Contamination alimentaire : l’IJRC réclame une sécurisation juridique

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Véritable épée de Damoclès au-dessus de la tête de tous les compétiteurs, le dopage par contamination, souvent alimentaire et donc involontaire, hante l’esprit de beaucoup de cavaliers dont notamment les membres de l’IJRC. Plusieurs membres de ce club international des cavaliers de jumping, et non des moindres (Steve Guerdat par exemple) ont eu à subir l’opprobre d’une accusation de dopage avant d’être finalement blanchis à l’issue d’un parcours du combattant long, rude et onéreux. Un système inique où l’accusé doit faire la preuve de son innocence et où comble de l’ironie, on ne sort jamais totalement lavé. L’IJRC pousse donc pour un changement des règles. Il a entièrement raison.

L’équitation est assurément l’un des sports qui se veut le plus vertueux avec un niveau de lutte anti-dopage des plus élevés puisqu’il repose sur un principe de seuil de tolérance zéro lié au départ à la volonté d’éviter toute triche dans les courses. Sauf qu’en raison de l’évolution des technologies de dépistage, la précision renvoie de plus en plus loin, désormais jusqu’à plus de 20 chiffres derrière la virgule ! Autrement dit, la moindre molécule extérieure est immédiatement repérée. Corollaire de ce niveau de précision c’est qu’il ne fait pas la distinction entre un dopage volontaire et un dopage accidentel, non voulu, par contamination. La présence de substances interdites ou prohibées peut avoir des causes improbables. Des aliments industriels contaminés dans une chaîne de production qui sert également à la fabrication d’aliments pour d’autres animaux, des fourrages intégrant des plantes indésirables contenant des substances interdites, une contamination par des humains ou animaux sous traitement médicamenteux… La révélation de contaminations par l’utilisation de simples shampoings ou d’humains ayant uriné au mauvais endroit souligne la difficulté de la tâche.

La charge de prouver l’innocence du cavalier ou de son entourage relève d’une véritable enquête policière qui nécessite le recours à des laboratoires spécialisés et une coopération totale des différents fournisseurs et entourages pour remonter la chaîne. Autrement dit une possibilité réservée aux plus grands noms mais totalement exclue pour les autres qui préfèrent généralement subir la peine pour revenir le plus rapidement possible dans le circuit. C’est la première injustice. La deuxième c’est que même innocenté l’accusé doit rendre ses lots. La troisième c’est que dans la pratique courante pour éviter tout risque de contamination et donc de condamnation, les chevaux au plus haut niveau doivent être placés dans une bulle à la maison et en compétition avec un contrôle total de leur environnement et une conservation ubuesque d’échantillons, de références d’emballages… Cette gestion aussi lourde que ridicule n’est pas accessible au cavalier lambda ce qui créé de facto une justice à deux vitesses. Non pas entre puissants et misérables mais, entre ceux qui ont les moyens et les autres.

Dernière victime en date, Christian Ahlmann contrôlé positif en janvier dernier avec Mandato van de Neerheide, se défend en avançant une contamination accidentelle.

Quand la loi n’est pas bonne, il convient de la changer. La balle est donc dans le camp de la FEI, appelée par l’IJRC à faire évoluer ses règles. Il ne s’agit pas en l’espèce de renoncer au principe de tolérance zéro mais d’adapter la réglementation à l’évolution de la science en matière de dépistage et de prendre en compte une contamination chimique involontaire qui hélas, n’est pas réservée aux seuls chevaux. Autrement dit, mettre un peu d’intelligence dans un règlement vieillissant en total décalage avec ce que certains pourraient désigner comme, « la vraie vie ».

Publié le 25 juin 2020, dans Actualités, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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