olivier Philippaerts qui après les 11 points de pénalité en première manche avec Legend of Love a redressé la barre pour signer un superbe sans faute en deuxième partie. Comment également ne pas saluer la trajectoire d’Eduardo Alvarez Aznar (Rokfeller de Pléville Bois Margot) surprenant leader d’un jour (vendredi) dont la régularité dans son ascension dans la hiérarchie mondiale ne peut qu’enjouer la péninsule ibérique. Il termine cette édition 2019 à la huitième place. Autre élément notable, la bonne tenue des  jeunes pousses américaines (Eve Jobs et Kelli Cruciotti) mais surtout, la révélation polonaise, Jaroslaw Skrzyczynski (41 ans). Attention, à l’Est, il y a du nouveau.

Enfin, il faut bien parler de nos Tricolores même si le pluriel est presque de trop puisque Kevin Staut a préféré jeter l’éponge en cours de route, Edesa’s Canary n’étant pas des plus à l’aise sur la piste du Scandinavian stadium. Restait donc seul en lice Olivier Robert qui aura acquis une expérience importante pour la suite. Certes l’Aquitain termine à la 13èmeplace mais Tempo de Paban aura marqué les esprits par la qualité de ses parcours. Après une première manche ratée, peut-être trop de fébrilité de la part du cavalier, Olivier Robert a retrouvé les boutons et signé une deuxième manche convaincante avec son fils de Jarnac de 12 ans. Assurément, ce cheval est à suivre de très prés.

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Olivier Robert et l’incroyable Tempo de Paban (archives)

Reste le cas de l’homme du jour, Steve Guerdat. Déterminé, méticuleux dans sa préparation des grandes échéances, le Jurassien confirme son statut à part dans la planète équestre. Aujourd’hui il est entré dans le petit cercle des triples vainqueurs de la Coupe du monde. A 36 ans seulement le Jurassien endosse un statut particulier entre légende vivante et Federer du jumping. S’il continue sur cette lancée il sera l’un des favoris pour les JO de Tokyo 2020 pour lesquels il est déjà qualifié et où il retrouvera comme chef de piste, un certain Santiago Varela. Un brin dépité malgré sa troisième placeau classement final, le Suédois Peder Fredricson, partageait ce soir à propos du vainqueur un étonnant sentiment mélange de respect et d’impuissance. « Quand Steve monte ainsi, les autres n’ont pas grand-chose à espérer. » Venant du champion d’Europe 2017, la remarque doit être méditée.

Le classement complet, ici.

Steve Guerdat prend la main dans une finale Coupe du monde en demi-teinte

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Steve Guerdat et Alamo. Crédit photo : FEI/Liz Gregg.

Ça commence bien pour Steve Guerdat. A l’issue d’un tour rapide et sans pénalités le Jurassien, associé pour l’épreuve de chasse à Alamo, a pris la tête de la finale Coupe du monde qui se déroule à Göteborg (Suède). Le numéro un mondial est talonné par un infernal trio belge composé de Pieter Devos (Apart), Olivier Philippaerts (Legend of Love) et François Mathy junior (Casanova de l’Herse). Ça commence moins bien pour les deux seuls tricolores engagés Kevin Staut (Edesa’s Cannary) et Olivier Robert (Eros) respectivement 13èmeet 15ème.

Il y a le sport et puis il y a l’écrin dans lequel il se déroule. Et disons-le franchement, pour sa 41èmeédition les installations mythiques du Scandinavium de Göteborg avec sa forme ovale et surtout ses dimensions restreintes apparaissent comme surannées, inadaptées à un sport desservi par des configurations de bac à sable. Le faible nombre de participants, seulement 33, interpelle sur l’attractivité d’une finale qui aujourd’hui a perdu tout son lustre. Le niveau hétérogène des prestations de ce jour confirment le sentiment de malaise lié à des modes de sélection plus favorables à une représentation géographique mondiale qu’à une sélection des meilleurs. Le chef de piste, l’Espagnol Santiago Varela a bien fait tout ce qu’il pouvait en montant un tour très technique mais, outre le fait de ne pas mettre en valeur les chevaux, des dimensions aussi réduites n’offrent pas la possibilité de multiplier les options et donc d’offrir un spectacle sportif susceptible de faire vibrer les spectateurs.

Demain soir vendredi, également à 18h, la compétition se poursuivra par une épreuve au barème A avec barrage. Après une journée de repos samedi, les hostilités reprendront dimanche pour une finale en deux manches avec seulement 30 cavaliers dans la première à 14h puis la deuxième à 16h réservée aux 20 meilleurs.

Les résultats de la la chasse, ici.

Le classement provisoire, là.

Vainqueur du Grand Prix 3* de Gorla Minore, Thierry Rozier poursuit sa route vers Tokyo 2020

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Thierry Rozier à la remise des prix. Crédit : SASSOFOTOGRAFIE.it Gianluca Sasso.

Il la voulait, il l’attendait, il la désirait si fort. Aujourd’hui, c’est fait. Thierry Rozier à remporté dimanche 31 mars, en Italie, à proximité de Milan, le Grand Prix du CSI 3* de Gorla Minore. Une victoire au goût particulier pour ce jeune cavalier de 54 ans. Non pas pour avoir eu le plaisir de faire résonner la Marseillaise dans le ciel transalpin, il en a vu d’autres, mais parce que cette première place sur un podium complété par Scott Brash et Marc Houtzager a été acquise grâce à sa complice de 14 ans, Vénézia d’Ecaussines.

Pourquoi tant de bruit pour « une simple » victoire dans un 3* se demanderont certains ? Parce que, s’il est bien un cavalier atypique sur le circuit international c’est ce rejeton de la tribu des Rozier. A l’ombre des champions poussent aussi de belles personnalités. Différentes certes, mais d’autant plus intéressantes. Thierry Rozier appartient à cette catégorie. Au fil des ans il a su faire de sa sensibilité une force. Ce qui surprend c’est que, depuis le temps qu’il baigne dans le monde du cheval et du haut niveau, il ne soit pas blasé par tout cela. Son côté touche-à-tout et son passage dans les courses n’y sont sans doute pas étrangers. Mais quand même, revenir au haut niveau plus de 30 ans après l’avoir quitté n’est pas permis à tout le monde.

Il aura fallu pour cela une rencontre. Une belle rencontre. Celle de Vénézia d’Ecaussines. Cette jument belge « hors norme » à écouter son cavalier qui lui a donné cette envie folle de voir son nom en haut de l’affiche. Car c’est bien d’une histoire (classique) d’amour entre un cheval et son cavalier dont il s’agit. Une rencontre fusionnelle où l’homme et l’animal se rejoignent pour devenir Centaure. Et voilà Thierry Rozier, le frère cadet de Philippe qui se met à rêver de décrocher à son tour l’or olympique à Tokyo en 2020. Comme son père en 1976. Comme son frère, en 2016…

Un rêve fou ? Pas tant que ça. Thierry et Vénézia ont fait leurs preuves. Leur place de réserviste dans l’équipe de France présente aux jeux Mondiaux de Tryon à l’automne 2018 en atteste. Certains l’auraient vu comme un aboutissement, une reconnaissance. Pas Thierry qui au contraire considère cette sélection comme une simple étape avant quelque chose de plus sérieux.

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Thierry Rozier et Venezia d’Ecaussines dans le GP 5* de Lyon

Facétieux, bon vivant, l’homme qui avoue être un écorché vif, n’en est pas moins cérébral et connaît sa destination finale : la capitale du Japon. De la tête il va falloir en avoir pour gérer Vénézia non pas qu’elle soit compliquée mais parce qu’avec un seul pour les grosses épreuves il faut à la fois avoir des résultats pour rester dans les petits papiers du sélectionneur et préserver l’intégrité physique de sa monture.

Sur cette longue route, le couple vient de cocher une case supplémentaire. Il débute cette nouvelle année 2019 de belle manière. On ne peut que leur souhaiter bon vent pour la suite qui passera peut-être par les championnats d’Europe 2019. Une affaire à suivre …

Le classement complet, ici.

Patrice Delaveau, valeur sûre

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Patrice Delaveau et Urcos de Kerglenn*HDC. Saut Hermès 2019. Cliquer pour agrandir.

Qui ne connaît pas la formule anglophone « the winner takes it all » ? Les amateurs de disco penseront inévitablement à l’un des morceaux les plus connus du groupe Abba. Les sportifs, eux, savent que l’expression résume une situation frustrante dans laquelle le gagnant remporte la mise et tout ce qui va avec, notamment la lumière des projecteurs. On a pu le vérifier une nouvelle fois à l’occasion du Grand Prix du Saut Hermès. La lumière pour Simon Delestre et sa prestation époustouflante avec Ryan, une part d’ombre certaine pour les suivants dans le classement. Injuste ? Assurément. Notamment pour Patrice Delaveau relégué à la 11èmeplace pour une faute commise au barrage avec Urcos de Kerglenn*HDC. De plus en plus rare en 5* faute d’un piquet étoffé, le cavalier du Haras des Coudrettes a démontré qu’il n’en reste pas moins compétitif à ce niveau. Il faudrait juste que le vent de la chance vienne gonfler ses voiles pour que le vice-champion du monde de Caen retrouve des couleurs et sa place en équipe de France dans les rendez-vous majeurs.

Signe que le temps passe et que sa notoriété souffre un peu de son éloignement de la première actualité sportive, sa page Wikipédia mentionne encore Orient Express*HDCcomme son cheval de tête alors que celui-ci coule une heureuse retraite. Son remplaçant en titre, c’estAquila *HDC. Malheureusement ce fils d’Ovidius de 14 ans s’est blessé (tendinite) en juin 2018 lors du Grand Prix de Rotterdam après avoir remporté dans les six premiers mois de l’année le Grand Prix de Hong-Kong et celui de La Baule.

A l’issue d’une longue convalescence, l’alezan a fait son retour courant février dans le CSI 2* de Royan. Des interrogations naturelles subsistent toutefois sur sa capacité à revenir au plus haut niveau. Mécanique fine et subtile, les chevaux de haut niveau sont des porcelaines fragiles. Il faut donc croiser les doigts pour que le physique tienne.

A 54 ans, Patrice Delaveau est un cavalier accompli au riche palmarès mais aussi un homme mûr, empreint de sagesse. L’homme de cheval aurait pu se contenter de partager son savoir équestre avec sa fille Valentine que l’on retrouve dans les CSI 1* et 2* mais, avec son épouse Sabine, il s’est lancé dans une autre projet mené de front avec la compétition. A la rentrée scolaire prochaine, l’Académie Delaveau (un sport-études) accueillera ses premiers élèves, une douzaine, au Pôle international du cheval à Deauville. Une belle idée mais complexe à monter car les arcanes de l’éducation nationale prennent parfois des allures de parcours d’obstacles, notamment pour les aménagements d’horaires. Les Delaveau devraient toutefois s’en affranchir car si dans la famille on est discret, on n’en est pas moins efficace.

Le Grand Saut d’Hermès Ryan

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Hermès Ryan en route vers la victoire sous la selle de Simon Delestre. Cliquer pour agrandir.

C’est un peu sa maison, le Grand Palais. Et les concours à la maison ça donne des ailes même si on s’appelle Ryan à défaut de Pégase. Hermès, dont le bon goût à la Française est universellement reconnu, a incontestablement eu la bonne intuition en redonnant à cet emblématique monument parisien sa vocation première : celle d’accueillir des concours hippiques. La marque au célèbre H porte désormais l’un des CSI5* les plus prisés au monde. Sa deuxième bonne intuition aura été d’associer son nom à un petit bijou, Ryan des Hayettes, rebaptisé pour l’occasion Hermès Ryan. Et c’est à croire que le cheval et son cavalier en ont gardé une infinie reconnaissance. Après l’édition 2018, ils remportent de nouveau le Grand Prix 2019 pour le plus grand plaisir du public parisien… et des organisateurs.

Dire que c’est un dénouement innatendu ne relève pas du mensonge. Depuis l’épisode des Jeux olympiques de Rio, le fils d’Hugo Gesmerayn’a jamais retrouvé tout son éclat, comme si, dans le mystère des boxes du site de Deodoro, un ressort s’était cassé à tout jamais. Mais le grand cœur d’un petit cheval et la détermination de son cavalier font franchir des montagnes. La victoire acquise ce jour, à l’issue d’un interminable barrage à 15 concurrents, est à cette aune. Car comme en sciences, ce qui compte ce n’est pas de réussir une expérience ou un exploit sportif, mais d’être capable de le rééditer. La performance doit donc être saluée pour ce qu’elle est.

« Je suis vraiment fier de Ryan, a confié avec une certaine émotion Simon Delestre à l’issue de l’épreuve.Quel cheval de légende ! Il marque l’histoire du Saut Hermès de la plus belle des manières. Ça n’arrive pas souvent de gagner deux années de suite le même Grand Prix avec deux barrages comme ceux là. Il n’y a pas de mots. C’est beaucoup d’émotions et énormément de plaisir ! ll a encore fait un barrage incroyable ! J’étais tendu jusqu’à la fin du barrage car, en selle, on ne sait jamais vraiment à quelle vitesse on va. Ryan est un cheval rapide, mais ce n’est jamais gagné. Il y avait beaucoup d’excellents cavaliers au barrage. C’est vraiment incroyable ! Je n’ai pas pu partir très vite sur les trois premiers obstacles, pour ne pas lui demander d’efforts démesurés. Sur la suite du parcours, Ryan a été très rapide, notamment dans le tournant pour aborder le mur. Je me suis dit que ça venait comme l’année dernière (rires). J’espérais qu’il ne doute pas de moi ! Heureusement, il a encore répondu présent. C’était magique ! »

Un bonheur n’arrivant jamais seul, le camp français peut se réjouir également des sans faute de Patrice Delaveau (Urcos de Kerglenn *HDC) et plus surprenant de Kevin Staut qui s’est bien sorti d’une piste un peu étroite en largeur pour le grand gabarit d’Edesa’s Cannary. Pénalisés chacun d’une barre au barrage, ils terminent respectivement 11èmeet 10ème.

Notre esprit cocardier ne doit pas nous faire oublier les deux cavaliers présents aux côtés de Simon Delestre sur le podium. En premier lieu Christian Ahlmann dispose désormais avec Dominator d’une nouvelle monture de premier choix. Le nom n’est pas très engageant mais cet étalon noir de 10 ans par Diamant de Sémillyprésente une sacrée mécanique qui devrait faire le bonheur de son pilote dans les mois et années à venir. Sur la troisième marche du podium, on retrouve l’Espagnol Eduardo Alvarez Aznar qui semble prendre goût aux accessits puisqu’après sa 3èmeplace dans le Grand Prix Coupe du monde de Bordeaux en février avec Rokfeller de Pléville,il récidive à Paris cette fois avec Seringat.

Et le numéro 1 mondial dans tout ça ? Associé à Alamo, Steve Guerdat a préféré préserver son partenaire en évitant de la mettre dans le rouge au barrage. En Suisse, comme ailleurs, qui veut aller loin ménage sa monture. Le Jurassien a sans doute déjà la tête dans les prochaines finales à Göteborg. Il termine quand même 4ème. Excusez du peu.

Le classement complet, ici.

Revivez l’intégralité du Grand Prix ci-dessous :

Saut Hermès : Révolution de palais avec Olivier Perreau

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La Marseillaise pour Olivier Perreau et Venizia d’Aiguilly

Pour un coup d’essai sous la nef du Grand Palais, c’est un coup de maître. A l’issue d’une très belle saison 2018, Olivier Perreau, 32 ans, entame l’année 2019 sur les chapeaux de roue en remportant de belle manière l’épreuve qualificative (1m60 en deux manches) pour le Grand Prix dominical du Saut Hermès. Une victoire signée avec sang-froid devant les ténors du circuit 5* qui transforme le statut du Roannais (Loire) en le faisant passer d’invité à titulaire.

Séquence émotion pour le clan Perreau. Pour Emilie son épouse mais également pour ses parents, Claude et Chantal, puisqu’en plus de la réussite du fils, cette victoire est signée avec un pur produit de l’élevage maison (affixe d’Aiguilly) : Venizia d’Aiguilly, une fille de Diamant de Semilly de dix ans.

Olivier Perreau et Venizia d’Aiguilly sur l’obstacle Hermès

Avant d’en arriver là, Olivier Perreau (245èmemondial) devait absolument reproduire rééditer en seconde manche un parcours sans pénalité et ce en moins de 46 secondes pour devancer l’Irlandais Mark Mcauley, en tête du provisoire en 46’’09. Doté d’un mental d’acier, le Français, loin de fléchir, a pulvérisé le chronomètre en signant un nouveau temps de référence : 42’’72 ! Il réalise au passage l’une des plus belles victoires de sa carrière avec une jument née à la maison. « Ce jour restera gravé ! Je suis content car c’est une victoire familiale, confie ému Olivier Perreau. Je voudrais remercier mes parents et toute ma famille qui travaille pour moi. Ils sont tous là aujourd’hui, c’est une belle récompense ! Ma jument est rapide naturellement. Il y avait une option pour aborder l’avant-dernier obstacle. Je savais que Mark (Mcauley) l’avait choisie. J’ai dû prendre tous les risques. Je suis très heureux d’avoir été plus rapide que Mark ! »

Le classement complet, ici.

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Tour d’honneur, sourire aux lèvres, pour Olivier Perreau

Sadri Fegaier lance de nouveaux CSI sur la Côte d’Azur

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Le maestro Uliano Vezzani

Les grillons de Valence s’exportent. Sadri Fegaier, le fortuné homme d’affaires propriétaire du Haras des Grillons dans la Drôme provençale ne se satisfait plus de son très beau Jumping de Valence (CSI 4 et 5*). Ce cavalier et entrepreneur, amateur de soleil, étend ses activités d’organisateur en proposant un nouveau circuit de CSI 2 et 4* qui se dérouleront à Grimaud, à côté de Saint-Tropez courant avril 2019. L’élaboration des pistes sera confiée au réputé et sympathique chef de piste transalpin, Uliano Vezzani (photo).

N’en jetez plus, la cour est pleine. Décidément les amateurs de CSI ne sauront plus où donner de la tête car avec le Hubside Spring Tour du 17 au 21 puis du 25 au 28 avril, le calendrier des épreuves internationales sur le sol français, déjà bien chargé, sera des plus fournis. Compte-tenu de la localisation, des dotations et du savoir-faire de l’équipe du haras des Grillons emmenée par Eleonora Ottaviani, efficace directrice sportive, les demandes de participation ne devraient pas manquer.

Une actualité à suivre directement sur Facebook (HubsideJumping).

 

Henrik von Eckermann et Mary Lou affirment leurs ambitions à Bois-le-Duc 

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Henrik von Eckermann et Mary Lou (archives)

C’est ce qu’on appelle un pari réussi. En 2016, Henrik von Eckermann prenait la décision, difficile, de quitter les écuries de Ludger Beerbaum pour s’installer à son compte. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et le Suédois ne doit pas regretter son choix. Grâce à ses généreux sponsors, la famille Tovek, Eckermann dispose avec Mary Lou d’une monture à très gros potentiel. Si Tokyo est l’objectif suprême, en attendant il faut faire bouillir la marmite. La disette n’est pas pour tout de suite. Après le Grand Prix d’Amsterdam fin janvier, le couple infernal, réussit une très belle opération en remportant ce week-end le très doté CSI 5* de Bois-le-Duc (Pays-Bas). Avec cette nouvelle victoire, le Scandinave repart avec un chèque de 297 000 €. Autant dire que le mariage à venir avec la Suissesse Janika Sprunger, annoncé le 19 février dernier, devrait connaitre un certain faste.

Le classement complet, ici.

Beezie Madden, prête pour Göteborg

Beezie Madden et Breitling LS vainqueurs de la Coupe du monde 2018.

Il y aura bientôt un an, en avril 2018, Beezie Madden, avec un sang-froid remarquable, dominait de bout en bout les finales de la Coupe du monde à l’AccordHotels Arena de Paris-Bercy. Cette victoire n’avait pas le charme d’une première pour l’américaine de 54 ans qui avait déjà soulevé le trophée en 2013 à Göteborg mais l’air de Paris au printemps avait ce « je ne sais quoi » qui fait battre un peu plus vite le cœur d’un étranger dans la ville lumière.  Dans un mois la reine Beezie remettra son trophée en jeu… à Göteborg. L’échéance a été préparée avec soin par le team Madden qui aimerait bien s’offrir un formidable doublé.

La ville suédoise a défaut du charme parisien a l’exotisme des contrées lointaines. Ces dernières années les pays scandinaves se sont essayés avec succès à la réalisation de séries policières. La Coupe du Monde 2019 a tout pour s’inscrire dans cette veine. Par le format de l’épreuve tout d’abord. Quatre longues journées à rebondissements où tout, ou presque, peut arriver, balayant au passage les stratégies les plus élaborées et les préparations les plus abouties. Par l’homogénéité du niveau des cavaliers et des montures ensuite. Il serait bien imprudent à ce jour d’être tranché dans ses pronostics. Même le regretté Oma Sharif ne s’y aventurerait pas.

A défaut de certitudes, Beezie Madden, très pragmatique, a choisi de mettre un maximum de chances de son côté. Bien que qualifiée automatiquement pour cette finale en raison de sa victoire de l’an passé, la résidente de l’état de New-York a pris un maximum de précautions en s’astreignant à courir les qualifications. Bien lui en a pris puisqu’elle termine celles-ci en tête de la côte Est de l’Amérique du Nord, la plus difficile.

Cavalière expérimentée, Beezie abordera Göteborg avec un piquet de chevaux affûté. Breitling LS avec lequel elle remportait Paris est, à 12 ans, largement dans le coup. Mais la petite fille de l’Oncle Sam, 9èmeau classement mondial permanent, peut aussi compter sur Chic, Coach ou Darry lou. Autant d’atouts dans sa manche qui doivent amener à considérer miss Madden comme une redoutable concurrente.

Pas d’emballement. Comme le rappelait fort à propos la championne il y a un an à Bercy, « le saut d’obstacles n’est pas une science exacte ». Il y a des hauts et des bas pour le cavalier mais aussi pour le cheval. « Parfois, tu ressens que quelque chose ne va pas pour lui dès le matin en le voyant, ou à l’échauffement ». C’est ce qu’on appelle la glorieuse et passionnante incertitude du sport.

Félicie Bertrand sur le sentier de la gloire

Félicie Bertrand et Sultane des Ibis lors du Jumping de Bordeaux.

A priori ce n’est pas facile de se faire un nom surtout quand son patronyme est aussi un prénom. A ce petit jeu-là, Félicie Bertrand tire pourtant son épingle du jeu. La trentenaire a été propulsé sur le devant de la scène internationale équestre suite à un incroyable concours de circonstances. La fin de la collaboration entre la famille Mégret et Pénélope Leprevost mais aussi, son entente fusionnelle avec Sultane des Ibis, une jument hors-normes. La victoire ce week-end dans le Grand Prix du CSI3* de Montpellier confirme qu’une Normande peut en cacher une autre et que la victoire de Félicie Bertrand à Bordeaux n’était le fruit du hasard mais marque au contraire le début d’un beau parcours sportif. Autant dire que ce nouveau couple phare de l’équitation tricolore sera particulièrement attendu et surveillé lors de sa prochaine sortie, sous la verrière du Gand Palais, à l’occasion du Saut Hermès.

Le classement du Grand Prix, ici.

Steve Guerdat, numéro 1 mondial droit dans ses bottes

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Steve Guerdat en selle sur Bianca

Son parcours est fidèle à l’adage selon lequel bon sang ne saurait mentir. Steve Guerdat tient de son père et de son milieu familial plus que de simples qualités de cavalier. Il partage avec lui la rectitude des belles âmes. Celles qui ont des valeurs et qui les respectent. Numéro 1 mondial pour le troisième mois consécutif, le Jurassien ne doit ce résultat qu’à lui-même.  Sans compromissions de toute sorte. Sans rien changer à sa façon d’être et de travailler, à son franc-parler et à son rejet d’un système où l’argent à tendance à prendre le pas sur l’éthique. Numéro 1 mondial donc mais sans bricoler les chevaux, sans leur tirer sur le physique jusqu’à la blessure ou la retraite anticipée pour une histoire de gains. Sans faire sortir le carnet de chèque à ses sponsors pour aller courir sous le soleil et dans un luxe ostentatoire les étapes du Global Champions Tour.

Il y a, à ce titre, chez ce Suisse-là des qualités qui ne peuvent que séduire des Français attachés à la méritocratie et paradoxalement à une modestie dans la réussite. Chez les Guerdat, on est des bosseurs. Pas de cuillère en argent dans la bouche à la naissance. Les biens matériels et la situation acquise ne relèvent pas d’un héritage mais sont le fruit d’un labeur quotidien. Certes, la petite entreprise a pris de l’ampleur mais demeure une PME fidèle à ses valeurs familiales qui tranche avec ces grosses fortunes ou ces enfants de grosses fortunes qui viennent chercher dans le jumping une occupation, un peu d’adrénaline quand ce n’est pas un simple moyen de dépenser un argent dont on ne sait quoi faire.

Dans le foot on pourrait comparer Steve Guerdat à ces clubs qualifiés de petits poucets où l’amour du maillot, le fait de savoir le mouiller mais aussi le respect des entraîneurs, des coéquipiers du club et de ses spectateurs donnent une force qui fait gravir des montagnes et battre les grosses cylindrées de Ligue 1.

Mais attention, Steve Guerdat ce n’est pas pour autant David contre Goliath. L’aisance matérielle est venue avec le temps. Depuis 2017 le champion olympique (en individuel à Londres en 2012) dispose de ses propres installations dans le canton de Zurich (cf vidéo ci-dessous) et peut s’appuyer sur un remarquable et enviable piquet de chevaux de Grand Prix (Alamo, Bianca, Corbinian, Hannah, Ulysse des Forêts…). Si le travail paie toujours, les valeurs aussi, parfois. Le Jurassien peut également compter sur de riches mécènes comme le milliardaire Walter Frey pour ne pas avoir à craindre le départ soudain d’un crack à l’issue d’une offre alléchante.

A 36 ans seulement ce surprenant fan de Johnny Cash jouit d’une sérénité rare pour un athlète de haut niveau. Le seul risque au fond serait qu’il forme avec son ami Kevin Staut une sorte de club de dernier des Mohicans et que ce rang de numéro 1 mondial soit à moyen terme le chant du cygne d’une équitation à l’ancienne, passionnée et engagée, mais condamnée.

Danielle Goldstein, les plumes de la discorde

WEG Group Shot-11 Danielle Goldstein, aisément reconnaissable par sa chevelure colorée, entourée par ses coéquipiers des Jeux équestres mondiaux de Tryon. Crédit photo : Phelps Média Group/ Israel Equestrian Federation.

Danielle Goldstein est une cavalière du circuit 5* relativement peu connue en Europe et en France. Bien à tort. Peut-être vous êtes-vous demandé mais qui est donc cette fille avec des plumes colorées dans les cheveux ? Dani, bien évidemment. Ne vous fiez pas pourtant à l’excentricité du personnage. Celle-ci cache une cavalière déterminée, à forte personnalité, mais aussi une compétitrice redoutable (43èmemondiale) qui vise haut, très haut. Objet de commentaires peu complaisants sur les réseaux sociaux mettant en cause son originalité, elle a été défendue cette semaine par son coéquipier Daniel Bluman. La cavalière est en effet à l’origine de la création de l’équipe nationale Israélienne de saut d’obstacles, un vrai tour de force.

Côté pile il y a la compétitrice qui a fort bien démarré l’année 2019 puisqu’elle a remporté le 23 février dernier, pour la deuxième année consécutive, le Grand Prix du CSI 5* de Wellington (Floride) sur Lizziemary.  A 16 ans seulement, elle remportait son premier Grand Prix s’ouvrant ainsi de belles perspectives. Mais les études universitaires l’ont éloigné quelque temps des chevaux. L’envie de faire autre chose également car l’adolescente d’alors a bien conscience de son absence de vie sociale du fait de sa passion chronophage. Elle y revient par la suite, comme beaucoup. Mais le retour pourtant n’est pas évident, perte des automatismes et surtout de la confiance constituent des obstacles imprévus. Elle les surmonte à force de sacrifices et de travail. Grâce aussi à l’accompagnement de Todd Minikus, une figure du saut d’obstacles aux Etats-Unis. Deux ans et demi plus tard, Danielle Goldstein était revenue dans le grand bain.

off En 2014, lors de sa participation aux jeux équestres de Normandie, Danielle Goldstein affichait un style beaucoup plus classique.

L’appétit vient en mangeant. Dani ne cache pas ses objectifs : aller aux Jeux olympiques et ramener une médaille. En 2010, elle opte pour la nationalité Israélienne avec la ferme intention de créer une équipe. Le pari est osé car si la fédération équestre israélienne existe depuis un demi-siècle, le pays compte peu de cavaliers professionnels de haut-niveau. A force de démarchage, le pari est gagné en 2014 avec pour la première fois la participation d’une équipe frappée de l’étoile de David (Elad Yaniv, Danielle Goldstein, Gabby Salick, Edouard de Rothschild) dans une Coupe des Nations. Par la suite des poids lourds rejoignent ces pionniers. Lors des derniers Jeux Equestres Mondiaux de Tryon, à l’automne 2018, le groupe (cf photo) constitué de Daniel Bluman, Danielle Goldstein, Ashlee Bond et Alberto Michan termine à la 13èmeplace sur 23.

Côté face, on vous a prévenu et l’intéressée l’assume, Dani Goldstein est un peu excentrique.  Comme aurait dit notre regretté Johnny national, « cette fille-là, elle est terrible ». Passe pour les bottes et les habits, ce qui retient l’attention, ce sont les rajouts de plumes dans les cheveux. La majorité des professionnels en sourient et, à l’image de Todd Minikus et Daniel Bluman, et invitent l’intéressée à ne rien changer, d’autres saluent une bouffée d’air frais dans un milieu corseté par les traditions et le bon goût officiel.

« J’ai toujours eu un problème avec l’autorité » s’en amuse Danielle à désormais 34 ans même si certaines piques auraient tendances à l’agacer fortement. Mais peu importe. Les attaques dont elle est victime ont poussé Daniel Bluman à se fendre d’un post pour défendre sa co-équipière. « La diversité est saine. Etre différent, c’est bien » écrit-il notamment. Il y avait une équipe israélienne sur le papier. Il y a désormais un esprit d’équipe affiché et cela constitue une nouvelle victoire pour la fantasque Danielle Goldstein.

 

Kevin Staut imprime sa marque à l’IJRC

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Kevin Staut, Président de l’IJRC

On ne présente plus le Kevin Staut le cavalier. Tout ou presque a été dit sur l’athlète même si dernièrement sa prise d’autonomie du Haras des Coudrettes et sa nouvelle coopération avec les marchand suisse Grégoire Oberson laissent deviner une volonté d’entreprendre qui tranche avec le cocon doré précédemment offert par la famille Perron-Pette. Toutefois, c’est dans un autre registre, celui de président du Club international des cavaliers de saut d’obstacles (IJRC), que le Normand révèle une autre facette de sa personnalité. Le long entretien accordé au site scandinave Worldofshowjumping.com à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de cette association qui regroupe l’élite des cavaliers mondiaux dévoile un Kevin Staut très politique, au sens noble du terme.

Il y a bien sûr la façon dont les Français perçoivent leur champion, forcément subjective, et le regard posé par les extérieurs. Sans trop de surprise, celui-ci est positif. Parce que Kevin Staut c’est un athlète performant, une des stars du système et une vraie personnalité. De là à en faire un bon président de l’IJRC, ce n’était pas si évident. Parce que cette association qui a son rond de serviette à la FEI ne se réduit pas à un club de copains cavaliers qui se réunit de temps en temps autour d’un verre ou d’un bon repas. C’est aussi une structure qui a un rôle important à jouer dans le délicat équilibre à trouver et à maintenir entre instances sportives, organisateurs et athlètes. A titre personnel, Kevin Staut, tout comme son ami Steve Guerdat, y a ajouté une mission à ses yeux essentiels : la défense d’une certaine éthique sportive bousculée depuis quelque temps par une pression financière accrue.

Force est de constater que depuis fin 2017, date de son élection, Kevin Staut a trouvé ses marques tant sur le fond que sur la forme. Selon le site Worldofshowjumping le Français présente un côté gentleman, soit comme le définit le dictionnaire un homme de parfaite éducation, qui fait preuve de réserve et de distinction dans ses manières, allié à un « franc-parler civilisé ». Un bel oxymore pour dire que Kevin Staut a la capacité de dire des vérités crues en respectant les canons de la politesse. En vocabulaire équestre, on parlerait de main de fer dans un gant de velours. Il est incontestable que sous sa présidence l’IJRC a retrouvé des couleurs à un moment délicat pour l’âme des sports équestres que certains sont prêts à sacrifier sur l’autel de l’argent. Les polémiques sur la répartition des invitations dans les CSI ainsi que sur le montant des engagements ont été l’occasion de faire entendre la voix des cavaliers.

Kevin Staut, en homme cultivé et avisé, a bien compris que la première des batailles à mener pour gagner la guerre est celle de la communication. Grâce à sa notoriété, il s’y emploie avec succès. Loin d’être un dogmatique, sa ligne politique en vrai pragmatique à la fois ferme et mesurée, en fait aujourd’hui un acteur écouté et respecté au-delà du cercle des cavaliers. Tout est affaire d’équilibre comme être présent dans les instances de la FEI mais aussi en dehors de celles-ci lorsque les intérêts, pour des raisons multiples, divergent. A ce jeu tout en finesse, Kevin Staut excelle et, ce qui ne gâche rien, semble trouver à l’exercice un réel plaisir. Un grand champion est aussi, il est vrai, un grand stratège.

Philippe Guerdat reprend du service avec les Brésiliens

Philippe Guerdat n’a pas eu besoin des petites annonces de l’Équipe pour trouver un nouvel employeur.

On connaît le dicton : le malheur des uns, fait le bonheur des autres. L’éviction surprise et inélégante de Philippe Guerdat du poste de sélectionneur de l’équipe de France n’a donc pas entraîné de longue traversée du désert pour le Jurassien. La fédération équestre brésilienne a saisi la balle au bond et réussi une belle opération en s’adjugeant les services d’un technicien et meneur d’hommes hors pair. Elle n’a pas manqué de le faire savoir à travers un communiqué diffusé le 21 février.

C’est un nouveau challenge sportif qui s’ouvre pour le Suisse de 67 ans : assurer la qualification de l’équipe nationale brésilienne pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Or, on le sait, Philippe Guerdat a ce côté très français de n’être jamais aussi bon que lorsqu’il est au pied du mur. Le coach a du talent, les cavaliers brésiliens aussi. Il va en falloir pour terminer impérativement sur le podium des Jeux Panaméricains en juillet, condition sine qua non pour décrocher le sésame pour Tokyo.

Le public et les cavaliers Français auront néanmoins le plaisir de retrouver Philippe Guerdat sous ses nouvelles couleurs à l’occasion du Jumping de La Baule (16 au 19 mai). Ce sera la première Coupe des nations des Auriverdes pour 2019 et elle ne manquera pas de sel pour leur nouveau sélectionneur. Après avoir quitté l’équipe de France sans un mot déplacé, sans alimenter la polémique, Philippe Guerdat aura l’occasion de fouler de nouveau le sol du mythique du stade François André à la tête d’un très belle équipe. Une occasion de rappeler aux dirigeants de la FFE le caractère incompréhensible de leur décision.

Denis Lynch et Simon Delestre créent la surprise à Hong Kong

Denis Lynch

Il y aurait beaucoup à dire sur la stratégie commerciale des Belges d’EEM. Leur sens du business les amène à organiser des événements équestres là où le champagne coule à flot et où millionnaires et milliardaires viennent tuer leur ennui en dépensant des dollars dont ils ne savent quoi faire. De façon un peu surréaliste, ce grand barnum était donc ce week-end en Asie à Hong-Kong dans cette fascinante partie du monde où se joue en grande partie l’avenir de la planète. Le tour de force de l’équipe de Christophe Ameeuw est incontestablement d’avoir une nouvelle fois réussi à faire venir malgré le décalage horaire et les heures d’avion à deux chiffres quelques têtes d’affiche européennes. « Il n’y avait pas un plateau exceptionnel » a confié Roger-YvesBost à nos amis de Jump’Inside sans que cela en fasse un Grand Prix 5*au rabais. Le format en deux manches rajoutait de la difficulté. A ce petit jeu-là Denis Lynch s’est montré le plus malin. L’Irlandais en selle sur Chablis remporte l’épreuve et 132 000 $. Simon Delestre pour une fois fais le choix d’assurer avec un cheval depuis seulement trois mois dans ses écuries et signe un double sans faute avec Ucello de Will qui lui ouvre les portes de la deuxième place. Pius Schwizer (About a dream), pénalisé d’une barre termine troisième.

En vieux renard, Denis Lynch en a surpris plus d’un avec une victoire remportée avec un cheval qu’il monte seulement depuis un mois. La semaine précédente, dans les tribunes à Bordeaux, certains spectateurs pourtant avertis raillaient le manque de résultats de l’Irlandais. Ils en sont pour leurs frais. Si comme les chevaux ils avaient eu un peu de mémoire et ils se seraient souvenus des propos du chef de piste Franck Rothenberger, qui officiait d’ailleurs à Hong-Kong. « Il y a une dizaine d’années, 10 des 40 partants du Grand Prix pouvaient gagner tandis qu’aujourd’hui, ils sont 30, voire 35 » confiait l’homme de l’art il y a un peu plus d’un an.

Le classement complet, ici.

Pour la Saint Valentin, Jan Tops s’offre Bacardi VDL

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Bacardi VDL sous la selle de Janika Sprunger

L’avantage d’être multi-millionnaire s’est de pouvoir acheter à peu près tout et n’importe quoi et sans forcément perdre de l’argent. Jan Tops n’a pas dérogé à la règle en se rendant acquéreur de Bacardi VDL, la monture de tête de la Suissesse Janika Sprunger, mais propriété de son mécène Georg Kähny.

Le prix de la transaction n’a pas été révélé mais devrait être particulièrement élevé puisque le cheval n’était officiellement pas à vendre et que son propriétaire n’est pas dans le besoin.

Reste à savoir quel avenir Jan Tops réserve à ce KWPN de 13 ans fils de Corland. Sa superbe mécanique alliée une puissance impressionnante en faisait un cheval très regardé et convoité. Pour autant il serait surprenant que Jan Tops pris d’un soudain élan de romantisme ait voulu en faire un cadeau pour son épouse Edwina à l’occasion de la Saint Valentin. Il serait plus probable que le redoutable marchand néerlandais ait réalisé l’acquisition pour le compte d’une solide fortune mondiale, peut être pétrolière, dans la perspective des Jeux Olympiques de Tokyo. A moins que l’étalon ne passe quelque temps sous la selle du cavalier maison, Alberto Zorzi. Les mois prochains permettront d’y voir plus clair.

Changement de nationalité en vue pour Daniel Deusser ?

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Daniel Deusser

C’est un beau cas d’école révélé par le magazine Grand Prix à l’occasion du jumping de Bordeaux. Lors de la conférence de presse qui suit l’épreuve Coupe du monde, Sébastien Roullier, le rédacteur en chef du titre hexagonal, pose en anglais une question à l’apparence anodine au vainqueur, Daniel Deusser : « Vous reverra-t-on cette année en équipe d’Allemagne? »  En professionnel habitué à ce genre d’exercice, celui-ci lâche une réponse en langue de bois : « Ces derniers temps, nous avons eu de bonnes discussions. Je pense qu’une décision devrait être prise d’ici quelques semaines. » Même discrète, la crispation a été perceptible. Car derrière l’apparence souriante et lisse du gendre idéal, Daniel Deusser a ses zones d’ombres et ses petits secrets. Comme cette vieille histoire de dopage qui écorne son image et porte en elle les germes du doute : erreur de jeunesse ou pratique toujours d’actualité ?

On connaît le slogan : « doper, c’est pas jouer ». Mais s‘il est un sport sur le papier intraitable sur cette question, c’est bien l’équitation. Et pourtant régulièrement, au plus haut niveau, des affaires sortent avec parfois des présences de produits interdits inexpliquées sans que la bonne foi du cavalier puisse être mise en cause comme ce fût le cas pour Steve Guerdat.

Confrontée à de mauvaises habitudes beaucoup trop généralisées, la fédération équestre allemande a serré les boulons depuis 2017 en imposant aux athlètes qui intègrent l’équipe nationale un contrat en béton qui fait interdiction aux cavaliers, en cas de dopage, de se retourner contre la Fédération et éventuellement de saisir une juridiction de droit commun, mais aussi de se soumettre à des contrôles réguliers menés en dehors des compétitions assortis de l’obligation d’informer la Fédération de tous les déplacements 90 jours à l’avance. Bref, un filet dont les mailles sont tellement fines que les chances pour un contrevenant de passer au travers sont très faibles.

C’est aujourd’hui ce contrat que Daniel Deusser remet en cause. L’époux de Caroline Wauters, bien qu’installé en Belgique dans les écuries Stephex de Stephan Conter, aimerait beaucoup porter de nouveau la veste de la Manschaft mais, sans tous les contrôles. « Je ne comprends pas comment mes coéquipiers allemands ont pu l’accepter » avoue-t-il.

Officiellement, Daniel Deusser déclare espérer un accord avec la Deutsche Reiterliche Vereinigung (DRV). La ficelle parait un peu grosse. Les temps changent et les exigences éthiques vont plutôt dans le sens d’un renforcement des mesures en faveur du bien-être des chevaux. On ne voit pas comment la fédération allemande pourrait revenir sur une contrainte acceptée par les autres cavaliers dont un certain Marcus Ehning…

Plus sérieusement, on peut penser qu’il s’agit là d’une circonvolution visant à préparer l’opinion à une demande changement de nationalité. Tout comme Christian Ahlmann, qui se trouve dans une situation presque identique puisqu’il est le mari d’une Belge (Judy Ann Melchior, la fille du fondateur de Zangersheide, Leon Melchior), est le père d’une fille belge et vit en Belgique, Daniel Deusser pourrait demander la nationalité belge pour intégrer l’équipe nationale du Plat Pays.

L’histoire ne dit pas ce qu’en pensent les cavaliers belges « de souche » mais il n’est pas sûr qu’ils voient d’un très bon œil arriver des concurrents de ce gabarit susceptibles de les reléguer dans des rôles de réserviste.

De là à dire, que ces deux « mutations » constitueraient un séisme pour le milieu équestre germanique, c’est un pas qu’on se gardera bien de franchir. S’il est une nation qui possède un solide réservoir de talents, c’est bien notre voisin d’outre-Rhin. Par ailleurs, dans le jumping comme ailleurs, la notion d’indispensable est toute relative.

Le sacre de Félicie Bertrand

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Félicie Bertrand / Sultane des Ibis

Comme le disait un poète Hölderlin, « là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ». Après un samedi aux allures d’Azincourt pour la cavalerie française, le Grand Prix dominical, contre toute attente, a pris une tonalité opposée aux accents cette fois… d’Austerlitz ! Merci à Félicie Bertrand (Sultane des Ibis) pour nous avoir mis du baume au cœur et fait résonner la Marseillaise en conclusion de l’édition 2019 du jumping de Bordeaux. La Normande coiffe sur le poteau deux pilotes dont la célérité est mondialement reconnue : Bertram Allen deuxième sur GK Casper et Simon Delestre, troisième, associé à un Chesall Zimequest stimulé à la cravache sur les oxers.

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Bertram Allen / Casper

Signe de la mutation qui s’opère dans les rangs tricolores c’est donc une nouvelle venue de 36 ans qui a remporté ce dimanche le Grand Prix de la ville de Bordeaux. Son premier GP 5* certes mais qui vient confirmer la solidité du couple qu’elle forme avec Sultane des Ibis, la bouillonnante jument propriété du Haras de Clarbec avec laquelle elle remportait cet été les Jeux Méditerranéens en Espagne. La page Pénélope Leprevost semble donc définitivement tournée pour la famille Mégret qui s’est trouvée une nouvelle amazone adepte de la méthode douce comme une certaine Luciana Diniz. Dotée désormais d’un piquet de premier choix, Félicie Bertrand devrait jouer les premiers rôles cette saison et sera désormais très attendue.

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Guillaume Foutrier / Valdocco des Caps

L‘autre bonne nouvelle de la journée, c’est la très belle 4èmeplace de Guillaume Foutrier (Valdocco des Caps) suivi de près par et Nicolas Deseuzes 6ème(Ulloa du Trèfle). Assurément la relève est en marche et pointe crânement le bout de son nez. Avis aux cavaliers qui pensaient avoir leur rond de serviette en équipe de France, les places seront disputées. Une saine émulation qui devrait faire le bonheur du nouveau sélectionneur Thierry Pomel.

Le classement intégral, ici.

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Félicie Bertrand / Sultane des Ibis

 

Daniel Deusser remporte l’étape Coupe du monde de Bordeaux

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Daniel Deusser et Tobago Z

Dura lex ced Stephex. C’était sur le papier ce qu’on appelle une épreuve très ouverte. Un très beau plateau et un chef de piste aquitain, Jean-François Morand, qui a su compliquer avec bonheur le petit jeu des pronostics en dessinant un parcours fin et sélectif sur lequel plus d’un cador du circuit s’est cassé les dents. Dans un suspense haletant, seuls six couples ont arraché leur qualification pour le barrage et parmi eux pas un français malgré un fort contingent engagé dans l’épreuve. A l’issue, l’épreuve est revenue au très capé Daniel Deusser (Tobago Z), le cavalier des écuries Stephex, talonné par un Gregory Wathelet (Iron Man van de Padenborre) affamé de victoire en Coupe du Monde mais qui devra attendre encore un peu. A la troisième place, l’espagnol Eduardo Alvarez Aznar confirme la progression d’un Rokfeller de Pleville désormais très compétitif.

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Daniel Deusser / Tobago Z

Si les français n’étaient pas à la fête les belges en revanche avaient le vent en poupe. Trois représentants du Plat pays étaient au barrage dont Celine Schoonbroodt- de Azevedo etFrancois Jr Mathy, moins connus du grand public. Un succès venu nourrir la blague de potache du soir à Bordeaux : Philippe Guerdat serait-il devenu l’entraîneur de l’équipe de Belgique ? Il faudra en tout cas garder à l’œil Gregory Wathelet pour la suite des événements. Le colosse dispose avec Iron Man d’une monture qui malgré les apparences peut s’avérer rapide. Piqué au vif sur le sujet par une question lors de la conférence de presse, le belge a balayé d’un revers de main les accusations de « lourdeur » pour expliquer, un poil agacé qu’il s’agit d’un étalon « sensible et plus rapide que l’on ne croit ».

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Gregory Wathelet / Iron Man

Si une hirondelle ne fait pas le printemps, l’étape bordelaise est néanmoins porteuse d’interrogations pour un camp français parti à la bataille de façon dispersée et surtout sans esprit d’équipe. Certes Hermès Ryan semble avoir retrouvé sa tonicité mais à ce niveau le droit à l’erreur n’existe pas. Une petite faute certes d’un bout de sabot sur une palanque a relégué le couple à la 9èmeplace soit loin des premiers rôles auxquels il nous avait habitué.

Alors que la France court cette saison après sa qualification pour les jeux Olympiques de Tokyo, le contexte est préoccupant. Mais après tout, sortir des situations périlleuses par des rebondissements dont ils ont le secret, n’est-ce pas la marque fabrique de nos Tricolores ? Impossible n’est pas français dit-on. Il suffit désormais de s’en convaincre.

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Eduardo Aznar / Rokfeller de Pleville

Le classement complet, ici.

Quenelle du Py fait ses adieux à la compétition

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Des sourires et des larmes pour un moment attendu et redouté. Le jumping de haut-niveau c’est aussi du théâtre avec ses projecteurs, ses spectateurs et un rideau qui tôt ou tard tombe et clôture un moment ou une carrière. Pour certains chevaux ou cavaliers, la fin de la compétition est une transition qui se passe dans l’indifférence. Pour d’autres, quitter la scène est l’occasion de marquer un hommage particulier à un cheval qui l’est tout autant. Olivier Robert et Quenelle du Py appartiennent à cette seconde catégorie. Et tout naturellement la cérémonie d’adieux au public s’est déroulée à la maison ou plutôt à une poignée de kilomètres de Pompignac, sur la carrière du Jumping de Bordeaux.

Si les cérémonies les plus simples sont les plus réussies celle de ce samedi s’est démarquée par son caractère naturel ou rien n’était surjoué. Un bel hommage à la grande dame jaune, à la fois si délicate et qualiteuse. Une haie d’honneur et des mots de remerciements au naisseur et à toute l’équipe d’Olivier qui ont participé à une aventure humaine et sportive qui restera dans leur mémoire. A 14 ans, la fille de Trésor du Renom a fait ses adieux à la scène. Salut l’artiste !

Et si on limitait le nombre annuel de tours pour les chevaux en 5* ?

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Roh Ehrens, sélectionneur national et fier de l’être.

Aux Pays-Bas, les sports équestres, c’est du sérieux. Suffisamment pour que le premier quotidien du pays, De Telegraaf, consacre le 29 janvier, à l’occasion du CSI 5* d’Amsterdam, un entretien fouillé au sélectionneur de l’équipe nationale néerlandaise de saut d’obstacles. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Rob Ehrens ne mâche pas ses mots face à l’évolution du petit monde du 5*. Perplexe face à un circuit devenu « une industrie » il s’interroge, entre autres, sur le bien-être des chevaux malmenés par des calendriers surchargés. Et si, en creux, la solution consistait à limiter le nombre annuel de tours en 5* ?

Rob Ehrens fait partie des personnes dont la parole est en or. Ancien cavalier international qui compte une trentaine de victoires en Grand Prix, il est l’inamovible sélectionneur national des Pays-Bas depuis 15 ans, une longévité qui au passage devrait interpeller notre fédération. Avec une telle expérience, l’homme est un témoin privilégié de l’évolution d’un sport bousculé par les enjeux financiers ces dernières années. Alors quand Rob Ehrens livre son avis, il est de bon ton de l’écouter même si du côté des instances de la FEI, une certaine surdité semble prévaloir.

« En raison d’une énorme quantité de CSI 5*, le sport est devenu une sorte d’industrie. Nous n’avons plus autant de chevaux disponibles pour le haut-niveau et les championnats. Bien-sûr, il est difficile de résister à la tentation des grosses dotations. C’est d’autant plus compréhensible que les cavaliers gagnent leur vie avec les gains. Mais en conséquence, les chevaux ne prennent plus le temps de se reposer, ils rentrent à peine chez eux et voyagent de concours en concours. On ne leur donne de repos que lorsqu’ils sont blessés et c’est déjà trop tard« .  La FEI laisse libre court à des événements lucratifs. Les priorités sont complètement faussées. La FEI doit être là pour protéger avant tout le bien-être des chevaux. Je travaille en collaboration avec d’autres chefs d’équipe pour cela. Nous défendons le sport et les chevaux, cette évolution ne nous fait pas plaisir« , explique le selectionneur national Batave. 

Le constat largement partagé, c’est celui dressé déjà par Hervé Godignon. A savoir que l’on assiste à un nivellement par le haut avec beaucoup de bons cavaliers mais pas assez de très bons chevaux. Cavaliers et entraîneurs sont donc confrontés à un double défi : le mercato avec la fuite des meilleurs montures d’une part et, de l’autre, une course aux gains incompatible avec le bien-être des chevaux, trop sollicités, qui se traduit par ricochet, par la difficulté à aligner les meilleurs couples dans les championnats ou épreuves collectives.

La solution passe-t-elle par un système de quotas avec un nombre maximum de tours par cheval et par an comme pour les jeunes chevaux ou par le fait d’imposer des délais obligatoires de repos après une série de Grand Prix ? La question est complexe mais il faudrait analyser le coût et la perte de gains liés aux blessures ainsi que la longévité sportive des cracks chevaux. La course à l’argent, inexorablement engagée, doit aller au bout de sa logique pour considérer que le bien-être du cheval n’est pas une lubie liée à un excès de sentimentalisme mais, un choix rationnel de préservation d’un capital.

Amsterdam : Kevin Staut au pied du podium

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Kevin Staut / For Joy (archives) Cliquer pour agrandir.

Ce n’est pas le bout du monde et pourtant. Et pourtant, seulement deux tricolores s’alignaient ce dimanche dans le Grand Prix Coupe du monde d’Amsterdam (Pays-Bas) : Simon Delestre et Kevin Staut. Après quelques week-ends de vaches maigres ce dernier renoue avec les classements même s’il échoue au pied d’un podium confisqué dans l’ordre par Henrik von Eckerman (Mary Lou), Pius Schwizer (Cortney Cox) et Daniel Deusser (Tobago Z).

Dans ce Grand Prix marqué par la présence de nombreux nouveaux visages, la France était quant à elle représentée par ses valeurs sûres. Simon Delestre, brillant vainqueur la veille de la grosse épreuve aux rênes d’un Hermès Ryan aérien et rapide, avait la sérénité qui colle à un compétiteur convaincu de son retour sur le devant de la scène. Le Lorrain a toutefois pleinement conscience de la fragilité d’une ascension construite sur un seul cheval. Sa préoccupation semble aujourd’hui tournée au-delà du retour à son meilleur niveau de Ryan, à la construction d’un piquet solide et complémentaire… même si ces nouveaux coéquipiers (Ulane Belmaniere et Ucello de Will), 11 ans tous les deux, ont vocation à être de passage puisqu’à commercialiser.  Avec un petit 4 points rageant sur le numéro 1 aux commandes d’Ulane, Simon Delestre a de bonnes raisons pour demeurer optimiste. Il est dans la bonne voie.

Idem Pour Kevin Staut. En délaissant Lorenzo pour For Joy du Haras des Coudrettes, le Normand a repris des couleurs signant une très belle première manche suivie d’un barrage dans lequel il estime avoir raté la deuxième partie. Un petit rien mais qui écarte Kevin Staut du podium. Encourageant tout de même pour le leader du jumping hexagonal.

Le classement complet ici.

Leipzig sourit à Christian Ahlmann

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Christian Ahlmann – Caribis Z Longines FEI Jumping World Cup 2019 © FEI / Leanjo de Koster

Après Malines (Bel) il y a trois semaines, Christian Ahlmann a récidivé en remportant le Grand Prix Coupe du monde de Leipzig (All) en selle cette fois sur un autre étalon gris, Caribis Z, reconnaissable entre tous par son troublant œil vairon. L’Allemand de 44 ans s’impose dans un barrage à sept dont deux autres concurrents seulement terminent l’épreuve sans pénalités. Le Belge François Mathy jr deuxième associé à Uno de la Roque et l’Italien Lorenzo de Luca, troisième, avec le toujours aussi démonstratif Armitages Boy.

A propos de Caribis Z, 12 ans, Christian Ahlmann, centaure en chef du Zangersheid, déclarait à l’issue de l’épreuve : « Il a toujours été un peu dans l’ombre de Taloubet et de Codex mais il a énormément progressé au cours de la dernière saison. Il est prêt pour faire de grandes choses maintenant ». Le fils de Caritano engagé dans les GP 5* seulement depuis septembre dernier sera donc à suivre de près le reste de la saison.

Côté tricolore seuls deux cavaliers figuraient parmi les 40 partants. Malheureusement pénalisé d’un point de temps dépassé avec Tempo de Paban, Olivier Robert s’est trouvé privé de barrage mais se classe huitième de l’épreuve ce qui devrait lui permettre de concourir à la finale de Göteborg. En revanche Kevin Staut et Lorenzo ont eu moins de succès avec trois fautes qui ont renvoyé le couple en fond de classement (30ème).

Le classement complet, ici.

Martin Fuchs s’embâle

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Martin Fuchs et Clooney (archives). Cliquer pour agrandir.

A chacun son jardin. Pour Martin Fuchs ce sera le CSI 5* de Bâle. Le jeune Zurichois de 26 ans vient d’y réaliser un superbe doublé en remportant deux années de suite le Grand Prix sur Clooney 51, son fidèle hongre gris westphalien de 11 ans. A l’issue d’un barrage à trois le digne fils de Thomas Fuchs devancele Néerlandais Marc Houtzager (Calimero) et le Belge Pieter Devos (Apart).

Rien ne semble plus arrêter Martin Fuchs déjà auréolé de nombreuses victoires (136) malgré son jeune âge. En septembre il décrochait la médaille d’argent lors des championnats du monde 2018 de Tryon. En novembre c’est le réputé Grand Prix d’Equita’Lyon qui tombait dans son escarcelle. Pour la dixième édition les organisateurs du CSI de Bâle avaient mis les petits plats dans les grands avec une labellisation étape Coupe du Monde. Dans ce contexte la victoire du quasi-enfant du pays, a eu un petit goût de cerise sur le gâteau.

On ne cherchera pas de Français au tableau d’honneur. Malheureusement. Deux fautes en première manche pour Philippe Rozier (Cristallo) et Simon Delestre (Ulane Belmanière). Quatre fautes pour Kevin Staut et Lorenzo.

Le classement complet, ici.

 

 

 

 

 

Steve Guerdat retrouve son rang de n°1 mondial

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Steve Guerdat

La symbolique est forte même si sportivement elle est sujette à controverse. Steve Guerdat retrouve six ans après la place de numéro 1 au classement mondial permanent. L’année 2019 se présente donc sous les meilleurs auspices pour le Jurassien dont la notoriété est également à son zénith. Plus qu’un compétiteur émérite c’est un sportif engagé dans la défense de l’éthique de son sport qui est sacré. Puisse, sa parole libre et directe dépourvue de toute langue de bois, trouver du coup un plus grand écho auprès des décideurs des instances équestres internationales peu enclins ces derniers temps à prêter attention aux remarques et suggestions des cavaliers.

Steve Guerdat grâce à ses excellents résultats lors du CHI de Genève prend donc l’ascendant sur Harrie Smolders pour 55 points qui relèguent le Batave sur la deuxième marche du podium. La suite s’annonce d’autant plus passionnante que Marcus Ehning talonne le Néerlandais décidément pris en sandwich, de 59 points… Oui mais le Centaure Allemand ne devance Mclain Ward que de 16 tous petits points. Autant dire que bien des changements sont possibles d’ici un mois.

Du côté tricolore, sans surprise, Kevin Staut réalise le meilleur résultat (12ème) devant Simon Delestre (19ème) puis Olivier Robert et Julien Epaillard respectivement 49èmeet 50ème.

Quelle importance accorder à cette fameuse ranking list ? Rappelons-ici les propos éclairés d’un autre Guerdat, Philippe, à l’occasion d’un entretien accordé au magazine de référence L’Eperon suite à son limogeage motivé officiellement par le recul des cavaliers français dans le classement mondial : « Je trouve l’argument, qui mène à celui du besoin d’entraineur, un peu fallacieux. On s’est battus au sein de la fédération, on a fait le maximum pour que, justement, nos cavaliers restent sur des circuits tels que les Coupes des nations et les Coupes du monde, qui rapportent moins de points pour la ranking que le Global Champions Tour. Et vous savez, que vous soyez 7e mondial ou 17e mondial ne change rien du tout, mais rien de rien, dans le système de concours. Et avec le staff on a toujours dit que la ranking n’avait aucune influence. D’ailleurs j’ai pris Alexandra Francart en équipe de France alors qu’elle était je ne sais combientième mondiale. Et a contratrio, il y a des cavaliers français qui se sont approchés du Top 100 et que je n’aurai jamais appelés en équipe parce qu’ils n’avaient pas les chevaux. Cédric Angot était 450e, mais ça ne m’a pas dérangé de le mettre en Coupe des Nations. Philippe Rozier est venu aux JO alors qu’il était loin du Top 100. Honnêtement, je trouve cette argument insidieux ».

Pour en revenir au retour de Steve aux commande de ce fameux classement mondial, d’autres mots de Philippe Guerdat prennent en ce début d’année une résonnance particulière : « On dit  un Guerdat se relève toujours et c’est vrai. On est des gens de la campagne, des gens de travail et on finit toujours par remonter la pente.» Pour l’un des deux en tout cas, à cette heure-ci, le résultat est atteint.

Le classement mondial complet, ici.

 

 

 

Changement de stratégie pour Kevin Staut

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Kevin Staut

S’il est un qualificatif qui colle à la peau de Kevin Staut, c’est bien celui d’inoxydable. L’omniprésence du Français au plus haut niveau depuis des années est juste exceptionnelle. Mais, les temps changent et en sport rien n’est acquis, même pour les meilleurs. La règle pour demeurer au sommet à un nom : adaptation. En garçon intelligent, le Normand donne un nouveau tournant à sa carrière en s’éloignant du cocon douillet du Haras des Coudrettes afin de pouvoir s’assurer un piquet de chevaux particulièrement compétitifs, condition sine qua non pour demeurer dans le haut du classement mondial.

C’était devenu un secret de Polichinelle mais le Jumping de Malines a offert l’occasion à Kevin Staut d’officialiser le changement de statut qui le lie au Haras des Coudrettes. Aucune ombre au tableau entre la famille Perron-Pette et leur cavalier de tête mais la fin de ce qui pouvait ressembler à une exclusivité. C’est ce qu’a pris le temps d’expliquer le médaillé olympique au site Belge Studforlife.com. C’est à lire ici, en milieu d’article. Dans l’immédiat ce changement de stratégie semble payer puisqu’à Malines justement Kevin Staut signe une très belle performance, la deuxième place du Grand Prix, avec Edesa’s Canary, une monture qui n’appartient pas au Haras des Coudrettes.

Décidément l’année qui vient de se terminer aura été caractérisée par des changements majeurs pour l’élite du saut d’obstacles tricolore : disparition d’Equidia TV, fin du partenariat entre le Haras de Clarbec et Pénélope Leprevost, prise de distance pour Kevin Staut et le Haras des Coudrettes, vente ou mise à la retraite des chevaux de tête de Roger-Yves Bost et effacement progressif du premier plan de Patrice Delaveau et de Simon Delestre. Cela fait beaucoup et dresse un paysage inquiétant surtout si l’on y ajoute les incertitudes qui entourent le poste de sélectionneur national. Or, à pied comme à cheval, l’incertitude ou le doute ne sont pas de bons compagnons.

En ce début de nouvelle année on formulera donc le souhait que 2019 tourne la page de ce chaos relatif pour marquer l’établissement de nouvelles fondations et d’une forme de renaissance. Une chose est acquise c’est que cette remise en ordre ne viendra pas de la FFE malgré les enjeux des JO de Paris 2024. C’est à l’instar de ce qu’a fait Kevin Staut, aux cavaliers de se prendre en main pour construire, avec de généreux propriétaires, le système qui leur permettra de ne pas disparaître des écrans radar. Comme on dit, aide-toi, le ciel t’aidera…

Plus de peur que de mal pour Flora de Mariposa

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Flora de Mariposa au sommet de sa forme sous la selle de Pénélope Leprevost.

C’est le genre de sortie que tout le monde redoute. Victime d’une mauvaise réception à deux obstacles de la fin d’un parcours au CSI4* de Liverpool sous la selle de sa nouvelle cavalière, Félicie Bertrand, Flora de Mariposa est sortie du terrain dans le van sanitaire, direction la clinique vétérinaire. Dieu merci, la fille de For Pleasure s’en sort avec « seulement » une tendinite. Cette nouvelle blessure laisse toutefois planer le doute sur le retour au premier plan de cette jument hors-normes auréolée d’une médaille d’or aux Jeux Olympiques de Rio avec Pénélope Leprévost. Un retour qui était programmé en 2019 avec Félicie Bertrand qui dispose désormais d’un piquet très étoffé.

Alors certes, le Haras de Clarbec a annoncé que tout serait mis en œuvre pour remettre la jument sur pied dans les meilleures conditions possibles. On sait que la famille Mégret, très attentive au bien-être de ses chevaux, fera au mieux en prenant tout le temps nécessaire. Il n’empêche, on ne peut pour autant ignorer la fragilité de ces chevaux d’exception aussi puissants que délicats que de la mécanique de F1. Souhaitons donc que cet accident ne marque pas à bientôt 14 ans la fin au plus haut-niveau de Flora de Mariposa, considérée, à juste titre, comme l’une des meilleures juments au monde.

FFE : Lecomte n’est toujours pas bon

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C’est ce qu’on appelle de la provocation pure et simple. Entre le bras d’honneur et le « venez me chercher  si vous le pouvez». Alors que la vague d’indignation et de colère suscitée par la rupture du contrat de Philippe Guerdat peine à retomber, réalimentée par son remplacement par Sophie Dubourg, Serge Lecomte a remis des pièces dans la machine mardi soir. Quelques heures avant le gala de la Fédération Française d’Équitation, qui s’est tenu à grands frais dans un hôtel de luxe parisien, Serge Lecomte s’est montré particulièrement désobligeant à l’égard des journalistes de L’Eperon qui l’interrogeait légitimement sur la situation. « Serge Lecomte nous a indiqué qu’aucune justification n’était à nous fournir et a suggéré que la presse équestre n’avait pas grande importance dans le paysage médiatique » indique la rédaction du plus vieux et très respectable magazine équestre français.

Passons sur le manque de considération et d’éducation d’un Président dont le sentiment d’impunité interroge. On relèvera toutefois, au-delà d’un côté bravache assumé, un manque de cohérence. Organiser un gala de prestige à grands frais à hôtel Intercontinental de Paris quand préalablement on indique que la fédération n’a pas les moyens de se payer simultanément un sélectionneur et un entraîneur pour le CSO, discipline reine, ça laisse pour le moins dubitatif.

Autant dire que la crise que traverse la FFE commence à ne plus ressembler à un feu de paille. A force de souffler sur les braises, l’incendie pourrait gagner en vigueur et en périmètre. Il serait temps que les membres du Comité Fédéral, à titre personnel, se positionnent sur la situation actuelle et indiquent s’ils cautionnent (ou pas, on peut rêver) le virage pris par Serge Lecomte. De la même façon il serait bon que le ministère des Sports, dont Sophie Dubourg est censée être la représentante, s’interroge sur la crise que traverse une de ses fédérations  les plus importantes et historiquement pourvoyeuse régulière de médailles.

Renouer les fils du dialogue et de la confiance ne sera pas simple. Et pourtant, Il y a urgence à remettre ce petit monde sur les rails ne serait-ce que pour éviter que la grande fête promise pour les JO de 2024, à la maison, ne tourne à la pantalonnade et à la grande désillusion.

Au regard du poids économique de la filière équine (60 000 emplois, 14 Mds€ de flux financiers) , les intérêts supérieurs doivent prendre le pas sur des modes de gouvernance et de gestion qui relèvent aujourd’hui plus d’un mauvais amateurisme suranné que d’un professionnalisme éclairé d’autant plus nécessaire que la concurrence avec les autres sports est féroce.

L’adieu aux armes de Philippe Guerdat

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Philippe Guerdat

Rien ne filtre et pourtant. Philippe Guerdat a officialisé lundi soir la fin de ses fonctions à la FFE à l’occasion d’une soirée à Paris réunissant une quarantaine de cavaliers de l’équipe de France. Un pot de départ entre compétiteurs, à l’exception du vétérinaire de l’équipe de France, dont certains étaient venus de loin manifester leur estime à une personnalité charismatique des sports équestres mondiaux que beaucoup regrettent déjà. Evitant soigneusement toute polémique, le sélectionneur national sur le départ aura, jusqu’au bout été irréprochable. Irréprochable à l’égard de ses employeurs dont chacun jugera le silence et le peu d’élégance. Irréprochable à l’égard de cavaliers qu’en grand coach et en homme d’honneur il s’est évertué à rassurer en les invitant à regarder vers l’avant.

Formidable Philippe Guerdat donc qui par son exigence, doublée paradoxalement de qualités humaines rares, aura, malgré sa nationalité Suisse, tout compris à ces maudits français, capables certes du pire mais aussi, dans les situations les plus périlleuses, du meilleur. Or c’est bien cela la qualité majeure que l’on attend d’un entraîneur : maitriser les ficelles qui permettent à un groupe ou un collectif de se transcender. De ce côté-là, le but aura été largement atteint. Les six années qui s’achèvent, éreintantes pour Philippe Guerdat, auront été humainement et sportivement des plus enrichissantes pour tous ceux qui ont participé de près ou de loin à cette aventure. Et ce ne sont pas les goujateries de dernière minute qui viendront gâcher un aussi beau parcours.

« Une page se tourne » a confié le Suisse sans la moindre nostalgie, « vous êtes des cavaliers, des compétiteurs, vous devez encore progresser. Vous devez faire abstraction de ce que j’ai été (…) vous devez partir sans a priori avec le nouveau (sélectionneur), lui donner sa chance … ». Saluant une ambiance extraordinaire tout au long de ces années Philippe Guerdat a tenu en conclusion à dire merci à ses cavaliers mais aussi, qu’il les aime très fort. Est-il besoin de préciser que la réciproque est une évidence ?

 

 

Philippe Guerdat le sacrifié

LabauleD1A 495Ça fait malheureusement trop longtemps dans ces colonnes que nous ne cachons pas notre peu d’estime pour la Fédération Française d’Equitation et son fonctionnement indigne d’un grand sport. Et ce n’est pas aujourd’hui que les choses vont s’arranger. Le toujours très bien informé et sympathique Kamel Boudra a « officialisé » aujourd’hui sur sa page Facebook le limogeage de Philippe Guerdat et son remplacement par Thierry Pommel. Disons-le d’entrée, dans un parti pris assumé, il s’agit là d’une décision incompréhensible au plan sportif et indigne dans sa gestion, avec des bruits de couloirs qui circulent depuis un bon moment, plaçant l’intéressé dans une situation peu confortable. On mettra ça sur un manque de courage et de savoir-vivre. Quant à l’élégance, c’êut été beaucoup demander.

Car que reproche-t-on à Philippe Guerdat ? Sur le plan sportif, on ne peut pas dire que le Suisse n’a pas atteint ses objectifs.  La liste de ses succès est longue mais marquée par un titre majeur : une médaille olympique en or par équipe. Difficile de faire mieux même s’il est vrai que les JO de Tokyo ne se présentent pas sous les meilleurs auspices. A moins que sacrifier Philippe Guerdat ne permettent aux boutiquiers de la FFE de s’exonérer de leurs propres responsabilités. A commencer par avoir une stratégie pour le haut niveau qui ne soit pas réductible à la gestion du Parc Equestre fédéral de Lamotte-Beuvron. Parce que si Philippe Guerdat s’est imposé comme un sélectionneur ouvert, prêt à donner ses chances à de jeunes pousses ou des anciens sur le retour, quelle est aujourd’hui la politique fédérale pour conserver les meilleurs chevaux et équiper nos meilleurs jockeys ? A cette aune on commence à comprendre que l’éviction du Suisse permet surtout de trouver une tête de turc idéale pour s’exonérer d’une future déroute. Le lancement d’un audit sentait le coup de Jarnac à plusieurs kilomètres. Vieilles méthodes pour vieux renards.

Et si la colère ce soir gronde chez les cavaliers qui l’ont côtoyé tout autant que chez les passionnés de haut-niveau c’est que Philippe Guerdat est perçu comme une belle personne qui incarne de réelles valeurs : le travail, le professionnalisme, la probité et le parler vrai. Des qualités qui sous Napoléon en aurait fait assurément un Maréchal d’Empire, dans un temps où le courage et les qualités humaines et celles de meneur d’hommes l’emportaient sur les titres nobiliaires …ou les réseaux.

Autant que la colère, décidément à la mode, c’est un sentiment de honte sur ce que peut faire notre famille à l’égard d’un homme qui l’a si bien servi qui prévaut ce jour.

LabauleD1A 169Kevin Staut et bien d’autres derrière lui avaient pourtant tiré le signal d’alarme pour dire qu’une telle décision était une erreur. « J’espère que la Fédération ‘ira pas dans cette direction-là » avait-il confié à Grand Prix dernièrement, c’est à relire ici. Mais que vaut aujourd’hui l’opinion des principaux intéressés, à savoir nos cavaliers de haut-niveau et leurs propriétaires ?

Honte à vous M. Lecomte et à ceux qui vous entourent mais aussi à honte à nous licenciés FFE qui n’avons pas su nous organiser pour faire le ménage dans une maison bien trop vermoulue dont on aperçoit ici les chausse-trapes. Dans les jours ou les semaines qui viennent nous en saurons sans doute un peu plus sur la genèse et le cheminement de cette décision inique mais hélas, le mal est fait.

Nos pensées et notre gratitude doivent aller ce soir vers Philippe Guerdat à qui nous adressons simplement, mais sincèrement, nos remerciements et notre amitié.