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La Baule à l’heure Sud-Américaine

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Crédit : PSV – Jean Morel

ttps://www.facebook.com/JumpingLaBaule/videos/1675079052539480/

Pour une fois, la consonance des prénoms des vainqueurs échappe aux habituelles sonorités germaniques, anglo-saxonnes ou françaises. Pedro, Yuri ou Felipe… il faudra peut-être s’y habituer mais le Brésil a fait souffler, c’est paradoxal, un vent de fraîcheur sur la Coupe des nations de La Baule. Au détriment d’une équipe de France dont l’accumulation des petites fautes a conduit à une grande déception (7ème sur 8). De quoi laisser groggy le pourtant solide Philippe Guerdat contraint de reconnaître à l’issue de la compétition l’acharnement du mauvais sort et éventuellement une erreur stratégique : avoir fait l’impasse sur l’étape de Samorin.

Honneur aux vainqueurs et au Brésil. Les cavaliers à la veste verte ont parfaitement saisi l’esprit et la clé d’un succès en Coupe des nations. Pour monter sur la première marche du podium, il faut impérativement un groupe soudé, une équipe unie et déterminée, plus que les autres, à l’emporter. Loin d’être une addition d’individualités, les Brésiliens ont joué collectif et ils ont gagné.

Le dénouement de la pièce de théâtre écrite de main de main de maître par Frédéric Cottier était loin d’être évident. Un scénario parfait, haletant, où il aura fallu attendre le passage du dernier cavalier pour connaître le nom de l’équipe victorieuse. Le succès appelant le succès, il faudra garder à l’œil cette équipe Brésilienne, remaniée en profondeur depuis Rio, pour les prochaines Coupes des Nations mais surtout, dans la perspective des Jeux Equestres Mondiaux de Tryon même si la route reste encore longue d’ici septembre.

« C’est difficile d’analyser à chaud » confiait à l’inverse le sélectionneur national des Bleus au micro de GrandPrix-Replay. Tout reste en effet à construire dans le camp français où l’équipe « new look » testée par Philippe Guerdat a laissé un peu sur sa faim, alternant le bien et le moins bien. Une chose est sûre, les lignes bougent vite. Victorieux à domicile l’an passé, les Tricolores sont passés à côté de l’édition 2018. Plus que dans tout autre sport, avec le jumping, rien n’est jamais acquis. Les succès d’hier ne sont pas les gages des victoires du lendemain. Tel Sisyphe, Philippe Guerdat privés des piliers de l’équipe de France médaillée d’or à Rio doit remettre l’ouvrage sur le métier.

Le classement, ici.

Coupe des Nations : la force orange a encore frappé

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Pas de pluie mais du beau linge. La Coupe des Nations du CSIO de La Baule s’est finalement courue dans de bonnes conditions avec un terrain à peine gras, sous un ciel gris mais sans précipitation. Côté force tranquille justement les cavaliers de la plate Hollande ont encore démontré toutes leurs qualités. L’équipe des Pays-Bas s’est imposée de belle façon devant celle des Etats-Unis d’Amérique et la France en troisième position. Une répétition grandeur nature à moins de trois mois des JO ? Assurément. A Rio, tout se jouera à un « chouilla » près et si Philippe Guerdat arrive à gommer les quelques aspérités encore existantes, nos Tricolores devraient se faire une place parmi les dieux de l’Olympe.

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Pénélope Leprevost (Flora de Mariposa) et Simon Delestre (Ryan des Hayettes) confirment leur place dans le classement mondial. Les deux alignent un double sans-faute.

Rendons à César ce qui revient à César. Honneur donc à l’équipe des Pays-Bas (Willem Greve, Wout-Jan Van Der Schans, Leopold Van Asten et Jur Vrieling) qui n’a rien lâché et qui a dominé totalement son sujet, terminant seulement avec un point de pénalité. Chapeau bas à son chef d’équipe Rob Ehrens qui multiplie les succès.

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Un métronome nommé Delestre

Côté Français on peut également être satisfait. Cinquièmes à l’issue de la première manche les Tricolores (Leprevost, Staut, Delestre et Bosty) finissent sur la troisième marche du podium, ce qui témoigne de leur force mentale à rectifier le tir. Donnés comme l’un des principaux adversaires de la France dans l’épreuve olympique par équipe, les Etats-Unis (Lauren Hough, Todd Minibus, Lucy Davis et Margie Engle) confirment tout le bien qu’on pense d’eux. Que le mois d’août s’annonce chaud et palpitant …

Tous les résultats ici.

Coupe des Nations : la France deuxième à Rotterdam

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Lacrimoso 3 HDC sous la selle de Patrice Delaveau (archives) . Cliquer pour agrandir.

C’est une belle deuxième place qu’arrache l’équipe de France de jumping à Rotterdam juste derrière les Britanniques mais devant la Suède. Face à un plateau relevé, les Bleus ont fait mieux que résister, ils ont démontré de la solidité. Ils inscrivent au compteur suffisamment de points pour assurer leur présence à la grande finale, en septembre, à Barcelone.

Plus que jamais, Patrice Delaveau, s’affirme comme le pilier de l’équipe. Le vice-champion du monde signe sur un fantastique Lacrimoso HDC un double sans faute placé sous le sceau de la maîtrise et de la sérénité. Piqué au vif par une faute dans la première manche sur le numéro 2, Aymeric de Ponnat réalise une deuxième manche parfaite avec un Armitages Boy jamais aussi bondissant que lorsque son cavalier le met sous pression. Appliqué mais un peu plus laborieux, Jérôme Hurel sur Quartz rouge a rempli son contrat mais démontré aussi ses limites dès lors que le chrono est un peu serré. Pénalisé d’un point de dépassement de temps en première manche, le couple réitère dans la deuxième et sort de piste avec 6 points (4+2).

Reste le cas Bosty ou plutôt, Pégase du Murier auteur comme à Saint Gall d’une forte désobéissance. Le cheval saute merveilleusement, Bosty l’adore mais, à 12 ans, l’étalon a conservé du caractère ou plutôt une forte susceptibilité. Sa progression est spectaculaire mais peut-être un peu trop rapide à ce niveau de la compétition. Il faut laisser du temps au temps, suffisamment pour que la magie du sorcier Bosty fasse effet sur les vieux démons qui hante la tête de Pégase. On ne devrait pas revoir le fils d’Adelfos en Coupe des Nations cette saison. A charge pour le cavalier de Barbizon de se retourner vers d’autres montures de son piquet.

Tout le classement de l’épreuve ici.

Victoire britannique historique à La Baule en Coupe des Nations

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Michael Whitaker et Cassionato. Oldies but goldies. Cliquer pour agrandir.

Le deuxième rendez-vous européen de la Coupe des nations, qui s’est déroulé à La Baule vendredi après-midi à tenu toutes ses promesses avec une deuxième manche pleine de suspense et de rebondissements. Les Français, dans leur jardin, manquent de peu d’inscrire une deuxième année consécutive leur nom au tableau d’honneur du stade François-André. La Grande Bretagne avec une équipe alliant intelligemment jeunesse et expérience empoche enfin, après des décennies d’attente, la Coupe des Nations de La Baule. Une victoire pour la beauté du sport uniquement car elle ne rapporte aucun point à l’équipe Britannique faute d’avoir été choisie par sa fédération comme étape qualificative pour Barcelone.

La parité n’avait pas sa place dans le duel franco-britannique, aucune des deux équipes ne comptant de participantes. A décharge pour la France, Pénélope Leprévost avait été contrainte de déclarer forfait en raison d’une blessure de Flora de Mariposa. Faute de cavalière, la Grande-Bretagne pouvait mettre en avant le fait que son nouveau sélectionneur national est désormais une femme en la personne de l’ancienne compétitrice Di Lampard.

L’équipe tricolore était donc composée de Nicolas Delmotte (Number One d’Iso*Un Prince), Simon Delestre (Ryan des Hayettes), Jérôme Hurel (Quartz Rouge), Kevin Staut (Rêveur de Hurtebise*HDC) et Philippe Rozier en réserviste. L’Union Jack pour sa part était défendu par le vétéran Mickael Whitaker, le benjamin Spencer Roe (22 ans), et les expérimentés Joe Clee et Guy Williams.

Leader au classement provisoire, la France a déjà quasiment son billet e poche pour la finale de Barcelone. Mais Philippe Guerdat ne s’en cache pas, son principal objectif ce sont les Jeux Olympiques de Rio en 2016. D’ici là, tous les rendez-vous intermédiaires seront l’occasion de tester les nombreux couples français potentiels.

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L’équipe Britannique victorieuse. De gauche à droite : Michael Whitaker, Spencer Roe, Di Lampard, Joe Clee et Guy Williams.

Le classement intégral ici.

A Wellington, la victoire du « Lamaze spirit »

Barcelone2 042Esquissé à Barcelone avec un magnifique sans faute sur Powerplay , Eric Lamaze a confirmé ce week-end dans la Coupe de Nations de Wellington son vrai et grand retour sur la scène équestre internationale. Un bonheur.

En novembre 2011, alors qu’il est le numéro 1 du classement mondial FEI, son cheval de tête, Hickstead, meurt d’une rupture de l’aorte à l’issue de son parcours à Vérone en Italie. Le choc est immense. Pour le canadien qui formait un couple mythique et fusionnel avec le cheval mais au-delà, pour de nombreux passionnés d’équitation. Le buzz est immédiat sur les réseaux sociaux mondiaux où les messages de sympathie se multiplient (la vidéo du drame sera vue plus d’un million de fois sur Internet). Les cavaliers présents à Vérone, une première, choisissent de cesser la compétition et de  respecter une minute de silence.

Quatre jours après la mort de son cheval, Éric Lamaze, c’est aussi unique dans les annales de l’équitation, tient une conférence de presse à Toronto, retransmise en direct par la télévision canadienne, dans laquelle il déclare : « On choisit ce sport parce qu’on l’aime, mais on le choisit aussi parce qu’on aime les animaux. Quand ils meurent ce n’est pas comme briser un bâton de hockey ou une raquette de tennis. Il a changé ma carrière et il représentait tout pour moi. Beaucoup de gens disent que quand tu as un rapport très fort avec un cheval, tu deviens un peu comme lui ou que le cheval devient un peu comme toi. On avait un peu la même personnalité. On était deux gagnants, on avait la même énergie, qui se transformait en choses incroyables. En tout cas maintenant si on me demande pourquoi je l’aimais je répondrais tout simplement : Parce que c’était lui, parce que c’était moi, parce que c’était nous. »

Très affecté, démotivé, Éric Lamaze songe à se retirer définitivement de la compétition. Il s’en éloignera seulement, le virus du cheval étant le plus fort. Le grand public le redécouvre à Barcelone pour la finale de Coupe des Nations en septembre 2013 où il signe dans la grande finale un magnifique sans faute sur Powerplay salué par une ovation remarquée du public. Quelques mois plus tard au CSI de Genève, la petite flamme semble bien s’être rallumée dans les yeux du compétiteur.

A Wellington, une nouvelle fois en Coupe des Nations  le très attachant canadien signe encore un sans faute, toujours sur Powerplay, qui ouvre la voie du succès à son équipe. Au-delà de la victoire elle-même, beaucoup d’observateurs sont frappés, par l’atmosphère si  particulière qui flotte autour des cavaliers canadiens. Un mélange de décontraction, de bonne humeur, de sympathique camaraderie tout autant que d’une détermination  à gagner. Plus qu’un fighting spirit, un Lamaze spirit. Du sport comme on l’aime.

Photo : Eric Lamaze et Powerplay – Barcelone 2013-

Le Canada remporte la Coupe des Nations de Wellington

BhmDHlWIMAEZ3rWLe Canada a remporté vendredi soir devant la Grande-Bretagne et les Etats-Unis l’étape de la Coupe des Nations FEI Furusiyya qui se courait à Wellington (Floride). Seules les deux premières nations du circuit Nord-américain seront qualifiées pour la grande finale de Barcelone, en octobre 2014.

La très belle équipe du pays à la feuille d’érable était composée dun savant mélange entre les très expérimentés Éric Lamaze (Powerplay), Yann Candele (Showgirl),  l’inoxydable Ian Millar de 67 ans (Dixson), et la fraicheur de la belle trentenaire, Tiffany Foster (Victor).

Il faudra surveiller de près cette équipe lors des Jeux équestres mondiaux. « Nous avons aujourd’hui quatre formidables cavaliers et quatre formidables chevaux qui ont tous fait un super job ce soir » commentait d’ailleurs Mark Laskin, le chef d’équipe alors qu’Éric Lamaze n’a même pas eu à repartir dans la seconde manche.

Éric Lamaze, un formidable chef d’orchestre totalement remotivé, ramené au plus haut niveau par le soutien inconditionnel de ses sponsors, Carlene et Andy Ziegler (Artisan Farms),  qui lui ont permis d’acquérir en 2013 de nouveaux chevaux (Quelmec et Power Play) ainsi que pour Tiffany Foster (Verdi). Éric Lamaze toujours à l’origine également de l’acquisition et de la mise à disposition de la fabuleuse Showgirl, jument de 14 ans,  à son compatriote et ami Yann Candele.

Le triple champion de saut d’obstacles du Canada Yann Candele lui renvoyait d’ailleurs l’ascenseur hier soir en déclarant « Nous étions déjà présents à Barcelone l’an dernier pour la finale, raconte-t-il. Éric a vu la jument et a contacté le propriétaire pour me l’a confié. Car Éric n’est pas seulement un cavalier individuel, il travaille pour toute l’équipe. Je pense que le succès d’aujourd’hui est avant tout celui d’Éric et de son esprit d’équipe. Et bien sûr de Tiffany et de Ian. On va maintenant essayer d’aller de plus en plus haut. »

L’objectif, ils ne s’en cachent pas, c’est aussi celui assigné par leurs investisseurs, est de réaliser une très belle performance en France en 2014 pour les JEM. Sur cette terre normande chargée d’histoire et de souvenirs pour de nombreux nord-américains … et sur laquelle un certain Yann Candele a vu le jour.

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