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Cavaliers- FEI, retour sur un inquiétant désamour

4530.jpgLes championnats d’Europe qui se sont déroulés à Rotterdam fin août auraient du être l’occasion de célébrer une osmose entre l’élite sportive de l’équitation et les instances fédérales internationales censées les représenter. Au lieu de cela, le nom de la ville néerlandaise restera associé à un moment de forte crispation entre athlètes et dirigeants de la FEI lors de l’assemblée générale de l’IJRC, le club international des cavaliers de saut d’obstacles, qui s’est tenue le 22 août dernier. Simple scène de ménage ou premier pas vers une rupture consommée, l’avenir nous le dira.

Transparence. Notre époque est à la transparence, largement aidée par les moyens techniques modernes. L’IJRC l’a compris tout comme la nécessité de gagner la bataille de l’opinion. Loin de laver le linge sale en famille, les choses ont été dites devant la presse. Pour la France, Grand Prix a largement repris le contenu des échanges dans un excellent article à lire, ici.

Les reproches se ramassent à la pelle. Format des Jeux olympiques, Coupes des nations, lutte anti-dopage… les cavaliers ont longuement exprimé leurs inquiétudes sur le fond de ces différents sujets mais surtout, leur mécontentement sur la forme. Car si à la FEI, on entend les athlètes, il semblerait qu’on ne les écoute pas.

Le ton et les propos particulièrement fermes employés par Cian O’Connor, désigné par ses pairs pour les représenter au sein des instances de la FEI, témoigne d’une prise de conscience abrupte des rapports de force et du peu de considération de la structure à l’égard des athlètes.

L’irlandais au caractère marqué dont les propos tranchés sont à retrouver dans l’article de Grand Prix n’avait pas l’intention, en prenant ses fonctions, de faire de la figuration et de servir de faire-valoir mais, de défendre une approche sportive plébiscitée par ses homologues à l’inverse de la vision financière retenue par la FEI.

Le clash était prévisible. Il a eu lieu mais, plus vite que prévu. Cian O’Connor a littéralement jeté à la face d’Ingmar de Vos tout ce qu’il avait sur le coeur sans que cela ne déstabilise une seule seconde le président de la FEI, pur produit d’une instance administrative qui concentre désormais tous les pouvoirs. Le panache d’un Cian O’Connor ne mâchant pas ses mots cachait en fait un chant du cygne. Élu en novembre 2018, l’irlandais a rendu sont tablier quelques jours après sa sortie remarquée soit, seulement 9 mois à la FEI.

La vérité toute crue, c’est que les cavaliers sont désormais la cinquième roue de la charrette, dépossédés de leur univers par les hommes en costume sombre qui font les règlements, les budgets et signent les contrats. Comme si les sports équestres étaient un sujet trop sérieux pour être laissés aux cavaliers. Ce qui lorsqu’on n’a pour objectif que de faire du business n’est pas totalement faux. Le fantasme de certains était bien connu : faire évoluer le jumping vers le modèle de la F1 soit un système fermé, verrouillé, médiatisé qui brasse beaucoup d’argent. Un peu moins glamour, les courses incarnent une autre approche possible, avec une vraie rentabilité mais, où les jockeys ne pèsent rien ni sur les balances ni sur l’organisation.

Des athlètes à la croisée des chemins. Sur quoi débouchera le coup de sang de Cian O’Connor et les frustrations maintes fois exprimées de personnalités telles que Steve Guerdat et Kevin Staut ? Un rééquilibrage des pouvoirs est-il possible au sein de la FEI ?? Les cavaliers vont-ils relever le gant jeté par leur ex-représentant ou revenir dans leurs bulles personnelles ???

L’histoire du sport nous apprend que des évolutions sensibles sont possibles. A l’image de la première grève des joueurs de NBA en 1964 qui ne dura au final que … deux heures. Le vrai pouvoir, c’est ceux qui font le spectacle qui en disposent. Encore faut-il qu’ils en aient conscience.

Le sympathique club des cavaliers doit sans doute s’interroger sur son évolution et réfléchir au passage d’une assemblée de gentlemen à un syndicat professionnel, bordé juridiquement. Ce serait une vraie révolution culturelle dans un milieu habitué aux échanges feutrés.

Le monde a changé, la FEI a changé. Les cavaliers professionnels de haut-niveau seront-ils capables d’en faire autant ?

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Bosty repasse sous les projecteurs à Valence

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Rogers-Yves Bost et Sangria du Coty se sont adjugés le GP du CSI 4* de Valence. Crédit photo : Sportfot

Co-équipier exemplaire, Roger-Yves Bost, réserviste aux championnats d’Europe de Rotterdam, a du se contenter d’assister du bord de piste aux prestations de ses camarades. De quoi donner des fourmis dans les jambes à ce compétiteur né. Le CSI 4* de Valence était l’occasion de se dérouiller les pattes et de remettre les pendules à l’heure. Mission accomplie. Bosty s’empare du Grand Prix sur une Sangria du Coty impériale. Les sud-américains complètent le podium.

Au Haras des Grillons, dans la Drôme on a l’habitude de faire les choses bien. Bousculée par le rendez-vous de Rotterdam, l’édition de 2019 n’était pas, loin de là, une édition au rabais comme pourrait le laisser croire le passage de 5 à 4 *. Une modification plus symbolique qu’autre chose comme l’a très justement rappelé Sadri Fegaier le cavalier et homme d’affaire milliardaire, organisateur de l’événement, en pointant le fait que le plateau en lice et la dotation étaient similaires à ceux d’un 5*.

Du miel donc (50 000 €) et cinquante petites abeilles bien décidées à tenter leur chance. C’était sans compter sur le chef de piste Grégory Bodo qui a donné bien du fil à retordre aux cavaliers avec pas moins de 10 abandons dont quelques pointures comme Alexandra Paillot (Polias de Blondel) ou Julien Epaillard (Usual suspect d’Auge). C’était sans compter également sur la volonté de Bosty d’accrocher enfin le Grand Prix de Valence à son très long palmarès.

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Dayrio Arroyave et Jimcy du Lys ont créé la surprise en terminant à la deuxième place. Crédit Sportfot.

Restent les surprises et celles-ci sont sud-américaines. Il faut dire que le Haras des Grillons dont le pilote en chef est Carlos Lopez est devenu un peu la base européenne des Colombiens. En vue de la finale de la Coupe des nations qui se disputera à Barcelone début octobre, Dayrio Arroyave s’est vu confier Jimcy du Lys, propriété du Haras des Grillons, habituellement monté par Carlos Lopez. Le courant est très très vite passé avec ce 10 ans fils de Quaprice Bois Margot puisqu’après l’avoir monté seulement trois fois, son nouveau pilote a pris la deuxième place du Grand Prix ! Sur la troisième marche du podium, on retrouve le Brésilien Yuri Mansur (Casantos), reconnaissable entre tous avec sa veste jaune.

Le classement complet, ici.

Euro : Martin Fuchs étanche sa soif de l’or

FEI European Championships In Rotterdam - Day Seven

La prime à la jeunesse. De gauche à droite : Ben Maher, Martin Fuchs et Jos Verlooy. Photo : Dean Mouhtaropoulos/Getty Images for FEI

Plus vraiment un gamin malgré son visage juvénile, pas encore un vieux renard endurci à voir son émotion sur le podium, Martin Fuchs à seulement 27 ans est devenu le nouveau champion d’Europe des cavaliers de saut d’obstacles.

Les spectateurs ont eu du nez. Peu présents pour les épreuves par équipe dont l’essentiel du suspense était lié à la complexe artithmétique des qualifications pour Tokyo, ils étaient en revanche en masse pour la dernière journée et le sacre du nouveau champion d’Europe. Une épreuve palpitante qui s’est conclue par un podium (cf photo) dominé par la jeunesse et le talent.

Au centre, Martin Fuchs a pu enfin savourer le goût si particulier d’un titre continental. Une apothéose pour ce jeune Suisse aux mains en or qui forme avec Clooney 51 le miraculé un couple redoutable. A sa droite, Ben Maher (37 ans), le revenant. En équitation, c’est un peu comme en politique, on n’est jamais mort. L’ex numéro 1 mondial après une longue période d’effacement revient sur le devant de la scène internationale grâce à un cheval exceptionnel, le bien nommé Explosion W. A la gauche du nouveau champion d’Europe, la Belgique, décidément incontournable à Rotterdam, est à l’honneur avec l’un de ses fils que l’on n’attendait pas vraiment. Jos Verlooy (23 ans) et sa monte un peu brouillonne associé à Igor, un cheval peu expérimenté ont fait des étincelles.

Martin qui rit, Steve qui pleure. Heureux camp Suisse, terre de champions et de contrastes. Du côté des mauvaises nouvelles on retiendra surtout la mauvaise prestation de Lord Pepsi qui a conduit Paul Estermann à jeter l’éponge dans l’épreuve par équipe mais aussi la guigne qui a accompagné Steve Guerdat. Privé de toute chance de médaille, le numéro 1 mondial pénalisé de 8 points en première manche,  a préféré renoncer à repartir afin de préserver sa délicate Bianca.

Le temps des remerciements. Martin Fuchs n ‘a pas manqué de saluer son mécène, Luigi Baleri qui s’était vu décerner quelques jours plus tôt (le 23 août), comme un signe prémonitoire, le titre de « propriétaire de l’année 2018 » par le Jumping Owners Club, l’association internationale des propriétaires de chevaux de saut d’obstacles (JOC) présidée par le français Dominique Mégret. « C’est toujours un grand soutien et c’est comme un deuxième père » a déclaré le jeune Zurichois à propos de Luigi Baleri, également propriétaire de Chaplin, qui le soutien fidèlement depuis l’âge de ses 13 ans.

Martin Fuchs et Luigi Baleri devant le trophée du propriétaire de l’année. Une longue collaboration marquée par une affection mutuelle. Crédit : Claire Simler/JOC.

Pas de propriétaire, pas de chevaux. Luigi Baleri à l’occasion de sa remise de récompense par le JOC était revenu sur les circonstances de l’acquisition de Clooney en 20017 quand celui-ci allait être vendu aux Etats-Unis. Cet homme d’affaires discret (propriétaire de garage automobile), cavalier lui-même, avait fait le nécessaire pour que son protégé conserve son meilleur cheval. Un investissement permis par la force et la solidité des relations qu’il entretient avec la famille Fuchs. Une décision source de bonheur à l’écouter :« Dès que je suis devenu propriétaire de Clooney, le sentiment était tout simplement merveilleux (..) Tous mes chevaux sont spéciaux et formidables! Mais oui évidemment Clooney est celui qui réussit le plus à ce jour en saut d’obstacles. Il a un mental très fort. C’est une grande chance pour nous, sans quoi il n’aurait pas performé aussi bien et avec certitude, il ne se serait pas remis aussi vite de sa maladie. Son rétablissement était vraiment spécial à observer. Avec la médaille d’argent à Tryon, il a montré au monde entier combien il était mentalement fort »

La prestation remarquable de Clooney à Rotterdam confirme la pertinence du jugement de son propriétaire .

Et maintenant, place à la fête. Le nouveau champion d’Europe était impatiemment attendu dimanche soir par ses supporters à l’aéroport de Zurich pour son arrivée prévue à 21h30.

Le classement individuel, ici.

Euro : la France qualifié, Staut dépité

 

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Kevin Staut

Mission accomplie. La France a décroché son ticket pour Tokyo. Tout le monde peut souffler même si la 4èmeplace laisse un goût amer, celui d’avoir raté de peu une médaille. Au-delà de l’impression générale, restent les ressentis particuliers. Or de ce côté, Kévin Staut fait bande à part. Lui, le pilier habituel de l’équipe n’a pas été en capacité d’apporter le coup de patte qui fait basculer un destin collectif.  Le problème ne vient pas du pilote dont le talent n’est plus à prouver. Mais l’équitation c’est une histoire de couple et la monture actuelle du Normand n’est pas à cette heure une valeur sûre. A ce niveau, 4 points c’est déjà lourd. Que dire avec 8. Pour être dans le coup il faut pouvoir s’appuyer sur une machine à sans faute. Autrement formulée, la question qui se pose c’est de savoir si le couple Staut-Calevo est le plus à même d’offrir des chances de médailles à Tokyo. Poser la question c’est déjà y répondre. Sauf à considérer que le supplément d’âme qu’apporte le Normand, son rôle précieux de coéquipier modèle, en feraient un réserviste idéal, comme le fût Philippe Rozier à Rio. A moins que le mercato ne nous réserve des surprises et que Kevin Staut dans les prochains mois récupère sous sa selle une monture expérimentée et exceptionnelle. C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

Rotterdam J2 : « Ne rien lâcher »

FEI European Championships In Rotterdam - Day Four

Si les Belges ont marqué les esprits par leur belle remontée, les Britanniques ont gagné une place grace aux tours sans pénalité de Holly Smith (Hearts Destiny) et de Ben Maher, exceptionnel avec Explosion W. (Photo Dean Mouhtaropoulos/Getty Images for FEI)

Une nouvelle fois Thierry Pomel a trouvé les mots justes pour résumer la situation à l’issue de la deuxième journée des championnats d’Europe de Rotterdam. Les directives du sélectionneur national sont claires : « Ne rien lâcher ». L’entre-deux des résultats, un sans faute pour Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), un petit 4 points pour Nicolas Delmotte et son bondissant Urvoso du Roch mais surtout les doubles fautes de Kevin Staut (Calevo 2) et de Pénélope Leprevost (Vancouver de Lanlore), relègue la France en 4ème position. Rien n’est perdu tout reste à faire. Mais la condition physique des chevaux sera déterminante. Une épée de Damoclès inquiétante alors que les montures de Kevin Staut et de Pénélope semble déjà accuser une baisse de forme.

Reste le facteur humain. La déception était visible et affichée par Kevin Staut, peu satisfait d’être à la remorque de l’équipe. « Il va falloir que je me manifeste » reconnaissait avec sa franchise habituelle le leader Tricolore. Il peut le faire. Beaucoup ont encore en mémoire son parcours aux Jeux mondiaux de Caen où le Français avait littéralement porté un Rêveur de Hurtebise au bout du rouleau. Même chose pour Pénélope Leprevost. L’amazone ne manque pas de caractère. Il lui en faudra pour extraire le meilleur de Vancouver auteur de deux fautes de postérieur jeudi.

La formidable équipe de France nous a habitué à se transcender dans les situations difficiles. Les exploits ne sont pas faciles à rééditer mais il serait regrettable que la nation championne olympique en titre ne puisse décrocher sa qualification aux JO de Tokyo. Tout va se jouer sur le fil dans la glorieuse incertitude du sport. Réponse vendredi après-midi.

Le classement, ici.

J1 : bonne entame de la France à Rotterdam

FEI European Championships In Rotterdam - Day Three

Si les choses démarrent bien pour le camp français, c’est encore mieux pour l’équipe allemande, première au provisoire, à l’image de la superbe prestation de Simone Blum avec DSP Alice. Crédit Photo Mouhtaropoulos/Getty Images for FEI

Jusqu’ici, tout va bien. Arrivée aux championnats d’Europe de Rotterdam avec une pression énorme, décrocher sa qualification aux JO de Tokyo 2020, l’équipe de France composée de Nicolas Delmotte, Kevin Staut, Pénélope Leprevost, Alexis Deroubaix et Bosty en réserviste a fait un carton dans la chasse. Les tricolores qui ont aligné les sans faute, à l’exception de Kevin Staut parti en ouvreur (4 points), terminent cette première journée deuxièmes au classement proivisoire derrière l’Allemagne. « Bien commencer est important, mais ce qui m’importe surtout, c’est de bien finir » a parfaitement résumé Thierry Pomel, le sélectionneur national.

Un championnat, c’est long. Les cavaliers français le savent bien. Si la satisfaction est palpable, le triomphalisme est absent. Tout reste à faire et la pression sur les épaules des cavaliers est montée d’un cran d’autant que si les pilotes sont expérimentés, ce n’est pas le cas des montures qui vont devoir confirmer leur capacité à rester fraîches et réactives pour les deux journées déterminantes de jeudi et vendredi qui comptent pour la Coupe des nations.

Le classement par équipe, ici.

 

Margie Goldstein : une américaine sacrée à Deauville

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Crédit : Pixel events

Deauville. Sa plage, son casino, son festival mais aussi ses chevaux de course ou de CSO. Et pour la troisième année consécutive son CSI 3*, le Longines Deauville Classic. Un concours tiré à quatre épingles dans un décor de carte postale propice à faire venir les meilleurs cavaliers. A commencer par les Américains toujours sensibles au charme de la Normandie. Et bien leur en a pris puisque c’est un vétéran, la petite (1m55, 48 kgs) mais tonique Margie Goldstein-Engle (61 ans) qui s’impose dans le Grand Prix dominical associée à Dicas, un cheval massif et puissant.

Avec un beau plateau relevé de 60 engagés et un chef de piste de la trempe de Grégory Bodo, le spectacle promettait d’être beau. Promesse tenue. Au terme d’un barrage à 14 partants, l’américaine Margie Goldstein-Engle, vice-championne du monde par équipe 2006 et aux 17 participations en finales Coupe du monde, s’est imposée aux rênes du puissant Dicas, 10 ans, un fils de Diarado. A la deuxième place Jérôme Hurel (As de Mai) sauve l’honneur du camp tricolore alors que la Belge Celine Schoonbroodt-de-Azedevo (Cheppetta) monte sur la troisième marche du podium.

Le classement complet, ici.

Coupes des nations : l’IJRC exprime ses inquiétudes et formule des propositions

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Le cavalier français Kevin Staut, président IJRC, et Eleonora Ottaviani, directrice IJRC, en assemblée. © Photos IJRC.

Dans un communiqué diffusé jeudi 8 août, l’IJRC (International Jumping Riders Club) a tenu a manifester (une nouvelle fois) ses inquiétudes concernant le devenir des Coupes des nations. Ce club très fermé des cavaliers internationaux de saut d’obstacles officiellement reconnu par la FEI réaffirme avec force son attachement aux Coupes des nations qu’il considère comme l’épreuve reine de la discipline par les valeurs collectives, sportives et patriotiques qu’elles véhiculent.

L’IJRC, présidée par le Français Kevin Staut, souligne également l’intérêt des Coupes des nations pour acquérir de expérience et préparer des cavaliers et chevaux pour des échéances majeures (Jeux olympiques, Championnats continentaux ou mondiaux).

Pourtant depuis un certain temps déjà, le plus vieux circuit international est bousculé par de nouveaux concurrents qui disposent de moyens financiers toujours plus importants là où la FEI à la plus grande peine à trouver des partenaires pour boucler les dotations. Dans ce contexte concurrentiel inédit, les Coupes de nations ont de fait été victimes d’un réel déclassement lié à une spirale infernale : moins d’argent, moins d’attractivité, moins d’intérêt, moins de sponsors.

Pleinement conscients de cette problématique, les cavaliers de l’IJRC demandent pour la vieille dame un remède de cheval. Cela passe par une modification du règlement sur différents points concernant les CSIO, l’organisation des deux divisions ou encore la dotation des Grand Prix mais surtout, par une volonté déterminée de la FEI à remodeler le circuit et à lui redonner tout son lustre. C’est donc une décision avant tout hautement politique et symbolique qu’attendent les meilleurs pilotes : voir enfin déclarées les Coupes des nations comme le circuit d’excellence et de prestige du saut d’obstacles.

Le communiqué en anglais :  AUGUST NATIONS CUP STATEMENT

George Morris, victime de Maccarthysme moderne

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Georges Morris, à gauche, et son élève Andrew Ramsay (archives)

Les États-Unis sont un pays de contraste dans lequel on peut porter des personnalités au pinacle puis soudainement, dans un revirement total d’opinion, les lyncher médiatiquement avant de les bannir de la société. On se souvient des tristes dérives du Maccarthysme des années 50 où un anticommunisme hystérique avait conduit à la chasse de pseudo agents rouge infiltrés. Un moment peu glorieux de l’histoire américaine ou une commission présidée par le triste sénateur McCarthy avait quasiment droit de vie ou de mort sociétale sur des individus anonymes ou célèbres. Bis repetita. Le pays de l’Oncle Sam s’est engagé depuis quelque temps dans une nouvelle croisade, la chasse aux agressions sexuelles dans le domaine du sport. Une agence fédérale (Safesport) a été créée pour lutter contre les abus dans le sport avec la finesse d’un éléphant dans un magasin de sport. Des sportifs accusés ont vu leur carrière brisée, d’autres se sont suicidés. Sauf que les accusations d’une agence, ne sont pas des décisions de justice prises par un tribunal à l’issue d’un procès qui respecte les droits de la défense. Aujourd’hui c’est George Morris, icône de l’équitation américaine, qui est accusé de « méconduite sexuelle impliquant un mineur ». Des faits qui seraient survenus entre 1968 et 1972. Âgé de 81 ans, Georges Morris clame son innocence et conteste le fait que, sans ambages, la Fédération équestre américaine l’a, en raison des accusations portées contre lui, suspendu à vie.

Jamais le fossé n’aura été si grand entre la vieille Europe et ce nouveau monde où les pratiques du far-west ressortent de temps en temps. Quid de la présomption d’innocence, du droit à l’oubli qu’en jargon juridique on appelle prescription des faits et surtout, du droit à un procès équitable ? Triste spectacle d’une société décadente qui joue les puritaines, où l’émotion l’emporte sur la raison. Il ne s’agit pas aujourd’hui de savoir si George Morris est coupable mais de ne pas ajouter dans un réflexe moutonnier sa voix à celle de la meute. Il convient de rappeler qu’on ne jette pas ainsi l’honneur d’un homme aux chiens sans lui permettre de présenter sa défense. La justice ce n’est ni la vengeance ni l’obscurantisme d’une inquisition moderne. C’est donc à George Morris que nous laisserons le mot de conclusion : “Je conteste pleinement ce verdict et j’ai entamé un processus de contestation. J’ai dévoué ma vie aux sports équestres et à la formation de futurs grands cavaliers, entraîneurs et athlètes olympiques. Toute allégation suggérant que j’aurais blessé un quelconque individu nuit à la communauté équestre et à ce sport que j’aime tant.“

Le difficile renouvellement de l’équipe de France

FFEThierry Pomel a révélé en fin de semaine dernière la composition de la sélection française pour les championnats d’Europe qui se dérouleront dans la seconde quinzaine d’août à Rotterdam. Le sélectionneur national a indiqué miser sur l’expérience. De fait, les noms retenus sont d’une facture des plus classiques (Staut, Leprevost, Bost, Delmotte et Deroubaix), comme si, à l’exception du dernier cité, le temps glissait sur la FFE comme l’eau sur les ailes d’un canard. Les enjeux sont certes importants, notamment obtenir un sésame pour les Jeux olympiques de Tokyo. Il n’empêche, la France semble avoir du mal à renouveler, échéance après échéance, ses cadres et à donner ses chances à de nouvelles pousses.

Il ne s’agit pas de jeter la pierre à qui que ce soit, à commencer aux figures « historiques » de l’équitation française. Année après année, elles sont toujours dans le coup, réussissant parfois de façon parfois acrobatique à retomber sur leurs pieds en termes de stabilisation professionnelle. Le haut-niveau n’est pas un long fleuve tranquille si l’on n’est pas un héritier de grande fortune ou doté soit même d’un patrimoine financier conséquent. Ceux qui  arrivent à se maintenir dans les sommets de la hiérarchie mondiale doivent être salués. Plus encore quand ils se rendent disponibles pour les sélections nationales souvent moins avantageuses financièrement que certains circuits privés.

Pourtant, ce ne sont pas les nouvelles montures qui manquent. Ce ne sont pas non plus les cavaliers doués qui font défaut. Mais de la même façon que dans le secteur de l’entreprise ou de la politique, le renouvellement n’est pas une chose naturel. Il est au contraire contre-intuitif. Les raisons avancées sont toujours les mêmes. Priorité à ceux qui ont l’expérience. Autrement dit, et c’est peut-être profondément inscrit dans notre culture hexagonale, la prise de risque, ce n’est pas notre fort. Cette tendance lourde de nos élites, tous domaines confondus, à être endogames continue à pousser les sujets les plus audacieux à aller tenter leur chance ailleurs. En Grande-Bretagne, aux États-Unis ou au Canada par exemple.

Est-ce grave docteur ? Oui, plus qu’on ne le pense. Le bridage de notre système n’est pas bon dans un contexte universalisé où nous sommes en concurrence avec le reste de la planète. Le culte de la longévité sur les mêmes postes ou fonctions n’est pas sain. Mais si le constat est facile à poser, les solutions sont plus complexes à trouver.  La composition de l’équipe de France pour Rotterdam n’est finalement que le reflet fidèle d’une FFE sclérosée, dirigée par les mêmes personnes depuis des décennies. C’est désormais la transmission de l’expérience qu’il faut penser et organiser pour avoir demain un vivier fort de plus de Staut, de Leprevost, de Bosty et autres.

Vigo d’Arsouilles a tiré sa révérence

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Vigo d’Arsouilles sous la selle de Philippe Le jeune

L’histoire des sports équestres c’est avant tout celle de couples mythiques. Ce n’est pas vieux mais Vigo d’Arsouilles et son cavalier, le truculent Belge Philippe Le jeune ont à ce titre inscrit leur nom sur les tablettes de ceux qui à un moment donné ont marqué le jumping international. Ceux qui font déplacer la foule vers la lice et retenir leur respiration le temps d’un tour. A ce titre dans les noms que l’on retient de la première décennie des années 2000 il est difficile d’oublier ceux de Philippe Le jeune et de Vigo d’Arsouilles. La disparition à 21 ans de l’étalon BWP fils de Nabab de Rêve referme une belle page dont les principaux faits d’armes sont un titre de champion du monde en 2010 et de nombreuses victoires en Coupe des nations. Des succès sportifs prolongés par une carrière de reproducteur remarquable.

FFE : société commerciale ou fédération sportive ?

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Dans son édition du 14 juillet, Le Parisien consacre un article éloquent sur les championnats de France poneys, le Generali Open de France. L’envoyée spéciale du quotidien francilien dresse un constat qui devrait interpeller. Lamotte-Beuvron, rebaptisée Poneyland par Sandrine Lefèbvre est avant tout au-delà de l’aspect kermesse, une habile usine à fric. Quant au côté sportif, il est devenu accessoire.

16 000 gamins à poneys d’un côté à Lamotte-Beuvron, une poignée de professionnels de l’autre à Fontainebleau pour les championnats de France de saut d’obstacles, cherchez l’erreur. Ce contraste témoigne le grand écart de la Fédération Française d’Equitation arrivée aujourd’hui à l’apogée d’un système commercial unique au monde ou les enfants et surtout les parents sont prisonniers d’un système ou tout est bon pour faire cracher quelques billets. Revers de la médaille, c’est que justement, il n’y en a pas. Ce système ne constitue pas un vivier de cavaliers qui viendront alimenter le haut-niveau. Et pour cause, ce n’est pas sa vocation.

Qu’il est loin ce temps où les structures équestres étaient associatives et avaient pour objet de permettre la découverte et la pratique d’un sport à moindre coût. Objet non lucratif, vous n’y pensez pas, c’est devenu totalement ringard. Entre garderie et centre de vacances le poney est devenu un étrange modèle économique dans lequel beaucoup de parents rivalisent à travers leurs progéniture. Quitte à dépenser beaucoup d’argent. Certes beaucoup d’enseignants ont a coeur leur métier et il n’est pas question de leur jeter la pierre. Ils font un boulot formidable. Mais celui-ci s’inscrit dans un système perverti par la loi de l’argent. Non de leur faute mais de celui de la fédération française d’’équitation et son président, Serge Lecomte, qui ont bâti un système dont l’appétit pour les euros n’a rien à envier, toutes proportions gardées, à Jan Tops (Global Champions Tour), la qualité en moins.

Que fait la FFE de tout cet argent ? C’est la question que l’on pourrait légitimement se poser si celles-ci répondait à un mode d’élection et une gouvernance démocratique. Là encore, la dérive est inquiétante. Hervé Godignon voulait mettre un coup de pied dans la fourmilière mais le système est trop bien verrouillé par les statuts pour empêcher une révolution de palais.

« Le poney a sauvé l’équitation en France, et il fait aujourd’hui l’unanimité » n’hésite pas à proclamer Serge Lecomte. On pourrait s’en étrangler mais à quoi bon. La puissance publique, le Ministère des Sports, qui accorde la délégation sportive aux sports équestres n’y voit rien à redire. Il est vrai que Serge Lecomte a su mélanger les genres et développer son réseau politique qui lui assure une certaine impunité pour ne pas dire une impunité certaine. Le pire est que le Président de la FFE se targue d’avoir popularisé la pratique de l’équitation et que certains veulent bien le croire. A 4 000 € la saison comme le rapporte l’article on peut avoir des doutes sur l’accessibilité. Mais après tout, si les parents sont contents…

Source : Le Parisien

Le CSI 2* de Vichy sourit à Clément Frèrejacques

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Clément Frèrejacques et Undiams de Varenne

 

Clément Frèrejacques a ajouté ce dimanche son nom à la très longue liste (ancienneté du concours oblige) des vainqueurs du Grand PrIx du CSI de Vichy. Le cavalier isérois de 32 ans s’est imposé avec Undiams de Varenne (propriété de Michel Robert) à l’issue d’un barrage à 13 participants (sur 48 partants). Vainqueur de l’édition 2018, Benoît Cernin faisait figure de grand favori. Le champion de France Pro Élite en titre doit se contenter de la 13ème place, contraint à l’abandon au barrage sur un Unamour de Suyer élimé par 4 jours de canicule.

Décidément Vichy rime avec intempéries. Les propriétaires des installations (Vichy Communauté) et la SHF avaient pensé s’affranchir des caprices de la météo en abandonnant l’herbe au profit du sable. C’était sans compter sur la canicule. Une chaleur écrasante qui a contraint de revoir les horaires en avançant les premières épreuves aux premières lueurs de l’aube et les dernières en fin d’après-midi. Las même à ces horaires aucune fraîcheur n’est venue apporter le moindre coup de fouet à des chevaux et des cavaliers accablés par la fournaise.

Si les organisateurs sont désarmés face aux conditions météorologiques en revanche il conviendrait qu’il s’interrogent sur la très faible participation étrangère à ce CSI au tout petit « i » cette année. Calendrier, dotation des efforts sont à accomplir si l’on ne veut pas assister à l’effacement progressif du Jumping de Vichy engagé dans une pente descendante depuis plusieurs saisons. L’abandon du 3* au profit d’un 2*, annoncé au départ comme provisoire en raison de travaux sur les installations du Sichon semble aujourd’hui bien ancré. Il est vrai que les CSI ont connu ces dernières années une inflation dans les cahiers des charges mais un coup de collier sur des problèmes de logistique (boxes et parkings) devrait permettre de redonner du lustre au plus vieux concours de France (1887!). En tout état de cause le retour sur le devant de la scène hippique internationale ne passera pas par la multiplication des épreuves réservées aux amateurs.

Dans ce paysage marqué par les interrogations, la victoire de Clément Frèrejacques n’est en rien une victoire au rabais. Jean-François Gourdin avait monté une vraie épreuve 145 qui a offert un beau spectacle malgré un horaire inhabituel (12h30). Benoît Cernin à l’issue de la reconnaissance ne manquait pas d’ailleurs de saluer le travail du chef de piste qualifié de « bon constructeur ». La suite lui a donné raison.

Preuve de la bataille au couteau qui s’est livrée, quatre minuscules centièmes séparent le vainqueur du second, Jimmy Jean, associé à Aramis d’Avril. La troisième place est revenue à l’inoxydable Jacques Bonnet (Uzi de la Beka). Un podium 100% tricolore. Faut-il s’en féliciter ?

Le classement complet, ici.

Inès Joly brille à Stockholm

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Inès Joly et Vitto de Cartherey (archives)

Inès Joly, 21 ans, continue son bout de chemin à haut niveau. Invitée à participer au Global Champions Tour de Stockholm, la jeune femme au regard clair et à la longue chevelure blonde a mis à profit cette opportunité pour s’imposer dans le Grand Prix (1.50m) réservé aux moins de 25 ans (U 25), à l’issue d’un barrage à neuf concurrents. Une performance réalisée avec Vitto de Cartherey (10 ans), qui réalise un très beau début de saison en 145-150 pour le plus grand plaisir de son propriétaire, l’Auvergnat David Neri.

Belle rencontre que celle de David Néri et de la famille Joly basée à Saint-Etienne au Centre Equestre du Portail Rouge. Le courant est passé et depuis deux ans l’histoire suit son cours, sur une trajectoire ascendante. David Neri avait senti que son cheval avait du potentiel, il ne s’était pas trompé. En le confiant à Inès Joly, il se prive d’une monture pour les épreuves Amateurs (110-115) mais se régale de voir Vitto mis en valeur dans des épreuves de haut niveau. « C’est un lion » confiait dernièrement la jeune cavalière au magazine l’Eperon à propos de son cheval de tête. Et d’enfoncer le clou en ajoutant, « nous y avons toujours cru avec mon père » (ndlr : Daniel, coach réputé en poneys). La suite leur donne raison.

Olivier Perreau fait le show à Grimaud

Olivier Perreau et Vénizia d’aiguille. Crédit : HUBSIDE JUMPING / Marco Villanti

En équitation comme ailleurs, il ne suffit pas d’être le fils « de » pour réussir. Chez les Perreau installés à Roanne dans la Loire de longue date, il y a déjà quelques années qu’Olivier s’est fait un prénom. Le garçon est bien né. Le fils de Claude et Chantal a hérité de ses parents le goût du travail et de la discrétion, ce qui est déjà bien. Il y a ajouté un vrai talent équestre manifesté tôt à poney et très vite confirmé à cheval. Aujourd’hui sa maturité d’homme (il fêtera ses 33 ans le 23 juin prochain) correspond à celle de cavalier. Les succès s’enchaînent. Après une victoire dans le Saut Hermès et une belle sixième place dans le Longines Global Champions Tour de Cannes, pour ne parler que de ses résultats les plus emblématiques, Olivier Perreau s’est adjugé ce week-end la victoire dans le Grand Prix 4* du Hubside Tour (Grimaud). Une performance de plus signée avec Vénizia d’Aiguilly, pur produit de élevage maison. Encore quelques réussites de ce genre et la France du jumping pourrait bien sombrer dans la Perreaumania.

Un GrandPrix à 1, 55m doté à 150 000 € ça n’est pas rien. Ça assure en général un beau plateau et une épreuve très disputée. Promesse tenue. Sur les 40 partants trois seulement se sont qualifiés pour le barrage. Avant de soulever la coupe, Olivier Perreau a du batailler ferme et mettre sévèrement les gaz (39,31). Face à lui René Tebbel, nouveau pilote de Saxo de la Cour était handicapé par le caractère récent du couple qu’il forme avec l’ancienne monture de Cédric Angot acquise par son mentor, l’oligarque Oleksandr Onishchenko. Malin, l’Ukrainien (de circonstance) signe un bon chrono (40,42) et un sans faute qui lui permettent d’accéder à la deuxième place. Fusionnelle avec Sultane des Ibis, Félicie Bertrand était une concurrente des plus sérieuses. Son chronomètre le prouve. Pulvérisé certes (36,43) mais pénalisé d’une faute. Pour cette fois la cavalière du Haras de Clarbec doit se contenter de la 3ème place.

Les résultats complets, ici.

Coupe des nations : la France s’offre une victoire d’anthologie à Saint-Gall

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Copyright FEI/Richard Juilliart

La Coupe des nations de Saint-Gall qui s’est déroulée ce dimanche au coeur de la Suisse restera dans les mémoires. Une bataille de Titans à notamment opposé trois équipes. Les Helvètes privés de victoire à domicile depuis 1996, emmenés par Steve Guerdat. Les Italiens dont la figure de proue est Giulia Martinengo Marquet et la France représentée par Kevin Staut (Calevo 2), Pénélope Leprevost (Vancouver de Lanlore), Nicolas Delmotte (Urvoso du Roch) et Guillaume Foutrier (Valdocco des Caps). C’est à ce dernier qu’est revenue la lourde responsabilité de courir le barrage rendu nécessaire pour départager les trois nations. Et la main du Nordiste n’a pas tremblé. Il signe un barrage rapide et sans pénalité qui permet aux Tricolores de s’imposer. L’Italie rate la première marche pour une poignée de centièmes alors que la Suisse est reléguée à la troisième place en raison d’une faute de Bianca et Steve Guerdat.

Thierry Pomel peut être satisfait. Ses mousquetaires ont fait et bien fait. L’équipe alignée a révélé de vraies lignes de force. Nicolas Delmotte confirme son rôle de pilier de l’équipe de France. Il est l’auteur d’un double sans faute avec Urvoso du Roch, un hongre sérieux de 10 ans par Number One d’Iso. Même punition pour Pénélope Leprévost avec Vancouver de Lanlore. Le fils de Toulon a incontestablement passé un cap en alignant deux prestations sans pénalités. Le travail de l’amazone normande a payé. La prestation du couple a été très convaincante. Âme de l’équipe depuis de nombreuses années, Kevin Staut rassure toujours par sa présence et son expérience mais Calevo doit continuer à s’aguerrir à ce niveau. Le couple est pénalisé d’un double 4 points.

Reste la cas Guillaume Foutrier. Le cavalier de Mouchin de 42 ans crève l’écran avec son hongre de 10 ans, Valdocco des Caps. Insensible à une pression énorme Guillaume Foutrier a offert à la France une victoire superbe et porteuse de beaucoup d’espoirs. L’après-Guerdat semble soudainement moins sombre qu’envisagé un temps.

« Comme dans toutes les Coupes des Nations, il y avait beaucoup de pression, mais c’est une belle histoire, surtout quand ça se termine comme ça« , a résumé Kevin Staut qui n’a pas manqué de saluer les les qualités de son co-équipier, Guillaume Foutrier.

La suite dans 15 jours à Sopot (Pologne) pour une nouvelle Coupe des nations.

Le classement complet, ici.

 

Niklaus Rutschi sur un nuage au CSI 4* de Bourg-en-Bresse

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La superbe équitation de Niklaus Rutschi en selle sur Cardina.

Niklaus Rutschi s’est imposé ce week-end dans le Grand Prix du CSI 4* de Bourg-en-Bresse doté, ça ne gâche rien, à hauteur de 90 000 €. Si le représentant Suisse monte sur la première marche, les Tricolores tirent bien leur épingle du jeu, avec de bonnes surprises. Laurent Goffinet tout d’abord, qui aux commandes d’Atome des Etisses (Mylord Carthago x Eve des Etisses) a bien cru en ses chances avant de voir s’envoler la victoire pour une poignée de centièmes. Il finit deuxième. Marie Demonte complète le podium sur la très convaincante Véga de la Roche. Mention spéciale enfin pour Prime Time des Vagues qui a 16 ans signe un retour fracassant sous la selle de son cavalier, Alexandre Fontanelle. Une quatrième place partagée avec Nicolas Delmotte et Urvoso du Roch (ex-aequo).

A 53 ans, Niklaus Rutschi , malgré une carrière sportive plus qu’honorable n’est pas considéré comme un cador du circuit. Classé 178ème mondial, il est un habitué du circuit mais étrangement, bien que titulaire de l’équipe Suisse, ne jouit pas d’une grande notoriété. On ne se retourne pas sur son passage, on ne l’assaille pas pour des selfies ou des autographes. Son double sans faute la semaine précédente avec Cardano CH dans la Coupe des nations de La Baule a fait remonter ses actions mais plus du côté des connaisseurs que du grand public.

On devrait se méfier des habitués, surtout s’ils sont du genre discret. Le Luçernois connaît bien le Jumping de Bourg. Il en est à sa 6ème participation. C’est à vélo et non en trottinette électrique qu’il vient faire sa reconnaissance, en vrai passe-muraille. Pourtant, sa réussite au CSIO de France a sans doute constitué un déclic intérieur. Un mélange de sérénité et de confiance. Il prend le départ du Grand Prix avec Carassina, une jument grise de 10 ans qui sur le papier ne constitue pas une concurrente sérieuse. Les affaires sont prêtes d’ailleurs au camion pour repartir sans tarder. L’après-midi va finalement se prolonger. Le couple signe une première manche superbe, toute en décontraction et en fluidité. Face aux 9 barragistes, Niklaus Rutschi joue le jeu. La jument répond parfaitement, déploie ses ailes, et pulvérise le chronomètre. L’affaire est faite.

Ce week-end devait-être l’occasion de voir quel cheval pourrait soutenir Cardano dans son piquet de chevaux. La réponse est évidente. Chapeau bas.

Auréolé de cette victoire Nikaus Rutschi va retrouver la semaine prochaine la cour des grands. Ce sera Saint-Gall avec l’équipe Suisse puis, la préparation des Championnats d’Europe et pourquoi pas, si Cardano confirme, les JO de Tokyo qui marqueront la fin d’un cycle. « Après 11 ans dans ce métier je suis en fin de carrière. Dans le sport de haut niveau il nous faut beaucoup plus de préparation que les jeunes cavaliers pour y arriver. Je pense bientôt plus m’orienter vers la formation des jeunes chevaux » confiait vendredi le futur vainqueur du Grand Prix à la Gazette du Jumping. Cet homme mérite d’être connu.

Le classement complet, ici.

 

Blum vs Guerdat : la bataille des géants est lancée

Crédit T. Van Halle / CSIO La Baule 2019.

Numéro 1 mondial et vainqueur de la Finale Coupe du Monde de Göteborg en avril de cette année, Steve Guerdat semble (enfin) avoir trouvé un adversaire à la hauteur de son talent. Une concurrente pour être précis en la personne de Simone Blum. La trentenaire allemande et sa jument de tête, DSP Alice, se sont imposées ce dimanche dans le très prisé Grand Prix 5* de la ville de La Baule. Au nez et à la barbe du Suisse qui, bien qu’associé à Albfuehren’s Bianca, a dû se contenter de la deuxième place. Pour notre plus grand plaisir, ces deux-là seront amenés à se recroiser et à se défier dans les semaines et les mois à venir. Un pur bonheur sportif en perspective.

Cette jeune femme-là, si discrète, bien peu l’avaient vu venir. Et pourtant, Simone Blum s’est imposée, comme une évidence, lors des Jeux Équestres Mondiaux de Tryon en 2018.  Une révélation, tout comme sa jument, considérée depuis comme l’une des meilleures au monde. Sans qu’on sache trop pourquoi, l’après Tryon s’est révélé décevant. Des quatre points à la suite en Grand Prix et une épaule, conséquence d’une mauvaise chute contractée au début de 2018, de plus en plus handicapante. A l’issue du CHI de Genève, la décision est prise. L’opération est inéluctable, tous comme les deux mois de rééducation qui suivent. Puis vient, enfin, le temps du retour à la compétition. C’est fin mars, en Italie, dans le CSI 3* de Gorla Minore. Doucement, d’abord sur 135-140. Puis les barres montent. Le 7 avril, toujours à Gorla Minore mais en version 4*, Simone et Alice se classent 7èmedu Grand Prix 155. Les choses sérieuses peuvent commencer. Suivent les concours de Hagen (2 et 4*) puis Manheim, toujours en Allemagne. Le 7 mai Simone Blum et DSP Alice s’adjugent le GP 160. Prochaine étape, le CSIO de France.

C’est la première fois que la fille de Jürgen Blum, un cavalier allemand de concours complet qui a couru les Jeux d’Atlanta, vient fouler le terrain mythique du stade François André qu’elle qualifie par la suite d’Aix-la-Chapelle en plus petit. Cette première fois est la bonne. La jeune femme remporte ce Grand Prix tant convoité par Steve Guerdat qui classe La Baule parmi ses concours préférés.

La cité balnéaire lui rend bien et a fait du Jurassien l’un de ses chouchous avec Éric Lamaze. Mais le cœur a ses raisons que la raison et la compétition ignorent. Alors que le Suisse multiplie les classements au fil des jours, il voit l’objet de toute son attention se dérober à lui. « Je savais en sortant de mon barrage que j’étais battable » déclare-t-il à la presse quelque temps plus tard. « J’ai loupé mon virage après l’oxer pour attaquer le vertical sur bidet » précise-t-il. Le champion olympique de 2012 sait qu’à ce niveau, même tout petit, le droit à l’erreur n’existe pas. Surtout face à des gâchettes de la trempe de Simone Blum. Beau joueur Steve Guerdat n’en tient pas rancune à son adversaire. En grand et vrai sportif, il se nourrit et s’élève dans son art par la concurrence qu’il trouve face à lui. « Simone mérite sa victoire. Elle était plus rapide. Je prendrai ma revanche la prochaine fois » lâche-t-il avec un sourire. Pour cette fois, il repart avec le titre de meilleur cavalier du concours en lot de consolation.

Dans le camp d’en face, la modestie, autre marqueur des champions, est de mise. « Il est rapide », « je pensais que Steve allait gagner au barrage, mais finalement, Alice a été la meilleure aujourd’hui » avance sobrement Simone. De la même façon, pas d’éloges dithyrambiques de sa jument DSP Alice. Juste ce qu’il faut, précis et efficace : « elle a fait un tour parfait ». Les faits sont là. Pas besoin de préciser que c’est une jument exceptionnelle, ou d’exception, ça saute aux yeux.

Bianca vs Alice, Steve vs Simone… On attend goulument la revanche.

Royal Windsor Horse Show, délicieusement so british

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Carl Hester (de dos), Elisabeth II et Charlotte Dujardin sur Valegro. Credit Peter Nixon / Royal Windsor Horse Show.

En Grande-Bretagne, c’est une institution depuis 1943. Un mélange de tradition et de modernité qui nous rendrait presque nostalgiques du Brexit. Un événement équestre majeur qui mêle Jumping (CSI 5*), dressage (CDI 4*) et attelage (CAIO 4*). Tout ça au pied du château de Windsor avec en prime la reine d’Angleterre et un dress code à respecter.

Il n’y a bien que la press people française pour commettre un affreux crime de lèse-majesté. Paris Match par exemple qui ose ainsi écrire « La reine Elizabeth II a bravé la pluie pour assister, ce mercredi, à la première journée du Royal Windsor Horse Show. De quoi lui donner des airs de petit lutin avec son capuchon pointu ». « Petit lutin », quelle insolence ! Décidément ces maudits mangeurs de grenouilles et indignes descendants d’un peuple régicide ne comprennent rien à l’esprit britannique. Certes, on ne peut pas dire que la tenue arborée à cette occasion par sa royale majesté soit des plus glamour mais les conditions météorologiques n’étaient guère favorables au port de ses célèbres chapeaux aux couleurs pastels. On retiendra plutôt la vraie passion de la souveraine de 93 ans pour les chevaux et cette manifestation créée à l’origine pour collecter des fonds en pleine seconde guerre mondiale. Et finalement cette rencontre anachronique entre cette vieille dame et les compétiteurs était des plus sympathiques. Il n’est pas sûr malheureusement que malgré la tradition, la passion des chevaux, se transmette à la nombreuse descendance de la souveraine.

Côté saut d’obstacles l’énorme dotation (500 000 €) a joué son rôle et attiré un plateau relevé dont un trio tricolore de choc – Simon Deslestre (Hermès Ryan), Roger-Yves Bost (Sangria du Coty) et Kevin Staut (For Joy van’t Zorgvliet*HDC) – bien décidé à faire valoir ses chances dans le Grand Prix Rolex qui se disputera dimanche à 15h30. Il ne manquerait plus qu’un de ces maudits Français soit sacré au pied du château royal.

Guillaume Foutrier accroche sa 4ème étoile dans le Hubside Jumping

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Guillaume Foutrier (archives)

Guillaume Foutrier est du genre discret mais efficace. Habitué désormais des grands rendez-vous, à 43 ans le vice-champion de France 2015 a gravi ce week-end une marche dans sa carrière (actuellement 83èmemondial) en s’adjugeant le Grand Prix 4* du Golfe de Saint-Tropez associé à son cheval de tête Valdocco des Caps. Le Français devance Piergiorgio Bucci (Deniro), 2ème, et son compatriote Marc Dilasser (Arioto), 3ème.

Passé par le Haras des Princes et après avoir longtemps travaillé avec Patrick Caron, Guillaume Foutrier désormais installé au Haras de Lannay près de Lille s’est fait remarquer du grand public en 2018 en décrochant une superbe septième place dans le très réputé Grand Prix Coupe du monde de Lyon. Un fait d’armes réalisé encore et toujours avec son fidèle Valdocco des Caps, un hongre bai de 10 ans par Number One d’Iso un Prince.

La victoire acquise ce week-end dans le sud par ce Nordiste égaré n’avait rien de touristique. La dotation de l’épreuve (150 000 €) avait de quoi aiguiser bien des appétits et chacun des 50 couples au départ de l’épreuve pouvait logiquement croire en ses chances. 7 seulement ont pu déjouer les pièges du chef de piste Uliano Vezzani et se qualifier pour le barrage. A ce petit jeu-là Guillaume Foutrier a su prendre les risques nécessaires pour signer un chrono rapide vierge de toute pénalité. Un barrage superbe, d’une grande maîtrise technique alliée à une monture trés bondissante, bref un peur plaisir pour les yeux.  Le Nordiste, à l’issue, pouvait se féliciter de son choix technique. « C’était la première fois que je remettais le hackamore. Il (Valdocco ndlr) a donc retrouvé toute sa liberté pour galoper et nous avons ainsi retrouvé une superbe qualité de saut ! » se réjouissait le vainqueur que l’on retrouvera avec plaisir prochainement au Touquet et à La Baule.

Le classement complet, ici.

 

 

 

 

Patrice Delaveau remporte le CSI 4* de Grimaud

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Remise des prix en présence des propriétaires du Haras des Coudrettes. Crédit : HUBSIDE JUMPING / Marco Villanti

Pour ceux qui croient dans les symboles, les 4 victoires signées cette semaine dans le Hubside Spring Tour (Golfe de Saint Tropez) par Patrice Delaveau, dont l’une dans le Grand Prix 4* dominical du week-end Pascal avec Aquila HDC, ne trompent pas. Le retour sur le devant de la scène du vice-champion du monde de Caen se confirme. Et avec lui une forme de renaissance du Haras des Coudrettes qui annonçait le même week-end retirer Ayade de Septon HDC à Kevin Staut pour la confier à Valentine Delaveau, c’est à lire ici.

Côté sportif, on est dans le très classique. Un concours de rêve tant au niveau des installations que du cadre, un plateau solide avec 50 cavaliers issus de 20 nations différentes dont Steve Guerdat, numéro 1 mondial et récent vainqueur de la finale Coupe du monde. Toutes les conditions étaient donc réunies pour du beau spectacle et celui-ci a bien eu lieu. La victoire de Patrice Delaveau est à cette aune. Acquise au couteau dans un barrage à 15 concurrents, c’est-à-dire un peu trop. Mais qu’importe. Seul le résultat compte et il ne peut que nous réjouir. Steve Guerdat doit se contenter de la deuxième place mais le Jurassien signe cet excellent résultat avec Flair, une nouvelle jument de seulement 9 ans qui fait ses débuts à ce niveau de compétition. Pas mal ! La troisième marche du podium revient pour sa part au Brésilien Eduardo Menezes (H5 Chanagus) alors Philippe Rozier (Cristallo A LM) et Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), dans le même centième, sont condamnés à se partager la 4èmeplace.

Côté coulisses, si important, la présence des époux Perron-Pette à la remise des prix aux côtés de leur fidèle champion Patrice Delaveau ne trompe pas. Une page se tourne avec Kevin Staut, une autre continue à s’écrire avec la famille Delaveau. La vie somme toute avec son lot de déceptions mais aussi, de promesses.

Les résultats complets du GP, ici.

Le Grand National de Vichy pour Marc Dilasser

Marc Dilasser /Utah van de Rock

En ce week-end des 13 et 14 avril, la caravane du Grand National faisait étape à Vichy. Depuis l’engagement d’un lourd programme de rénovation et l’abandon de la piste en herbe pour une piste en sable tous temps, les installations du Sichon et ses tribunes de style Eiffel, au cœur de la ville thermale, offrent un très beau et fonctionnel plateau technique. Les cavaliers ne s’y sont pas trompés puisque 74 couples se sont affrontés dans la Pro Elite Grand Prix (1,50m) point d’orgue de 4 journées de compétition organisées de main de maître par la SHF. Du monde donc et du beau monde. Et en toute logique c’est un cador du jumping tricolore qui s’impose en la personne de Marc Dilasser avec son cheval de tête, l’étalon Utah van de Rock que l’on a pu apprécier en 5*.

La victoire a un cavalier capé et expérimenté et la seconde place à une jeune pousse (20 ans) en pleine ascension, le Stéphanois Jean Xhémal associé à sa très bonne Reine de Maucour (Robin II Z). Sur la troisième marche on retrouve avec Thomas (31 ans) un représentant de la famille Lambert, classé tout au long du concours. Le cavalier de l’écurie GEM signe sa performance dans le GP avec Univers de Ch’ti (L’Arc de triomphe).

Avant d’en arriver là beaucoup de concurrents se sont cassés les dents sur le parcours dessiné par Michel Chambon. Le triple notamment, positionné en fin de tour, a largement contribué à assurer un barrage réduit (sept participants) dans lequel ne figuraient ni Olivier Robert, ni Mathieu Billot malgré ses trois meilleurs chevaux dont Quel Filou 13, auteur d’un superbe tour mais privé de barrage pour un point de temps dépassé.

Ce scénario rappelle qu’en équitation rien n’est jamais acquis et quel que soit les palmarès, les choses restent ouvertes. Benoit Cernin vainqueur des deux premières étapes du Grand National a certes dû laisser filer la troisième. Il serait erroné de voir là une contre-performance. Le Bourguignon classe ses 3 chevaux respectivement 9, 12 et 18èmes.

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Le podium avec de gauche à droite : Jean Xhémal (2ème), Marc Dilasser (1er), Thomas Lambert (3ème).

Côté coup de cœur, la prestation de Maelle Martin et de Come on jumper un hongre de 9 ans par Comme il faut s’est révélée très convaincante même si elle ne se concrétise que par une 9èmeplace.

Ce couple est à garder à l’œil. Prochaine étape du Grand National : Cluny du 26 au 28 avril.

Le classement complet, ici.

Simon Delestre 6ème à Mexico

Jérôme Guery on Quel Homme de Hus

Jérôme Guéry /Quel Homme de Hus. Crédit Stefano Grasso-LGCT

Seul Français engagé dans le Grand Prix du Global Champions Tour de Mexico, Simon Delestre, associé à Ucello de Will se classe 6èmeà l’issue d’un barrage ouvert à 12 concurrents. L’épreuve est remportée par le Belge Jérôme Guéry (Quel Homme de Hus) devant l’Egyptien Abdel Saïd (Venise du Reverdy) et le Néerlandais Harrie Smolders (Don VHP).

Qu’on aime ou qu’on n’aime pas la philosophie mercantile du Global Champions Tour, force est de reconnaître le professionnalisme d’un circuit qui se déroule toujours de manière parfaite dans des cadres justes exceptionnels. Une piste en herbe immense, des tribunes avec un air sud-américain sur fond de buildings, et un soleil omniprésent, pas de doute on est bien à Mexico, sur le site de Campo Marte. Ce cadre grandiose a-t-il joué un rôle relaxant sur Simon Delestre ? Peut-être. Parti en numéro deux le Lorrain signe certes le premier sans-faute de l’épreuve mais surtout un tour d’école avec Uccello de Will, un Selle Français hongre de 11 ans par Marlou de Etisses. Ici pas besoin de pousser ou de tirer, juste de serrer un peu les courbes pour entrer dans le temps imparti. Le couple est en mode démonstration et décroche avec facilité sa qualification pour le barrage.

Compte-tenu de la dotation de l’épreuve (102 630 € au premier) on se dit que les vieux démons vont démanger le Lorrain et que celui-ci va prendre tous les risques. Procès d’intention. Simon Delestre n’est pas décidé à mettre dans le rouge sa monture prometteuse arrivée sous sa selle fin 2018 après avoir eu comme cavalier Pedro Veniss. Le Tricolore signe un nouveau sans faute en 42’65, un temps qui le relègue en milieu de classement : 6èmesur 12 classés (31 partants). Son copain Jérôme Guéry a moins d’états d’âme et prend tous les risques. Ça passe (39’57).  Le Belge remporte son premier GP 5* avec Quel Homme de Hus, un Holsteiner de 13 ans par Quidam de Revel.

Le classement complet, ici.

 

 

 

 

 

 

Saut Hermès : Révolution de palais avec Olivier Perreau

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La Marseillaise pour Olivier Perreau et Venizia d’Aiguilly

Pour un coup d’essai sous la nef du Grand Palais, c’est un coup de maître. A l’issue d’une très belle saison 2018, Olivier Perreau, 32 ans, entame l’année 2019 sur les chapeaux de roue en remportant de belle manière l’épreuve qualificative (1m60 en deux manches) pour le Grand Prix dominical du Saut Hermès. Une victoire signée avec sang-froid devant les ténors du circuit 5* qui transforme le statut du Roannais (Loire) en le faisant passer d’invité à titulaire.

Séquence émotion pour le clan Perreau. Pour Emilie son épouse mais également pour ses parents, Claude et Chantal, puisqu’en plus de la réussite du fils, cette victoire est signée avec un pur produit de l’élevage maison (affixe d’Aiguilly) : Venizia d’Aiguilly, une fille de Diamant de Semilly de dix ans.

Olivier Perreau et Venizia d’Aiguilly sur l’obstacle Hermès

Avant d’en arriver là, Olivier Perreau (245èmemondial) devait absolument reproduire rééditer en seconde manche un parcours sans pénalité et ce en moins de 46 secondes pour devancer l’Irlandais Mark Mcauley, en tête du provisoire en 46’’09. Doté d’un mental d’acier, le Français, loin de fléchir, a pulvérisé le chronomètre en signant un nouveau temps de référence : 42’’72 ! Il réalise au passage l’une des plus belles victoires de sa carrière avec une jument née à la maison. « Ce jour restera gravé ! Je suis content car c’est une victoire familiale, confie ému Olivier Perreau. Je voudrais remercier mes parents et toute ma famille qui travaille pour moi. Ils sont tous là aujourd’hui, c’est une belle récompense ! Ma jument est rapide naturellement. Il y avait une option pour aborder l’avant-dernier obstacle. Je savais que Mark (Mcauley) l’avait choisie. J’ai dû prendre tous les risques. Je suis très heureux d’avoir été plus rapide que Mark ! »

Le classement complet, ici.

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Tour d’honneur, sourire aux lèvres, pour Olivier Perreau

Henrik von Eckermann et Mary Lou affirment leurs ambitions à Bois-le-Duc 

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Henrik von Eckermann et Mary Lou (archives)

C’est ce qu’on appelle un pari réussi. En 2016, Henrik von Eckermann prenait la décision, difficile, de quitter les écuries de Ludger Beerbaum pour s’installer à son compte. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et le Suédois ne doit pas regretter son choix. Grâce à ses généreux sponsors, la famille Tovek, Eckermann dispose avec Mary Lou d’une monture à très gros potentiel. Si Tokyo est l’objectif suprême, en attendant il faut faire bouillir la marmite. La disette n’est pas pour tout de suite. Après le Grand Prix d’Amsterdam fin janvier, le couple infernal, réussit une très belle opération en remportant ce week-end le très doté CSI 5* de Bois-le-Duc (Pays-Bas). Avec cette nouvelle victoire, le Scandinave repart avec un chèque de 297 000 €. Autant dire que le mariage à venir avec la Suissesse Janika Sprunger, annoncé le 19 février dernier, devrait connaitre un certain faste.

Le classement complet, ici.

Félicie Bertrand sur le sentier de la gloire

Félicie Bertrand et Sultane des Ibis lors du Jumping de Bordeaux.

A priori ce n’est pas facile de se faire un nom surtout quand son patronyme est aussi un prénom. A ce petit jeu-là, Félicie Bertrand tire pourtant son épingle du jeu. La trentenaire a été propulsé sur le devant de la scène internationale équestre suite à un incroyable concours de circonstances. La fin de la collaboration entre la famille Mégret et Pénélope Leprevost mais aussi, son entente fusionnelle avec Sultane des Ibis, une jument hors-normes. La victoire ce week-end dans le Grand Prix du CSI3* de Montpellier confirme qu’une Normande peut en cacher une autre et que la victoire de Félicie Bertrand à Bordeaux n’était le fruit du hasard mais marque au contraire le début d’un beau parcours sportif. Autant dire que ce nouveau couple phare de l’équitation tricolore sera particulièrement attendu et surveillé lors de sa prochaine sortie, sous la verrière du Gand Palais, à l’occasion du Saut Hermès.

Le classement du Grand Prix, ici.

Steve Guerdat, numéro 1 mondial droit dans ses bottes

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Steve Guerdat en selle sur Bianca

Son parcours est fidèle à l’adage selon lequel bon sang ne saurait mentir. Steve Guerdat tient de son père et de son milieu familial plus que de simples qualités de cavalier. Il partage avec lui la rectitude des belles âmes. Celles qui ont des valeurs et qui les respectent. Numéro 1 mondial pour le troisième mois consécutif, le Jurassien ne doit ce résultat qu’à lui-même.  Sans compromissions de toute sorte. Sans rien changer à sa façon d’être et de travailler, à son franc-parler et à son rejet d’un système où l’argent à tendance à prendre le pas sur l’éthique. Numéro 1 mondial donc mais sans bricoler les chevaux, sans leur tirer sur le physique jusqu’à la blessure ou la retraite anticipée pour une histoire de gains. Sans faire sortir le carnet de chèque à ses sponsors pour aller courir sous le soleil et dans un luxe ostentatoire les étapes du Global Champions Tour.

Il y a, à ce titre, chez ce Suisse-là des qualités qui ne peuvent que séduire des Français attachés à la méritocratie et paradoxalement à une modestie dans la réussite. Chez les Guerdat, on est des bosseurs. Pas de cuillère en argent dans la bouche à la naissance. Les biens matériels et la situation acquise ne relèvent pas d’un héritage mais sont le fruit d’un labeur quotidien. Certes, la petite entreprise a pris de l’ampleur mais demeure une PME fidèle à ses valeurs familiales qui tranche avec ces grosses fortunes ou ces enfants de grosses fortunes qui viennent chercher dans le jumping une occupation, un peu d’adrénaline quand ce n’est pas un simple moyen de dépenser un argent dont on ne sait quoi faire.

Dans le foot on pourrait comparer Steve Guerdat à ces clubs qualifiés de petits poucets où l’amour du maillot, le fait de savoir le mouiller mais aussi le respect des entraîneurs, des coéquipiers du club et de ses spectateurs donnent une force qui fait gravir des montagnes et battre les grosses cylindrées de Ligue 1.

Mais attention, Steve Guerdat ce n’est pas pour autant David contre Goliath. L’aisance matérielle est venue avec le temps. Depuis 2017 le champion olympique (en individuel à Londres en 2012) dispose de ses propres installations dans le canton de Zurich (cf vidéo ci-dessous) et peut s’appuyer sur un remarquable et enviable piquet de chevaux de Grand Prix (Alamo, Bianca, Corbinian, Hannah, Ulysse des Forêts…). Si le travail paie toujours, les valeurs aussi, parfois. Le Jurassien peut également compter sur de riches mécènes comme le milliardaire Walter Frey pour ne pas avoir à craindre le départ soudain d’un crack à l’issue d’une offre alléchante.

A 36 ans seulement ce surprenant fan de Johnny Cash jouit d’une sérénité rare pour un athlète de haut niveau. Le seul risque au fond serait qu’il forme avec son ami Kevin Staut une sorte de club de dernier des Mohicans et que ce rang de numéro 1 mondial soit à moyen terme le chant du cygne d’une équitation à l’ancienne, passionnée et engagée, mais condamnée.

Danielle Goldstein, les plumes de la discorde

WEG Group Shot-11 Danielle Goldstein, aisément reconnaissable par sa chevelure colorée, entourée par ses coéquipiers des Jeux équestres mondiaux de Tryon. Crédit photo : Phelps Média Group/ Israel Equestrian Federation.

Danielle Goldstein est une cavalière du circuit 5* relativement peu connue en Europe et en France. Bien à tort. Peut-être vous êtes-vous demandé mais qui est donc cette fille avec des plumes colorées dans les cheveux ? Dani, bien évidemment. Ne vous fiez pas pourtant à l’excentricité du personnage. Celle-ci cache une cavalière déterminée, à forte personnalité, mais aussi une compétitrice redoutable (43èmemondiale) qui vise haut, très haut. Objet de commentaires peu complaisants sur les réseaux sociaux mettant en cause son originalité, elle a été défendue cette semaine par son coéquipier Daniel Bluman. La cavalière est en effet à l’origine de la création de l’équipe nationale Israélienne de saut d’obstacles, un vrai tour de force.

Côté pile il y a la compétitrice qui a fort bien démarré l’année 2019 puisqu’elle a remporté le 23 février dernier, pour la deuxième année consécutive, le Grand Prix du CSI 5* de Wellington (Floride) sur Lizziemary.  A 16 ans seulement, elle remportait son premier Grand Prix s’ouvrant ainsi de belles perspectives. Mais les études universitaires l’ont éloigné quelque temps des chevaux. L’envie de faire autre chose également car l’adolescente d’alors a bien conscience de son absence de vie sociale du fait de sa passion chronophage. Elle y revient par la suite, comme beaucoup. Mais le retour pourtant n’est pas évident, perte des automatismes et surtout de la confiance constituent des obstacles imprévus. Elle les surmonte à force de sacrifices et de travail. Grâce aussi à l’accompagnement de Todd Minikus, une figure du saut d’obstacles aux Etats-Unis. Deux ans et demi plus tard, Danielle Goldstein était revenue dans le grand bain.

off En 2014, lors de sa participation aux jeux équestres de Normandie, Danielle Goldstein affichait un style beaucoup plus classique.

L’appétit vient en mangeant. Dani ne cache pas ses objectifs : aller aux Jeux olympiques et ramener une médaille. En 2010, elle opte pour la nationalité Israélienne avec la ferme intention de créer une équipe. Le pari est osé car si la fédération équestre israélienne existe depuis un demi-siècle, le pays compte peu de cavaliers professionnels de haut-niveau. A force de démarchage, le pari est gagné en 2014 avec pour la première fois la participation d’une équipe frappée de l’étoile de David (Elad Yaniv, Danielle Goldstein, Gabby Salick, Edouard de Rothschild) dans une Coupe des Nations. Par la suite des poids lourds rejoignent ces pionniers. Lors des derniers Jeux Equestres Mondiaux de Tryon, à l’automne 2018, le groupe (cf photo) constitué de Daniel Bluman, Danielle Goldstein, Ashlee Bond et Alberto Michan termine à la 13èmeplace sur 23.

Côté face, on vous a prévenu et l’intéressée l’assume, Dani Goldstein est un peu excentrique.  Comme aurait dit notre regretté Johnny national, « cette fille-là, elle est terrible ». Passe pour les bottes et les habits, ce qui retient l’attention, ce sont les rajouts de plumes dans les cheveux. La majorité des professionnels en sourient et, à l’image de Todd Minikus et Daniel Bluman, et invitent l’intéressée à ne rien changer, d’autres saluent une bouffée d’air frais dans un milieu corseté par les traditions et le bon goût officiel.

« J’ai toujours eu un problème avec l’autorité » s’en amuse Danielle à désormais 34 ans même si certaines piques auraient tendances à l’agacer fortement. Mais peu importe. Les attaques dont elle est victime ont poussé Daniel Bluman à se fendre d’un post pour défendre sa co-équipière. « La diversité est saine. Etre différent, c’est bien » écrit-il notamment. Il y avait une équipe israélienne sur le papier. Il y a désormais un esprit d’équipe affiché et cela constitue une nouvelle victoire pour la fantasque Danielle Goldstein.

 

Philippe Guerdat reprend du service avec les Brésiliens

Philippe Guerdat n’a pas eu besoin des petites annonces de l’Équipe pour trouver un nouvel employeur.

On connaît le dicton : le malheur des uns, fait le bonheur des autres. L’éviction surprise et inélégante de Philippe Guerdat du poste de sélectionneur de l’équipe de France n’a donc pas entraîné de longue traversée du désert pour le Jurassien. La fédération équestre brésilienne a saisi la balle au bond et réussi une belle opération en s’adjugeant les services d’un technicien et meneur d’hommes hors pair. Elle n’a pas manqué de le faire savoir à travers un communiqué diffusé le 21 février.

C’est un nouveau challenge sportif qui s’ouvre pour le Suisse de 67 ans : assurer la qualification de l’équipe nationale brésilienne pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Or, on le sait, Philippe Guerdat a ce côté très français de n’être jamais aussi bon que lorsqu’il est au pied du mur. Le coach a du talent, les cavaliers brésiliens aussi. Il va en falloir pour terminer impérativement sur le podium des Jeux Panaméricains en juillet, condition sine qua non pour décrocher le sésame pour Tokyo.

Le public et les cavaliers Français auront néanmoins le plaisir de retrouver Philippe Guerdat sous ses nouvelles couleurs à l’occasion du Jumping de La Baule (16 au 19 mai). Ce sera la première Coupe des nations des Auriverdes pour 2019 et elle ne manquera pas de sel pour leur nouveau sélectionneur. Après avoir quitté l’équipe de France sans un mot déplacé, sans alimenter la polémique, Philippe Guerdat aura l’occasion de fouler de nouveau le sol du mythique du stade François André à la tête d’un très belle équipe. Une occasion de rappeler aux dirigeants de la FFE le caractère incompréhensible de leur décision.

Denis Lynch et Simon Delestre créent la surprise à Hong Kong

Denis Lynch

Il y aurait beaucoup à dire sur la stratégie commerciale des Belges d’EEM. Leur sens du business les amène à organiser des événements équestres là où le champagne coule à flot et où millionnaires et milliardaires viennent tuer leur ennui en dépensant des dollars dont ils ne savent quoi faire. De façon un peu surréaliste, ce grand barnum était donc ce week-end en Asie à Hong-Kong dans cette fascinante partie du monde où se joue en grande partie l’avenir de la planète. Le tour de force de l’équipe de Christophe Ameeuw est incontestablement d’avoir une nouvelle fois réussi à faire venir malgré le décalage horaire et les heures d’avion à deux chiffres quelques têtes d’affiche européennes. « Il n’y avait pas un plateau exceptionnel » a confié Roger-YvesBost à nos amis de Jump’Inside sans que cela en fasse un Grand Prix 5*au rabais. Le format en deux manches rajoutait de la difficulté. A ce petit jeu-là Denis Lynch s’est montré le plus malin. L’Irlandais en selle sur Chablis remporte l’épreuve et 132 000 $. Simon Delestre pour une fois fais le choix d’assurer avec un cheval depuis seulement trois mois dans ses écuries et signe un double sans faute avec Ucello de Will qui lui ouvre les portes de la deuxième place. Pius Schwizer (About a dream), pénalisé d’une barre termine troisième.

En vieux renard, Denis Lynch en a surpris plus d’un avec une victoire remportée avec un cheval qu’il monte seulement depuis un mois. La semaine précédente, dans les tribunes à Bordeaux, certains spectateurs pourtant avertis raillaient le manque de résultats de l’Irlandais. Ils en sont pour leurs frais. Si comme les chevaux ils avaient eu un peu de mémoire et ils se seraient souvenus des propos du chef de piste Franck Rothenberger, qui officiait d’ailleurs à Hong-Kong. « Il y a une dizaine d’années, 10 des 40 partants du Grand Prix pouvaient gagner tandis qu’aujourd’hui, ils sont 30, voire 35 » confiait l’homme de l’art il y a un peu plus d’un an.

Le classement complet, ici.

Le sacre de Félicie Bertrand

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Félicie Bertrand / Sultane des Ibis

Comme le disait un poète Hölderlin, « là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ». Après un samedi aux allures d’Azincourt pour la cavalerie française, le Grand Prix dominical, contre toute attente, a pris une tonalité opposée aux accents cette fois… d’Austerlitz ! Merci à Félicie Bertrand (Sultane des Ibis) pour nous avoir mis du baume au cœur et fait résonner la Marseillaise en conclusion de l’édition 2019 du jumping de Bordeaux. La Normande coiffe sur le poteau deux pilotes dont la célérité est mondialement reconnue : Bertram Allen deuxième sur GK Casper et Simon Delestre, troisième, associé à un Chesall Zimequest stimulé à la cravache sur les oxers.

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Bertram Allen / Casper

Signe de la mutation qui s’opère dans les rangs tricolores c’est donc une nouvelle venue de 36 ans qui a remporté ce dimanche le Grand Prix de la ville de Bordeaux. Son premier GP 5* certes mais qui vient confirmer la solidité du couple qu’elle forme avec Sultane des Ibis, la bouillonnante jument propriété du Haras de Clarbec avec laquelle elle remportait cet été les Jeux Méditerranéens en Espagne. La page Pénélope Leprevost semble donc définitivement tournée pour la famille Mégret qui s’est trouvée une nouvelle amazone adepte de la méthode douce comme une certaine Luciana Diniz. Dotée désormais d’un piquet de premier choix, Félicie Bertrand devrait jouer les premiers rôles cette saison et sera désormais très attendue.

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Guillaume Foutrier / Valdocco des Caps

L‘autre bonne nouvelle de la journée, c’est la très belle 4èmeplace de Guillaume Foutrier (Valdocco des Caps) suivi de près par et Nicolas Deseuzes 6ème(Ulloa du Trèfle). Assurément la relève est en marche et pointe crânement le bout de son nez. Avis aux cavaliers qui pensaient avoir leur rond de serviette en équipe de France, les places seront disputées. Une saine émulation qui devrait faire le bonheur du nouveau sélectionneur Thierry Pomel.

Le classement intégral, ici.

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Félicie Bertrand / Sultane des Ibis

 

Daniel Deusser remporte l’étape Coupe du monde de Bordeaux

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Daniel Deusser et Tobago Z

Dura lex ced Stephex. C’était sur le papier ce qu’on appelle une épreuve très ouverte. Un très beau plateau et un chef de piste aquitain, Jean-François Morand, qui a su compliquer avec bonheur le petit jeu des pronostics en dessinant un parcours fin et sélectif sur lequel plus d’un cador du circuit s’est cassé les dents. Dans un suspense haletant, seuls six couples ont arraché leur qualification pour le barrage et parmi eux pas un français malgré un fort contingent engagé dans l’épreuve. A l’issue, l’épreuve est revenue au très capé Daniel Deusser (Tobago Z), le cavalier des écuries Stephex, talonné par un Gregory Wathelet (Iron Man van de Padenborre) affamé de victoire en Coupe du Monde mais qui devra attendre encore un peu. A la troisième place, l’espagnol Eduardo Alvarez Aznar confirme la progression d’un Rokfeller de Pleville désormais très compétitif.

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Daniel Deusser / Tobago Z

Si les français n’étaient pas à la fête les belges en revanche avaient le vent en poupe. Trois représentants du Plat pays étaient au barrage dont Celine Schoonbroodt- de Azevedo etFrancois Jr Mathy, moins connus du grand public. Un succès venu nourrir la blague de potache du soir à Bordeaux : Philippe Guerdat serait-il devenu l’entraîneur de l’équipe de Belgique ? Il faudra en tout cas garder à l’œil Gregory Wathelet pour la suite des événements. Le colosse dispose avec Iron Man d’une monture qui malgré les apparences peut s’avérer rapide. Piqué au vif sur le sujet par une question lors de la conférence de presse, le belge a balayé d’un revers de main les accusations de « lourdeur » pour expliquer, un poil agacé qu’il s’agit d’un étalon « sensible et plus rapide que l’on ne croit ».

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Gregory Wathelet / Iron Man

Si une hirondelle ne fait pas le printemps, l’étape bordelaise est néanmoins porteuse d’interrogations pour un camp français parti à la bataille de façon dispersée et surtout sans esprit d’équipe. Certes Hermès Ryan semble avoir retrouvé sa tonicité mais à ce niveau le droit à l’erreur n’existe pas. Une petite faute certes d’un bout de sabot sur une palanque a relégué le couple à la 9èmeplace soit loin des premiers rôles auxquels il nous avait habitué.

Alors que la France court cette saison après sa qualification pour les jeux Olympiques de Tokyo, le contexte est préoccupant. Mais après tout, sortir des situations périlleuses par des rebondissements dont ils ont le secret, n’est-ce pas la marque fabrique de nos Tricolores ? Impossible n’est pas français dit-on. Il suffit désormais de s’en convaincre.

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Eduardo Aznar / Rokfeller de Pleville

Le classement complet, ici.

Quenelle du Py fait ses adieux à la compétition

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Des sourires et des larmes pour un moment attendu et redouté. Le jumping de haut-niveau c’est aussi du théâtre avec ses projecteurs, ses spectateurs et un rideau qui tôt ou tard tombe et clôture un moment ou une carrière. Pour certains chevaux ou cavaliers, la fin de la compétition est une transition qui se passe dans l’indifférence. Pour d’autres, quitter la scène est l’occasion de marquer un hommage particulier à un cheval qui l’est tout autant. Olivier Robert et Quenelle du Py appartiennent à cette seconde catégorie. Et tout naturellement la cérémonie d’adieux au public s’est déroulée à la maison ou plutôt à une poignée de kilomètres de Pompignac, sur la carrière du Jumping de Bordeaux.

Si les cérémonies les plus simples sont les plus réussies celle de ce samedi s’est démarquée par son caractère naturel ou rien n’était surjoué. Un bel hommage à la grande dame jaune, à la fois si délicate et qualiteuse. Une haie d’honneur et des mots de remerciements au naisseur et à toute l’équipe d’Olivier qui ont participé à une aventure humaine et sportive qui restera dans leur mémoire. A 14 ans, la fille de Trésor du Renom a fait ses adieux à la scène. Salut l’artiste !

Et si on limitait le nombre annuel de tours pour les chevaux en 5* ?

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Roh Ehrens, sélectionneur national et fier de l’être.

Aux Pays-Bas, les sports équestres, c’est du sérieux. Suffisamment pour que le premier quotidien du pays, De Telegraaf, consacre le 29 janvier, à l’occasion du CSI 5* d’Amsterdam, un entretien fouillé au sélectionneur de l’équipe nationale néerlandaise de saut d’obstacles. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Rob Ehrens ne mâche pas ses mots face à l’évolution du petit monde du 5*. Perplexe face à un circuit devenu « une industrie » il s’interroge, entre autres, sur le bien-être des chevaux malmenés par des calendriers surchargés. Et si, en creux, la solution consistait à limiter le nombre annuel de tours en 5* ?

Rob Ehrens fait partie des personnes dont la parole est en or. Ancien cavalier international qui compte une trentaine de victoires en Grand Prix, il est l’inamovible sélectionneur national des Pays-Bas depuis 15 ans, une longévité qui au passage devrait interpeller notre fédération. Avec une telle expérience, l’homme est un témoin privilégié de l’évolution d’un sport bousculé par les enjeux financiers ces dernières années. Alors quand Rob Ehrens livre son avis, il est de bon ton de l’écouter même si du côté des instances de la FEI, une certaine surdité semble prévaloir.

« En raison d’une énorme quantité de CSI 5*, le sport est devenu une sorte d’industrie. Nous n’avons plus autant de chevaux disponibles pour le haut-niveau et les championnats. Bien-sûr, il est difficile de résister à la tentation des grosses dotations. C’est d’autant plus compréhensible que les cavaliers gagnent leur vie avec les gains. Mais en conséquence, les chevaux ne prennent plus le temps de se reposer, ils rentrent à peine chez eux et voyagent de concours en concours. On ne leur donne de repos que lorsqu’ils sont blessés et c’est déjà trop tard« .  La FEI laisse libre court à des événements lucratifs. Les priorités sont complètement faussées. La FEI doit être là pour protéger avant tout le bien-être des chevaux. Je travaille en collaboration avec d’autres chefs d’équipe pour cela. Nous défendons le sport et les chevaux, cette évolution ne nous fait pas plaisir« , explique le selectionneur national Batave. 

Le constat largement partagé, c’est celui dressé déjà par Hervé Godignon. A savoir que l’on assiste à un nivellement par le haut avec beaucoup de bons cavaliers mais pas assez de très bons chevaux. Cavaliers et entraîneurs sont donc confrontés à un double défi : le mercato avec la fuite des meilleurs montures d’une part et, de l’autre, une course aux gains incompatible avec le bien-être des chevaux, trop sollicités, qui se traduit par ricochet, par la difficulté à aligner les meilleurs couples dans les championnats ou épreuves collectives.

La solution passe-t-elle par un système de quotas avec un nombre maximum de tours par cheval et par an comme pour les jeunes chevaux ou par le fait d’imposer des délais obligatoires de repos après une série de Grand Prix ? La question est complexe mais il faudrait analyser le coût et la perte de gains liés aux blessures ainsi que la longévité sportive des cracks chevaux. La course à l’argent, inexorablement engagée, doit aller au bout de sa logique pour considérer que le bien-être du cheval n’est pas une lubie liée à un excès de sentimentalisme mais, un choix rationnel de préservation d’un capital.

Amsterdam : Kevin Staut au pied du podium

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Kevin Staut / For Joy (archives) Cliquer pour agrandir.

Ce n’est pas le bout du monde et pourtant. Et pourtant, seulement deux tricolores s’alignaient ce dimanche dans le Grand Prix Coupe du monde d’Amsterdam (Pays-Bas) : Simon Delestre et Kevin Staut. Après quelques week-ends de vaches maigres ce dernier renoue avec les classements même s’il échoue au pied d’un podium confisqué dans l’ordre par Henrik von Eckerman (Mary Lou), Pius Schwizer (Cortney Cox) et Daniel Deusser (Tobago Z).

Dans ce Grand Prix marqué par la présence de nombreux nouveaux visages, la France était quant à elle représentée par ses valeurs sûres. Simon Delestre, brillant vainqueur la veille de la grosse épreuve aux rênes d’un Hermès Ryan aérien et rapide, avait la sérénité qui colle à un compétiteur convaincu de son retour sur le devant de la scène. Le Lorrain a toutefois pleinement conscience de la fragilité d’une ascension construite sur un seul cheval. Sa préoccupation semble aujourd’hui tournée au-delà du retour à son meilleur niveau de Ryan, à la construction d’un piquet solide et complémentaire… même si ces nouveaux coéquipiers (Ulane Belmaniere et Ucello de Will), 11 ans tous les deux, ont vocation à être de passage puisqu’à commercialiser.  Avec un petit 4 points rageant sur le numéro 1 aux commandes d’Ulane, Simon Delestre a de bonnes raisons pour demeurer optimiste. Il est dans la bonne voie.

Idem Pour Kevin Staut. En délaissant Lorenzo pour For Joy du Haras des Coudrettes, le Normand a repris des couleurs signant une très belle première manche suivie d’un barrage dans lequel il estime avoir raté la deuxième partie. Un petit rien mais qui écarte Kevin Staut du podium. Encourageant tout de même pour le leader du jumping hexagonal.

Le classement complet ici.

Leipzig sourit à Christian Ahlmann

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Christian Ahlmann – Caribis Z Longines FEI Jumping World Cup 2019 © FEI / Leanjo de Koster

Après Malines (Bel) il y a trois semaines, Christian Ahlmann a récidivé en remportant le Grand Prix Coupe du monde de Leipzig (All) en selle cette fois sur un autre étalon gris, Caribis Z, reconnaissable entre tous par son troublant œil vairon. L’Allemand de 44 ans s’impose dans un barrage à sept dont deux autres concurrents seulement terminent l’épreuve sans pénalités. Le Belge François Mathy jr deuxième associé à Uno de la Roque et l’Italien Lorenzo de Luca, troisième, avec le toujours aussi démonstratif Armitages Boy.

A propos de Caribis Z, 12 ans, Christian Ahlmann, centaure en chef du Zangersheid, déclarait à l’issue de l’épreuve : « Il a toujours été un peu dans l’ombre de Taloubet et de Codex mais il a énormément progressé au cours de la dernière saison. Il est prêt pour faire de grandes choses maintenant ». Le fils de Caritano engagé dans les GP 5* seulement depuis septembre dernier sera donc à suivre de près le reste de la saison.

Côté tricolore seuls deux cavaliers figuraient parmi les 40 partants. Malheureusement pénalisé d’un point de temps dépassé avec Tempo de Paban, Olivier Robert s’est trouvé privé de barrage mais se classe huitième de l’épreuve ce qui devrait lui permettre de concourir à la finale de Göteborg. En revanche Kevin Staut et Lorenzo ont eu moins de succès avec trois fautes qui ont renvoyé le couple en fond de classement (30ème).

Le classement complet, ici.

Martin Fuchs s’embâle

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Martin Fuchs et Clooney (archives). Cliquer pour agrandir.

A chacun son jardin. Pour Martin Fuchs ce sera le CSI 5* de Bâle. Le jeune Zurichois de 26 ans vient d’y réaliser un superbe doublé en remportant deux années de suite le Grand Prix sur Clooney 51, son fidèle hongre gris westphalien de 11 ans. A l’issue d’un barrage à trois le digne fils de Thomas Fuchs devancele Néerlandais Marc Houtzager (Calimero) et le Belge Pieter Devos (Apart).

Rien ne semble plus arrêter Martin Fuchs déjà auréolé de nombreuses victoires (136) malgré son jeune âge. En septembre il décrochait la médaille d’argent lors des championnats du monde 2018 de Tryon. En novembre c’est le réputé Grand Prix d’Equita’Lyon qui tombait dans son escarcelle. Pour la dixième édition les organisateurs du CSI de Bâle avaient mis les petits plats dans les grands avec une labellisation étape Coupe du Monde. Dans ce contexte la victoire du quasi-enfant du pays, a eu un petit goût de cerise sur le gâteau.

On ne cherchera pas de Français au tableau d’honneur. Malheureusement. Deux fautes en première manche pour Philippe Rozier (Cristallo) et Simon Delestre (Ulane Belmanière). Quatre fautes pour Kevin Staut et Lorenzo.

Le classement complet, ici.

 

 

 

 

 

Changement de stratégie pour Kevin Staut

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Kevin Staut

S’il est un qualificatif qui colle à la peau de Kevin Staut, c’est bien celui d’inoxydable. L’omniprésence du Français au plus haut niveau depuis des années est juste exceptionnelle. Mais, les temps changent et en sport rien n’est acquis, même pour les meilleurs. La règle pour demeurer au sommet à un nom : adaptation. En garçon intelligent, le Normand donne un nouveau tournant à sa carrière en s’éloignant du cocon douillet du Haras des Coudrettes afin de pouvoir s’assurer un piquet de chevaux particulièrement compétitifs, condition sine qua non pour demeurer dans le haut du classement mondial.

C’était devenu un secret de Polichinelle mais le Jumping de Malines a offert l’occasion à Kevin Staut d’officialiser le changement de statut qui le lie au Haras des Coudrettes. Aucune ombre au tableau entre la famille Perron-Pette et leur cavalier de tête mais la fin de ce qui pouvait ressembler à une exclusivité. C’est ce qu’a pris le temps d’expliquer le médaillé olympique au site Belge Studforlife.com. C’est à lire ici, en milieu d’article. Dans l’immédiat ce changement de stratégie semble payer puisqu’à Malines justement Kevin Staut signe une très belle performance, la deuxième place du Grand Prix, avec Edesa’s Canary, une monture qui n’appartient pas au Haras des Coudrettes.

Décidément l’année qui vient de se terminer aura été caractérisée par des changements majeurs pour l’élite du saut d’obstacles tricolore : disparition d’Equidia TV, fin du partenariat entre le Haras de Clarbec et Pénélope Leprevost, prise de distance pour Kevin Staut et le Haras des Coudrettes, vente ou mise à la retraite des chevaux de tête de Roger-Yves Bost et effacement progressif du premier plan de Patrice Delaveau et de Simon Delestre. Cela fait beaucoup et dresse un paysage inquiétant surtout si l’on y ajoute les incertitudes qui entourent le poste de sélectionneur national. Or, à pied comme à cheval, l’incertitude ou le doute ne sont pas de bons compagnons.

En ce début de nouvelle année on formulera donc le souhait que 2019 tourne la page de ce chaos relatif pour marquer l’établissement de nouvelles fondations et d’une forme de renaissance. Une chose est acquise c’est que cette remise en ordre ne viendra pas de la FFE malgré les enjeux des JO de Paris 2024. C’est à l’instar de ce qu’a fait Kevin Staut, aux cavaliers de se prendre en main pour construire, avec de généreux propriétaires, le système qui leur permettra de ne pas disparaître des écrans radar. Comme on dit, aide-toi, le ciel t’aidera…

Plus de peur que de mal pour Flora de Mariposa

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Flora de Mariposa au sommet de sa forme sous la selle de Pénélope Leprevost.

C’est le genre de sortie que tout le monde redoute. Victime d’une mauvaise réception à deux obstacles de la fin d’un parcours au CSI4* de Liverpool sous la selle de sa nouvelle cavalière, Félicie Bertrand, Flora de Mariposa est sortie du terrain dans le van sanitaire, direction la clinique vétérinaire. Dieu merci, la fille de For Pleasure s’en sort avec « seulement » une tendinite. Cette nouvelle blessure laisse toutefois planer le doute sur le retour au premier plan de cette jument hors-normes auréolée d’une médaille d’or aux Jeux Olympiques de Rio avec Pénélope Leprévost. Un retour qui était programmé en 2019 avec Félicie Bertrand qui dispose désormais d’un piquet très étoffé.

Alors certes, le Haras de Clarbec a annoncé que tout serait mis en œuvre pour remettre la jument sur pied dans les meilleures conditions possibles. On sait que la famille Mégret, très attentive au bien-être de ses chevaux, fera au mieux en prenant tout le temps nécessaire. Il n’empêche, on ne peut pour autant ignorer la fragilité de ces chevaux d’exception aussi puissants que délicats que de la mécanique de F1. Souhaitons donc que cet accident ne marque pas à bientôt 14 ans la fin au plus haut-niveau de Flora de Mariposa, considérée, à juste titre, comme l’une des meilleures juments au monde.

FFE : Lecomte n’est toujours pas bon

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C’est ce qu’on appelle de la provocation pure et simple. Entre le bras d’honneur et le « venez me chercher  si vous le pouvez». Alors que la vague d’indignation et de colère suscitée par la rupture du contrat de Philippe Guerdat peine à retomber, réalimentée par son remplacement par Sophie Dubourg, Serge Lecomte a remis des pièces dans la machine mardi soir. Quelques heures avant le gala de la Fédération Française d’Équitation, qui s’est tenu à grands frais dans un hôtel de luxe parisien, Serge Lecomte s’est montré particulièrement désobligeant à l’égard des journalistes de L’Eperon qui l’interrogeait légitimement sur la situation. « Serge Lecomte nous a indiqué qu’aucune justification n’était à nous fournir et a suggéré que la presse équestre n’avait pas grande importance dans le paysage médiatique » indique la rédaction du plus vieux et très respectable magazine équestre français.

Passons sur le manque de considération et d’éducation d’un Président dont le sentiment d’impunité interroge. On relèvera toutefois, au-delà d’un côté bravache assumé, un manque de cohérence. Organiser un gala de prestige à grands frais à hôtel Intercontinental de Paris quand préalablement on indique que la fédération n’a pas les moyens de se payer simultanément un sélectionneur et un entraîneur pour le CSO, discipline reine, ça laisse pour le moins dubitatif.

Autant dire que la crise que traverse la FFE commence à ne plus ressembler à un feu de paille. A force de souffler sur les braises, l’incendie pourrait gagner en vigueur et en périmètre. Il serait temps que les membres du Comité Fédéral, à titre personnel, se positionnent sur la situation actuelle et indiquent s’ils cautionnent (ou pas, on peut rêver) le virage pris par Serge Lecomte. De la même façon il serait bon que le ministère des Sports, dont Sophie Dubourg est censée être la représentante, s’interroge sur la crise que traverse une de ses fédérations  les plus importantes et historiquement pourvoyeuse régulière de médailles.

Renouer les fils du dialogue et de la confiance ne sera pas simple. Et pourtant, Il y a urgence à remettre ce petit monde sur les rails ne serait-ce que pour éviter que la grande fête promise pour les JO de 2024, à la maison, ne tourne à la pantalonnade et à la grande désillusion.

Au regard du poids économique de la filière équine (60 000 emplois, 14 Mds€ de flux financiers) , les intérêts supérieurs doivent prendre le pas sur des modes de gouvernance et de gestion qui relèvent aujourd’hui plus d’un mauvais amateurisme suranné que d’un professionnalisme éclairé d’autant plus nécessaire que la concurrence avec les autres sports est féroce.

L’adieu aux armes de Philippe Guerdat

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Philippe Guerdat

Rien ne filtre et pourtant. Philippe Guerdat a officialisé lundi soir la fin de ses fonctions à la FFE à l’occasion d’une soirée à Paris réunissant une quarantaine de cavaliers de l’équipe de France. Un pot de départ entre compétiteurs, à l’exception du vétérinaire de l’équipe de France, dont certains étaient venus de loin manifester leur estime à une personnalité charismatique des sports équestres mondiaux que beaucoup regrettent déjà. Evitant soigneusement toute polémique, le sélectionneur national sur le départ aura, jusqu’au bout été irréprochable. Irréprochable à l’égard de ses employeurs dont chacun jugera le silence et le peu d’élégance. Irréprochable à l’égard de cavaliers qu’en grand coach et en homme d’honneur il s’est évertué à rassurer en les invitant à regarder vers l’avant.

Formidable Philippe Guerdat donc qui par son exigence, doublée paradoxalement de qualités humaines rares, aura, malgré sa nationalité Suisse, tout compris à ces maudits français, capables certes du pire mais aussi, dans les situations les plus périlleuses, du meilleur. Or c’est bien cela la qualité majeure que l’on attend d’un entraîneur : maitriser les ficelles qui permettent à un groupe ou un collectif de se transcender. De ce côté-là, le but aura été largement atteint. Les six années qui s’achèvent, éreintantes pour Philippe Guerdat, auront été humainement et sportivement des plus enrichissantes pour tous ceux qui ont participé de près ou de loin à cette aventure. Et ce ne sont pas les goujateries de dernière minute qui viendront gâcher un aussi beau parcours.

« Une page se tourne » a confié le Suisse sans la moindre nostalgie, « vous êtes des cavaliers, des compétiteurs, vous devez encore progresser. Vous devez faire abstraction de ce que j’ai été (…) vous devez partir sans a priori avec le nouveau (sélectionneur), lui donner sa chance … ». Saluant une ambiance extraordinaire tout au long de ces années Philippe Guerdat a tenu en conclusion à dire merci à ses cavaliers mais aussi, qu’il les aime très fort. Est-il besoin de préciser que la réciproque est une évidence ?

 

 

A Genève, Marcus Ehning remet les pendules à l’heure

CHI Geneva 2018

Marcus Ehning / Prêt-à-Tout. Crédit Merrick Haydon/Revolution/Rolex

Une bataille de Titans. L’enceinte de Palexpo à Genève était ce week-end le théâtre d’un affrontement majeur entre les meilleurs cavaliers mondiaux venus se disputer la victoire d’un Grand Prix prestigieux et très richement doté par la maison Rolex trop heureuse de supplanter en terres Helvétiques la vedette à une autre célèbre marque horlogère. Peu importe ce match dans le match, l’essentiel s’est joué sur la piste. Et sans se prendre pour Jupiter, Marcus Ehning, dieu équestre vivant, a assis sa supériorité du moment aux rênes du Selle Français Prêt à Tout. Pour une demi-seconde, l’Allemand s’adjuge la victoire devant l’enfant du pays, Steve Guerdat (Albfuehren’s Bianca), alors que l’Irlandais Daragh Kenny (Balou du Reventon), a une seconde du vainqueur, monte sur la troisième marche du podium. Nicolas Delmotte (Ilex VP), seul tricolore parmi les onze barragistes doit se contenter de la 11èmeplace.

On savait Marcus Ehning redoutable tant par sa précision que par sa fluidité mais le centaure allemand a mis la barre encore plus haut à l’occasion de cette 58ème édition du CHI de Genève. Le Maître manque parfois de chance mais pas cette fois. Après sa victoire cet été à Aix-la-Chapelle il signe donc son deuxième succès dans le même cycle du Rolex Grand Slam avec le même cheval. Une performance bienvenue à quelques jours de Noel qui lui permet de repartir de la capitale suisse avec une petite somme rondelette de 594 000 € (dont 250 000 € au titre du doublé). Le pied du sapin de la famille Ehning devrait être bien fourni en cadeaux cette année.

Pas de quoi pourtant susciter la jalousie de ses concurrents malheureux qui en conférence de presse saluaient unanimement la qualité de son équitation. « On sait qu’il est quasiment imbattable lorsqu’il ne fait pas de faute en barrage. On ne connait pas son secret, mais ses virages sont plus courts et il reste très rapide au sol » confiait l’un deux.

Renouer enfin avec la victoire à Genève a détendu quelque peu Marcus Ehning (c’est rarissime !) qui pour une fois s’est aventuré à faire un peu d’humour. « C’est un sentiment génial. Je suis ravi ! En plus c’est un peu une victoire pour vous aussi, puisque la propriétaire de Prêt à Tout est une Suissesse (rires). Je ne suis pas vraiment désolé pour Steve, aujourd’hui c’est le plus vieux qui a gagné, il aura d’autres occasions. »

Une demi-victoire pour la Suisse et une frustration certaine pour la France. Frustration de n’avoir vu la veille aucun tricolore de qualifié pour le Top 10 en raison d’une lente érosion dans le classement mondial.

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Nicolas Delmotte et Ilex VP, meilleur couple tricolore. Crédit : Patrick Jean.

Frustration encore d‘avoir senti nos cavaliers un peu à la peine dans un Grand Prix où la concurrence était particulièrement rude. Appliqué et laborieux, Nicolas Delmotte a tiré une nouvelle fois le meilleur d’Ilex VP mais ne semble pas armé à ce jour pour rivaliser avec les tous meilleurs chevaux qui semblent, peut-être à tort un demi-ton au-dessus. Il est vrai toutefois qu’il n’y a pas mieux qu’un cheval pour faire mentir. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Frustration toujours de ne pas voir encore le retour de Pénélope Leprevost dans le dernier carré. Vancouver de Lanlore progresse tour après tour mais son apprentissage à ce niveau nécessite encore un peu de temps. A l’inverse, Edesa’s Cannary, la nouvelle monture de Kevin Staut a fait une forte impression. Une faute sur le dernier obstacle de la première manche n’a malheureusement pas permis de voir tout ce qu’a dans le ventre cette nouvelle recrue.

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Kevin Staut et le prometteur Edesa´s Cannary. Crédit : Patrick Jean.

Enfin, ce n’est plus de la frustration mais une réelle déception avec une pointe d’inquiétude qui nous anime à l’issue de la prestation de Simon Delestre et Hermès Ryan, auteurs de 3 fautes. Ces deux-là valent beaucoup mieux que ça mais diable que le retour sur le devant de l’affiche est long et difficile !

Le classement complet, ici.

 

 

Masters Tops

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Edwina Tops-Alexander et California (archives)

Les très parisiens Longines Masters de Paris – même s’ils se déroulent dans en fait sur le territoire nettement moins glamour de la commune de Villepinte – se sont achevés avec le Grand Prix dominical de niveau 5*. Comme un pied de nez aux organisateurs belges d’EEM, c’est le clan Tops aux manettes d’un autre circuit concurrent, le Global Champions Tour, qui a fait main basse sur l’épreuve. A madame Tops (California), épouse du patron, la victoire et à Alberto Zorzi (Contanga 3), le cavalier salarié la 2èmeplace. Ouf la hiérarchie sociale est respectée. Invité surprise sur le podium le pas très catholique irlandais David Lynch monte sur la 3èmemarche avec un bai de 10 ans dont le nom est tout un programme, The Sinner (Le Pécheur).

Si la concurrence étrangère était rude, nos petits frenchies n’ont pas fait mauvaise figure. Thierry Rozier associé à Vénézia d’Ecaussines se classe 4èmealors qu’Edward Levy pour la jeune génération termine 6èmeavec son fidèle Sirius Black. Derrière certains tirent leur épingle du jeu et témoignent du fait qu’il faudra compter avec eux prochainement (Félicie Bertrand/Sultane des Ibis, Pénélope Leprevost/Vancouver de Lanlore) alors que d’autres couples sont encore en construction (Julien Epaillard/Virtuose Champeix, Patrice Delaveau/ Urcos de Kerglenn).

Le classement complet ici.

Coup de torchon dans le piquet de Bosty

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Qoud’Coeur de la Loge et Bosty

Après Sydney Une Prince vendu en mars à la jeune américaine Katie Dinan, le piquet de chevaux de Roger-Yves Bost connaît une saignée importante avec le départ à la retraite de deux chevaux emblématiques : Pégase du Mûrier (Aldefos x Le Tot de Sémilly) et Qoud’Coeur de la Loge (Idéal de la Loge x Ténor de la Cour). Même si ces départs étaient prévus depuis un certain temps, accéléré pour Qoud’cœur par une allergie qui nécessite un traitement incompatible avec la compétition, lié à une baisse de régime pour Pégase, c’est une page importante qui se tourne, une période riche en émotions et en succès.

La qualité sportive d’un cheval se mesure en grande partie à son « compte en banque ». Autrement dit à ses gains cumulés. Or dans le cas de ces deux compères d’écurie, si différents dans leur morphologie et leur caractère, les chiffres sont parlants. 700.000 € pour Qoud’cœur (15 ans), après dix saisons au Haras des Brulys, 600. 000 € en seulement 4 pour Pégase à seulement 14 ans. Pégase le délicat, le caractériel, qui s’était illustré par une superbe victoire surprise à Aix-la-Chapelle, Qoud’cœur et sa bonne bouille qui avait offert à Bosty le Grand Prix LGCT de Mexico…

2018, année de transition donc pour notre Bosty national qui doit remettre l’ouvrage sur le métier pour former, avec tout le talent qui est le sien, de nouveaux chevaux en espérant qu’ils auront les qualités de leurs prédécesseurs. C’est désormais à la génération des V de prendre le relai. On a ainsi hâte de voir évoluer Vino d’Espinet et Variance Une Prince dont l’affixe sera lourd à porter. En attendant il appartiendra à Sangria du Coty d’assurer la présence de son cavalier au plus haut-niveau.

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Pégase du Mûrier sous la selle de Bosty

En attendant, avec la simplicité qui le caractérise, Bosty s’est exprimé sur les réseaux sociaux sur ces départs : « Aujourd’hui, je dis au revoir à deux champions, deux chevaux avec beaucoup de cœur, Pégase du Mûrier et Qoud’Coeur de la Loge. Mes deux cracks partent à la retraite pour se consacrer à leur carrière d’étalon reproducteur, confiée à France Etalons. Pégase part à St Lô et Qoud’Coeur au haras de Meursanges en Bourgogne. Je me sens très chanceux d’avoir pu les compter parmi mes plus précieux partenaires ces dernières années ».

Bon vent à ces deux lascars.

 

 

 

Martin Fuchs met Lyon à l’heure Suisse

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Martin Fuchs et Clooney 51

Equita Lyon, rebaptisé cette année Equita Longines, a tenu une nouvelle fois toutes ses promesses en offrant à son public fidèle un Grand Prix Coupe du monde de haute tenue. Un très beau spectacle, haletant où la crème mondial du jumping s’est battue pour remporter un titre convoité. Venue en voisine, la Suisse a trusté le podium comme elle l’avait fait en septembre dernier aux Jeux Équestres Mondiaux de Tryon. Martin Fuchs (Clooney 51) ajoute son nom à la liste des vainqueurs de l’étape Coupe du monde de la capitale des Gaules. Steve Guerdat (Bianca) monte sur la troisième marche du podium. Lorenzo de Luca (Ensor de Litrange) se glisse entre les deux, offrant au passage un nouvel accessit aux écuries Stephex. Côté Français, Kevin Staut (For Joy) signe une nouvelle fois la meilleure performance (5ème).

Ses trois poils en menton destinés à le vieillir un peu ne trompent personne. Malgré un palmarès déjà fourni, Martin Fuchs a seulement 26 ans. Dans son cas on ne parlera donc pas d’une génération montante, elle est bien arrivée au sommet de la hiérarchie mondiale. Car il fallait une bonne dose de maturité et de maîtrise technique pour sortir premier d’un tel plateau de cavaliers. Mais voilà, le jeune helvète avait une autre corde à son arc, celle de la confiance en soi, déterminante dans le sport. Cet atout psychologique décisif qui a l’inverse du doute permet de se transcender et de prendre avec succès tous les risques qu’on appelle la spirale de la gagne.

« Clooney prend de l’âge, il a maintenant 12 ans et va de mieux en mieux, même s’il était difficile au début . Mais avec le temps, nous avons appris à travailler très bien ensemble, et maintenant nous pouvons tout faire ! » a commenté son cavalier.

Si les lauriers de la victoire sont revenus à Martin Fuchs, ce n’est vraiment que d’un cheveu. 53 centièmes le séparent de Lorenzo de Luca et 64 centièmes de Steve Guerdat. Autant dire que tout s’est joué dans un mouchoir de poche et que dans cette discipline, ce sont des cheveux d’ange qui séparent les présents sur le podium.

Si la Marseillaise n’a pas retenti pour cette édition 2018, on ne peut pas parler globalement de déception pour le camp français, hormis pour Simon Delestre et Hermès Ryan qui peinent à retrouver leur niveau d’antan. A l’inverse, Pénélope Leprevost qui s’avouait contrariée en sortie de tour pour sont point de dépassement de temps a des raisons d’être satisfaite. Vancouver de Lanlore est désormais pleinement opérationnel. Encore quelques petits réglages et le fils de Toulon entrera dans le temps imposé. Outre Kevin Staut, trois autres cavaliers tricolores étaient présents au barrage dont Guillaume Foutrier (Valdocco des Caps) et Nicolas Deseuzes (Carriage 5) pour qui c’était la première participation à une manche de coupe du monde. Ils terminent respectivement 7éme et 9éme. Malchance en revanche pour Olivier Robert auteur d’un superbe premier tour sur Tempo de Paban, contraint à l’abandon au barrage suite à une incompréhension sur un oxer au barrage.

Le classement complet, ici.

Daniel Deusser s’impose à Vérone

Longines FEI World Cup™ Jumping Verona

And the winner is … Daniel Deusser. Crédit photo : Massimo Argenziano/FEI

Les amoureux du jumping en ont eu pour leur argent. Si l’Allemagne s’est imposée dans le Grand Prix Coupe du monde grâce à Daniel Deusser (Calisto Blue), le public de la cité italienne a vibré pour les nombreux Azzurri engagés dans l’épreuve dont le meilleur représentant, Luca Marziani / Tokyo du Soleil, termine 5ème. A l’issue d’un barrage à 14 concurrents, Niels Bruynseels (Gancia de Muze) prend la deuxième place. Le Belge coiffe sur le poteau Martin Fuchs 3ème associé à Clooney 51 alors que Bertram Allen avec une Molly Mallone en pleine forme malgré ses 19 ans termine au pied du podium.

Longines FEI World Cup™ Jumping Verona

Luca Marziani témoin du réveil de l’équitation transalpine signe la meilleure performance italienne. Crédit photo : Massimo Argenziano/FEI

A l’image de nombreuses autres têtes d’affiches (Ehning, Guerdat, Eckermann, Smoders…) Kevin Staut (For Joy), auteur de deux fautes au barrage a vu s’échapper les places d’honneur. 12Ème au classement final, il peut néanmoins se consoler avec les 5 points tombés dans son escarcelle. Simon Delestre ne peut malheureusement en dire autant avec un Chesall Zimequest sur le frein, obligeant son cavalier à le stimuler d’un coup de cravache sur l’arrière-main sur tous les oxers. Mais quand le coeur n’y est pas, il n’y est pas. Le fils de Casall arrêté dans le milieu du triple a contraint son cavalier à l’abandon.

Sensible également, Calisto Blue l’est assurément. C’est ce qu’à indiqué a posteriori Daniel Deusser. Le cavalier des écuries Stephex qui monte ce hongre de 11 ans, préalablement sous la selle de Michael Whitaker, seulement depuis le mois de juillet semble toutefois avoir trouvé les boutons.

Le classement complet, ici.

Saxo de la Cour change de mains ….et de cavalier

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Saxo de la Cour sous la selle de Cédric Angot aura été l’un des piliers de l’équipe de France.

Coup de tonnerre dans le ciel équestre hexagonal. Cédric Angot a annoncé ce jour sur sa page Facebook la vente et le départ de ses écuries de Saxo de la Cour. Le sulfureux homme d’affaires et milliardaire ukrainien Alexander Onyshchenko est désormais l’heureux propriétaire de l’alezan qui est singulièrement monté en puissance ces derniers mois. Reste à savoir qui sera le cavalier qui succèdera à Cédric Angot. On pense naturellement à Pénélope Leprevost qui a entamé depuis sa rupture avec le Haras de Clarbec une collaboration avec Alexander Onyshchenko.

Saxo de la Cour né chez Jean-François Couetil était jusqu’alors la propriété non seulement de Cédric Angot mais également de Benjamin Meyer, de Sandrine Schuwer et du Haras de Reux. Le montant de la transaction n’a pas été révélé mais au regard des dernières prestations du fils de Tlaloc M, il est vraisemblable que la somme est conséquente. Saxo qui s’est particulièrement illustré cette année lors de la Coupe des nations de Calgary mais également dernièrement lors de la finale des Coupe des nations de Barcelone est assurément à 12 ans un cheval d’avenir. On pense naturellement aux Jeux Olympiques de Tokyo où il pourrait être une pièce maîtresse de l’équipe de France. A condition de rester sous une selle tricolore…

Le communiqué de Cédric Angot ne lève pas ces interrogations mais rend hommage à un partenaire de talent auquel on ne peut que souhaiter de continuer sa progression au plus haut niveau.

Le communiqué intégral de Cédric Angot: « C’est avec beaucoup d’émotions que je vous annonce le départ de Saxo de la Cour. Saxo était notre motivation quotidienne, et j’ai le sentiment que nous étions au bord de réaliser une grande performance. Évidemment, c’est toujours triste de vendre des chevaux qui sont dans une forme incroyable et qui marquent notre carrière. Cependant, mon métier de cavalier m’oblige à accepter certaines propositions financières qui me permettent de pérenniser mon système. Je tiens à remercier mon équipe qui m’a été d’une aide inestimable pour garder ce crack cheval en pleine santé physique et mentale ! Je souhaite bonne route à son nouveau propriétaire : Alexander Onyshchenko ».

Romain Duguet fait cavalier seul

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Romain Duguet

A désormais 38 ans, Romain Duguet (158ème mondial) ouvre un nouveau chapitre de sa vie personnelle et professionnelle. Ce Rémois de naissance opte pour la nationalité Helvétique à la fin de 2012, six ans après son installation dans le canton de Berne au sein des écuries de Gümligen, propriété de son épouse Christiana. Il intègre par la suite l’équipe nationale Suisse et se construit un vrai palmarès au niveau international aux rênes notamment de Quorida de Treho, Twentytwo des Biches et Sherazade du Gevaudan.

Une séparation plus tard, beaucoup de choses sont à reconstruire. Avec en premier acte un départ des écuries de Gümligen et en conséquence, de nouvelles installations à trouver. C’est chose faite. Le plus français des cavaliers suisses a rendu l’information publique via un communiqué. Son nouveau point de chute sera à partir du 1er novembre Lossy dans le canton de Fribourg.

Accompagné de cinq chevaux, il occupera dans un premier temps des boxes situés dans des écuries appartenant à Romain Barras avant que la construction de sa propre structure soit terminée dans ce même domaine. Ses nouvelles écuries bénéficieront de 12 boxes. Une partie sera occupée par des chevaux montés par Romain Duguet, l’autre par des élèves ou clients. Les boxes seront situés à côté des infrastructures du célèbre marchand suisse Gian-Battista Lutta.

Ce changement important dans la vie d’un cavalier n’altère pas les ambitions de Romain Duguet : « Mon objectif est toujours le même : me maintenir au plus haut niveau, m’y illustrer et être au service de l’équipe de Suisse, notamment en vue des JO de Tokyo 2020 pour lesquels la Suisse s’est qualifiée aux Jeux Équestres Mondiaux de Tryon en septembre. J’ai la chance d’avoir des chevaux de grande qualité comme Calder ou Tanaelle du Moulin pour ne citer qu’eux. Ils ont effectué une bonne saison 2018, mais devaient prendre du métier. Je place beaucoup d’espoir en eux pour 2019 et les années suivantes » tient à préciser le vainqueur des Grands Prix 5* de Paris, Helsinki et Saint-Gall.

Félicie Bertrand, l’atout cœur de Geneviève Mégret

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Félicie Bertrand et Geneviève Mégret

Toujours avoir un plan B. C’est vrai pour les cavaliers et les propriétaires, notamment à haut niveau, où les enjeux financiers sont importants et les tensions vite arrivées. Sport où la passion domine, le jumping, même exercé par des professionnels, n’est pas exempt de comportements irrationnels source de multiples rebondissements. En février dernier l’annonce de la fin d’une collaboration de 7 ans entre Pénélope Leprevost et le Haras de Clarbec résonnait comme un coup de tonnerre dans le ciel hexagonal. Les conséquences pour les deux protagonistes ne sont pas les mêmes. Pénélope Leprevost peine depuis à renouer avec le plus haut niveau alors que la famille Mégret semble avoir trouvé en Félicie Bertrand une remplaçante discrète. Un plan B comme Bertrand.

Avoir des relations apaisées marquées par la confiance et la rationalité entre cavalier et propriétaire, c’est compliqué même à haut niveau. D’autant plus si les propriétaires ne se conduisent pas en simple investisseur mais en véritable gestionnaire de la carrière sportive de leur crack. Alors si en plus les protagonistes ont respectivement du tempérament, ça devient vite compliqué.

Avec Félicie Bertrand, les choses semblent simples en raison d’une personnalité que l’on perçoit, peut-être à tort, comme effacée. Cette normande de 36 ans a crevé l’écran cette année grâce à Sultane des Ibis qui lui a offert fin juin une médaille d’or en individuel et une en argent par équipe lors des Jeux Méditerranéens de Tarragone. Voilà de quoi être reconnaissant à l’égard de la famille Mégret, propriétaire de la jument. Une famille qu’elle connaît bien pour avoir entamé avec elle des relations il y a déjà 10 ans comme cavalière jeunes chevaux. Elle fait le job pendant quatre ans et demi puis, logiquement, s’émancipe en s’installant à son compte. Mais les ponts ne sont pas rompus. Quatre petits kilomètres seulement séparent les deux structures. Félicie Bertrand se voit confier régulièrement des chevaux. Puis arrive Sultane des Ibis. L’osmose est quasi immédiate. Les bons résultats aussi. Les médailles aux JEM marquent un tournant. Elles ouvrent surtout les portes vers les 5* qui restent l’objectif premier même si Félicie Bertrand confie que jusqu’à il y a peu, elle n’avait jamais eu de grandes ambitions de haut niveau. Oui mais voilà, l’appétit vient en mangeant et l’ambiance du haut niveau a un goût de drogue douce d’autant que d’autres chevaux estampillés Mégret, comme Creta LS*La Silla, Vahiné de Favi et Chacco Rouge, lui constituent un piquet performant.

Même si la marche pour le 5* est élevée, l’arrivée de Flora de Mariposa sous sa selle constitue un sacré atout. Car au-delà d’avoir été la jument de tête de Pénélope Leprevost, la fille de For Pleasure, considérée comme l’une des meilleures au monde, est aujourd’hui à 13 ans une jument expérimentée.

A l’issue d’une longue convalescence Flora signe fin septembre son grand retour à la compétition, à l’occasion du CSI * de Canteleu. Or monter une telle jument, c’est un peu avoir le saint Graal entre les mains. C’est surtout le signe d’une relation de très grande confiance avec la famille Mégret. Or celle entamée avec Félicie Bertrand s’inscrit dans la continuité et la progressivité. C’est d’autant plus à noter que parallèlement le lien avec Nicolas Delmotte qui s’était vu confier des cracks du Haras de Clarbec (Urano de Cartigny, Vagabond de la Pomme, Corrado du Moulin…) s’est distendu. Il est mis fin à la collaboration début octobre en raison d’un éloignement jugé finalement trop important (3 heures de route).

Coupe du monde : ça commence fort pour Kevin Staut

Longines FEI World Cup - Western European League OSLO 2018

Longines FEI World Cup™ Jumping Oslo Kevin Staut FRA riding Silver Deux de Virton H D C 14/10/18 Photo FEI/ Satu Pirinen

C’est reparti pour une nouvelle saison Coupe du Monde. Et comme tous les ans pour la ligue d’Europe de l’Ouest, les hostilités commencent à ce qui ressemble un peu pour nous au bout du Monde : Oslo alors que le séjour en terres septentrionales se prolongera la semaine prochaine avec l’étape d’Helsinki. Des trois Français engagés dans le Grand Prix, Kevin Staut est le seul à tirer son épingle du jeu. Il prend une superbe deuxième place derrière le régional de l’étape, le Suédois Douglas Lindelöw (Zacramento). Moins de réussite en revanche pour Aldrick Cheronnet (Tanael des Bonnes) privé de barrage pour un point de temps dépassé. Autre Aquitain en lice, Olivier Robert sort avec 8 point largement imputables à l’inexpérience à ce niveau de Vangog du Mas Garnier, un étalon de 9 ans fils de Cornet Obolensky.

Longines FEI World Cup - Western European League OSLO 2018

Le goût de la victoire pour Douglas Lindelöw. Photo FEI/ Satu Pirinen

Avec douze qualifiés pour le barrage, tout restait presque à faire. Mais comme à son habitude, la main de Kevin Staut n’a pas tremblée. Auteur d’un premier tour aux allures de tour d’école, le cavalier du Haras des Coudrettes a récidivé sans prendre toutefois tous les risques. Cette prudence mesurée lui coûte certes la première place mais l’inoxydable chef de file du jumping tricolore peut néanmoins se consoler de ne pas avoir mis Silver Deux de Virton HDC dans le rouge. Qui veut aller loin ménage sa monture rappelle à cet égard un vieil adage.

Le classement complet ici.