La Cour des Comptes recommande la fermeture de l’IFCE

ifceRien ne va plus pour l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE). Dans son rapport public annuel rendu public le 10 février, la Cour des Comptes étrille la gestion de l’établissement dont elle estime le fonctionnement trop couteux au regard de la faiblesse des missions de service public qu’il assure. En 23 pages, les juges de la rue Cambon dressent un constat accablant qui les conduit à préconiser la fermeture de l’établissement, estimant qu’il n’est pas viable. Loin d’être technocratique et comptable le rapport, dont chaque mot est pesé au trébuchet intègre le poids de l’héritage et des traditions équestres. Reste à savoir si dans la période de disette financière actuelle, l’Etat et derrière lui le contribuable, peuvent continuer à entretenir ce qui ressemble à une danseuse.

L’IFCE est le fruit de l’union en 2010 de deux vieilles maisons : les Haras Nationaux et, l’Ecole Nationale d’Equitation. Et le rapport, dès son introduction, plante le décor : « la fusion marie deux établissements diamétralement opposés tans dans leurs missions et leur organisation que dans la composition de leur personnel et leur culture. Elle aboutit également à la création en 2010 d’un GIP France-Haras, auquel sont dévolus les activités commerciales de reproduction équine des Haras Nationaux afin d’organiser en 5 ans le transfert vers le privé. L’évolution qui conduit des Haras nationaux et de l’ENE à l’IFCE et France –Haras apparaît comme l’illustration d’une réforme de l’Etat mal conçue, ma préparée et mal conduite« .

Après avoir pointé la gabegie liée à la modernisation du système d’immatriculation et de suivi des équidés (SIRE 3), le rapport égratigne l’intervention de l’IFCE dans le sport de haut-niveau. Les auteurs relèvent l’absence de vision partagée avec la FFE et la place décroissante du site de Saumur dans la politique sportive fédérale. Le pôle « jeunes cavaliers » de Saumur est accusé de ne pas avoir débouché sur une amélioration visible des performances des cavaliers soutenus. Le Cadre noir en prend également pour son grade. Il lui est reproché de rester trop sur Saumur et de ne pas chercher à dynamiser ses recettes par une programmation de représentations ambitieuse.

 Passons sur la question des effectifs dont l’objectif de réduction n’a pas été atteint. En revanche, la question du patrimoine immobilier est au cœur du problème. Sa taille et son poids sont qualifiés de « démesurés » (2 000 hectares répartis sur 23 sites et de quelques 35 bâtiments représentant une surface de près de 200 000 m2). Au-delà du déficit d’entretien chronique et de la dégradation de l’état général des bâtiments, la Cour dénonce une sous-utilisation très nette du patrimoine de l’IFCE.

Cette mauvaise gestion a contraint l’État d’augmenter substantiellement les subventions: elles sont passées de 41,9 millions d’euros en 2014, à 49,1 millions d’euros en 2015 puis à 50 millions d’euros en 2016. Les conclusions des magistrats sont sans appel : « Le maintien de l’établissement ne se justifie plus« . Ceux-ci recommandent de supprimer l’IFCE en confiant les activités de service public qui y subsistent au ministère de l’agriculture et au ministère des sports et d’organiser la cession du patrimoine immobilier. Bref, une liquidation pure et simple.

 Il y a peu de chances que l’on en arrive toutefois à une telle extrémité. Tout d’abord parce que la France a bien du mal à se réformer, son État au premier chef. Pourtant si des responsabilités existent-elles se situent à ce niveau-là avec une absence de vision stratégique grave, comme l’a illustré la brutalité du relèvement du taux de TVA sur un secteur économique important que la filière cheval.

Ce ne sont pas les courriers de réponses adressés à la Cour des Comptes par les ministères des Sports et de l’Agriculture qui vont nous rassurer. On connaît la musique dans un pays où les élections succédant aux élections, il est toujours urgent d’attendre. Dans le cas du Cadre noir, on peut faire confiance au poids des institutions militaires pour que là aussi, rien ne se passe.

Dans ce paysage, la réponse la plus intellectuellement intéressante émane de la FFE qui n’hésite pas à écrire :  » Il convient de s’interroger sur les missions et l’organisation de l’IFCE. Le service public du cheval doit comprendre les missions que ni le secteur privé, ni la FFE ni aucun organisme fédératif ne peuvent assumer (…). La fédération appelle de ses vœux la mise en place d’une véritable politique du cheval en France à long terme envisageant l’avenir des financements publics de ces activités et des structures qui y sont dédiées ».

La FFE, totalement a-démocratique, n’a pourtant rien d’une oie blanche. Si on ne peut que partager la demande d’une remise plat globale de la politique cheval dans l’Hexagone, celle-ci a aussi un préalable. Un examen sans concessions par la Cour des Comptes du fonctionnement de la FFE.

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Publié le 11 février 2016, dans Actualités, Non classé, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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