Avec Jean Rochefort, les sports équestres perdent l’un de ses meilleurs ambassadeurs

Crédit photo : Georges Biard

La plupart des médias retiennent de Jean Rochefort une silhouette élégante, un flegme malicieux et une moustache légendaire. C’est déjà beaucoup mais, ce n’est pas tout. L’acteur était aussi un homme de cheval au sens le plus noble du terme. A ce titre, aujourd’hui, c’est toute la famille du monde équestre qui est en deuil.

L’élégance et le chic. Jean Rochefort pourtant n’incarnait pas une certaine forme de snobisme ou de « prout-prout » élitiste d’une certaine équitation. Au contraire, il s’en moquait peut être en souvenir de son grand-père, dirigeant d’une compagnie de fiacres à Dinan. Acteur sympathique et populaire, il n’a eu de cesse de mettre son image au service de la cause du cheval. Et il ne s’en cachait pas malgré les railleries du milieu du cinéma, faisant de sa relation à l’animal son alpha et son oméga. Ainsi, lorsqu’il tournait quelques films médiocres, il évoquait ouvertement  les raisons alimentaires et la nécessité de faire bouillir la marmite pour ses canassons, préférant parler de films « avoine ». C’était ça Jean Rochefort. Un délicieux côté suranné allié à un humour tout en finesse.

L’homme était tout aussi brillant devant la caméra que derrière la plume. Car si Jean Rochefort aimait passionnément les chevaux  il aimait aussi les belles lettres. Ses chroniques dans le quotidien Le Monde à l’occasion des Jeux Olympiques de Londres en 2012 étaient à l’image du comédien, accessibles et finement ciselées. Son verbe juste et sa voix inimitable firent également le bonheur des téléspectateurs de France Télévision quand il commenta les épreuves d’équitation des JO d’Athènes en 2004 puis dix ans plus tard lors des Jeux équestres mondiaux de Caen.

« Je suis un homme de crottins » aimait-il à dire. Il ne percevait pas sa passion du cheval comme une addiction malheureuse liée aux dépenses et au temps passé, bien au contraire, mais, « comme une pépite dans la vie d’un homme » qui fût avec bonheur éleveur de chevaux et propriétaire de chevaux de sport.  Comment ne pas se souvenir, pour les plus anciens, de Nashville III (par Laudanum), son cheval de coeur, né à la maison, au haras de Villequoy en 1979 et a qui effectué l’essentiel de sa carrière à haut niveau sous la selle de Jean-Maurice Bonneau.

« A une époque, être un homme de cheval compétent m’a rendu plus fier que d’être un acteur » confiait Jean Rochefort au Monde en 2012. Deux années plus tôt, en 2010, il avait coréaliseé avec Delphine Gleize un film (Cavaliers seuls), co-produit par Equidia, sur la transmission du savoir dans le monde équestre. La tradition et la transmission deux obsessions souvent partagées par ceux qui comme lui sont et vivent cheval. On a pour habitude de dire que le cheval est la plus belle conquête de l’homme. Jean Rochefort à l’inverse fût peut-être la plus belle conquête du cheval. Au-revoir Jean.

 

 

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Publié le 9 octobre 2017, dans Actualités, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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