Polémique

Faut-il interdire l’épreuve de cross en CCE ?

Thibault Fournier jeune cavalier professionnel de 24 ans a été victime d’un grave accident sur le cross de Pompadour dimanche 13 octobre à l’occasion d’une épreuve Pro 4 organisée par le Comité Régional d’Équitation de Nouvelle Aquitaine. Le jeune homme a été héliporté en état d’urgence absolue au CHU de Limoges. Ce drame survient un mois après la disparition tragique d’un autre espoir de l’équitation tricolore, Thaïs Meheust (22 ans) sur le cross du haras du Pin.

La dangerosité de ce type d’épreuve est aujourd’hui clairement pointée d’autant que dans les deux cas on est sur des cavaliers expérimentés malgré leur jeune âge dans des épreuves organisées par des structures dont le sérieux ne peut être remis en cause. Au moment où l’on parle avec raison du bien-être animal, il paraît difficile de ne pas s’interroger sur la simple préservation de l’intégrité physique des cavaliers.

On rétorquera qu’émotion n’est pas raison, ce qui est vrai mais aucune épreuve sportive n’a vocation à devenir un jeu de roulette russe. Compétiteurs et organisateurs ne méritent pas cela. Est-il possible d’améliorer grandement la sécurité sur les cross ? La question doit être posée clairement et si les gens du métier ne sont pas dans la capacité de répondre par l’affirmative, c’est la pérennité même des cross à la papa qui doit être remise en question.

Sans aller jusqu’à l’extrémité radicale, l’interdiction générale des cross, une étude sur l’accidentologie doit être conduite dans les meilleurs délais, susceptible de déboucher sur l’interdiction de certains types d’obstacles et une autre approche de la construction de parcours, peut-être plus faciles mais surtout moins dangereux. L’enjeu n’est pas nouveau:  limiter les risques sans perdre l’âme du complet. L’équation est délicate à résoudre mais il faut s’y atteler une fois pour toutes et ne pas abandonner le travail en cours de route une fois le battage médiatique retombé.

Il ne s’agit pas de vouloir tout aseptiser. Les disciplines équestres sont globalement « à risques » c’est un fait. Chutes et bleus font intrinsèquement partie de ce sport particulier réalisé avec un animal vivant et puissant. Mais aucun sport ne saurait justifier le décès ou des accidents graves d’athlètes professionnels ou amateurs, jeunes ou moins jeunes.

Il y a urgence à réagir.

Pour aller plus loin :

  • cet excellent article d’Ouest France (2016), Le concours complet, le sport le plus dangereux au monde
  • les statistiques des assurances pour l’équitation dans l’UE : 6 000 accidents par an dont 770 morts par an, 45% des accidents hors compétition, classée 5ème activité sportive la plus dangereuse.

Une réflexion sur “Faut-il interdire l’épreuve de cross en CCE ?

  • Veron

    Honteux ce texte! Surtout que les 2 accidents cités ne sont justement pas liés à des obstacles « énormes » ou des combis « illisibles » !!!!

    On peut (et doit) débattre de l’amélioration des protections, mais la construction des tracés de cross n’est pas à remettre en cause à mon avis!

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