Jean-Maurice Bonneau, licencié économique

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Jean-Maurice Bonneau dans les habits de Chef d’Équipe en Coupe des Nations.

Jean-Maurice Bonneau a rendu public ce jour par un communiqué la décision de la Confédération Équestre Brésilienne de mettre fin à son contrat de Chef d’Équipe et d’Entraîneur de l’équipe de saut d’obstacles. La décision paraît surprenante voire incongrue à 9 mois des Jeux Olympiques qui se dérouleront … à Rio de Janeiro. Elle doit cependant être replacée dans un contexte économique et politique très particulier où le Français apparaît comme la victime collatérale des économies décrétées par les autorités brésiliennes.

Il ne s’agit pas en effet d’une éventuelle sanction ou d’une manifestation de mécontentement à l’égard du technicien français. Bien au contraire, Jean-Maurice Bonneau peut partir la tête haute, avec un bon bilan et l’estime des cavaliers brésiliens.

Pour autant, malgré le soleil et les plages de sable blanc, le Brésil demeure le pays de tous les contrastes avec des écarts de richesses considérables dans la population et une économie émergente aujourd’hui malmenée. Non seulement les prix à la consommation n’en finissent pas de s’envoler mais l’inflation devrait flirter avec les 10% alors que le FMI prévoit une contraction de 3% du PIB national en 2015 et un commerce international en berne.

Dans ce contexte, loin d’apparaître comme le rayon de soleil espéré, les Jeux olympiques de 2016 et leur 8,75 milliards d’euros pour seize jours de compétition ont pris l’allure d’un véritable boulet pour le gouvernement brésilien. La peur légitime de ce dernier, c’est l’emballement des dépenses et au final une ardoise particulièrement salée qu’il serait bien difficile à faire avaler aux électeurs.

Loin du dossier de candidature qui tablait sur d’hypothétiques retombées économiques, les actuels dirigeants brésiliens décident alors de prendre des mesures drastiques pour contenir l’incendie. Le budget lui-même des JO a globalement est diminué de 10%. Une moyenne qui cache des tours de vis beaucoup plus sévères tous azimuts portant sur les infrastructures mais aussi des postes de fonctionnement. Il est vraisemblable que le cas de JM Bonneau s’inscrive dans cette lignée. Il est en tout cas hautement symbolique dans une fédération dans laquelle globalement les cavaliers de haut-niveau disposent d’une solide aisance financière.

Personnage atypique, Jean-Maurice Bonneau, issu d’un milieu modeste a débuté comme palefrenier-soigneur chez ses frères, qui avaient leurs écuries avant d’arriver chez Daniel Constant, comme chef d’écurie et cavalier. « J’essayais parfois sa veste de membre de l’équipe de France, en cachette, sans trop oser rêver » se souvenait dernièrement le vendéen dans un entretien accordé à Ouest-France en 2014. En 1987 pourtant le rêve se réalise, il intègre l’équipe de France de CSO dont il deviendra Entraîneur-Sélectionneur de 2000 à 2006. Début 2011, il prend les commandes de l’équipe du Brésil un groupe fort d’une trentaine de cavaliers dont le champion olympique 2004, Rodrigo Pessoa, qu’il devait initialement conduire jusqu’à fin 2016.

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Publié le 4 novembre 2015, dans Actualités, et tagué . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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