Archives de Catégorie: Portrait

Olivier Robert, éternel émerveillé

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Olivier Robert

Évoquant la première participation d’Olivier Robert à une finale Coupe du monde en 2017, L’Équipe avait eu ce titre bien choisi : « Un Petit Poucet avec les ogres ». Par correction le quotidien sportif avait mis des parenthèses à Petit Poucet. Un « petit modèle » dirait-on en langage cheval. Avec le génie d’un bon anglo-arabe pourrait-on ajouter avec malice en référence aux attaches du cavalier au sud-ouest.

De talent, en effet, Olivier Robert ne manque pas. Mais son éclosion au plus haut niveau reste une exception pour quelqu’un qui n’est pas né avec une cuillère en argent dans la bouche ou dans une famille de professionnels du jumping. Olivier Robert, champion de France 2018 Pro Élite, c’est le sacre d’une trajectoire longue mais réussie dont on ne sait pas encore à quelle altitude elle s’arrêtera. C’est la réussite d’un travailleur opiniâtre qui s’est construite à la force du poignet et qui à chaque nouveau pallier de franchi conserve un regard détaché et émerveillé sur sa propre réussite. Dans un milieu où les blasés de tout sont légion, la fraîcheur d’Olivier Robert fait du bien.

Que de chemin parcouru depuis l’époque Bentejac, le premier à lui avoir donné sa chance. Au fil des années, « le gamin » s’est fait un prénom en complément d’un patronyme source de confusion. Aucun lien de parenté avec la figure tutélaire, seulement un lien de respect et d’amitiés entre deux individus confusément marqué par le gêne cheval dans leur ADN.

Aujourd’hui, à 42 ans, Olivier Robert est un homme et un cavalier comblé. Avec une naissance qui arrive et qui viendra compléter une réussite sportive et professionnelle remarquable. « J’ai une super une écurie, une écurie merveilleuse » déclarait-il en référence à son piquet riche et varié à l’occasion du Saut Hermès 2018. Le propos est typique d’Olivier Robert. Toujours positif, toujours en faveur du cheval. Et pourtant, il n’a pas de quoi rougir. Petite taille et petite voix certes mais, grand talent. Une intelligence rare à cheval, des tracés millimétrés… Il y en a un autre qui peut être satisfait, c’est Philippe Guerdat. Le sélectionneur national a eu, une nouvelle fois du nez en lui donnant sa chance au plus haut niveau. Au fil des tours en 5*, le cavalier de Pompignac a capitalisé, tour après tour, une solide expérience. Ses pairs s’accordent aujourd’hui pour reconnaître qu’il avait pris de l’épaisseur. Une sacrée épaisseur mise au grand jour par le double sans faute signé avec Eros lors de la Coupe des nations de Sopot.

Chez les hommes, et les sportifs, il faut toujours prêter attention à la trajectoire et ne pas se focaliser sur l’instant présent. Après une fantastique saison 2017, Olivier Robert a débuté 2018 sur les chapeaux de roue. Avec un cheval relativement peu expérimenté, Vivaldi des Meneaux, il est monté sur la plus haute marche du podium des championnats de France, encadré par Mathieu Billot et Max Thirouin, deux compagnons d’armes de l’équipe de France. « C’est vraiment un chouette moment, les Coupes des Nations, c’est fabuleux, mais il y a une atmosphère tellement particulière sur ces championnats de France » a déclaré l’Aquitain.

La saison 2018 est loin d’être achevée. Le petit Poucet aurait-il soudainement un appétit d’ogre ? Le rêve américain d’Olivier deviendra-t-il réalité en référence aux prochains Jeux Équestres Mondiaux de Tryon ? C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

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Quickly de Kreisker, chef de file 2014 de l’élevage français

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Abdelkebir Ouaddar et Quickly de Kreisker – LGCT Chantilly 2014. Cliquer pour agrandir.

1mètre 65 seulement mais la puissance et la souplesse d’un très grand compétiteur. Quickly de Kreisker est le premier poulain à être né chez Guillaume Ansker à l’élevage de Kreisker en 2004. Aujourd’hui il est considéré comme l’un des plus beaux et performants produits de l’élevage français. Fils du champion du monde Diamant de Semilly SF, Quickly n’est autre qu’un produit de la célèbre Briseis d’Helby SF, « l’une des meilleures filles de Laudanum » selon son naisseur.

Fin 2012, après une victoire dans le Grand Prix Pro1 du Mans et une 12e place au CSI2* de Caen, Quickly est vendu au Roi du Maroc qui le confie à Abdelkebir OUADDAR avec lequel il forme depuis un couple toujours très apprécié du public.

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Abdelkebir Ouaddar et Quickly de Kreisker terminent 13èmes des JEM 2014.

Grâce à Quickly et aux conseils de Marcel Rozier, le cavalier marocain de 52 ans a connu en seulement deux ans une ascension fulgurante dans la hiérarchie mondiale. Il pointe aujourd’hui à la 43ème place du classement permanent FEI.

Quickly, que l’on surnomme en Bretagne « le Crack de Plozévet » (lieu-dit de l’élevage de Kreisker) termine l’année 2014 à la 6ème place du classement mondial des chevaux FEI WBFSH (fédération internationale des livres généalogiques pour les chevaux de sport dans le monde), ce qui en fait le leader incontesté du studbook Selle Français.

Résultats majeurs : en 2014, 2e GP CSIO5* La Baule 2014, 1er GP CSI3*-W Sharjah (UAE), 1er GP CSI3* Le Touquet, 1er GP CSI5* Al Ain (UAE) ; en 2013, 1er GP CSI3*-W de Rabat (MAR) et Tetouan (MAR), 1er GP CSI3* Vichy et Vejer de la Frontera (ESP).

Rétrospective 2014 (2): McLain Ward : il y a une vie après Sapphire

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McLain Ward et Rothchild (JEM 2014). Cliquer pour agrandir.

 

Mal connu du grand public européen, McLain Ward est pourtant à 39 ans, l’un des cavaliers américains les plus accomplis. McLain, c’est un palmarès long comme le bras avec au sommet deux médailles d’or par équipe aux Jeux Olympiques d’Athènes (2004) et de Pékin (2008) et un cheval de légende considéré comme l’un des meilleurs du siècle, la fameuse Sapphire partie à la retraite en 2012 et emportée par des coliques en juin de cette année, à l’âge de 19 ans. Privé de sa jument de tête et de cœur, McLain figure néanmoins toujours parmi l’élite mondiale. En avril 2014, il remportait avec Rothchild le Grand Prix LGCT d’Anvers en juin celui de Spruce Meadows (Calgary). En septembre, toujours avec le même cheval il remportait la médaille de bronze par équipe aux JEM et terminait à la 5ème place en individuel.

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McLain Ward et Rothchild médaille de bronze par équipe à Caen.

Cavalier émérite depuis l’âge de 14 ans, année où il remporte le titre United States Equestrian Federation (USEF) Show Jumping Derby, McLain Ward est installé depuis ses débuts dans l’état de New York. Pour l’anecdote, il avouait dernièrement son plaisir après avoir remporté une grosse épreuve est d’être assis dans un bain avec trois Heineken d’alignées sur le côté.

Ashlee Bond remporte le Grand Prix du CSI3* de Liège

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Ashlee Bond et Chela LS. Crédit photo : Jumping de Liège

Son nom est Bond. Ashlee Bond. La jeune et jolie américaine de 28 ans a remporté ce dimanche le Grand Prix du CSI3* de Liège (Belgique). Une performance signée sur Chela LS une jument de 10 ans fille de Fergar Mail et réalisée au nez et à la barbe du vieux renard britannique John Withaker (Argento).

Des yeux bleus à redonner vie à la mer morte, une fraicheur et une décontraction qui détonnent, Ashlee Bond est l’archétype de ces cavalières américaines venue découvrir et apprendre (beaucoup) du très relevé circuit européen.

Comme beaucoup de ces jeunes amazones venues du nouveau continent, Ashlee est bien née, puisqu’elle est la fille, d’un entraineur de chevaux (ancienne vedette d’un soap opera) et d’une productrice de films. Après une carrière éclair de chanteuse (dont une chanson avec Richard Marx) et d’actrice puis, un passage dans la maison de production de sa mère Ashlee, elle a choisi finalement de faire cavalière professionnelle.

Après des débuts très précoces à cheval, elle se voit décerner en 2008 le prix Maxine Beard qui distingue les jeunes pousses prometteuses en CSO. Cette année là, elle représente pour la première fois les USA dans une compétition internationale, à Calgary. A partir de là, les victoires s’enchainent notamment grâce à son cheval de tête de l’époque, Cadett 7, un fils de Cor de la Bryere.

En 2013, Chela LS prend la relève et s’affirme très vite particulièrement performante. En 2014 le couple remporte en Californie le Grand Prix AIG doté de 1 million de dollars, sa plus importante victoire à ce jour.

Avec plus de 25 victoires en GP à son actif, celle qui est devenue en 2013 Mme Bond-Clarke n’oublie pas les conseils de son mentor,  Richard Spooner. Le premier est : « Concentre-toi sur les virages, fais les bien et ne pense pas à la distance ». Le second est de toujours rester humble dans le succès.

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Ashlee Bond et Agrostar 5èmes du GP CSI3* de Lyon 29 avr2014

Le beau parcours de Sélim Ouertani

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Sélim Ouertani et Pénélope d’Audes CSI** de Chantilly – crédit photo Sportfot-

Le passage de l’ombre à la lumière pour un cavalier professionnel est souvent lié au fait d’avoir à un moment sous sa selle, une monture qui sort du lot. C’est ainsi le cas pour Sélim Ouertani. Cet auvergnat d’origine tunisienne a accédé cette saison à ses premiers concours internationaux, grâce à la talentueuse Pénélope d’Audes.

Né en 1986 à Tunis, Sélim Ouertani est arrivé en France à l’âge de 15 ans avec un seul objectif en tête : travailler dans le cheval. La suite est classique : une formation équestre au lycée agricole de Sury le Comtal puis, un passage dans les écuries de référence de la région, Laurent Laporte et Jérôme Debas-Montagner, pour acquérir de l’expérience.

Depuis un an et demi, Sélim s’est posé à Montluçon dans les installations de Jean-Paul Foussard à qui il loue quelques boxes, partagés entre jeune et vieux chevaux. C’est là, en terres Bourbonnaises, qu’il s’est vu confier par Valérie Bruckner Pénélope d’Audes. Avec cette jument de 11 ans fille d’Aferco, l’ascension est rapide : 1m30, 1m35, 1m40…1m45. « elle a un cœur énorme« , « elle donne le meilleur d’elle-même lorsqu’elle rentre en piste » confie son cavalier les yeux plein d’étoiles lorsqu’il parle de sa monture.

Grâce à sa double nationalité et aux bons résultats enregistrés, Sélim a vu s’ouvrir cette saison la porte des CSI où il porte les couleurs Tunisiennes. Croisé au Jumping de Chantilly où il était engagé dans le très sélect CSI** organisé en parallèle à l’étape du Global Champions Tour, le franco-tunisien a avoué sans détour « vivre un rêve« .

Au fil des tours, le couple gagne en compétitivité. La première difficulté à ce niveau, outre les côtes, c’est de serrer les courbes et de rentrer dans le temps accordé. C’est aujourd’hui chose faite. Fin septembre, Sélim partira disputer les championnats Maghrébins de saut d’obstacles à l’invitation de la fédération tunisienne. Quelques mois plus tard, il devrait participer au CSI** d’Equitalyon, occasion de tester Pénélope sur des épreuves indoor. A suivre, donc.

Le couple du jour : Katie Dinan-Nougat du Vallet

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Katie Dinan et Nougat du Vallet à la finale Coupe du Monde de Lyon où le couple termine à la 14ème place.

Au-delà de la victoire de Scott Brash, le grand Prix LGCT de Londres a été l’occasion de placer sous les feux des projecteurs européens, le formidable couple Katie Dinan-Nougat du Vallet. Il serait injurieux de résumer Katherine Dinan (21 ans) à une simple fille de milliardaire équipée d’un cheval hors norme. Comme la plupart des jeunes cavalières qui forment la nouvelle vague de l’équitation américaine, Katie est bien née, c’est vrai. Mais comme ses coéquipières, elle est animée d’un tempérament laborieux et d’une volonté farouche de réussir.

Nougat, surnommé Nunu par sa cavalière ( à prononcer avec l’accent !), est un fils de Schérif d’Elle et Camée du Vallet par Saphir d’Elle II, né chez Anne Sophie LE BARON à Bérigny (50). Présenté aux ventes Fences, il est acheté par Sandy Kofmehl, une américaine résidant en France qui après assuré sa formation et l’a amené sur des épreuves à 1,50m. Le cheval est repéré par la superstar américaine McLain Ward alors coach de Katie Dinan qui lui fait acheter en 2011. Si la collaboration entre McLain Ward et Katie s’est achevée à l’amiable début 2014, la jeune cavalière reste très reconnaissante à l’égard de son premier mentor avec qui elle conserve d’excellentes relations.

L’ascension de la jeune Dinan a été fulgurante. En seulement deux ans elle est passée du statut de débutante en internationaux à celui de membre de l’équipe des États-Unis. En Janvier 2012, elle remportait son premier Grand Prix avec  Nougat. En janvier 2014, elle se voyait décerner le prix Lionel Guerrand-Hermès Trophy qui récompense chaque année un jeune cavalier d’une discipline olympique pour leur esprit sportif et équestre. 2013 a en effet été décisive pour Katie Dinan puisque cette année là, elle a participé à ses premières finales de la Coupe du monde et représenté les États-Unis à la finale de la Coupe des Nations à Barcelone.

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Katie Dinan, une cavalière discrète

A l’inverse des cavalières américaines de son âge, plutôt extraverties, qui s’entraînent en Europe  Katie, étudiante à Harvard, est du genre timide. Un caractère somme toute qu’elle partage avec Nougat, petit et discret comme elle, dont elle sait avec lucidité que c’est le genre de cheval qu’on a une fois dans sa vie. Partenaire qu’elle qualifie de « génial », la jeune femme, naturelle, n’hésite pas à avouer que,  « c’est mon (son) meilleur ami « .

Depuis, le début de l’année, Katie Dinan est entraînée par le Suisse Beat Mändli.

Vidéo : Katie Dinan et Nougat du Vallet remportent le Alltech National Horse Show (2 nov 2013)

Pierre Durand, gardien de la mémoire de Jappeloup

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Il est des hommes qui ne changent pas. Pierre Durand est de ceux-là. Le médaillé d’or aux Jeux Olympiques de Séoul (1998) et ex président de la Fédération Française d’Equitation (1993-1998) jouit toujours malgré les années d’une très grande popularité en raison d’un destin liè à tout jamais à un cheval d’exception : Jappeloup de Luze.

Toujours affable et souriant en dépit des incessantes sollicitations, Pierre Durand veille cependant jalousement sur « l’héritage » de Jappeloup. La marque (Jappeloup by Pierre Durand) a été déposée, et l’ancien cavalier, juriste de formation, n’hésite pas à poursuivre en justice ceux qui l’oublieraient. Les producteurs du film Jappeloup ont ainsi été assignés en justice pour empêcher toute exploitation commerciale du nom, tout comme la première cavalière du cheval, Françoise Terrier-Thuault, pour avoir sobrement intitulé un ouvrage « Jappeloup ».

Deux livres « officiels » sont à ce jour en vente « Jappeloup » et « Mon Ami Jappeloup ». Le premier, sorti en novembre 2012 connaît un beau succès donnant lieu à des séances de dédicaces comme lors des finales Coupe du Monde de Lyon (photo). Il fait suite à l’envie de Pierre Durand de raconter « la vraie histoire » de son aventure avec « le petit bout de zan », alors que le film « Jappeloup », avec Guillaume Canet dans le rôle-titre en est une version romancée mais supervisée par le champion olympique.

Le phénomène Scott Brash

Final Lundi A 312Ce qui est formidable avec Scott Brash, c’est que malgré un palmarès déjà exceptionnel (à seulement 28 ans !), l’Écossais arrive encore à se surprendre lui-même. En passe d’être en tête du classement mondial pour un sixième mois consécutif, ce qu’il n’avait mais imaginé comme possible, il termine pour sa première participation, 3ème de la finale de Coupe du Monde.

« C’est fantastique d’être sur le podium et de pouvoir offrir ça à mon pays. J’ai commis une faute le premier jour, mais ensuite Ursula a enchaîné les sans-faute. Je pensais vraiment que le podium serait inaccessible, donc je n’ai vraiment rien à regretter. Je suis ravi de ce résultat » a déclaré le Britannique a l’issue de la compétition.

« Les chevaux et les cavaliers les plus réguliers gagnent » a analysé Scott Brash à l’issue du week-end Lyonnais en relevant une exception notable, celle de Marcus Ehning qui malgré 5 parcours sans faute sur 5 termine à une malheureuse quatrième place.

Question régularité justement, l’ami Scott est devenu un vrai coucou Suisse, une machine à gagner grâce à un extraordinaire mental qui lui permet de repartir de chaque échéance majeure avec une médaille.

Celui qu’on surnomme « iceman » dans le milieu a connu une ascension vers le plus haut niveau extrêmement rapide. Avec Intertoy Z, il remporte le Prix Accenture du meilleur jeune cavalier de l’année 2006. En 2008 il participe à ses premières Coupes des Nations et en 2010, toujours avec ce cheval il est qualifié pour les Jeux Equestres Mondiaux de Lexington où il termine à la 37ème place. Décembre 2011 marque un tournant dans sa carrière. C’est à cette époque que Hellos Sanctos, acheté par des investisseurs 2,4 millions €, lui est confié.

L’année suivante, 2012, est considérée comme celle de sa révélation. Scott Brash est sélectionné pour participer aux Jeux olympiques de Londres. Première participation et une médaille d’or par équipe assortie d’une cinquième place en individuel. Un feu de paille ? Pas vraiment.

En août 2013, toujours sur Hello Sanctos, il remportent la Coupe des nations de Dublin avec l’équipe britannique. Deux semaines plus tard, son palmarès s’enrichit d’une nouvelle médaille d’or par équipe et d’une médaille de bronze aux Championnats d’Europe de Herning. Suivent la même année une victoire dans le Grand Prix Coupe du Monde d’Oslo puis dans le Grand Prix de Doha qui lui permet de remporter du même coup, le jour de son 28e anniversaire (le 23 novembre), l’édition 2013 du Global Champions Tour.

Et 2014 semble aussi bien engagée. Une très belle tournée en Floride en début d’année avec une victoire dans le Grand Prix final 5* du WEF à Wellington, un rang de numéro 1 mondial qui se prolonge et cette belle troisième place à Lyon avec Ursula XII (photo), avant-goût peut être des Jeux Équestres Mondiaux de Normandie en septembre.

Cavalier mais aussi homme de cheval, Scott Brash aime à dire à propos des chevaux « Ils sont ma vie ». Une passion qui remonte à ses sept ans lorsqu’il a posé pour la première fois ses fesses sur un poney. « Sans ces chevaux je ne serais pas en mesure de réaliser mes rêves. Ils sont tout pour moi » avoue-t-il avec naturel. Le jeune et talentueux écossais n’oublie pourtant jamais d’associer à sa réussite toute l’équipe qui l’entoure ainsi que ses propriétaires.

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Le rêve absolu d’Olivier Robert

bordeauxGP1 135Après des débuts un peu décevants sur le circuit Coupe du Monde indoor, Olivier Robert a démontré ce dimanche en remportant le GP du Grand National de Cluny (1m55) que le sélectionneur national a eu raison de lui donner sa chance.

Alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne notamment disposent d’un important vivier de jeunes cavaliers de CSO très talentueux et très compétitifs, la France s’appuie sur une équipe nationale expérimentée mais vieillissante. Il y a donc urgence à faire émerger une relève, un travail difficile auquel s’est attelé la Fédération Française d’Equitation à travers Philippe Guerdat.  Mathieu Billot (U2) et Olivier Robert (Raia d’Helby) ont ainsi pu faire cette saison leurs débuts en Coupe du Monde.

Raia d’Helby (Fergar Mail et Miss d Helby par Papillon Rouge), la jument de tête du cavalier de Pompignac est à neuf ans assurément prometteuse. Qualiteuse certes, mais délicate, elle exige un pilotage dénué de toute nervosité. Or il semblerait que son cavalier n’ait pas totalement réussi à faire abstraction de toute pression lors de ses prestations à Bordeaux puis Göteborg.

Dans un entretien accordé au site Aqui.fr à l’occasion du Jumping de Bordeaux, Olivier Robert, modeste,  confiait « Moi je suis loin d’avoir le niveau de ces stars que vous voyez depuis des années à Bordeaux. Je me sens doué mais pas de niveau-là. Cependant, quand vous montez des chevaux rares comme ça vous pouvez y arriver, vous pouvez gagner et tout est réalisable. Et puis, quand vous faites ce niveau-là et bien vous progressez. Quand vous participez à des coupes du monde à 1,60 m et bien vous gagnez plus facilement après. Vous avez pris beaucoup de sécurité pour sauter 1,50 m ».

La suite a donné raison au cavalier Girondin qui s’est imposé de belle manière à Cluny sur 1m55. Le couple manque encore d’expérience au plus haut niveau et peut être d’assurance mais les derniers réglages laissent à penser qu’il est sur la bonne voie.

Olivier Robert a surtout pour lui d’avoir un rêve : aller aux Jeux Olympiques. Un objectif qu’avait eu longtemps avant lui, puis concrétisé un jour de 1988, et de quelle façon, un autre aquitain, un certain Pierre Durand. Souhaitons à Olivier Robert d’avoir le même destin.

Photo : Olivier Robert – Quenelle du Py /Jumping de Bordeaux

Hans Günter Winkler, la légende vivante de l’équitation, prend sa retraite définitive

HGWLe CSI**** de Brunswick qui s’est déroulé la semaine dernière a été marqué par un hommage exceptionnel du public à un cavalier tout aussi exceptionnel hélas fort méconnu des jeunes générations. Hans Günter Winkler (HGW) a tout simplement le plus beau et le plus étoffé des palmarès des cavaliers de CSO à ce jour. Mieux, avec une participation à six Jeux Olympiques, cinq médailles d’or, une d’argent et une de bronze il est l’athlète le plus titré de l’histoire du sport olympique.

Si on y rajoute deux titres de champion du monde et cinq médailles aux championnats d’Europe, on commence à prendre conscience de l’épaisseur sportive du personnage. Reconverti depuis plusieurs décennies dans la commercialisation d’événements équestres et la direction d’une agence de marketing, HGW a sagement décidé, à 87 ans de prendre une retraite bien méritée. Sa participation au CSI de Brunswick comme directeur sportif  de l’événement était donc la dernière. Debout, les 5000 spectateurs présents dans l’enceinte ont longuement applaudi celui qui est considéré outre-rhin comme une légende vivante.

La semaine dernière, dans une configuration plus intime, seulement 500 invités, la FEI a également rendu hommage à cette icône des sports équestres. Hans Gunter Winkler (à gauche) s’est vu remettre un serre-livres spécialement gravés des mains du directeur du saut d’obstacles de la FEI, John Roche (à droite).

Il n’y a pas de grand cavalier sans grand cheval. Celui de HGW s’appelait Halla (vidéo) une jument de mère française (Hélène TF) et surtout,  le seul cheval à avoir remporté trois médailles d’or aux JO.  C’est précisément aux JO de Stockholm en 1956 que naît la légende. Lors de la première manche, sur l’avant-dernier obstacle, la jument part une foulée trop tôt  ce qui déstabilise HGW qui retombe lourdement sur sa selle et se déchire un muscle de l’aine. Malgré la douleur, pour que l’équipe allemande ne soit pas éliminée, il repart dans la deuxième manche sous l’emprise d’une piqure de morphine  et fait sans faute … largement aidé par sa monture. Le couple remporte cette année là l’or en individuel et par équipe. Par la suite, ils gagneront 125 compétitions de saut d’obstacles.

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Crédit photo : FEI

Pius Schwizer, le magicien Suisse

Bordeaux W 400On connaissait Nelson Pessoa, le sorcier Brésilien. Il faudra désormais parler de Pius Schwizer comme le magicien Suisse. Le cavalier de la Confédération a suscité l’admiration à Göteborg en classant à la 8ème place du GP (le plus rapide des 4 points), Quidam du Vivier, un SF de 10 ans (par Socrate de Chivre) arrivé dans ses écuries depuis moins de deux mois … et passé pour sa deuxième sortie  de CSI 3* à 5*.

Pius n’en est pas à con coup d’essai. En août 2012 Le Lucernois habitué du Top 10 s’était fait retirer par son propriétaire la fameuse Carlina ce qui ne l’avait pas empêché de se maintenir au plus haut-niveau.

En mai 2013 ses meilleurs chevaux (Verdi et Powerplay) étaient vendus respectivement à Tiffany Foster et Eric Lamaze. « La proposition des Canadiens était très bonne, mes sponsors et moi sommes contents. Je dois regarder vers l’avant, j’ai à nouveau de jeunes chevaux dans lesquels je fonde beaucoup d’espoirs et avec qui je veux construire l’avenir« , expliquait alors Pius Schwizer.

Et ce n’était pas de la langue de bois. En janvier 2014, il s’adjugeait le Grand Prix 5 étoiles de Zurich sur Toulago, seulement âgé de neuf ans. Un exploit réédité un mois plus tard à Bordeaux où le couple se classait 3ème du GP Coupe du Monde.