Désillusion française à Tokyo

Simon Delestre et Berlux Z, la révélation des JO. © FEI/Christophe Taniére

Premier cavalier Tricolore à s’élancer dans la finale par équipe, Simon Delestre, auteur d’un nouveau superbe tour sur Berlux Z, pénalisé cette fois encore d’un point de temps dépassé, laissait augurer du meilleur. Divine surprise, Mathieu Billot et Quel Filou 13 réalisaient à la deuxième rotation la même performance. La France aborde alors  la 3ème rotation en tête du classement avec 2 points, devant la Suède, les USA et la Belgique, 4 points chacun. Les troisièmes couples prennent le départ dans l’ordre inverse du classement provisoire. Grégory Wathelet et Nevados S comettent deux fautes sur la piste. Puis MacLain Ward (USA) et Contagious  en font également une. Peder Fredricson semblent bien partis pour le sans-faute mais font fait tomber une barre sur le dernier obstacle. Pénélope Leprevost semble avoir un boulevard devant elle. La médaille éventuellement d’or est à portée de sabot. Vancouver de Lanlore en décide autrement. Deux refus sur le double n°3. C’est fini. La France est bredouille. Cet effondrement inattendu profite à la Suède qui s’impose dans un barrage face aux Etats-Unis. La Belgique s’empare du bronze. 

Les victoires sont collectives et les défaites solitaires aime-t-on à dire. La réaction surréaliste et à brûle-pourpoint du président de la FFE accordée à nos collègues de Le Cheval est juste hallucinante. Elle est à lire ici. Une réaction surprenante tant sur l’analyse technique qu’humaine à l’égard d’un staff auquel l’équipe réélue avait manifesté toute sa confiance. Quant à l’élégance, que dire du président d’une fédération dont le pays accueillera à son tour les JO dans 3 ans et qui n’a pas cru bon de venir soutenir « ses équipes » à Tokyo, préférant les assassiner à distance depuis la France profonde. Nos athlètes et l’encadrement technique qui les accompagnent méritent mieux. Cette défaite sportive est autant la notre que la leur et tirer sur une ambulance ne la fait pas aller plus vite. Avis de gros temps sur le jumping français qui n’avait pas besoin de ça.

ILS ONT DIT (source FFE)

Simon Delestre / Berlux Z : « C’est exceptionnel de faire deux tours à ce niveau-là avec un cheval encore vert, sachant qu’il n’a que 10 ans et qu’il n’a pas concouru l’an dernier en raison du contexte sanitaire. C’est son premier championnat et il a sauté de façon remarquable, avec un peu plus de relâchement aujourd’hui. J’ai ressenti beaucoup d’émotions et eu de bonnes sensations. Berlux est un cheval d’exception que je compte bien préserver pour Paris 2024. »

Mathieu Billot / Quel Filou 13 : « Je suis très content de Quel Filou, c’est quand il est chaud comme cela qu’il est le meilleur dans l’effort. Le parcours était difficile et il y avait aussi beaucoup de pression, mais il a sauté encore plus haut qu’hier et il a dominé son sujet. Je l’ai fait un peu travailler ce matin pour le relâcher et aujourd’hui, il était vraiment plus dans le coup, tout comme moi d’ailleurs qui viens d’engranger beaucoup d’expérience grâce à cette première participation aux Jeux olympiques. »

Pénélope Leprévost / Vancouver de Lanlore : « Depuis le début du concours, comme beaucoup de chevaux, Vancouver a eu tendance à se reculer des obstacles, à cause des lumières du stade, des ombres peut-être. J’ai certainement un peu sous-estimé cela. Il était bien à la détente, il a bien sauté le n°1 et le n°2. J’ai misé sur la sérénité et à ce moment, il aurait fallu plus d’énergie pour aborder le n°3. Et comme il est tellement respectueux, après la faute, ce fut le refus. Si c’était à refaire, j’aurais tendance à aller plus vite. Je suis absolument navrée pour mon équipe et tout le staff. C’est difficile de trouver d’autres mots à part dire que : je suis désolée. »

Thierry Pomel, sélectionneur national : « En passant la dernière, Pénélope (Leprévost) avait forcément la pression. Vancouver est un étalon sensible qui a toujours bien fait ce qu’on attendait de lui. Le piège a été que Pénélope a voulu bien faire, c’est-à-dire soigner son parcours, être très précise, qu’elle en a omis que son cheval avait besoin d’un galop plus en avant. La suite est celle qu’on connait. Ce genre de scénario est déjà arrivé de nombreuses fois. Aujourd’hui, c’est tombé sur nous. Les parcours de Mathieu (Billot/Quel Filou 13) et de Simon (Delestre/Berlux Z) ont été magnifiques. Tout au long des épreuves, Mathieu a progressé. Il était très concentré et a réalisé une très belle prestation avec un cheval qui a très bien sauté. Le couple que forme Simon et Berlux est une révélation totale, qui est encourageante pour l’avenir. »

Henk Nooren, entraineur : « Après l’obstacle n°2, Pénélope aurait dû relancer son galop. Le cheval était un peu désuni et le rythme n’était plus là pour sauter correctement le n°3. C’est une petite faute en temps normal mais sur un parcours si difficile comme celui des JO, cela ne passe pas. Même si Vancouver est très respectueux, le rythme n’était simplement pas suffisant. »

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