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Surprise Deroubaix à Rotterdam

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Archives : Alexis Deroubaix / Timon d’Aure (Mylord Carthago)

Ça, c’est l’équitation comme on l’aime. Pas celle des scenarii écrits par avance où les plus expérimentés quand ce ne sont pas ceux qui ont la plus grosse « mobylette » sont quasi obligatoirement les mieux classés. Les outsiders font le sel d’un sport qui ne répond pas toujours à la logique du chéquier. Merci cheval. Dans cette logique, la 6èmeplace surprise d’Alexis Deroubaix (Timon d’Aure) dans le réputé Grand Prix du CSIO de Rotterdam sonne comme une bonne nouvelle.

Car peu importe finalement ce nouveau calendrier des CSIO qui en reléguant les Grand Prix au vendredi les confine à la confidentialité. Le jumping a hélas tendance à se contenter d’un public parsemé et de tribunes à moitié vides. Ce qui compte en effet, c’est la performance réalisée par un nouveau couple hexagonal qui pour sa 4èmeparticipation à un 5* décroche une belle 6èmeplace.

Originaire du Nord mais installé désormais en Normandie au Haras du Plessis, chez André et Annick Chenu, après avoir pas mal bourlingué dans la douce France, Alexis Deroubaix a la trentaine posée. Un sympathique côté force tranquille avec cette capacité rare de laisser du temps au temps, de laisser mûrir les choses et les chevaux. Mais ce n’est pas parce qu’il ne donne pas l’impression d’être pressé qu’Alexis Deroubaix n’est pas un garçon déterminé à accéder au plus haut niveau. Avec Timon d’Aure, son cheval de tête, il peut compter sur un partenaire fiable et imperturbable capable de passer sans broncher des 2* aux 5*. La recette semble fonctionner. Philippe Guerdat a souhaité donner sa chance à ce couple. La Coupe des Nations de dimanche devra permettre de confirmer la pertinence de ce choix.

Le classement du GP, ici.

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Aldrick Cheronnet : « surtout ne pas se prendre la tête et la grosse tête »

Aldrick Cheronnet et Tanael des Bonnes (archives)

Installé à Saint Nicolas de la Grave, entre Agen et Montauban, Aldrick Cheronnet se revendique comme un cavalier du Sud-Ouest bien qu’aucun accent ne vienne colorer sa voix. Son « pays » peut néanmoins être fier de lui. A Göteborg, dans les lointaines terres suédoises, Aldrick a signé la meilleure performance française dans la très disputée dernière étape du circuit Coupe du Monde. A défaut d’arracher sa qualification pour les finales Coupe du Monde de Paris ce cavalier pas tout à fait comme les autres méritait bien d’être passé sous un feu roulant de questions.

Aldrick Cheronnet, vous n’êtes pas un nouveau venu dans le milieu du saut d’obstacles. Ca fait une trentaine d’année que vous écumez les terrains de concours avec une participation régulière dans les internationaux jusqu’en 4*. Le 5* c’est vraiment différent ?

Oui, c’est tout à fait différent. Déjà le 4* c’est un palier, c’est une évidence par rapport au 3*. Au niveau de la concurrence ce sont des épreuves qui se courent beaucoup plus vite avec des cavaliers qui sont vraiment expérimentés.

Le grand public vous découvre essentiellement depuis un an, grâce notamment à vos participations dans le circuit Coupe du Monde et à la forte médiatisation de celui-ci. Est-ce que cette nouvelle notoriété à des incidences sur votre vie professionnelle ? Les regards qui se posent sur vous sont-ils aujourd’hui différents ? Est-ce que cela vous ouvre de nouvelles portes ?

Je ne me rends pas vraiment compte si le regard des gens a changé. Moi, je sais d’où je viens. C’est quelque chose d’assez difficile aujourd’hui. Tout est compliqué. Il suffit de la perte d’un cheval pour revenir dans un sport différent dans de la re-préparation et ainsi de suite. Je suis bien conscient de ces choses pour avoir eu moi-même des passages où l’on fait de beaux concours et après être revenu en arrière. Donc voilà, je continue mon chemin en préparant des chevaux pour essayer de rester au plus haut-niveau. Mais au niveau des retombées, ce n’est pas très simple. Je pense qu’elles se font lorsqu’on intègre les 50 meilleurs mondiaux. Aujourd’hui même lorsqu’on est dans un classement qui est bien il faut continuer à se battre pour essayer d’avoir des sponsors et séduire des partenaires pour améliorer son écurie.

La dernière étape qui vient de se courir à Göteborg ce week-end marque la fin d’un cycle. Ce rendez-vous historique du circuit Coupe du Monde semble vous porter chance. Il y a un an vous y avez signé votre première victoire en 5* dans le Grand Prix de la ville de Göteborg  Tout au long de l’année 2017 vous avez connu une formidable ascension au sein du classement mondial. Vous êtes ainsi passé du 292ème rang mondial au 99ème en fin d’année. A ce jour vous pointez à la 95ème place. Quel regard portez-vous sur cette année écoulée ?

C’était un peu mon objectif en 2017 d’intégrer les 100 meilleurs mondiaux. Je suis assez fier d’y avoir accédé. Maintenant j’ai pu arriver à rentrer dans ce classement et je suis satisfait parce que mes chevaux physiquement sont vraiment au top. Ce n’est pas toujours le cas quand on n’a pas une grosse écurie, un gros piquet de chevaux pour prendre des points pour la ranking. Jusque là, j’ai pu emmener mes chevaux dans ce classement avec des chevaux dans une très bonne santé et un âge qui est plutôt chouette et assez jeune par rapport à d’autres écuries.

Ça va être difficile d’améliorer le classement cette année, c’est évident. Il faut bien choisir les concours. D’une année sur l’autre il ya des points à perdre. Ca devient la course aux points. Il faut donc avoir une bonne stratégie car ça peut devenir « mortel ». Je ne voudrais pas que les chevaux subissent des problèmes de santé. C’est donc à moi de bien gérer tout ça pour pouvoir accéder à un meilleur classement.

Avez-vous amélioré des choses dans votre organisation ou la préparation de vos chevaux ?

Oui, j’ai changé beaucoup de choses. J’ai été un peu dur dans mon choix de chevaux. J’avais beaucoup de chevaux assez jeunes qui sautaient des épreuves 140-145.  Il a fallu que je prenne des décisions et que j’en vende pas mal dans l’incertitude qu’ils puissent faire des grosses épreuves. J’ai préféré les vendre de façon à avoir une trésorerie qui me permette de me consacrer un peu plus à mes chevaux de tête, à tort ou à raison. On va voir si ça va payer. J’en gardé quand même un par génération afin de me constituer une relève. Maintenant j’ai la chance d’avoir comme propriétaire Guy Belooussof, les écuries du Herrin, avec un réservoir assez important de jeunes chevaux. Je m’occupe aussi de Valentine, la fille de Guy, qui commence à accéder à un très bon niveau qu’il faut donc aussi fournir en chevaux. Je suis donc toujours à la recherche de propriétaires, de nouveaux chevaux.

Vous ratez de très peu votre qualification pour les finales Coupes du Monde de Paris mais de belle manière en décrochant une superbe 5ème place. Vous n’êtes pas trop déçu ?

On peut toujours être déçu, et me dire il manque un point ! C’est un petit 4 points ici ou là. Je me dis que c’est bien dommage. Maintenant je suis extrêmement satisfait de la saison que le cheval m’a procuré. C’est la première fois que je cours ce circuit. J’ai beaucoup de chance que Philippe Guerdat m’ait mis dans ces Coupes du Monde et m’ait fait confiance. J’ai pris de beaucoup d’expérience. Je ne perds pas espoir d’une finale. Il peu y avoir des rebondissements. Je me dis aussi tu as fait des fautes qu’à ce niveau on ne doit pas se permettre. Il faut arriver à être un peu plus serein dès le premier jour. Des petites choses. Si je n’y suis pas c’est parce que c’était un peu trop tôt. Aujourd’hui, je n’en tire que du positif.

Aldrick Cheronnet et Tanael des Bonnes (archives)

A bientôt 48 ans (son anniversaire est le 14 mars) vous êtes un homme et un cavalier mûr. Après un mini passage à vide de 2-3 concours vous avez rectifié le tir en décrochant un classement sans céder à la pression liée aux enjeux de qualification, sans prendre tous les risques notamment de mettre Tanael dans le rouge. Avec le recul vous pensez avoir fait le bon choix ?

Non, pas de regrets. Le premier jour j’avais mis le cheval dans une petite épreuve et il a très bien sauté. Le lendemain je l’avais mis dans la qualificative. Je ne sais pas trop l’expliquer, est-ce que c’est lui est-ce que c’est nous deux, il était assez chaud, à la limite trop dans la puissance, assez dur dans la bouche. Assez compliqué et pas assez dans la concentration. J’ai préféré m’arrêter et faire deux fois une volte. Beaucoup de personnes ont dit c’est fini, trop de pression, mais en sortant de piste j’ai dit à Philippe Guerdat « dimanche ça va aller, je le sens, ça va aller« . J’avais un gros pressentiment à ce niveau là mais je connais bien mon cheval. Je suis content parce qu’il a démontré que ce n’était pas une contre-performance, qu’il est en forme et qu’il est là. Il fallait rentrer dans les 5, je n’ai pas pris tous les risques. Ça n’a pas marché. Il me manque un point pour être qualifié mais je préfère être double sans faute que d’avoir fait 4 points. Là, pour le coût, j’aurais eu beaucoup de regrets.

L’anecdote rapporte que Tanael hennit souvent avant de rentrer en piste et que c’est plutôt bon signe. Il l’a fait à Göteborg ce week-end ?

Il ne l’a pas fait le premier jour, pas plus le deuxième. Il ne l’a pas fait pas non plus en entrant en piste pour le premier parcours Coupe du Monde donc je l’ai monté avec beaucoup de détermination (vidéo 1). Il l’a senti et était très à l’écoute même s’il a fallu que je le mette à l’effort deux ou trois fois pour le rendre vigilant. Par contre pour le barrage, en entrant, il s’est mis de nouveau à hennir et à je me suis dit, « on est au vert« . Et quand on regarde la vidéo du barrage, il a beaucoup mieux sauté car on s’est retrouvé complètement. C’était beaucoup plus fluide et moins à l’effort.

Parlez-nous de ce fils de Watch me Hoy. Il du genre facile ou compliqué ?

C’est un cheval qui est facile d’une certaine manière mais qui a besoin de se sentir en confiance avec son cavalier. Il a besoin de travailler dans la gaieté. On est tous les deux du genre instinctifs. On a nos codes. On est un petit peu du sud tous les deux puisqu’il a un courant de sang anglo dans la mère. On s’est un peu fabriqué comme ça. Mes autres chevaux ne fonctionnent pas du tout de la même manière. C’est notre sauce à nous deux.

Votre piquet de tête est également constitué d’Uris de la Roque et d’Atlantis. Ils se situent comment par rapport à Tanael ?

Valentine m’a confié Ioriot car elle a beaucoup de chevaux en ce moment. Un cheval remarquable avec beaucoup de potentiel mais un peu délicat. Il se rajoute à mon piquet pour une période de formation. Donc j’ai 4 chevaux plus ma jument Ciska (Van Paemel Z) qui va reprendre la compétition dans un mois et demi. Donc quand la saison extérieure va réellement débuter je vais faire deux lots de chevaux de façon à pouvoir faire des rotations sans les fatiguer.

Que faut-il vous souhaitez pour cette année 2018 ? Quel est votre objectif ?

L’objectif, c’est le plus haut ! Continuer à avancer, à rester humble et dans la normalité, surtout ne pas se prendre la tête et la grosse tête. Je reste de mon tracé où j’essaie de profiter au maximum de ce qui se présente, de mes chevaux, des beaux concours. De démontrer aussi qu’on a tous notre chance et qu’au travers de mes résultats il y a beaucoup de personnes qui peuvent s’identifier, se dire « il l’a fait à sa manière et on peut le faire aussi ». On a la chance d’avoir un sélectionneur qui ouvre énormément et qui donne sa chance à beaucoup de cavaliers donc il faut savoir la saisir et continuer à avancer.

Propos recueillis par Henry Moreigne

Emma O’Dwyer, étoile montante de l’équitation britannique

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Emma O’Dwyer et HHS Figero (archives)

Sur le papier, elle ne pointe qu’à la 624ème place au classement permanent des cavaliers de saut d’obstacles. A 21 ans Emma O’Dwyer,  a donc des marges de progression mais aussi du talent. Suffisamment pour avoir décroché une place dans l’équipe britannique « B » qui représentait le Royaume-Uni dans la Coupe des Nations de Falsterbo (Suède).

Les « deuxièmes couteaux » n’ont pas fait dans la figuration puisqu’ils montent sur la troisième marche du podium derrière la Suède (deuxième) et la Suisse (première). Une belle performance à laquelle Emma O’Dwyer, ancienne cavalière très performante à poney, à pleinement contribué. La jeune femme en selle sur HHS Figero signe un très beau sans faute dans la deuxième manche après un petit 4 points dans la première. En mars de cette année Emma O’Dwyer s’était déjà fait remarquer en remportant avec sa compatriote Millie Allen l’épreuve des Talents Hermès (moins de 25 ans) au Grand Palais.

L’équipe Britannique était constituée de Tim Stockdale (Fleur de l’Aube), Tim Wilks (Quelbora Merzé), Joseph Clayton (Con Man Jx) et donc Emma O’Dwyer (HHS Figero).

Le classement intégral de la Coupe des Nations ici.

Victoire surprise de Lisa Nooren au CSI 5* de La Corogne

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Lisa Nooren. Crédit photo Manuel Queimadelos / Oxer Sport

Si le CHI de Genève et son plateau exceptionnel de concurrents focalisent une majorité de regards, l’actualité hippique, c’est aussi le CSI 5* de La Corogne en Espagne. Ce décalage offre l’occasion à des cavaliers moins connus de faire un joli coup. Cette opportunité, Lisa Nooren ne l’a pas laissé échapper. A seulement 18 ans, la jeune Néerlandaise vient d’ajouter un très beau titre, une victoire en GP CSI 5*, à son palmarès.

On connaissait déjà le nom, elle est la fille de Henk Nooren, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France, on retiendra désormais le prénom sans oublier le cheval qui a permis ce succès : Sabech d’Ha, un Selle Français de 9 ans (Qredo de Paulstra x Talent Platière) issu de l’élevage d’Ha situé à la pointe du Cotentin en Normandie.

Le podium est complété par l’Allemand Hans Dieter Dreher (Embassy II) et le Belge Olivier Philippaerts (Challenge vd Beginakker). Julien Epaillard sur Quatrin de la Roque signe le meilleur résultat français avec une sixième place encourageante.

Lisa Nooren est double médaillée de bronze en junior en 2013 et 6ème des championnats d’Europe Young Riders cette année. Des titres qui généralement distinguent de futurs grands cavaliers.

Le classement intégral du GP ici.

Ohlala, révélation 2014

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Lauren Hough et Ohlala – Gucci Masters 2014- Cliquer pour agrandir

Diable qu’on les aime ces petits chevaux au grand cœur qui sautent des montagnes. Ohlala, jument de 10 ans, fille d’Orlando et Carrera (déjà la vélocité) fait désormais partie de ce club très fermé de ces « poneys » magiques (Jappeloup, Itôt du Château, E.T. FRH, Tornesh) qui enflamment les foules.

Sous la selle de l’américaine Lauren Hough depuis seulement deux ans, cette Swedish Warmblood a débuté sur 135 cm avant de vite passer à 145-150 cm courant 2013. En 2014, elle franchit un nouveau cap en participant et en gagnant les Grands Prix CSI5* à 160 cm. Ohlala signe ainsi en 2014 un remarquable palmarès avec pour temps forts : 1ère de la CANA Cup (1.60m) à Calgary, victorieuse du 1er GP du CHI de Genève (1.55m), 6ème du GP CSI5* de Lyon, 9ème du Gucci Masters de Paris et un double dans faute dans le mythique GP d’Aix-la-Chapelle.

« Je pense que c’est un début (…) nous avons encore beaucoup de choses à prouver », « Peu importe sa taille, ce qui la définit vraiment, c’est son caractère » déclare sa cavalière qui en fait la présentation à la caméra d’Equidia (cf vidéo).

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Une belle sixième place pour Ohlala et Lauren Hough à l’issue du sélectif GP du CSI5* de Lyon.

La taille exacte d’Ohlala est un secret bien gardé. Mystérieusement elle ne figure pas sur les registres de la FEI, ceux-ci indiquent sobrement que ce n’est pas un poney. Lauren Hough elle-même n’évoque jamais le sujet ou l’élude par une pirouette. Le reportage d’Equidia illustre bien cette coquetterie de jeune fille car si la petite taille est régulièrement évoquée, aucun chiffre n’est donné. Qu’à cela ne tienne, Planète CSO a mené l’enquête et vous livre une confidence, Ohlala toise 1m55. Mais chut, surtout, ne le répétez pas.

Retrospective 2014 : 14 septembre, Jessica Springsteen remporte l’American Gold Cup

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Jessica Springsteen et Vindicat W (GCT de Chantilly) Cliquer pour agrandir

 

Le 14 septembre dernier, Old Salem Farm accueillaient l’American Gold Cup, un CSI4* qualificatif pour la Coupe du Monde, dont le Grand Prix de l’édition 2014, doté à hauteur de 200 000 $, a été remportée par Jessica Springsteen sur Vindicat w.

Épreuve prestigieuse, l’American Gold Cup, fondée en 1970 a maintes fois déménagé à travers les États-Unis pour se fixer depuis 2012 dans la charmante ville de North Salem, à 45 minutes au nord de New York. Old Salem Farm ce sont de luxueuses installations équestres, dont un magnifique terrain d’honneur en herbe, qui ont bénéficié dernièrement de plus de 30 millions $ d’investissements.

Kevin Staut remporte les Masters de Pékin

LEBM01Le centre de gravité de la planète du CSO, comme celui de l’économie, s’est déplacé à l’Est. Aujourd’hui l’Asie est sans doute la région du monde qui présente l’un des plus forts potentiels de développement pour les sports équestres.  Ce n’est donc pas un hasard si les épreuves de haut niveau se multiplient entre Hong Kong et la Chine continentale. Pékin, qui aurait pu le penser il y a quelques décennies, accueillait ainsi ce week-end la quatrième édition des Beijing Masters, avec cette année un CSI 3* dont le Grand Prix (1m45) a été remporté par Kevin Staut devant l’Allemand Ludger Beerbaum et la Suissesse Jane Richard Philips.

La Chine comme elle sait si bien le faire avait mis les petits plats dans les grands en offrant comme écrin à la compétition rien de moins que le stade dit du« Nid d’oiseaux », stade officiel des Jeux Olympiques de 2008. Le Grand Prix a été diffusé en direct sur Eurosport mais surtout sur la chaîne de télévision chinoise CCTV 5.

Malgré l’éloignement les Pékin Masters ne sont pas une compétition de seconde zone. Ils reposent sur un concept qui tient compte des contraintes de transport mais surtout de quarantaine. Pas besoin pour les cavaliers étrangers de venir avec leur monture, ils découvrent à leur arrivée un cheval confié par l’organisation après tirage au sort !

Loin de rebuter les champions, l’élite mondial du jumping fait le déplacement. L’édition 2014 réunissait ainsi un très beau plateau avec les Britanniques Scott Brash, Ben Maher, Nick Skelton, les Allemands Ludger Beerbaum Marco Kutscher, Meredith Michaels-Beerbaum, la Suissesse Jane Richards-Philips, l’Américaine Laura Kraut sans oublier les Français Roger-Yves Bost, Pénélope Leprévost et Kevin Staut.

Face aux compétiteurs connus, dans une variante des échanges technologiques chers au pays hôte, les vingt meilleurs cavaliers chinois invités à côtoyer le top niveau et à s’imprégner des méthodes des champions avec pour support, des pistes dessinées par Frank Rothenberger considéré comme l’un des meilleurs chefs de piste au monde.

Et à la fin, pour une fois ce n’est pas un Allemand qui gagne mais un Tricolore. Sur les 5 barragistes trois seulement ont signés un parcours sans pénalités. Kevin Staut, 8ème mondial, a été le plus rapide sur Collard, un Holsteiner de 13 ans fils de Coronado. Roger-Yves Bost a terminé quatrième (une barre au barrage) devant la tenante du titre, Laura Kraut mais n’est pas reparti les mains vides puisqu’il a remporté le Longines Trophy du Beijing Masters devant Nick Skelton et Ben Maher. 

Autre particularité  un classement parallèle avait été mis en place pour distinguer les meilleurs cavaliers de l’Empire du Milieu.  Zhu Mei Mei, un élève de Ludger Beerbaum a ainsi été distingué.

Car si un Français a gagné, dans les coulisses, les Allemands font des affaires notamment Michael Mronz mais aussi Ludger Beerbaum qui a enrôlé pour appuyer les Chinois l’équipe d’organisation  expérimentée d’Aix-la-Chapelle. La collaboration entamée avec les organisateurs chinois il y a quatre ans doit se poursuivre avec pour objectif de monter l’événement au niveau maximum de la FEI pour un jumping soit un CSI5*.

Tous les résultats ici

Crédit photo : Longines

Paris Eiffel Jumping : the place to be

parisL’Esplanade du Champ de Mars sera l’écrin du 4 au 6 juillet la 1ère édition du Longines Global Champions Tour Paris Eiffel Jumping, un CSI5*présenté par Gucci. Une très belle et toute nouvelle manifestation hippique qui reprend la recette du Masters de Paris des années 1990.

Les salons de l’Hôtel de Ville de Paris, accueillait ce mardi 8 avril la conférence de presse de présentation de la 1ère édition du Longines Global Champions Tour Paris Eiffel Jumping. La Mairie de Paris, partenaire de l’événement, avait mis les petits plats dans le grands pour recevoir Virginie Coupérie-Eiffel, Présidente du Paris Eiffel Jumping, Jan Tops, Président-fondateur du Longines Global Champions Tour et son épouse Edwina Tops-Alexander , Juan-Carlos Capelli, Vice-président et Directeur Marketing International de Longines, Jean Rochefort, Guillaume Canet, Charlotte Casiraghi parrains du jumping ainsi que les cavaliers français Roger-Yves Bost, et Pénélope Leprévost.

Les 40 meilleurs couples mondiaux sont attendus pour ce qui devrait être, si la météo est au rendez-vous, un très beau moment d’équitation marqué, il faut le souligner, par une volonté forte des organisateurs de populariser la discipline du saut d’obstacles. Grâce à la générosité des sponsors, dont la fédération équestre Qatarie, l’accès des 12 000 spectateurs attendus sera totalement gratuit. Les parrains ont pour leur part promis de mettre leur notoriété au service du Jumping pour essayer d’obtenir une diffusion sur une chaîne tv gratuite.

Un « Village », espace chaleureux de découverte, proposera des animations dévoilant toutes les facettes de la « filière » équestre – de l’artisanat traditionnel aux expressions artistiques autour du cheval (photographie, peinture, littérature…). Les visiteurs pourront y profiter d’un accès à l’entraînement des cavaliers et des chevaux sur la piste d’échauffement, d’espaces interactifs de rencontre avec les champions, d’« ateliers » pour s’initier à l’attelage et au pansage des chevaux, d’une librairie éphémère… L’événement mettra les arts équestres à l’honneur avec des représentations spectaculaires de la Garde républicaine, corps d’élite de la gendarmerie nationale, et de Jean-François Pignon, qui présentera ses célèbres numéros de « chevaux en liberté » qui ont émerveillé le monde entier.

« Réaliser ce rêve, c’est aussi pour moi une façon de rendre hommage à mes parents. Je voulais unir l’héritage de ma mère, descendante directe de Valentine Eiffel, la fille de Gustave, et celui de mon père, Emeric Couperie, grand passionné de chevaux, fondateur du Jumping de Bordeaux et qui a, avec Jacques Chaban-Delmas, introduit la Coupe du monde d’équitation en France » confie Virginie Couperie-Eiffel.

 

Crédit photo : DR.Cliquer sur la photo pour agrandir.

Sont présents sur le cliché : Lavinia Mancinelli, Directrice du Marketing et de la Communication de Gucci EMEAI, Juan-Carlos Capelli, Vice-président et Directeur Marketing International de Longines, Virginie Coupérie-Eiffel, Présidente du Paris Eiffel Jumping, Charlotte Casiraghi, Jan Tops, Guillaume Canet, Alain Ducasse, Jean Rochefort, Edwina Tops-Alexander, Roger-Yves Bost, Charles Berling.

 

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Pour Luca Moneta, «Le cheval n’est pas une conquête, c’est un cadeau de la vie»

bordeauxGP1 130Luca Maria Moneta est assurément l’un des plus sympathiques cavaliers du circuit international. Installé à Lurate Caccivio, à une dizaine de kilomètres de Côme le cavalier italien est un ami et élève de Michel Robert avec lequel il partage une approche très particulière des chevaux basée sur la complicité, jamais la force. Et ça marche. Le transalpin est passé en seulement trois ans d’honnête compétiteur, membre du cadre B de l’équipe nationale italienne à cavalier performant. En 2013 il est notamment  5ème du derby de la Baule, vainqueur de la puissance à l’Olympia de Londres à 2m18, 3ème du GP5* de Vérone …

Dans un entretien accordé au quotidien Suisse Le Temps, il confiait en 2010 :  «La méthode? Elle est toute simple, très logique. Dans la vision traditionnelle des choses, c’est le cavalier, en homme fort, qui montre que c’est lui qui commande. Moi, je ne force pas le cheval à faire ce que je veux. Je l’aide à venir dans ma direction en le soumettant à des petites contrariétés s’il en choisit une autre, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’on va faire les choses ensemble. J’utilise des petits stress plutôt que la douleur. C’est de la psychologie inversée par rapport à notre culture traditionnelle, qui consiste à dominer, à obtenir les choses par la force. Je ne dis jamais à un cheval: «Tu fais ça!» Je lui donne l’impression que c’est lui qui prend les décisions.»

Adepte du dressage doux il estime que, « Notre langue, c’est celle du corps et de la gestuelle. Je m’exprime par des attitudes, des formes d’autorité, des mouvements. Le regard est très important aussi, et les énergies… C’est une sorte de télépathie. C’est très difficile à comprendre pour les hommes parce qu’on ne l’utilise pas entre nous. Ce sont les chevaux qui m’ont appris ça.» Les chevaux mais pas seulement. Avant de se lier avec Michel Robert, il a passé trois mois chez l’Américain Pat Parelli, le maître des chuchoteurs.

Cette capacité à établir une connexion avec les chevaux est reconnue en Italie où on lui confie souvent des chevaux difficiles sur lesquels on a échoué. «Quand ils arrivent ici, les chevaux n’ont aucune expression dans les yeux. Ils ont connu le bâton, la longe, les éperons, l’électricité… Ils pensent que tous les hommes sont des salauds ». Le plus grand bonheur de l’Italien, c’est de leur réapprendre la confiance.

Un brin désabusé et fataliste, Luca confiait en 2010 au journaliste Suisse qui le questionnait, regretter ne pas avoir la reconnaissance des professionnels de haut-niveau : «J’espère qu’un jour un propriétaire me fera confiance. Parce que si je gagne une grande épreuve avec un bon cheval, j’aurai la possibilité de montrer à tous les bienfaits de ma méthode ». Ce temps semble aujourd’hui arrivé.

En 2013, à l’occasion du Derby de la Baule, le transalpin en selle sur Jesus de la Commune était équipé de la première caméra embarquée, dédiée aux sports équestres. Un pur bonheur (vidéo).

Photo : Luca Maria Moneta/Connery (Jumping de Bordeaux)

Pin Oak Charity Horse Show : des chevaux et de la générosité

PinOakLogo3L’Amérique est une terre de contraste où se croisent grandes fortunes et générosité. Le Pin Oak Charity Horse Show qui se déroule du 19 au 30 mars à proximité de Houston (Texas) en est une belle illustration.

Cette manifestation hippique très originale intègre outre des épreuves de hunter et de dressage, du CSO avec quatre Grand Prix (1m50). Elle est surtout un moyen pour récolter des fonds en faveur d’un hôpital pour enfants malades du cancer. Un beau concept qui se répète avec toujours plus de succès depuis 1945.

La manifestation bénéficie du soutien de nombreux sponsors mais aussi de la Fédération équestre des États-Unis ( USEF ) qui retransmet en streaming de nombreuses épreuves.

Un Grand Prix au cœur de New York le 18 septembre

Central Park_shutterstock_SMAlors que la ville de New York est agitée depuis plusieurs mois par une violente polémique sur le maintien ou non de calèches à Manhattan, les opposants accusant cette activité historique d’être une source de mauvais traitement pour les chevaux, on apprenait cette semaine que Central Park accueillera du 18 au 21 septembre 2014 une importante manifestation autour des sports équestres parrainée par Rolex.

Cet événement signe le grand retour du jumping à New York qui a longtemps abrité le plus vieux concours hippique du pays, le National Horse Show au Madison Square Garden.

La manifestation débutera au milieu des gratte-ciel le jeudi 18 septembre avec un Grand Prix doté à hauteur de 200,000 $ qui devrait attirer l’élite mondiale du CSO. L’épreuve sera retransmise en direct sur NBC Sports.

Le vendredi soir c’est le dressage qui sera à l’honneur avec une reprise libre en musique (RLM) où se retrouveront là encore  les six meilleurs mondiaux de la discipline. Des expositions seront également mises en place pendant ces quatre jours qui se clôtureront le dimanche le public par une compétition de polo.

The Chronicle of the Horse, hebdomadaire équestre de référence aux USA, fondé en 1937 est le co-organisateur de cet événement. Son propriétaire, Mark Bellissimo, est également celui du Winter Equestrian Festival qui accueille en Floride de janvier à avril 12 semaines ininterrompues de compétitions.
Crédit photo : Shutterstock/Sportfot

The American Invitational : le Super Bowl du CSO

296f4d_abe455f4acfbb203d821514510084b21.png_srz_p_252_96_75_22_0.50_1.20_0.00_png_srzThe American Invitational Show Jumping l’un des plus anciens et des plus prestigieux concours hippiques américains se déroulera cette année le samedi 5 Avril 2014  à Miami.

Les 30 meilleurs cavaliers américains et étrangers (Ben Maher et Daniel Deusser notamment) au classement Rolex / USEF sont invités à ce concours très particulier considéré comme le superbowl du CSO aux Etats-Unis. Organisée historiquement à Tampa depuis 40 ans, la manifestation cette année reste en Floride mais change d’enceinte puisqu’elle est déplacée dans le stade de l’équipe de football américain des Miami Dolphins.

Sunshine tour et Atlantic tour : les circuits de l’hiver

stAlors que les regards vont se tourner ce week-end vers l’Asie et les Hong-Kong Masters, d’autres cavaliers comme Ben Maher ou Steve Guerdat ont choisi le circuit espagnol du Sunshine Tour (ST).  Le ST ne se résume pas au triptyque palmiers, soleil et petites pépées. C’est avant tout la plus grosse compétition équestre hivernale de toute l’Europe, une sorte d’équivalent au Winter Equestrian Festival (WEF) de Floride.  De la mi-février à fin mars,depuis 1995,  des compétiteurs provenant du monde entier se retrouvent pour des épreuves internationales de jumping et de dressage. Les installations, remarquables sont situées à Montenmedio ans la province Andalouse de Cadix, près de Vejer de la Frontera.

Autre destination possible du 12 février au 9 mars : Vilamoura au Portugal avec l’Atlantic Tour qui a la particularité d’être ouvert aux amateurs. Pendant ces quatre semaines 250 cavaliers et 600 chevaux s’affrontent dans des épreuves internationales dans un cadre remarquable.

Retour en vidéo sur l’édition 2013  du ST par Equidia (vudéo 1) tout d’abord, puis par nos amis Belges avec un passage sur  l’Atlantic tour (vidéo 2) :