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Interrogations et crispations autour de la prestation d’Admara

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Carlos Enrique Lopez et Admara

C’est du rarement vu en conférence de presse d’après épreuve. Alors que Beezie Madden, Harrie Smolders, Henrik von Eckermann et Kevin Staut étaient venus répondre aux questions des journalistes sur leurs prestations respectives, la surprise pour ne pas dire le quasi-malaise est venu de la bouche de Susanna Cottica.

La journaliste italienne a pointé « l’anormalité » des sauts effectués par Admara sous la selle du Colombien Carlos Enrique Lopez. Susanna Cottica a souligné l’étonnement du public marqué par des « Ho » et des « Ha » face à un hongre qui dégageait tellement fort ses postérieurs qu’on avait l’impression qu’elle allait passer cul par-dessus tête. Un étonnement partagé par de nombreux professionnels car Admara est depuis plusieurs années dans le circuit, précédement sous la selle d’Emanuele Gaudiano, et n’a jamais eu un style aussi marqué.

La raison est en fait toute simple. Elle est liée à la présence de guêtres postérieures qui, utilisées d’une certaine façon, notamment par un serrage fort, peut notamment conduire à un dégagement réflexe disproportionné. Le problème, car il y en a bien un, c’est que l’utilisation de ces guêtres fait normalement l’objet d’un contrôle par les stewards avant l’entrée de piste. De toute évidence celui-ci s’est révèlé insuffisant.

La FEI, puisque c’est à elle que se pose en fait la question a répondu par la voix de John Roche, en charge du saut d’obstacles : “Vous aurez noté que la décision a été prise par la FEI d’interdire totalement les guêtres postérieures d’ici 2021. Si nous ne l’avons pas fait jusqu’alors, c’est parce que nous ne pouvons pas appliquer un tel règlement en période de qualification olympique. Concernant ce que nous avons vu ce soir, nous pouvons considérer que c’était complètement exagéré, et nous prendrons les mesures nécessaires avec le cavalier en question.

On attend donc la réaction éventuelle de Carlos Enrique Lopez mais de toute évidence, les temps ont changé. Le respect du bien-être animal est aujourd’hui largement partagé et répond à une demande forte du public. Les pratiques d’hier marquées parfois par un usage légitimé de la violence doivent s’effacer. Les enjeux financiers liés aux épreuves contribuent toutefois à les faire perdurer. L’histoire est un éternel recommencement. En 393, l’Empereur romain Théodose Ier, s’était résolu à décrèter l’interdiction des premiers Jeux Olympiques fortement altérés par la triche d’athlètes devenu « professionnels ».

Pour aller plus loin : l’excellent article de L’Eperon sur le sujet, c’est ici.

Le sort d’Admara sera fixé en février

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Admara sous la selle d’Emanuele Gaudiano (archives). Cliquer pour agrandir.

On apprenait cette semaine, avec un peu de surprise, qu’Admara avait été vendu au Haras des Grillons … qui s’était séparé quelques jours plus tôt de Prince de la Mare au profit du milliardaire ukrainien Oleksandr Onyshchenko. Selon le règlement de la FEI, les chevaux qualifiables en vue des Jeux olympiques de Rio doivent en effet être enregistrés dans le pays pour lequel ils concourront avant le 15 janvier.

L’information de la vente a été donnée le 14 janvier par Kamel Boudra. Pourtant le même jour, Emanuele Gaudiano indiquait dans un entretien accordé au site internet italien Cavallo Magazine que rien n’était décidé, que Carlos Lopez (cavalier du Haras des Grillons) s’était seulement rendu co-propriétaire d’Admara lors du CSI de Bâle, une solution qui à l’avantage d’ouvrir la possibilité au cheval de courir les JO sous couleurs italiennes ou colombiennes.

Emmanuele Gaudiano, indique également qu’il devrait monter Caspar à Rio, un cheval selon lui plus « adapté » au format particulier des championnats et donc des Jeux qu’Admara. On devrait être fixé sur le sort de ce dernier courant février.

Admara, hongre KWPN de 11 ans, est un cheval particulièrement performant qui s’est brillamment illustré au plus haut niveau avec notamment une victoire dans le Grand Prix Coupe du Monde de Londres en décembre.

Gaudiano fait son show à l’Olympia de Londres

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E. Gaudiano sur Admara (archives)

Ce n’est pas une équitation des plus fines, mais force est de reconnaître que la détermination à la mettre en œuvre a fini par payer. Emanuele Gaudiano a remporté dimanche à l’Olympia de Londres son premier GP Coupe du monde devant 4 Britanniques (Ben Maher/Diva, Michael Whitaker/Viking, Scott Brash/Hello M’Lady et Guy Williams/Titus) incapables d’aller plus vite que la Ferrari italienne.

Autant le dire, cette victoire à l’issue d’un barrage à 17 concurrents, n’a pas soulevé l’enthousiasme. La victoire surprise de l’Italien est plus liée à la qualité de sa monture, Admara un hongre KWPN de 10 par Padinus qu’à ses talents de pilote dont le style s’apparente parfois à de la moto de circuit, poignée en coin, aiguille dans le rouge.

Feu de paille ou de plus longue durée ? Sur le papier, Emanuele Gaudiano à 29 ans signe cette saison une belle et régulière progression. Actuellement 25ème au classement mondial beaucoup d’observateurs s’interrogent sur sa capacité à durer tant il demande beaucoup à ses chevaux, une attitude qu’on est plus habitué à voir à des niveaux inférieurs. A suivre donc, avec intérêt.

London International Horse Show- Olympia 2015

Remise des prix à l’Olympia pour Emanuele GAUDIANO ( ITA ). Crédit photo : Kit Houghton/Hpower.

Peu de cavaliers français avaient fait le déplacement. C’est Olivier Robert sur sa fidèle Quenelle du Py qui signe le meilleur résultat avec une 14ème place. Kevin Staut sur Rêveur de Hurtebise offre une leçon d’équitation mais la faute commise sur le numéro 1 relègue le couple à la 20ème place. Simon Delestre sur Chesall et Philippe Léoni sur Carrière, sanctionnés par deux fautes, terminent dans les profondeurs du classement.

Le classement complet ici.