Bordeaux : le Guerdat nouveau est arrivé

Adl2 Steve Guerdat et Victorio des Frotards

Bousculé en fin d’année dernière, détrôné par son compatriote Martin Fuchs, Steve Guerdat a réagi comme on l’attendait. Piqué au vif, stimulé par la concurrence, il a placé la barre plus haut. Beaucoup plus haut. Vainqueur à Bâle, il récidive ce week-end à Bordeaux. Pour la première fois de sa carrière, il remporte l’étape Aquitaine avec qui plus est une nouvelle monture aussi délicate que qualiteuse, Victorio des Frotards, un hongre de onze ans né près d’Angoulême. Nouvelle année, nouvelle dynamique, nouveau cheval. 2020 commence de la plus belle des façons pour Steve Guerdat qui a les Jeux Olympiques de Tokyo dans le viseur. Comme un certain Bosty, 5ème de l’épreuve associé à une Sangria du Coty en grande forme, qui a poussé ses pions en vue de la sélection tricolore.

Bordeaux sera toujours Bordeaux avec ce petit goût si particulier de sel marin et de terres de grands crus. Dans la capitale de la nouvelle Aquitaine, on aime les produits locaux. Pas de chef de piste étranger. C’est Jean-François Morand qui est au crayon. Bon choix. L’homme de l’art a été inspiré signant un parcours « à la française » en finesse et délicatesse. La recette a bien fonctionné. Seuls neuf barragistes ont réussi à sortir sans pénalité d’un tracé qui a certes suscité des fautes mais sans jamais piéger ou mettre dans le rouge les chevaux. Neuf barragistes dont quelques fines cravaches habitués à galoper plus vite que l’éclair.

Logiquement c’est à un train d’enfer que les choses se sont jouées. Bosty lui-même le reconnaissait en conférence de presse en évoquant sa jument : « Il y avait beaucoup de virages, je ne pouvais pas aller beaucoup plus vite avec elle et finalement, je suis à ma place ce soir». Le Francilien a tout donné, a fait au plus rapide mais doit se contenter de la 5ème place. Avec intelligence et de sa voix douce et feutrée il a fait passer son message : « Il y a quatre ans, elle a failli se rendre à Rio. Depuis elle a pris de l’expérience et elle est en forme en ce moment, je n’ai plus qu’à la protéger et à choisir le bon programme. » Comme on dit, à bon entendeur …

Devant, les trois premiers ont pris tous les risques. La victoire est revenue à celle qui en avait le plus envie et à ce jeu-là Steve Guerdat avait un appétit d’ogre. Daniel Deusser associé  à Jasmien v. Bisschop doit se contenter de la seconde place et Niels Bruynseels sur Ilusionata van’t Meulenhof de la troisième. Trois chevaux avec beaucoup de tempérament. A ce niveau, le pilotage est devenu des plus délicats. Loin des anciennes montures pleine de force et un peu lentes les gagnants de cette nouvelle décennie sont dominés par le sang. Pour le plus grand bonheur des spectateurs, sans doute un peu moins des grooms et des soigneurs.

Restent l’émotion et la sincérité de Steve Guerdat, heureux naturellement de sa victoire, mais surtout d’avoir trouvé les clés de Victorio. « À un moment, j’ai commencé à douter, j’étais vraiment déçu de ne pas arriver à le comprendre, puis nous avons eu un déclic en remportant notre premier Grand Prix à Bâle ». Depuis la connexion semble établie. Le courant passe, la complicité est installée. Cheval peut-être encore plus hors-normes que Bianca, Victorio a tout désormais pour rentrer au panthéon des grands compétiteurs. Cette histoire qui débute s’annonce passionnante.

Le classement intégral, ici.

Publié le 9 février 2020, dans Actualités, Coupe du Monde, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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