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Cian O’Connor, candidat aux instances de la FEI

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Le pas décidé de Cian O’Connor.

Cavalier émérite, marchand de chevaux, Cian O’Connor est un homme polyvalent et entreprenant. L’Irlandais aimerait ajouter une corde à son arc en prenant la suite de Rodrigo Pessoa comme représentant les cavaliers de saut d’obstacles au sein de la FEI. Pas sûr pourtant que son nom arrive en tête du scrutin.

La Fédération Equestre Internationale va procéder en fin d’année au renouvellement de ses instances pour la période 2018-2022. Celles-ci réservent une place aux athlètes, une par discipline. Dans le cas du jumping, un athlète désigné par ses pairs représentera les cavaliers au sein du comité de saut d’obstacles, un groupe technique qui s’occupe de tous les aspects de la discipline, notamment les évolutions du règlement.

Quatre candidatures ont été déposées. Sanjay Bagai, un Indien de 52 ans, Nicolas Piazzaro-Suarez un Mexicain de 40 ans, Cian O’Connor (39 ans) et Lisen Bratt-Fredricson, une Suédoise de 42 ans.  Cette dernière est assurément la grande rivale de l’Irlandais. Cavalière reconnue elle est aussi l’épouse de Peder Fredricson mais surtout elle est la candidate qui a été désignée par l’IJRC (International Jumping Rider Club) alors que Cian O’Connor est officiellement celui présenté par la fédération équestre irlandaise. O’Connor est toutefois le seul à avoir esquissé les grandes lignes d’un programme reposant sur la promotion du bien être des chevaux et des cavaliers mais intégrant aussi un volet business assumé par le développement du marketing et de la communication.

Suspense, suspense d’autant que le vote qui se déroule par voie électronique jusqu’au 23 septembre n’est ouvert qu’à une base électorale réduite. Il faut en effet avoir participé à l’une des des 2 dernières olympiades ou l’un des 2 derniers championnats du monde pour pouvoir exprimer son choix. Résultat le 24 septembre.

 

FEI-GCT : la loi du fric plus forte que la loi du sport ?

Jan Tops, le fondateur du Global Champions Tour

Après de longs mois de bataille juridique les dirigeants de la FEI et du Global Champions Tour ont finalement trouvé un accord et enterré la hache de guerre. Comme dit le proverbe, les loups ne se mangent pas entre eux. Le coup de dent, en l’espèce, est pour les cavaliers, victimes collatérales d’un incroyable dénouement dans lequel, après quelques pudibonderies de jeune vierge, la FEI retourne sa veste pour embrasser une vision américano-hollandaise du sport où la norme supérieure est l’argent.

De quoi s’agit-il ? Le combat initial qui a opposé le GCT à la FEI n’est pas propre à l’équitation. La structuration du sport repose depuis environ un siècle sur un monopole légal, celui des fédérations nationales et internationales sur leurs licenciés et sur l’organisation des compétitions auxquels ceux-ci participent. Ca, comme dirait la pub, c’était avant. Avant notamment que la télévision et ses annonceurs fassent couler l’argent à flots et aiguisent bien des appétits.

Dans la situation actuelle nous avons tous une part de responsabilité même si celle-ci relève plus de la naïveté. Naïveté de penser que le système mis en place par Jan Tops était bon pour le sport. C’était en fait ouvrir, avec un grand sourire, la porte de la bergerie au loup. Le GCT n’a rien d’une œuvre caritative et ceux qui savaient, à commencer par les dirigeants de la FEI, se sont bien gardés de pointer un système basé dès le départ sur une sélection par l’argent. Souvent copié depuis quelques années par différents organisateurs mais jamais égalé dans son sens du détail, le système repose sur un droit d’entrée maquillé derrière la réservation de tables.

L’arrivée de Franck McCourt aurait dû faire redoubler notre vigilance. Après avoir ouvert la porte, nous avons proposé une chaise et offert le couvert au nouvel entrant. Financier sans scrupules (c’est un oxymore), l’américain en rachetant la moitié des parts du GCT est surtout venu faire un coup dans un secteur qui ne l’intéresse que par son potentiel de rentabilité.

Partant du constat que l’Europe est un marché saturé, l’Américain a en ligne de mire les marchés émergents Asie, Amérique du sud et Etats-Unis, leurs téléspectateurs (via des accords de retransmission d’épreuves) mais aussi ces ultra-riches en peine pour dépenser leurs fortunes. Rien de neuf finalement sous le soleil si ce n’est reproduire le système de la formule 1 où pour avoir un volant le portefeuille (ou les sponsors) compte autant sinon plus que le talent.

Il ne s’agit pas pourtant d’avoir une vision nostalgique ou manichéenne mais de rechercher une situation équilibrée entre règles et éthique sportives d’une part et enjeux financiers de l’autre. Le problème posé par le protocole d’accord signé dernièrement entre la FEI et le GCT, c’est le désagréable sentiment qu’il donne. Cette sensation qu’Ingmar de Vos « s’est couché » devant Jan Tops et Franck McCourt. Une bien étrange défaite en vérité. Loin d’être un faux pas isolé, cette décision doit être replacée dans un contexte plus large où, dans un court laps de temps, des petits cailloux blancs ont été régulièrement semés pour dessiner au final une trajectoire plus favorable au business qu’au sport (modifications successives des formats des Jeux Equestres Mondiaux, des Coupes des Nations, manque de combativité face au CIO pour défendre la place de l’équitation aux Jeux Olympiques…)

« La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires » disait Clémenceau. Actualisée, la formule pourrait être « le sport de haut niveau est une activité trop importante pour être laissée aux seules griffes des financiers ». Le communiqué diffusé par les propriétaires du GCT à l’issue de la signature du protocole d’accord avec la FEI doit être replacé dans ce contexte. « Nous remercions toutes les personnes impliquées pour leurs efforts. Nous sommes ravis de travailler avec la FEI à l’avenir afin de construire un futur fort et profitable à notre sport et à tous ses acteurs dans un environnement moderne » se félicitent ainsi le duo Tops-McCourt. Décrypté on ne peut que s’interroger sur la « modernité » revendiquée ainsi que sur les bénéficiaires de ce « futur fort et profitable » qu’ils entrevoient.

Beaucoup d’acteurs du haut niveau se déclarent aujourd’hui, de façon publique, inquiets sur l’avenir du saut d’obstacles mondial. Depuis l’avènement d’Ingmar de Vos à la tête de la FEI en 2014, le sentiment qui domine est celui d’un emballement de la mutation des sports équestres dans une direction où beaucoup ne se retrouvent pas. La volonté de la Fédération équestre internationale « d’harmoniser » les engagements (à la hausse en fixant le prix des engagements sont fixés en fonction de la dotation d’une épreuve ou de la compétition) entre l’Europe et les Etats-Unis en constitue le dernier avatar.

Interrogé par Elodie Mas de L’Eperon, très en pointe sur ce sujet brulant, Kevin Staut développe une vision particulièrement lucide de la situation « Jan Tops a proposé une bonne formule, il a un très bon produit et c’est normal qu’il avance de son côté, mais le problème c’est que la FEI ne joue pas son rôle d’arbitre. Le Global va devenir de plus en plus sectaire, il sera de plus en plus difficile de rentrer dedans. La sélection ne sera plus en fonction de la performance : aujourd’hui on passe déjà des 30 aux 15 meilleurs mondiaux, et à terme, ça risque d’être uniquement ceux qui font partie des équipes qui pourront y participer. Jan a fait avancer le sport, il a mis les choses en compétition, mais la FEI ne protège pas le sport !« 

Alors, si la FEI ne protège pas le sport, à quoi sert-elle et que font les fédérations européennes à commencer par la FFE ? La balle est assurément dans le camp des cavaliers de haut-niveau dont la passivité interpelle. Toujours dans cet incontournable entretien accordé à l’Eperon Kevin Staut tape une nouvelle fois juste : »Steve et moi, on fait partie des rares à se positionner. J’ai peur qu’on devienne les seuls à lutter. L’intérêt est d’essayer de s’unir, on doit rassembler des voix derrière nous. Le problème c’est que les gens ne sont pas assez au courant de ce qui se passe. Nous les premiers ! »

Il sera difficile désormais de dire qu’on ne savait pas.

NB : A lire également, toujours sur l’Eperon, l’éclairant article d’Emmanuelle de Monléon « Une conférence embarrassante… »

La FEI ne renonce pas à interdire la Global Champions League

Tops

Jan Tops, fondateur du Global Champions Tour en compagnie de son épouse, Edwina Tops-Alexander

En novembre dernier, le bureau de la FEI avait fait part de sa détermination à utiliser tous les moyens légaux dans le bras de fer qui l’oppose au Global Champions Tour de Jan Tops dans l’organisation d’épreuves par équipe. Les instances internationales sont passées à l’acte après le déroulement des deux premières épreuves de la Global Champions League qui se sont déroulée dernièrement à Miami et Mexico. Un chef de piste et un juge ont été suspendus pour six mois, conformément à la mise en garde qui avait été adressée à tous les officiels de la FEI.

Rob Jansen et Rogier van Lersel sont sanctionnés pour avoir officiés lors d’un événement non autorisé par la FEI après avoir demandé une dérogation qui leur a été refusée. Le litige ne devrait pas en rester là. Il viendra grossir l’épais dossier du contentieux FEI-LGCT qui devrait connaître des rebonds devant la Belgian Competition Authority (BCA).

La parade mise en œuvre par la FEI pour tenter de conserver son exclusivité sur le format des épreuves par équipe peut toutefois apparaître comme bancale sur deux points. Le premier est que seuls les officiels ont été sanctionnés alors que les cavaliers et leurs chevaux ont été autorisés. Le deuxième porte sur la motivation de la FEI à savoir, « assurer le bien-être des chevaux et des athlètes ».

Juridiquement, la FEI assoit sa décision sur le fait que si la Cour d’Appel de Bruxelles a effectivement confirmé, la suspension de la clause d’exclusivité de la FEI par autorités belges de la concurrence de Bruxelles (à la suite d’une plainte du LGCT), il n’y aurait pas eu en revanche d’examen au fond de l’affaire et que, la décision de ne serait pas applicable en dehors de la Belgique.

Il convient par ailleurs de rappeler que différentes fédérations sportives internationale ont demandé un arbitrage à la Commission européenne, gardienne du principe de concurrence libre et non faussée sur lequel s’appuient les organisateurs du LGCT. La question de fond étant de savoir l’étendue des atteintes possibles à ce principe en matière de sport.

La Global Champions League se déroule dans le cadre des 15 étapes du Longines Global Champions Tour, forte de 12 équipes dont les couleurs sont défendues à chaque fois par deux cavaliers. Ce nouveau format d’épreuve a été décliné pour la première fois le 10 avril, sur la plage de Miami. Pour rendre le dispositif attractif, le LGCT a cassé sa tirelire : 7,5 millions d’euros entre la dotation des épreuves et le classement général. A titre d’exemple l’épreuve de Miami était dotée à hauteur de 200 000 € dont 60 000 € au duo vainqueur (40 000 € aux deuxièmes, 26 000 € aux troisièmes …)

Global Champions Tour contre FEI : la balle dans le camp de la Commission européenne

FEI President Ingmar De Vos and FEI Secretary General Sabrina Ib‡–ez, formerly Zeender, are pictured at the in-person FEI Bureau meeting on 10 November 2015 in Puerto Rico (PUR). Pic Richard Juilliart

Ingmar De Vos, Président de la FEI avec en fond la Secrétaire Générale Sabrina Zeender, lors du Bureau du 10 Novembre à Puerto Rico. Crédit photo FEI / Richard Juilliart

Le torchon brûle entre la Fédération Equestre Internationale (FEI) et les organisateurs du Global Champions Tour (GCT). La Cour d’Appel de Bruxelles a confirmé le 22 octobre la décision de l’autorité belge de la concurrence du 27 juillet autorisant le GCT à lancer une nouvelle formule d’épreuves par équipes transnationales aux couleurs de partenaires privés. En réponse, le Bureau de la FEI a décidé à l’unanimité le 10 novembre dernier de contre-attaquer et d’utiliser tous les moyens légaux pour faire respecter la clause d’exclusivité dont elle dispose sur ses licenciés. La balle est aujourd’hui dans le camp de la Commission européenne appelée à juger des entorses qu’elle est prête (ou pas) à consentir au sacro-saint principe de la libre-concurrence.

Il y a 20 ans l’arrêt Bosman mettait fin de l’exception sportive qui prévalait dans le milieu du foot en reconnaissant le droit à mobilité aux joueurs de football considérés comme des travailleurs bénéficiant d’une libre circulation au sein de l’Europe et en mettant fin aux quotas de joueurs étrangers dans les équipes de championnat. Rendu en décembre 1995 par la Cour de Justice des Communautés Européennes, l’arrêt Bosman a considérablement modifié le fonctionnement du football professionnel.

C’est justement via les fourches caudines de l’Union Européenne que Jan Tops et ses associés essayent aujourd’hui de faire voler en éclats l’architecture juridique de la FEI bâtie sur un principe selon lequel les fédérations sportives ont la mainmise sur leurs licenciés. Autrement dit qu’elles peuvent leur interdire de participer à des compétitions qu’elles n’ont pas approuvées, homologuées.

La FEI dans ses arguments met ainsi en avant l’exemple de la fédération internationale de patinage artistique (ISU) qui va jusqu’à interdire à vie des athlètes ayant participé à des compétitions non homologuées. Dans le cas des sports équestres, le règlement de la FEI stipule que tout athlète, cheval ou officiel qui participe à un concours non homologué par ses soins est interdit de compétition pendant les six mois qui suivent.

La FEI relève qu’elle n’est pas la seule à être confrontée à ce genre de situation et met en avant que la Commission européenne, chargée de faire respecter le dogme d’une concurrence libre et non faussée au sein de l’UE, examine aujourd’hui de près la situation de l’ISU.

La FEI souhaite donc prendre le train en marche et être associée à cette réflexion. Son président, Ingmar de Vos a également écrit à ses homologues membres de l’Association des Fédérations Internationales des Sports Olympiques (ASOIF) pour leur suggérer de le rejoindre dans la démarche de façon à peser sur Bruxelles.

De son côté, le Global Champions Tour et ses avocats avancent que le rôle de la FEI ne se limite pas à être le régulateur des sports équestres mais qu’elle est également un organisateur de manifestations sportives. La FEI et les fédérations nationales seraient donc des entreprises ou groupement d’entreprises « qui organisent des compétitions sportives équestres, et/ou ont des intérêts commerciaux dans les compétitions organisées par la FEI« . En outre, la règle d’exclusivité de la FEI qui a pour but « la protection du bien être des chevaux et de l’intégrité de la compétition » ne serait pas proportionnelle au but poursuivi et permettrait surtout d’éliminer toute concurrence. En effet, le GCT rétorque qu’il est ouvert à ce que des contrôles anti-dopage commandités par la FEI soient réalisés  lors de ses épreuves et se déclare prêt à en assurer le coût financier.

Le bras de fer est donc loin d’être terminé entre la FEI et le GCT qui a sans doute crié victoire un peu trop tôt. Derrière celui-ci, ce sont également les pratiques du GCT, véritable machine à cash, qui sont en cause. On évoque sous le manteau les chiffres faramineux du prix des engagements qui iraient de 12 500 € pour les amateurs à 25 000 € pour l’élite. Sans parler de la vente « forcée » de tables à des tarifs astronomiques en plus des engagements, une pratique qui a fait école auprès des autres organisateurs qui ont tendance sur beaucoup de points à s’aligner sur les tarifs et pratiques du GCT.

Plus qu’un duel juridique ce sont donc deux visions radicalement différentes des sports équestres qui s’affrontent et qui conditionneront l’accès au plus haut-niveau dans un futur proche.

La mondialisation de l’équitation, façon Jan Tops

CSIO Barcelone

Jan Tops et son épouse, Edwina Tops-Alexander

Les requins chassent en meute. L’entrée au capital (50%) du Global Champions Tour du milliardaire américain Franck McCourt à l’été 2014 n’avait pas vraiment l’allure d’une action caritative sinon désintéressée. Ce duo de choc entre un redoutable homme d’affaires américain et un très futé marchand et organisateur Batave de concours sentait le souffre. Et c’est la FEI, la première qui vient de s’y bruler les doigts. Habilement amenée sur le terrain miné du respect de la libre concurrence, la fédération sportive, véritable fossile juridique dans le monde des affaires, a été déboutée sur ce qui constitue la pierre angulaire du mouvement sportif : la clause d’exclusivité sur les licenciés.

Les organisateurs du Global Champions Tour, circuit de CSO le plus doté au monde, ont annoncé dans un communiqué en date du 22 octobre que la Cour d’Appel de Bruxelles a confirmé la décision des autorités belges de la concurrence qui autorise le Global Champions Tour à lancer en 2016 une nouvelle formule par équipe, la Global Champions League, en dépit de la clause d’exclusivité revendiquée par la Fédération équestre internationale.

La Cour d’Appel de Bruxelles appuie sa décision sur le fait que la FEI n’aurait pas réussi à démontrer que la suspension de cette clause peut lui cause un préjudice grave et irréparable et donc que son respect est indispensable. L’affaire est-elle close juridiquement ? On attend impatiemment la réaction de la FEI.

A cet égard, le témoignage de Pierre Durand dans les colonnes de Grand Prix Replay apporte un éclairage intéressant au dossier. L’ancien président de la FFE et candidat l’an passé à la tête de la FEI (où il a été battu par le belge Ingmar de Vos) y fait part de son hostilité à l’offensive du GCT.  » Je suis tout à fait d’accord avec l’action menée contre le Global Champions Tour qui souhaite créer un circuit avec un système d’équipes privées. C’est un circuit qui prendrait beaucoup trop de place face aux concours mettant en valeur les sélections nationales qui sont, à mon avis, primordiales dans ce sport » indique l’ancien champion olympique. En effet, dans la formule à la sauce hollandaise proposée par le GCT, les cavaliers ne seraient plus regroupés par pays (comme pour les Coupes des Nations) mais par équipes de 4 cavaliers aux couleurs d’un partenaire.

Effacement des nations, affaiblissement des Fédérations, dérégulation, le monde de l’équitation semble rattrapé par la mondialisation. Ce phénomène si décrié et soit disant irréversible qui partage les individus en deux camps. Ceux qui y gagnent et, ceux qui y perdent.

Global Champions Tour vs FEI : logique marchande contre logique sportive

Jan Tops

Jan Tops, heureux fondateur du LGCT.

Jan Tops est beaucoup plus qu’un simple ex cavalier de haut niveau (médaille d’or par équipe aux JO de Barcelone en 1992) et un redoutable marchand de chevaux. C’est avant tout un homme d’affaires doté de la bosse du commerce comme savent si bien en produire les Pays-Bas depuis des siècles.

La création du Global Champions Tour en 2006 s’inscrit pleinement dans cette filiation : créer une machine à cash reposant sur un concept proche de la Formule 1 où la crème des meilleurs couples chevaux-cavaliers (ou à défaut très très fortunés) se retrouvent sur le circuit le mieux doté au monde (9 millions €) se déroulant dans des lieux prestigieux.

Le concept est efficace et séduisant. En juin 2014, le très avisé businessman américain Frank McCourt faisait l’acquisition (pour un montant resté confidentiel) de 50% des parts du LGCT. Un investissement qu’il justifiait alors par le fait que le jumping de haut niveau par son côté stars et bling-bling a une marge de progression très forte en termes d’audience tv aux USA mais surtout en Asie.

En septembre 2014, à l’occasion de l’étape de Vienne, les organisateurs du Longines Global Champions Tour indiquaient vouloir introduire pour la saison 2015 des épreuves par équipes (composées de quatre cavaliers issus du Top 30, sans lien avec une nationalité), sur un principe issu … du football avec des dotations pour ces épreuves de 7,5 millions d’euros par saison, ce qui porterait la dotation totale annuelle du LGCT à 20 millions de dollars.

Cette annonce unilatérale plaçait au pied du mur la FEI à quelques mois d’un renouvellement de son exécutif. Cette dernière pensait avoir trouvé la parade en s’appuyant sur une clause d’exclusivité interdisant aux cavaliers et officiels de prendre part à une compétition hors FEI sans respecter un délai de six mois entre ces concours et un évènement approuvé par la FEI.

Pas de quoi pourtant émoustiller Jan Tops qui décidait, face à des négociations infructueuses, de saisir de l’Autorité Belge de la Concurrence (ABC), comme pour un simple litige commercial, pour non respect du droit européen de la concurrence.

Tout naturellement, cette dernière vient de trancher en faveur du Global Champions Tour en imposant comme mesure provisoire la levée de cette clause, ce qui signifie qu’aucun cavalier ne sera pénalisé s’il participe à un évènement de la Global Champions League. Pour autant, l’affaire est juridiquement loin d’être close tant les intérêts qu’elle soulève sont importants et dépassent le seul cadre équestre.

Il s’agit en effet ni plus ni moins que d’une remise en cause des prérogatives des fédérations sportives sur leurs licenciés. La décision juridique définitive qui sera prise impactera largement l’avenir de la FEI dont le plus grand risque est de se voir ringardisée par des organisateurs privés. Aujourd’hui déjà les Coupes des Nations ont beaucoup perdu de leur éclat face à des épreuves du LGCT qui se déroulent souvent aux mêmes datent, plaçant de se fait les cavaliers dans des situations inconfortables, les obligeant au grand écart entre l’honneur de défendre les couleurs nationales et les contraintes financières de leurs propriétaires.

Affaire Guerdat : le jugement de Salomon de la FEI

Nino

Steve Guerdat et Nino des Buissonnets lors des JEM 2015.

Lors de son audition téléphonique de la semaine dernière avec les instances de la FEI, Steve Guerdat avait sollicité la levée rapide de la suspension provisoire dont deux de ses chevaux et lui-même étaient l’objet suite à un contrôle antidopage positif lors du CSIO de La Baule. Lundi 27 juillet le Tribunal de la FEI a fait part de sa décision, digne de Salomon. La suspension est levée avec effet immédiat pour le cavalier mais pas pour ses montures, Nino des Buissonnets et Nasa, qui demeurent interdits de compétition pour deux mois.

Ce faisant, le Tribunal reconnaît que le caractère positif des contrôles est très probablement lié à une contamination alimentaire indépendante de la volonté du cavalier. Pour autant la FEI ne peut feindre d’ignorer que des substances interdites ont été retrouvées dans l’organisme des chevaux, elle maintient donc la suspension provisoire de ceux-ci tant que la contamination alimentaire suspectée n’est pas établie.

Blanchi moralement, le Jurassien est maintenu dans une situation sportive très délicate qui le prive notamment de participation aux Championnats d’Europe d’Aix-la-Chapelle, fin août. Une situation qui, par ricochet, pourrait faire s’évanouir l’objectif de qualification de l’équipe Suisse aux Jeux Olympiques de Rio 2016.

Certains commentateurs s’étonnent de la sévérité de la décision du Tribunal au regard du fait que dans des cas similaires, liés à la détection des mêmes substances, les charges avaient été abandonnées contre les cavaliers et les chevaux. A croire que la FEI ne voulait pas donner l’impression d’une trop grande complaisance à l’égard du champion olympique en titre. A moins, et on peut l’espérer, que les juges aient estimé que la preuve de la contamination alimentaire n’est qu’une affaire de jours.

Affaire Guerdat : la parole à la défense

Steve

Steve Guerdat. Cliquer pour agrandir.

Comme l’y autorise le règlement de la Fédération Équestre Internationale, Steve Guerdat a tenu à faire part de ses explications aux instances sportives équestres suite à sa suspension pour résultats positifs à l’issue d’un contrôle anti-dopage réalisé au CSIO de La Baule. Ces échanges se sont déroulés jeudi 23 juillet par le biais d’une conférence téléphonique comme l’autorise la procédure. Le champion olympique était assisté de son avocat, de son conseiller juridique, du vétérinaire de la Fédération Suisse des Sports Équestres) ainsi que de son propre vétérinaire.

Sans surprise, le Jurassien a demandé la levée de sa suspension provisoire de 2 mois en faisant reposer son argumentation sur une contamination alimentaire involontaire. Le site Suisse « Le Cavalier Romand » reprend le courrier d’une de ses lectrices, Isabel Balitzer-Domon, qui avance une explication possible aux contrôles positifs. Selon cet éleveur, cavalière et ancienne journaliste, la présence de coquelicot dans le foin pourrait être en cause. « Toutes les variétés de Papaver (nom scientifique du coquelicot) contiennent des alcaloïdes opiacés dont les plus connus sont la codéine et la morphine… soit précisément les substances qui ont été retrouvées sur Nino et Nasa » écrit notamment Isabel Balitzer-Domon. Une explication qui concorde avec celle du Dr Charles Trolliet, vétérinaire et président de la Fédération suisse des sports équestres (FSSE) qui rappelle dans un entretien accordé à la télévision Suisse (RTS) que trois suspensions ont été levées en décembre dernier avec des chevaux positifs aux mêmes substances que celles relevées dans les organismes des chevaux du champion suisse ( pour voir la vidéo cliquez ici).

La balle est désormais dans le camp du Tribunal de la FEI qui doit examiner le plaidoyer présenté par Steve Guerdat et rendre sous peu son verdict, en début de semaine prochaine selon certaines sources.

Le champion olympique de Londres en 2012 a reçu un très large soutien du monde équestre et notamment de ses pairs, à l’image de celui de Gregory Wathelet. La suspension en cours est particulièrement problématique pour Steve Guerdat qui en l’état ne pourrait participer eux championnats d’Europe à Aix-la-Chapelle en août mais aussi, pour l’équipe Suisse de CSO qui doit gagner sur les terrains sa qualification pour les Jeux Olympiques de Rio en 2016.

Soutien à Steve Guerdat

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Quel gâchis. La victoire de Steve Guerdat associé à Nino des Buissonnets avait donné lieu à l’une des très rares manifestations de joie du cavalier Suisse d’un tempérament plutôt réservé.

La victoire était trop belle, et la joie de Steve Guerdat trop éclatante. Il fallait bien que quelque chose vienne gâcher la fête. Deux mois après la superbe victoire du Jurassien dans le Grand Prix du CSI 5* de la Baule, la FEI, dans un communiqué très prudent, indique avoir suspendu automatiquement pour deux mois à titre provisoire le champion Suisse en raison de résultats positifs à deux contrôles anti-dopage effectués à La Baule.

Dans un communiqué diffusé mardi 21 juillet après-midi, la FEI indique que des substances dopantes telles que la codéine, l’oripavine et la morphine ont été décelées lors d’un contrôle sur Nino des Buissonnets et Nasa à l’issue du CSIO de La Baule (16 et 17 mai). Steve Guerdat avait remporté le Grand Prix avec le premier et, s’était était classé 3ème du mythique Derby avec le second.

La FEI n’écarte pas la possibilité que ces résultats positifs soient liés à une contamination des aliments donnés aux chevaux de Steve Guerdat. Il n’empêche, c’est un coup très dur pour le fils du sélectionneur national Français qui voit non seulement sa probité mise en cause mais qui d’autre part, ne pourra en raison de sa suspension participer aux championnats d’Europe qui se dérouleront du 11 au 23 août à Aix-la-Chapelle.

Plus que jamais, dans l’attente d’un jugement définitif, la présomption d’innocence doit bénéficier au cavalier Suisse dont la moralité n’a jamais été prise en défaut. C’est d’ailleurs ce que rappelle sur son site le champion olympique lorsqu’il évoque qu’il est un cavalier « reconnu pour le très grand respect qu’il a envers les chevaux ». Une qualité qui lui permet d’afficher aujourd’hui, dans l’épreuve, le soutien total de ses propriétaires et sponsors.

On sait pourtant que des tests positifs déclenchent une véritable machine administrative infernale et que le renversement de la preuve sera une chose difficile à établir dans un contexte ou l’industrialisation de la fabrication des aliments pour chevaux s’inscrit dans une chaîne longue et complexe. Le cavalier et son équipe, après s’être déclarés atteints et profondément attristés par la décision de la FEI ont indiqué se consacrer désormais à la recherche de la cause de la contamination et d’indiquer en conclusion : « Steve Guerdat se montre confiant de livrer des explications convaincantes, au vu des cas précédents rappelés par la FEI.« 

Dans ces moments difficiles, la rédaction de « Planète CSO » assure Steve Guerdat de toute sa confiance et invite tout un chacun à lui manifester son soutien sur son mur Facebook.

L’endurance sème le trouble aux élections de la FEI

FEI Clean Sport Logo Concepts 14th September 2009Bakou en Azerbaïdjan accueille cette semaine les dirigeants de la Fédération Équestre Internationale pour une assemblée générale élective (composée des représentants des fédérations nationales) d’où sortira dimanche, le nouveau président de la Fédération équestre internationale. Dans tous les cas de figure ce sera bien un président puisque cinq hommes sont candidats pour succéder à la Princesse Haya de Jordanie : le Suisse Pierre Genecand, le Danois Ulf Helgstrand, le Britannique John McEwen, le Français Pierre Durand et le Belge Ingmar de Vos sont en lice. Si depuis plusieurs mois l’équité du processus électoral est dénoncée par certains candidats, la tension est subitement montée d’un cran jeudi avec la sortie d’une newsletter « spécial élections FEI » du bimestriel Cheval Arabe News (CAN).

Le long article intitulé « L’ombre d’un soupçon », aussi bien écrit qu’étayé, met de façon salutaire les pieds dans le plat en synthétisant la dérive de la FEI. Une dérive étroitement liée à la gestion du dossier de l’endurance, une discipline dénaturée sous l’influence de certains États du Golfe qui ont fait main basse sur celle-ci et qui, par le biais de leur puissance financière et de leurs liens familiaux avec la présidente de la FEI, s’affranchissent du droit commun, à savoir le règlement de le FEI.

Écrit par Annaïk Le Floc’h, une journaliste expérimentée qui baigne depuis 30 ans dans l’endurance (elle est mariée à un cavalier et organisateur de compétitions), l’article exprime bien le haut de cœur d’un milieu qui n’accepte plus des pratiques qui écœurent amateurs et professionnels.

Au-delà des faits, implacables, c’est entre les lignes, un cri d’amour à une discipline, particulière, totalement déconsidérée et abandonnée par la Fédération Française d’Équitation en dépit des très nombreux titres et médailles qu’elle rapporte à la France.

Et le CSO dans tout ça ? Ne nous y trompons pas. La façon dont se règlera la question de l’endurance au sein de la FEI et notamment la lutte contre le dopage et les malversations rejaillira sur l’ensemble des disciplines. En particulier sur le CSO très fortement travaillé par les puissances de l’argent.

Sans préjuger du vote de dimanche et de ses répercussions, force est de constater que le choix de Bakou pour tenir l’assemblée générale élective constitue un choix inquiétant et symbolique. Rappelons en effet que l’Azerbaïdjan, ex-république soviétique du Caucase est aujourd’hui en plein dérive dictatoriale marquée par les fraudes électorales et la corruption. Il est vrai qu’à défaut d’être une nation équestre importante, il partage avec les États du Golfe le fait d’être un pays très riche en hydrocarbures.

Lire « L’ombre d’un soupçon » – Anaïk Le Floc’h- Cheval Arabe NewsCANLogo2014-Rouge-CAN23

Présidence de la FEI : le duel se confirme

Pierre Genecand recent 2014 in WellingtonC’est un beau duel (sportif) qui se dessine pour les élections à la présidence de la FEI qui se dérouleront le 14 décembre prochain à Dubaï. Après avoir annoncé en septembre 2013 qu’elle ne briguerait pas de 3ème mandat, la présidente sortante, SAR la princesse Haya de Jordanie a créé la surprise le 29 avril à Lausanne en laissant voter par l’Assemblée Générale Extraordinaire de la FEI une modification statutaire qui lui permet de se représenter aux prochaines élections. Seul obstacle sur ce parcours apparemment bien balisé, Pierre Genecand un Suisse expérimenté et déterminé.

Pierre Genecand n’est pas du genre d’homme à se laisser impressionner par un vote aux allures de plébiscite : 100 pour sur 103 fédérations en faveur d’une modification statutaire autorisant trois mandats de rang contrairement à la limitation à deux, mise en place … par la princesse Haya en 2006.

Dans un courrier en date du 5 mai, le Suisse a tenu à confirmer le maintien de sa candidature déposée le 17 février auprès de la FEI.« La route est encore longue jusqu’aux élections. 2014 sera une année de grands événements équestres. Je poursuis avec enthousiasme ma campagne électorale à travers le monde à l’occasion de mes différents déplacements. Je suis totalement convaincu que je peux amener une nouvelle énergie à la FEI à différents points de vue tels que le sport, les problèmes commerciaux, la promotion médiatique et bien évidemment le bien-être des chevaux. »  écrit Pierre Genecand.

L’outsider estime que la FEI a accompli sous les huit années de présidence de la princesse Haya d’énormes progrès notamment, dans l’augmentation de ses revenus financiers liés aux droits de diffusion. Pour autant, le Suisse se présente comme le candidat qui permettra le maintien de la dynamique engagée, en grande partie grâce à ses activités professionnelles internationales qui lui confèrent une vision mondiale des sports équestres.

Homme d’affaires Pierre Genecand n’en est pas moins homme de cheval. Un virus contracté dès l’âge de 9 ans quand il a enfourché pour la première fois un équidé. Une maladie qui ne le quittera jamais et qui l’amènera à être président pendant 15 ans de 1989 à 2003 du CHI de Genève avant que la passion du polo ne prenne le dessus.

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Les sports équestres sous l’influence des pétrodollars

Barcelone5 034Depuis quelques années, les rentiers du pétrole se sont pris de passion pour les sports équestres. Non sans incidences sportives ou institutionnelles. La modification des statuts de la FEI pour permettre à la présidente sortante, la princesse Haya, de poursuivre un troisième mandat en est un signe visible et inquiétant.

Où vont les sports équestres ? Ce milieu, dont une image d’Epinal pas si éloignée de la réalité pourrait être « des gens bien éduqués aux gros chéquiers », connaît une petite révolution avec l’arrivée massive de capitaux très importants depuis principalement les états du golfe Persique.

Le plus spectaculaire et visible est sans doute la multiplication des acquisitions des meilleurs chevaux du moment par des fortunes privées, des fonds d’investissement ou même des Etats comme le Qatar. Le Qatar, où les cassettes de l’Etat et celles de ses dirigeants semblent se mélanger, s’est notamment illustré  à l’automne 2013 par l’acquisition de Palloubet d’Halong pour la somme record (pour un hongre) de 11 millions d’Euros.

La conséquence directe de ces transferts de propriété c’est l’ascension fulgurante  de compétiteurs performants à l’image de la très belle 4ème place de Bassem Hassan Mohammed (Qatar) sur l’étalon BWP Primeval Dejavu (Heatbreaker/Lisa) le week-end dernier lors du Grand Prix du Longines Global Champions Tour d’Anvers. On pourrait citer également le cavalier marocain Abdelkebir Ouaddar désormais au top niveau (et déjà son ticket en poche pour les JEM) grâce à son formidable Quicly de Kreisker et à la générosité du roi du Maroc engagé dans ce qui ressemble à une course à la performance avec les autres royaumes arabes.

Visibles également les nouveaux sponsors à l’image du fonds d’investissement Saoudien Furusiyya qui accole désormais son nom à la prestigieuse Coupe des Nations FEI. Mais de la volonté de gagner à tous prix au scandale, il n’y a parfois qu’un pas. Et s’il est un sponsor au nom sulfureux c’est bien celui de Meydan.

Meydan est une société dirigée par le Cheikh Mohammed ben Rashid Al Maktoum, émir de Dubaï mais aussi vice-président et ministre de la défense des Émirats Arabes Unis, époux par ailleurs de la présidente de la FEI, Haya de Jordanie. Propriétaire de plus de 700 chevaux d’endurance, le cheikh (champion du monde d’endurance en 2012) a été éclaboussé en avril 2013 par le contrôle positif d’une vingtaine de chevaux de son écurie de course Godolphin.

L’homme par qui les choses sortent sur le tapis, c’est le président de la Fédération suisse des sports équestres. En mai 2013, Charles Trolliet met les pieds dans le plat. Selon ses comptes, « 40 % des cas positifs en sport équestre proviennent de l’endurance, alors même que cette discipline ne représente qu’une minorité de courses ». Coïncidence troublante, la FEI fait de l’obstruction pour transmettre les rapports vétérinaires censés être faits après chaque mort ou accident en course quand plus de 80 % de ces cas positifs concernent des cavaliers issus du Moyen-Orient, Emirats Arabes Unis (EAU) en premier lieu. Dans beaucoup de têtes on pense conflit d’intérêt sans oser le dire ouvertement. On ne se fâche pas impunément contre des gens financièrement très puissants.

Pourtant, quand un communiqué diffusé le 26 avril 2014 par la Fédération équestre internationale et le comité d’organisation des Jeux équestres mondiaux annonce la signature d’un partenariat avec Meydan, c’est le plus grand émoi dans le petit monde équestre d’habitude très feutré. La levée de boucliers est telle que deux mois plus tard, Meydan fait part de son retrait.

Les choses auraient dû en toute logique rentrer dans l’ordre avec le départ de la présidente de la FEI qui arrivait au terme de son deuxième mandat. La princesse Haya avait elle-même indiqué le 26 septembre 2013 qu’elle ne briguerait pas un troisième mandat fin 2014.

Rebondissement cette semaine à Lausanne où la FEI a largement adopté une modification de ses statuts afin de permettre à sa présidente, de briguer un troisième mandat en décembre. Paradoxe, c’est la princesse Haya qui avait elle-même fait voter, peu après sa première élection en 2006, la limitation à deux mandats présidentiels de quatre ans. De là à dire que le retrait de Meydan du sponsoring des JEM n’a été qu’une manœuvre destinée à conforter la réélection de la présidente sortante soigneusement préparée en coulisses, il n’y a qu’un pas.

Sur les 103 fédérations réunies à Lausanne, 100 ont voté la modification des statuts. Seules 3 ont voté contre : les Pays-Bas, le Lichtenstein et la Suisse. Le dépôt officiel des candidatures interviendra en mai-juin. On ne sait pas encore si la présidente sortante aura un adversaire. Pour ce qui est du mélange des genres, la princesse Haya a précisé « Beaucoup de gens ont des conflits d’intérêt mais, s’ils sont clairement annoncés et connus, ça fonctionne très bien ».

Henry Moreigne

Photo : SAR Haya de Jordanie

 

Hans Günter Winkler, la légende vivante de l’équitation, prend sa retraite définitive

HGWLe CSI**** de Brunswick qui s’est déroulé la semaine dernière a été marqué par un hommage exceptionnel du public à un cavalier tout aussi exceptionnel hélas fort méconnu des jeunes générations. Hans Günter Winkler (HGW) a tout simplement le plus beau et le plus étoffé des palmarès des cavaliers de CSO à ce jour. Mieux, avec une participation à six Jeux Olympiques, cinq médailles d’or, une d’argent et une de bronze il est l’athlète le plus titré de l’histoire du sport olympique.

Si on y rajoute deux titres de champion du monde et cinq médailles aux championnats d’Europe, on commence à prendre conscience de l’épaisseur sportive du personnage. Reconverti depuis plusieurs décennies dans la commercialisation d’événements équestres et la direction d’une agence de marketing, HGW a sagement décidé, à 87 ans de prendre une retraite bien méritée. Sa participation au CSI de Brunswick comme directeur sportif  de l’événement était donc la dernière. Debout, les 5000 spectateurs présents dans l’enceinte ont longuement applaudi celui qui est considéré outre-rhin comme une légende vivante.

La semaine dernière, dans une configuration plus intime, seulement 500 invités, la FEI a également rendu hommage à cette icône des sports équestres. Hans Gunter Winkler (à gauche) s’est vu remettre un serre-livres spécialement gravés des mains du directeur du saut d’obstacles de la FEI, John Roche (à droite).

Il n’y a pas de grand cavalier sans grand cheval. Celui de HGW s’appelait Halla (vidéo) une jument de mère française (Hélène TF) et surtout,  le seul cheval à avoir remporté trois médailles d’or aux JO.  C’est précisément aux JO de Stockholm en 1956 que naît la légende. Lors de la première manche, sur l’avant-dernier obstacle, la jument part une foulée trop tôt  ce qui déstabilise HGW qui retombe lourdement sur sa selle et se déchire un muscle de l’aine. Malgré la douleur, pour que l’équipe allemande ne soit pas éliminée, il repart dans la deuxième manche sous l’emprise d’une piqure de morphine  et fait sans faute … largement aidé par sa monture. Le couple remporte cette année là l’or en individuel et par équipe. Par la suite, ils gagneront 125 compétitions de saut d’obstacles.

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Crédit photo : FEI

Le Canada remporte la Coupe des Nations de Wellington

BhmDHlWIMAEZ3rWLe Canada a remporté vendredi soir devant la Grande-Bretagne et les Etats-Unis l’étape de la Coupe des Nations FEI Furusiyya qui se courait à Wellington (Floride). Seules les deux premières nations du circuit Nord-américain seront qualifiées pour la grande finale de Barcelone, en octobre 2014.

La très belle équipe du pays à la feuille d’érable était composée dun savant mélange entre les très expérimentés Éric Lamaze (Powerplay), Yann Candele (Showgirl),  l’inoxydable Ian Millar de 67 ans (Dixson), et la fraicheur de la belle trentenaire, Tiffany Foster (Victor).

Il faudra surveiller de près cette équipe lors des Jeux équestres mondiaux. « Nous avons aujourd’hui quatre formidables cavaliers et quatre formidables chevaux qui ont tous fait un super job ce soir » commentait d’ailleurs Mark Laskin, le chef d’équipe alors qu’Éric Lamaze n’a même pas eu à repartir dans la seconde manche.

Éric Lamaze, un formidable chef d’orchestre totalement remotivé, ramené au plus haut niveau par le soutien inconditionnel de ses sponsors, Carlene et Andy Ziegler (Artisan Farms),  qui lui ont permis d’acquérir en 2013 de nouveaux chevaux (Quelmec et Power Play) ainsi que pour Tiffany Foster (Verdi). Éric Lamaze toujours à l’origine également de l’acquisition et de la mise à disposition de la fabuleuse Showgirl, jument de 14 ans,  à son compatriote et ami Yann Candele.

Le triple champion de saut d’obstacles du Canada Yann Candele lui renvoyait d’ailleurs l’ascenseur hier soir en déclarant « Nous étions déjà présents à Barcelone l’an dernier pour la finale, raconte-t-il. Éric a vu la jument et a contacté le propriétaire pour me l’a confié. Car Éric n’est pas seulement un cavalier individuel, il travaille pour toute l’équipe. Je pense que le succès d’aujourd’hui est avant tout celui d’Éric et de son esprit d’équipe. Et bien sûr de Tiffany et de Ian. On va maintenant essayer d’aller de plus en plus haut. »

L’objectif, ils ne s’en cachent pas, c’est aussi celui assigné par leurs investisseurs, est de réaliser une très belle performance en France en 2014 pour les JEM. Sur cette terre normande chargée d’histoire et de souvenirs pour de nombreux nord-américains … et sur laquelle un certain Yann Candele a vu le jour.

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