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L’organisation des Jeux Equestres Mondiaux étrillée par la presse anglo-saxonne

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Un groupe de spectateurs suédois dans le stade d’Ornano

« French farce », « chaos », « Worst Ever Games » (les pires jeux équestres),  la presse étrangère, principalement anglo-saxonne, mais aussi parfois française n’a pas eu de mots assez durs pour décrire l’organisation à la française des JEM. Des critiques hélas largement fondées qui amènent à s’interroger aussi sur un évènement rendu difficilement gérable par son ampleur (huit disciplines) et la multiplication des sites.

Certes, sur le plan sportif, les épreuves, à l’exception notable de l’endurance marquée par un accident mortel, se sont bien déroulées notamment le saut d’obstacles. En revanche, les à côtés, les coulisses du spectacle non seulement n’ont pas été à la hauteur mais ont fortement contribué à écorner l’image de la France. Tout autant que le mauvais amateurisme, l’absence de contrition des organisateurs et de la FEI face aux défaillances a largement exaspéré les victimes de ces dysfonctionnements. A titre d’exemple, Fabien Grobon, Directeur Général du Comité d’Organisation s’est déclaré « particulièrement très fier de ce qui a été livré « .

Certes les conditions météo de la première semaine ont été très défavorables mais, organiser c’est aussi et surtout, prévoir. Le sentiment dominant est que l’attention de l’organisation s’est focalisée sur la qualité des infrastructures équestres en faisant en revanche peu de cas des spectateurs.

Passons rapidement sur le prix des billets, globalement beaucoup trop chers notamment pour le CSO. Du coup, beaucoup s’étaient rabattus sur le complet au Haras du Pin. Une bonne idée mais encore fallait-il pouvoir accéder aux sites. Combien de spectateurs sont restés coincés dans les bouchons faute de parkings et de transports en commun ? Un très grand nombre. « Après le cross, de la déception et des questions » titrait ainsi Ouest-France.

Pippa Cuckson va jusqu’à évoquer un choc de déception par rapport à ce qu’elle a vu et vécu. La journaliste Britannique explique que d’habitude nos voisins d’outre-manche sont toujours heureux de venir en France pour assister à des compétitions (Paris, Chantilly, La Baule, Cannes, Pau, Saumur ou Le Lion d’Angers) qui ont une classe certaine (même par mauvais temps), sans avoir à  » craindre de mourir d’une dysenterie ou de faim ».

De nombreux médias ont été également échaudés par l’hébergement qui leur a été réservé. « Si j’avais voulu dormir dans une petite chambre à l’odeur bizarre à proximité d’une autoroute à six voies et un KFC, je serais resté aux États-Unis » écrit ainsi la californienne Erin Gilmore dans Horse and Style Magazine. La deuxième semaine a certes connu une amélioration puisque le centre des médias après une semaine de diète a enfin été ravitaillé en boissons et nourriture. Par contre, l’état des toilettes chimiques n’a lui en revanche jamais dépassé en qualité celui des commodités qu’on peut trouver sur une aire d’autoroute abandonnée.

Que dire également du soit disant « village des Jeux » trop éloigné du stade d’Ornano pour s’y rendre à pied et difficilement accessible en voiture faute de places de parking, de bouchons et de navettes insuffisantes. Il faut plutôt parler d’une foire commerciale normando-normande, sans âme, et qui en réalité qui n’a jamais joué la carte de la destination touristique France ni des autres berceaux d’élevage.

Le fonctionnement du stade d’Ornano, écrin des Jeux n’est pas exempt de reproches. Outre les barrières de chantier et les énormes groupes électrogènes, la gestion du public a été calamiteuse. Avec des spectateurs notamment contraints d’attendre de longs moments debout au soleil l’ouverture des portes et de sortir entre midi et deux alors que les espaces restauration et les sanitaires étaient à l’intérieur du stade.

Dieu merci la qualité du spectacle sportif sur les magnifiques pistes tracées par Frédéric Cottier a largement permis de faire oublier ces dysfonctionnements. Il en reste néanmoins un goût d’inachevé et de rendez-vous raté pour une France déjà en proie au doute sur ses propres capacités. Dommage notamment pour les 3 000 bénévoles fortement investis, contraints parfois à l’exemple du Haras du Pin de payer leur emplacement de tente et de se contenter comme repas d’un malheureux sandwich généreusement offert par l’organisation.