Jeux Olympiques

Olivier Perreau : « Oui, j’espérais cette sélection »

Olivier Perreau ou la force tranquille . © Henry Moreigne.

La Fédération Française d’Équitation a dévoilé samedi 6 juillet en début d’après midi la très attendue liste des sélectionnés pour les Jeux Olympiques de Versailles. Parmi eux, Olivier Perreau sera à la fois le benjamin (38 ans) et le moins expérimenté puisqu’il disputera ses premiers JO avec GL Events Dorai d’Aiguilly. Nous sommes allés à sa rencontre dès le lendemain à Vichy, à 80 km de ses écuries, qui accueillait son traditionnel CSI** pour recueillir son sentiment sur cette grande nouvelle. 

Olivier Perreau, vous avez appris hier samedi votre sélection pour les Jeux Olympiques. Est-ce que vous vous y attendiez ?

« Oui, je l’espérais. Ma jument est une super jument. Elle a fait une super saison l’année dernière. Elle a fait aussi une bonne saison cette année. Elle est régulière. Donc, oui, j’espérais cette sélection ».

Comment l’avez-vous ressentie ?

« Je suis très satisfait, c’est sûr. Après, c’est un objectif qu’on a depuis octobre de l’année dernière après les championnats d’Europe de Milan et la finale de la Coupe des nations de Barcelone avec le choix que nous avons fait de conserver la jument ».

C’est donc un objectif qui est arrivé relativement tard. Il y a 4 ans, vous ne pensiez pas du tout être cavalier olympique sous les couleurs françaises à Versailles ?

« Non, ça, c’est sûr ! Même, il y a 12 mois en arrière. L’année dernière, mon objectif était d’aller aux championnats d’Europe. Le choix après Milan et Barcelone était de savoir si on vendait la jument ou si on la gardait dans l’objectif des Jeux. Donc, je suis satisfait de ce dernier choix. »

La sélection, c’est la sélection d’un couple. Est-ce que Dorai est le cheval de votre vie ou au moins de votre première partie de carrière ?

« Dorai est une jument très fiable. Je ne sais pas si c’est la jument de ma vie, mais c’est celle qui me permet d’être sélectionné pour les premiers JO de ma vie. Elle a tout de suite été très bonne. Elle a été longue à venir, mais elle a tout de suite été une crack. Elle a des moyens hors normes, une tête formidable, un respect et une générosité incroyables. Je suis bien dessus, je suis rassuré et je me fais plaisir avec ».

Versailles, on y sera maintenant très vite. D’ici là comment ça va se passer ? Un moment de cohésion est-il prévu pour souder le groupe ?

« La semaine prochaine, je serai à La Corogne pour mon dernier concours avant Versailles. Ensuite je vais accompagner mon fils Louis à Kronenberg (ndlr : pour les championnats d’Europe Jeunes de saut d’obstacles), car il est dans l’équipe de France Children. Ça aussi, c’est super ! Ensuite, on va se regrouper et direction Versailles.

Une des difficultés, c’est d’amener le cheval à son pic de forme le jour «J». Avez-vous mis en place un programme spécifique pour cela ?

« Oui. Dès le lendemain de Barcelone, on a mis un programme en place. On a laissé du repos à Dorai. Elle a eu 3 mois sans compétition, mais elle a continué à travailler, ce qui a permis d’améliorer sa condition physique. On a fait une saison, mais je ne pense pas lui avoir mis une seule fois la pression. C’était long jusqu’à cette sélection, donc je voulais rester calme. On a suivi un programme qui, je pense, était bon. Maintenant, on va dérouler pour être au top de la forme. »

L’un de vos plus grands atouts, en dehors de la qualité de votre équitation, c’est cette capacité à rester froid. Est-ce que le fait d’aller aux Jeux ça vous met une pression supplémentaire ?

« À vrai dire, je ne m’en rends pas vraiment compte. J’ai fait les championnats d’Europe l’an dernier. Ça change, ça met un peu de piment, c’est sympa. Je prends ça bien. Je veux profiter et donner le maximum. Je sais que j’ai une super jument et je suis motivé à 200 %. »

Les résultats sportifs dépendent aussi parfois de la chance. Est-ce que vous faites partie des athlètes qui ont un rituel ou un gri-gri ? 

« J’aime bien être assez tranquille avant mon épreuve. Je m’isole un petit peu, je ne reste pas trop à côté du terrain. C’est plus la tranquillité que je recherche ».

Une sélection pour les JO, c’est un cavalier, un cheval et aussi un sponsor. GL Events vous accompagne et a misé sur vous à bon escient. Comment se déroule ce partenariat ?

« En 2019, quand j’ai commencé le haut-niveau avec Vénizia et Dolce, Sylvie Robert que je connaissais bien et qui aide les cavaliers de la région, m’avait gentiment proposé de venir au Saut Hermès. J’avais été déconseillé à l’époque par l’entraîneur national d’y aller, car il pensait que je n’avais pas ma place. Elle m’a poussé pour venir en me disant que quoi qu’il arrive, elle ne donnerait la place à personne d’autre. Alors, je me suis dit, si je ne prends la place de personne d’autre, j’y vais. Grâce à elle, on a gagné le samedi le Saut Hermès et ensuite, Vénizia a fait une saison incroyable. De là, Sylvie Robert et GL Events m’ont proposé un partenariat pour me soutenir dans le haut niveau. C’est super. Je les en remercie énormément. Ce sont des personnes qui m’ont permis d’accéder à certains concours, qui m’ont poussé dans le bon sens, qui m’ont soutenu. Je suis content de continuer avec eux. C’est une super équipe. Je leur suis très reconnaissant. »

Un petit mot sur le Jumping de Vichy où nous nous trouvons. Vous êtes venu en voisin, avec quelles ambitions ?

« Le concours de Vichy est un top concours. C’est un site vraiment bien. Je viens ici depuis que je suis tout petit. C’est ma région. Dans le Grand Prix, je vais monter un cheval de 5 ans qui fera son premier GP. C’est un cheval qui est dans mon écurie depuis un mois et demi, deux mois. Bien sûr, je vais essayer de gagner. Quand j’engage en GP, j’essaye toujours de faire le maximum !

Propos recueillis par Henry Moreigne.

Olivier Perreau lors du Jumping de Vichy, associé à Frisky de la fontaine. © Henry Moreigne

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