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Bonne retraite, Mylord Carthago*HN !

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Mylord sous la selle de Pénélope Leprevost- Global Champions Tour de Chantilly 2014 – Cliquer pour agrandir.

L’information ne laissera personne de marbre. Mylord Carthago*HN l’étalon gris de Pénélope Leprevost va gouter à une retraite sportive bien méritée pour se consacrer à sa carrière de reproducteur. Le bel étalon gris de 14 ans, cheval de cœur de la cavalière Normande, avait signé un retour émouvant à la compétition cette année à La Baule (cf vidéo).

Avec cet étalon SF qui a porté haut les couleurs de l’élevage Français (vice-champion d’Europe par équipe en 2011 et du monde toujours par équipe en 2010, vainqueur en Grand Prix 5* aux Gucci Paris Masters en 2011 et à Vienne en 2012 sous la selle de Pénélope Leprevost, ) c’est une page qui se tourne pour l’équitation Hexagonale marquée en cette fin d’année par la quasi-disparition des Haras Nationaux.

Ce fils de Carthago et de Fragance de Chalus, est né chez Paule et Jean-Louis Bourdy Dubois dans les écuries du Château de la Tour Vidal, à Saint-Myon (Puy-de-Dôme).  Son père, Carthago Z (Holst.) remporta de nombreuses victoires internationales avec Jos Lansink. Sa mère, Fragance de Chalus, est la fille de Jalisco B.

Un hommage sera rendu à Mylord lors de Gucci Maters de Paris. Nul doute que les mouchoirs seront de sortie.

Mylord Carthago confirme son retour au plus haut niveau

Une photo qui en dit long sur la fraîcheur retrouvée de Mylord Carthago

Mylord  Carthago avait signé son retour à la compétition lors du CSIO de La Baule, fin mai, où il avait remporté sous la selle de Pénélope Leprévost le petit Grand Prix du samedi à 1,50m. L’histoire était belle et avait ému bien au-delà du petit cercle de la cavalière et de son entourage. Restait à savoir si cette victoire constituait le chant du cygne d’un ancien grand cheval de 14 ans sur le déclin ou, s’il s’agissait là d’une première marche vers un retour au plus haut niveau.

Deux mois plus tard, le CSI 5* de Chantilly confirme que Mylord est bien sur une trajectoire ascendante. Engagé dans Grand Prix 1,60m, le beau gris a magnifiquement sauté. Sans faute sur la première manche, il n’est pénalisé que d’un petit 4 points dans la deuxième qui le prive de barrage mais qui lui ouvre les portes de la 13ème place du classement. Mylord is back, qu’on se le dise !

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La forte personnalité et l’attachement de Julie Martijn, la groom de Pénélope Leprévost, ne sont pas étrangers au retour inespéré de Mylord au top de la compétition

Côté tapis vert, les choses sont moins réjouissantes. Suite à la vague de réprobation qu’avait suscité l’annonce de la vente aux enchères des étalons de France Haras, dont Mylord Carthago et Padock du Plessis, on apprenait début juillet que le gouvernement faisait marche arrière optant désormais pour une location plutôt qu’une vente mais toujours après mise aux enchères. C’est certes moins pire mais, cette solution, si elle se confirmait, serait loin d’être satisfaisante.

Philippe Martin, le président de la fédération nationale des associations d’éleveurs de chevaux de sport très mobilisé sur le dossier, n’hésite pas à parler d’un « scandale d’État ». Et il a raison tant la légèreté avec laquelle a été traité le dossier jusqu’à présent saute aux yeux. A titre d’illustration Pénélope Leprévost avouait dernièrement au micro de France 3 Normandie avoir été informée de la vente aux enchères … par les réseaux sociaux. Moins tendre, dans le même reportage, Michel Robert confiait avoir le sentiment que, « ça ne peut pas se passer comme ça », « je crois à la belle étoile, toujours » avant de décrocher les quelques mots qui résument tout : « j’espère qu’on n’est pas descendu aussi bas aujourd’hui en France ».

Quel contraste en effet entre le décor grandiose de Chantilly, l’organisation impeccable de ce CSI étape du LGCT d’une part qui renforcent  l’image de l’équitation française dans le monde et, d’autre part, la grisaille de pseudo mesures d’économies prises sur un coin de bureau qui visent à passer par pertes et, profit des chevaux qui ont porté haut les couleurs de la France. La bonne étoile évoquée par Michel Robert, beaucoup d’amoureux de l’équitation veulent aujourd’hui encore y croire.  A cet égard, les belles prestations de Mylord et Padock (6ème du GP) constituent un  pied de nez aux tristes liquidateurs de France Haras et peut être, à leur funeste projet.

vidéo : reportage d’Equidia suite au CSIO de La Baule (24 mai)

Mylord Carthago HN : la victoire d’un revenant

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Pénélope Leprévost – Mylord Carthago HN lors de du GP de Fontainebleau, dernière sortie 2013 avant une longue pause forcée

Il y a plus beau et plus émouvant que la victoire d’un cheval au  faîte de sa forme. C’est la performance d’un cheval qu’on attendait plus, pire d’un crack qui après avoir beaucoup gagné se retrouve du jour au lendemain classé dans la rubrique des « lessivés », dont l’âge et les blessures auraient eu raison. A ce titre la victoire de Mylord Carthago HN (Carthago x Fragance de Chalus) ce samedi dans le Prix RMC (1m50) à La Baule, signe plus qu’un simple retour. C’est le pied de nez d’un revenant de 14 ans aux bonnes âmes qui charitablement l’avaient enterré trop promptement oubliant au passage la sagesse équestre selon laquelle « II n’y a rien de pire qu’un cheval pour vous faire mentir».

Si la victoire fût belle, la joie et l’émotion de la cavalière (marquée par des larmes de bonheur) et de son entourage (Julie sa groom et Michel Robert) le furent tout autant. Les victoires, Pénélope Leprevost ne les compte plus mais celle-ci avait pour la normande un goût particulier, celui de la détermination et de la persévérance. Peut-être pas une grande performance sportive en elle-même, mais un beau moment d’équitation et de vie tout simplement.

Pénélope Leprévost avait remis en route Mylord à la mi-avril avant de participer quelques semaines plus tard à Lummen, en Belgique au premier CSIO de la saison, début mai. La cavalière de Lécaude confiait à l’issue : « Il allait bien depuis quelques temps, donc je l’ai emmené. Il était super et nous étions contents de nous retrouver ensemble en concours, c’est ça le principal. Je ne suis pas en train de faire des plans, nous allons voir jour après jour et tout ce qui arrive sera du bonus. C’était tellement peu sûr qu’il puisse faire du concours que ce n’est que du bonheur. J’ai fait deux parcours sans lui mettre de pression, juste pour qu’il soit heureux de retourner en concours. Après, si ça arrive que nous puissions refaire de belles épreuves, ce sera formidable ! » Et bien aujourd’hui, c’est arrivé.