« D’un cheval à l’autre », l’hommage de Bartabas aux équidés qui l’ont accompagné

Vous ne savez pas quoi offrir pour Noel ? Ne cherchez plus. Si c’est un homme de cheval, le livre de Bartabas « D’un cheval à l’autre », est fait pour lui. Publié chez Gallimard, cet ouvrage revient sur les compagnons à crinière d’un écuyer hors normes qui offre au lecteur des clés de compréhension de la fascinante relation entre l’homme et le cheval.

Rien ne prédestinait le petit Clément Marty à faire sa vie dans et autour des chevaux. Ce petit-fils d’un chirurgien célèbre est le fruit d’un mariage entre un père architecte et une mère médecin. Il se rêvait jockey, puis entraîneur dans les courses, la vie en a décidé autrement. Il sera saltimbanque, avec roulotte et cheval.

Aux antipodes de l’homme d’Hollywood qui murmurait à l’oreille des chevaux version Robert Redford, Bartabas surprend dans son registre par un physique brut de décoffrage et un visage où transparait un caractère bien trempé. Casquette de titi parisien vissée sur une tête rasée, rouflaquettes au vent, Bartabas à des allures de Chéri-Bibi, ce forçat de roman, ancien garçon-boucher, injustement condamné. Des allures seulement. Le « Bartabas la fureur » des jeunes années, comme ils se décrit lui-même, s’est dilué au fil des années.

L’armure s’est fendue peu à peu pour révéler, entre deux coups de gueule, une sensibilité et un artiste éclectique. Une intelligence aiguë qui a tout compris des équidés, de leurs peurs, de leurs fragilités et de leur générosité. Avec Bartabas, le rapport au cheval va au-delà de l’équitation sportive ou de loisir. Il s’inscrit dans la magie d’une compréhension fusionnelle qui, de deux fait un, transforme le couple cavalier-cheval en Centaure. Loin de la guimauve actuelle, l’école de Bartabas est celle de la rigueur et de l’exigence, à l’ancienne, où le soin du cheval et son respect passent avant le confort des humains.

Bartabas dans ce premier livre sait trouver les mots et les métaphores pour se faire comprendre. Comme lorsqu’il compare le dressage d’un cheval à la construction d’une cathédrale parce qu’il s’inscrit, avec lui, dans un temps particulièrement long. Ou, lorsqu’il rappelle, non ce qu’il a enseigné aux chevaux, mais, exemples à l’appui, ce que ces derniers lui ont appris. Cinquante-deux chapitres, un par cheval, avec leur histoire personnelle passionnante et émouvante de singularité. Autant de portraits d’êtres vivants doués de sensibilité, d’hommage à des compagnons devenus sa famille, qui dressent en creux celui de l’auteur du livre.

Le cheval est le miroir de l’homme. Bartabas le démontre page après page dans un ovni littéraire qui ne laisse personne indifférent. Il suffit juste d’aimer un peu les chevaux ou de vouloir comprendre, au-delà des relations avec les chevaux, la relation que l’on est capable de construire avec autrui.

« D’un cheval l’autre » (Gallimard, 320 pages, 20 euros)

Publié le 1 octobre 2020, dans Coup de coeur, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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