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Félicie Bertrand sur le sentier de la gloire

Félicie Bertrand et Sultane des Ibis lors du Jumping de Bordeaux.

A priori ce n’est pas facile de se faire un nom surtout quand son patronyme est aussi un prénom. A ce petit jeu-là, Félicie Bertrand tire pourtant son épingle du jeu. La trentenaire a été propulsé sur le devant de la scène internationale équestre suite à un incroyable concours de circonstances. La fin de la collaboration entre la famille Mégret et Pénélope Leprevost mais aussi, son entente fusionnelle avec Sultane des Ibis, une jument hors-normes. La victoire ce week-end dans le Grand Prix du CSI3* de Montpellier confirme qu’une Normande peut en cacher une autre et que la victoire de Félicie Bertrand à Bordeaux n’était le fruit du hasard mais marque au contraire le début d’un beau parcours sportif. Autant dire que ce nouveau couple phare de l’équitation tricolore sera particulièrement attendu et surveillé lors de sa prochaine sortie, sous la verrière du Gand Palais, à l’occasion du Saut Hermès.

Le classement du Grand Prix, ici.

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Le sacre de Félicie Bertrand

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Félicie Bertrand / Sultane des Ibis

Comme le disait un poète Hölderlin, « là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ». Après un samedi aux allures d’Azincourt pour la cavalerie française, le Grand Prix dominical, contre toute attente, a pris une tonalité opposée aux accents cette fois… d’Austerlitz ! Merci à Félicie Bertrand (Sultane des Ibis) pour nous avoir mis du baume au cœur et fait résonner la Marseillaise en conclusion de l’édition 2019 du jumping de Bordeaux. La Normande coiffe sur le poteau deux pilotes dont la célérité est mondialement reconnue : Bertram Allen deuxième sur GK Casper et Simon Delestre, troisième, associé à un Chesall Zimequest stimulé à la cravache sur les oxers.

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Bertram Allen / Casper

Signe de la mutation qui s’opère dans les rangs tricolores c’est donc une nouvelle venue de 36 ans qui a remporté ce dimanche le Grand Prix de la ville de Bordeaux. Son premier GP 5* certes mais qui vient confirmer la solidité du couple qu’elle forme avec Sultane des Ibis, la bouillonnante jument propriété du Haras de Clarbec avec laquelle elle remportait cet été les Jeux Méditerranéens en Espagne. La page Pénélope Leprevost semble donc définitivement tournée pour la famille Mégret qui s’est trouvée une nouvelle amazone adepte de la méthode douce comme une certaine Luciana Diniz. Dotée désormais d’un piquet de premier choix, Félicie Bertrand devrait jouer les premiers rôles cette saison et sera désormais très attendue.

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Guillaume Foutrier / Valdocco des Caps

L‘autre bonne nouvelle de la journée, c’est la très belle 4èmeplace de Guillaume Foutrier (Valdocco des Caps) suivi de près par et Nicolas Deseuzes 6ème(Ulloa du Trèfle). Assurément la relève est en marche et pointe crânement le bout de son nez. Avis aux cavaliers qui pensaient avoir leur rond de serviette en équipe de France, les places seront disputées. Une saine émulation qui devrait faire le bonheur du nouveau sélectionneur Thierry Pomel.

Le classement intégral, ici.

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Félicie Bertrand / Sultane des Ibis

 

Félicie Bertrand, l’atout cœur de Geneviève Mégret

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Félicie Bertrand et Geneviève Mégret

Toujours avoir un plan B. C’est vrai pour les cavaliers et les propriétaires, notamment à haut niveau, où les enjeux financiers sont importants et les tensions vite arrivées. Sport où la passion domine, le jumping, même exercé par des professionnels, n’est pas exempt de comportements irrationnels source de multiples rebondissements. En février dernier l’annonce de la fin d’une collaboration de 7 ans entre Pénélope Leprevost et le Haras de Clarbec résonnait comme un coup de tonnerre dans le ciel hexagonal. Les conséquences pour les deux protagonistes ne sont pas les mêmes. Pénélope Leprevost peine depuis à renouer avec le plus haut niveau alors que la famille Mégret semble avoir trouvé en Félicie Bertrand une remplaçante discrète. Un plan B comme Bertrand.

Avoir des relations apaisées marquées par la confiance et la rationalité entre cavalier et propriétaire, c’est compliqué même à haut niveau. D’autant plus si les propriétaires ne se conduisent pas en simple investisseur mais en véritable gestionnaire de la carrière sportive de leur crack. Alors si en plus les protagonistes ont respectivement du tempérament, ça devient vite compliqué.

Avec Félicie Bertrand, les choses semblent simples en raison d’une personnalité que l’on perçoit, peut-être à tort, comme effacée. Cette normande de 36 ans a crevé l’écran cette année grâce à Sultane des Ibis qui lui a offert fin juin une médaille d’or en individuel et une en argent par équipe lors des Jeux Méditerranéens de Tarragone. Voilà de quoi être reconnaissant à l’égard de la famille Mégret, propriétaire de la jument. Une famille qu’elle connaît bien pour avoir entamé avec elle des relations il y a déjà 10 ans comme cavalière jeunes chevaux. Elle fait le job pendant quatre ans et demi puis, logiquement, s’émancipe en s’installant à son compte. Mais les ponts ne sont pas rompus. Quatre petits kilomètres seulement séparent les deux structures. Félicie Bertrand se voit confier régulièrement des chevaux. Puis arrive Sultane des Ibis. L’osmose est quasi immédiate. Les bons résultats aussi. Les médailles aux JEM marquent un tournant. Elles ouvrent surtout les portes vers les 5* qui restent l’objectif premier même si Félicie Bertrand confie que jusqu’à il y a peu, elle n’avait jamais eu de grandes ambitions de haut niveau. Oui mais voilà, l’appétit vient en mangeant et l’ambiance du haut niveau a un goût de drogue douce d’autant que d’autres chevaux estampillés Mégret, comme Creta LS*La Silla, Vahiné de Favi et Chacco Rouge, lui constituent un piquet performant.

Même si la marche pour le 5* est élevée, l’arrivée de Flora de Mariposa sous sa selle constitue un sacré atout. Car au-delà d’avoir été la jument de tête de Pénélope Leprevost, la fille de For Pleasure, considérée comme l’une des meilleures au monde, est aujourd’hui à 13 ans une jument expérimentée.

A l’issue d’une longue convalescence Flora signe fin septembre son grand retour à la compétition, à l’occasion du CSI * de Canteleu. Or monter une telle jument, c’est un peu avoir le saint Graal entre les mains. C’est surtout le signe d’une relation de très grande confiance avec la famille Mégret. Or celle entamée avec Félicie Bertrand s’inscrit dans la continuité et la progressivité. C’est d’autant plus à noter que parallèlement le lien avec Nicolas Delmotte qui s’était vu confier des cracks du Haras de Clarbec (Urano de Cartigny, Vagabond de la Pomme, Corrado du Moulin…) s’est distendu. Il est mis fin à la collaboration début octobre en raison d’un éloignement jugé finalement trop important (3 heures de route).