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Ben Maher marque de son empreinte le WEF 2014

7I4A9851Avec 5 victoires en Grand Prix et près d’un million de dollars de gains sur le Winter Equestrian Festival (WEF), Ben Maher actuel n°2 mondial a signé au cours de son séjour aux USA une très grande performance sportive. Le patron à Wellington c’était bien lui-même si son insolente domination ne s’est pas confirmée dans le Grand Prix 5* de clôture où une faute avec Cella sur l’avant dernier obstacle l’aura privé d’entrer dans la légende de l’équitation.

Tout a une fin même le Winter Equestrian Festival. Le WEF, c’est vraiment unique au monde : douze semaines de compétition à Wellington (comté de Palm Beach) en Floride dont un Grand Prix Coupe du monde, un Grand Prix 4* et en bouquet final, un Grand Prix 5* doté de 500 000$.

Programmée le samedi en soirée, l’épreuve a dû être reportée au dimanche en début d’après-midi en raison des très mauvaises conditions météorologiques dont le climat de Floride a parfois le secret.

Cet imprévu a contribué à faire monter un suspense déjà important en raison de la qualité des 39 cavaliers engagés dont l’élite de l’équitation américaine (Audrey Coulter, Jessica Springsteen, Beezie Madden, Laura Kraut, Kent Farrington …), l’équipe canadienne au grand complet (Éric Lamaze, Tiffany Foster, Ian Millar, Ben Asselin et Yann Candele), les redoutables sud-américains Rodrigo Pessoa et Alvaro de Miranda, sans oublier les fines cravaches européenne (Scott Brash n°1 mondial, Ben Maher n°2 mondial, Daniel Deusser, Meredith Michaels-Beerbaum).

Tous les regards étaient tournés vers Ben Maher qui avait l’avantage de partir en 33ème position mais une simple barre a écarté le favori d’un barrage restreint à 7 participants dont, bonne surprise, une Française, Marie Hécart sur Myself de Brève malheureusement pénalisée par la suite de 2 barres qui la relègueront à la 7ème place.

Au final la logique du classement mondial aura été respectée. Scott Brash (Hellos Sanctos) remporte le GP devant Richie Moloney et Jessica Sprinsteen. (Tout le classement ici). Ce qui faisait dire à Mark Bellissimo sur le ton de la plaisanterie « qu’en raison de Scott et de Ben, il n’y a plus qu’à rebaptiser le WEF en British Equestrian Festival (BEF) »

 

De Paris à Doha : à la fin c’est toujours un Allemand qui gagne

Bordeaux W 293Le programme de la FEI était particulièrement chargé ce week-end. Le chic à la française contre le choc des pétrodollars mais aussi, un énième Grand Prix à Wellington en Floride. La fine fleur du jumping avait l’embarras du choix pour cette date du calendrier.

Cette concurrence aura privé le public parisien d’un plateau exceptionnel. Et c’est dommage. Parce qu’Hermès avait mis les petits plats dans les grands. Mais pas assez. Même si le Grand Palais a confirmé qu’il est un extraordinaire écrin pour les sports équestres, l’appel des dotations a été le plus fort pour une bonne part de l’élite des cavaliers mondiaux qui a fait le choix de la modernité et de la dotation Qatarie. Quand le Grand Prix parisien de ce dimanche était doté de 400.000 euros, Doha en mettait  650.000 sur la table pour son épreuve-phare. Cette course folle aux dotations n’est pas sans rappeler le football, discipline dans laquelle les hommes des sables ont également un chéquier d’avance.

C’est ainsi, au jeu du plus riche, on trouve parfois plus fort que soi. La leçon devra être méditée pour les organisateurs français un peu trop sûrs parfois de leur fait. Le plateau de l’édition 2014 du Saut Hermès aura été objectivement un cran en dessous de 2013.

Des américains absents (à l’exception notable de Reed Kessler), Steve Guerdat et Ludger Beerbaum partis cette année dans le Golfe et un Ben Maher demeuré une semaine de plus aux USA… ça fait un trou parmi les stars.

Fait rarissime tous ces cavaliers ont fait un choix qui s’est révélé pertinent.  Steve Guerdat a remporté deux épreuves à Doha où c’est Ludger Berbaum qui fait main basse sur le Grand Prix et l’énorme cagnotte (214 500 €). Ben Maher  de son côté s’adjuge le GP CSI3* de Wellington. Reed Kessler n’aura pas fait non plus le déplacement pour rien dans la capitale Française puisqu’elle se classe 5ème du Saut Hermès. Un GP dont le vainqueur n’est autre que l’Allemand du moment : Marcus Ehning qui semble enfin avoir trouvé avec Cornado une arme de guerre à la mesure de son génie.

Ne manquent dans ce tableau d’honneur aux allures d’école des fans que les Français. Ils sont bien là. A Bordeaux Marcus avait devancé de 2 centièmes Bosty, à Paris il refait le coup (cf vidéo) pour 3 centièmes à un Patrice Delaveau (Lacrimoso) pas du tout rancunier. Kevin Staut et Rêveur de Hurtebise, pénalisés d’une faute, terminent sixième. Roger-Yves Bost absent du GP aura néanmoins réjoui son public en remportant le matin le prix de la ville de Paris alors que dans l’épreuve mixte du samedi, c’est le couple franco-allemand Leprevost-Kutcher qui s’est imposé.

Heureux comme Dieu en France, Marcus Ehning  s’est montré taquin en déclarant après sa victoire « Je suis désolé si quelques bons cavaliers ont choisi d’aller à Doha ce week-end, c’est de ma faute : c’est parce qu’ils savaient que je venais ici et qu’ils n’avaient aucune chance. »  Désormais sur une trajectoire ascendante, il sera l’homme à surveiller lors de la finale Coupe du Monde à Lyon en avril. Il est à parier que, piqués au vif, ses petits camarades  lui donneront bien du fil à retordre. Du beau sport en perspective.

Photo : Marcus Ehning et Cornado au Jumping de Bordeaux 2014

A Wellington, la victoire du « Lamaze spirit »

Barcelone2 042Esquissé à Barcelone avec un magnifique sans faute sur Powerplay , Eric Lamaze a confirmé ce week-end dans la Coupe de Nations de Wellington son vrai et grand retour sur la scène équestre internationale. Un bonheur.

En novembre 2011, alors qu’il est le numéro 1 du classement mondial FEI, son cheval de tête, Hickstead, meurt d’une rupture de l’aorte à l’issue de son parcours à Vérone en Italie. Le choc est immense. Pour le canadien qui formait un couple mythique et fusionnel avec le cheval mais au-delà, pour de nombreux passionnés d’équitation. Le buzz est immédiat sur les réseaux sociaux mondiaux où les messages de sympathie se multiplient (la vidéo du drame sera vue plus d’un million de fois sur Internet). Les cavaliers présents à Vérone, une première, choisissent de cesser la compétition et de  respecter une minute de silence.

Quatre jours après la mort de son cheval, Éric Lamaze, c’est aussi unique dans les annales de l’équitation, tient une conférence de presse à Toronto, retransmise en direct par la télévision canadienne, dans laquelle il déclare : « On choisit ce sport parce qu’on l’aime, mais on le choisit aussi parce qu’on aime les animaux. Quand ils meurent ce n’est pas comme briser un bâton de hockey ou une raquette de tennis. Il a changé ma carrière et il représentait tout pour moi. Beaucoup de gens disent que quand tu as un rapport très fort avec un cheval, tu deviens un peu comme lui ou que le cheval devient un peu comme toi. On avait un peu la même personnalité. On était deux gagnants, on avait la même énergie, qui se transformait en choses incroyables. En tout cas maintenant si on me demande pourquoi je l’aimais je répondrais tout simplement : Parce que c’était lui, parce que c’était moi, parce que c’était nous. »

Très affecté, démotivé, Éric Lamaze songe à se retirer définitivement de la compétition. Il s’en éloignera seulement, le virus du cheval étant le plus fort. Le grand public le redécouvre à Barcelone pour la finale de Coupe des Nations en septembre 2013 où il signe dans la grande finale un magnifique sans faute sur Powerplay salué par une ovation remarquée du public. Quelques mois plus tard au CSI de Genève, la petite flamme semble bien s’être rallumée dans les yeux du compétiteur.

A Wellington, une nouvelle fois en Coupe des Nations  le très attachant canadien signe encore un sans faute, toujours sur Powerplay, qui ouvre la voie du succès à son équipe. Au-delà de la victoire elle-même, beaucoup d’observateurs sont frappés, par l’atmosphère si  particulière qui flotte autour des cavaliers canadiens. Un mélange de décontraction, de bonne humeur, de sympathique camaraderie tout autant que d’une détermination  à gagner. Plus qu’un fighting spirit, un Lamaze spirit. Du sport comme on l’aime.

Photo : Eric Lamaze et Powerplay – Barcelone 2013-

Dans la famille Coulter, Audrey se fait un prénom

ACOn connaissait déjà Saer Coulter, brillante cavalière de la très attendue jeune garde américaine. Il faudra désormais surveiller de très près sa sœur cadette de 18 mois. A 21ans, Audrey Coulter a remporté dimanche 23 février le GP de Palm Beach (CSI4*) devant Scott Brash et Ben Maher.

La jeune Américaine, en selle sur Acorte, une jument de 11 ans, a tenu tête aux deux Britanniques pour finalement l’emporter en barrage grâce à un chrono de 40’51 ». Brash et Maher, qui suivent respectivement sur Ursula XII et Cella, concluent leur parcours au-delà des 41 secondes. Sportif, l’écossais s’est montré très élogieux sur la performance d’Audrey, saluant un parcours « très, très rapide » et « un tour parfait ». A noter que le tracé avait été confié à l’ancien cavalier international français, Frédéric Cottier.

Audrey et Saer Coulter partagent avec les homologues de leur âge de la nouvelle vague US le fait de bénéficier de parents très fortunés. James Coulter est un grand financier milliardaire, créateur de Texas Pacific group. Les sœurs Coulter s’entraînent  en Allemagne avec Markus et Meredith Beerbaum, leurs chevaux faisant régulièrement le voyage entre les écuries Beerbaum et celles de la famille – Copernicus Stables –  basées à Petaluma en Californie.