Archives de Catégorie: FEI

Cian O’Connor, candidat aux instances de la FEI

WC

Le pas décidé de Cian O’Connor.

Cavalier émérite, marchand de chevaux, Cian O’Connor est un homme polyvalent et entreprenant. L’Irlandais aimerait ajouter une corde à son arc en prenant la suite de Rodrigo Pessoa comme représentant les cavaliers de saut d’obstacles au sein de la FEI. Pas sûr pourtant que son nom arrive en tête du scrutin.

La Fédération Equestre Internationale va procéder en fin d’année au renouvellement de ses instances pour la période 2018-2022. Celles-ci réservent une place aux athlètes, une par discipline. Dans le cas du jumping, un athlète désigné par ses pairs représentera les cavaliers au sein du comité de saut d’obstacles, un groupe technique qui s’occupe de tous les aspects de la discipline, notamment les évolutions du règlement.

Quatre candidatures ont été déposées. Sanjay Bagai, un Indien de 52 ans, Nicolas Piazzaro-Suarez un Mexicain de 40 ans, Cian O’Connor (39 ans) et Lisen Bratt-Fredricson, une Suédoise de 42 ans.  Cette dernière est assurément la grande rivale de l’Irlandais. Cavalière reconnue elle est aussi l’épouse de Peder Fredricson mais surtout elle est la candidate qui a été désignée par l’IJRC (International Jumping Rider Club) alors que Cian O’Connor est officiellement celui présenté par la fédération équestre irlandaise. O’Connor est toutefois le seul à avoir esquissé les grandes lignes d’un programme reposant sur la promotion du bien être des chevaux et des cavaliers mais intégrant aussi un volet business assumé par le développement du marketing et de la communication.

Suspense, suspense d’autant que le vote qui se déroule par voie électronique jusqu’au 23 septembre n’est ouvert qu’à une base électorale réduite. Il faut en effet avoir participé à l’une des des 2 dernières olympiades ou l’un des 2 derniers championnats du monde pour pouvoir exprimer son choix. Résultat le 24 septembre.

 

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La résistance s’organise face à l’impérialisme du Global Champions Tour

aJT

Jan Tops

C’est une menace qui n’a rien de fantôme. Jan Tops, le patron du Global Champions Tour (GCT), a décidé de passer la seconde dans sa conquête des sports équestres en donnant une nouvelle ampleur à son circuit avec 5 nouvelles étapes et un niveau de dotations inégalé (35M€ au total). Sa stratégie, c’est celle de l’édredon. A savoir, asphyxier en toute discrétion la FEI et la contraindre à déréguler les compétitions au profit de son circuit. Autrement dit, substituer à la loi du sport, celle de l’argent.  Mais là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. Des cavaliers talentueux, amoureux de leur discipline, ont fait le choix courageux de s’opposer frontalement aux ambitions de Jan Tops. Une poignée d’hommes et de femmes emmenés par Steve Guerdat et Kevin Staut qui n’entendent pas plier face aux ambitions d’un seul homme. Et qui sait, leur détermination pourrait bien, à la fin, être payante.

Il est fort, très très fort ce Jan Tops. Un sens hors du commun du commerce en particulier et des affaires en général. Marchand de chevaux hors pair aidé par un passé de compétiteur sacré par un titre de champion olympique par équipe (1992), Jan Tops aurait pu se contenter de d’un patrimoine plus que respectable constitué au fil des ans. Allez savoir pourquoi, l’appétit financier de ce fils de boulangers est insatiable. Un soif de l’or qui oscille entre mégalomanie et folie des grandeurs à l’image de son petit royaume de Valkenswaard, avec ses 500 boxes noyés dans une débauche de luxe. A décharge pour l’intéressé, celui-ci n’a jamais caché que son modèle était celui de la Formule 1 avec lui-même dans le rôle de Bernie Ecclestone, le grand argentier tout puissant.

Pour atteindre ce rêve, il fallait pouvoir disposer d’une manne financière quasi-inépuisable. C’est là où les Qataris entrent en jeu. Pourtant, l’importance des flux financiers brassés par le système suscite bien des interrogations. Tout autant que la réussite exponentielle du Hollandais et le manque de transparence qui l’entoure. Son poids est aujourd’hui tel que rares sont ceux qui sont prêts à le contrarier. A commencer par les dirigeants de la FEI qui après avoir perdu une première manche sur le terrain juridique ont totalement retourné leur veste en début d’année 2017 en signant un protocole d’accord  soit-disant « gagnant-gagnant » avec les propriétaires du GCT. En fait, un accord de dupes conclu sur le dos des compétiteurs.

On pensait la partie pliée et les mauvaises têtes, celles qui préfèrent les Coupes des Nations  aux étapes lucratives du Global, au piquet pour un moment. Mais le vent a peut être commencé à tourner. A Lyon notamment. Parce qu’Equita, concours ancré dans le paysage hexagonal et fort d’un public fidèle, a démontré qu’aucune star du 5* n’est irremplaçable et que le vivier de cavaliers talentueux et de chevaux hors-normes ne se limite pas à une poignée de grosses fortunes qui pensent avoir trouvé dans le jumping une distraction pour dépenser leur argent. La qualité du sport délivré est la clé et le public, souvent composé de connaisseurs, ne s’y trompe pas. Cela veut dire que l’accès au plus haut-niveau, les 5*, ne peut se faire pour l’essentiel sur des critères financiers avec une sélection par des droits d’accès payants mais bien, en fonction de résultats sportifs.

Ça tombe bien. L’association des cavaliers internationaux de saut d’obstacles (IJRC) qui est seule détentrice des droits techniques du classement mondial de saut d’obstacles rappelle qu’elle ne jouera pas les potiches. Steve Guerdat qui en est l’un des représentants les plus éminents a précisé clairement la position de l’IJRC : « Notre but est d’attribuer des points aux rankings uniquement lors de concours offrant du bon sport et pas à des manifestations ouvertes aux cavaliers ayant les moyens d’acheter leur participation. Nous devons trouver le meilleur système pour atteindre notre but et protéger le vrai sport ».

L’IJRC ne fait pourtant que demander le respect des règles votées lors de l’Assemblée générale de la FEI en 2016 selon lesquelles la clé de répartition de l’accès au CSI 5* devrait être la suivante : 60% des cavaliers inscrits au concours, selon le classement mondial, 20% pour la fédération nationale du pays hôte, 20% pour le comité d’organisation. Or le système commercial porté par Jan Tops s’affranchit de cette ventilation pour retenir la suivante : 30% de cavaliers issus du classement mondial, 10% de cavaliers du pays hôte et 60% de cavaliers inscrits dans une équipe pour lesquelles le droit d’entrée est de 2 M€ ! Tout le scandale actuel, c’est que dans ces conditions, les épreuves du GCT qui ne respectent pas les règles ne devraient pas attribuer de points pour le classement mondial or, c’est bien le cas. Ce qui favorise de fait les cavaliers les plus fortunés capables de s’engager dans le GCT.

La position de l’IJRC sera-t-elle déterminante ou n’est-elle qu’un coup d’épée dans l’eau face au rouleau compresseur du GCT ? Difficile à dire pour l’instant mais quelques grands propriétaires de chevaux entrent à leur tour dans la danse pour soutenir la position des cavaliers. Le combat à des allures de David contre Goliath mais on sait depuis 2007 et la crise des subprimes que dans le milieu de la finance, le too big to fail est un leurre. Il suffirait d’ailleurs que les fédérations nationales imposent la participation  en Coupe des Nations pour être sélectionnable dans les grands rendez-vous (Jeux Équestres Mondiaux, championnats d’Europe, Jeux Olympiques) pour enlever de l’attractivité au GCT. De là à dire que l’organisation de Jan Tops est un colosse aux pieds d’argile, il y a un pas qu’il serait imprudent de franchir.

Georgina Bloomberg veut des règles plus précises sur les blessures aux éperons

GB

Georgina Boomberg

Décidément, ça ne passe pas. Le 8 juillet dernier dans le cadre de l’étape de la Global Champions League à Estoril, Scott Brash s’est trouvé disqualifié de l’épreuve et avec lui l’équipe des Miami Glory qui normalement remportait l’épreuve, en raison de traces de sang relevées à la sortie de la piste sur Hello Forever. Georgina Bloomberg, coéquipière de Scott Brash était aussitôt montée au créneau pour dénoncer l’attitude du steward qui, selon elle, a remarqué d’extrêmement petites marques d’éperons sur le flanc a frotté la marque assez fort pour la faire saigner, avant de donner le gant au juge étranger, qui a rapporté au président du jury.

La fille du multimilliardaire et ancien maire de New York relance la polémique via une lettre ouverte adressée à la FEI, publiée sur son site le 18 juillet. La jeune femme de 34 ans demande désormais aux instances équestres internationales de revoir la réglementation concernant les traces de sang, afin d’éviter des applications abusives comme dans le cas de Scott Brash.

Georgina Bloomberg avance deux éléments pertinents. Le premier, comme elle l’expose, c’est que, « malheureusement, la réalité est qu’une blessure occasionnelle ou une marque sur la peau du cheval est inévitable. Comme tout athlète est exposé à une blessure durant un match, une petite marque d’éperon sur le flanc d’un cheval est une conséquence de la compétition de haut niveau, pas une maltraitance.’’

Le deuxième, c’est la focalisation des stewards sur les blessures aux éperons, au détriment d’autres comportements qui portent atteinte au bien être des chevaux et qui pourtant ne sont pas sanctionnés. Le débat en tout cas est ouvert.

Toute la difficulté au fond porte sur le fait de savoir si le règlement doit s’appuyer sur des faits objectifs (une trace de sang aussi minime soit-elle) ou si des éléments subjectifs peuvent être pris en compte pour les tempérer à savoir, déterminer si l’atteinte relevée est le fruit d’un acte involontaire ou s’il s’agit d’un acte de maltraitance intentionnel.

Dans le cas de Scott Brash, c’est encore un autre situation puisqu’on serait potentiellement en présence d’un steward qui aurait provoqué, par l’insistance du frottement du gant, un saignement qui au départ n’existait pas …. A croire qu’on finira peut être par en arriver, comme pour la police, à fixer une caméra aux stewards pour trancher les situations polémiques.

FEI : deux pas en avant, un pas en arrière

FEI Bureau 19 November 2016

Ingmar de Vos – Crédit photo FEI

Le sourire angélique du Président de la FEI est trompeur. Rompu aux arcanes d’une institution dont il a été le puissant Secrétaire Général avant d’en devenir le Président (avec rémunération, c’est une première) Ingmar de Vos est à la manœuvre pour tenter d’étouffer l’incendie qui couve chez les cavaliers internationaux.

Dans un communiqué diffusé ce jour, le Belge ne revient que sur la question de l’harmonisation des engagements dans les CSI en se défaussant au passage sur l’Alliance des organisateurs de saut d’obstacles qu’il accuse d’être à l’initiative de la proposition. Avec deux pas en avant et un seul en arrière, la FEI s’est au final bel et bien rapprochée de la vision mercantile des organisateurs à la Jan Tops, plus soucieux de faire du business que de défendre les valeurs du sport.

En attendant, l’opération déminage continue du côté de la FEI. Lundi dernier, 20 mars, a donné lieu à une inédite rencontre. Un face à face de 5 heures entre d’un côté cinq représentants du Club des cavaliers internationaux de saut (IJRC) dont Kevin Staut et Steve Guerdat et de l’autre, cinq dirigeants de la Fédération équestre internationale (FEI). A l’ordre du jour une mise à plat des nombreux griefs des compétiteurs à l’encontre d’une fédération globalement perçue comme peu à l’écoute de ses cavaliers. Le tout dans la perspective du Forum sportif de la FEI qui se tiendra à Lausanne les 10 et 11 avril.

Un rendez-vous qui s’annonce potentiellement mouvementé en raison du mouvement naissant de fronde chez les cavaliers de saut d’obstacles. Or, en Suisse, c’est bien connu, on n’aime pas les esclandres. Avec un Forum ouvert au public et à la presse mieux valait commencer un prélavage du linge sale en famille pour éviter des psychodrames dont les réseaux sociaux sont friands.

Ça, c’était le premier étage de la fusée et il a, semble-t-il bien fonctionné puisque la délégation de l’IJRC semblait plutôt satisfaite à l’issue de cette rencontre.

Le deuxième étage de la fusée, c’était de tenter de redonner de la crédibilité et de l’épaisseur à la présidence de la FEI et surtout de la faire apparaître comme le garant de l’intérêt de l’ensemble des composantes de la Fédération et non plus comme l’allié objectif d’un camp restreint d’affairistes. Il faudra pour cela, des faits concrets, tangibles. Beaucoup plus en tout cas qu’un laconique communiqué de presse tant la défiance est aujourd’hui grande.

« Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour » dit-on. La balle reste donc dans le camp d’Ingmar de Vos. En attendant pour ceux qui auraient des doutes sur la gravité de la situation, on ne peut que conseiller la lecture du remarquable entretien accordé par le truculent Hervé Godignon à Xavier Boudon du site Horse-actu.fr. C’est à lire et à relire ici.

Reed Kessler : « En Europe vous n’avez pas besoin d’être millionnaire pour réussir »

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Reed Kessler

Ce n’est plus une vague, c’est un tsunami. Le petit monde du jumping international est entré en ébullition. La goute d’eau qui a fait déborder le vase est incontestablement l’annonce de la FEI de vouloir harmoniser le prix des engagement en Europe sur ceux des Etats-Unis, à la hausse, bien évidement. Trop c’est trop pour les cavaliers internationaux qui, les uns après les autres, de façon unanime, expriment leur désapprobation. Après NoelleFloyd.com, c’est un autre site anglophone de référence, worldofshowjumping.com, qui entre dans la danse pour se faire le porte-voix des cavaliers. Et l’opinion de Reed Kessler mérite qu’on s’y attarde d’autant plus que c’est son père, Murray, qui est depuis le mois de janvier à la tête de la fédération américaine des sports équestres (USEF).

Malgré ses 22 ans et son mètre soixante-cinq, Reed Kessler n’est pas la caricature d’une jeune américaine plus ou moins écervelée que des parents fortunés ont choisi d’occuper dans une activité bon chic, bon genre. Certes son père, a fait fortune dans l’industrie du tabac, suffisamment pour se retirer des affaires à 57 ans et se consacrer bénévolement à la passion de sa vie, l’équitation. Mais avec sa femme Teri, ils ont été des cavaliers amateurs passionnés et on transmis à leur fille la rigueur dans le travail, le sens de l’effort et de l’argent. Sans doute parce qu’ils sont issus eux-mêmes d’un milieu modeste.

Comme d’autres jeunes américaines Reed a fait le choix courageux de quitter très jeune sa famille, son pays et ses premiers coach, Katie et Henri Prudent, pour venir apprendre le métier en Europe, auprès des meilleurs, Marcus Ehning notamment. Depuis la jeune femme est restée. Elle s’est installée aux Pays-Bas même si elle continue à faire de nombreux aller-retour avec les USA.

Membre de l’équipe olympique de 2012, Reed Kessler a quitté ces dernières années le Top 30. Elle est actuellement 121ème au classement mondial. La fortune de son père pourrait lui permettre d’avoir un regard distancié sur la barrière financière qui se met en place dans le jumping de haut niveau. Et pourtant, rien de cela. Reed Kessler développe une approche lucide sur l’évolution de son sport. Elle considère notamment que le nouveau système mis en place par le Global Champions Tour constitue une menace pour l’intégrité de sa discipline en instaurant un cercle vicieux au profit des 15 meilleurs mondiaux. Reed Kessler est ouvertement critique sur le système américain que la FEI souhaite étendre à l’Europe. La jeune femme relève à titre d’exemple que l’an passé, malgré deux victoires dans deux épreuves qualificatives de niveau 5* à Wellington, elle est repartie du Winter Equestrian Frestival avec un bilan financier négatif.

Reed Kessler souligne que le jumping est notoirement plus accessible en Europe qu’aux USA et que c’est ce qu’elle aime, qu’il n’y a pas besoin d’être millionnaire pour réussir mais que la modification des droits d’engagement constitue une menace sur le caractère accessible de ce sport. « C’est un sport couteux, mais il doit rester ouvert à tous et il devrait y avoir des règles du jeu équitables. La personne qui part après moi dans le Grand Prix a la même chance que moi en dépit de son âge de son sexe, de sa situation financière. Nous sautons le même parcours et nous avons le même accès aux mêmes épreuves. Revenir là-dessus, c’est enlever tout ce qui fait le sport ».

Source : Worldofshowjumping.com

FEI-GCT : la loi du fric plus forte que la loi du sport ?

Jan Tops, le fondateur du Global Champions Tour

Après de longs mois de bataille juridique les dirigeants de la FEI et du Global Champions Tour ont finalement trouvé un accord et enterré la hache de guerre. Comme dit le proverbe, les loups ne se mangent pas entre eux. Le coup de dent, en l’espèce, est pour les cavaliers, victimes collatérales d’un incroyable dénouement dans lequel, après quelques pudibonderies de jeune vierge, la FEI retourne sa veste pour embrasser une vision américano-hollandaise du sport où la norme supérieure est l’argent.

De quoi s’agit-il ? Le combat initial qui a opposé le GCT à la FEI n’est pas propre à l’équitation. La structuration du sport repose depuis environ un siècle sur un monopole légal, celui des fédérations nationales et internationales sur leurs licenciés et sur l’organisation des compétitions auxquels ceux-ci participent. Ca, comme dirait la pub, c’était avant. Avant notamment que la télévision et ses annonceurs fassent couler l’argent à flots et aiguisent bien des appétits.

Dans la situation actuelle nous avons tous une part de responsabilité même si celle-ci relève plus de la naïveté. Naïveté de penser que le système mis en place par Jan Tops était bon pour le sport. C’était en fait ouvrir, avec un grand sourire, la porte de la bergerie au loup. Le GCT n’a rien d’une œuvre caritative et ceux qui savaient, à commencer par les dirigeants de la FEI, se sont bien gardés de pointer un système basé dès le départ sur une sélection par l’argent. Souvent copié depuis quelques années par différents organisateurs mais jamais égalé dans son sens du détail, le système repose sur un droit d’entrée maquillé derrière la réservation de tables.

L’arrivée de Franck McCourt aurait dû faire redoubler notre vigilance. Après avoir ouvert la porte, nous avons proposé une chaise et offert le couvert au nouvel entrant. Financier sans scrupules (c’est un oxymore), l’américain en rachetant la moitié des parts du GCT est surtout venu faire un coup dans un secteur qui ne l’intéresse que par son potentiel de rentabilité.

Partant du constat que l’Europe est un marché saturé, l’Américain a en ligne de mire les marchés émergents Asie, Amérique du sud et Etats-Unis, leurs téléspectateurs (via des accords de retransmission d’épreuves) mais aussi ces ultra-riches en peine pour dépenser leurs fortunes. Rien de neuf finalement sous le soleil si ce n’est reproduire le système de la formule 1 où pour avoir un volant le portefeuille (ou les sponsors) compte autant sinon plus que le talent.

Il ne s’agit pas pourtant d’avoir une vision nostalgique ou manichéenne mais de rechercher une situation équilibrée entre règles et éthique sportives d’une part et enjeux financiers de l’autre. Le problème posé par le protocole d’accord signé dernièrement entre la FEI et le GCT, c’est le désagréable sentiment qu’il donne. Cette sensation qu’Ingmar de Vos « s’est couché » devant Jan Tops et Franck McCourt. Une bien étrange défaite en vérité. Loin d’être un faux pas isolé, cette décision doit être replacée dans un contexte plus large où, dans un court laps de temps, des petits cailloux blancs ont été régulièrement semés pour dessiner au final une trajectoire plus favorable au business qu’au sport (modifications successives des formats des Jeux Equestres Mondiaux, des Coupes des Nations, manque de combativité face au CIO pour défendre la place de l’équitation aux Jeux Olympiques…)

« La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires » disait Clémenceau. Actualisée, la formule pourrait être « le sport de haut niveau est une activité trop importante pour être laissée aux seules griffes des financiers ». Le communiqué diffusé par les propriétaires du GCT à l’issue de la signature du protocole d’accord avec la FEI doit être replacé dans ce contexte. « Nous remercions toutes les personnes impliquées pour leurs efforts. Nous sommes ravis de travailler avec la FEI à l’avenir afin de construire un futur fort et profitable à notre sport et à tous ses acteurs dans un environnement moderne » se félicitent ainsi le duo Tops-McCourt. Décrypté on ne peut que s’interroger sur la « modernité » revendiquée ainsi que sur les bénéficiaires de ce « futur fort et profitable » qu’ils entrevoient.

Beaucoup d’acteurs du haut niveau se déclarent aujourd’hui, de façon publique, inquiets sur l’avenir du saut d’obstacles mondial. Depuis l’avènement d’Ingmar de Vos à la tête de la FEI en 2014, le sentiment qui domine est celui d’un emballement de la mutation des sports équestres dans une direction où beaucoup ne se retrouvent pas. La volonté de la Fédération équestre internationale « d’harmoniser » les engagements (à la hausse en fixant le prix des engagements sont fixés en fonction de la dotation d’une épreuve ou de la compétition) entre l’Europe et les Etats-Unis en constitue le dernier avatar.

Interrogé par Elodie Mas de L’Eperon, très en pointe sur ce sujet brulant, Kevin Staut développe une vision particulièrement lucide de la situation « Jan Tops a proposé une bonne formule, il a un très bon produit et c’est normal qu’il avance de son côté, mais le problème c’est que la FEI ne joue pas son rôle d’arbitre. Le Global va devenir de plus en plus sectaire, il sera de plus en plus difficile de rentrer dedans. La sélection ne sera plus en fonction de la performance : aujourd’hui on passe déjà des 30 aux 15 meilleurs mondiaux, et à terme, ça risque d’être uniquement ceux qui font partie des équipes qui pourront y participer. Jan a fait avancer le sport, il a mis les choses en compétition, mais la FEI ne protège pas le sport !« 

Alors, si la FEI ne protège pas le sport, à quoi sert-elle et que font les fédérations européennes à commencer par la FFE ? La balle est assurément dans le camp des cavaliers de haut-niveau dont la passivité interpelle. Toujours dans cet incontournable entretien accordé à l’Eperon Kevin Staut tape une nouvelle fois juste : »Steve et moi, on fait partie des rares à se positionner. J’ai peur qu’on devienne les seuls à lutter. L’intérêt est d’essayer de s’unir, on doit rassembler des voix derrière nous. Le problème c’est que les gens ne sont pas assez au courant de ce qui se passe. Nous les premiers ! »

Il sera difficile désormais de dire qu’on ne savait pas.

NB : A lire également, toujours sur l’Eperon, l’éclairant article d’Emmanuelle de Monléon « Une conférence embarrassante… »

Steve Guerdat : « la FEI ne nous prend pas au sérieux »

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Steve Guerdat

Ce n’est pas encore une mutinerie mais ça pourrait finir par le devenir. L’Assemblée générale de l’IJRC (International Jumping Riders Club), le Club des cavaliers de saut d’obstacles internationaux qui s’est tenue vendredi matin à Genève parallèlement au CHI a donné lieu à une rare expression de mécontentement. Les meilleurs athlètes mondiaux de la discipline sont furieux de n’avoir été ni consultés ni entendus par la FEI (et parfois leurs propres fédérations) sur le changement de format de l’épreuve par équipe aux Jeux olympiques.

Le torchon brûle, à défaut du lac. Les stars du jumping mondial sont en colère et l’ont clairement manifesté, les yeux dans les yeux à Sabrina Ibañez. En l’absence regrettée d’Ingmar de Vos, le Président, c’est en effet à la Secrétaire Générale de la FEI qu’est revenue la délicate tâche de tenter d’expliquer l’intérêt d’une réforme adoptée par les instances équestres internationales malgré les mises en garde répétées des principaux intéressés à savoir, les cavaliers. Une mission quasi impossible qui n’a pas convaincu les athlètes. A défaut, ceux-ci en ont profité pour vider leur sac.

Steve Guerdat, local de l’étape, n’a pas mâché ses mots. «L’absence de Monsieur De Vos (retenu à Hong Kong ndlr) est une preuve que la FEI ne nous prend pas au sérieux et ne nous respecte pas. La lettre qu’il nous a adressée concernant les problèmes dont nous débattons actuellement était irrespectueuse, alors que nous méritons une reconnaissance. Nous sommes les cavaliers, ceux qui font ce sport, mais on nous a traités comme des clowns», a assené le charismatique champion olympique de 2012.

«Ce nouveau format n’a aucun sens. Ca enlève toute l’excitation de la compétition. Et on ne vendra pas plus de droits TV si ça ridiculise notre sport, qui reste un sport dangereux» a renchéri Eric Lamaze, autre champion olympique. «On va se retrouver avec des gens qui vont se mettre à le pratiquer n’importe comment juste pour pouvoir participer aux JO. Ca va tuer le saut d’obstacles» a poursuivi le Canadien. Un avis largement partagé par ses pairs à l’image de l’Irlandais Cian O’Connor : «ce n’est pas comme en athlétisme, où on peut avoir un type venu de Mongolie-Extérieure qui arrive cinq minutes derrière les autres. Ca ne fera de mal à personne. Mais se retrouver avec des athlètes qui ne sont pas en état de franchir un parcours de saut olympique, en défonçant toutes les barres, ça sera du carnage ».

Les chiens aboient, la caravane passe. Peu importe l’exaspération des cavaliers, la réforme engagée par la FEI ne devrait pas être remise en cause par le CIO qui doit désormais l’approuver. Dès les Jeux de Tokyo en 2020, les équipes en saut d’obstacles devraient donc être composées de trois couples cavalier-cheval et plus quatre. Point positif cette modification permettra, dans un souci d’universalisme et surtout d’audimat tv, de passer de 15 équipes de 4 cavaliers, représentant 28 nations, à 20 équipes de 3 cavaliers incluant 33 pays. Points négatifs, le risque d’abaissement du niveau et le fait qu’il ne sera plus possible de retirer le plus mauvais résultat de l’équipe de 4 ce qui pourrait contraindre à faire concourir un cheval coûte que coûte afin d’éviter l’élimination de l’équipe.

La FEI, par la voix de sa Secrétaire Générale, s’est défaussée sur le CIO pour qui la question de l’élargissement de l’audience serait non négociable. L’important, ce n’est plus de participer mais bien les droits tv…

La FEI ne renonce pas à interdire la Global Champions League

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Jan Tops, fondateur du Global Champions Tour en compagnie de son épouse, Edwina Tops-Alexander

En novembre dernier, le bureau de la FEI avait fait part de sa détermination à utiliser tous les moyens légaux dans le bras de fer qui l’oppose au Global Champions Tour de Jan Tops dans l’organisation d’épreuves par équipe. Les instances internationales sont passées à l’acte après le déroulement des deux premières épreuves de la Global Champions League qui se sont déroulée dernièrement à Miami et Mexico. Un chef de piste et un juge ont été suspendus pour six mois, conformément à la mise en garde qui avait été adressée à tous les officiels de la FEI.

Rob Jansen et Rogier van Lersel sont sanctionnés pour avoir officiés lors d’un événement non autorisé par la FEI après avoir demandé une dérogation qui leur a été refusée. Le litige ne devrait pas en rester là. Il viendra grossir l’épais dossier du contentieux FEI-LGCT qui devrait connaître des rebonds devant la Belgian Competition Authority (BCA).

La parade mise en œuvre par la FEI pour tenter de conserver son exclusivité sur le format des épreuves par équipe peut toutefois apparaître comme bancale sur deux points. Le premier est que seuls les officiels ont été sanctionnés alors que les cavaliers et leurs chevaux ont été autorisés. Le deuxième porte sur la motivation de la FEI à savoir, « assurer le bien-être des chevaux et des athlètes ».

Juridiquement, la FEI assoit sa décision sur le fait que si la Cour d’Appel de Bruxelles a effectivement confirmé, la suspension de la clause d’exclusivité de la FEI par autorités belges de la concurrence de Bruxelles (à la suite d’une plainte du LGCT), il n’y aurait pas eu en revanche d’examen au fond de l’affaire et que, la décision de ne serait pas applicable en dehors de la Belgique.

Il convient par ailleurs de rappeler que différentes fédérations sportives internationale ont demandé un arbitrage à la Commission européenne, gardienne du principe de concurrence libre et non faussée sur lequel s’appuient les organisateurs du LGCT. La question de fond étant de savoir l’étendue des atteintes possibles à ce principe en matière de sport.

La Global Champions League se déroule dans le cadre des 15 étapes du Longines Global Champions Tour, forte de 12 équipes dont les couleurs sont défendues à chaque fois par deux cavaliers. Ce nouveau format d’épreuve a été décliné pour la première fois le 10 avril, sur la plage de Miami. Pour rendre le dispositif attractif, le LGCT a cassé sa tirelire : 7,5 millions d’euros entre la dotation des épreuves et le classement général. A titre d’exemple l’épreuve de Miami était dotée à hauteur de 200 000 € dont 60 000 € au duo vainqueur (40 000 € aux deuxièmes, 26 000 € aux troisièmes …)

Global Champions Tour contre FEI : la balle dans le camp de la Commission européenne

FEI President Ingmar De Vos and FEI Secretary General Sabrina Ib‡–ez, formerly Zeender, are pictured at the in-person FEI Bureau meeting on 10 November 2015 in Puerto Rico (PUR). Pic Richard Juilliart

Ingmar De Vos, Président de la FEI avec en fond la Secrétaire Générale Sabrina Zeender, lors du Bureau du 10 Novembre à Puerto Rico. Crédit photo FEI / Richard Juilliart

Le torchon brûle entre la Fédération Equestre Internationale (FEI) et les organisateurs du Global Champions Tour (GCT). La Cour d’Appel de Bruxelles a confirmé le 22 octobre la décision de l’autorité belge de la concurrence du 27 juillet autorisant le GCT à lancer une nouvelle formule d’épreuves par équipes transnationales aux couleurs de partenaires privés. En réponse, le Bureau de la FEI a décidé à l’unanimité le 10 novembre dernier de contre-attaquer et d’utiliser tous les moyens légaux pour faire respecter la clause d’exclusivité dont elle dispose sur ses licenciés. La balle est aujourd’hui dans le camp de la Commission européenne appelée à juger des entorses qu’elle est prête (ou pas) à consentir au sacro-saint principe de la libre-concurrence.

Il y a 20 ans l’arrêt Bosman mettait fin de l’exception sportive qui prévalait dans le milieu du foot en reconnaissant le droit à mobilité aux joueurs de football considérés comme des travailleurs bénéficiant d’une libre circulation au sein de l’Europe et en mettant fin aux quotas de joueurs étrangers dans les équipes de championnat. Rendu en décembre 1995 par la Cour de Justice des Communautés Européennes, l’arrêt Bosman a considérablement modifié le fonctionnement du football professionnel.

C’est justement via les fourches caudines de l’Union Européenne que Jan Tops et ses associés essayent aujourd’hui de faire voler en éclats l’architecture juridique de la FEI bâtie sur un principe selon lequel les fédérations sportives ont la mainmise sur leurs licenciés. Autrement dit qu’elles peuvent leur interdire de participer à des compétitions qu’elles n’ont pas approuvées, homologuées.

La FEI dans ses arguments met ainsi en avant l’exemple de la fédération internationale de patinage artistique (ISU) qui va jusqu’à interdire à vie des athlètes ayant participé à des compétitions non homologuées. Dans le cas des sports équestres, le règlement de la FEI stipule que tout athlète, cheval ou officiel qui participe à un concours non homologué par ses soins est interdit de compétition pendant les six mois qui suivent.

La FEI relève qu’elle n’est pas la seule à être confrontée à ce genre de situation et met en avant que la Commission européenne, chargée de faire respecter le dogme d’une concurrence libre et non faussée au sein de l’UE, examine aujourd’hui de près la situation de l’ISU.

La FEI souhaite donc prendre le train en marche et être associée à cette réflexion. Son président, Ingmar de Vos a également écrit à ses homologues membres de l’Association des Fédérations Internationales des Sports Olympiques (ASOIF) pour leur suggérer de le rejoindre dans la démarche de façon à peser sur Bruxelles.

De son côté, le Global Champions Tour et ses avocats avancent que le rôle de la FEI ne se limite pas à être le régulateur des sports équestres mais qu’elle est également un organisateur de manifestations sportives. La FEI et les fédérations nationales seraient donc des entreprises ou groupement d’entreprises « qui organisent des compétitions sportives équestres, et/ou ont des intérêts commerciaux dans les compétitions organisées par la FEI« . En outre, la règle d’exclusivité de la FEI qui a pour but « la protection du bien être des chevaux et de l’intégrité de la compétition » ne serait pas proportionnelle au but poursuivi et permettrait surtout d’éliminer toute concurrence. En effet, le GCT rétorque qu’il est ouvert à ce que des contrôles anti-dopage commandités par la FEI soient réalisés  lors de ses épreuves et se déclare prêt à en assurer le coût financier.

Le bras de fer est donc loin d’être terminé entre la FEI et le GCT qui a sans doute crié victoire un peu trop tôt. Derrière celui-ci, ce sont également les pratiques du GCT, véritable machine à cash, qui sont en cause. On évoque sous le manteau les chiffres faramineux du prix des engagements qui iraient de 12 500 € pour les amateurs à 25 000 € pour l’élite. Sans parler de la vente « forcée » de tables à des tarifs astronomiques en plus des engagements, une pratique qui a fait école auprès des autres organisateurs qui ont tendance sur beaucoup de points à s’aligner sur les tarifs et pratiques du GCT.

Plus qu’un duel juridique ce sont donc deux visions radicalement différentes des sports équestres qui s’affrontent et qui conditionneront l’accès au plus haut-niveau dans un futur proche.

La mondialisation de l’équitation, façon Jan Tops

CSIO Barcelone

Jan Tops et son épouse, Edwina Tops-Alexander

Les requins chassent en meute. L’entrée au capital (50%) du Global Champions Tour du milliardaire américain Franck McCourt à l’été 2014 n’avait pas vraiment l’allure d’une action caritative sinon désintéressée. Ce duo de choc entre un redoutable homme d’affaires américain et un très futé marchand et organisateur Batave de concours sentait le souffre. Et c’est la FEI, la première qui vient de s’y bruler les doigts. Habilement amenée sur le terrain miné du respect de la libre concurrence, la fédération sportive, véritable fossile juridique dans le monde des affaires, a été déboutée sur ce qui constitue la pierre angulaire du mouvement sportif : la clause d’exclusivité sur les licenciés.

Les organisateurs du Global Champions Tour, circuit de CSO le plus doté au monde, ont annoncé dans un communiqué en date du 22 octobre que la Cour d’Appel de Bruxelles a confirmé la décision des autorités belges de la concurrence qui autorise le Global Champions Tour à lancer en 2016 une nouvelle formule par équipe, la Global Champions League, en dépit de la clause d’exclusivité revendiquée par la Fédération équestre internationale.

La Cour d’Appel de Bruxelles appuie sa décision sur le fait que la FEI n’aurait pas réussi à démontrer que la suspension de cette clause peut lui cause un préjudice grave et irréparable et donc que son respect est indispensable. L’affaire est-elle close juridiquement ? On attend impatiemment la réaction de la FEI.

A cet égard, le témoignage de Pierre Durand dans les colonnes de Grand Prix Replay apporte un éclairage intéressant au dossier. L’ancien président de la FFE et candidat l’an passé à la tête de la FEI (où il a été battu par le belge Ingmar de Vos) y fait part de son hostilité à l’offensive du GCT.  » Je suis tout à fait d’accord avec l’action menée contre le Global Champions Tour qui souhaite créer un circuit avec un système d’équipes privées. C’est un circuit qui prendrait beaucoup trop de place face aux concours mettant en valeur les sélections nationales qui sont, à mon avis, primordiales dans ce sport » indique l’ancien champion olympique. En effet, dans la formule à la sauce hollandaise proposée par le GCT, les cavaliers ne seraient plus regroupés par pays (comme pour les Coupes des Nations) mais par équipes de 4 cavaliers aux couleurs d’un partenaire.

Effacement des nations, affaiblissement des Fédérations, dérégulation, le monde de l’équitation semble rattrapé par la mondialisation. Ce phénomène si décrié et soit disant irréversible qui partage les individus en deux camps. Ceux qui y gagnent et, ceux qui y perdent.

Le sourire et la joie de Luciana

FEI_Focus

Pour notre plus grand plaisir, la FEI a décidé de relancer son magazine officiel, FEI Focus, disponible uniquement sous forme numérique dont une application Apple. Pour illustrer ce numéro 1 de l’ère Ingmar De Vos (le nouveau Président de la FEI), le choix iconographique s’est porté sur Luciana Diniz. Cette Brésilienne de naissance qui court sous les couleurs du Portugal depuis 2006 est assurément l’une des plus gracieuses et des plus souriantes du circuit. Cavalière rayonnante Luciana Diniz s’illustre par une monte aussi fine et légère que déterminée. Très proche de ses chevaux, elle sort rarement de piste sans avoir généreusement récompensé en caresses sa monture.

CSI3 Lyon 325

Après l’effort le réconfort pour Cassius 56 qui semble apprécier cette délicate attention de sa cavalière, Luciana Diniz.

Climat délétère et soupçons d’irrégularités pour l’élection à la présidence de la FEI

FEI Clean Sport Logo Concepts 14th September 2009Rififi à la FEI. La température vient de monter très fortement d’un seul coup dans le processus électoral engagé par la FEI qui doit se traduire par l’élection d’un nouveau président le 14 décembre à Bakou, en Azerbaïdjan. Javier Revuelta del Peral, président de la Fédération royale hippique espagnole (RFHE), s’etait porté candidat pour succéder à la princesse Haya de Jordanie à la présidence de la Fédération équestre internationale (FEI). Dans un courrier en date du 12 novembre adressé à la FEI et aux présidents de fédérations nationales, l’espagnol annonce le retrait de sa candidature et explique pourquoi.

Comme Pierre Genecand avant lui, Javier Revuelta dénonce un processus électoral entaché de graves irrégularités. Notamment le fait que l’actuel secrétaire général de la FEI, Ingmar De Vos, malgré son statut de candidat, reste salarié de la FEI pendant la période électorale ce qui lui assure un avantage déterminant à travers les contacts et les fichiers auxquels il peut accéder à travers son poste.

Élue en 2006, la princesse Haya de Jordanie avait annoncé en août dernier son intention de renoncer à un troisième mandat. Les candidats à sa succession, qui avaient jusqu’au 1er septembre pour se faire connaître, sont tous européens. Le Suisse Pierre Genecand et le Français Pierre Durand sont les premiers à s’être déclarés. Ils ont été suivis par l’Espagnol Javier Revuelta del Peral, par le Danois Ulf Helgstrand, par le Britannique John McEwen et enfin par le Belge Ingmar De Vos.

Lors de l’Assemblée générale de l’EEF (European Equestrian Federation) à Lisbonne fin octobre à Lisbonne, les six candidats à la Présidence de la FEI ont été auditionnés par cette structure qui regroupe les fédérations équestres nationales des pays européens. Hormis le candidat belge, chacun des cinq autres candidats s’est positionné en faveur d’une séparation des fonctions de Secrétaire Général et de candidat. Les candidats suisse et espagnol ont dénoncé avec force cette situation. Pierre Genecand a d’ailleurs distribué une étude juridique exprimant un avis contraire à celui émis par le cabinet suisse sollicité par la FEI. Il a tenu à indiquer qu’il se réservait la faculté d’exercer un recours en annulation en cas d’élection d’Ingmar De Vos.

Pour Javier Revuelta, comme pour Pierre Genecand, il y a de fait une atteinte évidente au principe d’équité de traitement qui devrait être réservé à l’ensemble des candidats. Le président de la fédération équestre espagnol va plus loin en mettant en cause l’impartialité de comité indépendant mis en place par le bureau de la FEI destiné officiellement à préserver l’intégrité du processus d’élection et à éviter les conflits d’intérêt arguant du fait que l’un de ses membres, la présidente de la FEI, est à l’origine de l’embauche au poste de secrétaire général de la FEI de l’un des candidats à la présidence (Ingmar De Vos).

En filigrane plus ou moins estompé, Pierre Genecand et Javier Revuelta considèrent qu’Ingmar DeVos est le candidat de la princesse Haya et des intérêts qu’elle représente. Mais, ce qui a incontestablement mis le feu aux poudres, c’est la manœuvre engagée par De Vos pour que le futur président, fonction jusqu’alors exercée à titre gracieux, perçoive désormais un salaire.

Pour tenter d’arriver à ses fins, De Vos propose, s’il est élu, de démissionner immédiatement de son poste de secrétaire général afin de permettre à la Princesse Haya de convoquer une Assemblée Générale Extraordinaire qui avaliserait une modification des statuts permettant au nouveau président d’être rémunéré.

Javier Revuelta fonde son opposition à cette modification sur le fait que celle-ci, loin d’être anodine, n’a pas fait l’objet d’une étude approfondie permettant de juger de son bienfondé et de ses conséquences pour la FEI.

« Je ne peux pas aller contre mes principes, et être complice d’un processus que je crois vicié, et qui ne répond pas aux principes démocratiques minimaux d’indépendance, de transparence et d’égalité des chances entre tous les candidats« , écrit le Président de la Fédération Espagnol dans sa lettre.

Premier à réagir Pierre Genecand regrette très fortement le retrait d’un candidat de grande qualité. Une « honte » pour la FEI estime-t-il avant de déclarer « Il est décevant de constater que la campagne a pris un ton tout à fait délétère et donne une très mauvaise image de la FEI pour les médias, les cavaliers, le public et le CIO« .

Le Global Champions Tour prend la main sur la FEI

Longines

Crédit photo : Stefano Grasso/Longines Global Champions Tour

A l’occasion de l’étape de Vienne, les organisateurs du Longines Global Champions Tour ont indiqué  que la saison 2015 du circuit sera marquée par l’introduction d’épreuves par équipes. Ce qui est bon pour l’audience et les retombées financières est-il bon pour les sports équestres ? Pas sûr. Cette annonce unilatérale place au pied du mur la FEI qui semble totalement dépassée par un organisateur privé qui, après avoir marginalisé les Coupes des Nations, édicte désormais dans son coin ses propres règles de compétition.

On ne connait pas encore dans le détail les règles des nouvelles épreuves que souhaite mettre en place les organisateurs du LGCT. Celles-ci devraient être rendues publiques lors de la finale du Longines Global Champions Tour 2014, à Doha du 13 au 15 novembre. On sait juste que le principe est inspiré du football, avec des équipes composées de quatre cavaliers issus du Top 30, sans lien avec une nationalité.

La référence au football, et à son argent qui coule à flots, n’est pas innocente. On comprend que les meilleurs cavaliers du moment s’en lèchent par avance les babines (vidéo) puisque les seules dotations de ces épreuves par équipe seraient de 7,5 millions d’euros par saison, ce qui porterait la dotation totale annuelle du LGCT à 20 millions de dollars.

La prise de contrôle de 50% des parts du LGCT (pour un montant resté confidentiel) par Frank McCourt en juin dernier fait donc sentir ses premiers effets. Le milliardaire s’était fait une très belle réputation outre-atlantique en 2012 en revendant l’équipe professionnelle de baseball les Los Angeles Dodgers pour la somme record de plus de 2,15 Mds$ soit, plus de cinq fois ce qu’il l’avait acheté huit ans plus tôt. Le nouvel actionnaire du LGCT avait justifié son investissement par le fait qu’il était persuadé que le jumping a une marge de progression très forte en termes d’audience tv.

La notion d’équipes appartenant à un propriétaire privé, comme les franchises de base-ball ou de basket-ball propres aux USA, est sans doute à mettre au crédit du financier américain. Reste à savoir si dans cette course aux dollars, l’esprit même du sport ne va pas perdre son âme avec un Top 30 en circuit fermé, composé uniquement de cavaliers et propriétaires a minima millionnaires. Entre le rêve et l’écœurement, la marge tend à devenir mince.

On peut espérer que le sujet sera abordé par les candidats à la présidence de la FEI dont les élections se dérouleront en décembre soit, seulement quelques semaines après le dévoilement à Doha des modalités précises du championnat par équipes du LGCT.

 

Pierre Genecand : « j’irai jusqu’au bout »

Pierre Genecand

Pierre Genecand

Finalement, ils seront six à briguer les suffrages des fédérations nationales pour l’élection à la présidence de la FEI. Que des européens  présentés par leur fédération respectives : Pierre Genecand (SUI), Ulf Helgstrand (DEN), John McEwen (GBR), Javier Revuelta del Peral (ESP), Pierre Durand (FRA) et Ingmar De Vos (BEL). Longtemps seul candidat face à la princesse Haya, Pierre Genecand est aujourd’hui en concurrence avec cinq autres candidats qui se sont engouffrés dans l’appel d’air suscité par le revirement surprise de la présidente sortante qui finalement ne briguera pas de  troisième mandat. Pas de quoi émouvoir le candidat Suisse qui pointe le manque d’équité lié au fait qu’Ingmar De Vos, par sa fonction de secrétaire général de la FEI, dispose de tous les fichiers et donc de toutes les cartes en mains pour remporter l’élection.

Pierre Genecand est un Suisse comme on les aime : calme, droit, déterminé. Des qualités qui font peur à certains. Car le Genevois entend bien remettre de l’ordre au sein de la FEI tant, dans les finances que dans la multiplication des circuits privés surdotés qui rognent les ailes des prérogatives de la FEI.

Pierre Genecand a le calme des vieilles troupes. Il sait juger les forces et les faiblesses de ses adversaires. Conscient de constituer « une menace » pour quelques intérêts particuliers, il sait que le combat sera rude et que ses chances de succès sont minces.

Largement favori car porté en sous –main par la présidente sortante, Ingmar De Vos incarne la continuité pour la FEI, là où Pierre Genecand se propose à l’inverse de dépoussiérer la vielle maison.

La bataille sera rude. Reste la question posée par le Genevois : peut-on être candidat à la présidence de la FEI en étant dans le même temps un rouage essentiel de la FEI ? Dans l’esprit d’équité inhérent au sport, il serait logique du’Ingmar Devos démissionne de ses fonctions jusqu’à l’élection. A moins tout simplement que la situation du candidat belge soit une promesse pour l’avenir : ne rien changer aux conflits d’intérêt qui rongent la FEI et que Pierre Genecand dénonce ?

FEI : Durand vs Genecand, la bataille des Pierre est lancée

pierre durand

Pierre Durand

On sentait bien que depuis quelques mois Pierre Durand avait des fourmis dans les pieds. Le champion olympique qui fêtera ses 60 ans en février prochain n’est pas du genre à garder les pieds dans le même sabot. A nouvelle décennie, nouvelle vie. Sportif comblé, l’ancien président de la Fédération Française d’Equitation (1993-1998) est aujourd’hui partant déclaré pour prendre les rênes de la Fédération Equestre Internationale. Mais le chemin est semé d’obstacles. A commencer par une autre candidature, celle du financier Suisse Pierre Genecand. Au moment où les sports équestres connaissent une crise de croissance – liée à leur mondialisation – qui se traduit par une crise de ses valeurs, la confrontation s’annonce passionnante même si elle devait être troublée par d’autres candidats poussés par les pays anglo-saxons.

Pierre Genecand recent 2014 in Wellington

Pierre Genecand

Attention à ne pas sombrer dans un manichéisme facile. Il n’y a pas d’un côté le sympathique cavalier de Jappeloup et de l’autre, le méchant financier qui va renforcer l’emprise de l’argent sur les sports équestres. Mettre un gestionnaire accompli et un homme de réseaux à la tête de la FEI n’est pas une aberration si on veut éviter une marginalisation médiatique des sports équestres. Ancien cavalier lui-même et dirigeant pendant plus de 14 ans du CHIO de Genève, Pierre Genecand est un candidat sérieux, un négociateur respecté, du type même à rassurer les représentants des différentes fédérations nationales d’autant qu’il se présente comme un fervent défenseur de l’internationalisation des sports équestres. Surnommé « le Genevois de la pampa », il partage son temps entre la Suisse et l’Argentine où il élève 250 chevaux destinés au polo, ce qui lui permet de se présenter comme un candidat de l’Amérique latine.

Face à lui, Pierre Durand offre un profile radicalement différent. Il ne souffre pas, malgré sa réussite, de cette arrogance propre aux élites françaises qui hérisse le poil du reste de la planète. Le champion olympique figure dans le club très fermé de ces sportifs passés dans l’imaginaire collectif et qui ne souffre pas de l’érosion des mémoires liée au temps. « Pierre Durand » est un patronyme qui continue à susciter des attroupements et à ouvrir beaucoup de portes, même à l’international. Pourtant, ne nous y trompons pas. L’élection à la tête de la FEI ne relève d’un sondage de popularité. Les grands électeurs, même sensibles au charisme du champion français ne lui accorderont pas leur suffrage sur sa seule bonne tête. Les sports équestres sont aujourd’hui à la croisée des chemins, déchirés entre intérêts économiques, effacement des valeurs et dilution des traditions équestres. En CSO, discipline la plus bling-bling et à ce titre la plus malade, l’émergence et la prédominance du Global Champions Tour, un circuit privé, qui a totalement déclassé les Coupes des Nations doit par exemple interroger sur le poids de la FEI. L’endurance est peut être encore plus mal en point, rongée de toutes parts par des suspicions (fondées) de tricherie.

Il sera donc particulièrement important de suivre et de décrypter les programmes que présenteront les candidats à la succession de la princesse Haya de Jordanie.

 

FEI : Haya de Jordanie ne sera pas candidate pour un troisième mandat

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SAR Haya de Jordanie, présidente sortante de la FEI

Rebondissement dans le petit monde feutré de la Fédération Équestre Internationale. Dans un communiqué diffusé ce jour, la présidente en exercice, SAR Haya bint Al-Hussein, indique qu’elle ne briguera pas de troisième mandat. Une modification statutaire votée par l’Assemblée Générale Extraordinaire de la FEI le 29 avril dernier lui en offrait pourtant la possibilité. Ce revirement pourrait ouvrir un boulevard vers la présidence au Suisse Pierre Genecand, candidat déjà déclaré (cf notre article : Présidence de la FEI : le duel se confirme).

Officiellement, la princesse Haya évoque les contraintes familiales et son engagement humanitaire pour la cause Palestinienne pour justifier sa non candidature. En filigrane pourtant, les tensions qui entourent le dossier de l’endurance et le possible conflit d’intérêt lié aux activités de son époux le Cheikh Mohammed ben Rashid Al Maktoum, émir de Dubaï, propriétaire de la sulfureuse écurie Godolphin ont sans doute contribué à cette décision (cf notre article: Les sports équestres sous l’influence des pétrodollars).

Les élections pour la présidence de la FEI se dérouleront le 14 décembre 2014. Pierre Genecand a toutefois réagi dans l’après-midi au communiqué de la FEI par la diffusion, à son tour, d’un texte dans lequel il prend acte de la décision de la princesse Haya à laquelle il adresse ses félicitations pour «  l’énorme travail accompli au cours des 8 dernières années en tant que présidente de la FEI ».  

L’homme d’affaire Suisse réitère la promesse d’un engagement sans faille au service des sports équestres et précise qu’il sera présent aux JEM  pour rencontrer toutes les parties prenantes des sports équestres et s’entretenir avec les  représentants des Fédérations nationales. Son programme sera en partie dévoilé lors d’une réunion avec la presse équestre internationale le 31 Août au Stade d’Ornano de Caen.

maj à 22h00 le 12/08.

Présidence de la FEI : le duel se confirme

Pierre Genecand recent 2014 in WellingtonC’est un beau duel (sportif) qui se dessine pour les élections à la présidence de la FEI qui se dérouleront le 14 décembre prochain à Dubaï. Après avoir annoncé en septembre 2013 qu’elle ne briguerait pas de 3ème mandat, la présidente sortante, SAR la princesse Haya de Jordanie a créé la surprise le 29 avril à Lausanne en laissant voter par l’Assemblée Générale Extraordinaire de la FEI une modification statutaire qui lui permet de se représenter aux prochaines élections. Seul obstacle sur ce parcours apparemment bien balisé, Pierre Genecand un Suisse expérimenté et déterminé.

Pierre Genecand n’est pas du genre d’homme à se laisser impressionner par un vote aux allures de plébiscite : 100 pour sur 103 fédérations en faveur d’une modification statutaire autorisant trois mandats de rang contrairement à la limitation à deux, mise en place … par la princesse Haya en 2006.

Dans un courrier en date du 5 mai, le Suisse a tenu à confirmer le maintien de sa candidature déposée le 17 février auprès de la FEI.« La route est encore longue jusqu’aux élections. 2014 sera une année de grands événements équestres. Je poursuis avec enthousiasme ma campagne électorale à travers le monde à l’occasion de mes différents déplacements. Je suis totalement convaincu que je peux amener une nouvelle énergie à la FEI à différents points de vue tels que le sport, les problèmes commerciaux, la promotion médiatique et bien évidemment le bien-être des chevaux. »  écrit Pierre Genecand.

L’outsider estime que la FEI a accompli sous les huit années de présidence de la princesse Haya d’énormes progrès notamment, dans l’augmentation de ses revenus financiers liés aux droits de diffusion. Pour autant, le Suisse se présente comme le candidat qui permettra le maintien de la dynamique engagée, en grande partie grâce à ses activités professionnelles internationales qui lui confèrent une vision mondiale des sports équestres.

Homme d’affaires Pierre Genecand n’en est pas moins homme de cheval. Un virus contracté dès l’âge de 9 ans quand il a enfourché pour la première fois un équidé. Une maladie qui ne le quittera jamais et qui l’amènera à être président pendant 15 ans de 1989 à 2003 du CHI de Genève avant que la passion du polo ne prenne le dessus.

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