Steve Guerdat, numéro 1 mondial droit dans ses bottes

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Steve Guerdat en selle sur Bianca

Son parcours est fidèle à l’adage selon lequel bon sang ne saurait mentir. Steve Guerdat tient de son père et de son milieu familial plus que de simples qualités de cavalier. Il partage avec lui la rectitude des belles âmes. Celles qui ont des valeurs et qui les respectent. Numéro 1 mondial pour le troisième mois consécutif, le Jurassien ne doit ce résultat qu’à lui-même.  Sans compromissions de toute sorte. Sans rien changer à sa façon d’être et de travailler, à son franc-parler et à son rejet d’un système où l’argent à tendance à prendre le pas sur l’éthique. Numéro 1 mondial donc mais sans bricoler les chevaux, sans leur tirer sur le physique jusqu’à la blessure ou la retraite anticipée pour une histoire de gains. Sans faire sortir le carnet de chèque à ses sponsors pour aller courir sous le soleil et dans un luxe ostentatoire les étapes du Global Champions Tour.

Il y a, à ce titre, chez ce Suisse-là des qualités qui ne peuvent que séduire des Français attachés à la méritocratie et paradoxalement à une modestie dans la réussite. Chez les Guerdat, on est des bosseurs. Pas de cuillère en argent dans la bouche à la naissance. Les biens matériels et la situation acquise ne relèvent pas d’un héritage mais sont le fruit d’un labeur quotidien. Certes, la petite entreprise a pris de l’ampleur mais demeure une PME fidèle à ses valeurs familiales qui tranche avec ces grosses fortunes ou ces enfants de grosses fortunes qui viennent chercher dans le jumping une occupation, un peu d’adrénaline quand ce n’est pas un simple moyen de dépenser un argent dont on ne sait quoi faire.

Dans le foot on pourrait comparer Steve Guerdat à ces clubs qualifiés de petits poucets où l’amour du maillot, le fait de savoir le mouiller mais aussi le respect des entraîneurs, des coéquipiers du club et de ses spectateurs donnent une force qui fait gravir des montagnes et battre les grosses cylindrées de Ligue 1.

Mais attention, Steve Guerdat ce n’est pas pour autant David contre Goliath. L’aisance matérielle est venue avec le temps. Depuis 2017 le champion olympique (en individuel à Londres en 2012) dispose de ses propres installations dans le canton de Zurich (cf vidéo ci-dessous) et peut s’appuyer sur un remarquable et enviable piquet de chevaux de Grand Prix (Alamo, Bianca, Corbinian, Hannah, Ulysse des Forêts…). Si le travail paie toujours, les valeurs aussi, parfois. Le Jurassien peut également compter sur de riches mécènes comme le milliardaire Walter Frey pour ne pas avoir à craindre le départ soudain d’un crack à l’issue d’une offre alléchante.

A 36 ans seulement ce surprenant fan de Johnny Cash jouit d’une sérénité rare pour un athlète de haut niveau. Le seul risque au fond serait qu’il forme avec son ami Kevin Staut une sorte de club de dernier des Mohicans et que ce rang de numéro 1 mondial soit à moyen terme le chant du cygne d’une équitation à l’ancienne, passionnée et engagée, mais condamnée.

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Publié le 6 mars 2019, dans Actualités, Longines world ranking list. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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