USA : Daniel Bluman dénonce un système qui rend le jumping inaccessible aux classes moyennes

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Daniel Bluman

Le « système » américain du jumping est malade. Miné par l’argent, il n’est plus en capacité de faire émerger des cavaliers de talent. Ce constat et le débat qu’il génère traverse le milieu équestre aux États-Unis même si finalement, beaucoup s’en accommodent. Katie Prudent avec une incroyable franchise a été l’une des premières il y a quelques années à mettre les pieds dans le plat, sans aucune fioriture. « C’est juste devenu un sport pour les gens riches et sans talent » se désolait-elle une nouvelle fois dans les colonnes du site The Chronicle of the Horse en 2017. A l’occasion d’une table-ronde organisée à Wellington le 27 mars dernier pour discuter de l’avenir du saut d’obstacles, le même site rapporte que Daniel Bluman est revenu sur le sujet pour pointer le fait que « le jumping est devenu en Amérique du Nord quelque chose qui est hors de portée des enfants qui ne sont pas vraiment bien nantis« .  Dépassant le simple constat, le cavalier Israélo-Colombien a proposé une solution : mettre en place un système de parrainages permettant à des jeunes cavaliers prometteurs mais peu fortunés de percer.

A 28 ans, Daniel Bluman est un cavalier comblé. Beau, jeune, fortuné et doué à cheval. Il n’a qu’un seul défaut pourraient relever les jeunes filles, c’est d’être marié. Le parcours particulier de sa famille, avec un grand-père survivant de l’Holocauste venu s’installer installé en Colombie après la libération continue de le marquer profondément. Il a finalement accepté d’adopter la nationalité israélienne pour permettre la constitution d’une équipe en vue des Jeux Mondiaux et surtout des Jeux Olympiques mais surtout, Daniel et son épouse Ariel sont très engagés dans le soutien à diverses organisations caritatives.

Colombien naturalisé Israélien, Daniel Bluman vit aux États-Unis, pays pour lequel il a beaucoup de reconnaissance. Pourtant ce globe-trotter constate qu’il n’y a pas de pays où le jumping  est plus inaccessible qu’aux USA, même en Colombie où il a grandi. Et c’est bien dommage à ses yeux car beaucoup de passionnés renoncent finalement à travailler dans ce secteur lorsqu’ils se cassent le nez sur le mur de l’argent. Double peine, l’accès aux spectacles sportifs est également très sélectif en raison des tarifs d’entrée pratiqués ce qui prive le jumping d’une vraie assise populaire.

Sans critiquer la présence de l’argent, Daniel Bluman prône la mise en place d’un correctif qui permette aux non fortunés de percer. Un système de bourses d’études et de parrainages où des professionnels de premier plan, cavaliers et entraîneurs, seraient prêts à consacrer un peu de temps à des jeunes cavaliers pour les conseillers, les encadrer et créer les conditions nécessaires au déclic qui leur permettra de réussir.

Daniel Bluman relève que la dérive du système américain est relativement récente et que des cavaliers comme Laura Kraut, Todd Minikus et beaucoup d’autres ne sont pas issus des milieux les plus aisés. « Ils ont gravi les échelons et ont fini par faire du sport de haut niveau » souligne-t-il avant d’ajouter : « Si nous ne faisons pas quelque chose au sujet de ce qui se passe actuellement, cela n’arrivera plus. Les prochaines générations vont toutes être – et seulement être – des gens qui ont grandi dans la richesse. Il n’y a rien de mal à cela. J’ai eu une bonne éducation. J’ai eu beaucoup de chance que je m’en sorte bien, et que mon père soit un important homme d’affaires. Je ne dis pas que ça devrait avoir quelque chose à voir avec l’argent. Je dis qu’il devrait y avoir des chances pour tout le monde ».

Daniel Bluman a bien réfléchi à l’organisation qu’il souhaite mettre en place. Elle s’appuiera notamment sur les réseaux sociaux qui permettront de susciter un fort engouement mais aussi de sélectionner les candidats. 20, 30 ou 50 selon les capacités d’encadrement. Les choses ont bien commencé. Sur sa page Facebook, Daniel Bluman remercie ceux qui lui ont fait un retour sur ses propositions et annonce la mise en place prochaine d’un site web dédié à son programme de parrainages.

 

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Publié le 10 avril 2018, dans A suivre, et tagué . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Bravo à Daniel Bluman d’essayer de faire bouger les choses. Rêvons qu’il puisse rallier d’autres cavaliers à cette cause. Et merci à Planète CSO pour vos articles qui pointent souvent des sujets délicats….

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