Ligue des nations Longines

Ligue des Nations : la France s’impose à Saint-Tropez et prend rendez-vous avec Barcelone

Ecarté un temps des terrains pour blessure, Simon Delestre, associé pour l’occasion à Gatsby du Tillard a rappelé son importance dans le dispositif français. © FEI/Massimo Argenziano

Il fallait terminer comme elle avait commencé. Victorieuse à Abu Dhabi en ouverture de saison, l’équipe de France a remporté dimanche, à Saint-Tropez-Gassin, la quatrième et dernière étape qualificative de la Longines League of Nations 2026. Une victoire à domicile construite dans la maîtrise et conclue sous une pression maximale par Simon Delestre et Gatsby du Tillard.

La France avait donné le ton à Abu Dhabi. Elle vient de refermer la phase qualificative de la même manière, avec une nouvelle victoire. Sept mois après son succès aux Émirats arabes unis, l’équipe tricolore a récidivé sur la Côte d’Azur, devant son public, au terme d’une finale d’étape particulièrement tendue.

Sous la direction d’Édouard Couperie, Nina Mallevaey avec Destine to Be, Antoine Ermann sur Floyd des Pres, Simon Delestre associé à Gatsby du Tillard et Julien Epaillard avec Donatello d’Auge ont bouclé les deux manches avec seulement quatre points de pénalité.

Le Brésil termine deuxième avec huit points, devant la Belgique, également à huit points mais devancée au chronomètre.

Un parcours semé d’embûches

Grégory Bodo avait réservé aux huit nations qualifiées pour la seconde manche un parcours à la hauteur de l’enjeu : 12 obstacles, 15 efforts, une hauteur de 1,60 m et un temps accordé de 75 secondes. Il y avait de quoi s’occuper comme on dit familièrement, mais comme le chuchotent les chefs de piste, la qualité croissant des cavaliers et des montures contraint à hausser continuellement le niveau.

La difficulté du tracé s’est immédiatement vérifiée. À l’issue de la première manche, seules 14 des combinaisons engagées avaient réussi à préserver leur score vierge. La technicité du parcours imposait notamment de la précision dans les lignes et une parfaite gestion du temps.

Le Brésil avait alors pris une sérieuse option. Avec trois parcours sans faute signés Marlon Modolo Zanotelli, João Victor Castro Aguiar Gomes de Lima et Pedro Junqueira Muylaert, les Brésiliens étaient les seuls à terminer la première manche sans pénalité.

La France, elle, devait encore produire son effort.

Trois sans-faute français pour renverser la situation

Et les Bleus ont répondu présent.

4 points en première manche mais sans faute dans la deuxième avec Destine to Be, Nina Mallevaey est malgré son âge l’autre pièce maîtresse de l’équipe de France. © FEI/Massimo Argenziano

En seconde manche, Nina Mallevaey, Antoine Ermann et Simon Delestre signent successivement trois parcours sans faute. Chapeau bas. Une série qui place immédiatement la pression sur le dernier cavalier brésilien, Marlon Modolo Zanotelli.

Le calcul est alors simple : le Brésil doit rester parfait.

Mais avec Charly Heart, Zanotelli commet une faute sur le numéro 11. Quatre points qui font basculer définitivement la victoire du côté français.

La France termine ainsi à quatre points, devant le Brésil et la Belgique à huit.

Delestre, le sans-faute qui vaut de l’or

Dans cette victoire, le parcours de Simon Delestre et Gatsby du Tillard restera comme le moment décisif.

Parti dans une position où la moindre faute pouvait changer le classement, le cavalier lorrain a parfaitement résisté à la pression. Son sans-faute a placé le Brésil dans l’obligation de réaliser à son tour un parcours parfait.

Son parcours a finalement fait basculer l’épreuve.

Une victoire à domicile qui compte double

Pour Édouard Coupérie, le succès possède évidemment une dimension particulière.

Gagner une étape de la Longines League of Nations est déjà un résultat majeur. Le faire en France, devant son public, donne une autre dimension à la performance.

Cette victoire est également la deuxième de la saison pour les Bleus après celle obtenue à Abu Dhabi en février. Entre les deux, la France a construit une campagne suffisamment régulière pour terminer en tête du classement général qualificatif avec 290 points.

Huit nations pour un seul titre à Barcelone

Cette première place permet à la France d’aborder la finale de Barcelone avec un statut de tête de série, mais elle ne constitue pas un avantage comptable pour la finale elle-même.

Le règlement de la Longines League of Nations prévoit en effet que les huit meilleures nations de la phase qualificative accèdent à la finale. Les compteurs sont ensuite remis à zéro : le vainqueur de la finale devient le champion de la Longines League of Nations.

La France retrouvera donc à Barcelone l’Allemagne, la Grande-Bretagne, le Brésil, l’Irlande, la Belgique, les États-Unis et l’Italie.

La finale est programmée à Barcelone du 1er au 4 octobre, avec l’épreuve décisive de la Longines League of Nations au programme.

Et pourtant ce format de Coupe des nations reste décevant

S’il n’y a rien à redire sur les équipes engagées qui ont fait le job, la pauvreté du public, la confidentialité de l’épreuve interroge au plus haut point surtout lorsqu’on compare avec la fusion avec le public comme on les rencontre dans des rendez-vous historiques tels que La Baule. Certes, les installations de St Tropez-Grassin sont au plus haut standard, mais que vaut une discipline sportive quand elle se restreint à chic un entre-soi nombriliste dans lequel le paraître compte autant sinon plus que la qualité sportive. C’est l’âme même du jumping que l’on assassine en le tirant imperceptiblement vers la philosophie du polo, sélect avant tout. Steve Guerdat a bien reniflé et dénoncé ce mauvais air, mais force est de constater que sa vision sportive du jumping est aujourd’hui ultra minoritaire.

Le classement complet de le Coupe des nations, ici.

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