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S’il n’en reste qu’un, ce sera Deroubaix

American dream : McLain Ward, Adrienne Sternlicht, Laura Kraut, and Devin Ryan in their
presentation ceremony. ©Sportfot

L’équipe de France de saut d’obstacles a pris l’eau à Tryon. Elle termine 9èmede la compétition et ne décroche donc pas dans l’immédiat sa qualification pour les JO de Tokyo. Pas la peine d’épiloguer là-dessus ni de sortir les dagues. Les cœurs sont lourds et les mines basses. Mais, c’est ainsi. Les grandes nations équestres, club auquel appartient assurément la France, ont leur haut et leur bas. Rien de cyclothymique en cela. Chevaux et cavaliers sont des êtres vivants avec leurs fragilités. Si on y ajoute les contraintes économiques à savoir les circuits parallèles et la loi d’airain du mercato qui conduit à vendre les meilleurs montures, l’inconstance des résultats est un fait logique. Et puis, il faut bien en laisser un peu pour les autres et donc laisser la roue de la chance tourner. A cet égard, on ne peut pas dire que la France ait été mal servie aux Jeux Olympiques de Rio.

La déception pour Tryon est donc légitime même si elle était un peu prévisible. La sélection arrêtée par Philippe Guerdat était osée mais surtout imposée par le peu de cartes en sa possession. Avec un seul couple vraiment expérimenté mais en fin de carrière complété par trois autres qui découvraient (à l’exception de Nicolas Delmotte) le grand bain, ça passait ou, ça cassait. La deuxième hypothèse a prévalu face à des adversaires très bien préparés et équipés. Autre facteur handicapant dont il faut bien parler, c’est qu’une grande équipe ce n’est pas seulement un agrégat d’athlètes brillants, c’est aussi un petit supplément d’âme. Or, dans le camp tricolore, faute de temps sans doute, on n’a pas senti d’esprit de groupe et de conquête. Une équipe, ce n’est Philippe Guerdat qui le démentira, c’est toujours une complexe alchimie.

Reste le cas Timon d’Aure et Alexis Deroubaix. Ce sera sans doute la seule bonne surprise de ces Jeux. 13èmeau provisoire avant la grande finale de dimanche, Alexis Deroubaix, propulsé au plus haut niveau a soudain beaucoup de poids sur les épaules. Mais comme l’avais dit très intelligemment Emmanuelle Perron-Pette à propos de Rêveur de Hurtebise, à partir de maintenant, ce ne peut être que du bonus. Cette finale sera donc à regarder avec intérêt parce qu’elle promet du beau sport et que, qui qu’il advienne les couleurs françaises, dans cette dernière ligne droite, seront assurément bien portées par celui qui sera la révélation tricolore 2018.

Le classement individuel, c’est ici.

Le classement par équipe, c’est .

Alexis Deroubaix crée la surprise à Dublin

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Alexis Deroubaix et Timon d’Aure (archives)

Après la révolution sud-américaine de vendredi où le Mexique, contre toute attente, a remporté la Coupe des nations, l’autre (bonne) surprise du week-end est venue d’Alexis Deroubaix. Le Tricolore associé à Timon d’Aure s’est hissé sur la deuxième marche du podium du Grand Prix dominical, juste derrière le jeune Néerlandais Kevin Jochems (Captain Cooper) et devant l’expérimenté Lorenzo de Luca (Irenice Horta). Pénalisé de 4 points au barrage sur son fidèle Rêveur de Hurtebise, Kevin Staut prend la sixième place.

Plus qu’un simple CSIO, le Dublin Horse Show, c’est une institution. Une vieille dame de 144 ans qui ne s’en laisse pas compter et qui mélange allégrement modernité et bonnes manières. Comme le respect des règles sportives internationales qui font de l’anglais et du français les deux langues officielles des compétitions équestres. Entendre des annonces dans la langue de Molière en zone d’influence britannique est suffisamment rare pour être souligné.

L’anecdote aura sans doute échappé à Alexis Deroubaix trop concentré à bien faire. Le cavalier du Haras du Plessis chez André et Annick Chenu, a définitivement gagné ses galons en 5*. Impeccable en Coupe des Nations, le Nordiste de 31 ans continue son ascension. Courant juin on parlait de son « incroyable performance » dans le Grand Prix du CHIO de Rotterdam (6ème) alors là, avec une deuxième place à Dublin, c’est un peu l’histoire de la petite bête qui monte, qui monte.

Dans le vivier contrasté des cavaliers français, c’est une bonne nouvelle. Le sang neuf, enfin, fait parler de lui. Cela n’enlève rien au talent et au mérite des anciens à commencer par Kevin Staut dont la longévité au plus haut niveau est juste remarquable. Mais les plus belles forêts sont celles qui assurent la cohabitation des vieux chênes et des jeunes pousses. Poussés par Philippe Guerdat Alexis Deroubaix mais aussi Alexandra Paillot (5 points avec Tonio la Goutelle dans le GP) et Alexandra Francart (dans la Coupe des Nations) ont confirmé leur potentiel. C’est d’autant plus important que de nouvelles générations émergent dans les nations concurrentes. A commencer par ces redoutables Pays-Bas à l’image de Frank Schuttert (25 ans) et Kevin Jochems (23 ans) vainqueurs respectifs dans le même week-end à Valkenswaard et Dublin.

La suite désormais, ce sont les Jeux Équestres Mondiaux de Tryon. A charge d’ici là pour Philippe Guerdat de sortir sa liste de cavaliers sélectionnés avec comme toujours peu d’élus et beaucoup de déçus.

Le classement complet du GP, ici.

Alexis Deroubaix s’impose dans le Grand Prix 4* de la Corogne

CSI 4 Casas Novas 2018

Alexis Deroubaix et Timon d’Aure en route vers la victoire. Crédit Oxersport.

Alexis Deroubaix, figure montante de l’équitation Française, s’est imposé dans le Grand Prix du CSI 4* de la Corogne (Espagne). Le Nordiste installé désormais en Normandie remporte la victoire avec son cheval de tête Timon d’Aure, propriété d’André Chenu. Le cavalier Tricolore devance l’Espagnol Mikel Aizpurua Quiroga (Cartanya) et la Suédoise Hannah Akerblom (Chodec).

Le classement complet, ici.