Coupe du Monde

Julien Epaillard remporte la finale de la Coupe du monde, Staut troisième

Facétieux Julien Epaillard tout à sa joie de célébrer une victoire ardemment désirée.
Photo Credit: FEI/Benjamin Clark

On attendait Martin Fuchs à domicile mais c’est finalement Julien Epaillard, tel un corsaire, qui a pris d’assaut et remporté ce 6 avril 2025 à Bâle (Suisse) la finale de la Coupe du monde Longines de saut d’obstacles avec son fidèle partenaire, Donatello d’Auge. Le Normand de 47 ans est le deuxième Français à s’imposer dans cette prestigieuse compétition, 21 ans après le sacre de Bruno Broucqsault en 2004 à Milan !

Un parcours maîtrisé jusqu’au bout

La finale, disputée sur deux manches à 1,60 m, a tenu toutes ses promesses en termes de suspense et de performance. Julien Epaillard, déjà en tête après les épreuves précédentes, a abordé cette ultime journée avec beaucoup de sérénité et de détermination. Lors de la première manche, le duo a signé un parcours sans faute, confirmant sa régularité et sa précision. En seconde manche, malgré une barre au sol, le Français a su conserver son avance au classement général, terminant avec un total de 4 points de pénalité. Cette performance lui a permis de devancer des concurrents de taille, tels que le Britannique Ben Maher, médaillé d’or olympique à Paris 2024, qui a pris la deuxième place avec 7 points sur Point Break, et son compatriote Kevin Staut, troisième avec Visconti du Telman.

Epaillard, dernier à s’élancer dans cette finale, avait beaucoup de poids sur les épaules. Enfermé dans sa bulle il a su rester étanche à la fébrilité du camp français face à cette victoire potentielle. « C’est une immense fierté », a-t-il déclaré après sa victoire, soulignant la pression et l’émotion d’un tel moment devant un public beau joueur qui a défaut de Martin Fuchs a adoubé le Français.

Une semaine de domination

Le triomphe de Julien Epaillard à Bâle n’est pas le fruit du hasard. Dès le début de la compétition, le cavalier a imposé son rythme. Le jeudi 3 avril, il avait remporté la Chasse, première épreuve de vitesse, avec un chrono impressionnant de 60’’30, devançant Ben Maher et l’Américaine Lillie Keenan. Le vendredi, il s’était classé sixième du Grand Prix, préférant préserver Donatello pour la grande finale en faisant le choix inédit et audacieux de ne pas courir le barrage. Ce choix stratégique s’est avéré payant, avec une prise de rique couronnée de succès.

Un podium tricolore et une déception suédoise

La troisième place de Kevin Staut, a fait bomber un peu plus le torse à la délégation française. Avec Visconti du Telman, Staut a livré une prestation solide, confirmant sa réputation de maîtrise et de précision qui lui assure sa présence ininterrompue dans l’élite mondiale depuis des années. Ce double podium français est une première dans l’histoire récente de la Coupe du monde et un apporte un souffle printanier sur l’équitation tricolore à l’approche des grandes échéances futures.

En revanche, le favori suédois Henrik von Eckermann, double tenant du titre (2023 et 2024), a vu ses rêves de triplé s’effondrer. Sans son légendaire King Edward, laissé au repos, et avec sa jument Iliana qui a fauté sur un oxer lors de la seconde manche, le numéro un mondial a dû se contenter de la quatrième place.

Une consécration pour un cavalier d’exception

Originaire de Cherbourg, Julien Epaillard n’en est pas à son premier coup d’éclat. Médaillé de bronze par équipes aux Jeux olympiques de Paris 2024 et vice-champion de la Coupe du monde en 2024 avec Dubaï du Cèdre, il s’est forgé une réputation de cavalier rapide et précis. Cette victoire à Bâle, sa première couronne mondiale individuelle, vient couronner une carrière marquée par la constance et une complicité rare avec ses montures. « Donatello est un cheval spécial pour moi et ma famille« , a-t-il confié, rendant hommage à son partenaire équin.

Le classement complet, ici.

https://youtu.be/PwSLu6I6yzA?si=ruiZWPaE9sQPXCn6

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *