Archives de Catégorie: Actualités

Martin Fuchs met Lyon à l’heure Suisse

Fuchs

Martin Fuchs et Clooney 51

Equita Lyon, rebaptisé cette année Equita Longines, a tenu une nouvelle fois toutes ses promesses en offrant à son public fidèle un Grand Prix Coupe du monde de haute tenue. Un très beau spectacle, haletant où la crème mondial du jumping s’est battue pour remporter un titre convoité. Venue en voisine, la Suisse a trusté le podium comme elle l’avait fait en septembre dernier aux Jeux Équestres Mondiaux de Tryon. Martin Fuchs (Clooney 51) ajoute son nom à la liste des vainqueurs de l’étape Coupe du monde de la capitale des Gaules. Steve Guerdat (Bianca) monte sur la troisième marche du podium. Lorenzo de Luca (Ensor de Litrange) se glisse entre les deux, offrant au passage un nouvel accessit aux écuries Stephex. Côté Français, Kevin Staut (For Joy) signe une nouvelle fois la meilleure performance (5ème).

Ses trois poils en menton destinés à le vieillir un peu ne trompent personne. Malgré un palmarès déjà fourni, Martin Fuchs a seulement 26 ans. Dans son cas on ne parlera donc pas d’une génération montante, elle est bien arrivée au sommet de la hiérarchie mondiale. Car il fallait une bonne dose de maturité et de maîtrise technique pour sortir premier d’un tel plateau de cavaliers. Mais voilà, le jeune helvète avait une autre corde à son arc, celle de la confiance en soi, déterminante dans le sport. Cet atout psychologique décisif qui a l’inverse du doute permet de se transcender et de prendre avec succès tous les risques qu’on appelle la spirale de la gagne.

« Clooney prend de l’âge, il a maintenant 12 ans et va de mieux en mieux, même s’il était difficile au début . Mais avec le temps, nous avons appris à travailler très bien ensemble, et maintenant nous pouvons tout faire ! » a commenté son cavalier.

Si les lauriers de la victoire sont revenus à Martin Fuchs, ce n’est vraiment que d’un cheveu. 53 centièmes le séparent de Lorenzo de Luca et 64 centièmes de Steve Guerdat. Autant dire que tout s’est joué dans un mouchoir de poche et que dans cette discipline, ce sont des cheveux d’ange qui séparent les présents sur le podium.

Si la Marseillaise n’a pas retenti pour cette édition 2018, on ne peut pas parler globalement de déception pour le camp français, hormis pour Simon Delestre et Hermès Ryan qui peinent à retrouver leur niveau d’antan. A l’inverse, Pénélope Leprevost qui s’avouait contrariée en sortie de tour pour sont point de dépassement de temps a des raisons d’être satisfaite. Vancouver de Lanlore est désormais pleinement opérationnel. Encore quelques petits réglages et le fils de Toulon entrera dans le temps imposé. Outre Kevin Staut, trois autres cavaliers tricolores étaient présents au barrage dont Guillaume Foutrier (Valdocco des Caps) et Nicolas Deseuzes (Carriage 5) pour qui c’était la première participation à une manche de coupe du monde. Ils terminent respectivement 7éme et 9éme. Malchance en revanche pour Olivier Robert auteur d’un superbe premier tour sur Tempo de Paban, contraint à l’abandon au barrage suite à une incompréhension sur un oxer au barrage.

Le classement complet, ici.

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Daniel Deusser s’impose à Vérone

Longines FEI World Cup™ Jumping Verona

And the winner is … Daniel Deusser. Crédit photo : Massimo Argenziano/FEI

Les amoureux du jumping en ont eu pour leur argent. Si l’Allemagne s’est imposée dans le Grand Prix Coupe du monde grâce à Daniel Deusser (Calisto Blue), le public de la cité italienne a vibré pour les nombreux Azzurri engagés dans l’épreuve dont le meilleur représentant, Luca Marziani / Tokyo du Soleil, termine 5ème. A l’issue d’un barrage à 14 concurrents, Niels Bruynseels (Gancia de Muze) prend la deuxième place. Le Belge coiffe sur le poteau Martin Fuchs 3ème associé à Clooney 51 alors que Bertram Allen avec une Molly Mallone en pleine forme malgré ses 19 ans termine au pied du podium.

Longines FEI World Cup™ Jumping Verona

Luca Marziani témoin du réveil de l’équitation transalpine signe la meilleure performance italienne. Crédit photo : Massimo Argenziano/FEI

A l’image de nombreuses autres têtes d’affiches (Ehning, Guerdat, Eckermann, Smoders…) Kevin Staut (For Joy), auteur de deux fautes au barrage a vu s’échapper les places d’honneur. 12Ème au classement final, il peut néanmoins se consoler avec les 5 points tombés dans son escarcelle. Simon Delestre ne peut malheureusement en dire autant avec un Chesall Zimequest sur le frein, obligeant son cavalier à le stimuler d’un coup de cravache sur l’arrière-main sur tous les oxers. Mais quand le coeur n’y est pas, il n’y est pas. Le fils de Casall arrêté dans le milieu du triple a contraint son cavalier à l’abandon.

Sensible également, Calisto Blue l’est assurément. C’est ce qu’à indiqué a posteriori Daniel Deusser. Le cavalier des écuries Stephex qui monte ce hongre de 11 ans, préalablement sous la selle de Michael Whitaker, seulement depuis le mois de juillet semble toutefois avoir trouvé les boutons.

Le classement complet, ici.

Saxo de la Cour change de mains ….et de cavalier

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Saxo de la Cour sous la selle de Cédric Angot aura été l’un des piliers de l’équipe de France.

Coup de tonnerre dans le ciel équestre hexagonal. Cédric Angot a annoncé ce jour sur sa page Facebook la vente et le départ de ses écuries de Saxo de la Cour. Le sulfureux homme d’affaires et milliardaire ukrainien Alexander Onyshchenko est désormais l’heureux propriétaire de l’alezan qui est singulièrement monté en puissance ces derniers mois. Reste à savoir qui sera le cavalier qui succèdera à Cédric Angot. On pense naturellement à Pénélope Leprevost qui a entamé depuis sa rupture avec le Haras de Clarbec une collaboration avec Alexander Onyshchenko.

Saxo de la Cour né chez Jean-François Couetil était jusqu’alors la propriété non seulement de Cédric Angot mais également de Benjamin Meyer, de Sandrine Schuwer et du Haras de Reux. Le montant de la transaction n’a pas été révélé mais au regard des dernières prestations du fils de Tlaloc M, il est vraisemblable que la somme est conséquente. Saxo qui s’est particulièrement illustré cette année lors de la Coupe des nations de Calgary mais également dernièrement lors de la finale des Coupe des nations de Barcelone est assurément à 12 ans un cheval d’avenir. On pense naturellement aux Jeux Olympiques de Tokyo où il pourrait être une pièce maîtresse de l’équipe de France. A condition de rester sous une selle tricolore…

Le communiqué de Cédric Angot ne lève pas ces interrogations mais rend hommage à un partenaire de talent auquel on ne peut que souhaiter de continuer sa progression au plus haut niveau.

Le communiqué intégral de Cédric Angot: « C’est avec beaucoup d’émotions que je vous annonce le départ de Saxo de la Cour. Saxo était notre motivation quotidienne, et j’ai le sentiment que nous étions au bord de réaliser une grande performance. Évidemment, c’est toujours triste de vendre des chevaux qui sont dans une forme incroyable et qui marquent notre carrière. Cependant, mon métier de cavalier m’oblige à accepter certaines propositions financières qui me permettent de pérenniser mon système. Je tiens à remercier mon équipe qui m’a été d’une aide inestimable pour garder ce crack cheval en pleine santé physique et mentale ! Je souhaite bonne route à son nouveau propriétaire : Alexander Onyshchenko ».

Romain Duguet fait cavalier seul

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Romain Duguet

A désormais 38 ans, Romain Duguet (158ème mondial) ouvre un nouveau chapitre de sa vie personnelle et professionnelle. Ce Rémois de naissance opte pour la nationalité Helvétique à la fin de 2012, six ans après son installation dans le canton de Berne au sein des écuries de Gümligen, propriété de son épouse Christiana. Il intègre par la suite l’équipe nationale Suisse et se construit un vrai palmarès au niveau international aux rênes notamment de Quorida de Treho, Twentytwo des Biches et Sherazade du Gevaudan.

Une séparation plus tard, beaucoup de choses sont à reconstruire. Avec en premier acte un départ des écuries de Gümligen et en conséquence, de nouvelles installations à trouver. C’est chose faite. Le plus français des cavaliers suisses a rendu l’information publique via un communiqué. Son nouveau point de chute sera à partir du 1er novembre Lossy dans le canton de Fribourg.

Accompagné de cinq chevaux, il occupera dans un premier temps des boxes situés dans des écuries appartenant à Romain Barras avant que la construction de sa propre structure soit terminée dans ce même domaine. Ses nouvelles écuries bénéficieront de 12 boxes. Une partie sera occupée par des chevaux montés par Romain Duguet, l’autre par des élèves ou clients. Les boxes seront situés à côté des infrastructures du célèbre marchand suisse Gian-Battista Lutta.

Ce changement important dans la vie d’un cavalier n’altère pas les ambitions de Romain Duguet : « Mon objectif est toujours le même : me maintenir au plus haut niveau, m’y illustrer et être au service de l’équipe de Suisse, notamment en vue des JO de Tokyo 2020 pour lesquels la Suisse s’est qualifiée aux Jeux Équestres Mondiaux de Tryon en septembre. J’ai la chance d’avoir des chevaux de grande qualité comme Calder ou Tanaelle du Moulin pour ne citer qu’eux. Ils ont effectué une bonne saison 2018, mais devaient prendre du métier. Je place beaucoup d’espoir en eux pour 2019 et les années suivantes » tient à préciser le vainqueur des Grands Prix 5* de Paris, Helsinki et Saint-Gall.

Félicie Bertrand, l’atout cœur de Geneviève Mégret

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Félicie Bertrand et Geneviève Mégret

Toujours avoir un plan B. C’est vrai pour les cavaliers et les propriétaires, notamment à haut niveau, où les enjeux financiers sont importants et les tensions vite arrivées. Sport où la passion domine, le jumping, même exercé par des professionnels, n’est pas exempt de comportements irrationnels source de multiples rebondissements. En février dernier l’annonce de la fin d’une collaboration de 7 ans entre Pénélope Leprevost et le Haras de Clarbec résonnait comme un coup de tonnerre dans le ciel hexagonal. Les conséquences pour les deux protagonistes ne sont pas les mêmes. Pénélope Leprevost peine depuis à renouer avec le plus haut niveau alors que la famille Mégret semble avoir trouvé en Félicie Bertrand une remplaçante discrète. Un plan B comme Bertrand.

Avoir des relations apaisées marquées par la confiance et la rationalité entre cavalier et propriétaire, c’est compliqué même à haut niveau. D’autant plus si les propriétaires ne se conduisent pas en simple investisseur mais en véritable gestionnaire de la carrière sportive de leur crack. Alors si en plus les protagonistes ont respectivement du tempérament, ça devient vite compliqué.

Avec Félicie Bertrand, les choses semblent simples en raison d’une personnalité que l’on perçoit, peut-être à tort, comme effacée. Cette normande de 36 ans a crevé l’écran cette année grâce à Sultane des Ibis qui lui a offert fin juin une médaille d’or en individuel et une en argent par équipe lors des Jeux Méditerranéens de Tarragone. Voilà de quoi être reconnaissant à l’égard de la famille Mégret, propriétaire de la jument. Une famille qu’elle connaît bien pour avoir entamé avec elle des relations il y a déjà 10 ans comme cavalière jeunes chevaux. Elle fait le job pendant quatre ans et demi puis, logiquement, s’émancipe en s’installant à son compte. Mais les ponts ne sont pas rompus. Quatre petits kilomètres seulement séparent les deux structures. Félicie Bertrand se voit confier régulièrement des chevaux. Puis arrive Sultane des Ibis. L’osmose est quasi immédiate. Les bons résultats aussi. Les médailles aux JEM marquent un tournant. Elles ouvrent surtout les portes vers les 5* qui restent l’objectif premier même si Félicie Bertrand confie que jusqu’à il y a peu, elle n’avait jamais eu de grandes ambitions de haut niveau. Oui mais voilà, l’appétit vient en mangeant et l’ambiance du haut niveau a un goût de drogue douce d’autant que d’autres chevaux estampillés Mégret, comme Creta LS*La Silla, Vahiné de Favi et Chacco Rouge, lui constituent un piquet performant.

Même si la marche pour le 5* est élevée, l’arrivée de Flora de Mariposa sous sa selle constitue un sacré atout. Car au-delà d’avoir été la jument de tête de Pénélope Leprevost, la fille de For Pleasure, considérée comme l’une des meilleures au monde, est aujourd’hui à 13 ans une jument expérimentée.

A l’issue d’une longue convalescence Flora signe fin septembre son grand retour à la compétition, à l’occasion du CSI * de Canteleu. Or monter une telle jument, c’est un peu avoir le saint Graal entre les mains. C’est surtout le signe d’une relation de très grande confiance avec la famille Mégret. Or celle entamée avec Félicie Bertrand s’inscrit dans la continuité et la progressivité. C’est d’autant plus à noter que parallèlement le lien avec Nicolas Delmotte qui s’était vu confier des cracks du Haras de Clarbec (Urano de Cartigny, Vagabond de la Pomme, Corrado du Moulin…) s’est distendu. Il est mis fin à la collaboration début octobre en raison d’un éloignement jugé finalement trop important (3 heures de route).

Coupe du monde : ça commence fort pour Kevin Staut

Longines FEI World Cup - Western European League OSLO 2018

Longines FEI World Cup™ Jumping Oslo Kevin Staut FRA riding Silver Deux de Virton H D C 14/10/18 Photo FEI/ Satu Pirinen

C’est reparti pour une nouvelle saison Coupe du Monde. Et comme tous les ans pour la ligue d’Europe de l’Ouest, les hostilités commencent à ce qui ressemble un peu pour nous au bout du Monde : Oslo alors que le séjour en terres septentrionales se prolongera la semaine prochaine avec l’étape d’Helsinki. Des trois Français engagés dans le Grand Prix, Kevin Staut est le seul à tirer son épingle du jeu. Il prend une superbe deuxième place derrière le régional de l’étape, le Suédois Douglas Lindelöw (Zacramento). Moins de réussite en revanche pour Aldrick Cheronnet (Tanael des Bonnes) privé de barrage pour un point de temps dépassé. Autre Aquitain en lice, Olivier Robert sort avec 8 point largement imputables à l’inexpérience à ce niveau de Vangog du Mas Garnier, un étalon de 9 ans fils de Cornet Obolensky.

Longines FEI World Cup - Western European League OSLO 2018

Le goût de la victoire pour Douglas Lindelöw. Photo FEI/ Satu Pirinen

Avec douze qualifiés pour le barrage, tout restait presque à faire. Mais comme à son habitude, la main de Kevin Staut n’a pas tremblée. Auteur d’un premier tour aux allures de tour d’école, le cavalier du Haras des Coudrettes a récidivé sans prendre toutefois tous les risques. Cette prudence mesurée lui coûte certes la première place mais l’inoxydable chef de file du jumping tricolore peut néanmoins se consoler de ne pas avoir mis Silver Deux de Virton HDC dans le rouge. Qui veut aller loin ménage sa monture rappelle à cet égard un vieil adage.

Le classement complet ici.

Barcelone : la Belgique s’impose, la France deuxième

Longines FEI Jumping Nations Cup Final equestrain event in Barcelona

Les diables rouges, heureux vainqueurs de l’édition 2018. De gauche à droite :

Quel suspense. A l’issue d’une finale folle, la Belgique a remporté dimanche 7 octobre la finale mondiale des Coupe des nations 2018. Qualifiée in extremis le vendredi, la France monte sur la deuxième marche du podium. L’Irlande complète le podium.

Certes les Jeux Équestres Mondiaux ont considérablement rebattu la composition des équipes présentes à Barcelone mais au final, c’est le concept même de cette finale des Coupes des nations qui ressort comme le grand vainqueur de ce week-end. Une organisation parfaite, un chef de piste intelligent dans ses constructions et respectueux des chevaux sans oublier des cavaliers motivés, l’édition 2018 restera comme un grand cru d’une compétition considérée à tort comme moribonde il y a encore peu. Reste pour la France un sérieux caillou dans la chaussure à savoir une couverture médiatique défaillante. A cet égard le deuil d’Equidia est lourd à porter malgré les efforts de Kamel Boudra de faire subsister l’esprit et la communauté de la chaîne sur la confidentielle RMC Sport3. Une nouvelle fois la FFE démontre son incapacité à porter les équipes de France auprès du grand public. Or, comme dans tout sport, l’absence de communication sur le haut-niveau et son cortège, l’incapacité pour les plus jeunes à se projeter sur des visages d’athlètes vus à la tv, a on le sait des conséquences lourdes à court terme sur le maintien des effectifs de licenciés.

Mais revenons-en au sport. Huit équipes s’alignaient dimanche et si trois d’entre elles paraissaient en position de force (Pays-Bas, Belgique et Irlande), l’Italie et l’Autriche, belles surprises du vendredi, endossaient les habits d’outsider. Quant à la France, son habitude des résultats en yoyo et sa qualification sur le fil du vendredi laissaient interrogatifs plus d’un observateur avisé.

Parti en ouvreur de la compétition, Kevin Staut confirme vite ce sentiment. Le cavalier du Haras des Coudrettes signe un superbe tour sur For Joy Van’t Zorgvliet HDC… mais pénalisé de 4 points sur la rivière. On pense la messe presque dite mais les autres compétiteurs de cette première rotation, avec peu de sans faute et parfois des scores lourds, permettent de garder espoir. Même punition pour Cédric Angot sur Saxo de la Cour auteurs d’une superbe prestation entachée d’une barre en fin de tour. La France est toujours dans le coup. Arrive la troisième rotation. Mathieu Billot et Quel Filou 13 s’élancent. Le cheval porte bien son nom. Avec 17 points au compteur, les Tricolores viennent de griller leur joker. Quatrième et dernière rotation. Olivier Robert remplace au pied levé Pénélope Leprevost dont la monture, Vancouver de Lanlore, a péché par son manque d’expérience à ce niveau vendredi. Olivier et Eros ont signé de belles performances en Coupe des nations cette année mais cette fois un poids énorme se retrouve sur les épaules du Bordelais. La pression est trop forte sur la fin de tour. Le couple concède deux fautes. La balle est désormais dans le camp des adversaires.

FEI Longines Nations Cup equestrain event in Barcelona

Kevin Staut et For Joy lors de la qualificative du vendredi. Photo FEI/Jim Hollander

La Belgique se détache avec au total 12 points de pénalité. Derrière, 4 équipes sont à égalité à 16 points : la France, l’Irlande , l’Italie et les Pays-Bas. Il faut donc sortir la calculette pour additionner les temps. Comme vendredi, la France tire son épingle du jeu. Elle est deuxième et la magnifique équipe italienne reléguée à la 4ème place. Les Tricolores peuvent être satisfaits. Ils repartent de Barcelone avec le sentiment du devoir accompli et 251 000 € à se répartir. Un bel encouragement pour ces cavaliers amoureux de leur drapeau qui ont fait le choix de privilégier ce beau circuit, cette vieille mais distinguée dame qu’est la Coupe des Nations.

Dernier tour de piste pour Rothchild

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Rothchild sous la selle de McLain Ward lors des JEM de Caen.

17 ans et puis s’en va. Sauf que chez les chevaux de légende, on ne quitte pas la compétition sur la pointe des sabots mais, par la grande porte, après un hommage qui vient saluer leur talent. En France, le Haras des Coudrettes notamment nous a habitué à ces moments forts en émotions. Il en est naturellement de même de l’autre côté de l’Atlantique. Le 30 septembre dernier, à l’occasion de l’American gold cup, une cérémonie est venue saluer les adieux à la compétition de Rotchild, partenaire « historique » de McLain Ward.

McLain Ward, on ne le présente plus. Trois médailles olympiques au compteur et une qualité d’équitation qui en fait l’un des grands maîtres de la discipline à seulement 42 ans. Sa longévité au plus haut niveau est liée à son talent pur mais également à cette capacité à trouver régulièrement des cracks chevaux : Sapphire, Rothchild et plus récemment HH Azur et Clinta.

Rothchild, propriété de Sagamore Farms, sous la selle de McLain depuis 2007, peut s’enorgueillir d’un très beau palmarès avec notamment une médaille de bronze par équipes et une 5ème place en individuel lors des Jeux Équestres Mondiaux de Caen en 2014, une médaille de bronze, toujours par équipes, aux Jeux Panaméricains de Toronto en 2015.

Rothchild, petit cheval Belge de 1,60m (Artox x Elegant de l’île), surnommé Bongo est un cheval de caractère à l’image de ses petites oreilles souvent pointées vers l’arrière sur les sauts. « Je crois que Rothchild m’a beaucoup appris. Il m’a appris à découvrir un cheval en profondeur. Il m’a appris à croire dans un cheval et à voir ce qu’il cache de meilleur. J’aime beaucoup ce cheval, au-delà de ce qu’il donne en piste. S’il était un humain, je crois que j’irais boire une bière avec lui » résume son cavalier.

« Il arrive à une nouvelle étape de sa vie dans une forme resplendissante, je trouve cela super », s’est réjoui McLain Ward qui a précisé que son partenaire allait désormais couler des jours heureux dans les nouvelles installations pour chevaux retraités de Beezie et John Madden.

Tryon : avec Simone Blum, les jeunes prennent le pouvoir

FEI World Equestrian Gamesª Tryon USA

Simone Blum et DSP Alice. Photo FEI/Martin Dokoupil

Quel contraste entre les Jeux de Caen et ceux de Tryon. En Normandie il y a quatre ans, l’expérience était célébrée à l’issue d’une finale tournante mettant en lice quatre formidables cavaliers, matures, hommes de chevaux reconnus. En 2018, aux États-Unis, c’est une jeune femme de 29 ans qui est sacrée, Simone Blum, avec comme dauphin Martin Fuchs, 26 ans seulement. De dix ans son aîné, Steve Guerdat est le seul « vieux renard » à monter sur le podium.

Place aux jeunes donc puisque sur les 25 finalistes 6 avaient moins de 30 ans. Une surprise oui assurément alors que les McLain Ward, Harrie Smolders, Peder Fredricson et consorts se sont cassés les dents dans la course au titre. En filigrane se dessine une vraie question. Le saut d’obstacles est-il encore une discipline où l’expérience constitue un facteur déterminant ? Sans doute moins. Ce qui frappe à l’issue de cette compétition, c’est l’incroyable homogénéité qui prévaut tant au niveau technique des cavaliers que de la qualité des chevaux. C’est une bonne nouvelle en soi qui confirme que si on laisse jouer la concurrence, les favoris n’existent plus. Reste à confirmer la durabilité de ces jeunes pousses au plus haut niveau et donc leur capacité à mettre en place un système leur permettant d’assurer sans rupture la relève des chevaux qui les ont fait exploser sur le devant de la scène.

S’il n’en reste qu’un, ce sera Deroubaix

American dream : McLain Ward, Adrienne Sternlicht, Laura Kraut, and Devin Ryan in their
presentation ceremony. ©Sportfot

L’équipe de France de saut d’obstacles a pris l’eau à Tryon. Elle termine 9èmede la compétition et ne décroche donc pas dans l’immédiat sa qualification pour les JO de Tokyo. Pas la peine d’épiloguer là-dessus ni de sortir les dagues. Les cœurs sont lourds et les mines basses. Mais, c’est ainsi. Les grandes nations équestres, club auquel appartient assurément la France, ont leur haut et leur bas. Rien de cyclothymique en cela. Chevaux et cavaliers sont des êtres vivants avec leurs fragilités. Si on y ajoute les contraintes économiques à savoir les circuits parallèles et la loi d’airain du mercato qui conduit à vendre les meilleurs montures, l’inconstance des résultats est un fait logique. Et puis, il faut bien en laisser un peu pour les autres et donc laisser la roue de la chance tourner. A cet égard, on ne peut pas dire que la France ait été mal servie aux Jeux Olympiques de Rio.

La déception pour Tryon est donc légitime même si elle était un peu prévisible. La sélection arrêtée par Philippe Guerdat était osée mais surtout imposée par le peu de cartes en sa possession. Avec un seul couple vraiment expérimenté mais en fin de carrière complété par trois autres qui découvraient (à l’exception de Nicolas Delmotte) le grand bain, ça passait ou, ça cassait. La deuxième hypothèse a prévalu face à des adversaires très bien préparés et équipés. Autre facteur handicapant dont il faut bien parler, c’est qu’une grande équipe ce n’est pas seulement un agrégat d’athlètes brillants, c’est aussi un petit supplément d’âme. Or, dans le camp tricolore, faute de temps sans doute, on n’a pas senti d’esprit de groupe et de conquête. Une équipe, ce n’est Philippe Guerdat qui le démentira, c’est toujours une complexe alchimie.

Reste le cas Timon d’Aure et Alexis Deroubaix. Ce sera sans doute la seule bonne surprise de ces Jeux. 13èmeau provisoire avant la grande finale de dimanche, Alexis Deroubaix, propulsé au plus haut niveau a soudain beaucoup de poids sur les épaules. Mais comme l’avais dit très intelligemment Emmanuelle Perron-Pette à propos de Rêveur de Hurtebise, à partir de maintenant, ce ne peut être que du bonus. Cette finale sera donc à regarder avec intérêt parce qu’elle promet du beau sport et que, qui qu’il advienne les couleurs françaises, dans cette dernière ligne droite, seront assurément bien portées par celui qui sera la révélation tricolore 2018.

Le classement individuel, c’est ici.

Le classement par équipe, c’est .

Rêveur de Hurtebise, 4 ans après

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Rêveur de Hurtebise HDC et Kevin Staut, il y a 4 ans lors des JEM de Caen

Le Français a la réputation d’être râleur. Nous n’allons pas déroger à la règle en avouant que Tryon rime avec frustration. Les horaires et les canaux de diffusion des Jeux Équestres Mondiaux qui se disputent en Caroline du Nord ne permettent pas de suivre comme on le souhaiterait les épreuves. Quant aux rediffusions ou différés, on ne peut que regretter leur absence. Les Jeux de Caen avaient mis la barre haute. Quatre ans plus tard, le décalage horaire et la disparition d’Equidia ne permettent pas d’atteindre ce niveau. Heureusement, les bons débuts des Français dans le championnat sont comme un rayon de soleil. Tout comme la présence de Rêveur de Hurtebise HDC sous la selle de Kevin Staut. Impensable il y a quelques mois, cette participation s’est pourtant imposée au fil du temps comme une évidence.

Rêveur, tel le Phénix. Avouons-le, c’est le genre d’histoire dont on raffole même si la fin n’est pas encore connue. C’est le site de L’Éperon qui la raconte à travers un entretien avec Emmanuelle Perron-Pette, propriétaire du Haras des Coudrettes et de Rêveur. Donné à 17 ans comme un cheval au bout du rouleau, lessivé et bon pour la retraite à l’issue des finales Coupe du monde de Paris-Bercy, Rêveur a signé par la suite un incroyable retour de forme et engrangé les classements en 5*. Puis vient le CSIO d’Aix-la-Chapelle où Rêveur fait une démonstration dans la Coupe des nations. C’est le déclic. La décision semble naturelle pour le cavalier, les propriétaires et le sélectionneur national. Rêveur est non seulement apte pour Tryon mais le couple particulièrement expérimenté qu’il constitue avec Kevin Staut constituera une pièce maîtresse du dispositif tricolore.

La suite immédiate, c’est l’épreuve de chasse qui vient de se dérouler ce mercredi. Le couple est pénalisé de 4 points sur le dernier obstacle mais signe le meilleur chronomètre. Kevin Staut affirme que la faute lui est imputable et se félicite de la qualité de saut de sa monture. Rien n’est perdu, le championnat sera long. « Quelle que soit sa performance ici, on le respectera et on l’écoutera » a prévenu Emmanuelle Perron-Pette avant d’ajouter « j’espère vraiment qu’il va bien faire pour la France certes, mais surtout pour lui. » Sa résilience est pourtant déjà une victoire, tout autant que la foi de son cavalier et de ses propriétaires en lui. Bon vent Rêveur de Hurtebise !

Ben Maher, le grand absent de la sélection Britannique

Lap of honour for Ben Maher, winner of the LGCT Grand Prix of Rome

Ben Maher. Crédit Stefano Grasso / LGCT

Cherchez l’erreur. Ben Maher a remporté ce samedi à Rome son troisième Grand Prix sur le Global Champions Tour. Avec cette victoire il fait coup double puisqu’il engrange suffisamment de points  pour remporter l’édition 2018 de ce circuit privé très richement doté, avant même la finale qui se déroulera à Doha. Pour autant, malgré un retour fracassant cette saison sur le devant de la scène, le champion olympique par équipe de Londres en 2012 ne figure pas parmi les cavaliers Britanniques qui défendront les couleurs de l’Union Jack à Tryon à l’occasion des Jeux Équestres Mondiaux. Incompréhensible.

La marche victorieuse sur Rome de Ben Maher a été signée une nouvelle fois avec Explosion W, un KWPN de neuf ans, fils de Chacco Blue. « « Ce fut une saison incroyable, j’ai du mal à y croire ! C’est bon d’être de retour parmi les meilleurs. Explosion est un cheval d’une incroyable rapidité, je n’avais jamais monté un cheval aussi rapide. Il est phénoménal pour son âge » confiait le pilote britannique ce week-end à Rome.

Reste donc la question qui fâche. Quelles sont les raisons pour lesquelles Ben Maher qui dispose d’un cheval performant et surtout très régulier ne figure pas sur la liste du sélectionneur national Britannique pour les Jeux de Tryon ? La réponse est loin d’être claire. Un silence gêné fait office de réponse. Pas de déclarations de Di Lampard dans un sens ou dans un autre. La Chef d’équipe de sa gracieuse majesté aurait sans doute bien voulu s’appuyer sur un cavalier expérimenté mais le site World of Showjumping, généralement bien informé, laisse entendre que les propriétaires de Explosion W, la famille Moffitt (Poden Farms), auraient pu préférer les importants gains potentiels du LGCT à une participation pour le drapeau à Tryon.

Si tel était le cas, force serait de constater qu’une rupture se confirmerait à haut niveau entre les cavaliers qui courent les Coupes des Nations et rêvent de participer aux échéances majeures de la FEI et les autres, mercenaires des temps modernes, qui privilégient (sous réserve d’être compétitifs) des rentrées financières importantes et immédiates. Logique économique d’un côté, aspect patriotique de l’autre si l’on caricature un peu les choses. Le site World of Showjumping s’interroge ainsi sur le nombre important de ces compétiteurs de premier plan qui cette année font l’impasse sur les Jeux Mondiaux au profit du Global Champions Tour ou encore de CSI 5* de Calgary là aussi très richement doté grâce à la maison Rolex.

La question est complexe et il ne s’agit de clouer personne au pilori. On regrettera seulement que ce débat n’existe pas sur la place publique et que personne n’assume ses choix. La faute aussi aux fédérations nationales qui pourraient très bien décider que les cavaliers ou propriétaires qui refusent les sélections nationales renoncent de fait à toute sélection pour les Jeux Olympiques. C’est la vieille histoire finalement du beurre et de l’argent du beurre.

 

Sortie par la petite porte pour Qadillac du Heup

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Qadillac du Heup / Bernard Briand Chevalier

Disons-le franchement, l’histoire ne se termine pas aussi bien que nous l’aurions espéré. Quadillac du Heup raccroche les sabots à seulement 14 ans. Un peu jeune pour un cheval de compétition qui commençait à percer au plus haut niveau et dont on attendait de voir tout le potentiel. L’aventure reste belle mais elle laisse un goût d’inachevé à commencer pour son cavalier, Bernard Briand Chevalier.

Comme souvent, on peut voir le verre à moitié plein ou, à moitié vide. Certes, la jument Selle Français née chez Hubert Groualle aura connu une très belle trajectoire avec notamment de belles prestations en Coupe des Nations, signée, c’est suffisamment rare pour être souligné, avec un seul et unique cavalier, le Breton Bernard Briand Chevalier. Mais, le sens de l’histoire est souvent tragique. L’ascension de Qadillac s’est arrêtée le dimanche 23 juillet 2017. Le couple participe pour la première fois au mythique concours d’Aix-la-Chapelle. Parti en numéro 1 dans le Grand Prix, il fait un mauvais saut sur la rivière. La jument se réceptionne mal. Elle chute avec son cavalier et quitte la piste en mains. On ne la reverra plus à ce niveau. La fille d’Hélios de la Cour revient sur les terrains de concours deux mois plus tard mais, en CSI 3*. La délicate mécanique s’est déréglée. Quelque chose d’insaisissable s’est brisé. La suite logique, c’est la décision en ce début de mois de mettre un terme à la carrière sportive de Qadillac et de lui faire entamer sa deuxième vie, celle de reproductrice.

Valence : bis repetita pour Kent Farrington dans le GP 5*

Kent Farrington et Gazelle (archives)

Pour la deuxième année consécutive, Kent Farrington s’est imposé dans le Grand Prix du CSI 5* de Valence associé à sa bonne Gazelle. Un vrai tour de force pour l’Américain qui a dominé de la tête et des épaules une épreuve délicate qui a déboussolé plus d’un cavalier expérimenté.

Posé au milieu des champs, au coeur de la Drôme à une trentaine de kilomètres au nord de Valence, les superbes installations du Haras des Grillons accueillaient ce dimanche le point d’orgue de deux semaines de concours. La dotation de 300 000 € du Grand Prix et la proximité des Jeux Mondiaux de Tryon en faisait un rendez-vous à ne pas manquer. De nombreux participants ne devraient pas l’oublier.

Avec Uliano Vezzani en architecte la plupart des participants s’attendait à une épreuve classique. A tort. Le chef de piste Italien s’est peut être enflammé à la lecture des noms des engagés sortant de son chapeau un tour compliqué, fort et particulièrement long. Treize couples pourtant ont trouvé les clés pour boucler leur tour sans pénalité dont deux Tricolores : Philippe Rozier (Cristallo A) et Simon Delestre (Cheesal Zimequest). A l’issue d’un barrage atypique où deux cavaliers ont préféré assuré le sans faute quitte à prendre du dépassement de temps, seul Simon Delestre décroche un classement (6ème). Philippe Rozier (8 points), termine à la plus mauvaise place : 13éme, premier des non classés.

Côté français toujours, outre le retour de Pénélope Leprevost en 5* avec Vancouver de Lanlore, on retiendra surtout la prestation prometteuse de Marc Dilasser sur un surprenant Utah van de Rock.

Le classement complet, ici.

Cian O’Connor, candidat aux instances de la FEI

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Le pas décidé de Cian O’Connor.

Cavalier émérite, marchand de chevaux, Cian O’Connor est un homme polyvalent et entreprenant. L’Irlandais aimerait ajouter une corde à son arc en prenant la suite de Rodrigo Pessoa comme représentant les cavaliers de saut d’obstacles au sein de la FEI. Pas sûr pourtant que son nom arrive en tête du scrutin.

La Fédération Equestre Internationale va procéder en fin d’année au renouvellement de ses instances pour la période 2018-2022. Celles-ci réservent une place aux athlètes, une par discipline. Dans le cas du jumping, un athlète désigné par ses pairs représentera les cavaliers au sein du comité de saut d’obstacles, un groupe technique qui s’occupe de tous les aspects de la discipline, notamment les évolutions du règlement.

Quatre candidatures ont été déposées. Sanjay Bagai, un Indien de 52 ans, Nicolas Piazzaro-Suarez un Mexicain de 40 ans, Cian O’Connor (39 ans) et Lisen Bratt-Fredricson, une Suédoise de 42 ans.  Cette dernière est assurément la grande rivale de l’Irlandais. Cavalière reconnue elle est aussi l’épouse de Peder Fredricson mais surtout elle est la candidate qui a été désignée par l’IJRC (International Jumping Rider Club) alors que Cian O’Connor est officiellement celui présenté par la fédération équestre irlandaise. O’Connor est toutefois le seul à avoir esquissé les grandes lignes d’un programme reposant sur la promotion du bien être des chevaux et des cavaliers mais intégrant aussi un volet business assumé par le développement du marketing et de la communication.

Suspense, suspense d’autant que le vote qui se déroule par voie électronique jusqu’au 23 septembre n’est ouvert qu’à une base électorale réduite. Il faut en effet avoir participé à l’une des des 2 dernières olympiades ou l’un des 2 derniers championnats du monde pour pouvoir exprimer son choix. Résultat le 24 septembre.

 

Doublé américain dans le Grand Prix du CSI 4* de Valence

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Spencer Smith sur Théodore Manciais.

Et bien non. La bible n’a pas toujours raison. Les derniers ne sont pas toujours les premiers. Parti en ouvreur dans le Grand Prix du CSI 4* de Valence (qui sera suivi du 5* le week-end prochain), l’Américain Spencer Smith, en signant le seul sans faute de l’épreuve, aura fait cavalier seul en tête de l’épreuve tout au long de celle-ci. Un petit point de pénalité pour temps dépassé prive le public et sa jeune compatriote, Katie Dinan (Dougie Douglas), de barrage. Même punition pour Aldrick Cheronnet (Atlantys by Wisbecq) qui malgré ses deux points de temps dépassé signe la meilleure performance française. « En voyant que le parcours donnait lieu à beaucoup de fautes, j’ai choisi de ne pas me soucier du temps et de soigner les courbes et les abords de mon parcours pour assurer le sans faute, quitte à prendre des pénalités de temps » confiait à l’issue le cavalier Aquitain. Une stratégie payante puisqu’elle lui permet de monter sur la 3ème marche du podium.

C’est un scénario totalement imprévu qui s’est déroulé dans les superbes installations des Haras des Grillons près de Valence dans la Drôme. Lors de la reconnaissance, Olivier Robert et Uliano Vezzani, le chef de piste, était d’accord sur un point. Au regard du plateau, 40 partants dont de belles têtes d’affiche Lamaze, Brash, Delestre …, entre 8 et 10 barragistes étaient attendus. Le sans faute aisé de Spencer Smith laissait même croire que leur estimation était sévère. Au contraire, ils étaient optimistes. Olivier Robert avait pourtant prévenu en évoquant un parcours fin et délicat comme sait si bien les dessiner le maestro italien.

A 21 ans Spencer Smith signe donc une performance sur son selle français, Théodore Manciais, un hongre selle français de onze ans. L’élève a battu le maître puisque son coach, Eric Lamaze, pointe seulement à la 15ème place du classement final en raison d’un 4 points sur le premier tour avec Quality FZ. Idem pour le Suisse Beat Mändli. L’entraîneur de Katie Dinan se classe 17ème sur Dibatsja.

Le classement complet, ici.

Tryon : un vent frais souffle sur la sélection Tricolore

France

Et bien non. Loin d’être le casse-tête imaginé il y a quelques semaines encore, l’établissement de la liste des cavaliers qui représenteront la France aux Jeux Equestres Mondiaux de Tryon est apparu après Dublin comme une évidence. Nicolas Delmotte (Ilex VP), Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), Kevin Staut (Rêveur de Hurtebise HDC), Alexandra Francart (Volnay du Boisdeville) et Thierry Rozier (Vénézia d’Ecaussines) sont les heureux titulaires.

Logique. Fort logique. Nicolas Delmotte et Alexis Deroubaix respectivement second dernièrement des Grand Prix de Dinard et de Dublin ont confirmé leurs bonnes performances de la saison et surtout la trajectoire ascendante qui est la leur avec, on l’espère, un pic de forme, en septembre à Tryon. Idem pour Alexandra Francart, véritable révélation de l’année en Coupe des Nations qui, outre la superbe esthétique de son équitation, forme un couple particulièrement fiable avec Volnay du Boisdeville malgré ses 9 ans.

Quant à Kevin Staut, pourrait-on imaginer une sélection sans ce coéquipier d’expérience, âme de l’équipe de France, capable de se transcender dans les grandes occasions ? Certes, il lui manque une monture qui sort du lot mais c’est un problème de riche au regard du piquet que lui met à sa disposition le Haras des Coudrettes. Le choix de Rêveur de Hurtebise est pourtant osé pour un cheval dont on a annoncé la retraite progressive… et qui paradoxalement depuis semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse !

Reste le 5èmehomme, le joker. Après Rio, c’est une nouvelle fois du côté de la famille Rozier que Philippe Guerdat est allé chercher la ressource. Ce ne sera pas Philippe mais donc son frère, Thierry. Une drôle d’histoire que cet homme-là. Compétiteur de haut niveau « sur le retour » grâce à Vénézia d’Ecaussines, il vit sa saison en pur hédoniste et pourrait avoir comme devise la célèbre formule latine « Carpe Diem ». A charge pour lui de faire partager sa bonne humeur et sa motivation à ses camarades.

Sur le papier, cette équipe est belle et solide. Reste à savoir si ce groupe va avoir du plaisir à être ensemble et si, il sera bien servi par les circonstances et la mystérieuse incertitude du sport. Bon vent à eux même si on n’oublie pas pour autant ceux qui restent à quai et qui n’ont pas démérité. Patience. Leur tour (re)viendra.

Alexis Deroubaix crée la surprise à Dublin

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Alexis Deroubaix et Timon d’Aure (archives)

Après la révolution sud-américaine de vendredi où le Mexique, contre toute attente, a remporté la Coupe des nations, l’autre (bonne) surprise du week-end est venue d’Alexis Deroubaix. Le Tricolore associé à Timon d’Aure s’est hissé sur la deuxième marche du podium du Grand Prix dominical, juste derrière le jeune Néerlandais Kevin Jochems (Captain Cooper) et devant l’expérimenté Lorenzo de Luca (Irenice Horta). Pénalisé de 4 points au barrage sur son fidèle Rêveur de Hurtebise, Kevin Staut prend la sixième place.

Plus qu’un simple CSIO, le Dublin Horse Show, c’est une institution. Une vieille dame de 144 ans qui ne s’en laisse pas compter et qui mélange allégrement modernité et bonnes manières. Comme le respect des règles sportives internationales qui font de l’anglais et du français les deux langues officielles des compétitions équestres. Entendre des annonces dans la langue de Molière en zone d’influence britannique est suffisamment rare pour être souligné.

L’anecdote aura sans doute échappé à Alexis Deroubaix trop concentré à bien faire. Le cavalier du Haras du Plessis chez André et Annick Chenu, a définitivement gagné ses galons en 5*. Impeccable en Coupe des Nations, le Nordiste de 31 ans continue son ascension. Courant juin on parlait de son « incroyable performance » dans le Grand Prix du CHIO de Rotterdam (6ème) alors là, avec une deuxième place à Dublin, c’est un peu l’histoire de la petite bête qui monte, qui monte.

Dans le vivier contrasté des cavaliers français, c’est une bonne nouvelle. Le sang neuf, enfin, fait parler de lui. Cela n’enlève rien au talent et au mérite des anciens à commencer par Kevin Staut dont la longévité au plus haut niveau est juste remarquable. Mais les plus belles forêts sont celles qui assurent la cohabitation des vieux chênes et des jeunes pousses. Poussés par Philippe Guerdat Alexis Deroubaix mais aussi Alexandra Paillot (5 points avec Tonio la Goutelle dans le GP) et Alexandra Francart (dans la Coupe des Nations) ont confirmé leur potentiel. C’est d’autant plus important que de nouvelles générations émergent dans les nations concurrentes. A commencer par ces redoutables Pays-Bas à l’image de Frank Schuttert (25 ans) et Kevin Jochems (23 ans) vainqueurs respectifs dans le même week-end à Valkenswaard et Dublin.

La suite désormais, ce sont les Jeux Équestres Mondiaux de Tryon. A charge d’ici là pour Philippe Guerdat de sortir sa liste de cavaliers sélectionnés avec comme toujours peu d’élus et beaucoup de déçus.

Le classement complet du GP, ici.

McLain Ward fait flotter la bannière étoilée à Dinard

Photographie Eric KNOLL. Jumping International de Dinard 2018. CSI 5*

McLain Ward en route vers la victoire sur Clinta. Crédit : Eric Knoll / Jumping de Dinard

Il s’est assurément passé quelque chose ce week-end au jumping de Dinard. Ce concours totalement atypique par sa piste, son ambiance, son public et sa parfaite organisation a franchi un nouveau seuil pour son édition 2018. En cumulant avec intelligence un CSI 3* (remporté par Julien Gonin / Well Done) et un 5* mais surtout, en s’attachant par sa coloration particulière (dans tous les sens du terme) l’affection des meilleurs pilotes mondiaux devenus fans des lieux. A commencer par McLain Ward, heureux vainqueur du Grand Prix 5 sur Clinta, extraordinaire jument grise. Henrik Von Eckermann contraint de se contenter de la deuxième place avec sa fidèle et régulière Mary Lou 194 ne devrait pas penser autrement. Pas plus que Nicolas Delmotte, vainqueur l’an dernier avec Ilex VP qui peut être (très) satisfait de sa troisième place.

Photographie Eric KNOLL. Jumping International de Dinard 2018. CSI 5*

Nicolas Delmotte et Ilex VP ont signé la meilleure performance française en prenant la troisième place. Crédit : Eric Knoll / Jumping de Dinard

A Dinard, on est certes loin de Paris mais surtout de ces maudits bacs à sable exigus qui fleurissent sur la planète pour offrir des images aseptisées car standardisées. Dinard c’est un concours à l’ancienne sur un terrain irrégulier, immense, à la forme incertaine. Et bien sûr, … en herbe. Du vrai jumping donc dans un écrin superbe, servi par une organisation du 21ème siècle grâce à la famille Mars. La Maison Rolex, horloger de prestige mais aussi grand argentier de la discipline, ne s’y est pas trompée en labellisant la manifestation. Plus qu’un simple sponsoring, la marque suisse distingue un événement équestre qui sort du lot de la petite centaine de CSI 5* organisés dans le monde. Ce qui est rassurant dans l’évolution de ce sport c’est que les (pétro)-dollars ne peuvent pas tout. Au-delà de la superbe victoire de MacLain Ward, Dinard a remporté la manche face à l’étape Londonienne du Global Champions Tour et son plateau rikiki. Tout espoir n’est donc pas perdu.

Le classement intégral, ici.

 

Marcus Ehning, nouveau dieu du stade à Aix-la-Chapelle

CHIO Aachen 2018

Marcus Ehning et Prêt à Tout à la remise des prix. Crédit Merrick Haydon (Revolution)

Plus qu’une simple enceinte sportive, Aix-la-Chapelle est le stade de l’olympe équestre. En repartir avec les lauriers de la victoire confère un statut de demi-dieu. Marcus Ehning pour beaucoup était déjà un demi-dieu. En remportant dimanche, pour la deuxième fois, le Grand Prix Rolex, l’Allemand, à 44 ans seulement mais déjà dix médaille d’or, confirme son rang d’extra-terrestre ou plutôt d’extra-équestre et devient un dieu à part entière !

Une première manche longue et délicate parsemée d’obstacles exagérément énormes suivie d’une deuxième à peine raccourcie et enfin un barrage avec 8 obstacles dont un oxer aux allures de montagne. Trois tours sans faute pour Marcus Ehning et son cheval français Prêt à Tout. Trois tours montés à la perfection avec un barrage parfait. De ceux qui font retenir leur souffle au 40 000 spectateurs et résonner un silence de cathédrale. Un dressage parfait, une monte légère et réfléchie Ehning figure parmi ces très rares cavaliers qui même dans un barrage donne le sentiment d’arrêter le temps.

Etonnant cavalier. Maladivement timide, incroyablement nerveux comme en témoignent les cigarettes vites fumées et les tics qui animent parfois son visage et pourtant, un sang-froid extraordinaire. Des mains larges de paysans et des traits rudes et malgré tout une remarquable finesse jusqu’au bout des doigts et dans sa relation avec sa monture. Oui, Marcus Ehning est un mystère et cela contribue un peu plus à sa légende.

L’homme est tellement (sur)doué qu’on pourrait penser que c’est une machine à gagner. Là encore, c’est contre-intuitif. Le Maître n’est pas du genre à dévisser une tête pour une plaque. Etrangement il n’est pas non plus des mieux équipés. Prêt à Tout ne figure pas parmi les chevaux star du circuit. Il fait son job, dans une confiance totale avec son cavalier. Même chose d’ailleurs pour Luciana Diniz et sa jument Fit For Fun. La Portugaise doit se contenter de la deuxième place. La troisième marche du podium revient à un autre couple fusionnel, le Brésilien Pedro Veniss et son étalon Quabri de l’Isle.  Trois pilotes d’exception qui viennent prouver que le jumping ce n’est pas de la Formule 1 où il faut avoir la plus grosse cylindrée même sur des parcours caricaturaux, à l’Allemande, dans leur construction. C’est avant tout le sentiment et la confiance qui comptent. Et c’est tout l’intérêt de ce sport.

Le classement complet, ici.

Alexis Deroubaix s’impose dans le Grand Prix 4* de la Corogne

CSI 4 Casas Novas 2018

Alexis Deroubaix et Timon d’Aure en route vers la victoire. Crédit Oxersport.

Alexis Deroubaix, figure montante de l’équitation Française, s’est imposé dans le Grand Prix du CSI 4* de la Corogne (Espagne). Le Nordiste installé désormais en Normandie remporte la victoire avec son cheval de tête Timon d’Aure, propriété d’André Chenu. Le cavalier Tricolore devance l’Espagnol Mikel Aizpurua Quiroga (Cartanya) et la Suédoise Hannah Akerblom (Chodec).

Le classement complet, ici.

CSI 4* La Corogne : Guillaume Foutrier remporte le Trophée Longines

CSI 4 Casas Novas 2018

Guillaume Foutrier et Tchin de la Tour à la remise des prix. Crédit : Oxersport.com

Journée faste pour les Tricolores à Casas Novas (Espagne). Le Trophée Longines (1,50m), dernière épreuve du samedi a été remporté par Guillaume Foutrier associé à Tchin de la Tour. Un Nordiste pouvant en cacher un autre, Alexis Deroubaix prend la deuxième place avec Timon d’Aure devant Eric van der Vleuten (Zigali PS). Alexandra Paillot et Lumina doivent se contenter de la 5ème place suivies de près par Julien Anquetin (Alonso N), 7ème.

Le classement intégral, ici.

 

 

Démonstration de Rêveur de Hurtebise à Aix-la-Chapelle

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Rêveur de Hurtebise et Kevin Staut, couple magique (archives).

Kevin Staut a raison. Rêveur de Hurtebise, son cheval de cœur, n’est vraiment pas un cheval comme les autres. Les bons soins et l’affection qui lui sont prodigués au Haras des Coudrettes n’y sont sans doute pas étrangers. Toujours est-il qu’à désormais 17 ans, ce fils de Kashmir Van’t Shuttershof a réalisé une véritable démonstration (vidéos) dans la grosse épreuve de la journée ( Prix de Rhénanie-du-Nord-Westphalie 1m55), ce vendredi, dans la mythique enceinte d’Aix-la-Chapelle. Double sans faute, il termine deuxième derrière Clinta, l’extraordinaire jument de McLain Ward. La prestation de Rêveur est d’autant plus remarquable qu’à aucun moment son cavalier n’a eu à le solliciter particulièrement ou à le porter comme on a pu le voir parfois par le passé. Bien au contraire, c’est un cheval volant, frais et avec de la marge, qui a bouclé ses deux tours avec une facilité déconcertante comme s’il prenait un véritable plaisir à enchaîner les obstacles sur cette grande piste en herbe. Superbe !

Le classement complet, ici

 

Les contours de l’équipe de France peinent à se dessiner

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Philippe Guerdat

Difficile métier que celui de sélectionneur national. Rien n’est jamais acquis et une échéance succède toujours à une autre. L’objectif Tryon est aujourd’hui dans toutes les têtes. La France en sera mais, avec quels couples et dans quelle configuration ? Ce n’est pas la Coupe des nations d’Aix-la-Chapelle qui aidera le sélectionneur à avoir les idées plus claires. L’équipe de France composée de Kevin Staut (Silver Deux de Virton*HDC), Nicolas Delmotte (Ilex VP), Olivier Robert (Eros) et Mathieu Billot (Quel Filou 13) termine la compétition à la 7èmeplace (sur 8) avec un total de 21 points de pénalités. Pas de catastrophes mais l’écart avec l’équipe d’Allemagne victorieuse (seulement 4 points de pénalités) est parlant.

Si Kevin Staut confirme son rôle de pilier de l’équipe (4/0), Olivier Robert jusque-là maillon fort réalisent une contre-performance (8/12) embarrassante. On ne le sait trop, dans le sport, il ne suffit pas de figurer parmi les meilleurs mais d’être capable de répondre présent dans les grandes échéances. Trop de pression (première participation à Aix-la-Chapelle pour le cavalier Aquitain), manque de préparation physique du cheval à la peine sur les fins de tour ou mélange des deux ? A moins qu’Eros ne connaisse une baisse de forme passagère, toujours est-il que le capital du cavalier de Pompignac s’est érodé en terres allemandes. On se gardera bien toutefois de jeter le bébé avec l’eau du bain sur une seule prestation décevante.

Interrogations également sur Nicolas Delmotte et Ilex VP qui n’ont pas réussi à démontrer leur capacité à être des machines à sans faute, indispensables pour remporter un titre collectif. Ilex est-il le bon choix ? Urano de Cartigny par son explosivité et sa tonicité semble plus lourdement armé mais entre ce que l’on voit à pied et le ressenti du cavalier, on fera confiance à ce dernier pour déterminer lequel constitue le meilleur choix.

Mathieu Billot de son côté semble avoir trouvé avec Quel filou 13 un partenaire qualiteux même si ce dernier manque d’expérience à ce niveau de compétition.

Philippe Guerdat l’a confié au site Grand-Prix-Replay, les derniers essais se dérouleront à l’occasion du CSIO de Dublin. Le sélectionneur national alignera une équipe alternative dont le seul point commun sera Kevin Staut mais associé à For Joy. Le reste de la sélection devrait être composé d’Alexandra Paillot (Tonio la Goutelle), Alexandra Francart (Volnay du Boisdeville), Alexis Deroubaix (Timon d’Aure), et Roger-Yves Bost si Sangria du Coty retrouve son meilleur état de forme. Autant dire que les jeux sont très ouverts dans la composition de la future délégation Française pour Tryon.

Le classement complet, ici.

Aix-la-Chapelle : Azur et McLain Ward font sensation

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HH Azur sous la selle de McLain Ward (archives)

Waouh. La prestation de McLain Ward et de HH Azur n’est pas passée inaperçue ce mercredi dans le prix Turkish Airlines, une épreuve à 1m55 qualificative pour le Grand Prix dominical. La jument, donnée comme l’une des meilleures au monde, a survolé l’épreuve avec une facilité déconcertante et trompeuse. Ils sont simplement 11 sur les 57 partants à sortir sans pénalités d’un parcours massif, délicat et long. Sans faute également au barrage, le couple doit se contenter de la deuxième place dans la même seconde qu’Henrick von Eckermann. Le Suédois remporte l’épreuve associé à Castello 194.

Le classement complet, ici.

Kent Farrington renonce aux Jeux Équestres Mondiaux de Tryon

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Gazelle et Kent Farrington

Sacré bonhomme que ce Kent Farrington. En février dernier l’Américain de 37 ans alors numéro 1 mondial se cassait la jambe. « Je reviendrai encore plus fort qu’avant » promettait le kid de Chicago, pouce levé sur son lit d’hôpital. Il a tenu parole. Trois mois après il était de retour sur les terrains de concours et dans les classements. Son talent et sa volonté en faisait un concurrent redouté, mieux un favori pour les Jeux Équestres Mondiaux qui se dérouleront en septembre, à la maison, aux États-Unis. C’était oublier que l’équitation est un sport de couple dans lequel les deux protagonistes doivent doivent être en forme au même moment. Or à Calgary (Canada) où il était en compétition, Kent Farrington a eu des déconvenues avec Gazelle sa jument de tête inscrite sur la liste des chevaux américains sélectionnés pour les JEM. Suffisamment pour qu’il se rabatte sur Jasper van ‘t Gestelhof comme cheval de tête. Conscient que Gazelle n’est pas à 100 % de ses moyens Kent Farrington a donc pris la décision de jeter l’éponge pour les JEM de Tryon. Un véritable coup de tonnerre. La délégation américaine conserve néanmoins ses chances avec des personnalités telles que Beezie Madden, McLain Ward ou Devin Ryan.

Sameh El Dahan, un Egyptien à Paris

The podium of the LGCT Grand Prix of Paris: 1st Sameh El Dahan (EGY), 2nd Bertram Allen (IRL) and 3rd Harrie Smolders (NED)

crédit : Stefano Grasso/LGCT

Pour ceux qui en doutaient encore, Paris est une ville cosmopolite et le Global Champions Tour un circuit ouvert aux riches cavaliers du monde entier. La victoire de l’Egyptien Sameh El Dahan (Suma’s Zorro) sur le Champs de Mars dans une épreuve des plus prestigieuses au monde, le Paris Eiffel, constitue une (bonne) surprise de taille. La mondialisation du jumping est une réalité, occultée par la domination européenne.

Même réduit à 35 participants, le Grand Prix de samedi soir, temps fort de quelques jours de très beau sport, offrait un plateau remarquable à l’image de l’organisation parfaite de cette édition 2018 du Paris Eiffel. On attendait Ben Maher. Très en forme, le Britannique a réalisé sous le ciel parisien son come-back sur le devant de la scène grâce à une monture à la hauteur de son talent. Le bien nommé Explosion W. On avait presque raison. Le sujet de sa gracieuse majesté a frisé l’exploit. Il se classe 4èmeà l’issue d’un double sans faute.

Sameh El Dahan on Suma's Zorro

Sameh El Dahan. Crédit : Stefano Grasso/LGCT

Un Français alors peut-être ?  C’est encore un peu tôt pour Pénélope Leprevost qui a signé sur Gain Line, ancienne monture de Simon Delestre, son grand retour en 5* après la fin de sa collaboration avec la famille Megret. 12 points. Pas une catastrophe mais, on ne revient pas comme ça dans le grand bain. La championne doit trouver ses marques. Déception également pour Kevin Staut et Lorenzo, contraints à l’abandon avec le sentiment étrange d’une certaine lassitude pour un formidable pilote qui a peut-être besoin d’une pause pour se régénérer. Simon Delestre et son formidable Ryan alors ? Une faute aura suffi à priver le couple de barrage. C’est finalement Philippe Rozier et Cristallo A qui auront sauvé l’honneur. Seuls représentants français au barrage leurs 12 points de pénalités les renvoient à la 11èmeplace du classement.

C’est de la jeunesse de Bertram Allen et de son inséparable Molly Malone que l’on pensait à tort un brin élimé qu’est venu le tempo. Jusqu’au dernier moment le jeune Irlandais pensait la victoire acquise mais la soif de victoire de Sameh El Dahan (33 ans) était plus forte. El Dahan premier, Allen deuxième, la troisième marche du podium est revenue à Harrie Smolders (Don VHP) qui confirme et conforte son statut de n°1mondial. « Avec mon chronomètre, c’était le classement le plus haut que je pouvais obtenir, donc je suis déjà très content» confiait à l’issue, le Néerlandais.

Le classement complet, ici.

Benoît Cernin remporte le Grand Prix 2* de Vichy

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Benoît Cernin à la remise des prix

Rude métier que celui de cavalier. Monter sous une température caniculaire n’a rien d’une sinécure. Les visages fatigués des cavaliers à la remise des prix témoignait de l’effort accompli pour glaner un accessit. Benoît Cernin est-il plus endurant que les autres ? Pas sûr mais le cavalier de Saône et Loire était l’un des rares à avoir conservé la veste tant sur le premier tour qu’au barrage. Et c’est lui qui s’impose au final sur Unamour du Suyer à l’issue d’un barrage à 15 où tout restait à faire. Olivier Perreau signe une belle deuxième place associé à avec Venizia d’Aiguilly (Diamant de Semilly) alors qu’Alexandre Fontanelle doit se contenter de la troisième place avec Prime Time des Vagues (Diners Time).

Les organisateurs de la SHF pouvaient souffler dimanche soir. La renaissance du concours de Vichy, le plus ancien de France (122ème édition !) est bien engagé. Adieu l’herbe, bonjour le sable. La révolution culturelle était osée, elle est réussie. La nouvelle piste s’est juste avérée parfaite, propice à un spectacle de grande qualité tout au long des trois jours. Le sens de la décoration des organisateurs à fait le reste. Vichy n’a rien perdu de son cachet avec un sol parfait mis en valeur par un écrin de verdure et les fameuses tribunes Eiffel. Par précaution, la SHF avait dégradé son concours en se contentant d’une labellisation à 2*. La réussite de l’édition 2018 devrait en toute logique relancer un jumping jusqu’alors vieillissant et retrouver son attractivité notamment auprès des meilleurs mondiaux.

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Unamour du Suyer sous la selle de Benoît Cernin

Il y avait néanmoins de belles gâchettes cette année à Vichy. Jean-François Gourdin, le chef de piste, avait semble-t-il mésestimé la qualité du plateau présent. 15 barragistes sous les conditions météo précédemment évoquées, c’est beaucoup, surtout pour les chevaux. L’homme de l’art peut néanmoins se satisfaire de n’avoir mis aucun cheval dans le rouge ni engendré aucune casse. Et finalement la hiérarchie a été respectée puisque c’est le cavalier le plus en vue et à la trajectoire ascendante qui s’est imposé.

Fidèle du CSI de Vichy, le « petit Benoît » (29 ans quand même) a accompli un sacré chemin ces dernières années, avec notamment une montée en puissance remarquée en 2017, on parle de révélation, qui s’est traduite par une accession en CSIO. Le cavalier de Genelard (Saône et Loire) a de toute évidence trouvé une méthode de travail et une organisation qui portent leurs fruits. Avec Nicolas Delmotte qui le conseille pour le CSO et Alizée, son épouse, cavalière de dressage de haut niveau qui lui apporte de la stabilité et de précieux conseils. Un beau vainqueur somme toute qu’on aura plaisir à suivre les prochains mois et les prochaines années.

Le classement complet, ici.

Accidenté à Hickstead, Navalo de Poheton a été euthanasié

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Navalo de Poheton sous la selle d’Andy Kocher

Navalo de Poheton, ne goûtera pas la retraite bien méritée qui devait être la sienne dès cet été. C’est une bien triste fin pour ce cheval attachant, monture de tête du cavalier américain, Andrew Kocher. Ce petit gris de 17 ans particulièrement généreux s’est brisé une jambe lors du Derby d’Hickstead. La gravité de la blessure a conduit les vétérinaires à procéder à une euthanasie. Selle Français, comme l’indique les deux lettres figurant sur sa cuisse, Navalo de Poheton était passé sur la tard sous la selle d’Andrew Kocher, en avril 2017. En juillet 2017, le nouveau couple créait la sensation en remportant le CSI 3* de Tryon (USA). Quelques mois plus tard, en octobre, l’américain remportait avec ce fils de Cumano l’étape Californienne du circuit Coupe du monde Longines (Del Mar). Le public européen avait pu découvrir ce couple lors des finales Coupe du Monde de Bercy courant avril.

A l’origine acheté pour être revendu à un cavalier amateur, Andrew Kocher s’était rendu compte que le cheval qui sortait d’une blessure non seulement n’était pas blasé par les grosses épreuves mais qu’il était encore particulièrement motivé et performant comme la suite devait le démontrer.

Rotterdam : suprématie Belge et inconstance Française

Longines FEI Nations Cup Jumpingª Rotterdam

Un sentiment de déjà vu avec l’équipe Belge sur le podium à Rotterdam : Nicola Philippaerts, Nierls Bruynseels, Pieter Devos, Jos Verlooy, Peter Weinberg Photo FEI/Arnd Bronkhorst

Ils sont forts ces Belges. Très forts. Les Diables Rouges ont survolés le CSIO De Rotterdam pour s’adjuger la Coupe des nations, une semaine seulement après avoir remporté celle de Sopot. Chapeau bas d’autant que la composition des équipes était des plus relevée, offrant le visage d’une finale avant l’heure. L’autre fait marquant de ce dimanche, c’est la renaissance, tel le phénix, de l’équipe Allemande incarnée par la jeunesse de Laura Klaphake et la qualité de sa jument si bien nommée, Catch me if you can. Et la France dans tout ça ? Si on devait parler de météo, ce serait un temps de mars marqué par l’alternance de giboulées et de rayons de soleil.

Longines FEI Nations Cup Jumpingª Rotterdam

Nicola Philippaerts auteur d’un double sans faute sur Chili Willi. Photo FEI/Arnd Bronkhorst

On pourra dans le cas tricolore voir la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide. Sixième ex-aequo avec la Grande Bretagne, il n’y a pas de quoi pavoiser. Sophie Dubourg, la DTN, s’avance à parler d’un bilan « plutôt positif ». Certes, Alexis Deroubaix (Timon d’Aure) et Alexandra Francart (Volnay du Boisdeville) ont confirmé leur place sous la veste bleue en signant malgré leur peu d’expérience à ce niveau un sans faute en deuxième manche après respectivement une et deux fautes sur le premier tour. Réserviste initial repêché par le forfait de Bosty, Thierry Rozier a touché les limites de son ascension rapide en 5* avec Venezia d’Ecaussines. Avec un deuxième tour dégradé (12 points) par rapport au premier (4 points) le représentant du clan Rozier, sans démériter, laisse le sentiment d’un couple pour l’instant insuffisamment aguerri. Reste le cas Kevin Staut. Le chef de file français incarne bien à lui tout seule la force et la faiblesse du camp Français. Capable du pire dans la première manche (20 points) et du meilleur dans la seconde (sans faute). Kevin Staut explique que la mauvaise prestation initiale de For Joy est liée à un essai technique (un anti passe-langue). Dont acte.

Il reste qu’à ce niveau de compétition il n’y a pas de joker. Face à une concurrence féroce, la moindre faute est déterminante et obère les chances de podium. L’optimisme français est donc à tempérer. Dans cette compétition particulière que sont les Coupes des nations, on sait que la clé du succès ne peut reposer sur la signature de performance isolée mais sur la répétition quasi mécanique de sans-faute. Mais ça, nos athlètes le savent bien.

Le classement complet, ici.

Surprise Deroubaix à Rotterdam

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Archives : Alexis Deroubaix / Timon d’Aure (Mylord Carthago)

Ça, c’est l’équitation comme on l’aime. Pas celle des scenarii écrits par avance où les plus expérimentés quand ce ne sont pas ceux qui ont la plus grosse « mobylette » sont quasi obligatoirement les mieux classés. Les outsiders font le sel d’un sport qui ne répond pas toujours à la logique du chéquier. Merci cheval. Dans cette logique, la 6èmeplace surprise d’Alexis Deroubaix (Timon d’Aure) dans le réputé Grand Prix du CSIO de Rotterdam sonne comme une bonne nouvelle.

Car peu importe finalement ce nouveau calendrier des CSIO qui en reléguant les Grand Prix au vendredi les confine à la confidentialité. Le jumping a hélas tendance à se contenter d’un public parsemé et de tribunes à moitié vides. Ce qui compte en effet, c’est la performance réalisée par un nouveau couple hexagonal qui pour sa 4èmeparticipation à un 5* décroche une belle 6èmeplace.

Originaire du Nord mais installé désormais en Normandie au Haras du Plessis, chez André et Annick Chenu, après avoir pas mal bourlingué dans la douce France, Alexis Deroubaix a la trentaine posée. Un sympathique côté force tranquille avec cette capacité rare de laisser du temps au temps, de laisser mûrir les choses et les chevaux. Mais ce n’est pas parce qu’il ne donne pas l’impression d’être pressé qu’Alexis Deroubaix n’est pas un garçon déterminé à accéder au plus haut niveau. Avec Timon d’Aure, son cheval de tête, il peut compter sur un partenaire fiable et imperturbable capable de passer sans broncher des 2* aux 5*. La recette semble fonctionner. Philippe Guerdat a souhaité donner sa chance à ce couple. La Coupe des Nations de dimanche devra permettre de confirmer la pertinence de ce choix.

Le classement du GP, ici.

Simon Delestre sur la troisième marche à Cannes

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Simon Delestre et Hermès Ryan voient une nouvelle fois le GP de Cannes leur échapper pour une poignée de centièmes. Copyright : Sportfot

Sur la côte d’Azur, on n’est pas du genre couche-tôt. L’étape Cannoise du Global Champions Tour s’est pliée aux us et coutumes locales en programmant son moment phare, le Grand Prix, à un horaire inhabituel : 21h45. Pas de quoi pourtant troubler les 33 partants de l’épreuve qui ont dû mettre tout leur talent à profit pour tenter de sortir sans trop d’encombres du parcours difficile et délicat dessiné une nouvelle fois de main de maître par Uliano Vezziani.

Restait pour les 7 heureux sans faute à récidiver dans le barrage avec le meilleur temps possible. A ce jeu-là, Peder Fredricson a été magistral. En selle sur Hansson XL, le Suédois s’est offert le luxe de coiffer sur le poteau d’arrivée dans une sérénité olympienne, l’actuel numéro 1 mondial Harrie Smolders associé à son facétieux Emerald (X Diamant de Sémilly). A domicile, la France sauve l’honneur. Simon Delestre avait sorti sa meilleure cartouche mais Hermès Ryan malgré sa rapidité au sol et son grand cœur s’est trouvé impuissant face à ses concurrents. Le Tricolore le confiera a posteriori : « Je suis allé aussi vite que j’ai pu avec Ryan, mais à la fin ils étaient plus rapides que moi et je ne pouvais pas faire grand-chose de plus. »

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Le stade des Hespèrides a offert un bel écrin à l’étape Cannoise du LGCT. Copyright : Sportfot

La petite histoire ne dit pas si le champagne servi dans les loges était bon mais les organisateurs peuvent être satisfaits de cette édition 2018 dans un stade des Hespérides rénové propice au beau sport en raison d’une grande piste qui tranche avec les « bacs à sable » de plus en plus habituels au plus haut-niveau.

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Peder Fredricson et Hansson. Copyright : Sportfot

Satisfaction également du côté de Peder Fredricson qui peut se féliciter de l’évolution de Hansson son nouveau crack qui vient désormais épauler All In son cheval de tête dont la convalescence s’achève. Le champion d’Europe affichait donc un large sourire avec une victoire signée devant sa famille venue apprécier les charmes de la Rivieira. « J’ai eu des sensations fantastiques, j’ai pris un vrai plaisir à disputer cette épreuve ! La piste est grande, le tour était très intéressant et nous étions un nombre parfait au barrage. Nous avions tous des chevaux rapides, j’ai peut-être pris un peu plus de risques ? Je suis ravi, c’est une belle victoire et je pense déjà à la grande finale de Prague que j’espère disputer avec Hansson » a confié le vice-champion olympique de Rio de 46 ans.

Le classement complet ici.

 

A Saint-Gall, l’équipe de France relève la tête

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© katiastuppia.ch/csio.ch

Cette équipe de France est vraiment incroyable. Capable du meilleur et du pire et surtout de rebondir après sa contre-performance à La Baule. C’est ce qu’elle a fait à la perfection dans un scenario de rêve (six sans faute sur six !) à l’occasion de la Coupe des nations de Saint-Gall (Suisse). L’événement doit être salué et apprécié à l’aune de l’énorme prise de risque du sélectionneur national qui avait choisi de tester un quatuor expérimental qui laissait au vestiaire les vedettes de la discipline (Patrice Delaveau, Simon Delestre…).

C’est à croire que Philippe Guerdat depuis qu’il est en charge des Bleus a pleinement saisi la mentalité pour ne pas dire l’esprit particulier qui anime les Français. Un étrange mélange de culot et panache qui permet de se sortir de situations inconfortables passé dans le langage commun à travers quelques citations. Comme « impossible n’est pas Français » (Napoléon) ou encore, cette audacieuse manœuvre du général Joffre lors de la bataille de la Marne : « Ma droite est enfoncée, ma gauche cède, tout va bien ; j’attaque !« 

L’offensive à outrance, c’est bien la stratégie (payante) retenue par le sélectionneur national qui s’est appuyé sur une équipe rénovée et ultra-motivée composée de Mathieu Billot/Shiva d’Amaury, Alexandra Francart/Volnay du Boisdeville et Nicolas Delmotte/Ilex VP et enfin, Olivier Robert heureux quatrième qui n’aura même pas eu besoin de seller Eros, pour s’adjuger la victoire.

Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. On retiendra de la prestation non pas des montures qualitativement supérieures aux autres mais surtout la très grande motivation de Mathieu Billot, la belle monte (si classique et française) d’Alexandra Francart ou encore, le sang froid et la maîtrise technique de Nicolas Delmotte.

Voilà donc l’équipe de France relancée et les combinaisons possibles en vue des Jeux Equestres Mondiaux de Tryon (USA) en septembre multipliées.  C’est ce qui fait le sel de la compétition, la fameuse glorieuse incertitude du sport.

Le classement complet, ici.

 

Saint-Tropez face à Saint-Gall : l’équitation de tous les contrastes

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A Saint-Gall, la victoire du GP est revenue à Luciana Diniz. © katiastuppia.ch/csio.ch

Serait-ce une énième version de l’intarissable affrontement entre anciens et modernes ? Toujours est-il que ce week-end à cheval entre les mois de mai et de juin offre une vision très contrastée du jumping international en 2018. D’un côté, la version très classique du CSIO de Saint Gall en Suisse. Un côté presque champêtre avec une piste en herbe, un public bon enfant à même le sol venu toucher du regard et quasiment du doigt le gotha du cso mondial. Rien d’ostentatoire. Tout l’inverse de Saint Tropez. Le concours organisé depuis quelques années par la milliardaire Athina Onassis est labellisé cette année « Global Champions Tour ». Le bling bling à son paroxisme avec un argent roi qui s’étale de partout. Du balai des hélicoptères aux yachts ancrés dans la baie en passant par des dimensions contraintes qui font la part belle aux espaces réservés à des invités triés sur le chéquier.

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Jan Tops aux côtés de Ben Maher, vainqueur du GP de saint-Tropez. Crédit Stefano Grasso/LGCT

Et pourtant dans les deux cas, du sport et du beau sport même si les dimensions de bac à sable de la piste Tropézienne laissent perplexe sur une approche du sport qui se coupe progressivement des grandes pistes extérieures en herbe de plus en plus réservés à une poignée de concours mythiques vestiges de l’équitation à grand papa.

Restent les champions consacrés ce week-end dans les Grands Prix. Du côté de la plage de Pampelonne, Ben Maher s’est révélé le meilleur associé à Winning Good, un neuf ans fils de Winningmood, ce jeune retraité qui s’est notamment illustré sous la selle de Luciana Diniz. La Portugaise justement n’était pas en reste puisque c’est elle qui a remporté avec sa fidèle Fit For Fun le Grand Prix du CSIO de Saint-Gall qui s’est disputé vendredi soir en raison de la Coupe des Nations programmée dimanche.

Deux cracks cavaliers certes, mais deux personnalités très différentes à l’image des circuits sur lesquels ils étaient engagés. D’un côté Ben Maher, le champion olympique par équipe (Londres 2012) à l’image écornée par un lourd différend judiciaire avec ses anciens propriétaires Michael et Emma Phillips pour des commissions occultes dans la vente de chevaux. De l’autre, la très attachante et populaire Luciana Diniz, incarnation de la centaure moderne, fusionnelle dans ses relations avec ses montures. Alors certes, il ne faut pas tomber dans un manichéisme facile mais l’on sait que l’excès d’argent en jeu a tendance à faire prospérer les dérives au détriment de l’éthique sportive. On attend toujours à cet égard les explications de Carlos Enrique Lopez Lizarazo (et les conclusions de la FEI) sur son étonnante prestation avec Admara à Bercy dans le cadre des finales Coupe du Monde. On les attendra sans doute longtemps. Le Colombien deuxième du GP de Saint-Tropez s’est bien gardé de tout regret sur le sujet.

Le classement du GP de Saint-Gall, ici.

Le classement du GP de Saint-Tropez, ici

La Baule à l’heure Sud-Américaine

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Crédit : PSV – Jean Morel

ttps://www.facebook.com/JumpingLaBaule/videos/1675079052539480/

Pour une fois, la consonance des prénoms des vainqueurs échappe aux habituelles sonorités germaniques, anglo-saxonnes ou françaises. Pedro, Yuri ou Felipe… il faudra peut-être s’y habituer mais le Brésil a fait souffler, c’est paradoxal, un vent de fraîcheur sur la Coupe des nations de La Baule. Au détriment d’une équipe de France dont l’accumulation des petites fautes a conduit à une grande déception (7ème sur 8). De quoi laisser groggy le pourtant solide Philippe Guerdat contraint de reconnaître à l’issue de la compétition l’acharnement du mauvais sort et éventuellement une erreur stratégique : avoir fait l’impasse sur l’étape de Samorin.

Honneur aux vainqueurs et au Brésil. Les cavaliers à la veste verte ont parfaitement saisi l’esprit et la clé d’un succès en Coupe des nations. Pour monter sur la première marche du podium, il faut impérativement un groupe soudé, une équipe unie et déterminée, plus que les autres, à l’emporter. Loin d’être une addition d’individualités, les Brésiliens ont joué collectif et ils ont gagné.

Le dénouement de la pièce de théâtre écrite de main de main de maître par Frédéric Cottier était loin d’être évident. Un scénario parfait, haletant, où il aura fallu attendre le passage du dernier cavalier pour connaître le nom de l’équipe victorieuse. Le succès appelant le succès, il faudra garder à l’œil cette équipe Brésilienne, remaniée en profondeur depuis Rio, pour les prochaines Coupes des Nations mais surtout, dans la perspective des Jeux Equestres Mondiaux de Tryon même si la route reste encore longue d’ici septembre.

« C’est difficile d’analyser à chaud » confiait à l’inverse le sélectionneur national des Bleus au micro de GrandPrix-Replay. Tout reste en effet à construire dans le camp français où l’équipe « new look » testée par Philippe Guerdat a laissé un peu sur sa faim, alternant le bien et le moins bien. Une chose est sûre, les lignes bougent vite. Victorieux à domicile l’an passé, les Tricolores sont passés à côté de l’édition 2018. Plus que dans tout autre sport, avec le jumping, rien n’est jamais acquis. Les succès d’hier ne sont pas les gages des victoires du lendemain. Tel Sisyphe, Philippe Guerdat privés des piliers de l’équipe de France médaillée d’or à Rio doit remettre l’ouvrage sur le métier.

Le classement, ici.

La Baule, les pins et Patrice Delaveau

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Patrice Delaveau et Aquila HDC (archives)

Et de trois. Patrice Delaveau a fait du mythique stade François André de La Baule son jardin. Le cavalier du team HDC a ajouté vendredi une nouvelle ligne à son palmarès déjà bien fourni en remportant pour la troisième fois (après 1990 et 2013), le Grand Prix Longines de la Ville de La Baule. Si on y ajoute ses trois victoires dans l’autre épreuve phare du CSIO de France, le derby, on peut sans trop s’avancer en conclure que l’air de la station balnéaire de Loire-Atlantique lui réussit plutôt bien.

Précision et efficacité sur le premier tour, détermination et intelligence sur le barrage, cette édition 2018 du Grand Prix de La Baule confirme à la fois la forme de Patrice Delaveau et de son unique cartouche pour les rendez-vous majeurs, Aquila HDC. Car derrière cette victoire qui fait du bien au moral, c’est bien un autre enjeu qui se dessine. Celui des Jeux Equestres Mondiaux de Tyron (USA) qui se dérouleront en septembre. Sans parler de revanche, Patrice Delaveau est bien décidé à 53 ans à couronner sa très belle carrière marquée de nombreux succès internationaux par un titre prestigieux. Lui, la cavalier doué et besogneux a vu il y a 4 ans déjà lui passer sous le nez la victoire à Caen lors des Jeux Equestres Mondiaux. Vice-champion du Monde est un beau titre trompeur. Chez les vrais cavaliers, compétiteurs dans l’âme, une seule place compte, la plus haute. Patrice Delaveau c’est aussi le bon camarade, le pilier de l’équipe de France et qui pourtant a dû se résoudre à regarder les Jeux Olympiques de Rio depuis son poste de télévision. Heureux sans doute pour ses amis et coéquipiers habituels mais aussi le grand absent malgré lui de la photo représentant l’équipe de France, la médaille d’or autour du cou.

La roue de la fortune serait-elle en train de tourner, l’heure de Patrice Delaveau en train d’arriver ? Le Normand veut y croire. En grand champion, il prépare l’échéance et se focalise entièrement dessus. C’est de lui-même que le vainqueur du Grand Prix a précisé les choses lors de la conférence de presse en précisant que, « Pour la suite il y a des grandes échéances, le but est d’amener Aquila HDC au mieux de sa forme. Le programme du cheval est prêt jusque Tryon, il faut maintenant le garder en forme jusque-là. »

Prêt, c’est certain. « Depuis le début de saison, en concours 5*, Aquila n’a jamais commis de faute lors des premiers tours. Le cheval est tout le temps présent » relève avec un brin de fierté son cavalier. Reste une équation difficile à résoudre. Comment aborder Tryon avec un Aquila à la fois frais physiquement mais aussi, bien préparé sans jamais l’émousser et surtout sans le blesser ? Tout un dilemme qui doit également intégrer des contraintes financières, via des participations au Global Champions Tour, ou de drapeau à travers les  Coupes des Nations. Dans ce cadre, Patrice Delaveau effectuera ce dimanche à La Baule son grand retour dans l’équipe nationale après deux longues années d’absence. Une forme de renaissance en quelque sorte. On veut y croire.

Le classement du Grand Prix, ici.

Steve Guerdat, Bianca et la reine mère

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Crédit photo : Merrick Haydon / Revolution

Certes, certes, l’histoire sportive retiendra de la 75ème édition du prestigieux CHI 5* de Windsor la victoire de Steve Guerdat et de Bianca devant Laura Kraut et Emanuele Gaudiano. Le couple le mérite bien. Le cavalier est aussi talentueux que la jument, particulièrement qualiteuse, est délicate. Restait à savoir à quel moment le génie des deux protagonistes entrerait en osmose pour réaliser LA performance.

C’est désormais chose faite. Reste le côté anecdotique d’un concours pas vraiment comme les autres. Parce que même si les côtes anglaises ne sont pas si éloignées de leurs homologues françaises, il y a bien un gouffre entre la perfide Albion et le vieux continent. Deux mondes qui parfois se rencontrent. A l’image de Steve Guerdat pourtant habitué des remises des prix sur les cinq continents aussi à l’aise aux côtés de la reine Elisabeth II qu’un Albatros contraint d’apponter pour venir chercher sa pitance sur le pont d’un chalutier.

La vieille dame (92 ans) est délicieuse avec sa tenue aux couleurs kitsch et son chapeau légendaire mais on ne s’adresse pas à la reine d’Angleterre comme au simple représentant d’une marque horlogère, fût-elle prestigieuse et Suisse. On notera donc la distance respectable entre la souveraine et le récipiendaire, protocole oblige mais aussi une retenue certaine du Jurassien. Pas question de procéder à un arrosage général au champagne. Vulgaire et trop Français. Les deux personnages sont pourtant l’un et l’autre des cavaliers dans l’âme. God save the Queen. Et Steve Guerdat aussi !

Le classement intégral du Grand Prix, ici.

Défait à Paris, McLain Ward prend sa revanche à New York

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McLain Ward

Ward. McLain Ward. Le patronyme claque comme une bulle de chewing-gum qui vous explose au visage. Américain jusqu’au bout des ongles, ce fils de l’Oncle Sam de 42 ans qui réside à Brewster dans l’Etat de New York constitue avec Beezie Madden les deux piliers de l’équipe nationale. Leur longévité et leur expérience en font des valeurs sûres. Suffisamment pour en faire des prétendants sérieux pour la finale Coupe du Monde de Bercy. Dans ce balai de deux, c’est la dame qui s’est imposée à Paris. Moins chanceux, son compatriote a dû se contenter de la 4èmeplace. La contre-performance est toute relative mais chez les vrais compétiteurs, une seule place compte, la première. C’est ainsi, la victoire est aux cavaliers ce que le goût du sang est au prédateur. Et ce goût-là ne quitte pas McLain Ward encore habité par sa victoire dans l’édition 2017 des finales Coupe du Monde à Omaha (USA) avec une jument considérée, à juste titre, comme l’une des meilleures du monde : HH Azur.

L’étape des Longines Masters à Big Apple constituait donc une sorte de revanche pour McLain amené à défendre ses couleurs dans son quasi jardin puisque le concours s’est déroulé à une petite heure de ses écuries. Certes seuls 30 couples étaient engagés dans le Grand Prix mais le prestige de la compétition et son alléchante dotation ont permis d’avoir un plateau relevé. Avec quatorze qualifiés pour le barrage, tout restait à faire.

La vraie surprise est venue de MacLain Ward et de Clinta, une jument de 11 ans sous sa selle depuis un mois. Pour son premier Grand Prix 1,60m cette fille de Clinton a fait une véritable démonstration de force, de respect et de style, le tout sous des apparences trompeuses de facilité, car plus le cheval est sensible et respectueux et plus la précision dans la monte doit être grande.

« Je l’avais repérée à Aix-la-Chapelle l’an dernier, elle était montée par Philip Rüping. Je la voulais tellement, mais j’ai mis sept mois pour la négocier et j’ai pu enfin l’acheter en début d’année grâce à un groupe d’amis. Elle a 11 ans, je la connais peu, mais c’est une jument en qui j’ai pourtant confiance, elle est très rapide et surtout très respectueuse » a indiqué McLain Ward à l’issue de la compétition. Voilà le New-Yorkais sacrément équipé. Son appétit de victoires en sort renforcé.

Le classement du GP, ici.

Inquiétudes autour de l’épidémie de rhinopneumonie

logo-respe-ok_largeL.jpgLa France équestre a peur. L’épidémie de rhinopneumonie qui touche notamment l’ouest de la France inquiète bien au-delà de son périmètre. Et ce ne sont pas les dernières annulations de compétitions ce week-end, dont le Boulerie Jump, qui vont apaiser les esprits et ce, alors même que la FFE a adopté une stratégie de communication minimaliste sur le sujet bien qu’un centre équestre situé au Mans ait été placé en quarantaine à l’issue de du décès de deux chevaux touchés par la forme neurologique du virus.

La vigilance est donc de mise d’autant que d’autres virus sont également en circulation à cette période de l’année.

S’il se raconte parfois un peu n’importe quoi en revanche, le caractère hautement contagieux du virus est bien une réalité. C’est bien d’ailleurs ce qui amène des organisateurs de compétitions à annuler des rassemblements puisque le règlement général des compétitions précise ce qui tombe sous le sens. A savoir que le rôle de l’organisateur du concours est notamment d’assurer « sécurité et bien-être des concurrents et des poneys / chevaux ». Réglementairement toutefois, l’annulation des compétitions est laissée à la totale discrétion des organisateurs.

Autre point problématique, le délai de latence entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes, qui est évaluée entre cinq et dix jours. En conclusion, une attitude raisonnable devrait conduire les cavaliers à maintenir leurs chevaux tranquillement à la maison et à éviter les déplacements et les contacts avec d’autres chevaux.

Ces mesures de prudence ne concernent toutefois actuellement qu’un certain nombre de départements, tels que ceux qui apparaissent en rouge ou en orange sur la carte du RESPE, le réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine. Si votre cheval est abattu, présente de la fièvre (>=39°C), une gêne respiratoire, une démarche anormale ou de l’incontinence, il convient de l’isoler et contacter votre vétérinaire. Attention il peut aussi y avoir des symptômes atypiques.

Pour plus d’informations sur la rhinopneumonie, les Haras Nationaux ont élaboré une fiche complète, consultable ici. La vaccination est à ce jour le seul moyen de lutte efficace.

Guêtres postérieures : Luciana Diniz relance le débat

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Luciana Diniz

Décidément, « l’affaire Admara » n’en finit pas de faire couler beaucoup d’encre et de susciter de multiples réactions. La très posée Luciana Diniz, que l’on classera plutôt dans le camp des cavaliers adeptes de la méthode douce et de la recherche de connexion avec leur monture, vient de remettre une pièce dans le juke-box. Et c’est une nouvelle fois par les réseaux sociaux que ça se passe. La Brésilienne naturalisée Portugaise a choisi Instagram pour poster lundi la vidéo d’une victoire à Eschweiler (Allemagne) avec Camargo 2, le fils de sa championne Fit For Fun, assortie du commentaire qui va bien. « Même sans « les fameuses guêtres postérieures », il est possible de gagner ! Maintenant plus que jamais, la FEI devrait réagir et pas seulement après les Jeux Olympiques » souligne l’amazone préférée d’Edouard de Rothschild. Avec déjà plus de 25 000 vues, le message n’est pas passé inaperçu.

Alors que les arrière-boutiques de cavaliers, mais aussi et c’est plus surprenant de journalistes hippiques, bruissent de courses à la signature pour faire pression sur la FEI, tout ce petit monde ne serait-il pas en train de se défausser sans le savoir d’une partie de ses responsabilités personnelles ?

Et si, comme on pouvait le lire sur le fil des commentaires de la page Facebook des « Indignés de la politique fédérale de la FFE » chers à Hervé Godignon, les cavaliers pour une fois prenaient les devants et s’engageaient à travers une charte ratifiée nominativement à ne pas utiliser ces fameuses guêtres ? Ceux qui continueraient seraient vite placés sous le regard réprobateur des spectateurs et autres compétiteurs et l’on assisterait (peut-être) à une forme d’autorégulation.

Voilà en tout cas un sujet qui pourrait être mis à l’ordre du jour des discussions de l’association internationale des cavaliers de saut d’obstacles (IJRC) présidée depuis le 10 décembre 2017 par Kevin Staut.

Zinius, numéro 1 au classement mondial WBSFH

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Zinius sous la selle de Harrie Smolders

Zinius, l’un des chevaux de tête du cavalier néerlandais Harrie Smolders a terminé le premier trimestre 2018 au premier rang du classement provisoire de la Fédération mondiale des stud-books de chevaux de sport (WBSFH). Ce fils de 14 ans de Nababab de Rêve issu du stud-book KWPN devance Cornado NRW (Westphalien) deuxième et Chaccano (Oldenbourg), troisième. Silver Deux de Virton HDC, huitième, est le meilleur ambassadeur de l’élevage français (SF).

Tout le classement, ici.

Beezie Madden, reine d’un jour, reine toujours

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Beezie Madden et Breitling LS

Il est 17h44 dans l’enceinte de l’AccordHotels Arena quand retentit l’hymne américain. L’important contingent venu d’outre-Atlantique (11 qualifiés) a fait fort. Trois de ses cavaliers sont dans le quatuor final. Si McLain Ward (Azur HH) reste au pied du podium, Devin Ryan (Eddie Blue) et Beezie Madden (Breitling LS) montent respectivement sur la deuxième et la première marche. Henrick von Eckerman et son inséparable Mary Lou sauvent l’honneur du vieux continent mais doivent se contenter de la 3ème place. Tout un symbole. Quant aux Français, c’est un rendez-vous raté. Faute peut être d’en avoir fait un objectif premier. Bosty cependant n’a pas à rougir. Il finit 13ème avec une jument, Sangria du Coty,  un peu émoussée (voir son analyse ici).

Du côté des représentants de la bannière étoilée, on ne cache pas sa satisfaction. Ce succès tombe bien pour un pays qui accueillera en septembre prochain les Jeux Equestres Mondiaux à Tryon en Caroline du Nord. L’organisation est prête et de toute évidence les compétiteurs aussi.  « C’est une semaine exceptionnelle pour les Américains, puisque nous sommes trois dans le top quatre de cette finale. Devin a un cheval encore jeune et McLain est à nouveau au top » déclare Beezie Madden en prenant soin de placer le collectif au-dessus de son succès personnel.

« Je suis très heureuse d’avoir remporté ce championnat, un deuxième titre c’est plutôt exceptionnel » poursuit l’icône du saut d’obstacles américain peu encline à parler d’elle même, préférant évoquer les autres. Son équipe, son mari, sa propriétaire (Abigail Wexner) et bien sûr, son cheval. « Aujourd’hui, Breitling participait à son premier championnat, et je dois dire que je ne m’attendais pas à gagner. Il a toutefois prouvé qu’il était parfaitement au niveau et qu’il est capable de briller en championnat. Cela a pris du temps de remplacer Simon et Cortes, mais c’est finalement arrivé plus tôt que prévu. »

Satisfaction également mais beaucoup de fierté pour Devin Ryan. « Être deuxième derrière Beezie, c’est déjà une très belle place. Je courrais ici mon premier championnat, et c’est une fierté immense d’avoir hissé haut le drapeau américain avec Beezie« . Eddie Blue, son partenaire de seulement 9 ans a fait sensation par son incroyable respect de la barre. Un tel niveau de qualité devrait permettre à son cavalier de poser quelque temps ses valises au plus haut-niveau.

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Du côté en revanche d’Henrik Eckermann, la déception est visible.  »J’aurais préféré signer un double sans-faute aujourd’hui ! Evidemment. Sans cette faute, j’aurais été au barrage contre Beezie. Mais avec des si… « Le Suédois, en vrai compétiteur, n’a pas de mal à reconnaître la suprématie de la cavalière américaine. « Beezie a été fantastique durant toute la semaine » souligne-t-il.

Le constat est largement partagé. A Bercy cette semaine, l’Américaine était vraiment trop forte.

Le classement complet de l’épreuve, ici.

 

Un Grand Prix 5* en consolation pour Daniel Deusser

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Daniel Deusser / Cornet 39

Kevin Staut l’avait rappelé la veille. Le jumping est une discipline aux allures de yoyo dans laquelle il faut savoir apprécier les succès et relativiser les contre-performances. Daniel Deusser en a été une nouvelle illustration samedi soir. En haut de l’affiche jeudi soir (2ème), aux oubliettes le lendemain (éliminé de la finale), l’Allemand a pris sa revanche en remportant le Grand Prix 5* qui se courait samedi soir en parallèle des finales Coupe du Monde, avec une alléchante dotation de 100 000 €.

En selle sur Cornet 39, le cavalier des écuries Stephex s’est révélé particulièrement véloce. Suffisamment pour déloger Patrice Delaveau (Aquila HDC) de la première place à la déception du public nombreux qui aurait bien voulu entendre résonner la Marseillaise sous la voute de l’AccordHotels Arena. Les spectateurs peuvent néanmoins se consoler. Le spectacle fût palpitant et de qualité. Et les cavaliers français performants !

Le classement de l’épreuve, ici.

Interrogations et crispations autour de la prestation d’Admara

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Carlos Enrique Lopez et Admara

C’est du rarement vu en conférence de presse d’après épreuve. Alors que Beezie Madden, Harrie Smolders, Henrik von Eckermann et Kevin Staut étaient venus répondre aux questions des journalistes sur leurs prestations respectives, la surprise pour ne pas dire le quasi-malaise est venu de la bouche de Susanna Cottica.

La journaliste italienne a pointé « l’anormalité » des sauts effectués par Admara sous la selle du Colombien Carlos Enrique Lopez. Susanna Cottica a souligné l’étonnement du public marqué par des « Ho » et des « Ha » face à un hongre qui dégageait tellement fort ses postérieurs qu’on avait l’impression qu’elle allait passer cul par-dessus tête. Un étonnement partagé par de nombreux professionnels car Admara est depuis plusieurs années dans le circuit, précédement sous la selle d’Emanuele Gaudiano, et n’a jamais eu un style aussi marqué.

La raison est en fait toute simple. Elle est liée à la présence de guêtres postérieures qui, utilisées d’une certaine façon, notamment par un serrage fort, peut notamment conduire à un dégagement réflexe disproportionné. Le problème, car il y en a bien un, c’est que l’utilisation de ces guêtres fait normalement l’objet d’un contrôle par les stewards avant l’entrée de piste. De toute évidence celui-ci s’est révèlé insuffisant.

La FEI, puisque c’est à elle que se pose en fait la question a répondu par la voix de John Roche, en charge du saut d’obstacles : “Vous aurez noté que la décision a été prise par la FEI d’interdire totalement les guêtres postérieures d’ici 2021. Si nous ne l’avons pas fait jusqu’alors, c’est parce que nous ne pouvons pas appliquer un tel règlement en période de qualification olympique. Concernant ce que nous avons vu ce soir, nous pouvons considérer que c’était complètement exagéré, et nous prendrons les mesures nécessaires avec le cavalier en question.

On attend donc la réaction éventuelle de Carlos Enrique Lopez mais de toute évidence, les temps ont changé. Le respect du bien-être animal est aujourd’hui largement partagé et répond à une demande forte du public. Les pratiques d’hier marquées parfois par un usage légitimé de la violence doivent s’effacer. Les enjeux financiers liés aux épreuves contribuent toutefois à les faire perdurer. L’histoire est un éternel recommencement. En 393, l’Empereur romain Théodose Ier, s’était résolu à décrèter l’interdiction des premiers Jeux Olympiques fortement altérés par la triche d’athlètes devenu « professionnels ».

Pour aller plus loin : l’excellent article de L’Eperon sur le sujet, c’est ici.

Bercy : Beezie Madden, reine d’un deuxième soir

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Beezie Madden et Breitling LS

On connaissait un Américain à Bercy de Georges Gershwin, il faut désormais rajouter une Américaine à Bercy, en référence à la prestation de Beezie Madden dans l’AccordHotels Arena. La reine Beezie persiste et signe, conservant le leadership à l’issue de la deuxième journée de compétition, toujours sur la même monture, Breitling LS, son étalon de douze ans. On ne change pas, il est vrai, une équipe qui gagne.

Quand elle perd, en revanche, des modifications s’imposent. A commencer par Harrie Smolders. Le choix d’Emerald en lieu et place de Zinius s’est trouvé pertinent puisqu’il permet au Batave de monter sur la deuxième marche du podium.  Les changements de monture de Kevin Staut et Simon Delestre ont également porté leurs fruits. Les deux français se sont qualifiés de belle manière pour le barrage avec respectivement Silver Deux de Virton et Chesall Zimequest où ils ont retrouvé Bosty toujours associé à Sangria du Coty. « Pas mal cette petite Beezie » s’amusait goguenard comme à son habitude le cavalier de Barbizon venu présenter ses félicitations au vainqueur de la soirée. Un Bosty satisfait car son petit point de dépassement de temps sur le tour initial lui permet de progresser de quelques places au classement général, de la 12ème à la 10ème soit, à trois barres de Beezie Madden et à moins de deux du podium. Idem pour Simon Delestre, après sa 9ème place du jour acquise… à la cravache.

Avec un barrage à 9 marqué plus par de grandes galopades que de véritables options, le droit à l’erreur n’existait pas. Kevin Staut après la déception d’hier a signé un double sans faute mais pas suffisamment rapide pour être sur le podium. Il doit se contenter d’une cinquième place qui constitue toutefois la meilleure performance française et normalement son billet d’entrée pour la finale de la finale dimanche. Encore sous le choc de sa prestation de la veille avec Rêveur le cavalier du Haras des Coudrettes a précisé son état d’esprit du moment : « Hier ce fut difficile pour moi, pas seulement sportivement mais surtout sentimentalement puisque Rêveur de Hurtebise HDC m’a montré qu’il n’avait plus trop envie de tout donner. Avec les propriétaires, nous nous sommes toujours promis que nous serions à l’écoute de nos chevaux, Rêveur va donc progressivement prendre sa retraite. Mais la très belle performance de Silver Deux de Virton HDC aujourd’hui me montre aussi qu’il y a un avenir. J’ai en lui une bonne relève et c’est rassurant. Tout cela est la beauté de notre sport : on passe de la nuit au jour ».

La grosse surprise est venue du camp allemand dont les deux piliers ont vacillé. Marcus Ehning (Cornado NRW) et Daniel Deusser (Cornet d’Amour) ont failli avec respectivement 12 et 14 points de pénalités. On ne verra pas donc pas Daniel Deusser dimanche, pourtant 2èmehier.

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Beezie Madden

La suite, c’est un peu Beezie Madden qui l’a esquissé : « Aujourd’hui mon cheval était fabuleux, je peux toujours compter sur lui. J’ai d’excellentes sensations avec lui, c’est un étalon qui se comporte très bien et qui a très bon caractère. Maintenant, il s’agit d’être aussi performant dimanche. On est seulement à la moitié du championnat car il nous reste encore deux, voire trois parcours ». Rendez-vous dimanche après-midi pour la suite.

Le classement de l’épreuve, ici.

Émeric Georges 4ème à Arezzo : « une belle performance pour Chopin »

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Émeric George et Chopin des Hayettes (archives)

Les superbes installations d’Arezzo (Italie) accueillaient cette semaine un CSI 4* auquel participaient différents cavaliers tricolores. Dans le Grand Prix dominical, la victoire est revenue à l’Italien Bruno Chimirri (Tower Mouche).  Arrivés dans le même temps, l’Irlandais Conor Swail (Domino van de Valhoeve) et le Polonais Krzysztof Ludwiczak (Stalando 2) doivent se partager la deuxième place.  Émeric George signe la meilleure performance française sur son fidèle Chopin des Hayettes mais échoue au pied du podium (4ème). Marc Dilasser et Cliffton Belesbat se classent 9èmes.

Interrogé par Planète CSO sur les difficultés de ce Grand Prix en deux manches, Émeric George évoque « un gros parcours, et surtout assez fin dans le tracé et les choix de contrats de foulée ».

Le Picard se révèle satisfait de sa performance : « La 4ème  place c’est toujours un peu rageant, surtout que la tête n’était qu’à une seconde. Mais j’ai rajouté une foulée sur le dernier vertical et avec une telle concurrence on ne peut pas espérer gagner si on ne prend pas 100% des risques. Je n’ai pas osé le faire, donc je prends cette 4ème place sans amertume ! Ça reste une belle performance pour Chopin qui commence à 10 ans sa deuxième saison à haut niveau. Ça montre aussi qu’il a bien encaissé la saison dernière où il a passé un vrai cap, et je le sens plus mûr et sûr de lui cette année, c’est positif ! »

Commentateur sportif à ses heures perdues (on le retrouve désormais sur SFR Sport aux côtés de Kamel Boudra) Émeric Georges, malgré son statut de « semi-professionnel« , souhaite poursuivre son ascension dans le haut niveau et se projette déjà sur quelques grands rendez-vous : « Je n’ai pas encore parlé de la suite du programme avec Philippe Guerdat et Thierry Pomel, mais j’aimerais participer au CSIO de La Baule cette année pour poursuivre ma progression et celle de mes chevaux. Je suis aussi inscrit sur la liste nominative (10 cavaliers) pour les Jeux Méditerranéens à Barcelone fin juin, ce qui serait aussi un bel objectif avec l’équipe de France ». A suivre donc.

Le classement complet du Grand Prix, ici.

Hermès Ryan dans les traces de Jappeloup ? L’avis de Pierre Durand

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Hermès Ryan est incontestablement un cheval hors normes, un phénomène. Son cavalier, Simon Delestre en reste émerveillé à l’issue de chacune de ses prestations. Certes le fils d’Hugo Gesmeray n’a pas eu la chance de pouvoir montrer ce qu’il a dans le ventre à l’occasion de ce qui demeure le plus grand rendez-vous pour les sportifs, toutes disciplines confondues, à savoir : les Jeux Olympiques. Mais sa victoire magistrale sous la verrière du Grand palais pour l’édition 2018 du Saut Hermès en a laissé plus d’un pourtant bouche bée, du béotien au professionnel accompli. Ryan serait-il de la même trempe que le dernier cheval tricolore entré dans la légende, un certain Jappeloup ? Nous avons voulu en avoir le cœur net en posant directement la question à Pierre Durand.

Pierre Durand, vous avez été un cavalier de haut niveau qui a passé sous sa selle de nombreux chevaux. Un seul pourtant vous a fait rentrer dans l’histoire des sports équestres : Jappeloup. Cela commence à faire quelques années mais le cinéma a permis de faire partager aux générations les plus récentes l’extraordinaire parcours qui fût le votre. Jappeloup, « le petit bout de zan » comme on le surnommait alors, était un petit cheval (1m 58), totalement atypique, capable de rivaliser, et de battre, des chevaux de gros gabarit, très puissants à une époque où on avait tendance à s’enflammer sur la hauteur des obstacles.

En dehors de la taille, Hermès Ryan, présente-t-il à vos yeux des points communs avec Jappeloup et dans l’affirmative, lesquels ? 

«Les points communs que je vois entre Ryan et Jappeloup, en dehors de leur petite taille, sont la générosité dans l’effort, l’explosivité dans la détente et un très grand respect de la barre.  Là semble s’arrêter la comparaison. A 13 ans, Jappeloup avait déjà a son palmarès deux titres de champion de France, un titre de champion d’Europe, une finale de championnat du monde en 1986, deux podiums en finale de Coupe du Monde, des victoires et des médailles en Coupe des nations en tant que pilier de l’équipe de France, dont notamment 2 à Aix-la-Chapelle et il s’apprêtait à être champion olympique. A bien y réfléchir, je trouve plus de similitudes dans le style à l’obstacle et le parcours sportif de Ryan avec Flambeau C, qui était aussi un vrai crack.»

L’une des particularités de Jappeloup c’était son tempérament. A ce niveau les cracks ont-ils forcément une forte personnalité et pensez-vous que ce soit le cas de Ryan ?

«  Un cheval champion se caractérise par son talent, sa technique, son physique et ce que je place au-dessus de tout, sa force de caractère. Jappeloup était doté d’une grosse personnalité et je ne doute pas que Ryan soit aussi très fort dans sa tête. »

Simon Delestre parle de Ryan comme un cheval « exceptionnel », le « cheval de sa vie ». Ça ne vous rappelle rien ? 

« Pour ce qui me concerne, c’est certain que Jappeloup a été le cheval de ma vie, même si j’ai été très attaché à d’autres chevaux dont Laudanum. Je souhaite toutefois à Simon, dont la carrière est loin d’être terminée, qu’il croise d’autres partenaires d’exception. »

Avec Jappeloup vous avez connu des moments difficiles et de très grandes joies. En 1984 aux Jeux de Los Angeles l’imaginaire collectif retient l’image de vous la bride à la main après une chute spectaculaire. Quatre ans plus tard à Séoul, vous entrez dans le cercle très fermé des champions olympiques. Vous croyez en la destinée ou finalement, la frustration ne doit-elle pas être considérée comme un formidable élément de motivation?

« Mon histoire avec Jappeloup porte à me faire croire en la destinée. Je croyais depuis l’adolescence en mon rêve d’être champion olympique. Et c’est un cheval venu de nulle part, sans réel pedigree, au physique ingrat qui a porté magnifiquement mon projet. Pourquoi lui? Pourquoi s’est-il imposé à moi, plus que je ne l’ai choisi? Ce concours de circonstances heureux me plonge encore aujourd’hui dans une vraie interrogation. L’académicien Maurice Druon lors de l’hommage rendu à Jappeloup et lu par Jean Rochefort le jour de son dernier tour de piste devant la Tour Eiffel , l’a qualifié avec beaucoup de justesse en disant : Jappeloup, c’est un accident prédestiné! Ryan a une génétique plus parlante, ne serait-ce que par Ryon d’Anzex. Davantage que la frustration, l’échec quand il est dépassé vous permet de rebondir. En cela, je peux dire que sans Los Angeles, il n’y aurait pas eu mon succès des JO de Séoul. »

A Rio en 2016, Simon Delestre est contraint de déclarer forfait en raison d’une blessure de Ryan. Vous croyez à une revanche en 2020 à Tokyo ?-

« Malgré mes déboires de Los Angeles, ce n’est pas avec un esprit de revanche que je suis allé chercher le titre quatre ans après. Je pense que l’on ne construit rien de bien sur ce sentiment. Il faut rester positif. Simon me donne l’impression d’un compétiteur qui n’est pas enclin à l’introspection. Il semble toujours regarder les défis qui sont devant lui. Si je ne me trompe pas sur lui, il sera présent au rendez vous de Tokyo. En plus l’Asie réussit aux français. Pierre Jonquère d’Oriola a été pour la 2ème fois champion olympique à Tokyo en 64. Je l’ai été à Séoul.

L’équitation est un sport d’expérience. Vous n’en manquez-pas. Quel conseil auriez-vous envie de souffler à l’oreille de Simon Delestre s’il vous le demandait ?

« Je me garderai bien de lui donner le moindre conseil. Chacun bâtit son succès sur ses convictions et ses certitudes. Il doit être lui même. »

Ethique et protection des animaux : la Fédération Suisse prend le taureau par les cornes

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Charles Trolliet, Président de la FFSE. © FFSE

Réunie en Conférence des présidents le 21 février 2018 à Berne, la Fédération Suisse des Sports Equestres (FSSE), s’est interrogée  longuement sur l’éthique et la protection des animaux dans le sport équestre. Nos amis Helvètes ont arrêté une stratégie pragmatique et proactive.

Cheville ouvrière de cette volonté de s’engager de façon déterminée dans le bien-être animal, on retrouve Charles Trolliet, vétérinaire et président de la FSSE depuis 2009. La structuration fédérale suisse est éloignée de sa cousine française mais on retiendra que l’élaboration et le suivi avec le Comité des stratégies et des visions à court, à moyen et à long terme font partie des tâches principales qui relèvent du Président. De façon plus concrète il s’agit comme le confiait l’intéressé lui-même sur le site de la FSSE de déterminer de façon collective « la direction que le développement du sport équestre peut, veut, devrait et quelquefois doit prendre en Suisse. Il est également important de reconnaître à temps les problèmes afin de les aborder et de leur trouver des solutions. « . 

Charles Trolliet l’a rappelé, la Fédération Suisse des Sports Equestres prend l’éthique et la protection des animaux très au sérieux car ce sujet est particulièrement important pour l’avenir du sport équestre. Dans un premier temps, la FSSE va compiler les règles d’éthique correspondantes, comme cela a déjà été fait par exemple par la fédération allemande.

Peter Christen, membre du Comité et responsable du sport de compétition a enfoncé le clou : «Notre devise ici est: agir au lieu de réagir!». La FSSE veut fixer les règles avec les sportifs équestres avant que des organes ou des organisations externes, qui ne disposent peut-être pas du même savoir, ne le fassent. Les dirigeants de la FSSE ont en mémoire l’émoi suscité par la médiatisation de chevaux blessés ou brutalisés lors de compétitions.

La FSSE prévoit donc à l’introduction d’un article au sein de son Règlement Général visant à rendre obligatoire l’examen par un vétérinaire d’un cheval dès lors  qu’il présente une blessure lors d’une manifestation et qu’il saigne. Selon la cause de la blessure, le couple pourra  être disqualifié.

Sur un autre sujet également très polémique, les guêtres postérieures, la FSSE a fait part de son intention d’avancer plus rapidement que la FEI qui préconise une adaptation progressive sur plusieurs années. Enfin, une nouvelle commission spécialisée, composée de formateurs, de personnes issues de différentes disciplines et de vétérinaires, devrait se pencher sur l’utilisation des diverses brides et embouchures. Sur ce dernier point les avis divergent fortement,  a constaté Peter Christen qui indique toutefois que le but n’est pas de trouver une solution après une seule séance.

 

Saut Hermès : Coup double pour Patrice Delaveau

Vestale de Mazure HDC sous la selle de Patrice Delaveau

Ils étaient quelques uns, essentiellement des tricolores, à avoir fait le choix de disputer l’épreuve nocturne avec joker avec le même cheval que la vitesse de milieu de journée. A cette stratégie là, Patrice Delaveau est sorti gagnant. A croire que le deuxième place acquise avec Vestale de Mazure HDC dans la 150 ne constituait qu’une simple mise en jambes, le Normand s’est adjugé l’épreuve à difficultés progressives d’une façon nette et sans bavures.

Pilote expérimenté et rapide, Patrice Delaveau s’est donné les moyens de la victoire en utilisant astucieusement son numéro de quatrième sur la liste de départ pour galoper vite et prendre toutes les options et ainsi mettre la pression sur les cavaliers suivants, contraints à se mettre dans le rouge pour tenter d’améliorer son chronomètre. Toutefois comme dit le bon sens équestre, « tant que le dernier concurrent n’est pas passé, l’épreuve n’est pas gagnée ». C’est d’autant plus vrai quand le plateau comme samedi soir sous la verrière du Grand Palais est constitué de la crème du saut d’obstacles international.

Patrice Delaveau n’aura toutefois pas attendu pour rien dans sa chaude doudoune sous le froid glacial qui était tombé sur le Grand Palais puisque même le très véloce Allemand Felix Hassmann n’aura pas réussi à faire mieux que le Français.

C’est donc sourire aux lèvres et avec un peu d’empressement que celui-ci est allé cherché son trophée suivi de Philipp Weshaupt (Belo Horizonte) et Philippe Rozier (Rêveur de Kergane).

Le classement complet de l’épreuve, ici.

Olivier Robert deuxième du GP 4* du Sunshine Tour

Eros

Olivier Robert et Eros (archives)

Olivier Robert a conclu en beauté ce week-end sa tournée espagnole du Sunshine Tour. Le cavalier de Pompignac signe une très belle seconde place dans le Grand Prix 4* associé à Eros, hongre belge de 14 ans arrivé dans ses écuries fin 2016.

Le classement intégral du GP, ici.