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Affaire Kevin Thornton : une condamnation qui fait du bien

La LFPC figure parmi les associations qui se sont constituées partie civile dans ce procès.

Poursuivi pour « sévices graves où actes de cruauté envers un animal domestique », le cavalier Irlandais Kevin Thornton a été condamné le 26 novembre dernier à 12 mois de prison avec sursis, l’interdiction définitive de détenir un animal et d’exercer pendant cinq ans la profession de cavalier. L’intéressé, absent au procès, continue néanmoins son activité sur le circuit international, en évitant désormais la France. Le 15 novembre dernier il concourait encore en Belgique au CSI 2* de Opglabbeek.

Persona non grata. Autrement dit,  Kevin Thornton (32 ans) n’est plus le bienvenu en France, au moins en sa qualité de cavalier. Pas de quoi faire boiter ce résident Suisse qui craignait plus la sanction sportive de la Fédération Équestre Internationale. Celle-ci était tombée quelques mois après les faits survenus sur la piste de galop de l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer à l’occasion du GPA Jump festival, le 10 octobre 2016. Le prix du déshonneur avait été fixé à 10 000 francs suisses et 4 mois de suspension par le tribunal de la FEI.

Loin de faire profil bas, l’irlandais s’était ému de la lourdeur de la sanction tout en contestant les faits. « Aucune preuve matérielle n’a été trouvée lors de l’autopsie pour prouver qu’un abus avait eu lieu. Aucune marque de cravache, aucune marque d’éperons et aucun signe de sueur sur le cheval » devait souligner Thornton. Droit dans ses bottes, le cavalier n’avait pas hésité à jurer grands dieux de son innocence dans la presse irlandaise.  « Je ne suis pas ce genre de personne. Jamais je ne cravacherais un cheval à mort » devait-il déclarer dans The Irish Field.

Faute d’une autopsie confirmant la cause de la crise cardiaque qui avait emporté Flogas Sunset Cruise, le Tribunal de la FEI avait néanmoins retenu « la conduite inacceptable du cavalier qui a cravaché à répétition, de façon substantielle et excessive, et clairement plus que trois fois sa monture », morte d’épuisement à l’issue d’une séance d’entraînement que l’on qualifiera pudiquement de « virile ».

Saisie par de nombreuses associations de défense des animaux et la société des courses Côte d’Azur, la justice française a, de son côté été certes moins rapide mais, est passée. Le tribunal judiciaire de Grasse, sur la base de nombreux témoignages concordants, a donc estimé que la mort de Flogas Sunset Cruise, était liée aux mauvais traitements infligés par son cavalier.

En allant au-delà des réquisitions du ministère public, qui avait requis trois mois de prison avec sursis, le tribunal répond au trouble profond qu’avait provoqué cette affaire et constitue, on l’espère,  la confirmation d’une jurisprudence qui marque la fin d’une certaine impunité dans la maltraitance des animaux.