FFE : société commerciale ou fédération sportive ?

pon

Dans son édition du 14 juillet, Le Parisien consacre un article éloquent sur les championnats de France poneys, le Generali Open de France. L’envoyée spéciale du quotidien francilien dresse un constat qui devrait interpeller. Lamotte-Beuvron, rebaptisée Poneyland par Sandrine Lefèbvre est avant tout au-delà de l’aspect kermesse, une habile usine à fric. Quant au côté sportif, il est devenu accessoire.

16 000 gamins à poneys d’un côté à Lamotte-Beuvron, une poignée de professionnels de l’autre à Fontainebleau pour les championnats de France de saut d’obstacles, cherchez l’erreur. Ce contraste témoigne le grand écart de la Fédération Française d’Equitation arrivée aujourd’hui à l’apogée d’un système commercial unique au monde ou les enfants et surtout les parents sont prisonniers d’un système ou tout est bon pour faire cracher quelques billets. Revers de la médaille, c’est que justement, il n’y en a pas. Ce système ne constitue pas un vivier de cavaliers qui viendront alimenter le haut-niveau. Et pour cause, ce n’est pas sa vocation.

Qu’il est loin ce temps où les structures équestres étaient associatives et avaient pour objet de permettre la découverte et la pratique d’un sport à moindre coût. Objet non lucratif, vous n’y pensez pas, c’est devenu totalement ringard. Entre garderie et centre de vacances le poney est devenu un étrange modèle économique dans lequel beaucoup de parents rivalisent à travers leurs progéniture. Quitte à dépenser beaucoup d’argent. Certes beaucoup d’enseignants ont a coeur leur métier et il n’est pas question de leur jeter la pierre. Ils font un boulot formidable. Mais celui-ci s’inscrit dans un système perverti par la loi de l’argent. Non de leur faute mais de celui de la fédération française d’’équitation et son président, Serge Lecomte, qui ont bâti un système dont l’appétit pour les euros n’a rien à envier, toutes proportions gardées, à Jan Tops (Global Champions Tour), la qualité en moins.

Que fait la FFE de tout cet argent ? C’est la question que l’on pourrait légitimement se poser si celles-ci répondait à un mode d’élection et une gouvernance démocratique. Là encore, la dérive est inquiétante. Hervé Godignon voulait mettre un coup de pied dans la fourmilière mais le système est trop bien verrouillé par les statuts pour empêcher une révolution de palais.

« Le poney a sauvé l’équitation en France, et il fait aujourd’hui l’unanimité » n’hésite pas à proclamer Serge Lecomte. On pourrait s’en étrangler mais à quoi bon. La puissance publique, le Ministère des Sports, qui accorde la délégation sportive aux sports équestres n’y voit rien à redire. Il est vrai que Serge Lecomte a su mélanger les genres et développer son réseau politique qui lui assure une certaine impunité pour ne pas dire une impunité certaine. Le pire est que le Président de la FFE se targue d’avoir popularisé la pratique de l’équitation et que certains veulent bien le croire. A 4 000 € la saison comme le rapporte l’article on peut avoir des doutes sur l’accessibilité. Mais après tout, si les parents sont contents…

Source : Le Parisien

Publié le 15 juillet 2019, dans Actualités. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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