Serge Lecomte joue l’apaisement dans l’affaire Quéguinier

Ils n’ont pas encore fumé le calumet de la paix mais, ils n’en sont pas loin. Serge Lecomte et la Fédération Française d’Équitation (FFE), dans une volonté d’apaisement, ont retiré la plainte pour diffamation qu’ils avaient déposé contre Amélie Quéguinier, victime présumée de violences sexuelles devenue une des figures de la lutte contre la pédocriminalité dans le milieu sportif.

Amélie Quéguiner, dénonce depuis des années des viols subis dans son club d’équitation alors qu’elle était adolescente par deux enseignants et un conseiller technique régional. Dans le droit fil d’autres sportifs, notamment la patineuse Sarah Abitbol, elle fait partie de ces femmes qui ont interpellé les fédérations sportives pour que ces dernières se saisissent pleinement de la question et agissent concrètement contre la pédocriminalité. 

Interpeller c’est souvent jeter un pavé dans la mare via quelques médias. C’est en l’espèce un article dans L’Obs qui avait suscité le courroux de Serge Lecomte qui, s’estimant diffamé, avait porté plainte à titre personnel contre Amélie Quéguinier, la FFE lui emboîtant le pas.

La réaction à la réaction avait fait grand bruit et suscité une vague d’indignation bien au-delà du microcosme équestre. Une victime poursuivie par sa fédération sportive et son président, c’était largement ressenti comme le monde à l’envers, entre déni de réalité et insulte au statut de victime.

Le coup de sang de Serge Lecomte s’inscrivait toutefois dans un contexte délicat d’élections fédérales marqué par des échanges de coups souvent éloignés de la ligne droite.

La réélection de Serge Lecomte et le temps faisant leur effet, le soufflet s’est dégonflé et un vent de sagesse a soufflé sur Lamotte-Beuvron. Les deux parties ont compris qu’elles avaient tout intérêt à ne pas s’enferrer dans une procédure qui n’aurait fait que des perdants et surtout pas contribué à faire avancer la cause de la lutte contre les violences sexuelles dans l’équitation.

En bonne intelligence, elles ont donc manifesté par courrier au tribunal de Périgueux saisi de l’affaire leur souhait de mettre fin au contentieux.

Affaire classée dans ce registre pour Amélie Quéguinier. La prise de bec n’aura toutefois pas été inutile. Bousculée, la FFE a été contrainte d’évoluer sur un dossier dont elle avait peut être sous-estimé l’ampleur et compris qu’il ne s’agit pas de dévaloriser par l’amalgame le milieu équestre qui n’est que le reflet de la société. Au contraire, il s’agit d’affirmer clairement aux pratiquants et notamment aux mineurs et à leurs parents qu’ils ne sauraient être abandonnés à des comportements déviants qui doivent être sanctionnés.

La libération de la parole est aujourd’hui actée. Mais la plainte initiale de Serge Lecomte et de la FFE rappellent aussi à bon escient que la communication sur ces sujets doit s’effectuer avec mesure et prudence car il y va de l’honneur d’hommes et d’institutions. Le message à cet titre est clair à l’égard des réseaux sociaux où le jugement à l’emporte-pièce, le lynchage sont monnaie courante. Il y aura des limites à ne pas franchir.

Pour prendre connaissance des mesures prises par la FFE pour lutter contre les violences sexuelles, cliquez ici.

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