Julien Epaillard, champion précoce, numéro 1 tardif

Julien Epaillard et Virtuose Champeix

A 42 ans, Julien Epaillard est devenu numéro 1 Français au classement mondial permanent reléguant l’inoxydable Kevin Staut, une fois n‘est pas coutume, au rang de numéro 2. Ce « coup d’état » surprise est essentiellement le fruit des résultats du Grand Prix Coupe du monde de Lyon qui a souri à Julien Epaillard (5ème), beaucoup moins à Kévin Staut (16ème). De l’aveu même du nouveau chef de file tricolore, les choses devraient rentrer rapidement dans l’ordre : « au mois de novembre, j’aurais beaucoup de points à perdre. En principe, Kévin devrait vite me repasser devant. Et si tout se passe comme je le pense, je devrais terminer l’année aux alentours de la vingtième place mondiale ». Même si le règne de ce cavalier de la Manche qui n’a rien de manchot devait être bref, il a le mérite de lui offrir une reconnaissance symbolique forte. Comme si trop doué, trop jeune, il avait fallu attendre la maturité pour que la chance revienne de son côté.

Julien Epaillard, c’est au départ une histoire classique. Un fils de propriétaire de centre équestre, baigné dans le milieu, qui a du savoir monter avant de marcher. Ça aide mais, ça ne fait pas tout. Ce gamin-là se révèle doué. Particulièrement doué. Avec un premier titre de champion de France Cadets. Il n’a alors que 12 ans. La suite sera du même acabit : champion d’Europe Junior par équipe, Champion d’Europe Jeune Cavalier en individuels, médaille de bronze par équipe au Championnat d’Europe Jeunes Cavaliers.

Dans le grand bain, sa main ne tremble pas. En 2005, il endosse pour la première fois la veste bleue et termine la saison en remportant Grand Prix 5*de La Corogne (ESP). Par la suite les victoires majeures se font attendre. Lui, l’extra-terrestre dont tout le monde parle n’arrive plus à traduire dans les résultats son talent. Le voilà catalogué cavalier des plus rapides du monde mais pas de ceux susceptibles de remporter un GP 5*.

En 2017 pourtant, par deux fois il déjoue les pronostics en s’imposant à Bordeaux où il gagne sa première épreuve Coupe du monde avec Quatrin de la Roque et à Paris dans le très convoité Longines Paris Eiffel associé à Usual suspect d’Auge qui disputait alors son premier 5 étoiles… En 2019, nouveau doublé. Une victoire en début d’année toujours avec Usual suspect d’Auge au LGCT de Doha et, il y a quelques jours en Coupe du monde à Lyon avec Queeletta. Les choses seraient-elles en train de tourner ? L’avenir le dira. Car les victoires permettent d’engranger de la confiance et de laisser mûrir les projets.

Le cavalier du pays d’Auge ne s’emballe pas. Il commence à y penser les matins en se rasant. Tokyo, les JO, 2020. Pourquoi pas ? Pas question pour autant de prendre la grosse tête. « Les chevaux, c’est l’école de l’humilité » aime-t-il à rappeler. « Dès qu’on croît être arrivé, on prend une baffe ».

Publié le 8 novembre 2019, dans A suivre, Portrait, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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