Bordeaux : la victoire en demi-teinte de Martin Fuchs

A défaut de grives, il faut savoir se contenter de merles. Faute de remporter l’étape bordelaise du circuit Coupe du monde du samedi soir comme l’an passé, Martin Fuchs s’est adjugé le Grand Prix Audi dominical, autre must-have du jumping de Bordeaux, car richement doté. Et tant pis si pour cela, il a fallu resseller Conner Jei, privé de jour de repos.
Les stigmates de l’adolescence de Martin Fuchs ont disparu. A 33 ans (l’âge du Christ sur la croix), le visage du Suisse s’est durci. Sa monte et son relationnel aussi, notamment avec son propriétaire historique. Le sourire a progressivement disparu, caché désormais sous une barbichette de mousquetaire. La complicité avec ses montures a glissé vers une relation purement professionnelle où le résultat compte avant tout. Et ça marche, plus ou moins bien. En coupe du monde Fuchs peine à engranger des victoires et des points, naviguant aux alentours de la 10ème place au classement provisoire pour la ligue la plus disputée, celle de l’Europe de l’Ouest. Alors cette victoire dans le Grand Prix Audi vient rassurer. Car les cavaliers sont superstitieux, hantés de traverser à un moment de leur carrière une période de scoumoune. A l’inverse, ils savent que la victoire appelle la victoire, dans un syndrome sportif de la main chaude, où l’assurance engrangée créée une spirale positive. La suite est à écrire pour Fuchs.
En attendant, le zurichois a su terrasser les six autres barragistes par un tracé d’orfèvre et un sang-froid qui ne l’a jamais quitté. Sa parfaite connaissance de Conner Jei, son partenaire âgé de 15 ans, a fait le reste avec une prise de risques calculée.
Avant ce couple très capé, Victor Bettendorf a longtemps cru tenir la victoire. Le Luxembourgeois devra finalement se satisfaire d’une deuxième place. Le podium est complété par le sympathique allemand Michael Jung, cavalier complet au sens propre comme au figuré, qui prouve une fois de plus sa capacité à rivaliser avec les meilleurs spécialistes du jumping pur.
Les meilleurs résultats français sont réalisés par Cédric Hurel et Camille Condé‑Ferreira, respectivement 4ème et 5ème.
Le classement complet, ici.
