Claude Perreau, figure du monde équestre, est décédé

Claude Perreau aurait pu être un personnage de roman. Mais même les romans les plus passionnants ont une fin. Claude Perreau s’est éteint ce week-end à 72 ans. Une page se tourne à Vougy. Si sa silhouette ne sera plus présente, son souvenir restera dans beaucoup de mémoires.
Car Claude Perreau faisait partie de ces figures, attachantes, hautes en couleurs que l’on n’oublie pas. Lorsqu’on le rencontrait pour la première fois, on était surpris par son accent du midi dont il ne s’est jamais départi, peut-être par coquetterie, malgré les années. Autre singularité chez ce solide gaillard, cet œil curieux et pétillant, particulièrement mobile derrière les lunettes. Un œil qui ne se trompait que rarement pour juger hommes et chevaux.
Claude appartenait à cette génération en voie de disparition des vrais hommes de chevaux. Ceux qui ont fait leurs classes sur le terrain, à la dure. Ceux qui s’inscrivent dans une chaîne historique de transmission du savoir équestre. Claude Perreau, ancien élève de Maître Couillaud, a ainsi formé à son tour des générations de cavaliers et de moniteurs.
Bâtisseur d’hommes, bâtisseur de chevaux également dans l’exercice délicat de la génétique. Le nom de Claude Perreau restera étroitement associé à la réussite exceptionnelle de l’élevage familial connu aujourd’hui dans le monde entier sous l’affixe « d’Aiguilly ».
Bâtisseur toujours, quand après un passage à Saulieu (Bourgogne) Claude et Chantal Perreau reprennent en 1987 les écuries de Vougy à Roanne (Loire) qu’ils remettent à flots et font prospérer.
Bâtisseur enfin de famille, sans doute à ses yeux sa plus belle réussite. En chef de famille plutôt que de clan, Claude Perreau avait une fierté très poussée (très méditerranéenne), mais justifiée, de ses enfants et de ses petits-enfants dont il ne manquait jamais de faire remarquer les succès.
À Chantal, son épouse, à Olivier et Stéphanie, ses enfants, à tous ses petits-enfants, nous adressons nos plus vives condoléances.
