Les 4 vérités de Kevin Staut

7I4A9574Kevin Staut, ex numéro 1 mondial en CSO, est un grand cavalier qui présente le paradoxe d’être à la fois une célébrité mondiale et un homme discret. Et c’est bien dommage car l’élégant ambassadeur Rolex, celui qui après avoir prêté sa silhouette la maison Gucci est aujourd’hui engagé avec  Smugler a des choses (intéressantes) à dire. Paris Turf lui ouvrait dimanche dernier ses colonnes afin d’avoir le regard d’un cavalier de CSO sur le monde des courses. Au final c’est microcosme du jumping qui sort égratigné.

En quelques lignes, Kevin Staut évoque sa fascination pour le milieu des courses, son modèle économique, sa capacité à sélectionner les chevaux mais aussi en filigrane sa capacité à éduquer les hommes et à transmettre une culture du cheval.

Parallèlement l’homme de CSO confie ses inquiétudes pour l’évolution de sa discipline. « Pour caricaturer, nous pouvons dire que dans le saut d’obstacles, nous avons beaucoup de « gosses de riches » qui ne savent pas préparer un cheval, ni même le brosser. A peine savent-ils si un cheval boit de l’eau ou autre chose. Mais ils arrivent quand même à être d’excellents cavaliers. Alors que dans les courses, un jeune est obligé de partir du bas de l’échelle, de savoir faire un box, de s’occuper de son cheval, de voir s’il est droit ou pas, s’il boite et pourquoi. Ce manque de culture dans la nouvelle génération du saut d’obstacles me fait très peur. Le rapport homme/cheval se perd dans le monde des sports équestres et il faut que nous arrivions à l’intégrer de nouveau. Le monde des courses a su sauvegarder ses traditions et ceci malgré le pouvoir de l’argent dans le sport. Les professionnels sont restés des hommes de chevaux ».

Le constat de Kevin Staut est hélas fondé. L’équitation et notamment le saut d’obstacles est devenu un produit de consommation courante. Le modèle de l’équitation à poney n’y est pas étranger. La massification qu’il a entraîné avec son côté mobylette a eu pour corollaire la perte de la transmission d’un savoir cheval (non rentable) au profit de la vente d’heures de poney « bankable » transformant, pour être caricatural et provocateur, certains établissements en garderie-usines à fric.

Cette évolution est-elle rattrapable ? Sans doute même si cela semble difficile. Il conviendrait pour commencer de ne pas considérer les diplômes qui sanctionnent la progression des cavaliers comme de simples images Panini, livrés en récompense d’un volume d’heures de monte. Il faudrait au contraire rendre aux galops leur vocation à savoir, au-delà de l’acquisition progressive d’une technique équestre,  la reconnaissance d’un indispensable savoir équin et d’un savoir-vivre équestre.

Henry Moreigne

maj le 23/07 à 15h00

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Publié le 22 juillet 2014, dans Actualités, et tagué . Bookmarquez ce permalien. 12 Commentaires.

  1. Très bien vu,fallait-il encore avoir le courage de le dire.
    Merci Monsieur Staut.

  2. Très d’accord avec le point de vue de M. Staut, moins avec celui de M. Moreigne. Pour avoir bcp fréquenté les poney clubs, je ne crois qu’ils soient à l’origine de l’ignorance des jeunes cavaliers du « haut du panier ». Tout à fait d’accord en revanche sur l’attribution des diplômes « Galop » qui ne veulent dans bcp de cas par forcément dire grand-chose. Il est évident qu’on a un urgent besoin de refonte du système de l’enseignement dans notre pays ! Quand je vois que la mentalité et l’approche de la psychologie du cheval (ou devrais-je dire l’absence d’approche de cette dernière) n’ont pas changé en plus de trente ans, c’est littéralement désolant.

  3. salut kevin,on se connait de longue date…..merci pour ce commentaire …je suis tout a fait d’accord avec toi…au plaisir de te revoir…salut

  4. On ne se connait pas mais j ai ete a l origine des galops car ils pnt ete copies sur les centures que nous avions mis en place au club med a pompadour pour permettre 1 de classer les cavaliers en plusieurs niveaux mais surtout d avoir le temps entre le 1 et le 2degres de l epoque. Chose quia ete tres vite traansforme par la federation par un moyen rapidede faire rentrer de l argents ………
    Je pourrais en dire beaucoup plus mais ce serait trop long …..
    Revenir aux bases et aux fondamentaux
    Merci

  5. Kevin a raison et tort a la fois
    Les solutions sont simples,il faut remédier au « nivellement par la base » effectue ces 20 dernières années.
    A savoir:
    1)Redonner au Galop sept,qui donne accès a la compétition ,des valeurs de connaissances theoriques et de compétitivité
    Ce qui était un Vrai objectif avant pour le cavalier amateur,dorénavant seul le
    2) ré-imposer un niveau minum de compétition
    Dans Les trois disciplines pour chaque candidat au monitorat d équitation
    Il y a vingt cinq ans ,les élèves moniteurs,a a t de se présenter . sautaient des parcours a 130
    Faisait un cross de « F1″et des reproses de dressage d un bon niveau ,dorénavant on rentre en formation avec…..le galop 4..!!!
    Résultats : ils sont nuls…..et il ne vient plus a l idée d aucun compétiteur
    De passer le monitorat ou l instructorat
    (En tous cas dans le cursus normal..!)
    3)conditionner de nouveau l’accès aux Csi a des résultats etc…..

    Contrairement a ce que dit Kevin,le problème n est pas que ,dorenavant,beaucoup de cavaliers soient des « gosses de riches »,, vu le prix des chevaux sans argent derrière on ne fait plus de concours,et il n’y a pas de prolétaires ni sur les chevaux ni dans les tribunes di « Global » …, le problème c est ce que l’on exige d eux
    Ou non….
    Les responsables sont les fédérations qui fabriquent de mauvais enseignants
    Et ne mettent de règles que pour faire
    Des recettes….
    All the Best
    PL

  6. C bien la vérité malheureusement !!!!

  7. tout à fait d’accord et si les gamins ne sont pas initiés dès leur début, ile ne porteront jamais attention à leur cheval ou poney !

  8. J,en ai arrêté le metier (bees 2), l’equitation d’aujourd’hui n’etait plus en phase avec mes convictions!! L’argent a des effets bien notoires, et a petit niveau deja!

  9. bonjour
    les propos sont exact mais un peu réducteur,il y’a aussi des gosses de riches qui travaillent dans les écuries 5 heures par jour,font leurs box et travaillent leurs chevaux,avec respect et competence.
    car en dehors de cela peu de chance d avoir de la continuité dans les résultats et d assouvir son amour pour les chevaux
    c est aussi une question d éducation

  10. Ma fille, Gabrielle Cousin, est une très bonne cavalière, qui n’a pas la chance d’avoir du $$ et qui a commencé par aller proposer ses services dans les écuries en échange de cours gratuit. Elle connait donc le fonctionnement des écuries et les besoins des chevaux sur le bout des doigts. À 28 ans, elle à déjà 16 ans de métier dans la cravate et en plus elle est excellente. Elle a les chevaux qu’elle peut avoir et à tout de même eu de bons résultats avant de changer de boss et d’avoir de nouveaux jeunes chevaux.L’argent ne fait pas le bonheur mais si j’avais ce qu’il faut, elle aurait avancé plus vite… c’est malheureux à dire mais un bon cheval, ça coûte la peau des fesses!! et les fesses en plus 🙂 Et si, il y a des prolétaires sur les chevaux, ou du moins des enfants d’prolo:) Gabrielle bosse au minimum 8/10h par jour tous les jours, avec très peu de vacances!

  11. Tout à fait d accord avec vous j ai
    Été confrontés à ce problème mon fils a voulu sortir en grand prix poney et lorsque nous avons demandé la première chose ça été de nous demander combien nous gagnons et non si mon fils monter bien. Nous sommes toujours dans le monde du cheval et du poney et rien n a changé

  1. Pingback: Philippe Le Jeune, Champion du Monde sortant, dénonce la loi du fric dans le CSO | Planète CSO

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