Grégory Cottard victime d’un plafond de verre aux championnats d’Europe ?

Grégory Cottard et Bibici

La déception est immense. Grégory Cottard ne disputera pas les championnats d’Europe. Le cavalier de Drocourt hérite de la plus mauvaise place, celle de réserviste. Pour lui, c’est un rêve qui s’effondre et des interrogations qui naissent. Comment arriver à se glisser entre les piliers de l’équipe de France pour arriver à courir les rendez-vous majeurs ? Un plafond de verre ne rend-il pas inaccessible l’élite de l’élite ?

La question n’est pas nouvelle mais elle connaît un rebondissement légitime dans le cas de Grégory Cottard et sa jument Bibici qui cochait toutes les cases dont une superbe deuxième place dans le Grand Prix 5* de Valence il y a deux semaines. Philippe Guerdat avait conscience de ce goulot d’étranglement et de la somme d’injustices qu’il véhicule. Être sélectionneur national, c’est faire quelques heureux mais surtout beaucoup de déçus ou de mécontents. Faire le bon choix s’est « s’abstraire du monde extérieur », suivre sa petite voix intérieure mais aussi s’appuyer sur des critères connus de tous. Le physique des chevaux dans le cas de l’ancien sélectionneur. 

Salué par les cavaliers français comme un meneur d’homme exceptionnel, celui qui a permis à la France de décrocher une médaille d’or par équipe à Rio a néanmoins été licencié sans élégance ni explications officielles juste après. Une révolution de palais. Le succès ouvre beaucoup d’appétits et l’honnêteté dans certains cas se révèle contre-productive.  Cette honnêteté, se retrouvait dans sa volonté de donner sa chance à un maximum de couples et à les mettre en avant. Des paroles mais aussi des actes.

Le passé est le passé mais la question reste en suspens de savoir si cette volonté d’ouverture est toujours d’actualité ou si la prudence prédomine et invite à piocher dans le carré des cavaliers les plus expérimentés. « Grégory Cottard et Bibici sont réservistes compte tenu de leur inexpérience. Il s’agit d’un jeune couple, qui réussira – je l’espère – de très belles choses dans le futur” confie ainsi Thierry Pomel à Grand Prix Info à l’issue de la première journée. Il appartient toutefois à la FFE de préciser comment, sur quels critères, elle entend entretenir une saine émulation parmi les cavaliers français pour disposer dans les grandes échéances des couples les plus performants du moment. A l’époque de la transparence, celle-ci doit aussi s’appliquer pour les choix difficiles. Surtout pour les choix difficiles.

Un « lot de consolation » semble promis à Grégory Cottard, toujours selon nos bien informés confrères de Grand Prix Info. L’intention est louable mais conforte, paradoxalement, un certain malaise.

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