Gijon : après la contreperformance dans la Coupe des Nations, le temps des explications

Difficile de dire aujourd’hui si Bosty, champion d’Europe en titre, figurera sur la liste des heureux élus qui représenteront la France aux JEM

Ce devait être une Coupe des nations sans enjeux, juste destinée à confirmer des choix. Au final, la grande répétition pour les JEM aura tourné à la Bérézina pour l’équipe de France de saut d’obstacles. Après avoir senti le vent du boulet de l’élimination à l’issue de la première manche, le choix collectif, mais polémique, a été pris de déclarer forfait dans la deuxième. Si Pénélope Leprévost (Flora de Mariposa) et Simon Delestre (Qlassic Bois Margot) ont parfaitement rempli leur contrat, signant respectivement un sans faute et un petit 4 points, les mauvais parcours de Roger-Yves Bost (18 points avec Myrtille Paulois) et Aymeric de Ponnat (16 points sur un Armitages boy méconnaissable) laissent en revanche, dubitatif.

Cette après-midi folle aura réussi à semer le désordre dans les petits papiers de Philippe Guerdat et dans les têtes de l’équipe de France et de son staff. A l’image d’une bouteille que l’on peut qualifier d’à moitié vide ou d’à moitié pleine, l’unité de l’équipe de France a volé en éclats, entre bons et mauvais élèves. Pas de quoi pour autant dramatiser. La balle est aujourd’hui du côté du sélectionneur dont on attend une analyse froide et lucide de la situation. Après tout, si on a choisi un Suisse, c’est peut-être aussi pour ça.

Équitation et planification ne font pas bon ménage tant les paramètres qui entrent en compte sont nombreux. C’est toute la difficulté, et l’intérêt, des rendez-vous majeurs en équitation. Il ne suffit pas d’être bon de temps en temps en cours de saison, il faut être régulier et à l’apogée de ses performances le jour J. Composer une équipe presque un mois avant une échéance n’est donc pas chose aisée.

Côté positif, Pénélope Leprévost s’affirme désormais comme « l’homme fort » de l’équipe de France. Satisfecit également pour Simon Delestre qui a démontré un vrai mental d’acier, restant insensible à la pression alors qu’il partait en dernier pour la France sur la première manche. Pour autant, Qlassic Bois Margot n’apparaît pas comme une indispensable machine à sans faute…

Côté négatif, la plus grosse déception est venue d’Armitages Boy dont la régularité et la qualité de saut étaient jusqu’à présent la marque de fabrique. A l’issue du tour son cavalier confiait ainsi à Sébastien Roullier de Grand Prix Magazine : « Je suis extrêmement déçu. Ce mauvais tour ne reflète absolument pas la valeur d’Armitages Boy. Aujourd’hui, le cheval n’était pas concentré, pas du tout dans le concours, distrait. Il sautait pourtant magnifiquement bien au paddock. Physiquement, il va vraiment bien et il est frais. Jeudi déjà, sa dérobade m’a surpris. C’est très inhabituel pour lui. Là, c’est l’un de nos plus mauvais parcours. Malheureusement, cela arrive au plus mauvais moment. C’était la galère dès le numéro sept. Je ne sais pas, il a toujours un poil plus de doute sur herbe que sur sable, même s’il s’est très bien comporté à Lummen et La Baule cette année. La dernière fois que nous avions concédé seize points, c’était justement ici, dans le Grand Prix, il y a deux ans. Je ne veux surtout pas me chercher d’excuses. C’était un mauvais parcours, un point c’est tout. Nous allons ressauter demain, puis le Grand Prix lundi, pour endurcir le cheval. J’espère que cela ira mieux ».

Les propos ont le mérite de la sincérité mais on ne peut pas dire qu’ils soient rassurants. Ils questionnent en revanche sur la décision de de ne pas courir la deuxième manche qui aurait pu infirmer ou confirmer les résultats de la première. Roger-Yves Bost regrette également ce choix même si lui-même n’aurait pu participer, Castle Forbes Myrtille Paulois s’étant donné un coup lors du saut de la rivière, élément qui explique selon lui le dérèglement de la jument sur la suite du tour.

Pas de conclusions hâtives. Philippe Guerdat a livré, toujours à Sébastien Roullier,  les discussions en coulisses qui ont amené au choix de ne pas repartir en seconde manche et qui risque de laisser des traces dans les mémoires  : « Pénélope et Flora de Mariposa ont réussi une première manche parfaite, un vrai parcours de hunter. Du coup, voyant ce qui s’est passé ensuite, j’ai préféré ne pas lui faire ressauter la seconde manche. C’est une décision que nous avons pris en équipe. J’en ai discuté avec mes cavaliers et avec les propriétaires. Tout le monde n’était pas d’accord. Chacun a eu le droit d’exprimer son point de vue, c’est normal, mais il m’appartient de décider, je suis le sélectionneur. Je dois mesurer tous les enjeux. Ç’a été une décision difficile à prendre. La jument de Bosty s’étant apparemment fait un peu mal, nous ne sommes pas repartis du tout. Je ne me voyais pas revenir en arrière et redemander à Pénélope de sauter… Cela ne me satisfait pas du tout. Vis-à-vis du sport, du public du concours, des organisateurs, ce n’est pas convenable. Quand une équipe de foot est menée 3-0 à la mi-temps, elle n’abandonne pas… »

Quelques lignes plus loin, Philippe Guerdat qui entend bien assumer ses responsabilités de sélectionneur, livre les clés qui guideront son choix pour les sélections finales : « La prestation de Myrtille m’a forcément inquiété. J’avais déjà des doutes, même si elle a plutôt bien sauté il y a deux jours. Je ne peux pas me contenter d’un ou deux bons parcours. Déjà qu’elle n’a pas beaucoup sauté cette année. Nous allons attendre les résultats des examens vétérinaires, mais il est probable qu’elle ne ressorte pas du concours. Le parcours d’Aymeric et Armitages est incompréhensible. Ça fait un moment qu’il ne saute pas bien, mais là, je n’ai pas reconnu le cheval. Il a fait un bon saut de rivière, mais le reste n’a pas été bon du tout. C’est franchement préoccupant. Nous allons le réengager demain, nous verrons bien. Le parcours de Simon et Qlassic était plutôt meilleur que ses dernières prestations. Je lui ai d’ailleurs demandé de desserrer un peu ses guêtres. Malgré tout, ce couple n’est pas une machine à sans-faute… Ils sauteront sûrement le Grand Prix, eux aussi, comme Patrice Delaveau et Orient Express*HDC, ainsi que Pénélope et Flora. Pour Kevin Staut et Rêveur de Hurtebise*HDC, nous allons voir. Nous allons de toute façon rediscuter tous ensemble demain ».

Aujourd’hui dimanche se courait une épreuve à 1,50m dans laquelle les cavaliers français, piqués dans leur orgueil, ont fait bonne figure. Elle a été remportée par Bosty sur Qoud’cœur de la Loge alors qu’Armitages Boys s’est racheté une conduite en se classant 3ème sous la selle d’Aymeric de Ponnat. Bonne performance également de Kevin Staut (Rêveur de Hurtebise HDC), 5ème. (tous les résultats ici)

Demain lundi, le CSIO de Gijon prendra fin avec un GP à 1,60m, dernière occasion pour Philippe Guerdat de finaliser son jugement.  Pénélope Leprevost, Simon Delestre et Stéphane Delaveau sont engagés avec leur cheval de tête. Kevin Staut et Bosty et également mais avec respectivement Estoy Aqui de Muze HDC et Qoud’Coeur de la Loge. A suivre donc.

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Publié le 3 août 2014, dans A suivre, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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