Coupe du Monde

Julien Épaillard fait mumuze à Equita Lyon

Le Coultre de Muze sous la selle de Julien Épaillard

Vertigineux. Au terme d’un barrage d’une intensité exceptionnelle qui restera dans les annales lyonnaises, Julien Épaillard a remporté dimanche le Grand Prix de la Coupe du monde Longines d’Equita Lyon. Associé à Le Coultre de Muze, le Français a devancé le numéro un mondial allemand Richard Vogel et son étalon Cloudio de seulement trois centièmes de seconde. Une victoire à domicile qui confirme la montée en puissance d’un couple désormais parfaitement accordé, sous les yeux embués de son propriétaire, Christian Baillet.

Il fallait avoir le cœur bien accroché dimanche après-midi à Eurexpo. Dans une arène lyonnaise acquise à la cause du cavalier normand, Julien Épaillard a une nouvelle fois démontré pourquoi il compte parmi les meilleurs spécialistes mondiaux du barrage. Au terme d’une épreuve où la vitesse et la précision ont fait la différence, le Français a signé une victoire aussi spectaculaire que serrée dans le Grand Prix de la Coupe du monde Longines.

Sur les 40 couples engagés dans cette deuxième étape de la Ligue d’Europe occidentale, 14 ont réussi à décrocher leur qualification pour le barrage imaginé par le chef de piste espagnol Santiago Varela. Une finale au chronomètre qui allait rapidement prendre des allures de duel au sommet.

Premier à franchir la barre des 40 secondes, le Suisse Edouard Schmitz, qui bénéficie désormais des précieux conseils de Patrice Delaveau, avait pourtant placé la concurrence sous pression. Avec Gamin van’t Naastveldhof, il signait un double sans-faute en 38’’31, un temps particulièrement ambitieux qui lui permettait de prendre provisoirement les commandes.

Mais c’était sans compter sur Julien Épaillard.

Épaillard, trois centièmes d’avance sur le numéro un mondial

Avec Le Coultre de Muze, le Normand a livré un barrage à son image : engagé, audacieux et d’une redoutable efficacité. Une trajectoire particulièrement incisive vers le double, une vitesse impressionnante sur l’ensemble du parcours et une maîtrise remarquable dans les dernières difficultés lui permettaient d’arrêter le chronomètre à 38’’17.

Un temps de référence que Richard Vogel allait tenter de battre quelques instants plus tard.

Richard Vogel et Cloudio

Le numéro un mondial allemand, associé à son puissant étalon Cloudio, a lui aussi réalisé un barrage sans faute de très haut niveau. Prenant des risques, notamment sur un vertical abordé avec une trajectoire particulièrement serrée, il a finalement échoué à seulement trois petits centièmes de seconde du Français, en 38’’20. De quoi rager pour le cavalier d’outre-Rhin, car trois centièmes, c’est seulement 30 millisecondes : à peine le temps pour un cheval lancé à 60 km/h de parcourir une cinquantaine de centimètres !

Une marge infime qui illustre parfaitement le niveau d’exigence du saut d’obstacles international actuel. Le podium était complété par Edouard Schmitz, troisième en 38’’31, récompensant la très belle prestation de son fidèle Gamin van’t Naastveldhof.

Le Coultre de Muze, une nouvelle histoire qui prend forme

Au-delà de la victoire, ce succès lyonnais possède une dimension particulière pour Le Coultre de Muze. À 15 ans, l’étalon belge, fils de Presley Boy et de Vigo d’Arsouilles, décroche son premier Grand Prix 5* avec Julien Épaillard.

Incroyable Épaillard, toujours coiffé d’une casquette ou de sa bombe siglée d’un simple B, en référence au Haras de la Bosquetterie, le centre névralgique de son activité sportive et d’élevage, situé au Pré-d’Auge, près de Lisieux, dans le Calvados.

Une consécration qui vient récompenser le travail entrepris depuis novembre 2025, lorsque le cavalier normand a repris les rênes de ce cheval précédemment monté par Philippe Rozier.

Les débuts n’ont pas été simples. Le couple a dû apprendre à se connaître, d’autant que le cheval a également connu une blessure en début de collaboration. Julien Épaillard a choisi de prendre son temps, construisant progressivement une relation de confiance avec son nouveau partenaire.

« Nous avons dû apprendre à nous connaître. Le début n’a pas été facile ; nous avons avancé étape par étape et, petit à petit, je pense avoir réussi à gagner sa confiance », expliquait le Français après sa victoire.

Avant d’ajouter : « Nous savions depuis longtemps que c’était un grand cheval, mais un partenariat doit se construire. J’avais le sentiment que nous n’étions pas loin d’une grande performance. Et maintenant, un an plus tard, je pense que nous sommes vraiment en phase comme équipe. »

Le résultat lyonnais donne ainsi une nouvelle dimension à cette association. Le potentiel de Le Coultre de Muze n’était pas une découverte, mais cette première victoire dans un Grand Prix 5* vient confirmer qu’il a trouvé avec Julien Épaillard un partenaire capable de l’emmener au sommet.

Lyon, une étape qui réussit décidément au Normand

Julien Épaillard entretient une relation particulière avec le rendez-vous lyonnais. Vainqueur de l’étape en 2022, il avait également signé plusieurs podiums lors des éditions suivantes. Cette nouvelle victoire devant le public français vient enrichir un palmarès déjà bien fourni sur la piste d’Eurexpo.

Le cavalier ne cache d’ailleurs pas son attachement à ce concours, qu’il considère comme l’un des rendez-vous majeurs de la saison.

« C’est très important pour nous d’obtenir de bons résultats à Lyon. J’essaie toujours de venir avec des chevaux en pleine forme. L’ambiance est toujours formidable et les meilleurs cavaliers du monde sont présents », soulignait-il.

Au-delà de la satisfaction d’une victoire à domicile, ce succès constitue également une excellente opération dans la perspective de la Coupe du monde. La finale mondiale est clairement dans le viseur du Français, qui entend bien poursuivre sa progression dans le classement de la Ligue d’Europe occidentale.

Richard Vogel déjà tourné vers la revanche

Pour Richard Vogel, cette deuxième place laisse évidemment un léger goût d’inachevé, même si l’Allemand se montrait très satisfait de la prestation de Cloudio.

« Je suis extrêmement fier et heureux de Cloudio. Il est incroyablement régulier. Dans un barrage aussi rapide, j’aurais pu négocier une ou deux situations plus efficacement, mais il a sauté de façon brillante aujourd’hui », reconnaissait-il.

Le champion allemand estimait notamment qu’une foulée supplémentaire laissée à deux endroits du parcours aurait peut-être fait la différence.

« Les écarts deviennent de plus en plus faibles. Chaque détail et chaque petite décision comptent et finissent par influencer le résultat. Nous allons essayer de progresser pour battre Julien la prochaine fois », concluait-il.

Une promesse qui donne déjà rendez-vous aux deux hommes pour leurs prochains affrontements, pour le grand bonheur du public, friand de ce genre de duels faussement fratricides (ils sont amis dans la vie) dans lesquels le corsaire français au génie insolent est parfois capable de damer le pion au centaure de fer d’outre-Rhin.

À suivre !

Le classement complet, ici.

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