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Climat délétère et soupçons d’irrégularités pour l’élection à la présidence de la FEI

FEI Clean Sport Logo Concepts 14th September 2009Rififi à la FEI. La température vient de monter très fortement d’un seul coup dans le processus électoral engagé par la FEI qui doit se traduire par l’élection d’un nouveau président le 14 décembre à Bakou, en Azerbaïdjan. Javier Revuelta del Peral, président de la Fédération royale hippique espagnole (RFHE), s’etait porté candidat pour succéder à la princesse Haya de Jordanie à la présidence de la Fédération équestre internationale (FEI). Dans un courrier en date du 12 novembre adressé à la FEI et aux présidents de fédérations nationales, l’espagnol annonce le retrait de sa candidature et explique pourquoi.

Comme Pierre Genecand avant lui, Javier Revuelta dénonce un processus électoral entaché de graves irrégularités. Notamment le fait que l’actuel secrétaire général de la FEI, Ingmar De Vos, malgré son statut de candidat, reste salarié de la FEI pendant la période électorale ce qui lui assure un avantage déterminant à travers les contacts et les fichiers auxquels il peut accéder à travers son poste.

Élue en 2006, la princesse Haya de Jordanie avait annoncé en août dernier son intention de renoncer à un troisième mandat. Les candidats à sa succession, qui avaient jusqu’au 1er septembre pour se faire connaître, sont tous européens. Le Suisse Pierre Genecand et le Français Pierre Durand sont les premiers à s’être déclarés. Ils ont été suivis par l’Espagnol Javier Revuelta del Peral, par le Danois Ulf Helgstrand, par le Britannique John McEwen et enfin par le Belge Ingmar De Vos.

Lors de l’Assemblée générale de l’EEF (European Equestrian Federation) à Lisbonne fin octobre à Lisbonne, les six candidats à la Présidence de la FEI ont été auditionnés par cette structure qui regroupe les fédérations équestres nationales des pays européens. Hormis le candidat belge, chacun des cinq autres candidats s’est positionné en faveur d’une séparation des fonctions de Secrétaire Général et de candidat. Les candidats suisse et espagnol ont dénoncé avec force cette situation. Pierre Genecand a d’ailleurs distribué une étude juridique exprimant un avis contraire à celui émis par le cabinet suisse sollicité par la FEI. Il a tenu à indiquer qu’il se réservait la faculté d’exercer un recours en annulation en cas d’élection d’Ingmar De Vos.

Pour Javier Revuelta, comme pour Pierre Genecand, il y a de fait une atteinte évidente au principe d’équité de traitement qui devrait être réservé à l’ensemble des candidats. Le président de la fédération équestre espagnol va plus loin en mettant en cause l’impartialité de comité indépendant mis en place par le bureau de la FEI destiné officiellement à préserver l’intégrité du processus d’élection et à éviter les conflits d’intérêt arguant du fait que l’un de ses membres, la présidente de la FEI, est à l’origine de l’embauche au poste de secrétaire général de la FEI de l’un des candidats à la présidence (Ingmar De Vos).

En filigrane plus ou moins estompé, Pierre Genecand et Javier Revuelta considèrent qu’Ingmar DeVos est le candidat de la princesse Haya et des intérêts qu’elle représente. Mais, ce qui a incontestablement mis le feu aux poudres, c’est la manœuvre engagée par De Vos pour que le futur président, fonction jusqu’alors exercée à titre gracieux, perçoive désormais un salaire.

Pour tenter d’arriver à ses fins, De Vos propose, s’il est élu, de démissionner immédiatement de son poste de secrétaire général afin de permettre à la Princesse Haya de convoquer une Assemblée Générale Extraordinaire qui avaliserait une modification des statuts permettant au nouveau président d’être rémunéré.

Javier Revuelta fonde son opposition à cette modification sur le fait que celle-ci, loin d’être anodine, n’a pas fait l’objet d’une étude approfondie permettant de juger de son bienfondé et de ses conséquences pour la FEI.

« Je ne peux pas aller contre mes principes, et être complice d’un processus que je crois vicié, et qui ne répond pas aux principes démocratiques minimaux d’indépendance, de transparence et d’égalité des chances entre tous les candidats« , écrit le Président de la Fédération Espagnol dans sa lettre.

Premier à réagir Pierre Genecand regrette très fortement le retrait d’un candidat de grande qualité. Une « honte » pour la FEI estime-t-il avant de déclarer « Il est décevant de constater que la campagne a pris un ton tout à fait délétère et donne une très mauvaise image de la FEI pour les médias, les cavaliers, le public et le CIO« .

Pierre Genecand : « j’irai jusqu’au bout »

Pierre Genecand

Pierre Genecand

Finalement, ils seront six à briguer les suffrages des fédérations nationales pour l’élection à la présidence de la FEI. Que des européens  présentés par leur fédération respectives : Pierre Genecand (SUI), Ulf Helgstrand (DEN), John McEwen (GBR), Javier Revuelta del Peral (ESP), Pierre Durand (FRA) et Ingmar De Vos (BEL). Longtemps seul candidat face à la princesse Haya, Pierre Genecand est aujourd’hui en concurrence avec cinq autres candidats qui se sont engouffrés dans l’appel d’air suscité par le revirement surprise de la présidente sortante qui finalement ne briguera pas de  troisième mandat. Pas de quoi émouvoir le candidat Suisse qui pointe le manque d’équité lié au fait qu’Ingmar De Vos, par sa fonction de secrétaire général de la FEI, dispose de tous les fichiers et donc de toutes les cartes en mains pour remporter l’élection.

Pierre Genecand est un Suisse comme on les aime : calme, droit, déterminé. Des qualités qui font peur à certains. Car le Genevois entend bien remettre de l’ordre au sein de la FEI tant, dans les finances que dans la multiplication des circuits privés surdotés qui rognent les ailes des prérogatives de la FEI.

Pierre Genecand a le calme des vieilles troupes. Il sait juger les forces et les faiblesses de ses adversaires. Conscient de constituer « une menace » pour quelques intérêts particuliers, il sait que le combat sera rude et que ses chances de succès sont minces.

Largement favori car porté en sous –main par la présidente sortante, Ingmar De Vos incarne la continuité pour la FEI, là où Pierre Genecand se propose à l’inverse de dépoussiérer la vielle maison.

La bataille sera rude. Reste la question posée par le Genevois : peut-on être candidat à la présidence de la FEI en étant dans le même temps un rouage essentiel de la FEI ? Dans l’esprit d’équité inhérent au sport, il serait logique du’Ingmar Devos démissionne de ses fonctions jusqu’à l’élection. A moins tout simplement que la situation du candidat belge soit une promesse pour l’avenir : ne rien changer aux conflits d’intérêt qui rongent la FEI et que Pierre Genecand dénonce ?

FEI : Durand vs Genecand, la bataille des Pierre est lancée

pierre durand

Pierre Durand

On sentait bien que depuis quelques mois Pierre Durand avait des fourmis dans les pieds. Le champion olympique qui fêtera ses 60 ans en février prochain n’est pas du genre à garder les pieds dans le même sabot. A nouvelle décennie, nouvelle vie. Sportif comblé, l’ancien président de la Fédération Française d’Equitation (1993-1998) est aujourd’hui partant déclaré pour prendre les rênes de la Fédération Equestre Internationale. Mais le chemin est semé d’obstacles. A commencer par une autre candidature, celle du financier Suisse Pierre Genecand. Au moment où les sports équestres connaissent une crise de croissance – liée à leur mondialisation – qui se traduit par une crise de ses valeurs, la confrontation s’annonce passionnante même si elle devait être troublée par d’autres candidats poussés par les pays anglo-saxons.

Pierre Genecand recent 2014 in Wellington

Pierre Genecand

Attention à ne pas sombrer dans un manichéisme facile. Il n’y a pas d’un côté le sympathique cavalier de Jappeloup et de l’autre, le méchant financier qui va renforcer l’emprise de l’argent sur les sports équestres. Mettre un gestionnaire accompli et un homme de réseaux à la tête de la FEI n’est pas une aberration si on veut éviter une marginalisation médiatique des sports équestres. Ancien cavalier lui-même et dirigeant pendant plus de 14 ans du CHIO de Genève, Pierre Genecand est un candidat sérieux, un négociateur respecté, du type même à rassurer les représentants des différentes fédérations nationales d’autant qu’il se présente comme un fervent défenseur de l’internationalisation des sports équestres. Surnommé « le Genevois de la pampa », il partage son temps entre la Suisse et l’Argentine où il élève 250 chevaux destinés au polo, ce qui lui permet de se présenter comme un candidat de l’Amérique latine.

Face à lui, Pierre Durand offre un profile radicalement différent. Il ne souffre pas, malgré sa réussite, de cette arrogance propre aux élites françaises qui hérisse le poil du reste de la planète. Le champion olympique figure dans le club très fermé de ces sportifs passés dans l’imaginaire collectif et qui ne souffre pas de l’érosion des mémoires liée au temps. « Pierre Durand » est un patronyme qui continue à susciter des attroupements et à ouvrir beaucoup de portes, même à l’international. Pourtant, ne nous y trompons pas. L’élection à la tête de la FEI ne relève d’un sondage de popularité. Les grands électeurs, même sensibles au charisme du champion français ne lui accorderont pas leur suffrage sur sa seule bonne tête. Les sports équestres sont aujourd’hui à la croisée des chemins, déchirés entre intérêts économiques, effacement des valeurs et dilution des traditions équestres. En CSO, discipline la plus bling-bling et à ce titre la plus malade, l’émergence et la prédominance du Global Champions Tour, un circuit privé, qui a totalement déclassé les Coupes des Nations doit par exemple interroger sur le poids de la FEI. L’endurance est peut être encore plus mal en point, rongée de toutes parts par des suspicions (fondées) de tricherie.

Il sera donc particulièrement important de suivre et de décrypter les programmes que présenteront les candidats à la succession de la princesse Haya de Jordanie.

 

FEI : Haya de Jordanie ne sera pas candidate pour un troisième mandat

Barcelone5 040

SAR Haya de Jordanie, présidente sortante de la FEI

Rebondissement dans le petit monde feutré de la Fédération Équestre Internationale. Dans un communiqué diffusé ce jour, la présidente en exercice, SAR Haya bint Al-Hussein, indique qu’elle ne briguera pas de troisième mandat. Une modification statutaire votée par l’Assemblée Générale Extraordinaire de la FEI le 29 avril dernier lui en offrait pourtant la possibilité. Ce revirement pourrait ouvrir un boulevard vers la présidence au Suisse Pierre Genecand, candidat déjà déclaré (cf notre article : Présidence de la FEI : le duel se confirme).

Officiellement, la princesse Haya évoque les contraintes familiales et son engagement humanitaire pour la cause Palestinienne pour justifier sa non candidature. En filigrane pourtant, les tensions qui entourent le dossier de l’endurance et le possible conflit d’intérêt lié aux activités de son époux le Cheikh Mohammed ben Rashid Al Maktoum, émir de Dubaï, propriétaire de la sulfureuse écurie Godolphin ont sans doute contribué à cette décision (cf notre article: Les sports équestres sous l’influence des pétrodollars).

Les élections pour la présidence de la FEI se dérouleront le 14 décembre 2014. Pierre Genecand a toutefois réagi dans l’après-midi au communiqué de la FEI par la diffusion, à son tour, d’un texte dans lequel il prend acte de la décision de la princesse Haya à laquelle il adresse ses félicitations pour «  l’énorme travail accompli au cours des 8 dernières années en tant que présidente de la FEI ».  

L’homme d’affaire Suisse réitère la promesse d’un engagement sans faille au service des sports équestres et précise qu’il sera présent aux JEM  pour rencontrer toutes les parties prenantes des sports équestres et s’entretenir avec les  représentants des Fédérations nationales. Son programme sera en partie dévoilé lors d’une réunion avec la presse équestre internationale le 31 Août au Stade d’Ornano de Caen.

maj à 22h00 le 12/08.

Présidence de la FEI : le duel se confirme

Pierre Genecand recent 2014 in WellingtonC’est un beau duel (sportif) qui se dessine pour les élections à la présidence de la FEI qui se dérouleront le 14 décembre prochain à Dubaï. Après avoir annoncé en septembre 2013 qu’elle ne briguerait pas de 3ème mandat, la présidente sortante, SAR la princesse Haya de Jordanie a créé la surprise le 29 avril à Lausanne en laissant voter par l’Assemblée Générale Extraordinaire de la FEI une modification statutaire qui lui permet de se représenter aux prochaines élections. Seul obstacle sur ce parcours apparemment bien balisé, Pierre Genecand un Suisse expérimenté et déterminé.

Pierre Genecand n’est pas du genre d’homme à se laisser impressionner par un vote aux allures de plébiscite : 100 pour sur 103 fédérations en faveur d’une modification statutaire autorisant trois mandats de rang contrairement à la limitation à deux, mise en place … par la princesse Haya en 2006.

Dans un courrier en date du 5 mai, le Suisse a tenu à confirmer le maintien de sa candidature déposée le 17 février auprès de la FEI.« La route est encore longue jusqu’aux élections. 2014 sera une année de grands événements équestres. Je poursuis avec enthousiasme ma campagne électorale à travers le monde à l’occasion de mes différents déplacements. Je suis totalement convaincu que je peux amener une nouvelle énergie à la FEI à différents points de vue tels que le sport, les problèmes commerciaux, la promotion médiatique et bien évidemment le bien-être des chevaux. »  écrit Pierre Genecand.

L’outsider estime que la FEI a accompli sous les huit années de présidence de la princesse Haya d’énormes progrès notamment, dans l’augmentation de ses revenus financiers liés aux droits de diffusion. Pour autant, le Suisse se présente comme le candidat qui permettra le maintien de la dynamique engagée, en grande partie grâce à ses activités professionnelles internationales qui lui confèrent une vision mondiale des sports équestres.

Homme d’affaires Pierre Genecand n’en est pas moins homme de cheval. Un virus contracté dès l’âge de 9 ans quand il a enfourché pour la première fois un équidé. Une maladie qui ne le quittera jamais et qui l’amènera à être président pendant 15 ans de 1989 à 2003 du CHI de Genève avant que la passion du polo ne prenne le dessus.

Crédit photo : DR