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Doublé américain dans le Grand Prix du CSI 4* de Valence

smith

Spencer Smith sur Théodore Manciais.

Et bien non. La bible n’a pas toujours raison. Les derniers ne sont pas toujours les premiers. Parti en ouvreur dans le Grand Prix du CSI 4* de Valence (qui sera suivi du 5* le week-end prochain), l’Américain Spencer Smith, en signant le seul sans faute de l’épreuve, aura fait cavalier seul en tête de l’épreuve tout au long de celle-ci. Un petit point de pénalité pour temps dépassé prive le public et sa jeune compatriote, Katie Dinan (Dougie Douglas), de barrage. Même punition pour Aldrick Cheronnet (Atlantys by Wisbecq) qui malgré ses deux points de temps dépassé signe la meilleure performance française. « En voyant que le parcours donnait lieu à beaucoup de fautes, j’ai choisi de ne pas me soucier du temps et de soigner les courbes et les abords de mon parcours pour assurer le sans faute, quitte à prendre des pénalités de temps » confiait à l’issue le cavalier Aquitain. Une stratégie payante puisqu’elle lui permet de monter sur la 3ème marche du podium.

C’est un scénario totalement imprévu qui s’est déroulé dans les superbes installations des Haras des Grillons près de Valence dans la Drôme. Lors de la reconnaissance, Olivier Robert et Uliano Vezzani, le chef de piste, était d’accord sur un point. Au regard du plateau, 40 partants dont de belles têtes d’affiche Lamaze, Brash, Delestre …, entre 8 et 10 barragistes étaient attendus. Le sans faute aisé de Spencer Smith laissait même croire que leur estimation était sévère. Au contraire, ils étaient optimistes. Olivier Robert avait pourtant prévenu en évoquant un parcours fin et délicat comme sait si bien les dessiner le maestro italien.

A 21 ans Spencer Smith signe donc une performance sur son selle français, Théodore Manciais, un hongre selle français de onze ans. L’élève a battu le maître puisque son coach, Eric Lamaze, pointe seulement à la 15ème place du classement final en raison d’un 4 points sur le premier tour avec Quality FZ. Idem pour le Suisse Beat Mändli. L’entraîneur de Katie Dinan se classe 17ème sur Dibatsja.

Le classement complet, ici.

C’est reparti comme en 14 pour Simon Delestre

Simon Delestre et Chesall Zimequest (archives)

Simon Delestre et Chesall Zimequest (archives)

Simon Delestre a refermé ce jour la parenthèse douloureuse des Jeux Olympiques. Pour sa première sortie post-Rio, le numéro 1 Français associé à Chesall Zimequest s’est imposé dans le Grand Prix du CSI 4* de Valence.

Même si les cavaliers étrangers avaient pour la plupart fait l’impasse – essentiellement pour des raisons de calendrier – sur cette deuxième édition de ce très beau CSI proposé par le Haras des Grillons, les Français en revanche s’étaient déplacés en masse en terres drômoises, logiquement attirés par une organisation et une logistique de très haut niveau.

Au final, la hiérarchie hexagonale, à quelques ajustements près, a bien été respectée puisque Simon Delestre s’est retrouvé sur le podium encadré par Kevin Staut, 2ème avec For Joy van’t Zorgvliet*HDC et Roger-Yves Bost, 3ème sur Sangria du Coty.

Ce faisant, le Lorrain réalise un beau pied de nez à l’égard d’un destin olympique avorté. « On passe du tout au rien en un instant, et il faut réussir à encaisser les victoires comme les défaites. Après ce qu’il m’est arrivé, c’est bien d’avoir retrouvé un bon sentiment aussi rapidement et ma compétitivité sur le premier concours en rebondissant avec une victoire » a sobrement déclaré le cavalier de Solgne à l’issue de l’épreuve  .

La roue de la chance semble désormais tourner dans un sens favorable pour Simon Delestre qui devrait avoir à coeur de reconquérir sa place de numéro 1 mondial dans les mois qui viennent. Voilà Christian Ahlmann prévenu.

Dans un article que lui avait consacré Le Monde en 2013, Sylvie Chayette voyait dans le champion « un cavalier pur sang« . On connait la fragilité mais aussi la qualité de cette race de chevaux. Interrogé Kevin Staut décrivait alors son ami comme un compétiteur doté « d’un esprit combatif extraordinaire » avant d’ajouter « Certains croient que c’est une grande gueule, c’est sa manière de se motiver. Mais il assume tout, ses qualités et ses défauts. Ses erreurs et ses succès. »

Le classement intégral du GP ici.