Des Suédois en or, des Français déçus et des chevaux éprouvés

Des Suédois en or. Quelle équipe ! © Herning2022/Stefan Lafrentz

A l’issue d’une finale palpitante les Suédois ont confirmé leur domination actuelle de la scène internationale. Ils s’imposent devant les Néerlandais et les Britanniques respectivement deuxièmes et troisièmes. La France, elle a pris l’eau, broyée comme d’autres nations par un parcours délicat surtout inutilement éprouvant pour les chevaux.

La compétition, ce n’est pas la guerre. Départager les meilleurs est toujours délicat mais le scénario choisi par le chef de piste Néerlandais Louis Konickx est aux antipodes de la vision française qui avait prévalu à Caen sous la houlette de Frédric Cottier, auteur de tracés d’une très grande finesse, précautionneux à l’égard des chevaux. 

Comme dans toute guerre, il y a un vainqueur, des vaincus et des éclopés. Herning restera à cet égard dans les mémoires comme une bataille sinon sanglante, pour le moins éprouvante avec des cotes aux limites du déraisonnable sur certains obstacles. La recette est efficace en termes de moments haletants et de suspense. Les Français sont bien placés pour le savoir, eux qui ont vu leur espoir de médaille s’envoler (12 points) sur le dernier passage, celui de Kévin Staut. Trop longtemps l’équipe de France a compté sur les miracles et notamment la capacité de Kévin Staut à sortir le sans faute décisif. Pas cette fois. Les miracles n’ont pas vocation à se répéter. Le Normand avance sans chercher d’excuses, un problème technique : Viking a passé la langue en début de tour, ce qui a engendré une « perte de connexion » sur un tour qui exigeait une maîtrise parfaite.

Il faut dire que les affaires n’avaient pas commencé au mieux. Parti en ouvreur, Simon Delestre aux rênes d’un cheval délicat avait concédé 4 points dans la très délicate ligne finale. On préssentait que le parcours serait difficile pour Gregory Cottard et Bibici, le couple le moins expérimenté. Pressentiment confirmé avec 9 points à l’arrivée et une prestation décevante. Qu’allait faire Julien Epaillard ? Le leader au provisoire en individuel a également payé le prix fort, 3 barres dans la dernière ligne. Une « ligne de la mort » aux allures de chemin des Dames : un triple vertical-vertical-oxer en n°13 suivi d’un imposant vertical pour finir. A posteriori le cavalier reconnaît avec franchise ne pas être techniquement prêt avec une jument de 10 ans qui manque encore de métier. On connaît la suite avec Kévin Staut. Adieux veaux vaches, cochons et la médaille. La France termine la compétition à la sixième place. Elle a du talent mais encore trop de fragilités. Elément rassurant, le travail devrait permettre de pallier les carences techniques. Les montures ne sont pas en revanche en manque de moyens.

L’effondrement des Bleus profite alors opportunément aux Néerlandais et aux Britanniques mais le podium est trompeur. Les Suédois sont devant à des années lumières des autres nations.

Heureusement la France est nation hôte des prochains JO et bénéficie à ce titre d’une qualification d’office. Il n’est donc pas utile de se batte la coulpe inutilement sur la déconvenue collective mais de tirer intelligemment toutes les leçons de ces championnats du monde.

La compétition se terminera dimanche avec la finale individuelle. Simon Delestre et Julien Epaillard respectivement dix et douzième sont qualifiés mais Julien Epaillard a annoncé renoncer à prendre le départ, afin « de préserver Caracole de la Roque pour le futur, la jument étant encore peu expérimentée sur le très haut niveau ».

Le classement par équipe, ici.

Le classement provisoire en individuel, là.

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