Quenelle du Py fait ses adieux à la compétition

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Des sourires et des larmes pour un moment attendu et redouté. Le jumping de haut-niveau c’est aussi du théâtre avec ses projecteurs, ses spectateurs et un rideau qui tôt ou tard tombe et clôture un moment ou une carrière. Pour certains chevaux ou cavaliers, la fin de la compétition est une transition qui se passe dans l’indifférence. Pour d’autres, quitter la scène est l’occasion de marquer un hommage particulier à un cheval qui l’est tout autant. Olivier Robert et Quenelle du Py appartiennent à cette seconde catégorie. Et tout naturellement la cérémonie d’adieux au public s’est déroulée à la maison ou plutôt à une poignée de kilomètres de Pompignac, sur la carrière du Jumping de Bordeaux.

Si les cérémonies les plus simples sont les plus réussies celle de ce samedi s’est démarquée par son caractère naturel ou rien n’était surjoué. Un bel hommage à la grande dame jaune, à la fois si délicate et qualiteuse. Une haie d’honneur et des mots de remerciements au naisseur et à toute l’équipe d’Olivier qui ont participé à une aventure humaine et sportive qui restera dans leur mémoire. A 14 ans, la fille de Trésor du Renom a fait ses adieux à la scène. Salut l’artiste !

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Et si on limitait le nombre annuel de tours pour les chevaux en 5* ?

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Roh Ehrens, sélectionneur national et fier de l’être.

Aux Pays-Bas, les sports équestres, c’est du sérieux. Suffisamment pour que le premier quotidien du pays, De Telegraaf, consacre le 29 janvier, à l’occasion du CSI 5* d’Amsterdam, un entretien fouillé au sélectionneur de l’équipe nationale néerlandaise de saut d’obstacles. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Rob Ehrens ne mâche pas ses mots face à l’évolution du petit monde du 5*. Perplexe face à un circuit devenu « une industrie » il s’interroge, entre autres, sur le bien-être des chevaux malmenés par des calendriers surchargés. Et si, en creux, la solution consistait à limiter le nombre annuel de tours en 5* ?

Rob Ehrens fait partie des personnes dont la parole est en or. Ancien cavalier international qui compte une trentaine de victoires en Grand Prix, il est l’inamovible sélectionneur national des Pays-Bas depuis 15 ans, une longévité qui au passage devrait interpeller notre fédération. Avec une telle expérience, l’homme est un témoin privilégié de l’évolution d’un sport bousculé par les enjeux financiers ces dernières années. Alors quand Rob Ehrens livre son avis, il est de bon ton de l’écouter même si du côté des instances de la FEI, une certaine surdité semble prévaloir.

« En raison d’une énorme quantité de CSI 5*, le sport est devenu une sorte d’industrie. Nous n’avons plus autant de chevaux disponibles pour le haut-niveau et les championnats. Bien-sûr, il est difficile de résister à la tentation des grosses dotations. C’est d’autant plus compréhensible que les cavaliers gagnent leur vie avec les gains. Mais en conséquence, les chevaux ne prennent plus le temps de se reposer, ils rentrent à peine chez eux et voyagent de concours en concours. On ne leur donne de repos que lorsqu’ils sont blessés et c’est déjà trop tard« .  La FEI laisse libre court à des événements lucratifs. Les priorités sont complètement faussées. La FEI doit être là pour protéger avant tout le bien-être des chevaux. Je travaille en collaboration avec d’autres chefs d’équipe pour cela. Nous défendons le sport et les chevaux, cette évolution ne nous fait pas plaisir« , explique le selectionneur national Batave. 

Le constat largement partagé, c’est celui dressé déjà par Hervé Godignon. A savoir que l’on assiste à un nivellement par le haut avec beaucoup de bons cavaliers mais pas assez de très bons chevaux. Cavaliers et entraîneurs sont donc confrontés à un double défi : le mercato avec la fuite des meilleurs montures d’une part et, de l’autre, une course aux gains incompatible avec le bien-être des chevaux, trop sollicités, qui se traduit par ricochet, par la difficulté à aligner les meilleurs couples dans les championnats ou épreuves collectives.

La solution passe-t-elle par un système de quotas avec un nombre maximum de tours par cheval et par an comme pour les jeunes chevaux ou par le fait d’imposer des délais obligatoires de repos après une série de Grand Prix ? La question est complexe mais il faudrait analyser le coût et la perte de gains liés aux blessures ainsi que la longévité sportive des cracks chevaux. La course à l’argent, inexorablement engagée, doit aller au bout de sa logique pour considérer que le bien-être du cheval n’est pas une lubie liée à un excès de sentimentalisme mais, un choix rationnel de préservation d’un capital.

Amsterdam : Kevin Staut au pied du podium

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Kevin Staut / For Joy (archives) Cliquer pour agrandir.

Ce n’est pas le bout du monde et pourtant. Et pourtant, seulement deux tricolores s’alignaient ce dimanche dans le Grand Prix Coupe du monde d’Amsterdam (Pays-Bas) : Simon Delestre et Kevin Staut. Après quelques week-ends de vaches maigres ce dernier renoue avec les classements même s’il échoue au pied d’un podium confisqué dans l’ordre par Henrik von Eckerman (Mary Lou), Pius Schwizer (Cortney Cox) et Daniel Deusser (Tobago Z).

Dans ce Grand Prix marqué par la présence de nombreux nouveaux visages, la France était quant à elle représentée par ses valeurs sûres. Simon Delestre, brillant vainqueur la veille de la grosse épreuve aux rênes d’un Hermès Ryan aérien et rapide, avait la sérénité qui colle à un compétiteur convaincu de son retour sur le devant de la scène. Le Lorrain a toutefois pleinement conscience de la fragilité d’une ascension construite sur un seul cheval. Sa préoccupation semble aujourd’hui tournée au-delà du retour à son meilleur niveau de Ryan, à la construction d’un piquet solide et complémentaire… même si ces nouveaux coéquipiers (Ulane Belmaniere et Ucello de Will), 11 ans tous les deux, ont vocation à être de passage puisqu’à commercialiser.  Avec un petit 4 points rageant sur le numéro 1 aux commandes d’Ulane, Simon Delestre a de bonnes raisons pour demeurer optimiste. Il est dans la bonne voie.

Idem Pour Kevin Staut. En délaissant Lorenzo pour For Joy du Haras des Coudrettes, le Normand a repris des couleurs signant une très belle première manche suivie d’un barrage dans lequel il estime avoir raté la deuxième partie. Un petit rien mais qui écarte Kevin Staut du podium. Encourageant tout de même pour le leader du jumping hexagonal.

Le classement complet ici.

Leipzig sourit à Christian Ahlmann

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Christian Ahlmann – Caribis Z Longines FEI Jumping World Cup 2019 © FEI / Leanjo de Koster

Après Malines (Bel) il y a trois semaines, Christian Ahlmann a récidivé en remportant le Grand Prix Coupe du monde de Leipzig (All) en selle cette fois sur un autre étalon gris, Caribis Z, reconnaissable entre tous par son troublant œil vairon. L’Allemand de 44 ans s’impose dans un barrage à sept dont deux autres concurrents seulement terminent l’épreuve sans pénalités. Le Belge François Mathy jr deuxième associé à Uno de la Roque et l’Italien Lorenzo de Luca, troisième, avec le toujours aussi démonstratif Armitages Boy.

A propos de Caribis Z, 12 ans, Christian Ahlmann, centaure en chef du Zangersheid, déclarait à l’issue de l’épreuve : « Il a toujours été un peu dans l’ombre de Taloubet et de Codex mais il a énormément progressé au cours de la dernière saison. Il est prêt pour faire de grandes choses maintenant ». Le fils de Caritano engagé dans les GP 5* seulement depuis septembre dernier sera donc à suivre de près le reste de la saison.

Côté tricolore seuls deux cavaliers figuraient parmi les 40 partants. Malheureusement pénalisé d’un point de temps dépassé avec Tempo de Paban, Olivier Robert s’est trouvé privé de barrage mais se classe huitième de l’épreuve ce qui devrait lui permettre de concourir à la finale de Göteborg. En revanche Kevin Staut et Lorenzo ont eu moins de succès avec trois fautes qui ont renvoyé le couple en fond de classement (30ème).

Le classement complet, ici.

Martin Fuchs s’embâle

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Martin Fuchs et Clooney (archives). Cliquer pour agrandir.

A chacun son jardin. Pour Martin Fuchs ce sera le CSI 5* de Bâle. Le jeune Zurichois de 26 ans vient d’y réaliser un superbe doublé en remportant deux années de suite le Grand Prix sur Clooney 51, son fidèle hongre gris westphalien de 11 ans. A l’issue d’un barrage à trois le digne fils de Thomas Fuchs devancele Néerlandais Marc Houtzager (Calimero) et le Belge Pieter Devos (Apart).

Rien ne semble plus arrêter Martin Fuchs déjà auréolé de nombreuses victoires (136) malgré son jeune âge. En septembre il décrochait la médaille d’argent lors des championnats du monde 2018 de Tryon. En novembre c’est le réputé Grand Prix d’Equita’Lyon qui tombait dans son escarcelle. Pour la dixième édition les organisateurs du CSI de Bâle avaient mis les petits plats dans les grands avec une labellisation étape Coupe du Monde. Dans ce contexte la victoire du quasi-enfant du pays, a eu un petit goût de cerise sur le gâteau.

On ne cherchera pas de Français au tableau d’honneur. Malheureusement. Deux fautes en première manche pour Philippe Rozier (Cristallo) et Simon Delestre (Ulane Belmanière). Quatre fautes pour Kevin Staut et Lorenzo.

Le classement complet, ici.

 

 

 

 

 

Steve Guerdat retrouve son rang de n°1 mondial

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Steve Guerdat

La symbolique est forte même si sportivement elle est sujette à controverse. Steve Guerdat retrouve six ans après la place de numéro 1 au classement mondial permanent. L’année 2019 se présente donc sous les meilleurs auspices pour le Jurassien dont la notoriété est également à son zénith. Plus qu’un compétiteur émérite c’est un sportif engagé dans la défense de l’éthique de son sport qui est sacré. Puisse, sa parole libre et directe dépourvue de toute langue de bois, trouver du coup un plus grand écho auprès des décideurs des instances équestres internationales peu enclins ces derniers temps à prêter attention aux remarques et suggestions des cavaliers.

Steve Guerdat grâce à ses excellents résultats lors du CHI de Genève prend donc l’ascendant sur Harrie Smolders pour 55 points qui relèguent le Batave sur la deuxième marche du podium. La suite s’annonce d’autant plus passionnante que Marcus Ehning talonne le Néerlandais décidément pris en sandwich, de 59 points… Oui mais le Centaure Allemand ne devance Mclain Ward que de 16 tous petits points. Autant dire que bien des changements sont possibles d’ici un mois.

Du côté tricolore, sans surprise, Kevin Staut réalise le meilleur résultat (12ème) devant Simon Delestre (19ème) puis Olivier Robert et Julien Epaillard respectivement 49èmeet 50ème.

Quelle importance accorder à cette fameuse ranking list ? Rappelons-ici les propos éclairés d’un autre Guerdat, Philippe, à l’occasion d’un entretien accordé au magazine de référence L’Eperon suite à son limogeage motivé officiellement par le recul des cavaliers français dans le classement mondial : « Je trouve l’argument, qui mène à celui du besoin d’entraineur, un peu fallacieux. On s’est battus au sein de la fédération, on a fait le maximum pour que, justement, nos cavaliers restent sur des circuits tels que les Coupes des nations et les Coupes du monde, qui rapportent moins de points pour la ranking que le Global Champions Tour. Et vous savez, que vous soyez 7e mondial ou 17e mondial ne change rien du tout, mais rien de rien, dans le système de concours. Et avec le staff on a toujours dit que la ranking n’avait aucune influence. D’ailleurs j’ai pris Alexandra Francart en équipe de France alors qu’elle était je ne sais combientième mondiale. Et a contratrio, il y a des cavaliers français qui se sont approchés du Top 100 et que je n’aurai jamais appelés en équipe parce qu’ils n’avaient pas les chevaux. Cédric Angot était 450e, mais ça ne m’a pas dérangé de le mettre en Coupe des Nations. Philippe Rozier est venu aux JO alors qu’il était loin du Top 100. Honnêtement, je trouve cette argument insidieux ».

Pour en revenir au retour de Steve aux commande de ce fameux classement mondial, d’autres mots de Philippe Guerdat prennent en ce début d’année une résonnance particulière : « On dit  un Guerdat se relève toujours et c’est vrai. On est des gens de la campagne, des gens de travail et on finit toujours par remonter la pente.» Pour l’un des deux en tout cas, à cette heure-ci, le résultat est atteint.

Le classement mondial complet, ici.

 

 

 

Changement de stratégie pour Kevin Staut

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Kevin Staut

S’il est un qualificatif qui colle à la peau de Kevin Staut, c’est bien celui d’inoxydable. L’omniprésence du Français au plus haut niveau depuis des années est juste exceptionnelle. Mais, les temps changent et en sport rien n’est acquis, même pour les meilleurs. La règle pour demeurer au sommet à un nom : adaptation. En garçon intelligent, le Normand donne un nouveau tournant à sa carrière en s’éloignant du cocon douillet du Haras des Coudrettes afin de pouvoir s’assurer un piquet de chevaux particulièrement compétitifs, condition sine qua non pour demeurer dans le haut du classement mondial.

C’était devenu un secret de Polichinelle mais le Jumping de Malines a offert l’occasion à Kevin Staut d’officialiser le changement de statut qui le lie au Haras des Coudrettes. Aucune ombre au tableau entre la famille Perron-Pette et leur cavalier de tête mais la fin de ce qui pouvait ressembler à une exclusivité. C’est ce qu’a pris le temps d’expliquer le médaillé olympique au site Belge Studforlife.com. C’est à lire ici, en milieu d’article. Dans l’immédiat ce changement de stratégie semble payer puisqu’à Malines justement Kevin Staut signe une très belle performance, la deuxième place du Grand Prix, avec Edesa’s Canary, une monture qui n’appartient pas au Haras des Coudrettes.

Décidément l’année qui vient de se terminer aura été caractérisée par des changements majeurs pour l’élite du saut d’obstacles tricolore : disparition d’Equidia TV, fin du partenariat entre le Haras de Clarbec et Pénélope Leprevost, prise de distance pour Kevin Staut et le Haras des Coudrettes, vente ou mise à la retraite des chevaux de tête de Roger-Yves Bost et effacement progressif du premier plan de Patrice Delaveau et de Simon Delestre. Cela fait beaucoup et dresse un paysage inquiétant surtout si l’on y ajoute les incertitudes qui entourent le poste de sélectionneur national. Or, à pied comme à cheval, l’incertitude ou le doute ne sont pas de bons compagnons.

En ce début de nouvelle année on formulera donc le souhait que 2019 tourne la page de ce chaos relatif pour marquer l’établissement de nouvelles fondations et d’une forme de renaissance. Une chose est acquise c’est que cette remise en ordre ne viendra pas de la FFE malgré les enjeux des JO de Paris 2024. C’est à l’instar de ce qu’a fait Kevin Staut, aux cavaliers de se prendre en main pour construire, avec de généreux propriétaires, le système qui leur permettra de ne pas disparaître des écrans radar. Comme on dit, aide-toi, le ciel t’aidera…

Plus de peur que de mal pour Flora de Mariposa

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Flora de Mariposa au sommet de sa forme sous la selle de Pénélope Leprevost.

C’est le genre de sortie que tout le monde redoute. Victime d’une mauvaise réception à deux obstacles de la fin d’un parcours au CSI4* de Liverpool sous la selle de sa nouvelle cavalière, Félicie Bertrand, Flora de Mariposa est sortie du terrain dans le van sanitaire, direction la clinique vétérinaire. Dieu merci, la fille de For Pleasure s’en sort avec « seulement » une tendinite. Cette nouvelle blessure laisse toutefois planer le doute sur le retour au premier plan de cette jument hors-normes auréolée d’une médaille d’or aux Jeux Olympiques de Rio avec Pénélope Leprévost. Un retour qui était programmé en 2019 avec Félicie Bertrand qui dispose désormais d’un piquet très étoffé.

Alors certes, le Haras de Clarbec a annoncé que tout serait mis en œuvre pour remettre la jument sur pied dans les meilleures conditions possibles. On sait que la famille Mégret, très attentive au bien-être de ses chevaux, fera au mieux en prenant tout le temps nécessaire. Il n’empêche, on ne peut pour autant ignorer la fragilité de ces chevaux d’exception aussi puissants que délicats que de la mécanique de F1. Souhaitons donc que cet accident ne marque pas à bientôt 14 ans la fin au plus haut-niveau de Flora de Mariposa, considérée, à juste titre, comme l’une des meilleures juments au monde.

FFE : Lecomte n’est toujours pas bon

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C’est ce qu’on appelle de la provocation pure et simple. Entre le bras d’honneur et le « venez me chercher  si vous le pouvez». Alors que la vague d’indignation et de colère suscitée par la rupture du contrat de Philippe Guerdat peine à retomber, réalimentée par son remplacement par Sophie Dubourg, Serge Lecomte a remis des pièces dans la machine mardi soir. Quelques heures avant le gala de la Fédération Française d’Équitation, qui s’est tenu à grands frais dans un hôtel de luxe parisien, Serge Lecomte s’est montré particulièrement désobligeant à l’égard des journalistes de L’Eperon qui l’interrogeait légitimement sur la situation. « Serge Lecomte nous a indiqué qu’aucune justification n’était à nous fournir et a suggéré que la presse équestre n’avait pas grande importance dans le paysage médiatique » indique la rédaction du plus vieux et très respectable magazine équestre français.

Passons sur le manque de considération et d’éducation d’un Président dont le sentiment d’impunité interroge. On relèvera toutefois, au-delà d’un côté bravache assumé, un manque de cohérence. Organiser un gala de prestige à grands frais à hôtel Intercontinental de Paris quand préalablement on indique que la fédération n’a pas les moyens de se payer simultanément un sélectionneur et un entraîneur pour le CSO, discipline reine, ça laisse pour le moins dubitatif.

Autant dire que la crise que traverse la FFE commence à ne plus ressembler à un feu de paille. A force de souffler sur les braises, l’incendie pourrait gagner en vigueur et en périmètre. Il serait temps que les membres du Comité Fédéral, à titre personnel, se positionnent sur la situation actuelle et indiquent s’ils cautionnent (ou pas, on peut rêver) le virage pris par Serge Lecomte. De la même façon il serait bon que le ministère des Sports, dont Sophie Dubourg est censée être la représentante, s’interroge sur la crise que traverse une de ses fédérations  les plus importantes et historiquement pourvoyeuse régulière de médailles.

Renouer les fils du dialogue et de la confiance ne sera pas simple. Et pourtant, Il y a urgence à remettre ce petit monde sur les rails ne serait-ce que pour éviter que la grande fête promise pour les JO de 2024, à la maison, ne tourne à la pantalonnade et à la grande désillusion.

Au regard du poids économique de la filière équine (60 000 emplois, 14 Mds€ de flux financiers) , les intérêts supérieurs doivent prendre le pas sur des modes de gouvernance et de gestion qui relèvent aujourd’hui plus d’un mauvais amateurisme suranné que d’un professionnalisme éclairé d’autant plus nécessaire que la concurrence avec les autres sports est féroce.

L’adieu aux armes de Philippe Guerdat

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Philippe Guerdat

Rien ne filtre et pourtant. Philippe Guerdat a officialisé lundi soir la fin de ses fonctions à la FFE à l’occasion d’une soirée à Paris réunissant une quarantaine de cavaliers de l’équipe de France. Un pot de départ entre compétiteurs, à l’exception du vétérinaire de l’équipe de France, dont certains étaient venus de loin manifester leur estime à une personnalité charismatique des sports équestres mondiaux que beaucoup regrettent déjà. Evitant soigneusement toute polémique, le sélectionneur national sur le départ aura, jusqu’au bout été irréprochable. Irréprochable à l’égard de ses employeurs dont chacun jugera le silence et le peu d’élégance. Irréprochable à l’égard de cavaliers qu’en grand coach et en homme d’honneur il s’est évertué à rassurer en les invitant à regarder vers l’avant.

Formidable Philippe Guerdat donc qui par son exigence, doublée paradoxalement de qualités humaines rares, aura, malgré sa nationalité Suisse, tout compris à ces maudits français, capables certes du pire mais aussi, dans les situations les plus périlleuses, du meilleur. Or c’est bien cela la qualité majeure que l’on attend d’un entraîneur : maitriser les ficelles qui permettent à un groupe ou un collectif de se transcender. De ce côté-là, le but aura été largement atteint. Les six années qui s’achèvent, éreintantes pour Philippe Guerdat, auront été humainement et sportivement des plus enrichissantes pour tous ceux qui ont participé de près ou de loin à cette aventure. Et ce ne sont pas les goujateries de dernière minute qui viendront gâcher un aussi beau parcours.

« Une page se tourne » a confié le Suisse sans la moindre nostalgie, « vous êtes des cavaliers, des compétiteurs, vous devez encore progresser. Vous devez faire abstraction de ce que j’ai été (…) vous devez partir sans a priori avec le nouveau (sélectionneur), lui donner sa chance … ». Saluant une ambiance extraordinaire tout au long de ces années Philippe Guerdat a tenu en conclusion à dire merci à ses cavaliers mais aussi, qu’il les aime très fort. Est-il besoin de préciser que la réciproque est une évidence ?

 

 

Philippe Guerdat le sacrifié

LabauleD1A 495Ça fait malheureusement trop longtemps dans ces colonnes que nous ne cachons pas notre peu d’estime pour la Fédération Française d’Equitation et son fonctionnement indigne d’un grand sport. Et ce n’est pas aujourd’hui que les choses vont s’arranger. Le toujours très bien informé et sympathique Kamel Boudra a « officialisé » aujourd’hui sur sa page Facebook le limogeage de Philippe Guerdat et son remplacement par Thierry Pommel. Disons-le d’entrée, dans un parti pris assumé, il s’agit là d’une décision incompréhensible au plan sportif et indigne dans sa gestion, avec des bruits de couloirs qui circulent depuis un bon moment, plaçant l’intéressé dans une situation peu confortable. On mettra ça sur un manque de courage et de savoir-vivre. Quant à l’élégance, c’êut été beaucoup demander.

Car que reproche-t-on à Philippe Guerdat ? Sur le plan sportif, on ne peut pas dire que le Suisse n’a pas atteint ses objectifs.  La liste de ses succès est longue mais marquée par un titre majeur : une médaille olympique en or par équipe. Difficile de faire mieux même s’il est vrai que les JO de Tokyo ne se présentent pas sous les meilleurs auspices. A moins que sacrifier Philippe Guerdat ne permettent aux boutiquiers de la FFE de s’exonérer de leurs propres responsabilités. A commencer par avoir une stratégie pour le haut niveau qui ne soit pas réductible à la gestion du Parc Equestre fédéral de Lamotte-Beuvron. Parce que si Philippe Guerdat s’est imposé comme un sélectionneur ouvert, prêt à donner ses chances à de jeunes pousses ou des anciens sur le retour, quelle est aujourd’hui la politique fédérale pour conserver les meilleurs chevaux et équiper nos meilleurs jockeys ? A cette aune on commence à comprendre que l’éviction du Suisse permet surtout de trouver une tête de turc idéale pour s’exonérer d’une future déroute. Le lancement d’un audit sentait le coup de Jarnac à plusieurs kilomètres. Vieilles méthodes pour vieux renards.

Et si la colère ce soir gronde chez les cavaliers qui l’ont côtoyé tout autant que chez les passionnés de haut-niveau c’est que Philippe Guerdat est perçu comme une belle personne qui incarne de réelles valeurs : le travail, le professionnalisme, la probité et le parler vrai. Des qualités qui sous Napoléon en aurait fait assurément un Maréchal d’Empire, dans un temps où le courage et les qualités humaines et celles de meneur d’hommes l’emportaient sur les titres nobiliaires …ou les réseaux.

Autant que la colère, décidément à la mode, c’est un sentiment de honte sur ce que peut faire notre famille à l’égard d’un homme qui l’a si bien servi qui prévaut ce jour.

LabauleD1A 169Kevin Staut et bien d’autres derrière lui avaient pourtant tiré le signal d’alarme pour dire qu’une telle décision était une erreur. « J’espère que la Fédération ‘ira pas dans cette direction-là » avait-il confié à Grand Prix dernièrement, c’est à relire ici. Mais que vaut aujourd’hui l’opinion des principaux intéressés, à savoir nos cavaliers de haut-niveau et leurs propriétaires ?

Honte à vous M. Lecomte et à ceux qui vous entourent mais aussi à honte à nous licenciés FFE qui n’avons pas su nous organiser pour faire le ménage dans une maison bien trop vermoulue dont on aperçoit ici les chausse-trapes. Dans les jours ou les semaines qui viennent nous en saurons sans doute un peu plus sur la genèse et le cheminement de cette décision inique mais hélas, le mal est fait.

Nos pensées et notre gratitude doivent aller ce soir vers Philippe Guerdat à qui nous adressons simplement, mais sincèrement, nos remerciements et notre amitié.

A Genève, Marcus Ehning remet les pendules à l’heure

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Marcus Ehning / Prêt-à-Tout. Crédit Merrick Haydon/Revolution/Rolex

Une bataille de Titans. L’enceinte de Palexpo à Genève était ce week-end le théâtre d’un affrontement majeur entre les meilleurs cavaliers mondiaux venus se disputer la victoire d’un Grand Prix prestigieux et très richement doté par la maison Rolex trop heureuse de supplanter en terres Helvétiques la vedette à une autre célèbre marque horlogère. Peu importe ce match dans le match, l’essentiel s’est joué sur la piste. Et sans se prendre pour Jupiter, Marcus Ehning, dieu équestre vivant, a assis sa supériorité du moment aux rênes du Selle Français Prêt à Tout. Pour une demi-seconde, l’Allemand s’adjuge la victoire devant l’enfant du pays, Steve Guerdat (Albfuehren’s Bianca), alors que l’Irlandais Daragh Kenny (Balou du Reventon), a une seconde du vainqueur, monte sur la troisième marche du podium. Nicolas Delmotte (Ilex VP), seul tricolore parmi les onze barragistes doit se contenter de la 11èmeplace.

On savait Marcus Ehning redoutable tant par sa précision que par sa fluidité mais le centaure allemand a mis la barre encore plus haut à l’occasion de cette 58ème édition du CHI de Genève. Le Maître manque parfois de chance mais pas cette fois. Après sa victoire cet été à Aix-la-Chapelle il signe donc son deuxième succès dans le même cycle du Rolex Grand Slam avec le même cheval. Une performance bienvenue à quelques jours de Noel qui lui permet de repartir de la capitale suisse avec une petite somme rondelette de 594 000 € (dont 250 000 € au titre du doublé). Le pied du sapin de la famille Ehning devrait être bien fourni en cadeaux cette année.

Pas de quoi pourtant susciter la jalousie de ses concurrents malheureux qui en conférence de presse saluaient unanimement la qualité de son équitation. « On sait qu’il est quasiment imbattable lorsqu’il ne fait pas de faute en barrage. On ne connait pas son secret, mais ses virages sont plus courts et il reste très rapide au sol » confiait l’un deux.

Renouer enfin avec la victoire à Genève a détendu quelque peu Marcus Ehning (c’est rarissime !) qui pour une fois s’est aventuré à faire un peu d’humour. « C’est un sentiment génial. Je suis ravi ! En plus c’est un peu une victoire pour vous aussi, puisque la propriétaire de Prêt à Tout est une Suissesse (rires). Je ne suis pas vraiment désolé pour Steve, aujourd’hui c’est le plus vieux qui a gagné, il aura d’autres occasions. »

Une demi-victoire pour la Suisse et une frustration certaine pour la France. Frustration de n’avoir vu la veille aucun tricolore de qualifié pour le Top 10 en raison d’une lente érosion dans le classement mondial.

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Nicolas Delmotte et Ilex VP, meilleur couple tricolore. Crédit : Patrick Jean.

Frustration encore d‘avoir senti nos cavaliers un peu à la peine dans un Grand Prix où la concurrence était particulièrement rude. Appliqué et laborieux, Nicolas Delmotte a tiré une nouvelle fois le meilleur d’Ilex VP mais ne semble pas armé à ce jour pour rivaliser avec les tous meilleurs chevaux qui semblent, peut-être à tort un demi-ton au-dessus. Il est vrai toutefois qu’il n’y a pas mieux qu’un cheval pour faire mentir. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Frustration toujours de ne pas voir encore le retour de Pénélope Leprevost dans le dernier carré. Vancouver de Lanlore progresse tour après tour mais son apprentissage à ce niveau nécessite encore un peu de temps. A l’inverse, Edesa’s Cannary, la nouvelle monture de Kevin Staut a fait une forte impression. Une faute sur le dernier obstacle de la première manche n’a malheureusement pas permis de voir tout ce qu’a dans le ventre cette nouvelle recrue.

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Kevin Staut et le prometteur Edesa´s Cannary. Crédit : Patrick Jean.

Enfin, ce n’est plus de la frustration mais une réelle déception avec une pointe d’inquiétude qui nous anime à l’issue de la prestation de Simon Delestre et Hermès Ryan, auteurs de 3 fautes. Ces deux-là valent beaucoup mieux que ça mais diable que le retour sur le devant de l’affiche est long et difficile !

Le classement complet, ici.

 

 

CHI de Genève : un supersonique nommé Steve Guerdat

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Heureux comme Steve Guerdat. Crédit Merrick Haydon (Revolution)

Question pilote, celui-là en est un sacré. Un surdoué amoureux de son sport de son public et de son clan. Steve Guerdat, cavalier bien nommé que l’on ne présente plus avait à cœur de briller dans la finale du Top 10 Rolex IJRC épreuve unique au monde (réservée aux dix premiers mondiaux) propre au CHI de Genève. Mission accomplie. A l’issue de deux tours d’anthologie Steve Guerdat, quasiment aussi populaire chez les Helvètes que Guillaume Tell, s’est imposée avec la classe qui le caractérise devant Henrick von Eckermann (Castello 194) et McLain Ward (Clinta).

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Le podium 2018 du Top 10 Rolex du CHI de Genève. Crédit Merrick Haydon (Revolution)

Pour sa première participation à une finale du Top 10 Rolex IJRC, le second cavalier helvétique qualifié, Martin Fuchs, malgré sa 5èmeplace et un double sans faute, ne cachait pas sa déception : « J’ai perdu un peu de temps partout. Mais dimanche sera une autre journée, et je serai en forme pour le Grand Prix. Clooney aussi !»

A l’inverse, Steve Guerdat dont on connaît le côté sombre lorsqu’il n’est pas dans les prix arborait un grand sourire. « Alamo est un cheval qui a un galop fantastique et sur une piste pareille on peut en profiter », « Je suis ravi de ma performance, je ne pouvais pas faire vraiment mieux lors de cette finale. Je suis à la fois ému et très heureux de cette nouvelle grande victoire ici, devant mon public » confiait, aux anges, le cavalier jurassien.

Et les Français dans tout ça ? Vainqueur l’an dernier, Kevin Staut, désormais 15èmemondial n’a pu défendre son titre. Tout un symbole pour une équitation tricolore en proie au doute à l’image des bruits qui courent sur le remplacement du sélectionneur national, un certain … Philippe Guerdat dont les qualités ne sont pas pourtant à démontrer.

Les résultats complets ici.

Masters Tops

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Edwina Tops-Alexander et California (archives)

Les très parisiens Longines Masters de Paris – même s’ils se déroulent dans en fait sur le territoire nettement moins glamour de la commune de Villepinte – se sont achevés avec le Grand Prix dominical de niveau 5*. Comme un pied de nez aux organisateurs belges d’EEM, c’est le clan Tops aux manettes d’un autre circuit concurrent, le Global Champions Tour, qui a fait main basse sur l’épreuve. A madame Tops (California), épouse du patron, la victoire et à Alberto Zorzi (Contanga 3), le cavalier salarié la 2èmeplace. Ouf la hiérarchie sociale est respectée. Invité surprise sur le podium le pas très catholique irlandais David Lynch monte sur la 3èmemarche avec un bai de 10 ans dont le nom est tout un programme, The Sinner (Le Pécheur).

Si la concurrence étrangère était rude, nos petits frenchies n’ont pas fait mauvaise figure. Thierry Rozier associé à Vénézia d’Ecaussines se classe 4èmealors qu’Edward Levy pour la jeune génération termine 6èmeavec son fidèle Sirius Black. Derrière certains tirent leur épingle du jeu et témoignent du fait qu’il faudra compter avec eux prochainement (Félicie Bertrand/Sultane des Ibis, Pénélope Leprevost/Vancouver de Lanlore) alors que d’autres couples sont encore en construction (Julien Epaillard/Virtuose Champeix, Patrice Delaveau/ Urcos de Kerglenn).

Le classement complet ici.

FEI : malgré un bilan contrasté Ingmar De Vos réélu à l’unanimité

FEI President Ingmar De Vos

Ingmar De Vos. Crédit FEI.

Si le cheval est le meilleur ami de l’homme, les puissances pétrolières moyen-orientales sont les meilleurs amies des instances équestres internationales. Le fait que l’assemblée générale de la Fédération équestre internationale (FEI) se soit déroulée au Bahreïn ne doit rien au hasard. Les monarchies du golfe à coups de pétrodollars se sont faites une place importante dans la vieille maison s’assurant ainsi une relative impunité dans la principale discipline où elles excellent, l’endurance, parfois au prix de sérieux accrocs avec l’éthique.

Véritable reconnaissance de ses pairs ou signe tangible d’une crise démocratique, Ingmar De Vos était le seul candidat en lice pour la présidence de la FEI, poste qu’il occupe depuis 2014. Élu sans surprise et à l’unanimité des 133 fédérations nationales, il conduira donc la destinée des sports équestres pour quatre années supplémentaires avec un atout de plus dans sa manche puisqu’il siège désormais au Comité international olympique (CIO) depuis 2017 et a été désigné la semaine dernière membre du Comité exécutif de l’Agence mondiale antidopage (AMA).

Qui est Ingmar de Vos et quel est son projet ? Il y a peu de chances que le cavalier lambda puisse répondre à ces deux questions. Ce Belge de 55 ans est un pur produit des institutions équestres où il a passé toute sa vie professionnelle à l’exception d’une incartade à ses débuts dans le milieu politique du plat pays. Directeur et secrétaire général de la fédération équestre belge, de 1990 à 2010, il est recruté en 2011 comme secrétaire général de la FEI alors présidée par Haya de Jordanie et mène des réformes importantes en matière de communication, de stratégie commerciale mais aussi de débats internes avec la création du Forum sportif FEI en 2012. En 2014, il succède à la princesse Haya qui ne se représentait pas et modifie les statuts de la FEI pour allouer une rémunération à la fonction de président au motif que cette fonction ne doit pas être réservée à des personnes fortunées.

Sous sa direction, cet homme du sérail va conduire de nombreuses réformes visant à développer le caractère universaliste des sports équestres en s’appuyant sur une stratégie de développement de la diffusion TV et des médias numériques. Pour autant, certains dossiers restent en souffrance. Le bien-être des équidés bien que proclamé débouche difficilement sur des mesures concrètes. C’est vrai en jumping, discipline la plus médiatique, mais surtout en endurance où la FEI apparaît comme incapable de mettre un terme aux nombreuses dérives des cavaliers des états du Golfe. Par ailleurs, après le succès de l’organisation des Jeux Équestres Mondiaux à Caen en 2014, les Jeux de Tryon (2018), ratés, remettent en cause l’existence même d’une formule mondiale réunissant toutes les disciplines. Des inquiétudes subsistent également sur le format des sports équestres aux Jeux Olympiques mais aussi sur le financement du circuit des Coupes des Nations.

Ingmar De Vos revient sur ces sujets dans sa feuille de route pour 2018-2022 qu’il veut inscrire dans la continuité de son premier mandat.C’est vrai que beaucoup de choses restent à faire mais, de simples déclarations de bonnes intentions seront-elles suffisantes ? Quid surtout de la place des athlètes dans la prise de décisions majeures pour l’avenir du sport ? On peut demeurer dubitatif quand on constate le peu d’attention portée aux cris d’alertes de l’IJRC, l’association des cavaliers internationaux de saut d’obstacles, ou même de celle des propriétaires de chevaux (Jumping Owners Club). N’assisterait-on pas dans les faits à un glissement vers le modèle de la FIFA où l’argent et les représentants des fédérations nationales seraient les véritables rois ?

Dans son discours de remerciements, Ingmar De Vos s’est voulu consensuel a défaut d’être rassurant : « Je crois en notre sport, en notre communauté et en notre potentiel. C’est une période excitante pour l’équitation. Nous grandissons, notre public s’élargit, nous avons sept incroyables disciplines à promouvoir. Ensemble -et ce mot est important- nous pouvons et nous devons continuer de développer notre sport pour attirer d’autres athlètes, d’autres fans et de nouveaux sponsors. Nous le ferons en assurant un sport exceptionnel, des formats de pointe et des produits de qualité dans le monde entier pour mettre en valeur les attributs uniques de nos disciplines et du sport.
L’une de mes plus grandes priorités est de garder notre communauté soudée parce que c’est comme cela que nous pouvons amener le sport à progresser. Nous sommes engagés dans cette aventure ensemble. Ce n’est pas la mission d’un seul homme mais celui d’une communauté et je suis reconnaissant envers tout le monde dans cette pièce pour ce que nous avons accompli et ce que nous allons accomplir. »

De jolis mots, certes,  mais qui doivent appeler à la vigilance tant les transformations qui se profilent, majeures, pourraient défigurer les sports équestres.

Coup de torchon dans le piquet de Bosty

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Qoud’Coeur de la Loge et Bosty

Après Sydney Une Prince vendu en mars à la jeune américaine Katie Dinan, le piquet de chevaux de Roger-Yves Bost connaît une saignée importante avec le départ à la retraite de deux chevaux emblématiques : Pégase du Mûrier (Aldefos x Le Tot de Sémilly) et Qoud’Coeur de la Loge (Idéal de la Loge x Ténor de la Cour). Même si ces départs étaient prévus depuis un certain temps, accéléré pour Qoud’cœur par une allergie qui nécessite un traitement incompatible avec la compétition, lié à une baisse de régime pour Pégase, c’est une page importante qui se tourne, une période riche en émotions et en succès.

La qualité sportive d’un cheval se mesure en grande partie à son « compte en banque ». Autrement dit à ses gains cumulés. Or dans le cas de ces deux compères d’écurie, si différents dans leur morphologie et leur caractère, les chiffres sont parlants. 700.000 € pour Qoud’cœur (15 ans), après dix saisons au Haras des Brulys, 600. 000 € en seulement 4 pour Pégase à seulement 14 ans. Pégase le délicat, le caractériel, qui s’était illustré par une superbe victoire surprise à Aix-la-Chapelle, Qoud’cœur et sa bonne bouille qui avait offert à Bosty le Grand Prix LGCT de Mexico…

2018, année de transition donc pour notre Bosty national qui doit remettre l’ouvrage sur le métier pour former, avec tout le talent qui est le sien, de nouveaux chevaux en espérant qu’ils auront les qualités de leurs prédécesseurs. C’est désormais à la génération des V de prendre le relai. On a ainsi hâte de voir évoluer Vino d’Espinet et Variance Une Prince dont l’affixe sera lourd à porter. En attendant il appartiendra à Sangria du Coty d’assurer la présence de son cavalier au plus haut-niveau.

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Pégase du Mûrier sous la selle de Bosty

En attendant, avec la simplicité qui le caractérise, Bosty s’est exprimé sur les réseaux sociaux sur ces départs : « Aujourd’hui, je dis au revoir à deux champions, deux chevaux avec beaucoup de cœur, Pégase du Mûrier et Qoud’Coeur de la Loge. Mes deux cracks partent à la retraite pour se consacrer à leur carrière d’étalon reproducteur, confiée à France Etalons. Pégase part à St Lô et Qoud’Coeur au haras de Meursanges en Bourgogne. Je me sens très chanceux d’avoir pu les compter parmi mes plus précieux partenaires ces dernières années ».

Bon vent à ces deux lascars.

 

 

 

Armitages Boy : la retraite attendra un peu

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Armitages Boy sous la selle de Lorenzo de Luca.

Armitages Boy sera ce week-end l’une des vedettes du CSI 5* de Stuttgart. Le superbe étalon Oldenbourg de 16 ans (Armitage x Kamora) fera son grand retour à la compétition après une longue absence pour cause de blessure. Si son cavalier, Lorenzo de Luca, a laissé entendre à Grand Prix qu’il pourrait s’agir de la dernière saison sportive du cheval avant qu’il ne se consacre plus qu’à la reproduction, du côté des écuries Stephex (co-propriétaire avec Guillaume Canet et Gregory Mars), on se refuse pour l’instant à évoquer tout futur départ à la retraite. Il n’empêche on ne manquera pas tout au long des prochains mois d’admirer l’exceptionnel passage de dos de cette attachante boule de muscles de seulement 1m61.

Disparition de Tim Stockdale, emporté par un cancer foudroyant

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En 2012, Tim Stockdale avait sorti son autobiographie.

Ce sont nos dieux du stade et pourtant, ils ne sont pas immortels. Tim Stockdale (54 ans) est décédé le 14 novembre à l’hôpital entouré des siens d’un cancer foudroyant de l’estomac diagnostiqué au début du mois d’octobre. Avec plus de 50 sélections en équipe nationale dont une participation aux JO de Pékin en 2008, Tim Stockdale était une figure de l’équitation britannique, aujourd’hui plongée dans le deuil, d’autant que ses prestations comme commentateur à la télévision l’avaient rendu très populaire

En 2011, Tim Stockdale avait été victime d’un très grave accident, une fracture des cervicales, en essayant des chevaux au pays de Galles. Pourtant neuf mois après il revenait au meilleur niveau international. L’anecdote est révélatrice de la détermination et de la personnalité forte et hors du commun de ce cavalier qui, dans l’année qui suivait publiait son autobiographie, compilation d’anecdotes d’une vie colorée et bien remplie.

La Fédération Equestre Internationale lui a rendu hommage par la voix de John Roche, le patron du saut d’obstacles : « Tim était un vrai cavalier et un grand compétiteur. Il n’a jamais perdu sa passion pour la compétition et concourait sur la scène internationale jusqu’à tout récemment. Sa gentillesse, son sourire, son sens de l’humour, ainsi que son approche positive de la vie manqueront beaucoup à tous ceux qui ont eu la chance de le connaître.« 

Tim Stockdale, habitué des CSI se déroulant en France, laisse une épouse, Laura, et deux fils Joseph et Mark.

 

Grand Prix magazine : une couverture qui ne passe pas

imagesLa dernière couverture du magazine Grand Prix a suscité de nombreuses et vives réactions, dont le lancement d’une pétition,  conduisant au retrait de la photo présentant un cheval « équipé toutes options » du site internet et de la page Facebook du média.

Émotion n’est pas raison et la recherche permanente de la polémique est plus que lassante. Il n’empêche, ce qui est vrai dans le domaine politique l’est de plus en plus pour l’ensemble de la société. Tout aujourd’hui est passé au scanner et soumis, à tort ou à raison, à la vindicte populaire. Au-delà des avis tranchés et du feu de paille des réseaux sociaux, reste sous l’écume des vagues une vraie interrogation. Quelles vont être à court terme les conséquences de la montée en puissance de la prise en compte du bien-être animal et où s’arrêtera-t-elle en matière d’équitation ?

Élevage, abattage, domesticité, véganisme, antispécisme, écologie, traditions, radicalisations… notre société s’interroge dans ce qui ressemble à un retour de balancier excessif par rapport à des pratiques relativement récentes, fruit de l’industrialisation et donc de la déshumanisation de l’agriculture. Vieille de deux millénaires et liée à la domestication et l’utilisation du cheval, l’équitation est aujourd’hui contrainte de passer sous les fourches caudines de nouveaux penseurs ou ayatollahs.

Dans le cas qui nous occupe, peu importe que la rédaction de Grand Prix n’ait pas prêté plus d’attention à la photo choisie pour illustrer sa couverture. Esthétiquement la photo est belle et joue son rôle, présenter une vérité crue, objective. Belle illustration s’il le fallait du slogan de Paris Match qui promet à ses lecteurs le poids des mots et le choc des photos même si en l’espèce, la photo contredit le texte censé présenter positivement le cavalier. Cette petite coquille ne doit pas susciter l’amalgame. L’attachement de la rédaction de Grand Prix au bien-être animal ne saurait être remis en cause, bien au contraire.

Mais le monde du haut niveau n’est pas celui des Bisounours. Sous les spotlights des 5* la vie n’est pas obligatoirement toute rose pour certaines montures placées sous la pression des enjeux sportifs et économiques. Reste à savoir où l’on place le niveau d’acceptabilité de cette « pression », la fin ne pouvant justifier l’utilisation de tous les moyens.

Vaste débat donc qu’il conviendrait de mener sans passion. Quand on voit cependant l’impossibilité de la FEI, non de le mener sereinement entre gens bien élevés, mais de déboucher sur des mesures concrètes qui ne soient remises en cause 6 mois plus tard, on peut être dubitatif. Il y a pourtant urgence à agir car, que l’on soit favorable ou opposé à l’évolution de notre société, une chose est sûre. C’est que si la grande famille du cheval n’arrive pas à laver son linge sale en famille et à arriver à un minimum de consensus, elle s’expose à des attaques de groupes radicaux, incontrôlables, qui saliront durablement son image.

Ben Maher fait fortune sur le Global Champions Tour

Ben Maher (GBR) thanks Explosion W for his performance

Merci cheval. Ben Maher et Explosion W. Crédit : Stefano Grasso/LGCT

Et de 4. Ben Maher a remporté samedi après-midi à Doha son 4ème Grand Prix sur le circuit du Global champions Tour. Une nouvelle victoire acquise avec son formidable Explosion W, un hongre KWPN par Chacco Blue et Baloubet du Rouet de seulement 9 ans. Peder Fredericson (Hansson WL) et Harrie Smolders (Don VHP Z) complètent le podium. Avec Doha se clôture l’édition 2018 du Global Champions Tour sur lequel le britannique de 35 ans aura gagné cette saison plus de 845 000 € !

Ben Maher, champion olympique par équipes aux Jeux olympiques à Londres en 2012, peut voir venir les fêtes de fin d’année avec sérénité. Son compte en banque a été largement renfloué par ses seuls succès sur le circuit de Jan Tops. Pour ce seul week-end le richissime hollandais et ses associés ont dû faire un chèque de 417 000€ au britannique : 123 000 € pour avoir avoir remporté l’étape de Doha complétés par 294 000 € au titre de 1erau classement général du circuit. Préalablement et sur les seuls Grand Prix du LGCT, Ben Maher avait déjà encaissé 428 000 € de gains : Rome (99 000 €), Madrid (100 000 €), Saint-Tropez (99 000 €), Shangai (122 000 €) et Chantilly (18 000 €).

Le classement du GP de Doha, ici.

Martin Fuchs met Lyon à l’heure Suisse

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Martin Fuchs et Clooney 51

Equita Lyon, rebaptisé cette année Equita Longines, a tenu une nouvelle fois toutes ses promesses en offrant à son public fidèle un Grand Prix Coupe du monde de haute tenue. Un très beau spectacle, haletant où la crème mondial du jumping s’est battue pour remporter un titre convoité. Venue en voisine, la Suisse a trusté le podium comme elle l’avait fait en septembre dernier aux Jeux Équestres Mondiaux de Tryon. Martin Fuchs (Clooney 51) ajoute son nom à la liste des vainqueurs de l’étape Coupe du monde de la capitale des Gaules. Steve Guerdat (Bianca) monte sur la troisième marche du podium. Lorenzo de Luca (Ensor de Litrange) se glisse entre les deux, offrant au passage un nouvel accessit aux écuries Stephex. Côté Français, Kevin Staut (For Joy) signe une nouvelle fois la meilleure performance (5ème).

Ses trois poils en menton destinés à le vieillir un peu ne trompent personne. Malgré un palmarès déjà fourni, Martin Fuchs a seulement 26 ans. Dans son cas on ne parlera donc pas d’une génération montante, elle est bien arrivée au sommet de la hiérarchie mondiale. Car il fallait une bonne dose de maturité et de maîtrise technique pour sortir premier d’un tel plateau de cavaliers. Mais voilà, le jeune helvète avait une autre corde à son arc, celle de la confiance en soi, déterminante dans le sport. Cet atout psychologique décisif qui a l’inverse du doute permet de se transcender et de prendre avec succès tous les risques qu’on appelle la spirale de la gagne.

« Clooney prend de l’âge, il a maintenant 12 ans et va de mieux en mieux, même s’il était difficile au début . Mais avec le temps, nous avons appris à travailler très bien ensemble, et maintenant nous pouvons tout faire ! » a commenté son cavalier.

Si les lauriers de la victoire sont revenus à Martin Fuchs, ce n’est vraiment que d’un cheveu. 53 centièmes le séparent de Lorenzo de Luca et 64 centièmes de Steve Guerdat. Autant dire que tout s’est joué dans un mouchoir de poche et que dans cette discipline, ce sont des cheveux d’ange qui séparent les présents sur le podium.

Si la Marseillaise n’a pas retenti pour cette édition 2018, on ne peut pas parler globalement de déception pour le camp français, hormis pour Simon Delestre et Hermès Ryan qui peinent à retrouver leur niveau d’antan. A l’inverse, Pénélope Leprevost qui s’avouait contrariée en sortie de tour pour sont point de dépassement de temps a des raisons d’être satisfaite. Vancouver de Lanlore est désormais pleinement opérationnel. Encore quelques petits réglages et le fils de Toulon entrera dans le temps imposé. Outre Kevin Staut, trois autres cavaliers tricolores étaient présents au barrage dont Guillaume Foutrier (Valdocco des Caps) et Nicolas Deseuzes (Carriage 5) pour qui c’était la première participation à une manche de coupe du monde. Ils terminent respectivement 7éme et 9éme. Malchance en revanche pour Olivier Robert auteur d’un superbe premier tour sur Tempo de Paban, contraint à l’abandon au barrage suite à une incompréhension sur un oxer au barrage.

Le classement complet, ici.

Daniel Deusser s’impose à Vérone

Longines FEI World Cup™ Jumping Verona

And the winner is … Daniel Deusser. Crédit photo : Massimo Argenziano/FEI

Les amoureux du jumping en ont eu pour leur argent. Si l’Allemagne s’est imposée dans le Grand Prix Coupe du monde grâce à Daniel Deusser (Calisto Blue), le public de la cité italienne a vibré pour les nombreux Azzurri engagés dans l’épreuve dont le meilleur représentant, Luca Marziani / Tokyo du Soleil, termine 5ème. A l’issue d’un barrage à 14 concurrents, Niels Bruynseels (Gancia de Muze) prend la deuxième place. Le Belge coiffe sur le poteau Martin Fuchs 3ème associé à Clooney 51 alors que Bertram Allen avec une Molly Mallone en pleine forme malgré ses 19 ans termine au pied du podium.

Longines FEI World Cup™ Jumping Verona

Luca Marziani témoin du réveil de l’équitation transalpine signe la meilleure performance italienne. Crédit photo : Massimo Argenziano/FEI

A l’image de nombreuses autres têtes d’affiches (Ehning, Guerdat, Eckermann, Smoders…) Kevin Staut (For Joy), auteur de deux fautes au barrage a vu s’échapper les places d’honneur. 12Ème au classement final, il peut néanmoins se consoler avec les 5 points tombés dans son escarcelle. Simon Delestre ne peut malheureusement en dire autant avec un Chesall Zimequest sur le frein, obligeant son cavalier à le stimuler d’un coup de cravache sur l’arrière-main sur tous les oxers. Mais quand le coeur n’y est pas, il n’y est pas. Le fils de Casall arrêté dans le milieu du triple a contraint son cavalier à l’abandon.

Sensible également, Calisto Blue l’est assurément. C’est ce qu’à indiqué a posteriori Daniel Deusser. Le cavalier des écuries Stephex qui monte ce hongre de 11 ans, préalablement sous la selle de Michael Whitaker, seulement depuis le mois de juillet semble toutefois avoir trouvé les boutons.

Le classement complet, ici.

Saxo de la Cour change de mains ….et de cavalier

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Saxo de la Cour sous la selle de Cédric Angot aura été l’un des piliers de l’équipe de France.

Coup de tonnerre dans le ciel équestre hexagonal. Cédric Angot a annoncé ce jour sur sa page Facebook la vente et le départ de ses écuries de Saxo de la Cour. Le sulfureux homme d’affaires et milliardaire ukrainien Alexander Onyshchenko est désormais l’heureux propriétaire de l’alezan qui est singulièrement monté en puissance ces derniers mois. Reste à savoir qui sera le cavalier qui succèdera à Cédric Angot. On pense naturellement à Pénélope Leprevost qui a entamé depuis sa rupture avec le Haras de Clarbec une collaboration avec Alexander Onyshchenko.

Saxo de la Cour né chez Jean-François Couetil était jusqu’alors la propriété non seulement de Cédric Angot mais également de Benjamin Meyer, de Sandrine Schuwer et du Haras de Reux. Le montant de la transaction n’a pas été révélé mais au regard des dernières prestations du fils de Tlaloc M, il est vraisemblable que la somme est conséquente. Saxo qui s’est particulièrement illustré cette année lors de la Coupe des nations de Calgary mais également dernièrement lors de la finale des Coupe des nations de Barcelone est assurément à 12 ans un cheval d’avenir. On pense naturellement aux Jeux Olympiques de Tokyo où il pourrait être une pièce maîtresse de l’équipe de France. A condition de rester sous une selle tricolore…

Le communiqué de Cédric Angot ne lève pas ces interrogations mais rend hommage à un partenaire de talent auquel on ne peut que souhaiter de continuer sa progression au plus haut niveau.

Le communiqué intégral de Cédric Angot: « C’est avec beaucoup d’émotions que je vous annonce le départ de Saxo de la Cour. Saxo était notre motivation quotidienne, et j’ai le sentiment que nous étions au bord de réaliser une grande performance. Évidemment, c’est toujours triste de vendre des chevaux qui sont dans une forme incroyable et qui marquent notre carrière. Cependant, mon métier de cavalier m’oblige à accepter certaines propositions financières qui me permettent de pérenniser mon système. Je tiens à remercier mon équipe qui m’a été d’une aide inestimable pour garder ce crack cheval en pleine santé physique et mentale ! Je souhaite bonne route à son nouveau propriétaire : Alexander Onyshchenko ».

Romain Duguet fait cavalier seul

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Romain Duguet

A désormais 38 ans, Romain Duguet (158ème mondial) ouvre un nouveau chapitre de sa vie personnelle et professionnelle. Ce Rémois de naissance opte pour la nationalité Helvétique à la fin de 2012, six ans après son installation dans le canton de Berne au sein des écuries de Gümligen, propriété de son épouse Christiana. Il intègre par la suite l’équipe nationale Suisse et se construit un vrai palmarès au niveau international aux rênes notamment de Quorida de Treho, Twentytwo des Biches et Sherazade du Gevaudan.

Une séparation plus tard, beaucoup de choses sont à reconstruire. Avec en premier acte un départ des écuries de Gümligen et en conséquence, de nouvelles installations à trouver. C’est chose faite. Le plus français des cavaliers suisses a rendu l’information publique via un communiqué. Son nouveau point de chute sera à partir du 1er novembre Lossy dans le canton de Fribourg.

Accompagné de cinq chevaux, il occupera dans un premier temps des boxes situés dans des écuries appartenant à Romain Barras avant que la construction de sa propre structure soit terminée dans ce même domaine. Ses nouvelles écuries bénéficieront de 12 boxes. Une partie sera occupée par des chevaux montés par Romain Duguet, l’autre par des élèves ou clients. Les boxes seront situés à côté des infrastructures du célèbre marchand suisse Gian-Battista Lutta.

Ce changement important dans la vie d’un cavalier n’altère pas les ambitions de Romain Duguet : « Mon objectif est toujours le même : me maintenir au plus haut niveau, m’y illustrer et être au service de l’équipe de Suisse, notamment en vue des JO de Tokyo 2020 pour lesquels la Suisse s’est qualifiée aux Jeux Équestres Mondiaux de Tryon en septembre. J’ai la chance d’avoir des chevaux de grande qualité comme Calder ou Tanaelle du Moulin pour ne citer qu’eux. Ils ont effectué une bonne saison 2018, mais devaient prendre du métier. Je place beaucoup d’espoir en eux pour 2019 et les années suivantes » tient à préciser le vainqueur des Grands Prix 5* de Paris, Helsinki et Saint-Gall.

Félicie Bertrand, l’atout cœur de Geneviève Mégret

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Félicie Bertrand et Geneviève Mégret

Toujours avoir un plan B. C’est vrai pour les cavaliers et les propriétaires, notamment à haut niveau, où les enjeux financiers sont importants et les tensions vite arrivées. Sport où la passion domine, le jumping, même exercé par des professionnels, n’est pas exempt de comportements irrationnels source de multiples rebondissements. En février dernier l’annonce de la fin d’une collaboration de 7 ans entre Pénélope Leprevost et le Haras de Clarbec résonnait comme un coup de tonnerre dans le ciel hexagonal. Les conséquences pour les deux protagonistes ne sont pas les mêmes. Pénélope Leprevost peine depuis à renouer avec le plus haut niveau alors que la famille Mégret semble avoir trouvé en Félicie Bertrand une remplaçante discrète. Un plan B comme Bertrand.

Avoir des relations apaisées marquées par la confiance et la rationalité entre cavalier et propriétaire, c’est compliqué même à haut niveau. D’autant plus si les propriétaires ne se conduisent pas en simple investisseur mais en véritable gestionnaire de la carrière sportive de leur crack. Alors si en plus les protagonistes ont respectivement du tempérament, ça devient vite compliqué.

Avec Félicie Bertrand, les choses semblent simples en raison d’une personnalité que l’on perçoit, peut-être à tort, comme effacée. Cette normande de 36 ans a crevé l’écran cette année grâce à Sultane des Ibis qui lui a offert fin juin une médaille d’or en individuel et une en argent par équipe lors des Jeux Méditerranéens de Tarragone. Voilà de quoi être reconnaissant à l’égard de la famille Mégret, propriétaire de la jument. Une famille qu’elle connaît bien pour avoir entamé avec elle des relations il y a déjà 10 ans comme cavalière jeunes chevaux. Elle fait le job pendant quatre ans et demi puis, logiquement, s’émancipe en s’installant à son compte. Mais les ponts ne sont pas rompus. Quatre petits kilomètres seulement séparent les deux structures. Félicie Bertrand se voit confier régulièrement des chevaux. Puis arrive Sultane des Ibis. L’osmose est quasi immédiate. Les bons résultats aussi. Les médailles aux JEM marquent un tournant. Elles ouvrent surtout les portes vers les 5* qui restent l’objectif premier même si Félicie Bertrand confie que jusqu’à il y a peu, elle n’avait jamais eu de grandes ambitions de haut niveau. Oui mais voilà, l’appétit vient en mangeant et l’ambiance du haut niveau a un goût de drogue douce d’autant que d’autres chevaux estampillés Mégret, comme Creta LS*La Silla, Vahiné de Favi et Chacco Rouge, lui constituent un piquet performant.

Même si la marche pour le 5* est élevée, l’arrivée de Flora de Mariposa sous sa selle constitue un sacré atout. Car au-delà d’avoir été la jument de tête de Pénélope Leprevost, la fille de For Pleasure, considérée comme l’une des meilleures au monde, est aujourd’hui à 13 ans une jument expérimentée.

A l’issue d’une longue convalescence Flora signe fin septembre son grand retour à la compétition, à l’occasion du CSI * de Canteleu. Or monter une telle jument, c’est un peu avoir le saint Graal entre les mains. C’est surtout le signe d’une relation de très grande confiance avec la famille Mégret. Or celle entamée avec Félicie Bertrand s’inscrit dans la continuité et la progressivité. C’est d’autant plus à noter que parallèlement le lien avec Nicolas Delmotte qui s’était vu confier des cracks du Haras de Clarbec (Urano de Cartigny, Vagabond de la Pomme, Corrado du Moulin…) s’est distendu. Il est mis fin à la collaboration début octobre en raison d’un éloignement jugé finalement trop important (3 heures de route).

Coupe du monde : ça commence fort pour Kevin Staut

Longines FEI World Cup - Western European League OSLO 2018

Longines FEI World Cup™ Jumping Oslo Kevin Staut FRA riding Silver Deux de Virton H D C 14/10/18 Photo FEI/ Satu Pirinen

C’est reparti pour une nouvelle saison Coupe du Monde. Et comme tous les ans pour la ligue d’Europe de l’Ouest, les hostilités commencent à ce qui ressemble un peu pour nous au bout du Monde : Oslo alors que le séjour en terres septentrionales se prolongera la semaine prochaine avec l’étape d’Helsinki. Des trois Français engagés dans le Grand Prix, Kevin Staut est le seul à tirer son épingle du jeu. Il prend une superbe deuxième place derrière le régional de l’étape, le Suédois Douglas Lindelöw (Zacramento). Moins de réussite en revanche pour Aldrick Cheronnet (Tanael des Bonnes) privé de barrage pour un point de temps dépassé. Autre Aquitain en lice, Olivier Robert sort avec 8 point largement imputables à l’inexpérience à ce niveau de Vangog du Mas Garnier, un étalon de 9 ans fils de Cornet Obolensky.

Longines FEI World Cup - Western European League OSLO 2018

Le goût de la victoire pour Douglas Lindelöw. Photo FEI/ Satu Pirinen

Avec douze qualifiés pour le barrage, tout restait presque à faire. Mais comme à son habitude, la main de Kevin Staut n’a pas tremblée. Auteur d’un premier tour aux allures de tour d’école, le cavalier du Haras des Coudrettes a récidivé sans prendre toutefois tous les risques. Cette prudence mesurée lui coûte certes la première place mais l’inoxydable chef de file du jumping tricolore peut néanmoins se consoler de ne pas avoir mis Silver Deux de Virton HDC dans le rouge. Qui veut aller loin ménage sa monture rappelle à cet égard un vieil adage.

Le classement complet ici.

Guillaume Canet, le cinéma, les chevaux et Jean Rochefort

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Guillaume Canet, acteur et compétiteur.

Il est le chouchou de ses dames. Sa seule présence dans un concours hippique, comme cavalier ou simple spectateur passe rarement inaperçue. L’homme, malgré sa célébrité et pourtant du genre discret et accessible. Pour une vedette de cinéma, c’est plutôt rare. Mais Guillaume Canet a eu en la personne de Jean Rochefort un mentor de grande classe. Deux hommes du 7èmeart mais aussi deux vrais hommes de chevaux.

Avec le tournage de « Jappeloup » en 2012, Guillaume Canet renoue, sur le tard (39 ans), avec sa passion première, le saut d’obstacles qu’il pratique désormais à un niveau professionnel. Tout cela, dans le milieu équestre, beaucoup le savent.

Les autres vont pouvoir le découvrir à l’occasion d’un entretien donné par l’acteur au quotidien « Le Monde », à l’occasion de la sortie le 24 octobre du film de Gilles Lelouche « Le Grand Bain ». La journaliste Pascale Krémer revient en détail sur le parcours de Guillaume Canet, le cheval, le cinéma et Jean Rochefort. A découvrir ou redécouvrir.

Guillaume Canet : « Sans Jean Rochefort, je n’aurais pas eu autant de chance » – Le Monde -14/10/2018.

Barcelone : la Belgique s’impose, la France deuxième

Longines FEI Jumping Nations Cup Final equestrain event in Barcelona

Les diables rouges, heureux vainqueurs de l’édition 2018. De gauche à droite :

Quel suspense. A l’issue d’une finale folle, la Belgique a remporté dimanche 7 octobre la finale mondiale des Coupe des nations 2018. Qualifiée in extremis le vendredi, la France monte sur la deuxième marche du podium. L’Irlande complète le podium.

Certes les Jeux Équestres Mondiaux ont considérablement rebattu la composition des équipes présentes à Barcelone mais au final, c’est le concept même de cette finale des Coupes des nations qui ressort comme le grand vainqueur de ce week-end. Une organisation parfaite, un chef de piste intelligent dans ses constructions et respectueux des chevaux sans oublier des cavaliers motivés, l’édition 2018 restera comme un grand cru d’une compétition considérée à tort comme moribonde il y a encore peu. Reste pour la France un sérieux caillou dans la chaussure à savoir une couverture médiatique défaillante. A cet égard le deuil d’Equidia est lourd à porter malgré les efforts de Kamel Boudra de faire subsister l’esprit et la communauté de la chaîne sur la confidentielle RMC Sport3. Une nouvelle fois la FFE démontre son incapacité à porter les équipes de France auprès du grand public. Or, comme dans tout sport, l’absence de communication sur le haut-niveau et son cortège, l’incapacité pour les plus jeunes à se projeter sur des visages d’athlètes vus à la tv, a on le sait des conséquences lourdes à court terme sur le maintien des effectifs de licenciés.

Mais revenons-en au sport. Huit équipes s’alignaient dimanche et si trois d’entre elles paraissaient en position de force (Pays-Bas, Belgique et Irlande), l’Italie et l’Autriche, belles surprises du vendredi, endossaient les habits d’outsider. Quant à la France, son habitude des résultats en yoyo et sa qualification sur le fil du vendredi laissaient interrogatifs plus d’un observateur avisé.

Parti en ouvreur de la compétition, Kevin Staut confirme vite ce sentiment. Le cavalier du Haras des Coudrettes signe un superbe tour sur For Joy Van’t Zorgvliet HDC… mais pénalisé de 4 points sur la rivière. On pense la messe presque dite mais les autres compétiteurs de cette première rotation, avec peu de sans faute et parfois des scores lourds, permettent de garder espoir. Même punition pour Cédric Angot sur Saxo de la Cour auteurs d’une superbe prestation entachée d’une barre en fin de tour. La France est toujours dans le coup. Arrive la troisième rotation. Mathieu Billot et Quel Filou 13 s’élancent. Le cheval porte bien son nom. Avec 17 points au compteur, les Tricolores viennent de griller leur joker. Quatrième et dernière rotation. Olivier Robert remplace au pied levé Pénélope Leprevost dont la monture, Vancouver de Lanlore, a péché par son manque d’expérience à ce niveau vendredi. Olivier et Eros ont signé de belles performances en Coupe des nations cette année mais cette fois un poids énorme se retrouve sur les épaules du Bordelais. La pression est trop forte sur la fin de tour. Le couple concède deux fautes. La balle est désormais dans le camp des adversaires.

FEI Longines Nations Cup equestrain event in Barcelona

Kevin Staut et For Joy lors de la qualificative du vendredi. Photo FEI/Jim Hollander

La Belgique se détache avec au total 12 points de pénalité. Derrière, 4 équipes sont à égalité à 16 points : la France, l’Irlande , l’Italie et les Pays-Bas. Il faut donc sortir la calculette pour additionner les temps. Comme vendredi, la France tire son épingle du jeu. Elle est deuxième et la magnifique équipe italienne reléguée à la 4ème place. Les Tricolores peuvent être satisfaits. Ils repartent de Barcelone avec le sentiment du devoir accompli et 251 000 € à se répartir. Un bel encouragement pour ces cavaliers amoureux de leur drapeau qui ont fait le choix de privilégier ce beau circuit, cette vieille mais distinguée dame qu’est la Coupe des Nations.

Dernier tour de piste pour Rothchild

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Rothchild sous la selle de McLain Ward lors des JEM de Caen.

17 ans et puis s’en va. Sauf que chez les chevaux de légende, on ne quitte pas la compétition sur la pointe des sabots mais, par la grande porte, après un hommage qui vient saluer leur talent. En France, le Haras des Coudrettes notamment nous a habitué à ces moments forts en émotions. Il en est naturellement de même de l’autre côté de l’Atlantique. Le 30 septembre dernier, à l’occasion de l’American gold cup, une cérémonie est venue saluer les adieux à la compétition de Rotchild, partenaire « historique » de McLain Ward.

McLain Ward, on ne le présente plus. Trois médailles olympiques au compteur et une qualité d’équitation qui en fait l’un des grands maîtres de la discipline à seulement 42 ans. Sa longévité au plus haut niveau est liée à son talent pur mais également à cette capacité à trouver régulièrement des cracks chevaux : Sapphire, Rothchild et plus récemment HH Azur et Clinta.

Rothchild, propriété de Sagamore Farms, sous la selle de McLain depuis 2007, peut s’enorgueillir d’un très beau palmarès avec notamment une médaille de bronze par équipes et une 5ème place en individuel lors des Jeux Équestres Mondiaux de Caen en 2014, une médaille de bronze, toujours par équipes, aux Jeux Panaméricains de Toronto en 2015.

Rothchild, petit cheval Belge de 1,60m (Artox x Elegant de l’île), surnommé Bongo est un cheval de caractère à l’image de ses petites oreilles souvent pointées vers l’arrière sur les sauts. « Je crois que Rothchild m’a beaucoup appris. Il m’a appris à découvrir un cheval en profondeur. Il m’a appris à croire dans un cheval et à voir ce qu’il cache de meilleur. J’aime beaucoup ce cheval, au-delà de ce qu’il donne en piste. S’il était un humain, je crois que j’irais boire une bière avec lui » résume son cavalier.

« Il arrive à une nouvelle étape de sa vie dans une forme resplendissante, je trouve cela super », s’est réjoui McLain Ward qui a précisé que son partenaire allait désormais couler des jours heureux dans les nouvelles installations pour chevaux retraités de Beezie et John Madden.

Tryon : avec Simone Blum, les jeunes prennent le pouvoir

FEI World Equestrian Gamesª Tryon USA

Simone Blum et DSP Alice. Photo FEI/Martin Dokoupil

Quel contraste entre les Jeux de Caen et ceux de Tryon. En Normandie il y a quatre ans, l’expérience était célébrée à l’issue d’une finale tournante mettant en lice quatre formidables cavaliers, matures, hommes de chevaux reconnus. En 2018, aux États-Unis, c’est une jeune femme de 29 ans qui est sacrée, Simone Blum, avec comme dauphin Martin Fuchs, 26 ans seulement. De dix ans son aîné, Steve Guerdat est le seul « vieux renard » à monter sur le podium.

Place aux jeunes donc puisque sur les 25 finalistes 6 avaient moins de 30 ans. Une surprise oui assurément alors que les McLain Ward, Harrie Smolders, Peder Fredricson et consorts se sont cassés les dents dans la course au titre. En filigrane se dessine une vraie question. Le saut d’obstacles est-il encore une discipline où l’expérience constitue un facteur déterminant ? Sans doute moins. Ce qui frappe à l’issue de cette compétition, c’est l’incroyable homogénéité qui prévaut tant au niveau technique des cavaliers que de la qualité des chevaux. C’est une bonne nouvelle en soi qui confirme que si on laisse jouer la concurrence, les favoris n’existent plus. Reste à confirmer la durabilité de ces jeunes pousses au plus haut niveau et donc leur capacité à mettre en place un système leur permettant d’assurer sans rupture la relève des chevaux qui les ont fait exploser sur le devant de la scène.

S’il n’en reste qu’un, ce sera Deroubaix

American dream : McLain Ward, Adrienne Sternlicht, Laura Kraut, and Devin Ryan in their
presentation ceremony. ©Sportfot

L’équipe de France de saut d’obstacles a pris l’eau à Tryon. Elle termine 9èmede la compétition et ne décroche donc pas dans l’immédiat sa qualification pour les JO de Tokyo. Pas la peine d’épiloguer là-dessus ni de sortir les dagues. Les cœurs sont lourds et les mines basses. Mais, c’est ainsi. Les grandes nations équestres, club auquel appartient assurément la France, ont leur haut et leur bas. Rien de cyclothymique en cela. Chevaux et cavaliers sont des êtres vivants avec leurs fragilités. Si on y ajoute les contraintes économiques à savoir les circuits parallèles et la loi d’airain du mercato qui conduit à vendre les meilleurs montures, l’inconstance des résultats est un fait logique. Et puis, il faut bien en laisser un peu pour les autres et donc laisser la roue de la chance tourner. A cet égard, on ne peut pas dire que la France ait été mal servie aux Jeux Olympiques de Rio.

La déception pour Tryon est donc légitime même si elle était un peu prévisible. La sélection arrêtée par Philippe Guerdat était osée mais surtout imposée par le peu de cartes en sa possession. Avec un seul couple vraiment expérimenté mais en fin de carrière complété par trois autres qui découvraient (à l’exception de Nicolas Delmotte) le grand bain, ça passait ou, ça cassait. La deuxième hypothèse a prévalu face à des adversaires très bien préparés et équipés. Autre facteur handicapant dont il faut bien parler, c’est qu’une grande équipe ce n’est pas seulement un agrégat d’athlètes brillants, c’est aussi un petit supplément d’âme. Or, dans le camp tricolore, faute de temps sans doute, on n’a pas senti d’esprit de groupe et de conquête. Une équipe, ce n’est Philippe Guerdat qui le démentira, c’est toujours une complexe alchimie.

Reste le cas Timon d’Aure et Alexis Deroubaix. Ce sera sans doute la seule bonne surprise de ces Jeux. 13èmeau provisoire avant la grande finale de dimanche, Alexis Deroubaix, propulsé au plus haut niveau a soudain beaucoup de poids sur les épaules. Mais comme l’avais dit très intelligemment Emmanuelle Perron-Pette à propos de Rêveur de Hurtebise, à partir de maintenant, ce ne peut être que du bonus. Cette finale sera donc à regarder avec intérêt parce qu’elle promet du beau sport et que, qui qu’il advienne les couleurs françaises, dans cette dernière ligne droite, seront assurément bien portées par celui qui sera la révélation tricolore 2018.

Le classement individuel, c’est ici.

Le classement par équipe, c’est .

Rêveur de Hurtebise, 4 ans après

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Rêveur de Hurtebise HDC et Kevin Staut, il y a 4 ans lors des JEM de Caen

Le Français a la réputation d’être râleur. Nous n’allons pas déroger à la règle en avouant que Tryon rime avec frustration. Les horaires et les canaux de diffusion des Jeux Équestres Mondiaux qui se disputent en Caroline du Nord ne permettent pas de suivre comme on le souhaiterait les épreuves. Quant aux rediffusions ou différés, on ne peut que regretter leur absence. Les Jeux de Caen avaient mis la barre haute. Quatre ans plus tard, le décalage horaire et la disparition d’Equidia ne permettent pas d’atteindre ce niveau. Heureusement, les bons débuts des Français dans le championnat sont comme un rayon de soleil. Tout comme la présence de Rêveur de Hurtebise HDC sous la selle de Kevin Staut. Impensable il y a quelques mois, cette participation s’est pourtant imposée au fil du temps comme une évidence.

Rêveur, tel le Phénix. Avouons-le, c’est le genre d’histoire dont on raffole même si la fin n’est pas encore connue. C’est le site de L’Éperon qui la raconte à travers un entretien avec Emmanuelle Perron-Pette, propriétaire du Haras des Coudrettes et de Rêveur. Donné à 17 ans comme un cheval au bout du rouleau, lessivé et bon pour la retraite à l’issue des finales Coupe du monde de Paris-Bercy, Rêveur a signé par la suite un incroyable retour de forme et engrangé les classements en 5*. Puis vient le CSIO d’Aix-la-Chapelle où Rêveur fait une démonstration dans la Coupe des nations. C’est le déclic. La décision semble naturelle pour le cavalier, les propriétaires et le sélectionneur national. Rêveur est non seulement apte pour Tryon mais le couple particulièrement expérimenté qu’il constitue avec Kevin Staut constituera une pièce maîtresse du dispositif tricolore.

La suite immédiate, c’est l’épreuve de chasse qui vient de se dérouler ce mercredi. Le couple est pénalisé de 4 points sur le dernier obstacle mais signe le meilleur chronomètre. Kevin Staut affirme que la faute lui est imputable et se félicite de la qualité de saut de sa monture. Rien n’est perdu, le championnat sera long. « Quelle que soit sa performance ici, on le respectera et on l’écoutera » a prévenu Emmanuelle Perron-Pette avant d’ajouter « j’espère vraiment qu’il va bien faire pour la France certes, mais surtout pour lui. » Sa résilience est pourtant déjà une victoire, tout autant que la foi de son cavalier et de ses propriétaires en lui. Bon vent Rêveur de Hurtebise !

Ben Maher, le grand absent de la sélection Britannique

Lap of honour for Ben Maher, winner of the LGCT Grand Prix of Rome

Ben Maher. Crédit Stefano Grasso / LGCT

Cherchez l’erreur. Ben Maher a remporté ce samedi à Rome son troisième Grand Prix sur le Global Champions Tour. Avec cette victoire il fait coup double puisqu’il engrange suffisamment de points  pour remporter l’édition 2018 de ce circuit privé très richement doté, avant même la finale qui se déroulera à Doha. Pour autant, malgré un retour fracassant cette saison sur le devant de la scène, le champion olympique par équipe de Londres en 2012 ne figure pas parmi les cavaliers Britanniques qui défendront les couleurs de l’Union Jack à Tryon à l’occasion des Jeux Équestres Mondiaux. Incompréhensible.

La marche victorieuse sur Rome de Ben Maher a été signée une nouvelle fois avec Explosion W, un KWPN de neuf ans, fils de Chacco Blue. « « Ce fut une saison incroyable, j’ai du mal à y croire ! C’est bon d’être de retour parmi les meilleurs. Explosion est un cheval d’une incroyable rapidité, je n’avais jamais monté un cheval aussi rapide. Il est phénoménal pour son âge » confiait le pilote britannique ce week-end à Rome.

Reste donc la question qui fâche. Quelles sont les raisons pour lesquelles Ben Maher qui dispose d’un cheval performant et surtout très régulier ne figure pas sur la liste du sélectionneur national Britannique pour les Jeux de Tryon ? La réponse est loin d’être claire. Un silence gêné fait office de réponse. Pas de déclarations de Di Lampard dans un sens ou dans un autre. La Chef d’équipe de sa gracieuse majesté aurait sans doute bien voulu s’appuyer sur un cavalier expérimenté mais le site World of Showjumping, généralement bien informé, laisse entendre que les propriétaires de Explosion W, la famille Moffitt (Poden Farms), auraient pu préférer les importants gains potentiels du LGCT à une participation pour le drapeau à Tryon.

Si tel était le cas, force serait de constater qu’une rupture se confirmerait à haut niveau entre les cavaliers qui courent les Coupes des Nations et rêvent de participer aux échéances majeures de la FEI et les autres, mercenaires des temps modernes, qui privilégient (sous réserve d’être compétitifs) des rentrées financières importantes et immédiates. Logique économique d’un côté, aspect patriotique de l’autre si l’on caricature un peu les choses. Le site World of Showjumping s’interroge ainsi sur le nombre important de ces compétiteurs de premier plan qui cette année font l’impasse sur les Jeux Mondiaux au profit du Global Champions Tour ou encore de CSI 5* de Calgary là aussi très richement doté grâce à la maison Rolex.

La question est complexe et il ne s’agit de clouer personne au pilori. On regrettera seulement que ce débat n’existe pas sur la place publique et que personne n’assume ses choix. La faute aussi aux fédérations nationales qui pourraient très bien décider que les cavaliers ou propriétaires qui refusent les sélections nationales renoncent de fait à toute sélection pour les Jeux Olympiques. C’est la vieille histoire finalement du beurre et de l’argent du beurre.

 

Sortie par la petite porte pour Qadillac du Heup

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Qadillac du Heup / Bernard Briand Chevalier

Disons-le franchement, l’histoire ne se termine pas aussi bien que nous l’aurions espéré. Quadillac du Heup raccroche les sabots à seulement 14 ans. Un peu jeune pour un cheval de compétition qui commençait à percer au plus haut niveau et dont on attendait de voir tout le potentiel. L’aventure reste belle mais elle laisse un goût d’inachevé à commencer pour son cavalier, Bernard Briand Chevalier.

Comme souvent, on peut voir le verre à moitié plein ou, à moitié vide. Certes, la jument Selle Français née chez Hubert Groualle aura connu une très belle trajectoire avec notamment de belles prestations en Coupe des Nations, signée, c’est suffisamment rare pour être souligné, avec un seul et unique cavalier, le Breton Bernard Briand Chevalier. Mais, le sens de l’histoire est souvent tragique. L’ascension de Qadillac s’est arrêtée le dimanche 23 juillet 2017. Le couple participe pour la première fois au mythique concours d’Aix-la-Chapelle. Parti en numéro 1 dans le Grand Prix, il fait un mauvais saut sur la rivière. La jument se réceptionne mal. Elle chute avec son cavalier et quitte la piste en mains. On ne la reverra plus à ce niveau. La fille d’Hélios de la Cour revient sur les terrains de concours deux mois plus tard mais, en CSI 3*. La délicate mécanique s’est déréglée. Quelque chose d’insaisissable s’est brisé. La suite logique, c’est la décision en ce début de mois de mettre un terme à la carrière sportive de Qadillac et de lui faire entamer sa deuxième vie, celle de reproductrice.

Valence : bis repetita pour Kent Farrington dans le GP 5*

Kent Farrington et Gazelle (archives)

Pour la deuxième année consécutive, Kent Farrington s’est imposé dans le Grand Prix du CSI 5* de Valence associé à sa bonne Gazelle. Un vrai tour de force pour l’Américain qui a dominé de la tête et des épaules une épreuve délicate qui a déboussolé plus d’un cavalier expérimenté.

Posé au milieu des champs, au coeur de la Drôme à une trentaine de kilomètres au nord de Valence, les superbes installations du Haras des Grillons accueillaient ce dimanche le point d’orgue de deux semaines de concours. La dotation de 300 000 € du Grand Prix et la proximité des Jeux Mondiaux de Tryon en faisait un rendez-vous à ne pas manquer. De nombreux participants ne devraient pas l’oublier.

Avec Uliano Vezzani en architecte la plupart des participants s’attendait à une épreuve classique. A tort. Le chef de piste Italien s’est peut être enflammé à la lecture des noms des engagés sortant de son chapeau un tour compliqué, fort et particulièrement long. Treize couples pourtant ont trouvé les clés pour boucler leur tour sans pénalité dont deux Tricolores : Philippe Rozier (Cristallo A) et Simon Delestre (Cheesal Zimequest). A l’issue d’un barrage atypique où deux cavaliers ont préféré assuré le sans faute quitte à prendre du dépassement de temps, seul Simon Delestre décroche un classement (6ème). Philippe Rozier (8 points), termine à la plus mauvaise place : 13éme, premier des non classés.

Côté français toujours, outre le retour de Pénélope Leprevost en 5* avec Vancouver de Lanlore, on retiendra surtout la prestation prometteuse de Marc Dilasser sur un surprenant Utah van de Rock.

Le classement complet, ici.

Cian O’Connor, candidat aux instances de la FEI

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Le pas décidé de Cian O’Connor.

Cavalier émérite, marchand de chevaux, Cian O’Connor est un homme polyvalent et entreprenant. L’Irlandais aimerait ajouter une corde à son arc en prenant la suite de Rodrigo Pessoa comme représentant les cavaliers de saut d’obstacles au sein de la FEI. Pas sûr pourtant que son nom arrive en tête du scrutin.

La Fédération Equestre Internationale va procéder en fin d’année au renouvellement de ses instances pour la période 2018-2022. Celles-ci réservent une place aux athlètes, une par discipline. Dans le cas du jumping, un athlète désigné par ses pairs représentera les cavaliers au sein du comité de saut d’obstacles, un groupe technique qui s’occupe de tous les aspects de la discipline, notamment les évolutions du règlement.

Quatre candidatures ont été déposées. Sanjay Bagai, un Indien de 52 ans, Nicolas Piazzaro-Suarez un Mexicain de 40 ans, Cian O’Connor (39 ans) et Lisen Bratt-Fredricson, une Suédoise de 42 ans.  Cette dernière est assurément la grande rivale de l’Irlandais. Cavalière reconnue elle est aussi l’épouse de Peder Fredricson mais surtout elle est la candidate qui a été désignée par l’IJRC (International Jumping Rider Club) alors que Cian O’Connor est officiellement celui présenté par la fédération équestre irlandaise. O’Connor est toutefois le seul à avoir esquissé les grandes lignes d’un programme reposant sur la promotion du bien être des chevaux et des cavaliers mais intégrant aussi un volet business assumé par le développement du marketing et de la communication.

Suspense, suspense d’autant que le vote qui se déroule par voie électronique jusqu’au 23 septembre n’est ouvert qu’à une base électorale réduite. Il faut en effet avoir participé à l’une des des 2 dernières olympiades ou l’un des 2 derniers championnats du monde pour pouvoir exprimer son choix. Résultat le 24 septembre.

 

Doublé américain dans le Grand Prix du CSI 4* de Valence

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Spencer Smith sur Théodore Manciais.

Et bien non. La bible n’a pas toujours raison. Les derniers ne sont pas toujours les premiers. Parti en ouvreur dans le Grand Prix du CSI 4* de Valence (qui sera suivi du 5* le week-end prochain), l’Américain Spencer Smith, en signant le seul sans faute de l’épreuve, aura fait cavalier seul en tête de l’épreuve tout au long de celle-ci. Un petit point de pénalité pour temps dépassé prive le public et sa jeune compatriote, Katie Dinan (Dougie Douglas), de barrage. Même punition pour Aldrick Cheronnet (Atlantys by Wisbecq) qui malgré ses deux points de temps dépassé signe la meilleure performance française. « En voyant que le parcours donnait lieu à beaucoup de fautes, j’ai choisi de ne pas me soucier du temps et de soigner les courbes et les abords de mon parcours pour assurer le sans faute, quitte à prendre des pénalités de temps » confiait à l’issue le cavalier Aquitain. Une stratégie payante puisqu’elle lui permet de monter sur la 3ème marche du podium.

C’est un scénario totalement imprévu qui s’est déroulé dans les superbes installations des Haras des Grillons près de Valence dans la Drôme. Lors de la reconnaissance, Olivier Robert et Uliano Vezzani, le chef de piste, était d’accord sur un point. Au regard du plateau, 40 partants dont de belles têtes d’affiche Lamaze, Brash, Delestre …, entre 8 et 10 barragistes étaient attendus. Le sans faute aisé de Spencer Smith laissait même croire que leur estimation était sévère. Au contraire, ils étaient optimistes. Olivier Robert avait pourtant prévenu en évoquant un parcours fin et délicat comme sait si bien les dessiner le maestro italien.

A 21 ans Spencer Smith signe donc une performance sur son selle français, Théodore Manciais, un hongre selle français de onze ans. L’élève a battu le maître puisque son coach, Eric Lamaze, pointe seulement à la 15ème place du classement final en raison d’un 4 points sur le premier tour avec Quality FZ. Idem pour le Suisse Beat Mändli. L’entraîneur de Katie Dinan se classe 17ème sur Dibatsja.

Le classement complet, ici.

Tryon : un vent frais souffle sur la sélection Tricolore

France

Et bien non. Loin d’être le casse-tête imaginé il y a quelques semaines encore, l’établissement de la liste des cavaliers qui représenteront la France aux Jeux Equestres Mondiaux de Tryon est apparu après Dublin comme une évidence. Nicolas Delmotte (Ilex VP), Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), Kevin Staut (Rêveur de Hurtebise HDC), Alexandra Francart (Volnay du Boisdeville) et Thierry Rozier (Vénézia d’Ecaussines) sont les heureux titulaires.

Logique. Fort logique. Nicolas Delmotte et Alexis Deroubaix respectivement second dernièrement des Grand Prix de Dinard et de Dublin ont confirmé leurs bonnes performances de la saison et surtout la trajectoire ascendante qui est la leur avec, on l’espère, un pic de forme, en septembre à Tryon. Idem pour Alexandra Francart, véritable révélation de l’année en Coupe des Nations qui, outre la superbe esthétique de son équitation, forme un couple particulièrement fiable avec Volnay du Boisdeville malgré ses 9 ans.

Quant à Kevin Staut, pourrait-on imaginer une sélection sans ce coéquipier d’expérience, âme de l’équipe de France, capable de se transcender dans les grandes occasions ? Certes, il lui manque une monture qui sort du lot mais c’est un problème de riche au regard du piquet que lui met à sa disposition le Haras des Coudrettes. Le choix de Rêveur de Hurtebise est pourtant osé pour un cheval dont on a annoncé la retraite progressive… et qui paradoxalement depuis semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse !

Reste le 5èmehomme, le joker. Après Rio, c’est une nouvelle fois du côté de la famille Rozier que Philippe Guerdat est allé chercher la ressource. Ce ne sera pas Philippe mais donc son frère, Thierry. Une drôle d’histoire que cet homme-là. Compétiteur de haut niveau « sur le retour » grâce à Vénézia d’Ecaussines, il vit sa saison en pur hédoniste et pourrait avoir comme devise la célèbre formule latine « Carpe Diem ». A charge pour lui de faire partager sa bonne humeur et sa motivation à ses camarades.

Sur le papier, cette équipe est belle et solide. Reste à savoir si ce groupe va avoir du plaisir à être ensemble et si, il sera bien servi par les circonstances et la mystérieuse incertitude du sport. Bon vent à eux même si on n’oublie pas pour autant ceux qui restent à quai et qui n’ont pas démérité. Patience. Leur tour (re)viendra.

Alexis Deroubaix crée la surprise à Dublin

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Alexis Deroubaix et Timon d’Aure (archives)

Après la révolution sud-américaine de vendredi où le Mexique, contre toute attente, a remporté la Coupe des nations, l’autre (bonne) surprise du week-end est venue d’Alexis Deroubaix. Le Tricolore associé à Timon d’Aure s’est hissé sur la deuxième marche du podium du Grand Prix dominical, juste derrière le jeune Néerlandais Kevin Jochems (Captain Cooper) et devant l’expérimenté Lorenzo de Luca (Irenice Horta). Pénalisé de 4 points au barrage sur son fidèle Rêveur de Hurtebise, Kevin Staut prend la sixième place.

Plus qu’un simple CSIO, le Dublin Horse Show, c’est une institution. Une vieille dame de 144 ans qui ne s’en laisse pas compter et qui mélange allégrement modernité et bonnes manières. Comme le respect des règles sportives internationales qui font de l’anglais et du français les deux langues officielles des compétitions équestres. Entendre des annonces dans la langue de Molière en zone d’influence britannique est suffisamment rare pour être souligné.

L’anecdote aura sans doute échappé à Alexis Deroubaix trop concentré à bien faire. Le cavalier du Haras du Plessis chez André et Annick Chenu, a définitivement gagné ses galons en 5*. Impeccable en Coupe des Nations, le Nordiste de 31 ans continue son ascension. Courant juin on parlait de son « incroyable performance » dans le Grand Prix du CHIO de Rotterdam (6ème) alors là, avec une deuxième place à Dublin, c’est un peu l’histoire de la petite bête qui monte, qui monte.

Dans le vivier contrasté des cavaliers français, c’est une bonne nouvelle. Le sang neuf, enfin, fait parler de lui. Cela n’enlève rien au talent et au mérite des anciens à commencer par Kevin Staut dont la longévité au plus haut niveau est juste remarquable. Mais les plus belles forêts sont celles qui assurent la cohabitation des vieux chênes et des jeunes pousses. Poussés par Philippe Guerdat Alexis Deroubaix mais aussi Alexandra Paillot (5 points avec Tonio la Goutelle dans le GP) et Alexandra Francart (dans la Coupe des Nations) ont confirmé leur potentiel. C’est d’autant plus important que de nouvelles générations émergent dans les nations concurrentes. A commencer par ces redoutables Pays-Bas à l’image de Frank Schuttert (25 ans) et Kevin Jochems (23 ans) vainqueurs respectifs dans le même week-end à Valkenswaard et Dublin.

La suite désormais, ce sont les Jeux Équestres Mondiaux de Tryon. A charge d’ici là pour Philippe Guerdat de sortir sa liste de cavaliers sélectionnés avec comme toujours peu d’élus et beaucoup de déçus.

Le classement complet du GP, ici.

Les confessions tardives de Bertram Allen

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Cela fait partie des blessures intimes qui laissent des traces. Longtemps. Très longtemps. Jeune, doué et bien équipé, Bertram Allen offrait en 2016 par ses résultats une place à l’Irlande en individuel pour les Jeux Olympiques de Rio. A la surprise générale, le sélectionneur national de l’époque, Robert Splaine, dévoilait en juillet 2016 que ce sésame était attribué par la fédération équestre irlandaise à un autre cavalier : Greg Broderick associé à MHS Going Global. Dans un entretien accordé au site irlandais Independant.ie, le très réservé Bertram Allen revient sur cet épisode douloureux pour mieux en tourner la page et tresser des louanges au nouveau sélectionneur national. Un certain Rodrigo Pessoa.

Il s’en rappelle bien le gamin (20 ans à l’époque). C’était en juin 2016. Le téléphone sonne. C’est Robert Splaine au bout du fil qui lui annonce abruptement qu’il n’ira pas à Rio. Comment a-t-il réagi ? Par un silence sans doute. Car pour lui, ce n’est pas vraiment une surprise même si la déception est énorme. Le jeune pilote n’en dira pas plus. Sa revanche il va la prendre sur les terrains de concours. Deux jours plus tard, il remporte une épreuve dans le Global Champions Tour de Cannes. « Il s’agissait de ne pas baisser la tête, de continuer et de leur montrer qu’ils avaient pris la mauvaise décision » confie le jeune prodige.

Contraint à regarder les JO sur depuis son salon sur la TV Bertram Allen a beaucoup ressassé avec une question obsédante : comment se fait-il qu’une nation comme l’Irlande, forte de cavaliers de premier plan n’ait pas réussi à qualifier une équipe pour Rio ? Sans livrer son analyse, Bertram Allen note surtout que l’arrivée de Rodrigo Pessoa comme nouveau sélectionneur a tout changé. A commencer par l’émergence d’une émulation saine et d’un esprit d’équipe, celui qui fait déplacer des montagnes et gagner des titres. A l’image de cette médaille d’or par équipe aux championnats d’Europe en août 2017 à Göteborg.

Ce week-end, devant leur public, à Dublin, les fils de la verte Irlande auront à cœur de bien figurer dans la Coupe des Nations, Bertram Allen le premier. A 23 ans seulement, l’avenir est devant lui.

McLain Ward fait flotter la bannière étoilée à Dinard

Photographie Eric KNOLL. Jumping International de Dinard 2018. CSI 5*

McLain Ward en route vers la victoire sur Clinta. Crédit : Eric Knoll / Jumping de Dinard

Il s’est assurément passé quelque chose ce week-end au jumping de Dinard. Ce concours totalement atypique par sa piste, son ambiance, son public et sa parfaite organisation a franchi un nouveau seuil pour son édition 2018. En cumulant avec intelligence un CSI 3* (remporté par Julien Gonin / Well Done) et un 5* mais surtout, en s’attachant par sa coloration particulière (dans tous les sens du terme) l’affection des meilleurs pilotes mondiaux devenus fans des lieux. A commencer par McLain Ward, heureux vainqueur du Grand Prix 5 sur Clinta, extraordinaire jument grise. Henrik Von Eckermann contraint de se contenter de la deuxième place avec sa fidèle et régulière Mary Lou 194 ne devrait pas penser autrement. Pas plus que Nicolas Delmotte, vainqueur l’an dernier avec Ilex VP qui peut être (très) satisfait de sa troisième place.

Photographie Eric KNOLL. Jumping International de Dinard 2018. CSI 5*

Nicolas Delmotte et Ilex VP ont signé la meilleure performance française en prenant la troisième place. Crédit : Eric Knoll / Jumping de Dinard

A Dinard, on est certes loin de Paris mais surtout de ces maudits bacs à sable exigus qui fleurissent sur la planète pour offrir des images aseptisées car standardisées. Dinard c’est un concours à l’ancienne sur un terrain irrégulier, immense, à la forme incertaine. Et bien sûr, … en herbe. Du vrai jumping donc dans un écrin superbe, servi par une organisation du 21ème siècle grâce à la famille Mars. La Maison Rolex, horloger de prestige mais aussi grand argentier de la discipline, ne s’y est pas trompée en labellisant la manifestation. Plus qu’un simple sponsoring, la marque suisse distingue un événement équestre qui sort du lot de la petite centaine de CSI 5* organisés dans le monde. Ce qui est rassurant dans l’évolution de ce sport c’est que les (pétro)-dollars ne peuvent pas tout. Au-delà de la superbe victoire de MacLain Ward, Dinard a remporté la manche face à l’étape Londonienne du Global Champions Tour et son plateau rikiki. Tout espoir n’est donc pas perdu.

Le classement intégral, ici.

 

Création française, Horsealot poursuit son développement à l’international et offre de nouvelles fonctionnalités

horsealot-logoCocorico. Nos jeunes ont du talent. A l’image d’Alexandra Martel qui, pas encore majeure à l’époque, lançait en 2015 Horsealot, le premier réseau social des cavaliers. Trois années plus tard, le pari est réussi. Fort de plus de 200 000 membres et d’une implantation internationale, Horsealot passe la seconde avec une nouvelle version (2.0) et trois grands axes : découvertes, partages et rencontres. Et tant pis si au passage la langue de Molière prend du plomb dans l’aile. Nos jeunes entrepreneurs ont pour les USA les yeux de Chimène et ont adopté ses expressions comme en témoignent les réponses que nous a apporté très spontanément (et de façon très professionnelle) Alexandra Martel.

-Alexandra Martel, vous êtes la fondatrice et CEO de Horsealot. Pouvez-vous expliquer en quelques mots l’origine du projet et les nouveautés de Horsealot 2.0 ?

Je crois que notre passion est le moteur principal pour former notre personnalité au fil de notre vie, et que le fait de la partager permet de l’inspirer à évoluer. J’ai commencé à travailler sur Horsealot pendant ma première année d’université quand j’avais 17-18 ans. Je ressentais le besoin d’échanger avec de nouveaux cavaliers pour partager et m’inspirer de leur expérience, surtout ceux de pays éloignés. C’est de là que le projet est né.

Aujourd’hui Horsealot rassemble 200,000 membres à travers le monde, aux personnalités fondamentalement bienveillantes, sensibles et authentiques. Ils apprennent tous les jours les uns des autres.

Avec Horsealot 2.0 nous voulions upgrader (valoriser ndlr) leur expérience sur la plate-forme pour la rendre encore meilleure, et introduire des nouveaux concepts qui répondent aux feedbacks (retours ndlr) qu’ils nous transmettent.

L’objectif était de créer une « marque » autour de notre communauté, d’y apporter du lifestyle et une approche du cheval artistique, ouverte, qui intrigue.

La particularité du monde du cheval est qu’il en inspire de nombreux autres mondes (mode, art…), nous commençons maintenant à attirer des non cavaliers, qui sont séduits par le lifestyle équestre en général. Notre prochaine étape est de réussir à ouvrir le milieu du cheval et de l’enrichir de nouveaux univers.

-Parlez-nous un peu de cette communauté, vous avez développé de nouvelles rubriques notamment In The Eyes of, le Meet Riders et les Inspirations. Pouvez-vous les présenter en quelques mots ?

Nous sommes très excités du lancement de Horsealot 2.0, et de l’accueil reçu pour ces nouveaux modules. Le In The Eyes of rejoint l’objectif que je décrivais précédemment : ouvrir le milieu du cheval à d’autres univers. In The Eyes of partage à nos membres le point de vue d’une célébrité sur l’univers du cheval. Des businessmen, acteurs ou encore architectes reconnus expliquent en quoi le cheval les inspire dans leur carrière, et donnent leur propre vision pour le futur de l’industrie (le design d’une écurie du futur par exemple). L’acteur Alex Lutz est notre parrain pour ce concept.

Le Meet Riders était une demande forte de nos membres, il leur permet d’avoir des suggestions de profils de cavaliers avec lesquels se connecter, et voir les cavaliers autour d’eux pour les rencontrer. De là, ils peuvent échanger en privé facilement pour faire connaissance de manière plus personnelle.

Enfin les inspirations répondent à notre besoin d’amener du lifestyle et de la créativité dans l’univers de Horsealot. On partage chaque jour une sélection de 8 à 10 visuels qui abordent le cheval sous un nouveau regard, en racontant une histoire. Les thématiques sont très originales et valent la peine d’être découvertes, elles permettent aussi de sensibiliser des non cavaliers au monde équestre dans sa globalité.

L’objectif est d’intriguer, de surprendre et de faire découvrir le cheval avec un nouveau regard.

-En quelques mots, pourquoi rejoindre Horsealot ?

Pour les cavaliers qui y sont et l’esprit qu’ils y cultivent. Nos membres donnent cet univers de bienveillance et de passion qui est unique à Horsealot depuis ses débuts. Chaque nouveau membre se sent rapidement intégré et enthousiaste de se connecter avec des personnalités agréables, tout aussi passionnées que lui. En rejoignant Horsealot on rejoint une communauté forte.

-On fait comment pour devenir membre, c’est gratuit ?

Horsealot est gratuit pour nos membres, vous pouvez téléchargez l’application mobile pour iOS (https://itunes.apple.com/us/app/horsealot/id1112149151?mt=8) ou Android (https://play.google.com/store/apps/details?id=com.horsealot.app&hl=en_US), ou vous inscrire facilement sur le web (www.horsealot.com).

Marcus Ehning, nouveau dieu du stade à Aix-la-Chapelle

CHIO Aachen 2018

Marcus Ehning et Prêt à Tout à la remise des prix. Crédit Merrick Haydon (Revolution)

Plus qu’une simple enceinte sportive, Aix-la-Chapelle est le stade de l’olympe équestre. En repartir avec les lauriers de la victoire confère un statut de demi-dieu. Marcus Ehning pour beaucoup était déjà un demi-dieu. En remportant dimanche, pour la deuxième fois, le Grand Prix Rolex, l’Allemand, à 44 ans seulement mais déjà dix médaille d’or, confirme son rang d’extra-terrestre ou plutôt d’extra-équestre et devient un dieu à part entière !

Une première manche longue et délicate parsemée d’obstacles exagérément énormes suivie d’une deuxième à peine raccourcie et enfin un barrage avec 8 obstacles dont un oxer aux allures de montagne. Trois tours sans faute pour Marcus Ehning et son cheval français Prêt à Tout. Trois tours montés à la perfection avec un barrage parfait. De ceux qui font retenir leur souffle au 40 000 spectateurs et résonner un silence de cathédrale. Un dressage parfait, une monte légère et réfléchie Ehning figure parmi ces très rares cavaliers qui même dans un barrage donne le sentiment d’arrêter le temps.

Etonnant cavalier. Maladivement timide, incroyablement nerveux comme en témoignent les cigarettes vites fumées et les tics qui animent parfois son visage et pourtant, un sang-froid extraordinaire. Des mains larges de paysans et des traits rudes et malgré tout une remarquable finesse jusqu’au bout des doigts et dans sa relation avec sa monture. Oui, Marcus Ehning est un mystère et cela contribue un peu plus à sa légende.

L’homme est tellement (sur)doué qu’on pourrait penser que c’est une machine à gagner. Là encore, c’est contre-intuitif. Le Maître n’est pas du genre à dévisser une tête pour une plaque. Etrangement il n’est pas non plus des mieux équipés. Prêt à Tout ne figure pas parmi les chevaux star du circuit. Il fait son job, dans une confiance totale avec son cavalier. Même chose d’ailleurs pour Luciana Diniz et sa jument Fit For Fun. La Portugaise doit se contenter de la deuxième place. La troisième marche du podium revient à un autre couple fusionnel, le Brésilien Pedro Veniss et son étalon Quabri de l’Isle.  Trois pilotes d’exception qui viennent prouver que le jumping ce n’est pas de la Formule 1 où il faut avoir la plus grosse cylindrée même sur des parcours caricaturaux, à l’Allemande, dans leur construction. C’est avant tout le sentiment et la confiance qui comptent. Et c’est tout l’intérêt de ce sport.

Le classement complet, ici.

Alexis Deroubaix s’impose dans le Grand Prix 4* de la Corogne

CSI 4 Casas Novas 2018

Alexis Deroubaix et Timon d’Aure en route vers la victoire. Crédit Oxersport.

Alexis Deroubaix, figure montante de l’équitation Française, s’est imposé dans le Grand Prix du CSI 4* de la Corogne (Espagne). Le Nordiste installé désormais en Normandie remporte la victoire avec son cheval de tête Timon d’Aure, propriété d’André Chenu. Le cavalier Tricolore devance l’Espagnol Mikel Aizpurua Quiroga (Cartanya) et la Suédoise Hannah Akerblom (Chodec).

Le classement complet, ici.

CSI 4* La Corogne : Guillaume Foutrier remporte le Trophée Longines

CSI 4 Casas Novas 2018

Guillaume Foutrier et Tchin de la Tour à la remise des prix. Crédit : Oxersport.com

Journée faste pour les Tricolores à Casas Novas (Espagne). Le Trophée Longines (1,50m), dernière épreuve du samedi a été remporté par Guillaume Foutrier associé à Tchin de la Tour. Un Nordiste pouvant en cacher un autre, Alexis Deroubaix prend la deuxième place avec Timon d’Aure devant Eric van der Vleuten (Zigali PS). Alexandra Paillot et Lumina doivent se contenter de la 5ème place suivies de près par Julien Anquetin (Alonso N), 7ème.

Le classement intégral, ici.

 

 

Démonstration de Rêveur de Hurtebise à Aix-la-Chapelle

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Rêveur de Hurtebise et Kevin Staut, couple magique (archives).

Kevin Staut a raison. Rêveur de Hurtebise, son cheval de cœur, n’est vraiment pas un cheval comme les autres. Les bons soins et l’affection qui lui sont prodigués au Haras des Coudrettes n’y sont sans doute pas étrangers. Toujours est-il qu’à désormais 17 ans, ce fils de Kashmir Van’t Shuttershof a réalisé une véritable démonstration (vidéos) dans la grosse épreuve de la journée ( Prix de Rhénanie-du-Nord-Westphalie 1m55), ce vendredi, dans la mythique enceinte d’Aix-la-Chapelle. Double sans faute, il termine deuxième derrière Clinta, l’extraordinaire jument de McLain Ward. La prestation de Rêveur est d’autant plus remarquable qu’à aucun moment son cavalier n’a eu à le solliciter particulièrement ou à le porter comme on a pu le voir parfois par le passé. Bien au contraire, c’est un cheval volant, frais et avec de la marge, qui a bouclé ses deux tours avec une facilité déconcertante comme s’il prenait un véritable plaisir à enchaîner les obstacles sur cette grande piste en herbe. Superbe !

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Les contours de l’équipe de France peinent à se dessiner

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Philippe Guerdat

Difficile métier que celui de sélectionneur national. Rien n’est jamais acquis et une échéance succède toujours à une autre. L’objectif Tryon est aujourd’hui dans toutes les têtes. La France en sera mais, avec quels couples et dans quelle configuration ? Ce n’est pas la Coupe des nations d’Aix-la-Chapelle qui aidera le sélectionneur à avoir les idées plus claires. L’équipe de France composée de Kevin Staut (Silver Deux de Virton*HDC), Nicolas Delmotte (Ilex VP), Olivier Robert (Eros) et Mathieu Billot (Quel Filou 13) termine la compétition à la 7èmeplace (sur 8) avec un total de 21 points de pénalités. Pas de catastrophes mais l’écart avec l’équipe d’Allemagne victorieuse (seulement 4 points de pénalités) est parlant.

Si Kevin Staut confirme son rôle de pilier de l’équipe (4/0), Olivier Robert jusque-là maillon fort réalisent une contre-performance (8/12) embarrassante. On ne le sait trop, dans le sport, il ne suffit pas de figurer parmi les meilleurs mais d’être capable de répondre présent dans les grandes échéances. Trop de pression (première participation à Aix-la-Chapelle pour le cavalier Aquitain), manque de préparation physique du cheval à la peine sur les fins de tour ou mélange des deux ? A moins qu’Eros ne connaisse une baisse de forme passagère, toujours est-il que le capital du cavalier de Pompignac s’est érodé en terres allemandes. On se gardera bien toutefois de jeter le bébé avec l’eau du bain sur une seule prestation décevante.

Interrogations également sur Nicolas Delmotte et Ilex VP qui n’ont pas réussi à démontrer leur capacité à être des machines à sans faute, indispensables pour remporter un titre collectif. Ilex est-il le bon choix ? Urano de Cartigny par son explosivité et sa tonicité semble plus lourdement armé mais entre ce que l’on voit à pied et le ressenti du cavalier, on fera confiance à ce dernier pour déterminer lequel constitue le meilleur choix.

Mathieu Billot de son côté semble avoir trouvé avec Quel filou 13 un partenaire qualiteux même si ce dernier manque d’expérience à ce niveau de compétition.

Philippe Guerdat l’a confié au site Grand-Prix-Replay, les derniers essais se dérouleront à l’occasion du CSIO de Dublin. Le sélectionneur national alignera une équipe alternative dont le seul point commun sera Kevin Staut mais associé à For Joy. Le reste de la sélection devrait être composé d’Alexandra Paillot (Tonio la Goutelle), Alexandra Francart (Volnay du Boisdeville), Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), et Roger-Yves Bost si Sangria du Coty retrouve son meilleur état de forme. Autant dire que les jeux sont très ouverts dans la composition de la future délégation Française pour Tryon.

Le classement complet, ici.

Aix-la-Chapelle : Azur et McLain Ward font sensation

HH

HH Azur sous la selle de McLain Ward (archives)

Waouh. La prestation de McLain Ward et de HH Azur n’est pas passée inaperçue ce mercredi dans le prix Turkish Airlines, une épreuve à 1m55 qualificative pour le Grand Prix dominical. La jument, donnée comme l’une des meilleures au monde, a survolé l’épreuve avec une facilité déconcertante et trompeuse. Ils sont simplement 11 sur les 57 partants à sortir sans pénalités d’un parcours massif, délicat et long. Sans faute également au barrage, le couple doit se contenter de la deuxième place dans la même seconde qu’Henrick von Eckermann. Le Suédois remporte l’épreuve associé à Castello 194.

Le classement complet, ici.

Kent Farrington renonce aux Jeux Équestres Mondiaux de Tryon

gazelle

Gazelle et Kent Farrington

Sacré bonhomme que ce Kent Farrington. En février dernier l’Américain de 37 ans alors numéro 1 mondial se cassait la jambe. « Je reviendrai encore plus fort qu’avant » promettait le kid de Chicago, pouce levé sur son lit d’hôpital. Il a tenu parole. Trois mois après il était de retour sur les terrains de concours et dans les classements. Son talent et sa volonté en faisait un concurrent redouté, mieux un favori pour les Jeux Équestres Mondiaux qui se dérouleront en septembre, à la maison, aux États-Unis. C’était oublier que l’équitation est un sport de couple dans lequel les deux protagonistes doivent doivent être en forme au même moment. Or à Calgary (Canada) où il était en compétition, Kent Farrington a eu des déconvenues avec Gazelle sa jument de tête inscrite sur la liste des chevaux américains sélectionnés pour les JEM. Suffisamment pour qu’il se rabatte sur Jasper van ‘t Gestelhof comme cheval de tête. Conscient que Gazelle n’est pas à 100 % de ses moyens Kent Farrington a donc pris la décision de jeter l’éponge pour les JEM de Tryon. Un véritable coup de tonnerre. La délégation américaine conserve néanmoins ses chances avec des personnalités telles que Beezie Madden, McLain Ward ou Devin Ryan.

Sameh El Dahan, un Egyptien à Paris

The podium of the LGCT Grand Prix of Paris: 1st Sameh El Dahan (EGY), 2nd Bertram Allen (IRL) and 3rd Harrie Smolders (NED)

crédit : Stefano Grasso/LGCT

Pour ceux qui en doutaient encore, Paris est une ville cosmopolite et le Global Champions Tour un circuit ouvert aux riches cavaliers du monde entier. La victoire de l’Egyptien Sameh El Dahan (Suma’s Zorro) sur le Champs de Mars dans une épreuve des plus prestigieuses au monde, le Paris Eiffel, constitue une (bonne) surprise de taille. La mondialisation du jumping est une réalité, occultée par la domination européenne.

Même réduit à 35 participants, le Grand Prix de samedi soir, temps fort de quelques jours de très beau sport, offrait un plateau remarquable à l’image de l’organisation parfaite de cette édition 2018 du Paris Eiffel. On attendait Ben Maher. Très en forme, le Britannique a réalisé sous le ciel parisien son come-back sur le devant de la scène grâce à une monture à la hauteur de son talent. Le bien nommé Explosion W. On avait presque raison. Le sujet de sa gracieuse majesté a frisé l’exploit. Il se classe 4èmeà l’issue d’un double sans faute.

Sameh El Dahan on Suma's Zorro

Sameh El Dahan. Crédit : Stefano Grasso/LGCT

Un Français alors peut-être ?  C’est encore un peu tôt pour Pénélope Leprevost qui a signé sur Gain Line, ancienne monture de Simon Delestre, son grand retour en 5* après la fin de sa collaboration avec la famille Megret. 12 points. Pas une catastrophe mais, on ne revient pas comme ça dans le grand bain. La championne doit trouver ses marques. Déception également pour Kevin Staut et Lorenzo, contraints à l’abandon avec le sentiment étrange d’une certaine lassitude pour un formidable pilote qui a peut-être besoin d’une pause pour se régénérer. Simon Delestre et son formidable Ryan alors ? Une faute aura suffi à priver le couple de barrage. C’est finalement Philippe Rozier et Cristallo A qui auront sauvé l’honneur. Seuls représentants français au barrage leurs 12 points de pénalités les renvoient à la 11èmeplace du classement.

C’est de la jeunesse de Bertram Allen et de son inséparable Molly Malone que l’on pensait à tort un brin élimé qu’est venu le tempo. Jusqu’au dernier moment le jeune Irlandais pensait la victoire acquise mais la soif de victoire de Sameh El Dahan (33 ans) était plus forte. El Dahan premier, Allen deuxième, la troisième marche du podium est revenue à Harrie Smolders (Don VHP) qui confirme et conforte son statut de n°1mondial. « Avec mon chronomètre, c’était le classement le plus haut que je pouvais obtenir, donc je suis déjà très content» confiait à l’issue, le Néerlandais.

Le classement complet, ici.