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Le CSI de Vichy renonce à sa piste en herbe

« Il y a à Vichy un parfum que l’on ne retrouve nulle part ailleurs » se félicitait Yves Chauvin président de la SHF dans une interview lors de l’édition 2017 du CSI 3*. Et c’est vrai que Vichy n’est pas un CSI comme les autres. Il flotte sur le doyen des concours hippiques français (le premier remonte à 1896) une atmosphère et une ambiance tout à fait particulière, un peu datée, au meilleur sens du terme. Situé en plein centre-ville de la station thermale, le terrain du Sichon, est composé de 250 boxes en dur, d’une tribune de 1000 places réalisée par Gustave Eiffel et jusqu’à présent d’une très grande piste en herbe.

Ce n’est pas Aix-la-Chapelle, La Baule ou Fontainebleau mais pendant longtemps le nom de Vichy a été associé à un concours convivial mais avec de la tenue, fonctionnel pour les cavaliers, idéal pour préparer des chevaux à une échéance sur herbe. De très grands pilotes hexagonaux mais aussi internationaux sont ainsi venus fouler la pelouse de Vichy.

Pourtant, même si ce concours se déroule généralement fin juin, début juillet, plusieurs éditions ont été entachées ces dernières années par des intempéries qui ont considérablement dégradé la piste et gâché la fête. Le jumping est une discipline qui évolue sans cesse avec des exigences croissantes face à chevaux toujours plus chers et plus fragiles. Dans la pratique, de plus en plus de cavaliers ne souhaitent plus concourir sur l’herbe accusant celle-ci d’être à l’origine de pistes d’être trop dures, trop collantes ou glissantes voire dans les pires conditions, impraticables.

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Avec en fond les tribunes « Eiffel » le CSI de Vichy a une identité  visuelle particulière qui fait tout son charme


La SHF, propriétaire des installations a donc décidé de prendre le taureau par les cornes pour « sécuriser » le concours et arrêté une décision radicale : le remplacement de l’herbe par du sable fibré. Une hérésie, peut être mais ne rien faire revenait à accepter la lente disparition du CSI de Vichy. Et puis les collectivités locales, la ville de Vichy et l’agglomération, amenées à mettre la main à la poche, avaient leur mot à dire et dans une période où l’argent public se fait rare. Un projet global a donc vu le jour (sous maîtrise d’ouvrage Vichy Communauté) visant à remettre à niveau les installations via des investissements conséquents mais moyennant aussi une exigence : que le nombre de manifestations accueillies dans l’année s’envole et passe de huit actuellement à 15 à court terme puis à 25 (dont des stages) ce qui était impossible jusqu’à présent en raison du temps de latence nécessaire à régénérescence du gazon entre deux manifestations.

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Le programme, échelonné en trois tranches, d’un coût de 2.300.000 euros H.T. pour les deux premières, et d’1,3 million pour la troisième, permettra outre le passage au sable, la couverture du paddock actuel, avec une carrière de 100 m par 70 m. Interrogée par téléphone, Adelise Ducher, chargée de mission à la SHF en charge du suivi des travaux et de l’organisation 2018 du CSI  s’est faite rassurante sur la sauvegarde de l’âme des lieux. Le projet comporte un important volet paysager et une attention particulière sera portée sur la compatibilité architecturale du nouveau manège avec les tribunes Eiffel. A terme la fonctionnalité globale du projet devrait être singulièrement améliorée avec un réaménagement des parkings, la création de bureaux, de salles de réunions et d’un grand espace de restauration en dur.

L’édition 2018 du CSI s’annonce comme une année de transition puisque seule la piste en sable sera réalisée. Du coup le concours passera provisoirement en 2*, histoire de gagner en termes d’engagés et de repartir sur le bon pied, phase préparatoire indispensable à un retour vers un 3* étincelant.

Marlon Modolo Zanotelli en bon Brésilien assure l’ambiance dans l’épreuve nocturne des six barres

Luciana Diniz en guest star du CSI 3* de Vichy

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Ce n’est pas une étape du Global Champions Tour, les dotations sont plus modestes et les paillettes absentes mais, le CSI 3* de Vichy demeure au fil des ans un rendez-vous prisé des cavaliers internationaux. Malgré un positionnement en recul au classement mondial permanent des cavaliers de saut d’obstacles, Luciana Diniz (46 ans) sera bien l’une des têtes d’affiches du Jumping international de Vichy qui se déroulera sur les mythiques installations du Sichon du 29 juin au 2 juillet.

Fille d’un joueur de polo et d’une cavalière renommée de dressage, Luciana Diniz a hérité de ses géniteurs agilité, précision et une grande légèreté dans sa monte sans oublier, une étroite complicité avec ses montures. Des qualités qui ne sont pas passées inaperçu du public qui en a fait l’une de ses cavalières préférées mais également d’Edouard de Rothschild. L’homme d’affaires, cavalier lui-même, est devenu l’un de ses principaux mécènes et ami, n’hésitant pas à lui confier des chevaux de classe internationale.

Brésilienne de naissance, Luciana a opté pour la nationalité Portuguaise en 2006 et porte depuis très haut les couleurs de ce pays dans les plus grands rendez-vous hippiques internationaux comme aux jeux olympiques de Rio qu’elle a disputé sur Fit for Fun (cf vidéo).

Le public Vichyssois aura par conséquent le plaisir d’observer tout au long du week-end les parcours de cette cavalière expérimentée qui, pour ne rien gâcher, maîtrise parfaitement la langue de Molière.