Rolex Grand Slam

Martin Fuchs sacré Empereur à Aix-la-Chapelle

Photo: CHIO Aachen/Jasmin Metzner

Remporter le Grand Prix Rolex du CHIO d’Aix-la-Chapelle est considéré par les cavaliers comme l’un des plus hauts faits d’armes possibles en jumping après les JO. À ce titre, la date du 6 juillet 2025 restera gravée dans la tête de Martin Fuchs, titulaire pourtant d’un palmarès déjà exceptionnel. En selle sur son fidèle Leone Jei, un hongre KWPN de 13 ans, le Suisse a su dominer la concurrence lors d’un barrage palpitant et très ouvert, puisque réunissant onze concurrents. Il s’impose en devançant l’Américaine Laura Kraut, seconde avec Baloutinue, et son compatriote Steve Guerdat associé à Dynamix de Bélhème.

Martin Fuchs : l’ascension d’un prodige

Martin Fuchs est né le 13 juillet 1992 à Zurich et bien né puisqu’il est le fils de Thomas Fuchs et neveu de Markus Fuchs, avec pour parrain un certain Willy Melliger… Il baigne logiquement dès son plus jeune âge dans l’univers équestre et très rapidement se distingue dans les catégories juniors, remportant notamment l’or par équipe aux Jeux olympiques de la jeunesse en 2010. Sa carrière est vite jalonnée de succès majeurs. Champion d’Europe individuel en 2019 avec Clooney 51, vice-champion du monde en individuel en 2018 à Tryon, vainqueur de la finale de la Coupe du monde en 2022 à Leipzig. Sans compter la multitude de podiums dans les plus prestigieux Grands Prix CSI5* (dont 9 victoires entre août et décembre 2024). Ne manque plus à son palmarès que les Jeux Olympiques, le rendez-vous de Versailles s’étant révélé contre toute attente très décevant. Patience.

Martin Fuchs, le fin stratège

De la frustration vient souvent le sursaut qui permet l’exploit. Malgré son jeune âge (33 ans dans quelques jours), Martin Fuchs a abordé le barrage du Grand Prix d’Aix-la-Chapelle 2025 en s’appuyant tel un renard expérimenté sur une stratégie audacieuse et réfléchie, en selle sur son puissant Leone Jei. Face à dix autres barragistes, il savait que seule une prise de risque maximale pouvait lui permettre de décrocher la victoire dans ce concours d’exception.

La veille de l’épreuve, il a revu les vidéos de ses précédents barrages à Aix-la-Chapelle pour identifier les axes d’amélioration. Il avait à cœur de ne pas répéter l’erreur de l’an passé, où une faute l’avait privé du titre. Dès le début du parcours, Fuchs a imprimé un rythme très soutenu, profitant de la grande foulée de Leone Jei pour aborder chaque obstacle avec fluidité et vitesse. Il a choisi des trajectoires très tendues, minimisant les déplacements latéraux et gagnant de précieux dixièmes de seconde dans les virages. Le moment clé de son barrage a été l’abord du double, considéré comme l’obstacle le plus délicat du tracé. Fuchs a pris le risque d’enlever une foulée avant ce double, ce qui lui a permis de garder l’impulsion et de gagner du temps par rapport à ses concurrents, sans compromettre la sécurité. Après le double, il a lancé Leone Jei à pleine vitesse vers le dernier vertical, maintenant la pression jusqu’à la ligne d’arrivée. Résultat : un parcours sans faute en 50,29 secondes, soit plus de deux secondes d’avance sur la dauphine Laura Kraut. Chapeau l’artiste !

Les clés de la réussite

Fuchs a déclaré en conférence de presse avoir « pris tous les risques » au barrage, convaincu que Leone Jei pouvait laisser toutes les barres sur les taquets s’il montait juste et rapide. Sa parfaite entente avec Leone Jei lui a permis d’oser des options que d’autres n’ont pas tentées, notamment sur les lignes les plus techniques du parcours. Lucide sur ses erreurs passées, Fuchs a su transformer la pression en motivation, livrant un barrage d’une grande maîtrise technique et mentale.« Au barrage, j’ai pris tous les risques. Je sais que si je ne commets pas d’erreur, Leone laisse presque toujours toutes les barres sur les taquets. Je suis chanceux ! J’ai enlevé une foulée avant le double, qui était l’obstacle le plus difficile du barrage. Mais face aux meilleurs cavaliers et chevaux du monde, il me fallait tout tenter. »

Des cavaliers français performants

Même si aucun tricolore n’est monté sur le podium du Grand Prix, les couleurs françaises ont été bien portées. Nina Mallevaey (Dynastie de Beaufour) décroche une belle5e place, grâce à deux parcours sans faute et une qualification au barrage. Olivier Robert, également auteur d’un double sans faute avec Iglesias DV se voit récompensé d’une 8ᵉ place.

Le classement complet, ici.

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